Saoum

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Le saoum ou sawm (arabe : صَوم [ṣawm], jeūne) désigne le jeûne pratiqué durant le mois de ramadan, troisième pilier de l'islam. Ce mot n'est pas utilisé dans le monde malais (Brunei, Indonésie, Malaisie, Singapour), où l'on emploie le mot malais puasa, du sanscrit upavasa (उपवास), "jeûne".

Le jeûne consiste à s'abstenir de manger, de boire, de fumer et d'avoir des relations sexuelles depuis l'aube jusqu'au coucher du soleil :

« mangez et buvez jusqu'à ce que se distingue, pour vous, le fil blanc de l'aube du fil noir de la nuit. Jeûnez, ensuite, jusqu'à la nuit. »

— Le Coran (II; 187)

La personne qui jeûne est aussi supposée réciter de mémoire ou lire le Coran dans son intégralité au cours de ce mois, pour reproduire ce qui se faisait du vivant de Mahomet[réf. souhaitée]. Des prières spéciales, les tarawihs, sont pratiquées par les fidèles durant ce mois.

Le ramadan, qui désigne un mois du calendrier musulman, se veut une période de recueillement : le jeûne une occasion de partager la situation des indigents. Il se veut aussi un mois joyeux : le jeûne doit être accepté comme un bienfait et non comme une contrainte.[réf. souhaitée]

Le jeûne de Ramadan[modifier | modifier le code]

C'est le troisième pilier de l'islam.

C'est une obligation pour les musulmans. Ce devoir a été révélé au mois de châban de la deuxième année après l'Hégire par ce verset :

«  Ô vous qui croyez, le jeûne [as-Siyâm] vous est prescrit comme il l’a été à ceux qui vous ont précédé, ainsi atteindrez-vous la piété. »

— Coran 2:183 (chapitre 2 Al-Baqarah, verset 183)

Description détaillée[modifier | modifier le code]

Il fait partie des pratiques les plus importantes de l'islam. Les musulmans se réjouissent de son approche : c'est le mois des bienfaits, des actes d'obéissance et des bénédictions. C'est dans la tradition musulmane le meilleur mois de l'année, qui contient la meilleure des nuits, laylatou al-qadr (la nuit du destin), durant laquelle les musulmans prient et lisent le coran, puisqu'il est dit que les souhaits exprimés au Seigneur avec foi sont exaucés au cours de cette nuit, par la volonté de Dieu.

Pour les musulmans, jeûner, c'est s'abstenir pendant la journée de ce qui rompt le jeûne (nourriture quelconque, boissons, violence physique ou verbale, relations sexuelles, consommation de tabac, etc.) sont interdites de la pointe de l'aube jusqu'au coucher du soleil, en ayant fait l'intention la veille (en niya). C'est une obligation pour tout musulman pubère qui en a les moyens physiques, mentaux et matériels. Ainsi, toute personne ne répondant pas à ces critères est dispensée de cette pratique, jusqu'à son rétablissement éventuel. Jeûner, c'est aussi s'évertuer à maîtriser ses membres pour les empêcher de commettre des actes blâmables au vu de la morale et du droit islamique. C'est surtout faire tout son possible pour que ses actes ne soient source d'aucune nuisance pour les créatures de Dieu, qu'elles soient humaines ou non, musulmanes ou non musulmanes, et que l'on soit, à travers ses faits et gestes, ses regards et ses paroles, vecteur de la miséricorde de Dieu pour l'univers.

Spirituellement, le jeûne du corps doit conduire au jeûne du cœur, c'est-à-dire que le musulman doit travailler sur lui-même pour développer en lui ses qualités telles que bonté, bienveillance, patience, persévérance, justice, solidarité, fraternité... et réduire et supprimer en lui ses défauts tels que égoïsme, individualisme, hypocrisie, médisance, jalousie...

Détermination du début du mois[modifier | modifier le code]

Pour les musulmans, le jeûne du mois de Ramadan devient obligatoire dans l'un des deux cas suivants :

  1. lorsque le mois de châban a atteint trente jours.
  2. lorsque le croissant de lune du mois de Ramadan (al hilal) est aperçu, la nuit précédant le trentième jour de châban, conformément à la parole de Mahomet (rapporté par Al-Boukhari et Mouslim) « Jeûnez à la vue du croissant et interrompez le jeûne à la vue du croissant et si l'observation est gênée par des nuages par exemple, poursuivez le compte de châban à trente jours ».[réf. insuffisante]

Celui qui a vu le croissant de lune de Ramadan doit jeûner et il est devenu un devoir de jeûner à celui qui ne l'a pas vu mais a été informé par un musulman juste, libre, et qui n'est pas connu comme étant menteur. Cependant, lorsqu'il y a un désaccord sur le premier jour de jeûne comme c'est souvent le cas, il faut suivre la majorité des musulmans.

La détermination du début et la fin du mois de ramadan par le calcul astronomique reste un sujet de débat, car pour les uns[Qui ?], il ne faisait pas partie de la tradition prophétique; (voir Sciences et techniques islamiques sur l'apport des scientifiques arabo-musulmans a l'Astronomie au Moyen Âge).

Obligations du jeûne[modifier | modifier le code]

Pour les musulmans, les obligations de jeûne sont au nombre de deux :

  1. L'intention de jeûner, formulée sincèrement en son for intérieur
  2. L'abstinence des choses qui rompent le jeûne : depuis l'apparition de l'aube véritable jusqu'au coucher du soleil.

Cependant, il est autorisé à certaines personnes de reporter le jeûne ou de ne pas avoir à l'effectuer:

  1. La femme en période de menstruations ou de lochies et la femme enceinte.
  2. Le voyageur peut décider de le reporter à condition que la distance à parcourir autorise le raccourcissement de la prière.
  3. Le malade : il peut rompre le jeûne en raison d’une maladie dont on craint son aggravation ou sa prolongation à cause du jeûne.

La règle est qu'en aucun cas le jeûne ne doit mettre en danger la santé de la personne

  1. Les personnes âgées faibles.
  2. Les enfants impubères.

Précautions préalables aux causes de rupture du jeûne[modifier | modifier le code]

Tout en mentionnant différents motifs de rupture du jeûne, les théologiens musulmans ont insisté sur plusieurs précautions à prendre. Plusieurs excuses empêchent d'appliquer le décret d'annulation du jeûne, notamment :

  • L'ignorance : par exemple se faire vomir en ignorant que c'est un acte annulatif du jeûne.
  • La contrainte : par exemple vomir involontairement.
  • La distraction : par exemple boire ou manger sans s'en apercevoir.
Causes de rupture du jeûne[modifier | modifier le code]

Selon le droit musulman, voici les causes de rupture de jeûne :

  • Se nourrir (cependant les gouttes ne rompent pas le jeûne ni l'injection dans la peau, le muscle ou les veines, tant que ces injections ne sont pas nutritives)
  • Boire
  • Fumer (par ailleurs, le tabac est également interdit le reste de l'année selon la majorité des oulémas)
  • L'éjaculation volontaire
  • L'évanouissement qui dure toute la journée : quiconque s'est évanoui toute la journée de l'aube au coucher du soleil, son jeûne n'est pas valable. Il en est de même pour celui qui est atteint de folie, ne serait-ce qu'un instant.
  • Se faire vomir : en mettant son doigt ou quelque chose du même genre dans la bouche pour provoquer la sortie du vomi de l'intérieur ; si le vomissement est involontaire, le jeûne n’est pas rompu
  • Avoir des relations sexuelles
  • L'apostasie : par l'une de ses trois sortes : par la croyance, l'acte ou la parole
  • La transfusion sanguine
  • L’écoulement du sang des menstrues et les saignements post-natals.
  • L’extraction du sang par ventouse (Al-Hijâma) ou par n’importe quel autre moyen. Par contre, si le sang sort naturellement, par saignement du nez par exemple, ou après l’extraction d’une dent, le jeûne est valide et correct.
Réparation et expiation[modifier | modifier le code]

Une personne qui a rompu un jour de jeûne du mois de ramadan avec excuse valable doit procéder à une réparation pour chaque jour non jeûné, au choix :

  • Jeûner un jour de rattrapage
  • Nourrir un pauvre musulman.

Une personne qui a rompu un jour de jeûne du mois de ramadan sans excuse valable doit procéder à une expiation pour chaque jour non jeûné, au choix :

  • Affranchir un esclave musulman, si elle en possède
  • Jeûner soixante jours consécutifs, si elle en est capable
  • Nourrir soixante pauvres musulmans, si elle en a les moyens

Le but de ce mois[modifier | modifier le code]

Le mois de ramadan est pourtant pour un musulman plus qu'un jeûne, c'est un mois de recueillement, de compassion envers les personnes les plus pauvres. C'est le mois du pardon et du jeûne. Siam, en arabe, signifie s'abstenir, se retenir de. Appliqué à la religion, le mot a pris le sens de renoncer par piété à tout ce qui est considéré comme étant susceptible de rompre ou de diminuer le jeûne, c'est-à-dire de manger, boire, avoir des rapports intimes, un mauvais caractère ou comportement et cela depuis l'apparition de l'aube jusqu'au coucher du soleil.

Durant ce mois, les sunnites du monde entier se recueillent pour effectuer les prières (surérogatoires) dites de tarawih.

Selon Abu Hurayra : « Que celui qui a l'intention de jeûner un jour, ne dit ni de grossièretés ni d'obscénités. Si quelqu'un l'injurie ou l'attaque qu'il répète : “Je suis en jeûne” ».

L'abandon du jeûne de Ramadan[modifier | modifier le code]

Selon l'unanimité des théologiens musulmans, la personne qui abandonne volontairement et sans excuse valable le jeûne du mois de ramadan tout en reconnaissant son obligation est dans le péché. Cependant, elle reste malgré tout musulmane, contrairement à certaines idées reçues, tant qu'elle considère le jeûne comme étant religieux (à destination de Dieu). Au contraire, ceux considérant le jeûne uniquement culturel (pour respecter les valeurs traditionnelles et familiales, par exemple, mais sans but religieux) et même s'ils le pratiquent parfaitement, ne sont pas musulmans.

Le jeûne de Ramadan et l'abandon de la prière[modifier | modifier le code]

Les théologiens musulmans mettent en garde contre le statut du jeûneur qui ne pratique pas la prière : beaucoup d'entre eux avancent que le jeûne du mois de ramadan sans la prière, qui est le deuxième pilier le plus important de l'islam et qui doit être catégoriquement respecté, n'est pas méritoire. Une autre erreur est également de prier uniquement pendant le mois de Ramadan et de s'arrêter ou de la négliger ensuite : les oulémas ont également mis en garde contre ce comportement qui rendrait le jeûne de Ramadan plus important que la prière, alors que ce n'est pas le cas.

Notions sur le jeûne[modifier | modifier le code]

Voici quelques brèves notions sur le jeûne, sa position juridique, les différentes catégories de personnes face au jeûne, les choses qui l’invalident et d’autres informations utiles.

  1. Le jeûne : c’est un acte d’adoration voué à Allah qui consiste en l’abstinence de toute chose l’invalidant, dans la période allant de l’aube jusqu’au coucher du soleil ;
  2. Le jeûne est un des piliers de l’islam ;

Les catégories de personnes face au jeûne[modifier | modifier le code]

  1. Le jeûne est une obligation pour tout musulman adulte, ayant atteint l’âge de la puberté, sain d’esprit, qui en est capable physiquement et résidant (non voyageur).
  2. Le nouveau converti n’a pas à rattraper le jeûne qu'il a manqué avant sa conversion.
  3. L’enfant impubère n’est pas tenu de jeûner. On peut l’inciter à le faire pour qu’il s’y habitue.
  4. L’handicapé mental ne jeûne pas quel que soit son âge et ne doit pas faire manger un nécessiteux. Il rentre dans la même catégorie que la personne âgée sénile et la personne qui n’est pas saine d’esprit.
  5. Celui qui est incapable de jeûner à cause de la vieillesse, ou d’une maladie incurable, celui-ci est tenu de faire manger un pauvre pour chaque jour de jeûne manqué.
  6. Le malade dont on espère la guérison, ne jeûne pas si cela lui est pénible ; mais il compense après sa guérison par un même nombre de jours de jeûne.
  7. La femme enceinte et la nourrice, si le jeûne leur est pénible à cause de la grossesse ou de l’allaitement, ou par crainte pour la santé de leur enfant, peuvent ne pas jeûner ; elles compensent alors les jours perdus une fois que le jeûne leur sera devenu plus facile et qu’elles ne craignent plus pour leur enfant.
  8. Les femmes en période de menstrues ou postnatale n’ont pas à faire le jeûne et elles sont tenues de récupérer les jours manqués après leur période.
  9. Celui qui est dans l’obligation de rompre le jeûne pour sauver quelqu’un de la noyade ou d’un incendie, qu’il le fasse ; il compensera ce jour par la suite.
  10. Le voyageur a le choix entre jeûner ou non. Mais il est obligé de compenser les jours manqués, que le voy­age soit occasionnel (ex : al-‘Umra) ou en permanence, comme les chauffeurs routiers, les chauffeurs de bus ou de taxis. Ceux-ci peuvent rompre leur jeûne, s’ils le désirent, tant qu’ils se trouvent dans un pays étranger.

Exceptions à la règle[modifier | modifier le code]

Il n’est pas considéré comme nul le jeûne de celui qui le rompt par oubli, par ignorance ou par contrainte selon la parole d’Allah (traductions approximatives du sens) :

« ...Seigneur, ne nous punit pas des fautes commises par oubli ou par erreur...Seigneur, ne nous charge pas de ce que nous ne pouvons supporter... »

— Le Coran, Al-Bakara II; 286

« ...Sauf celui qui y a été contraint alors que son cœur demeure plein de la sérénité de la foi... »

— Le Coran, An-Nahl, XVI; 106

« ...Nul blâme sur vous pour ce que vous faites par erreur, mais (vous serez blâmés pour) ce que vos cœurs font délibérément… »

— Le Coran, Les Coalisés, XXXIII; 5

  1. Si quelqu’un oublie et vient à manger ou à boire, son jeûne est correct car il a agi par oubli.
  2. Et s’il vient à manger ou boire en croyant que le soleil est couché ou qu’il fait encore nuit, son jeûne est valable car il l’a fait par ignorance.
  3. Et s’il se rince la bouche et qu’il avale de l’eau involontairement, son jeûne n’est pas interrompu car son acte n’est pas intentionnel.
  4. Et s’il se lève le matin en état d’impureté rituelle (Janâba) suite à un rêve érotique, son jeûne est correct car c’est contre sa volonté.

Quelques informations utiles[modifier | modifier le code]

  1. Il est permis au jeûneur de nouer son intention pour le jeûne même s’il est en état d’impureté rituelle, puis, de se laver après le lever du jour.
  2. Il est du devoir de la femme dont les règles ou la période postnatale se sont interrompues avant l’aube, de jeûner, même si elle ne se lave qu’après le lever du jour.
  3. Il est permis au jeûneur de se faire extraire une dent, de soigner ses blessures ou de se mettre des gouttes dans les yeux ou les oreilles. Son jeûne est correct même s’il ressent le goût de ces médicaments dans sa gorge.
  4. Il est permis au jeûneur d’utiliser le cure-dent (Siwâk) à longueur de journée ; le Prophète le faisait.
  5. Il est permis d’atténuer les effets de la chaleur et de la soif en s’aspergeant d’eau, en prenant une douche ou en s’exposant à l’air conditionné.
  6. Le jeûneur peut utiliser l’inhalateur pour soulager ses crises d’asthme.
  7. Il est permis au jeûneur de se mouiller les lèvres si celles-ci sont sèches ou bien de se rincer la bouche à condition qu’il ne gargarise pas.
  8. Parmi les traditions de Mahomet concernant le jeûne, est de retarder le repas du Suhûr juste avant l’aube et de hâter la rupture (Al-Iftâr), immédiatement après le coucher du soleil. Rompre le jeûne peut se faire avec des dattes fraîches, sinon avec des dattes sèches ou en buvant quelques gorgées d’eau ; si le jeûneur n’en trouve pas, qu’il prenne n’importe quelle nourriture licite, et enfin, s’il ne trouve absolument rien à manger, qu’il fasse l’intention de rompre son jeûne dans son cœur jusqu’à ce qu’il trouve de quoi manger.
  9. Il est recommandé au jeûneur en période de Ramadan, de multiplier les bonnes actions.
  10. Il est du devoir du musulman (qu'il soit jeûneur ou pas) d’observer ses obligations religieuses et de s’écarter de tout interdit, et ceci pas uniquement en période de jeûne mais tout le temps. Il doit accomplir ses cinq prières dans leur temps respectif, si-possible en groupe à la mosquée.

Il se doit de délaisser par ailleurs, le mensonge, la médisance, la tromperie, les transactions à intérêt et tout autre acte et parole interdits.

Le Prophète a dit : « Celui qui ne s’abstient pas de mentir et de mal se conduire, Allah n’a pas besoin qu’il s’abstienne de boire et de manger. »

Des actes qui invalident le jeûne ou non[modifier | modifier le code]

Les juristes sont inépuisables pour définir ce qui est une rupture du jeûne. Ceux-ci ne sont déjà pas d'accord sur la définition de « nourriture » et de « boisson ». Certains pensent qu'il s'agit de tout ce qui passe de l'extérieur du corps vers l'intérieur. Certains sont d’avis que ces termes désignent tout ce qui pénètre l’intérieur du corps d’un individu. Ainsi, se mettre le doigt dans l’oreille pourrait invalider le jeûne, bien que le doigt est lui aussi une partie du corps et ne lui est donc pas « extérieur ». Une injection de glucose est considérée comme un apport de nourriture et donc comme une rupture du jeûne, néanmoins il n'est guère courant de se soumettre à ce genre d'injections si l'on n'est pas malade, or pour celui-ci le Coran prévoit une alternative :

« Jeûnez durant les jours comptés. Celui d'entre vous qui est malade ou qui voyage jeûnera ensuite un nombre égal de jours.

Ceux qui ne pourraient jeûner et qui s'en dispensent, devront, en compensation nourrir un pauvre. »

— Le Coran (II; 184)

  • Avaler sa salive rompt ou ne rompt pas le jeûne ? non.
  • Se rafraîchir le corps avec de l’eau fraîche ou se gargariser n’invalide pas le jeûne car on a vu Mahomet le faire pendant une période de grande chaleur.
  • Mais passer un examen ne dispense pas du jeûne.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Sources[modifier | modifier le code]