ʿĪsā

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Cet article traite de Jésus en tant que prophète et messie pour les musulmans. Voir Jésus de Nazareth pour l'aspect historique de Jésus et Jésus-Christ pour Jésus en tant que Christ pour les chrétiens.

ʿĪsā ibn Maryam
(Jésus fils de Marie)
Image illustrative de l’article ʿĪsā
Maryam (Marie) et Jésus-Îsâ (ancienne miniature persane).
prophète et messager
Naissance Inconnue (vraisemblablement vers -7/-5 avant J.C.)
Bethléem (Judée) ou Nazareth (Galilée) dans les textes chrétiens, sous un palmier dans un désert vers l'Orient.
Décès 30, 33 ou 36 selon les historiens, mais dans l'islam Îsâ n'est pas mort 
Jérusalem
Autres noms Jésus de Nazareth, Jésus-Christ, Yeshu haNotzri
Vénéré à Les musulmans ne lui portent aucune forme de vénération, mais juste de la révération et un profond respect pour lui et sa mère.

ʿĪsā ou Issa ibn Mayriam[n 1] (en arabe عيسى بن مريم : Jésus, fils de Marie) est le nom coranique de Jésus de Nazareth, considéré par l'islam comme l'un de ses prophètes et comme le Messie[n 2]. Issa est un terme qui apparaît comme transcription arabe du nom de Jésus dans le Coran et pour certains Arabes chrétiens (voir arbre de Jessé et Jessé, autrement appelé Isaï).

La façon dont le Coran présente Jésus est en forte opposition avec le credo développé par les Églises chrétiennes depuis le premier concile de Nicée et les courants chrétiens trinitaristes issus des sept Conciles œcuméniques. ʿĪsā, dans le Coran, est plus proche des nazôréens, mouvement des premiers chrétiens ayant la particularité de suivre à la fois les croyances et les préceptes du judaïsme et de la loi juive tout en reconnaissant le messie en Jésus de Nazareth qu'ils qualifient de « serviteur de Dieu », croyant en lui tant dans son humanité que dans l'origine divine de son message, sans toutefois le reconnaître comme Dieu.

Origine du nom[modifier | modifier le code]

Le nom ʿĪsā fait débat. Issa est un terme qui apparaît comme transcription arabe du nom de Jésus dans le Coran et pour certains Arabes chrétiens. Bien que les noms de Yasū'a, Yasou ou Yazu soient aussi connus par les arabes, et particulièrement les Arabes chrétiens, il n'est jamais nommé ainsi dans le Coran[1],[2] « Il s’agit sans doute d’un des noms propres bibliques qui pose au philologue les difficultés les plus sérieuses »[3]. Pour Robinson, aucune étymologie arabe ne permet d'expliquer ce nom[1].

Pour une hypothèse ancienne[3], défendue par Nöldeke, ʿĪsā serait une déformation péjorative du nom de Jésus faite par les juifs pour le rapprocher du personnage d'Esaü. Mahomet aurait utilisé ce nom « de bonne foi »[4]. Pour Robinson, un tel usage n'est pas attesté[1].

D'autres hypothèses ont été proposées. ʿĪsā serait composé sur une inversion des consonnes du nom hébreu. Cette différence entre l'écriture et la prononciation se retrouve dans la transcription de noms divins en Mésopotamie[1]. ʿĪsā serait une altération volontaire du nom de Jésus pour le rapprocher de celui de Musa (Moïse)[1]. Parmi les penseurs musulmans, Sarwat Anis al-Assiouty défend que ʿĪsā serait le nom réel de Jésus. Pour Robinson, « Aucun des arguments d'al-Assiouty n'est décisif et certains d'entre eux sont mal adaptés »[1].

Pour d'autres auteurs, il dériverait du nom syriaque de Jésus, Yes̲h̲ūʿ[5]. Cette dernière hypothèse est très critiquée[4]. Un monastère syrien portait au VIe siècle le nom d'ʿĪsāniyya[1] et plusieurs indices appuient l'hypothèse que la forme ʿĪsā est pré-islamique[3],[n 3]. Des graffiti probablement du VIIe siècle trouvés dans le Neguev utilisent cette forme. Pour autant, ils ne sont pas islamiques. Pour Dye et Kropp, la forme Yasu' serait éventuellement la forme écrite correcte et ʿĪsā une forme orale parlée[3].

Il existe néanmoins un hypothèse qui semble être la plus convaincante, selon laquelle ʿĪsā résulterait de la forme araméenne orientale notamment parlé par les Syriens de l'Est, de Jésus en l'occurrence "Isho". En effet, il se trouve qu'il existe un différence majeur quant à l'appellation araméenne de Jésus selon les divers dialectes, notamment l'araméen occidental parlé par les Syriens de l'Ouest qui désigne Jésus à travers la forme "Yeshu", et pour les Syriens de l'Est, Jésus est prononcé et écrit selon la forme "Isho" comme en témoigne la 11e édition de l’Encyclopedia Brittanica. Il s'avère que de nombreuses figures soutiennent cette thèse notamment le professeur en missiologie Jan AB Jongeneel[6], l'érudit Sidney Griffith[7], ainsi que Neal Robinson[8] à travers leurs ouvrages respectives. De plus, il convient de souligner que divers exégètes coranique soutiennent également cette thèse à savoir Al-Baydawi ainsi que Al-Razi.

Sources[modifier | modifier le code]

ʿĪsā occupe ainsi une place prééminente dans le Coran. Alors que ce texte sacré n'apporte que peu d'éléments biographiques concernant Mahomet (il n'y est d'ailleurs cité que quatre fois)[9], il mentionne ʿĪsā une douzaine de fois : il place ʿĪsā comme un des prophètes à l'instar de Mahomet, mais lui donne des titres supérieurs à celui de Mahomet, tels que celui d'envoyé (rasoul), de Messie, de « Parole de Dieu » et d'« esprit de Dieu » (sourate 4, 21 et 91)[10] La christologie musulmane.s'appuie sur 93 versets coraniques[4]. Paradoxalement, l'exégèse christologique connait une « excessive discrétion » et une approche parfois simplificatrice lié à son aspect polémique[11].

Elle s'est enrichie de traditions provenant d’évangiles apocryphes, comme ceux dits de l'Enfance, et de la littérature mystique chrétienne[4]. Pour Van Reeth, la vie de ʿĪsā s'inspire en particulier du texte chrétien, le Diatessaron.[12] Pour Robinson, la doctrine de ʿĪsā comme Parole de Dieu est dans la continuité du nestorianisme[1]..

Biographie[modifier | modifier le code]

Marie se nourrissant de dattes après avoir enfanté dans la douleur au pied du palmier (manuscrit turc du XVIe siècle).

Sa famille[modifier | modifier le code]

ʿĪsā dans les textes coraniques est un personnage indissociable de sa mère Maryam (Marie)[13]. Il est ainsi souvent désigné sous le nom de Al-Masih (le Messie)[14] ou ʿĪsā ibn Maryam (Jésus fils de Marie) et est présenté avec celle-ci comme modèles à suivre[15].

ʿĪsā fait partie des prophètes dits famille de 'Īmran avec sa mère, son cousin Yahyā (Jean le Baptiste) et le père de celui-ci Zacharie[16]. Le Coran et la foi populaire musulmane accordent une grande importance à ʿĪsā et Maryam[17] et pour cause, selon la tradition islamique, il figure parmi les 5 grand prophètes envoyés par Dieu, à savoir Noé, Abraham, Moise et évidemment Mahomet. Tandis qu'ʿĪsā est tourné vers la beauté du monde, il apparait souvent avec son cousin Yahyā, ascète radical, avec lequel il forme une sorte de « gémellité spirituelle permanente »[18].

L'insistance marquée sur la filiation à Marie est un clair rejet de la filiation divine de ʿĪsā ; néanmoins, la tradition musulmane souligne le caractère miraculeux de sa naissance virginale sans père qui constitue d'un signe destiné au enfants d'Israël. Contrairement au Credo de Nicée-Constantinople qui reconnait que Jésus est engendré, non pas créé, la tradition musulmane affirme que ʿĪsā est directement créé par la Parole de Dieu « kun » (« Sois » en arabe), l'« impératif divin » manifesté par un rûh de Dieu, souffle de vie divin intemporel insufflé en Marie, le même souffle qui anime Adam, cependant, il est important de saisir la nuance entre ce souffle de vie divin et l'Esprit Saint envoyé par Dieu qui s'avère être l'Ange Gabriel lui-même et qui transmet la révélation aux Messagers, notamment à Mahomet[19],[n 4]

Prophète[modifier | modifier le code]

Miniature persane représentant Jésus lors du sermon sur la montagne

Dans le Coran, Marie reçoit une visite de « l’Esprit envoyé par Dieu » (Sourate 19 - Verset 17) tandis qu'elle se trouve dans le Temple, qui "se présenta sous la forme dans un homme parfait", Sourate 19 - Verset 17. Selon la majorité des commentateurs musulmans, il s'agirait de toute évidence de l'Archange Gabriel[1] car il est désigné une multitude de fois par "Esprit" à travers le Coran notamment en Sourate 16 - Verset 32, ainsi qu'en Sourate 53 - Verset 5, et Sourate 26 - Verset 193, ou il est clairement apparent et explicite que l'Esprit, correspond à l'Archange Gabriel. En raison du vœu de virginité de Marie, il lui annonce une maternité miraculeuse.

Le Coran le fait naître au pied d'un palmier[4] près d'une source (sourate 19, 22-26), ce récit semblant une transposition du thème de la station de Marie sous un palmier dans l'Évangile du Pseudo-Matthieu[20]. Pour Dye, « le récit coranique de la naissance de Jésus est particulièrement obscur »[21] cependant. Parlant dans son berceau, il conseilla alors à Marie de manger les dattes et de se désaltérer à une source apparue miraculeusement[1]. Selon une tradition, transmise par al-Buk̲h̲ārī, ʿĪsā, comme Marie ainsi que pour Yahya (Jean-Baptiste), n'a pas été touché par le démon à sa naissance par le biais de l'invocation de la mère de la vierge (Hannah) adressé à Dieu afin qu'il protège sa descendance du diable, Sourate 3 - Verset 36[4].

Dans le Coran, ʿĪsā, le Messie, fils de Maie[n 5], est un prophète, annonciateur de Mahomet, qui prêche le monothéisme pur, accomplit des miracles, opère des guérisons, ressuscite les morts et et connait le secret des cœurs, l'ensemble des ces prodiges qui est permis uniquement par la permission de Dieu comme mentionné en Sourate 3 - Verset 49, et sont destinées à témoigner de la véracité de la mission prophétique de Jésus ainsi que son message.ʿĪsā confirme la Torah (Sourate 61 - Verset 6) dont il atténue les prescriptions légales[22], tandis qu'il reçoit de la part de Dieu une révélation à savoir l'Injil (l'Évangile), présentée comme une « guidance et une lumière[23] » que les chrétiens auraient négligées. L'auteur soufi Ibn Arabi, lui confère le titre de « sceau de la sainteté », « le plus grand témoin par le cœur », tandis que Mahomet est le « sceau des prophètes », « le plus grand témoin par la langue »[24]. Sa prédication auprès des juifs aurait été un échec[25] et il est suivi des seuls apôtres, et un groupe restreints d'individus.

Un miracle de ʿĪsā est d'avoir fait descendre une table recouverte de nourriture. Le terme utilisé semble désigner la table eucharistique. Le champ lexical semble qu'une confusion a été faite entre l'institution de l'Eucharistie, la multiplication des pains et le don de la manne[1].

La crucifixion[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Mort d'ʿĪsā.

Selon les commentateurs musulmans[26], Jésus de Nazareth n'a pas été crucifié par les Juifs, bien que certains le revendiquaient par provocation. Pour eux, le Coran remet en cause explicitement la crucifixion de ʿĪsā par les Juifs : « Or, ils ne l'ont ni tué ni crucifié ; mais ce n'était qu'un faux semblant[n 6] ! Et ceux qui ont discuté sur son sujet sont vraiment dans l'incertitude : ils n'en ont aucune connaissance certaine, ils ne font que suivre des conjectures et ils ne l'ont certainement pas tué » (Sourate 4, 157)[27].

Plusieurs auteurs (Marx, Reynolds, Charfi, Moezzi...) estiment que le passage du Coran sur lequel se fonde l'affirmation des commentateurs musulmans est ambigu et prête à discussion[28],[29],[30]. Tandis que le Coran évoque à plusieurs reprises la mort de Jésus (S.19.33, S. 5.17), les traducteurs, pour faire coïncider les traductions avec la doctrine musulmane de sa non-mort, ont souvent essayé de trouver d'autres sens aux termes coraniques utilisés. Ainsi, si le verset 158 de la sourate An-Nisa présente traditionnellement l'« élévation » de Jésus, la comparaison de ce terme avec d'autres séquences coraniques permet de comprendre que ce verset évoque sa mort[31].

Entre Illusion collective ou sosie, pour J. Chabbi, l'interprétation de la non-mort de Jésus ne se trouve pas dans le Coran mais dans la tradition[32]. Pour Lawson, le développement de cette théorie par les commentateurs permet de créer une distinction claire avec le christianisme et former une nouvelle religion[33]. Ainsi, à propos de la crucifixion Tabarî (839-923) rapporte l'épisode suivant : « Les juifs traînèrent ʿĪsā à un endroit où ils avaient préparé une croix pour le crucifier, et un grand nombre de juifs se rassemblèrent autour de lui. Ils avaient un chef nommé Yesûʿa, qui était également parmi eux. Quand ils voulurent attacher ʿĪsā à la croix, Dieu l'enleva à leurs regards et donna la forme et l'aspect de `Îsâ à Yesûʿa, leur chef. […] Quand ils regardèrent, ils virent Josué entièrement ressemblant à Îsâ, et ils le saisirent. Il dit : « Je suis Josué ». Ils répondirent : « Tu mens ; tu es ʿĪsā, tu t'es dérobé à nos regards par la magie ; maintenant la magie est passée et tu es devenu visible ». Il protesta en vain qu'il était Josué ; ils le tuèrent et l'attachèrent à la croix. Quant à ʿĪsā, Dieu l'éleva, au ciel comme il est dit dans le Coran : « Ils ne l'ont pas tué et ils ne l'ont pas crucifié, mais ce n'était qu'un faux-semblant » (Coran IV, 157)[34] ». Par la suite, la thèse du sosie crucifié est reprise par de nombreux commentateurs musulmans qui proposent plusieurs personnages crucifiés à la place de Jésus : Simon de Cyrène, Judas Iscariote (thèse popularisée par l'Évangile de Barnabé), Ponce Pilate, voire l'apôtre Pierre[35].

Dans le christianisme contemporain, on estime traditionnellement que ce verset du Coran est typiquement une construction littéraire à caractère polémique contre les juifs qui se serait inspiré de la thèse de la non crucifixion de Jésus développée précédemment par des hérésies chrétiennes, le docétisme ou le gnosticisme, qui considéraient la peine infamante de la crucifixion incompatible avec la dignité divine de Jésus[36],[37]. Le plus ancien témoin littéraire de cette tradition se trouve chez Leucius Charinus un auteur chrétien du début du IIe siècle qui avait été compagnon de l'apôtre Jean de Zébédée. Les Actes dont il est l'auteur semblent avoir eu largement cours bien avant qu'une sélection en ait été lue à haute voix au Deuxième concile de Nicée (787) et rejetée comme apocryphe.

Rôle eschatologique[modifier | modifier le code]

La représentation de ʿĪsā dans le Coran lui confère également une dimension eschatologique[38] : son retour sur terre, en tant que Masih (Messie) musulman, est le signe de la fin du monde et du Jugement dernier tandis que beaucoup de hadiths le présentent comme le principal compagnon du Mahdi, Sauveur de la fin des temps[39].

La seule mention coranique d'un retour d'ʿĪsā se trouve dans la sourate XLIII. Celle-ci fait l'objet de plusieurs lectures[4]. Pour Pons et Hilali, Jésus juge le monde à la fin des temps. Cette tradition est particulièrement présente dans le corpus des hadiths[40]. Les traditions racontent un retour par le jardin des oliviers ou, pour une tradition plus tardive, en atterrissant sur la mosquée de Damas[41]. Pour Reynolds, selon une tradition du début de l'islam, Jésus remettra alors l'islam en place et luttera contre les chrétiens et les juifs[42]. Pour ces traditions, « il tuera les porcs, brisera la croix, détruira les synagogues et les églises, et tuera les Chrétiens sauf ceux qui croiront en lui »[4].

Pour les traditions musulmanes, son retour, après que l'islam soit devenue la seule religion, annoncera une période de paix. Il mourra quarante ans plus tard et sera enterré à Médine[4].

Nature de ʿĪsā[modifier | modifier le code]

La nature de ʿĪsā est particulièrement complexe à déterminer. Pour Ali Merad, « Il faut noter que l'ambiguïté du vocabulaire coranique appliqué au Christ se prête bien à ce genre de question »[11]. Le Coran nie explicitement la divinité d’ʿĪsā (Coran V, 17). Néanmoins, sa naissance particulière en fait un homme à part. Selon Charfi, la place importante de ʿĪsā est en partie liée à son absence de père, à l'instar d'Adam[43]. Selon Ali Merad, à la différence des autres prophètes, Mahomet compris (S. 17 93), ʿĪsā n’est jamais désigné par le terme bachar, qui aurait déterminé sa nature humaine sans ambiguïté[44].

De même, sa nature - Kalima (Parole)[45], Rûh’ (Esprit) - possède une dimension spirituelle forte. Son titre « Esprit de Dieu » est « difficile à interpréter »[43]. Plusieurs interprétation ont été faites de ce terme[4].

Jean-Baptiste annonce en Isa, un "Verbe émanant de Dieu"[46]. Il semblerai que ceci correspond à la notion du Logos cependant, selon cette conception, Jésus désigne la Parole elle-meme de Dieu, tandis que selon l'Islam, Jésus est une parole de Dieu, et non la Parole elle-meme, au meme titre qu'Adam est une parole de Dieu comme mis en évidence dans la Sourate 3 Verset 59.Pour Robinson, ʿĪsā ne possède pas l'idée d'incarnation d'hypostasis divine pré-existante[1]. Pour Robinson, la doctrine de ʿĪsā comme une Parole de Dieu est dans la continuité du nestorianisme.

Messie[modifier | modifier le code]

Pour Anawati, le terme Messie appliqué à ʿĪsā possède « un sens étroit [...] qui ne recouvre nullement le concept chrétien ». Dans le Coran, ʿĪsā n'est « qu'un envoyé de Dieu », au même titre que Mahomet[4]. Ainsi, pour Tabari, Messie possède deux sens : « purifié » et « couvert de bénédictions »[47].

Le terme Messie dans le Coran se retrouve à 11 reprises et uniquement dans des versets médinois[4]. Le terme, d'origine juive, était répandu en Arabie à l'époque pré-islamique par l'intermédiaire du syriaque[4]. Horovitz y voit plutôt une origine éthiopienne[47]. Pour Wensinck et Bosworth, Mahomet « a naturellement pris ce mot aux chrétiens arabes chez qui le nom de ʿAbd al-Masīḥ était connu à l’époque préislamique, mais il est douteux qu’il ait connu le vrai sens du terme »[47].

SI le sens premier d'"oint" est connu des commentateurs, ceux-ci proposent que le terme Messie proviendrait du schème "voyager", faisant d'Isa un grand voyageur.[46]

Approche critique[modifier | modifier le code]

ʿĪsā possède de nombreux points communs avec Jésus tel qu'il est décrit dans les évangiles : fils d'une vierge, sans péché, faisant des miracles, comme dans les écrits chrétiens. Certaines recherches coraniques prouveraient le rôle de la théologie nazaréenne dans la rédaction de certaines parties du Coran[48] ou dans la reprise de textes chrétiens, en particulier dans des lectionnaires utilisés dans les Églises chrétiennes de Syrie, au sein même du Coran[49]. (La présence de Nazaréens, tel Waraqa ibn Nawfal, est attestée dans l'entourage de Mahomet).

En revanche, comme chez les nazôréens et les sabéens-elkasaïtes, Îsâ est un homme, un serviteur de Dieu, le Messie (al messiah), mais pas Dieu lui-même. La pratique des ablutions pourrait être la forme des bains quotidiens que les sabéens-elkasaïtes pratiquaient dans une région où il est souvent très difficile de trouver de l'eau vive. L'interdiction de manger du porc ne pose aucun problème aux nazôréens qui tentaient de respecter les interdits alimentaires, tels qu'ils figurent dans la Torah, et n'en pose pas non plus aux sabéens-elkasaïtes qui prônaient le fait de s'abstenir de manger toute viande. Enfin, comme les nazôréens et les sabéens-elkasaïtes, Mahomet et ses partisans priaient en direction de Jérusalem au début du mouvement, la qibla étant changée pour prier en direction de la Mecque à une date indéterminée. Il en est de même de la circoncision qui selon les Pères de l'Église avait une grande importance dans ces deux groupes. D'autre part, la doctrine du « Vrai prophète » qui tient une grande place dans la théologie de ces deux groupes se retrouve d'une certaine façon appliquée à Mahomet dans l'islam.

Bien que ces groupes très minoritaires ne soient l'objet d'aucune attention et sont même qualifiés d'hérétiques, des groupes nazaréens et elkasaïtes sont signalés encore au Ve siècle au-delà du Jourdain à l'est de la Galilée et en Arabie ghassanide à l'est de la mer Morte. Il n'est pas impossible qu'ils aient aussi existé plus profondément en Arabie. Pour Édouard-Marie Gallez ou[Quoi ?] Robert Eisenman, le mot naçara du Coran n'avait pas le sens de « chrétiens » en général tel qu'il l'a aujourd'hui, mais désignait les nazôréens et les sabéens coraniques désignaient les sabéens-elkasaïtes, deux groupes qui n'existent plus aujourd'hui puisque justement ils se sont fondus dans l'islam à la création duquel ceux qui se situaient en Arabie auraient participé.

Points de convergence avec le christianisme[modifier | modifier le code]

ʿĪsā est le fils d'une vierge qui s'appelle Maryam (« Marie » en français), modèle éminent de vertus pour toutes les croyantes[n 7]. ʿĪsā est un prophète rempli d’Esprit saint (sourate 2 [Al-Baqarah], 87) et messie[n 8] dans les deux religions. Il est aussi « fils pur » donné à Marie (sourate 19 [Maryam], 19), préservé de Satan[n 9], ʿĪsā n'a jamais péché[n 10] ; ʿĪsā est « la parole de Vérité » (sourate 19 [Maryam], 34), il est « la Parole de Dieu » (Sourate 4 [AN-NISA'], 171) et il est le signe au monde de la Miséricorde, de la paix et de la joie de Dieu (sourate 19 [Maryam], 21 et 32) ; ʿĪsā, par la puissance et la volonté de Dieu, guérit les aveugles et les lépreux, ressuscite les morts et connaît ce qu'il y a à l'intérieur des cœurs (sourate 3 ['Ali `Imran], 49) ; ʿĪsā est monté au ciel (sourate 4 [An-Nissa], 158 ; sourate 3 ['Ali `Imran], 55) et il est vivant ; ʿĪsā reviendra à la fin des temps (Hadith 46.31).

Points de divergence avec le christianisme[modifier | modifier le code]

En définitive, on trouve dans l'islam quatre négations catégoriques concernant ʿĪsā, par crainte d'associationnisme (shirk)[24] : il n'est ni Dieu, ni son fils, ni le troisième de trois. De plus, Jésus n'a pas subi la crucifixion car cela aurait été « indigne » d'un prophète de son importance[24],[11].

Si l'islam reconnait ʿĪsā comme proche de Dieu, comme les anges, il reste une créature créée. Le Coran réaffirme l'unicité de Dieu contre le dogme de l'unicité trinitaire chrétienne. Selon de nombreux individus notamment des chrétiens, le Coran commettrai une erreur dans la mesure ou il affirmerait que la trinité à laquelle croit les chrétiens se composerai d'Allah assimilé au Père, de Jésus, ainsi que de Marie, néanmoins il s'agit d'une interprétation faussé, résultant d'une lecture subjective et non concrète des versets et strictement réfutés par les savants musulmans qui affirment que cela ne reflète nullement la perspective islamique de la trinité chrétienne. En effet, lorsqu'il s'agit d'évoquer le dogme trinitaire, le texte coranique y fait explicitement référence notamment dans la Sourate 4 - Verset 171, toutefois en l'occurrence dans la Sourate 5 - Verset 116/118, selon une lecture rationnel du texte, Dieu soumet une interrogation rhétorique à Jésus à savoir s'il a réclamé aux gens une adoration et divinité quelconque ainsi que pour sa mère Marie en dehors de la véritable adoration que les musulmans doivent exclusivement destinées à Dieu et ainsi du monothéisme pur. Cette interrogation soumis par Allah fait écho à la conception chrétienne de Jésus, ainsi que de nombreuses sectes chrétiennes, qui attribuait le titre de déesse à Marie. De plus, les chrétiens catholiques vouent un culte à la vierge nommé, le "culte marial" qui consiste entre autres à adresser des invocations à Marie, or, selon l'Islam, adresser des invocations autres que Dieu lui-même relève du polythéisme, et estime par conséquent que les chrétiens attribué à Marie qui est l'objet d'invocation, une nature divine.[50]

Certains auteurs musulmans, hors de l'orthodoxie classique, ont une approche différente sur la filiation divine. Pour Ghazali, « par un privilège spécial, le Christ aurait eu permission d'user de « locutions thépathiques », ces locutions n'ayant de valeur que purement métaphorique »[11]

Jésus dans l'ahmadisme[modifier | modifier le code]

Une minorité musulmane apparue à la fin du XIXe siècle[n 11] résidant dans les montagnes du Kashmir, les Ahmadis, voue à Jésus un culte tout comme aux saints de l'islam autour d'un tombeau qu'elle dit être celui de Yuz Asaf qu'elle assimile à « Jésus le Rassembleur ». Le lieu de culte est situé à Srinagar. Ce courant développe une christologie particulière[51] selon laquelle Jésus est un prophète de Dieu qui aurait été déposé de la croix en état de coma et non mort et, une fois soigné, serait venu finir sa vie au Kashmir à l'âge de 120 ans[52]. La doctrine de la survie de Jésus à la crucifixion est appelée l'« évanouissement ».

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. S'appuyant sur les éléments fournis par les Pères de l'Église et notamment Épiphane de Salamine, François Blanchetière indique que les Nazôréens ont un temps été appelés « « isséens », ils seraient venus de Jérusalem à Pella avant la ruine du Temple et se seraient localisés en Transjordanie et à Kochaba (environs de Damas). Rappelons que, dans le Coran, Jésus est appelé Issa » ; cf. François Blanchetière, Enquête sur les racines juives du mouvement chrétien, p. 143-144.
  2. Le terme "messie" appliqué à ʿĪsā ne prend pas le même sens que celui de la tradition judéo-chrétienne. Voir : #Nature de ʿĪsā.
  3. La question de l''authenticité de la poésie "pré-islamique" est complexe, leur mise à l'écrit étant généralement postérieure à l'islam.
  4. Ainsi la sourate 4.171, dit : « Le Messie Jésus, fils de Marie, n'est qu'un Messager de Dieu, Sa parole qu'Il envoya à Marie, et un souffle venant de Lui. Croyez donc en Dieu et en Ses messagers. Et ne dites pas « Trois ». Cessez ! Ce sera meilleur pour vous. Dieu n'est qu'un Dieu unique. Il est trop glorieux pour avoir un enfant. C'est à Lui qu'appartient tout ce qui est dans les cieux et sur la terre et Dieu suffit comme protecteur. ». La sourate 19.35 : « Il ne convient pas à Dieu de S'attribuer un fils. Gloire et Pureté à Lui ! Quand Il décide d'une chose, Il dit seulement : “Sois ! ” et elle est. »
  5. Sourale 3,45 : (Rappelle-toi) quand les Anges dirent : "Ô Marie, voilà que Dieu t’annonce une parole de Sa part : son nom sera "al-Masih" "Hissa", fils de Marie, illustre ici-bas comme dans l’au-delà, et l’un des rapprochés de Dieu".
  6. Ce verset très allusif « wa lâkin shubiha lahum », qui peut se traduire par « mais ce n'était qu'un faux semblant » ou « mais cela leur a semblé ainsi », a donné beaucoup de difficulté aux exégètes musulmans. Ainsi, l'imam Jamaal-ud-Dine Ibn Muhammed Al-Qâsimî, dans son exégèse coranique Mahâsin-ut-Ta’wîl fî Tafsîr al-Qur’ân-ul-Karîm , a consacré une centaine de pages rien que sur ce passage ambigu.
  7. « Les éminentes femmes du Paradis sont Marie, fille de Imran (Mère de Jésus) ; Assia, fille de Mezahem, femme de Pharaon ; Khadîja, fille de Khuwaylid ; et Fâtima, fille de Muhammad. » (rapporté par l’imam Ahmed et El Hakem)[réf. incomplète].
  8. « (Rappelle-toi), quand les Anges dirent : « Ô Marie, voilà qu'Allah t'annonce une parole de Sa part : son nom sera « al-Masih » « Hissa », fils de Marie, illustre ici-bas comme dans l'au-delà, et l'un des rapprochés d'Allah ». » (sourate 3 ['Ali `Imran], 45).
  9. « Lorsque chaque être humain naît, Satan touche de ses deux doigts les deux côtés de son corps, sauf Jésus, fils de Marie, que Satan n’a pas réussi à toucher, n’effleurant que le placenta. » Sahih al-Bukhari, 4:54:506.
  10. Le Coran confirme ce que dit la Bible à ce sujet et mentionne les péchés des prophètes. Adam : sourate 7, 22-23 ; Abraham : sourate 26, 82 ; Moïse : sourate 28, 15-16 ; Jonas : sourate 37, 142 ; David : sourate 38, 24-25. De plus, Mahomet a aussi péché devant Dieu en préférant renseigner des gens importants socialement plutôt qu'un aveugle qui l'avait approché sur l'islam (sourate 80, 1-11), et en faisant le serment de ne pas avoir, durant un mois, de relations sexuelles avec sa femme Maria qui était innocente (Sahih al-Bukhari, Tome 3, Livre 43, Numéro 648).
  11. Fondée dans les Indes britanniques par Mirza Ghulam Ahmad, mort en 1908, originaire d'un milieu soufi sunnite ; cf. Reem A. Meshal et M. Reza Pirbhai, « Islamic Perspectives on Jesus »in Delbert Burkett (dir.), The Blackwell Companion to Jesus, éd. John Wiley and Sons, 2010, p. 245.

Références[modifier | modifier le code]

  1. a b c d e f g h i j k et l Encyclopedia of the Qur'an, vol 3. "Jesus"
  2. EMG, « Le nom de Jésus (‘Îsâ) dans le Coran et quelques noms bibliques: pourquoi pas Yasu‘? », sur www.lemessieetsonprophete.com (consulté le 25 juillet 2017)
  3. a b c et d Guillaume Dye & Manfred Kropp, Le nom de Jésus ('Îsâ) dans le Coran, et quelques autres noms bibliques : remarques sur l'onomastique coranique, dans Guillaume Dye & Fabien Nobilio (éds), Figures bibliques en islam, p. 171-198
  4. a b c d e f g h i j k l et m Anawati, G. C., “ʿĪsā”, in: Encyclopédie de l’Islam
  5. Vollers, dans ZDMG, XLV, 352
  6. (en) Jan A. B. Jongeneel, Jesus Christ in World History: His Presence and Representation in Cyclical and Linear Settings- With the Assistance of Robert T. Coote, Peter Lang GmbH, Internationaler Verlag der Wissenschaften, (ISBN 9783631596883, lire en ligne)
  7. « Google Traduction », sur translate.googleusercontent.com (consulté le 28 octobre 2018)
  8. « Catalogue SUDOC », sur www.sudoc.abes.fr (consulté le 28 octobre 2018)
  9. François Déroche, article « Mahomet », in Mohammed Ali Amir-Moezzi (dir.), Dictionnaire du Coran, éd. Robert Laffont, 2007, p. 512-516
  10. Henri Michaud, Jésus selon le Coran, Éditions Delachaux et Niestlé, , p. 22, 45 et 88
  11. a b c et d Merad Ali. Le Christ selon le Coran. In: Revue de l'Occident musulman et de la Méditerranée, no 5, 1968. p. 79-94.
  12. Claude Gilliot, « Bulletin d'islamologie et d'études arabes », Revue des sciences philosophiques et théologiques, vol. Tome 90, no 2,‎ 0000-00-00, p. 337–386 (ISSN 0035-2209, lire en ligne)
  13. Marie-Thérèse Urvoy, article « Jésus » in Mohammad Ali Amir-Moezzi (dir.) Dictionnaire du Coran, éd. Robert Laffont, 2007, p. 438-441.
  14. L'Oint (ou le Voyageur)
  15. Marie-Thérèse Urvoy, ibid.
  16. Pierre Lory, article « Jean-Baptiste » in Mohammad Ali Amir-Moezzi (dir.) Dictionnaire du Coran, éd. Robert Laffont, 2007, p. 435
  17. On les retrouve dans les sourates 3, 4, 5, 19, 21, 23, 43 et 61.
  18. Pierre Lory, article « Jean-Baptiste », op. cit.
  19. Marie-Thérèse Urvoy, article « Jésus », op. cit., p. 440
  20. Jacques Jomier, Introduction à l'Islam actuel, Éditions du Cerf, p. 209.
  21. Lieux saints communs, partagés ou confisqués : aux sources de quelques péricopes coraniques (Q 19 : 16-33), dans Isabelle Dépret & Guillaume Dye (éds), Partage du sacré : transferts, dévotions mixtes, rivalités interconfessionnelles, pp. 55-121
  22. Sourate 3,50, cité par Marie-Thérèse Urvoy, op. cit., p. 439
  23. Sourate 5,46, cité par Marie-Thérèse Urvoy, op. cit.
  24. a b et c Marie-Thérèse Urvoy, op. cit., p. 440
  25. Sourate 4, 65, cité par Marie-Thérèse Urvoy, op. cit., p. 439
  26. « Son sosie a été substitué à leurs yeux » (d'après Tabari, La Chronique, De Salomon à la chute des Sassanides, Éditions Actes Sud (ISBN 2-7427-3317-5) p. 114) ou encore « ils ont été victimes d'une illusion », cité par Marie-Thérèse Urvoy, op. cit., p. 439
  27. Hans Küng, Islam: past, present and future, Oneworld, , p. 498
  28. Michael Marx, Quel discours coranique sur Jésus, in Le Monde de la Bible, no  195, décembre 2010, p. 33-35.
  29. Reynolds G.S., The Muslim Jesus: Dead or alive?, Bulletin of SOAS, 72, 2 (2009), Cambridge University Press, p. 237–258.
  30. "Jésus et l'islam", Série documentaire de Gérard Mordillat et Jérôme Prieur(France, 2015, 7 × 52 min) - Coproduction : ARTE France, Archipel 33, passage 17:31
  31. Reynolds G.S., The Muslim Jesus: Dead or alive?, Bulletin of SOAS, 72, 2 (2009), Cambridge University Press, p. 237–258.
  32. "Jésus et l'islam", Série documentaire de Gérard Mordillat et Jérôme Prieur(France, 2015, 7 × 52 min) - Coproduction : ARTE France, Archipel 33, passage28:10
  33. Shah M., The Crucifixion and the Qur’an: A Study in the History of Muslim Thought By Todd Lawson. Oxford: One World Publications, 2009. p. 180., Book reviews, Journal of Qur'anic Studies, Volume 12, Issue 1-2, October 2010.
  34. Tabarî, La Chronique, De Salomon à la chute des Sassanides, Éditions Actes Sud, p. 114.
  35. (en) Tobias Nicklas, Andreas Merkt, Jozef Verheyden, Gelitten, Gestorben, Auferstanden : Passions- und Ostertraditionen im antiken Christentum, Coronet Books Incorporated, , p. 152
  36. André Manaranche, Le monothéisme chrétien, Cerf, , p. 170
  37. (en) Tobias Nicklas, Andreas Merkt, Jozef Verheyden, Gelitten, Gestorben, Auferstanden : Passions- und Ostertraditionen im antiken Christentum, Coronet Books Incorporated, , p. 163
  38. Marie-Thérèse Urvoy, op. cit., p. 439, 441
  39. Sur le Mahdi, les traditions sunnites et chiites divergent, les chiites n'attendant que son retour -Imam caché tandis que pour les sunnites, il ne naîtra que près de la fin des temps ».
  40. "Jésus et l'islam", Série documentaire de Gérard Mordillat et Jérôme Prieur(France, 2015, 7 × 52 min) - Coproduction : ARTE France, Archipel 33, passage 10 (Pons) 10.34 (Hilali)
  41. "Jésus et l'islam", Série documentaire de Gérard Mordillat et Jérôme Prieur(France, 2015, 7 × 52 min) - Coproduction : ARTE France, Archipel 33, passage 12.33 (Pons)
  42. "Jésus et l'islam", Série documentaire de Gérard Mordillat et Jérôme Prieur(France, 2015, 7 × 52 min) - Coproduction : ARTE France, Archipel 33, passage 13.07
  43. a et b "Jésus et l'islam", Série documentaire de Gérard Mordillat et Jérôme Prieur(France, 2015, 7 × 52 min) - Coproduction : ARTE France, Archipel 33, passage 3:25 (Charfi)
  44. Merad Ali, « . Le Christ selon le Coran », Revue de l'Occident musulman et de la Méditerranée, no 5,‎ , p. 88
  45. Paroles, langues et silences en héritage, Presses Univ Blaise Pascal, p. 42 et suivantes.
  46. a et b Amir Moezzi, "Dictionnaire du Coran", Paris, 2007, article "Jésus", p. 438 et suiv.
  47. a b et c Wensinck, A.J. and Bosworth, C.E., “al-Masīḥ”, in: Encyclopédie de l’Islam. 
  48. Jean-Jacques Walter, Marie-Thérèse Urvoy (dir.), Le Coran révélé par la Théorie des Codes, p. 39
  49. Chr. Luxenberg, Die Syro-Aramäische Lesart des Koran: : Ein Beitrag zur Entschlüsselung der Koransprache
  50. « Le Coran dit-il que la Trinité chrétienne est "Père, Mère, Fils" ? - Ou bien existe-t-il un "culte de Marie" ? - La maison de l'islam », sur www.maison-islam.com (consulté le 27 octobre 2018)
  51. Asif Arif, L'Ahmadiyya : un islam interdit, , 308 p. (ISBN 9782343038971, lire en ligne), p. 66-70 (inscription nécessaire) – via L'Harmattan.
  52. voir Per Besko, « Jesus in Kashmir », in Delbert Burkett (dir.), The Blackwell Companion to Jesus, éd. John Wiley and Sons, 2010, p. 461-463, extraits en ligne

Annexes[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Sources[modifier | modifier le code]

  • Marie-Thérèse Urvoy, article « Jésus », in Mohammad Ali Amir-Moezzi (dir.), Dictionnaire du Coran, éd. Robert Laffont, 2007, p. 438-441.