Othmân ibn Affân

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Page d'aide sur l'homonymie Pour le fondateur de la dynastie ottomane, voir Osman Ier.
`Othmân ibn Affân
Titre
Calife et Commandeur des croyants

11 ans, 8 mois et 6 jours
Prédécesseur Omar ibn al-Khattâb
Successeur Ali ibn Abi Talib
Biographie
Date de naissance
Lieu de naissance Taïf, Péninsule Arabique
Date de décès
Lieu de décès Médine, Arabie
Père Affân ibn Abi al-`Âs
Mère Ourwâ bint Karîz
Enfants Abân, Abdullah (al-asghar), Abdullah (al-akbar), Abdul Malik, Aïcha, Amr, Khâlid, Maryam (bint Nayla), Maryam (bint Oumm `Amr), Omar, Oumm Abâl (al-koubrâ), Oumm Abâl (as-soughrâ), Oumm Amr, Oumm Othmân, Ourwâ, Sa`id, Walîd[1]
Résidence Médine

`Othmân, `Uthmân ibn `Affân ibn al-`Âs ibn Umayya (arabe : عثمان بن عفان بن أبي العاص بن أمية) ou, plus fréquemment Othmân ibn Affan (né en 574 et mort en 656[2]), est le troisième calife de l'islam. Il succède à Omar et règne de 644 à 656 (12 ans).

Selon la tradition (Sunna), il aurait été parmi les premiers Mecquois convertis à l'islam. Il se serait converti avant l'Hégire, et aurait participé au premier exil des musulmans en Abyssinie en 620[3].

Biographie[modifier | modifier le code]

Né en 576 à Taïf, de Affan ibn Abi al-'As et Urwa bint Kariz, il fait partie du clan des Banū ʾUmayyah. Il est l'arrière-petit-fils d'Umayya ibn Abd Shams.

Membre de l'aristocratie mecquoise, il est l'un des rares personnages de haut rang à se convertir tôt à l'islam[4]. Othmân était très pudique: ‘Aisha rapporte : « Le Messager d’Allah (Que la paix et le salut soient sur lui) était assis, la cuisse découverte (en partie), quand Abu Bakr demanda la permission d’entrer. Il la lui accorda dans un tel état. Ensuite, Othmân sollicita la permission d’entrer. Le Prophète (Que la paix et le salut soient sur lui) laissa alors tomber ses vêtements. Quand ils furent partis, je m’enquis : « Ô Messager d’Allah ! Abu Bakr et ‘Umar t’ont demandé la permission d’entrer et tu la leur as donnée dans l’état où tu étais. Quand Othmân t’a demandé la permission d’entrer, tu as laissé tombé tes vêtements sur toi. » Il répondit : « Ô ‘Aisha ! Ne devrais-je pas avoir de la pudeur vis-à-vis d’un homme, par Allah, devant lequel les anges ont de la pudeur ? »

Arbre généalogique[modifier | modifier le code]

Voir en:Family_tree_of_Uthman

Mariage[modifier | modifier le code]

Othmân ibn ‘Affan était surnommé « Dhu al-Nurayn », c’est-à-dire, l’homme au deux lumières car il avait épousé deux des filles de Mahomet Rukayya et Umm Kulthum. Rukayya était mariée à Otba Ibn Abi Lahab et Oum Koulthoum à son frère Oteiba Ibn Abi Lahab. Lorsque la sourate Al Massad qui concerne le couple Abou Lahab fut descendue, elle a suscité la colère du couple qui a exigé que les deux fils répudient leurs épouses. Après être revenues chez elles, et après un certain temps Othmane s'est empressé de demander à Mahomet la main de sa fille Rukayya qu'il appréciait énormément avant même sa conversion à l'islam. Après la mort de Rukayya, Othmân était tellement chagriné d'avoir perdu son épouse et ses liens de parenté avec Mahomet que ce dernier lui a accordé l'autorisation d'épouser sa fille Oumm Koulthoum. Othmân est le seul homme à s'être marié avec deux filles d'un même soit-disant prophète.

Califat[modifier | modifier le code]

Désigné par Omar ibn al-Khattâb comme l'un des six membres du conseil aptes à régler le problème de sa succession, il a été choisi comme calife, ce qui suscita des mécontentements.

Grandes conquêtes[modifier | modifier le code]

L'empire du califat de Othmân à son apogée, 656.

Sous le califat de Uthmân, le territoire musulman s'accroît considérablement, notamment en l'an 27 de l'Hégire (649)[réf. souhaitée] où de nombreux territoires sont conquis (conquête des territoires de l'ancien Empire sassanide et de l'Arménie, incursions au Maghreb et en Nubie[4]). Mais Othmân se rend impopulaire dans certaines régions, notamment à Koufa en Irak et en Égypte : les populations de ces pays l'accusant d'avoir privilégié certains membres de sa famille.

Recension officielle du Coran[modifier | modifier le code]

Le Coran de Tachkent

Par ailleurs, des divergences apparaissent à propos du texte du Coran après la conversion à l'islam des personnes d'ethnie non arabe et après la mort de nombreux compagnons de Mahomet (Hafiz), des personnes qui connaissaient le Coran par cœur. Othmân décide alors d'officialiser le texte coranique et établit une classification unique des sourates[5]. C'est à cette fin qu'en l'an 25 de l'Hégire (647, quinze ans après la mort de Mahomet), il charge une commission de préparer plusieurs copies (mus'haf) du Coran. Ces copies préparées, Othmân les fait envoyer en différents points importants du territoire musulman[6].

Les copies du Coran écrites de nos jours suivraient toujours, mot pour mot, cette compilation des copies d'Othmân[7], écriture nommée « ar-rasm al-othmanî ». Quelques-unes de ces copies existent encore aujourd'hui : l'une se trouve à Istanbul, l'autre à Tachkent (Ouzbékistan), une troisième au British Museum de Londres.

Révoltes contre Othmân[modifier | modifier le code]

Assassinat[modifier | modifier le code]

Othmân a été assassiné à Médine le dans sa maison[8], après avoir été assiégé durant 40 jours par un groupe d'insurgés venus de Bassora, de Koufa et d'Égypte, et ceci pendant le mois du pèlerinage à La Mecque. Il reçut neuf coups de poignard d'un certain `Amr ibn al-Hamiq, et sa femme Nayla a eu les doigts tranchés en voulant s'interposer[9]. Othmân, aurait dit avant son assassinat : « Hier, j'ai vu Mahomet en rêve ainsi que Abou Bakr et 'Omar qui m'ont dit : Patiente, car tu déjeuneras auprès de nous la nuit prochaine. ». La population médinoise resta perplexe, car elle ne s'imaginait pas que l'incident irait si loin[9]. La période qui suivit ces événements est appelé al-fitna al-kubrâ (le grand désordre).

Ali ibn Abi Talib, qui n'est plus à Médine, se retira dans sa maison, horrifié par cet événement[10]. Les mêmes sahaba (compagnons de Mahomet) qui ont élu Othmân vinrent le voir afin de lui demander d'être leur chef[10]. Il refusa au début, mais acceptera quelques jours plus tard, à la demande générale, à la mosquée de Médine devant une foule d'assemblée[11].

Découverte épigraphique[modifier | modifier le code]

Lors d'une campagne épigraphique à Tayma' en Arabie Saoudite, fut découvert en 2013 un graffito daté probablement de l'an 36 de l'hégire (656) qui confirme l'existence et la mort violente de Othmân ibn Affan[12] : « je suis Qays, le scribe, Abū Kuṯayir. Que Dieu maudisse celui qui a assassiné Othmân b. ʿAffān et [ceux qui] ont incité à ce meurtre sans pitié ! »

Références[modifier | modifier le code]

  1. Généalogie des femmes et des enfants d'Othmân ibn Affân
  2. (de) « Katalog der Deutschen Nationalbibliothek », sur Bibliothèque nationale allemande (consulté le 7 mars 2016)
  3. Dans Tabari : La Chronique (Volume II, Mohammed, sceau des prophètes), Actes-Sud, p. 86 (ISBN 2-7427-3318-3)
  4. a et b Janine Sourdel et Dominique Sourdel, Dictionnaire historique de l'islam, Paris, Presses Universitaires de France, coll. « Quadrige - Dicos Poche », (ISBN 978-2130545361), « 'Uthmân ibn 'Affan, ?-656 »
  5. Voir pages 48-49 in The first muslims - History and Memory, Asma Afsaruddin, OneWorld Publications Oxford, 2009
  6. rapporté par Al-Bukhârî, hadith no 4702
  7. Initiation au Coran. Par Mohammad Abdallah Draz. Publié par les éditions Beauchesne, 2005 (ISBN 2-7010-1451-4), p. 67 livre en ligne
  8. The Many Faces of Faith: A Guide to World Religions and Christian Traditions, par Richard R. Losch.
  9. a et b Hassan Amdouni, Les quatre califes, édition Al-Qalam (2005), p. 316 (ISBN 2-909469-07-7).
  10. a et b Hassan Amdouni, Les quatre califes, p. 359.
  11. Hassan Amdouni, Les quatre califes, p. 360.
  12. Califes, princes et compagnons dans les graffiti du début de l'islam sur Academia.edu,p. 65-66 en ligne

Liens externes[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]