Al-Fatiha

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1e sourate du Coran
La Fatiha, Prologue
Le Coran, livre sacré de l'islam.
Le Coran, livre sacré de l'islam.
Informations sur cette sourate
Titre original الفاتحة Al-Fatiha
Titre français La Fatiha, Prologue
Ordre traditionnel 1e sourate
Ordre chronologique 5e sourate
Période de proclamation mecquoise
Nombre de versets (ayat) 7
Ordre traditionnel
Ordre chronologique

Al-Fatiha (arabe: سُّورَةُ الفَاتِحَة, Sūrat al-Fātiḥah) est la sourate d'ouverture du Coran, le livre sacré des musulmans. Composée de sept versets, elle met l'accent sur la souveraineté et la miséricorde d'Allah.

La Fatiha est dans le premier hizb et donc dans le premier juz', qui sont des divisions du coran. La tradition veut que ce soit la première sourate complète qui lui ait été révélée (l'ordre fixé du Coran n'est pas l'ordre chronologique de la révélation coranique, c'est pourquoi cette affirmation n'a pas de caractère évident). Elle est aussi appelée fātiḥat al-kitāb ou fātiḥat al-Qurʾān. Il y a environ 25 autres noms épithètes de cette sourate.

La tradition veut que les musulmans sachent au moins deux sourates par cœur. Comme la Fatiha est courte et indispensable pour la salat (prière), elle est en général apprise dès l'enfance dans les madrasas (écoles coraniques) ou est simplement enseignée par les parents. Elle est récitée au début de chaque unité (rak'ah) de prière.

Fatiha est aussi un prénom arabe féminin.

Les noms de la sourate[modifier | modifier le code]

Elle peut être traduite par « l'entrée », « le prologue », « la liminaire » ou encore « l'ouverture ». Mahomet la nomme « la mère du Coran » (Oumm-ul-Kitab)[1].

Fakhr al-Dīn al-Rāzī relève douze noms différents donnés à la Fatiha : la "louange", la "Mère du Coran", les "septs Mathani" (tradition/versets), "la complete"; "la suffisante" "la Fondation", "la Guérison", "l'Adoration", "la Demande", "la Supplication". "l'Enchantement", "le protecteur", "le trésor"; et "la lumière"[2].

Historique de sa révélation[modifier | modifier le code]

La tradition scolastique islamique s'est interrogée sur où et quand les versets et les sourates du Coran ont été révélés à Mahomet, notamment si tel verset fut révélé à la Mecque ou à Médine. Selon Ibn Abbas et d'autres savants, la Fatiha est une sourate mecquoise, mais selon d'autres, c'est une sourate médinoise. D'autres encore, comme Mudschahid ibn Dschabr, sont d'avis que la première partie de la sourate est apparue à la Mecque et la seconde à Médine. La première hypothèse est largement admise, bien que certains croyants pensent qu'elle a été révélée pour partie à la Mecque et pour partie à Médine. L'exégèse coranique confirme la grande importance de cette courte sourate : le commentateur du Coran andalou al-Qurtubi[3] (mort en 1272) lui consacre 67 pages dans son exégèse[4].

Les islamologues occidentaux se sont aussi intéressés à la question par la suite. Il est difficile de répondre quant à l'âge de la Fatiha, car l'apport spécifiquement islamique est ici difficile à établir. En effet, cette prière aurait pu se trouver dans les livres de prière juifs ou chrétiens[5]. Imbert remarque que la première inscription complète de la Fatiha date de l'époque ommeyade (vers 720-750)[6]. Pour Kropp, la Fatiha est peut-être pré-coranique[6].

En 1939, l'islamologue Arthur Jeffery a publié un article montrant la diffusion de variantes de la sourate Al-Fatiha dans le monde musulman. Il relève que cette sourate est parfois absente des manuscrits anciens, lui donnant davantage une place de prière introductive que de sourate[7]. La Fatiha connait plusieurs variantes absentes de la recension coranique. Pour Azaiez, « ces divergences soulignent que rien ne permet d’affirmer avec certitude que l’événement du discours coranique fut transposé scrupuleusement et dans sa totalité dans le texte que nous connaissons aujourd’hui. »[6].

Versets de la sourate et traduction[modifier | modifier le code]

Enregistrement de la Fatiha

Traduction de Muhammad Hamidullah[modifier | modifier le code]

Texte en arabe Translittération Traduction de Muhammad Hamidullah
1 بسم الله الرحمن الرحيم Bismillah ar-rahman ar-rahim Au nom d'Allah, le Tout Miséricordieux, le Très Miséricordieux.
2 الحمد لله رب العالمين Al Hamdulillahi rabbi-l-`alamin Louange à Allah, Seigneur de l'univers.
3 الرحمن الرحيم Ar-rahman ar-rahim Le Tout Miséricordieux, le Très Miséricordieux,
4 ملك يوم الدين Maliki yawm ad-din Maître du Jour de la rétribution.
5 اياك نعبد واياك نستعين Iyaka na`budu wa iyaka nasta`in C'est Toi [Seul] que nous adorons, et c'est Toi [Seul] dont nous implorons secours.
6 اهدنا الصراط المستقيم Ihdina as-sirat al-mustaqim Guide-nous dans le droit chemin,
7 صراط الذين انعمت عليهم غير المغضوب عليهم ولا الضالين Sirat al-ladhina an`amta alayhim ghayri al-maghđubi alayhim wa la ad-dalin Le chemin de ceux que Tu as comblés de faveurs, non pas de ceux qui ont encouru Ta colère, ni des égarés.

Traductions faites par les universitaires[modifier | modifier le code]

Abdallah Penot[8][modifier | modifier le code]

  1. Au Nom de Dieu, le Tout Miséricordieux, le Très Miséricordieux,
  2. La louange [revient] à Dieu, le Souverain des mondes,
  3. le Tout Miséricordieux, le Très Miséricordieux,
  4. le Roi au jour du jugement,
  5. c'est Toi que nous adorons et c'est toi dont nous implorons le secours.
  6. Conduis-nous sur la voie droite,
  7. la voie de ceux sur lesquels Tu répands Tes grâces, et non celle de ceux qui encourent Ta colère, ni celle des égarés.

Régis Blachère[9][modifier | modifier le code]

  1. Au nom d'Allah, le Bienfaiteur miséricordieux.
  2. Louange à Allah, Seigneur des Mondes,
  3. Bienfaiteur miséricordieux,
  4. Souverain du Jour du Jugement !
  5. [c'est] toi [que] nous adorons, Toi dont nous demandons l'aide !
  6. Conduis-nous [dans] la Voie Droite,
  7. La Voie de ceux à qui Tu as donné Tes bienfaits, qui ne sont ni l'objet de [ton] courroux ni les Égarés.

Le « nous » [verset 6] première personne du pluriel par opposition au « je », indique que le fidèle prie au nom de tous les musulmans et pas seulement en son seul nom[10].

Commentaires de la sourate[modifier | modifier le code]

Pour Cuypers, la Fatiha est un exemple de rhétorique sémitique construit sur des compositions binaires : Seigneur des Mondes/Souverain du Jour du Jugement[6].

Commentaires généraux[modifier | modifier le code]

Commentaires des versets 1 à 5[modifier | modifier le code]

Le premier verset, dont la translittération est « bismillāh ar-rahmān ar-rahīm » (« Au nom de Dieu, le Tout miséricordieux, le Très Miséricordieux »), peut être familier à l'oreille d'un non arabophone ou d'un non musulman car il est omniprésent dans les sociétés musulmanes, notamment sous sa forme contractée « Bismillâh » . Cette formule apparaît au début de chaque sourate du Coran, exceptée la neuvième, At-Tawba (et elle est répétée deux fois dans la 27e, An-Naml). Elle est un verset uniquement dans la Fatiha[10]. Cependant, certains savants (malikites) sont d'avis qu'elle ne constitue pas un verset. Elle est normalement prononcée avant de réciter une sourate ou une partie de sourate pendant la prière quotidienne, ainsi qu'avant les proclamations publiques et parfois même avant de nombreuses activités personnelles quotidiennes dans de nombreuses sociétés musulmanes. C'est un moyen d'invoquer la bénédiction d'Allah et de proclamer sa motivation avant une entreprise.

Les deux mots « ar rahmān » et « ar rahīm » sont souvent traduits par « miséricordieux » en français. Par exemple « le Tout Miséricordieux, le Très Miséricordieux » (traduction de Muhammad Hamidullah). Ce sont deux formes linguistiques différentes de la racine triconsonontale « R-H-M » qui signifie « miséricorde ». Le mot « rahmaan » indique l'importance alors que « rahīm » évoque la permanence temporelle.

Le deuxième verset « الحمد الله » (« al-hamdulillah ») se situe parmi les phrases les plus populaires du monde arabe. Il est exprimé pour signifier qu'on se sent bien, qu'on est heureux, et même pour exprimer la consolation après une épreuve. Ce verset est aussi significatif en ce qu'il inclut une relation entre le nom d'Allah le plus commun, « الله », et un autre, « رب », qui peut être traduit par « Seigneur » et qui partage la même racine que l'hébreu « rabbi ». Dans certains exemplaires du Coran, les deux mots apparaissent en rouge à chaque occurrence.

Commentaires des versets 6 et 7[modifier | modifier le code]

Le septième verset possède des interprétations distinctes, entre autres, selon les points de vue ésotérique et exotérique de l'explication coranique[11].

Certains commentateurs du Coran font remonter à Mahomet la tradition selon laquelle ce verset évoquerait les juifs et les chrétiens[12],[13],[14]. Cette interprétation est considérée par Ida Zilio Grandi comme un « lieu commun de la tradition exégétique souvent recyclée dans les temps modernes » [15][16]. Pour G. Monnot, elle est celle de « beaucoup de commentateurs musulmans »[17],[18] tel que Tabarî (839-923), Zamakhshari ou Muhammad al-Shahrastani[17]. Elle apparait aussi chez certains penseurs soufis comme Mahmud ibn Ali al-Qashani[16]. Ces commentaires s'appuient sur des associations avec d'autres versets coraniques et des traditions prophétiques [Note 1] [19],[20].

Cette interprétation est considérée comme « un avertissement pour les musulmans de ne pas suivre la trace des juifs et des chrétiens. »[21] et est à l'origine d'« anathèmes prononcés hâtivement et sans discernement »[22]. Pour Pierre-André Taguieff, cette interprétation de la Fatiha « constitue un véritable endoctrinement à la fois antijuif et antichrétien. »[23] Un rapport de la Commission Nationale consultative des Droits de l'Homme présente une utilisation du verset 7 de la Fatiha dans un but de "diabolisation du peuple juif" par un site internet fondamentaliste[24].

Cette interprétation parait linguistiquement « intenable »[12] à R. Blachère, pour qui « l'idée vaut pour les infidèles, en général »[12]. Le traducteur du Coran Jacques Berque affirme que « Beaucoup de commentateurs ont pensé que ces mots, d’inégale rigueur, désignent respectivement Juifs et Chrétiens. Nous leur maintenons leur portée générale, maîtresse d’applications permanentes. » [25]. Plusieurs commentateurs comme le perse Al-Rāzī (IXème-Xème) ou Muḥammad ʿAbduh et Rashīd Riḍā (XXème siècle) interprètent ce verset comme une critique des pécheurs et des incroyants[16]. René Guénon donne à ce verset une portée générale visant les "saints de Satan", les "Waliyush-Shaytân"[Note 2] [11]. Michel Vâlsan développe une « exégèse inédite »pour « évacuer l'apparente contradiction entre les paroles de son maître [R. Guénon] avec celles du Prophète »[Note 3][14] et approfondit l’interprétation ésotérique (i.e. selon la haqiqah) exposée par Al Qashani[26].

Approche philologique critique[modifier | modifier le code]

De nombreux chercheurs se sont penchés sur cette sourate du Coran. Certains ont vu dans ce texte des ressemblances avec des textes chrétiens comme le psaume 1 et le psaume 2[27] ou le Notre Père[28]. Pour Dye, ce texte contient de nombreuses "réminiscences chrétiennes" (Psaume 1, livre d'Isaïe)[6]. Cuypers compare ce texte avec le Psaume 1, construit de manière similaire, présentant les "deux voies" (adoration et demande) et finit par des termes similaires[6].

Pour Rippin, « Une grande partie du vocabulaire de ce passage a des parallèles hébraïques / Syriaque, tout particuliérement raḥmān et 'lam, mais aussi la plupart des autres phrases d'une manière ou d'une autre. »[6]

Jan Van Reeth a mené une étude globale sur la sourate. Il remarque des similitudes avec Isaïe 35. L'auteur présente une filiation de certaines expressions de certains versets de la sourate depuis le texte biblique à travers le Targoum des Prophètes[29]. À l'inverse, selon lui, les premiers versets proviennent de liturgie chrétienne et rappellent une doxologie puis des répons psalmodique. Ainsi, le verset 5 serait une adaptation du Deus in adjutorium meum intende, Domine ad adjuvandum me festina commençant la prière des heures. Pour lui, la sourate Al-Fatiha est un "restant de livre d'heure. Cette sourate est composée d'un extrait de la grande doxologie (rappel mnémotechnique pour chanter l'intégralité de celle-ci), du verset commençant la prière des heures. L'auteur traduit le dernier verset en "le chemin de ceux que tu combles de grâces, non de ceux qui sont anéantis ou égarés." et y voit une introduction à la lecture de l'épisode de l’Évangile traitant de Jean Baptiste[29].

Pour Kropp, « La basmala : c'est une citation biblique (Exode 34:6; Ps 86[85]:15 et suiv.) en usage dans les temps pré-islamiques jusqu'à nos jours par les chrétiens Coptes et éthiopiens. »[6] Younes appuie cette association par l'orthographe particulière du mot nom.[6]

Certaines recherches s’intéressent à des tournures particulières. Selon Mohammed Arkoun, Al-Fatiha commencerait par "Louange à Dieu, le Seigneur des siècles". Cette épiclèse divine correspond au terme syriaque d'oulmin. Ce terme devient alamin en arabe et prend le sens des "mondes créés par Dieu". L'auteur s'interroge sur le sens, syriaque ou arabe, qu'avait ce mot lors de l'énonciation de cette sourate[30]. Soulignant la difficulté de compréhension de ce terme, d'autres chercheurs voient dans le terme alamin le terme araméen "cosmos"[31],[32].

Le dernier verset a fait l'objet de recherches particulières. Édouard-Marie Gallez considère que celui-ci verset est une « apposition[...] à un ensemble cohérent et structuré par lui-même ». Il rejoint en cela Antoine Moussali qui défendait que la sourate Al-Fatiha était une prière ancienne sans le dernier verset[33].

Pour Dye, la rythmique de la Fatiha permet d'y reconnaître une « une doxologie, psalmodiée par le célébrant principal, à laquelle répond la prière d’invocation que constituent les vv. 5–7, psalmodiés par l’assemblée, ou par un autre célébrant »[6]. Dye voit dans la rupture rythmique du verset 7 un indice que celui-ci serait un ajout tardif. L'auteur s'appuie aussi sur la continuité entre le verset 6 et la sourate 2[6].

Dimension spirituelle de la Fatiha[modifier | modifier le code]

La sourate Al-fatiha possède - en islam - une dimension spirituelle importante puisqu'il s'agirait d'un dialogue entre Allah et le fidèle.

Hadith muslim, no 878, vol. 1, livre 4, ch. 11[34]

J'ai divisé la prière [ici le terme prière renvoit à la sourate al-fatiha][35] entre Mon serviteur et moi en deux parties, et Mon serviteur aura ce qu'il demande. Ainsi, lorsqu'il dit : « Louange à Allah, seigneur des mondes », Allah le Très-Haut répond « mon serviteur m'a loué ». Quand il dit : « Le tout miséricordieux, le Très miséricordieux », Allah le Très-Haut réplique : « Mon serviteur a fait Mon éloge » et quand il dit « Maître du jour de la Rétribution », Il dit : « Mon serviteur M'a glorifié » - ou bien « Mon serviteur s'est fié à Moi ». Quand il dit : « C'est toi que nous adorons et c'est toi dont nous implorons le secours », Il affirme : « Ceci est entre Mon serviteur et Moi, et Mon serviteur aura ce qu'il demande » ; quand il dit : « Guide nous dans le droit chemin, le chemin de ceux que tu as comblés de faveurs, non pas eux qui ont encouru Ta colère ni des égarés! », Il dit : « Ceci est pour Mon serviteur et mon serviteur aura ce qu'il demande ». Sufyân dit : « Al'-alâ' Ibn 'al-Rahmân Ibn Ya'qûb me l'a rapporté. Je suis allé le voir chez lui alors qu'il était malade et je l'ai moi-même interrogé à ce sujet. »

Place dans la prière musulmane[modifier | modifier le code]

Dans la Salat[modifier | modifier le code]

Après s'être orienté vers la Mecque (la qibla) l'orant dit « Allahu akbar » (« Allah est plus grand (que tous les autres) »), et commence debout la récitation de la Fatiha en langue arabe, en louant Allah et en exprimant son désir de chercher refuge auprès d'Allah contre le diable.

Il continue avec de nouveaux versets du Coran qu'il a lui-même choisis (souvent une sourate comme Al-Ikhlas), puis il se prosterne (le front doit toucher le sol) et termine la prière par la salutation islamique, « as-salâm 'aleïkoum », adressée, selon la foi musulmane, aux deux anges assis à sa droite et à sa gauche (en). Auparavant il aura pu, le cas échéant, exprimer une prière de demande (dua) dans sa langue maternelle.

En raison d'un hadîth[36] qui affirme que « la prière de quiconque ne récite pas la sourate Al Fatiha est invalide », de nombreux savants musulmans insistent sur l'importance de cette sourate dans leurs commentaires. En pratique, cela signifie que les musulmans qui font leurs prières quotidiennes selon les règles traditionnelles récitent cette sourate au moins 17 fois par jour au minimum, si on ne compte que les cinq prières obligatoires (2 pour la prière du matin, 4 pour celle du midi, 4 pour celle de l'après-midi, 3 pour celle après le coucher de soleil et enfin 4 pour celle du soir). Si la Fatiha n'est pas récitée, la prière est considérée comme déficiente -[37] le fidèle est obligé de refaire sa prière[38],[39]

Dans le monde sunnite, la récitation de la Fatiha est suivi de "amin". Cet ajout est rejeté dans le monde shiite sous peine d'invalider la prière (Al-Tūsī)[2].

Selon le philologue Christoph Luxenberg, la sourate Al-Fatiha possède un rôle liturgique particulier qu'elle aurait acquis en replacement de la 96e sourate, Al-'Alaq, plus ancienne « dont l’origine christiano-syriaque est évidente »[40].

Autres dévotions[modifier | modifier le code]

La sourate elle-même est presque toujours récitée lors de la cérémonie du mariage musulman, lors du don du nom, de la circoncision...[41]

De nombreuses pierres tombales musulmanes portent des inscriptions demandant au visiteur de réciter la Fatiha pour l'âme de la personne décédée[42]. Pour Déroche, « l’épigraphie montre ainsi que prononcer la Fâtiḥa sur une tombe est une pratique ancienne »[41]

« Le pouvoir sacré, ou baraka, de la Fātiha a est universellement attesté dans toutes les époques dans la pratique populaire: »La fatiha est utilisée comme talisman de guérison, comme défense contre le mal, comme bénédiction...[2]

Galerie[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. " Dis: "Puis-je vous informer de ce qu'il y a de pire, en fait de rétribution auprès d'Allah? Celui qu'Allah a maudit, celui qui a encouru Sa colère, et ceux dont Il a fait des singes, des porcs, et de même, celui qui a adoré le Tagut, ceux-là ont la pire des places et sont les plus égarés du chemin droit." [Coran ; S. 5, v. 60] "Qui se sont égarés autrefois et qui en ont égaré beaucoup d’autres hors du droit chemin." [Coran S. 5, v. 77]. « Ady Ben Hatem a dit : J’ai demandé à l’Envoyé de Dieu – qu’Allah le bénisse et le salue – au sujet de ceux qui sont désignés par ce verset : (non pas [le chemin] de ceux qui ont encouru Ta colère), il me répondit : Ce sont les juifs, quant aux égarés ce sont les chrétiens. »
  2. René Guénon considère la première interprétation comme « étroite, fort contestable même au point de vue exotérique, et qui, en tout cas, n’a évidemment rien d’une explication selon la haqîqah »; selon la "haqîqah", c'est à dire l'interprétation ésotérique, R. Guénon signale que la notion de "colère divine" contenue dans cette sourate a une portée générale liée à la "chute des anges", et, dans le cas des êtres humains correspond à l'expression coranique des "Waliyush-Shaytân", c'est à dire des "saints de Satan" qui sont à « l'inverse du "saint" ou Waliyur-Rahman »[11].
  3. (A propos de la phrase de Guénon sur la contestabilité de l'interprétation) "Il pouvait sembler, au premier abord, que cette dernière affirmation fut en contradiction avec les termes de hadiths connus tel celui de Adi Ibn Hatim [...]. C'est l'exégèse inédite que celui-ci en donne qui permet d'évacuer l'apparente contradiction entre les paroles de son maître avec celles du Prophète [...]"

Références[modifier | modifier le code]

  1. Sahih muslîm, no 876 : "Le messager d'Allah a dit : «Point de prière pour celui qui ne récite pas la mère du Coran » " - Edition al hadîth, p. 328,
  2. a, b et c Encyclopaedia of the Quran, p. 189 et suiv.
  3. (en) à son sujet : Encyclopædia of Islam. New Edition. Brill, Leiden, vol. 5, p. 512.
  4. imprimé à Beyrouth 2006. vol. 1, p. 166-233.
  5. (de) Theodor Nöldeke, Geschichte des Korans, vol. 1, p. 110.
  6. a, b, c, d, e, f, g, h, i, j et k Azaiez, M. (Ed.), Reynolds, G. (Ed.), Tesei, T. (Ed.), et al. (2016). The Qur'an Seminar Commentary / Le Qur'an Seminar. A Collaborative Study of 50 Qur'anic Passages / Commentaire collaboratif de 50 passages coraniques. Berlin, Boston: De Gruyter. p.47-57.
  7. (en) Arthur Jeffery, « A Variant Text of the Fatiha », The Muslim World, no 29,‎ , p. 158-162.
  8. Abdallah Penot, p. 1, sourate 1, ed. Alif
  9. Régis Blachère, p. 29, le Coran, traduction Régis Blachère, ed. G.P maisonneuve & Larose, 1966
  10. a et b Roger Caratini et Hocine Raïs, Initiation à l'Islam : La foi et la pratique, Presse du Châtelet, , 203 p. (ISBN 2-84592-076-8), II, chap. 1 (« Les cinq piliers de l'Islam »), p. 126.
  11. a, b et c René Guénon, Le symbolisme de la Croix, chap. 25, p. 97-98.
  12. a, b et c Régis Blachère, Le coran : traduction p. 29, note n°7
  13. Leaman, Oliver, ed. (2006). The Qur'an: an Encyclopedia. Routledge. p. 614. (ISBN 0-415-32639-7).
  14. a et b Muhammad Valsan (ed.)., "Les interprétations ésotériques du Coran, Al Qashani", 2009, p.32. Traduction annotée par Michel Vâlsan, avant-propos de Muhammad Vâlsan.
  15. "A well-known Prophetic passage has given rise to a commonplace of the exegetical tradition often recycled in modern times"
  16. a, b et c Zilio-Grandi, Ida, “al-Fātiḥa”, in: Encyclopaedia of Islam, THREE, Edited by: Kate Fleet, Gudrun Krämer, Denis Matringe, John Nawas, Everett Rowson.
  17. a et b Monnot Guy. Conférence de M. Guy Monnot. dans: École pratique des hautes études, Section des sciences religieuses. Annuaire. Tome 93, 1984-1985. 1984. p. 293-303.
  18. Le Coran : essai de traduction, poche, 864 pages, Éditions Albin Michel (2 octobre 2002), p.16.
  19. Al-Tabar, The commentary of the Coran, Oxford University Press, p. 77-78 :

    « To prove that those who have incurred God's wrath are those mentioned in 5:60, Tabari cites several Tradition wich nale the Jews as those with whom God is angry. [...]Using the same reasoning as before, in order to prove that the people mentioned in 5:77 are those who are described as astray in 1:7, Tabari cites Traditions which name the Christian as those astray. »

  20. ibn Kathir, « Tafsir », sur archive.org (consulté le 15 février 2017), p. 26
  21. The Qur'an: An Encyclopedia, Oliver Leaman (ed.), Taylor & Francis, 2006, p. 614.
  22. Muhammad Valsan (ed.)., "Les interprétations ésotériques du Coran, Al Qashani", 2009, p.33. Traduction annotée par Michel Vâlsan, avant-propos de Muhammad Vâlsan.
  23. Taguieff Pierre-Andre, « Chapitre II. Usages des stéréotypes antijuifs. Mythes politiques, propagande, démagogie », La nouvelle propagande antijuive, Paris, Presses Universitaires de France, 2010, p. 75-135.
  24. LA LUTTE CONTRE LE RACISME ET LA XÉNOPHOBIE 2004 Volume 1 Le racisme et l’antisémitisme sur internet, CNCDH, http://www.ladocumentationfrancaise.fr/var/storage/rapports-publics/054000193.pdf.
  25. En note de la page 24 du Livre "Le Coran, essai de traduction", éd. Albin Michel [1]
  26. Muhammad Valsan (ed.)., "Les interprétations ésotériques du Coran, Al Qashani", 2009, p.33. Traduction annotée par Michel Vâlsan, avant-propos de Muhammad Vâlsan.
  27. Lucien-Jean Bord, « Semblances, ressemblances et dissemblances : Le psaume premier et Al-Fatiha », Cedrus Libani, no 53,‎ , p. 27-33.
  28. Denise Masson, Le Coran et la révélation judéo-chrétienne : Études comparées, Paris, A. Maisonneuve, .
  29. a et b Jan M. F. Van Reeth, « Le vignoble du paradis et le chemin qui y mène : la thèse de C. Luxenberg et les sources du Coran », Arabica, vol. 53, no 4,‎ , p. 511–524 (JSTOR 4057646).
  30. Arkoun, Construction humaine de l'Islam (lire en ligne)
  31. A Jeffery, the Foreign vocabulary of the Qur'an, Baroda, 1938, p. 208.
  32. Paret R., Der Koran. Kommentar und Konkordanz, 1977, p. 12.
  33. « La curieuse racine kfr dans le Coran (520 fois !) », sur www.lemessieetsonprophete.com (consulté le 14 février 2016)
  34. D'autres hadiths dans le sahih muslim rapportent le même récit. Voir hadith no 879, 880.
  35. Minnat al mun'im, t. 1, p. 262 - voir aussi al-Minhâj, p. 431-432.
  36. Résumé du Sahih al-Bukhari, Daroussalam, 1999, p. 249.
  37. Sahîh muslim, t. 1, ch 11, hadith no 878. Le hadith en question dispose la norme suivante : « Celui qui accomplit une prière dans laquelle il ne récite pas la Mère du Coran, sa prière est déficiente - à trois reprises - et incomplète [...]. »
  38. Lyess Chacal, Savoir prier [garçon], éd. Albouraq jeunesse, p. 63.
  39. Sahih muslim, vol 1, livre 4, ch. 11, hadith n° 881.
  40. LUXENBERG (Christoph). Die Syro-Aramäische Lesart des Koran. Ein Beitrag zur Entschlüsselung der Koransprache.pp. 293-298.
  41. a et b Déroche François, « Chapitre V - Le Coran dans les sociétés musulmanes », dans Le Coran. Paris, Presses Universitaires de France, « Que sais-je ? », 2017, p. 91-110.
  42. (en) Encyclopædia of Islam. New Edition. Brill, Leiden. vol. 2, p. 841.

Liens externes[modifier | modifier le code]