Othmân ibn Affân

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`Othmân ibn Affân
Version vectorisée de la calligraphie emblématique du 3ème calife rachidun, Uthman ibn Affan
Version vectorisée de la calligraphie emblématique du 3ème calife rachidun, Uthman ibn Affan
Titre
Calife et Commandeur des croyants
Prédécesseur Omar ibn al-Khattâb
Successeur Ali ibn Abi Talib
Biographie
Date de naissance
Lieu de naissance Taïf, Péninsule Arabique
Date de décès
Lieu de décès Médine, Arabie
Père Affân ibn Abi al-`Âs
Mère Ourwâ bint Karîz
Enfants Abân, Abdullah (al-asghar), Abdullah (al-akbar), Abdul Malik, Aïcha, Amr, Khâlid, Maryam (bint Nayla), Maryam (bint Oumm `Amr), Omar, Oumm Abâl (al-koubrâ), Oumm Abâl (as-soughrâ), Oumm Amr, Oumm Othmân, Ourwâ, Sa`id, Walîd[1]
Résidence Médine

`Othman, `Uthmân ibn `Affân ibn al-`Âs ibn Umayya (arabe : عثمان بن عفان بن أبي العاص بن أمية) ou, plus fréquemment Othman ibn Affan (né en 576[Lien incohérent] et mort en 656), est le troisième calife de l'islam. Il succède à Omar et règne de 644 à 656 (12 ans).

Selon la tradition (Sunna), il aurait été parmi les premiers Mecquois converti à l'islam. Il se serait converti avant l'Hégire, et aurait participé au premier exil des musulmans en Abyssinie en 620[2]. Ses relations avec Mahomet sont excellentes.

Biographie[modifier | modifier le code]

Né en 576[Lien incohérent] à Taïf, de Affan ibn Abi al-'As et Urwa bint Kariz, il fait partie du clan des Banū ʾUmayyah.

Membre de l'aristocratie mecquoise, il est l'un des rares personnages de haut rang à se convertir tôt à l'islam[3]. Uthmane était très honnête, pudique et timide: ‘Aisha (qu’Allah soit satisfait d’elle) rapporte : « Le Messager d’Allah (alayhi salat wa salam), était assis, la cuisse découverte, quand Abu Bakr demanda la permission d’entrer. Il la lui accorda dans un tel état. Ensuite, ‘Uthman sollicita la permission d’entrer. Le Prophète (‘alayhi salat wa salam), laissa alors tomber ses vêtements. Quand ils furent partis, je m’enquis : « Ô Messager d’Allah ! Abu Bakr et ‘Umar t’ont demandé la permission d’entrer et tu la leur as donnée dans l’état où tu étais. Quand ‘Uthman t’a demandé la permission d’entrer, tu as laissé tombé tes vêtements sur toi. » Il (‘alayhi salat wa salam) répondit : « Ô ‘Aisha ! Ne devrais-je pas avoir de la pudeur vis-à-vis d’un homme, par Allah, devant lequel les anges ont de la pudeur ? »

Mariage[modifier | modifier le code]

‘Othman ibn ‘Affan (qu’Allah l’agrée) était surnommé « Dhu al-Nurayn », c’est-à-dire, l’homme aux deux lumières car il avait épousé deux des filles du Messager d’Allah Rukayya et Umm Kulthum. Rukayya était mariée à Otba Ibn Abi Lahab et Oum Koulthoum à son frère Oteiba Ibn Abi Lahab. Lorsque la sourate Al Massad qui concerne Abou Lahab est descendue, le père et la mère des deux époux des filles du prophète ont dit à leurs enfants de les répudier. Après être revenues chez elles, et après un certain temps Othmane s'est empressé de demander au Prophète la main de sa fille Rokia qu'il aimait avant même sa conversion à l'Islam. Après la mort de Rukayya, Othman était tellement triste d'avoir perdu sa chère épouse et ses liens de parentés avec le prophète SAWS que le messager de Dieu lui a donné sa fille Oumm Koulthoum comme épouse. C'est le seul être humain sur terre à avoir eu le privilège de se marier avec deux filles d'un même prophète. Il assista à tous les grands évènements avec le Messager d'Allâh sauf à la bataille de Badr car sa femme Rouqayya était malade. Ainsi le Prophète lui ordonna de rester à son chevet à Médine

Califat[modifier | modifier le code]

Désigné par Omar ibn al-Khattâb comme l'un des six membres du conseil aptes à régler le problème de sa succession, il est choisi en 644 comme calife à la mort de celui-ci, de préférence à Ali ibn Abi Talib, ce qui suscita des mécontentements autour de lui.

Grandes conquêtes[modifier | modifier le code]

L'empire du califat de Othmân à son apogée, 656.

Sous le califat de Othmân, le territoire musulman s'accroît considérablement, notamment en l'an 27 de l'Hégire (649)[réf. souhaitée] où de nombreux territoires sont conquis (occupation des territoires de l'ancien Empire sassanide et de l'Arménie, incursions au Maghreb et en Nubie[3]). Mais Othmân se rend impopulaire dans certaines régions, notamment à Koufa en Irak et en Égypte, car avec l’enrichissement de la communauté musulmane et l'apparition de nouvelles générations ne maitrisant pas la langue arabe et le coran, certaines personnes ont voulu s'accaparer de ces richesses et ont semé la zizanie en rapportant de fausses rumeurs et en envoyant des faux courriers aux nom du Khalif et de certaines grandes personnalités de l'islam et surtout en interprétant mal la clémence du Uthmane car au temps du khalif Omar personne n'osait lever le ton.

Recension officielle du Coran[modifier | modifier le code]

Le Coran de Tachkent

Par ailleurs, des divergences apparaissent à propos du texte du Coran après la conversion à l'islam des personnes d'ethnie non arabe et après la mort de nombreux compagnons du prophète (hafiz) des personnes qui connaissaient le Coran par cœur pendant les expéditions de guerre, Othmân décide alors d'officialiser un exemplaire du texte coranique, et établit une classification unique des sourates les unes par rapport aux autres [réf. nécessaire]. C'est à cette fin qu'en l'an 25 de l'Hégire (647) (quinze ans après la mort de Mahomet), il charge une commission de préparer plusieurs copies (mus'haf) du Coran. Ces copies préparées, Othmân les fait envoyer en différents points importants du territoire musulman[4].

Les copies du Coran écrites de nos jours suivraient toujours, mot pour mot, cette compilation des copies d'Othmân[5], écriture nommée « ar-rasm al-othmanî ». Quelques-unes de ces copies existent encore aujourd'hui : l'une se trouve à Istanbul, l'autre à Tachkent (Ouzbékistan), une troisième au British Museum de Londres.

Révoltes contre Othmân[modifier | modifier le code]

Assassinat[modifier | modifier le code]

Il est assassiné à Médine le 17 juin 656 dans sa maison[6], après avoir été assiégé par un groupe d'insurgés venant de Bassora, Koufa et d'Égypte durant 40 jours et ce, pendant le mois du pèlerinage à La Mecque. Il reçoit neuf coups de poignards par un certain `Amr ibn al-Hamiq, et sa femme Nayla a des doigts tranchés en voulant s'interposer[7]. 'Othman, que Allâh l'agrée, avait dit avant son assassinat : "Hier, j'ai vu le Messager d'Allâh en rêve ainsi que Abou Bakr et 'Omar qui m'ont dit : Patiente, car tu déjeuneras auprès de nous la nuit prochaine". La population médinoise reste perplexe, car elle ne s'imagine pas que l'incident irait si loin[7]. La période qui suivit ces événements est appelé al-fitna al-kubrâ (le grand désordre).

Ali ibn Abi Talib, qui n'est plus à Médine, se retire dans sa maison, horrifié par cet évènement[8]. Les mêmes sahaba qui ont élu Othmân viennent le voir afin de lui demander d'être leur chef[8]. Il refuse au début, mais accepte quelques jours plus tard, à la demande générale, à la mosquée de Médine devant une foule d'assemblée[9].


Découverte épigraphique[modifier | modifier le code]

Lors d'une campagne épigraphique à Tayma' en Arabie Saoudite, fut découvert en 2013 un graffito daté probablement en l'an 36 de l'hégire (656) qui confirme l'existence et la mort violente de Othmân ibn Affan[10] : « je suis Qays, le scribe, Abū Kuṯayir. Que Dieu maudisse celui qui a assassiné ʿUṯmān b. ʿAffān et [ceux qui] ont incité à ce meurtre sans pitié ! »

Références[modifier | modifier le code]

  1. Généalogie des femmes et des enfants d'Othmân ibn Affân
  2. Dans Tabari : La Chronique (Volume II, Mohammed, sceau des prophètes), Actes-Sud, p. 86 (ISBN 2-7427-3318-3)
  3. a et b Janine Sourdel et Dominique Sourdel, Dictionnaire historique de l'islam, Paris, Presses Universitaires de France, coll. « Quadrige - Dicos Poche »,‎ (ISBN 978-2130545361), « 'Uthmân ibn 'Affan, ?-656 »
  4. rapporté par Al-Bukhârî, hadith no 4702
  5. Initiation au Coran. Par Mohammad Abdallah Draz. Publié par les éditions Beauchesne, 2005 (ISBN 2-7010-1451-4), p. 67 livre en ligne
  6. The Many Faces of Faith: A Guide to World Religions and Christian Traditions, par Richard R. Losch.
  7. a et b Hassan Amdouni, Les quatre califes, édition Al-Qalam (2005), p. 316 (ISBN 2-909469-07-7).
  8. a et b Hassan Amdouni, Les quatre califes, p. 359.
  9. Hassan Amdouni, Les quatre califes, p. 360.
  10. Califes, princes et compagnons dans les graffiti du début de l'islam sur Academia.edu,p.65-66 en ligne

Liens externes[modifier | modifier le code]

Uthmân face aux épreuves

Voir aussi[modifier | modifier le code]