Abattage

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Abattage d'un cochon à l'époque médiévale

L'abattage désigne généralement la mise à mort des animaux d'élevage dévolus à la production de viande ou de fourrure. L'abattage désigne par extension la mise à mort d'animaux pour limiter la population d'une espèce, éliminer un animal jugé nuisible ou dangereux, ou enrayer la propagation d'une maladie[1]. Environ 70 milliards d'animaux terrestres sont abattus chaque année[2]. Le terme euthanasie sera employé en remplacement de celui d'abattage quand il s'agit d'abréger des souffrances, une agonie ou les animaux d'expérimentation des laboratoires de recherche.

Histoire[modifier | modifier le code]

L'utilisation d'une lame affûtée pour l'abattage du bétail a été pratiquée à travers l'histoire. Avant le développement de l'équipement d'étourdissement électrique, les animaux ont été assommés en les frappant simplement avec un instrument contondant, suivi d'une exsanguination avec un couteau[3],[4]. Dans son Tableau de Paris, en 1783, Louis-Sébastien Mercier décrit ainsi les abattage : « Le sang ruisselle dans les rues, il se caille sous vos pieds et vos souliers en sont rougis. En passant vous êtes tout-à-coup frappé de mugissements plaintifs. Un jeune bœuf est terrassé et, la tête est liée avec des cordes contre la terre. Une lourde massue lui brise le crâne, un large couteau lui fait au gosier une plaie profonde. Son sang fume et coule à gros bouillon.... Quelquefois le bœuf étourdi du coup et non terrassé, s'échappe, fuyant ses bourreaux et frappe tous ceux qu'il rencontre, il répand la terreur et l'on fuit devant l'animal... »

En France, le décret du 16 avril 1964, promulgué entre autres à la suite d'une campagne menée par Jacqueline Gilardoni, fondatrice en 1961 de l'Œuvre d’assistance aux bêtes d’abattoirs, contraint à ce que les animaux, au moment d'être saignés, soient totalement inertes. Seul le pistolet d'abattage et l'anesthésie par électricité ou gaz sont autorisés, le merlin, notamment, étant désormais interdit [5]. Trois dérogations sont données pour l'abattage rituel (halal et casher), pour l'abattage fermier et pour l'abattage d'extrême urgence.


Méthodes employées[modifier | modifier le code]

Dans le cadre des abattoirs
Dans le cadre des élevages d'animaux petits et grands

Abattage rituel[modifier | modifier le code]

Éthique[modifier | modifier le code]

Le , le Conseil de l'Europe a trouvé un accord politique sur un nouveau règlement concernant la protection des animaux au moment de leur mise à mort. Il s'agit de « réduire autant que possible la souffrance et la douleur ressenties par les animaux en appliquant des méthodes d'étourdissement et de mise à mort agréées, fondées sur le savoir scientifique et l'expérience pratique »[6].

L'électronarcose, une méthode provoquant l'étourdissement de l'animal avant abattage à la suite d'une traversée d'un courant électrique dans le cerveau, est préconisée pour éviter la souffrance de l'animal (obligatoire en France depuis 1964 et non utilisée dans l'abattage rituel qui privilégie la mise à mort en pleine conscience de l'animal)

Interdictions[modifier | modifier le code]

En , le gouvernement polonais interdit les abattages casher et halal, ceux-ci étant contraires à la loi de 1997 sur la protection des animaux qui proscrit l'abattage sans étourdissement[7].

Depuis le , l’assommage des animaux préalable à leur abattage est obligatoire au Danemark ; les importations d’animaux abattus sans assommage demeurent, elles, autorisées[8].

Statistiques[modifier | modifier le code]

Abattage animal dans le monde (2011)[2]
Animal Nombre d'animaux par an
Poulet 58 110 000 000
Canard domestique 2 817 000 000
Porc 1 383 000 000
Dinde 654 000 000
Oie & pintade 649 000 000
Mouton 517 000 000
Chèvre 430 000 000
Bovin 296 000 000
Bison 24 000 000

En France, sont abattus chaque année 1 milliard de volailles, 40 millions de lapins, 26 millions de porcins, 7 millions d'ovins, 6,5 millions de bovins, 2 millions de veaux, 1 million de chèvres et de chevreaux, 20 000 chevaux[9].

Références[modifier | modifier le code]

  1. Directives de l'INRA à propos de l'abattage pour cause d'ESB, INRA
  2. a et b (de) « Daten und Fakten über Tiere als Nahrungsmittel », Fleischatlas 2014,‎ , p. 19 (lire en ligne).
  3. (en) Amy J. Fitzgerald, « A Social History of the Slaughterhouse: From Inception to Contemporary Implications »
  4. (en) « Pistol versus Poleaxe. A Handbook on Humane Slaughter. »
  5. Baldin Damien, « De l'horreur du sang à l'insoutenable souffrance animale. Élaboration sociale des régimes de sensibilité à la mise à mort des animaux (19e-20e siècles)», Vingtième Siècle. Revue d'histoire 3/2014 (N° 123) , p. 52-68. DOI : 10.3917/vin.123.0052.
  6. « Bien-être des animaux au moment de leur abattage ou de leur mise à mort » (consulté le 10 mars 2011)
  7. « L'abattage rituel interdit en Pologne », sur La Vie,
  8. Olivier Truc, « Le Danemark met fin à l’abattage rituel », sur www.lemonde.fr, (consulté le 8 février 2016).
  9. Jean-Luc Daub, Ces bêtes qu'on abat : journal d'un enquêteur dans les abattoirs français, 1993-2008, L'Harmattan, , p. 17.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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