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Abattage

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Une vache juste avant son étourdissement lors de l'abattage.

L'abattage désigne les étapes de la mise à mort d'animaux par l'être humain, à des fins de consommation, dans le cadre de rituels traditionnels ou bien de régulation des populations animales.

L'abattage a principalement lieu dans le cadre de la production de viande à partir des animaux d'élevage. Environ 70 milliards d'animaux terrestres sont ainsi abattus chaque année[1]. L'abattage désigne également la mise à mort d'animaux dans le cadre du contrôle des populations d'une espèce, de l'élimination d'animaux jugés nuisibles ou dangereux, ou bien encore dans le but d'enrayer la propagation d'une maladie (abattage sanitaire)[2].

Définitions

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Selon l'OMSA, l'abattage désigne « tout procédé qui cause la mort d’un animal par saignée[3]».

Le terme « euthanasie » est employé dans le cas où l'animal est tué dans le but d'abréger des souffrances, une agonie ou dans certains cas pour les animaux d'expérimentation des laboratoires de recherche.

Histoire contemporaine

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Avant le développement de l'équipement d'étourdissement électrique, les animaux sont assommés en les frappant simplement avec un instrument contondant, suivi d'une exsanguination avec un couteau[4],[5].

En France, le décret du 16 avril 1964, promulgué entre autres à la suite d'une campagne menée par Jacqueline Gilardoni, fondatrice en 1961 de l'Œuvre d’assistance aux bêtes d’abattoirs, contraint à ce que les animaux, au moment d'être saignés, soient totalement inertes. Seul le pistolet d'abattage et l'anesthésie par électricité ou gaz sont autorisés, le merlin, notamment, étant désormais interdit[6]. Trois dérogations sont données pour l'abattage rituel (halal et casher), pour l'abattage fermier et pour l'abattage d'extrême urgence.

L'abattage est l'ultime étape de l'exploitation de l'animal d'élevage[7]. Lors des différentes étapes menant à l'abattage (chargement, transport, attente, manutention), l'animal est exposé à de multiples facteurs de stress qui sont susceptible d'influencer son bien-être et la qualité de sa viande[7].

L'abattage a pour but la transformation la plus efficace possible de l'animal vivant en carcasse, séparée des abats et des autres morceaux[8].

L'abattage d'animaux à des fins de consommation de leur viande

Types d'abattage

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Abattages conventionnels

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En abattoir

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Abattoirs mobiles

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Abattage traditionnel

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Abattages religieux

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Étapes et méthodes

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Pré-étourdissement

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Étourdissement

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Plusieurs espèces représentées de face et de profil : cheval, vache, chèvre, mouton, porc. Pour chacune de ces espèces, est représentée la position du pistolet sur le crâne.
Sites d'étourdissement par pistolet d'abattage chez différentes espèces.

L'étourdissement est réalisé dans tous les cas, sauf lorsqu'il est interdit par certaines traditions ou croyances[9]. Il a pour but de rendre l'animal inconscient, incapable de ressentir la douleur et de bouger[10] dans l'optique d'une « mise à mort humaine »[9]. Cette inconscience doit être vérifiable et perdurer jusqu'à la mort provoquée par la saignée[11].

L'étourdissement peut être mécanique, électrique ou chimique[10]. Les méthodes les plus utilisées chez les bovins sont le pistolet d'abattage et l'étourdissement électrique[12], l'étourdissement électrique chez les moutons[13], et d'étourdissement électrique et d'étourdissement par gaz pour les porcs[14].

Après étourdissement, les bovins sont suspendus sur la chaîne d'abattage par leurs pattes postérieures afin de ne plus être en contact avec le sol par la suite[8].

Gros plan sur la tête et le cou d'une chèvre morte. Une personne tient un couteau dans son cou et du sang s'écoule de ses vaisseaux dans un seau.
Saignée d'une chèvre par section des veines jugulaires et des artères carotides.

La saignée doit avoir lieu rapidement après l'étourdissement, pour éviter que l'animal ne reprenne conscience[11]. Elle consiste, à l'aide d'un couteau propre à longue lame, en la section d'importants vaisseaux sanguins, par lequels l'animal se videra ensuite de son sang. La saignée finit par provoquer la mort de l'animal[8],[12] si celle-ci n'a pas déjà eu lieu précédemment[11].

Différents vaisseaux peuvent être sectionnés : au niveau du thorax, la base des veines jugulaires ainsi que le tronc brachiocéphalique à base du coeur (bovins[12]), seulement le tronc brachiocéphalique (porcs, petits ruminants[11]) ou bien au niveau du cou, les artères carotides avec les veines jugulaires (moutons et chèvres[11]).

Selon les espèces et individus, la mort survient après une durée variable, comprise entre deux et 385 secondes après l'incision de la saignée[12]. Il est nécessaire de surveiller l'état d'inconscience de l'animal durant cette période[11]. La mort des bovins est plus lente, en raison de spécificités vasculaires[12]. La perte rapide de sang provoque un état de choc, puis une perte de conscience si l'animal n'a pas été étourdi[15]. La mort est provoquée par un défaut d'irrigation sanguine et d'oxygénation du cerveau[12],[14].

Le sang peut être collecté pour être ensuite utilisé comme aliment ou comme ingrédient pharmaceutique[8].

Un bovin mort, suspendu par les pattes arrières dans un environnement industriel. Une personne se tient à côté, et sépare le corps du bovin de sa peau.
Étape de dépouille : séparation du cuir de la carcasse.

Le nettoyage de l'extérieur de l'animal a pour but de diminuer la quantité d'agents pathogènes sur l'animal[8]. Tout au long de la procédure, il est important de veiller à l'hygiène pour éviter la contamination des carcasses, en veillant à la propreté des installations, des outils utilisés et à l'hygiène du personnel[11]. Les éléments extérieurs de l'animal, comme la peau, ne doivent jamais rentrer en contact avec les parties internes de l'animal, et l'animal ne doit pas toucher le sol ou les installations des différents postes de travail le long de la chaîne[11]. De même, pour des raisons d'hygiène, les animaux les plus sales doivent être abattus en fin de chaîne[11].

Le travail s'effectue selon un plan horizontal et un plan vertical, l'animal étant suspendu la tête vers le bas.

Éviscération

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Il s'agit d'une étape commune à toutes les espèces abattues[11].

Inspection post-mortem

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Préparation de la carcasse

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Refroidissement

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Demi-carcasses de bovins dans un compartiment réfrigéré.

Le refroidissement des carcasses doit avoir lieu aussi rapidement que possible après l'abattage[11].

Qualité de la viande

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Sécurité sanitaire

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Éthique et bien-être animal

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Le , le Conseil de l'Europe a trouvé un accord politique sur un nouveau règlement concernant la protection des animaux au moment de leur mise à mort. Il s'agit de « réduire autant que possible la souffrance et la douleur ressenties par les animaux en appliquant des méthodes d'étourdissement et de mise à mort agréées, fondées sur le savoir scientifique et l'expérience pratique »[16]

Législation

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En , le gouvernement polonais interdit les abattages casher et halal, ceux-ci étant contraires à la loi de 1997 sur la protection des animaux qui proscrit l'abattage sans étourdissement[17].

Depuis le , l’assommage des animaux préalable à leur abattage est obligatoire au Danemark ; les importations d’animaux abattus sans assommage demeurent, elles, autorisées[18].

Abattage animal dans le monde (2011)[1]
Animal Nombre d'animaux par an
Poulet 58 110 000 000
Canard domestique 2 817 000 000
Porc 1 383 000 000
Dinde 654 000 000
Oie & pintade 649 000 000
Mouton 517 000 000
Chèvre 430 000 000
Bovin 296 000 000
Bison 24 000 000

En France, sont abattus chaque année 1 milliard de volailles, 40 millions de lapins, 26 millions de porcins, 7 millions d'ovins, 6,5 millions de bovins, 2 millions de veaux, 1 million de chèvres et de chevreaux, 20 000 chevaux[19].

Abattage sanitaire

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Littérature

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Références

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  1. a et b (de) « Daten und Fakten über Tiere als Nahrungsmittel », Fleischatlas 2014,‎ , p. 19 (lire en ligne).
  2. Directives de l'INRA à propos de l'abattage pour cause d'ESB, INRA
  3. « Glossaire », sur www.woah.org (consulté le )
  4. (en) Amy J. Fitzgerald, « A Social History of the Slaughterhouse: From Inception to Contemporary Implications »
  5. (en) « Pistol versus Poleaxe. A Handbook on Humane Slaughter. »
  6. Baldin Damien, « De l'horreur du sang à l'insoutenable souffrance animale. Élaboration sociale des régimes de sensibilité à la mise à mort des animaux (19e-20e siècles)», Vingtième Siècle. Revue d'histoire 3/2014 (N° 123) , p. 52-68. DOI : 10.3917/vin.123.0052.
  7. a et b (en) Luigi Faucitano, « Introduction », dans Luigi Faucitano, Preslaughter handling and slaughter of meat animals, Wageningen Academic Print, , 434 p., p. 9-10
  8. a b c d et e (en) D.R. Woerner, J.A. Scanga et K.E. Belk, « SLAUGHTER-LINE OPERATION | Cattle », dans Encyclopedia of Meat Sciences, Elsevier, , 284–289 p. (ISBN 978-0-12-384734-8, DOI 10.1016/b978-0-12-384731-7.00157-4, lire en ligne)
  9. a et b « Manual for the slaughter of small ruminants in developing countries », sur www.fao.org (consulté le )
  10. a et b Grandin, T. (1980). Mechanical, electrical and anesthetic stunning methods for livestock. International Journal for the Study of Animal Problems, 1(4), 242-263.
  11. a b c d e f g h i j et k FAO (trad. de l'anglais), « Preslaughter handling, stunning and slaughter methods », dans Good practices for the meat industry,
  12. a b c d e et f (en) C. Gallo, K. Schwartzkopf-Genswein et T. Gibson, « Cattle », dans Luigi Faucitano, Preslaughter handling and slaughter of meat animals, Wageningen Academic Publishers, , 434 p. (ISBN 978-90-8686-924-4), p. 63-116
  13. (en) MS Cockram, « Sheep », dans Preslaughter handling and slaughter of meat animals, , 434 p. (DOI 10.3920/978-90-8686-924-4_7), p. 267-310
  14. a et b (en) L. Faucitano et M. Raj, chap. 5 « Pigs », dans Luigi Faucitano, Preslaughter handling and slaughter of meat animals, , 434 p. (DOI https://doi.org/10.3920/978-90-8686-924-4_5), p. 179-230
  15. (en) MH Anil et K von Holleben, « Exsanguination », dans ENCYCLOPEDIA OF MEAT SCIENCES, vol. 1, Elsevier, , 3e éd. (ISBN 978-0-323-85125-1), p. 12-15
  16. « Bien-être des animaux au moment de leur abattage ou de leur mise à mort » (consulté le )
  17. « L'abattage rituel interdit en Pologne », sur La Vie,
  18. Olivier Truc, « Le Danemark met fin à l’abattage rituel », sur www.lemonde.fr, (consulté le ).
  19. Jean-Luc Daub, Ces bêtes qu'on abat : journal d'un enquêteur dans les abattoirs français, 1993-2008, L'Harmattan, , p. 17.
  20. Pierre Deshusses, « « La Vache », de Beat Sterchi, du pré à l’abattoir », (consulté le ),Léon-Marc Lévy, « La Vache, Beat Sterchi (par Léon-Marc Levy) », sur lacauselitteraire.fr, (consulté le ),Linda Lê, « La fierté des foires », sur en attendant nadeau.fr, (consulté le )

Articles connexes

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Liens externes

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