Aaron (Bible)

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Aaron
Description de cette image, également commentée ci-après
Aaron, lithographie d'Henry Schile, vers 1874

אהרן

Naissance Égypte
Décès Mont Hor
Nationalité Israélite de la tribu de Lévi
Activité principale
Ascendants
Amram (père)
Jocabed (mère)
Conjoint
Descendants
Famille
Moïse (frère)
Myriam (sœur)

Compléments

Contemporain de Jethro et de Josué

Aaron (hébreu : אַהֲרֹן aharone, arabe : هارون Hārūn, grec ancien : Ἀαρών, haut placé ou éclairé[1]) est un personnage du livre de l'Exode, du Lévitique et du livre des Nombres, qui font partie de la Bible. Frère aîné de Moïse [2] et de Myriam, il est issu de la tribu de Lévi[3] lui-même issu du patriarche Jacob, le père des Enfants d'Israël. Dieu en a fait l'interprète de Moïse qui avait un défaut de langue[4], et ce, afin qu'ils délivrent le peuple d'Israël[5]. C'est le premier grand prêtre d'Israël[6] (Kohen Gadol en hébreu).

Son nom est peut-être d'origine égyptienne (issu de l'égyptien ‘Ȝn, «le nom (du dieu) est grand ») comme celui de Moïse. Selon le professeur Hanna Liss de la Hochschule für Jüdische Studien (de), il s'agit d'un nom artificiel forgé par le rédacteur biblique à partir de l'hébreu אֲרוֹן ’arôn, l’arche (de l’alliance), avec insertion d’un h, comme pour Abram → Abraham[7].

De même que son frère, c'est un personnage mythique dont l'historicité est inaccessible, comme celle de tous les personnages du Livre de l'Exode.

Récit biblique[modifier | modifier le code]

Benjamin West, Moïse et Aaron devant Pharaon.

Fils de Yokébed et d'Amram, tous deux issus de la tribu de Lévi, il naît en Égypte. Dans le récit biblique, il ne devient le frère de Moïse que dans le texte sacerdotal[8] tardif du Livre de l'Exode. Simple lévite et pas encore kohen, un autre rédacteur biblique post-sacerdotal en fait le subordonné[9] de son frère[7]. Dieu a appelé Aaron pour lui parler sur la montagne de Sinaï[10]. Il prend part à tout ce que fait Moïse pour délivrer les Hébreux du joug des pharaons. À Rephidim, dans le but de combattre Amalek avec succès, Aaron et Hur soutiennent les mains de Moïse qui tient la verge de Dieu dans les airs[11]. Il est désigné par Dieu, dit la Bible, pour exercer le sacerdoce[12], lui et toute sa postérité[13] afin d'offrir des sacrifices à Dieu[14]. Pour en faire la preuve que c'est la volonté de Dieu et non la volonté d'Aaron et de Moïse, Dieu fait bourgeonner le bâton d'Aaron[15].

Lors de l'ascension du mont Sinaï par Moïse, au cours de laquelle ce dernier est parti recevoir les tables de la Loi, les Hébreux nouvellement libérés du joug de Pharaon, mais incertains du retour de Moïse, pressent Aaron de leur construire une idole qui puisse les guider. Aaron exige alors la fonte de tous les bracelets et des colliers afin de leur offrir le veau d'or[16], que le peuple désigne ensuite comme dieu — à l'imitation du taureau Apis qui était adoré en Égypte. Aaron s'est alors attiré la colère de Dieu[17]. Aaron a aussi été repris par Dieu[18] quand avec sa sœur Marie il a parlé contre son frère Moïse[19].

Aaron a aussi fait l'expiation pour le peuple afin de faire cesser une plaie de Dieu suite à la rébellion de certains d'entre eux[20].

Lorsque Moïse descend du mont Sinaï, et qu'il voit les Hébreux adorer une idole (chose interdite par le deuxième commandement), il est pris d'une colère si grande qu'il fracasse les Tables de la Loi sur un rocher. Cependant il pardonne sa faute à Aaron qui est même élevé par son frère au rang de grand-prêtre, charge qu'il est le premier à exercer. Toutefois, peu de temps après la consécration d'Aaron et de ses fils, deux d'entre eux, Nadab et Abihou utilisent un feu (un encens) non prescrit par Dieu et meurent immédiatement (Lévitique 10:1-2). Aaron ne doit pas en faire le deuil, mais refuse néanmoins la nourriture consacré à Dieu ce jour là, ce que Moïse approuve (Lévitique 10:20). Aaron doit faire l'expiation pour faire cesser

Aaron prend la parole à la place de Moïse que l'on dit bègue (Exode 4:10,4:15). Finalement, il meurt à l'âge de 123 ans sur le mont Hor[21] et il ne peut entrer dans la terre promise[22] parce qu'il avait douté de la puissance de Dieu dans l'affaire des eaux de Meriba. Il est pleuré par tous, hommes et femmes, alors que la Torah ne mentionne que les seuls hommes à avoir pleuré Moïse. Il s'agit là sans doute d'une façon de mettre en exergue la popularité dont jouissait Aaron.

Il a pour fils Nadab, Abihu, Éléazar et Ithamar de sa femme Élischéba (Élisabeth)[23].

Aaron dans le judaïsme[modifier | modifier le code]

Alors que Moïse est le messager de Dieu, Aaron est le porte-parole. Moïse s'efface ainsi en faveur de son frère[24]. Hillel dit d'être comme Aaron, de rechercher la paix et de la poursuivre (Mishna Pirkei Avot).

Aaron dans le Nouveau Testament[modifier | modifier le code]

Aaron est également mentionné dans le Nouveau Testament, plus précisément dans l'Épître aux Hébreux.

Aaron dans l'islam[modifier | modifier le code]

La mission d'Aaron fut d'aider son frère Moïse à la conversion de Pharaon, mais celui-ci s'enfla d'orgueil. Par ailleurs, il ne réussira pas à dissuader son peuple d'adorer le veau d'or[25]. Pour le Coran, celui qui a construit le veau d'or s'appelle As-Sâmiriy (le samaritain). Aaron (en arabe: haroun) n'a pas participé à ce culte. En effet pour les musulmans, un prophète est à l'abri de tout acte polythéiste. Le Coran précise que le Peuple d'Israël a désobéi à Aaron qui a essayé de les faire revenir sur le bon chemin.

« Et Aaron leur avait bien dit auparavant : "Ô mon peuple, vous êtes tombés dans la tentation. Or, c'est le Tout Miséricordieux qui est vraiment votre Seigneur. Suivez-moi donc et obéissez à mon commandement." »

— Coran 20:90

« Ô fils de ma mère, ne me prends ni par la barbe ni par la tête. Je craignais que tu ne dises : "Tu as divisé les enfants d'Israël et tu n'as pas observé mes ordres. »

— 20:94

Aaron est cité dans beaucoup de sourates et la quatrième sourate dit qu'il a eu une révélation.

« Nous t'avons fait une révélation comme Nous fîmes à Noé et aux prophètes après lui. Et Nous avons fait révélation à Abraham, à Ismaël, à Isaac, à Jacob, aux Tribus, à Jésus, à Job, à Jonas, à Aaron et à Salomon… »

— Les femmes 4:163

Moïse est très rarement cité dans le Coran sans être suivi d'Aaron. La 25e sourate prouve qu'Aaron était le ministre de Moïse (Le discernement 25:35). Ibn Ḥazm critiqua sévèrement le récit biblique. Le nome d’ Hārūn ne s’applique dans le Ḳurʾān qu’à la mère de Jésus. La mort de Hārūn est racontée avec la légende musulmane qu’il a influencé des récits midrashiques. Selon cette légende Mūsā et Hārūn aperçurent un jour une caverne d’où jaillissait une lumière; ils y entrèrent et y trouvèrent un trône d’or avec l’inscription: «Destiné à celui à qui ses dimensions conviennent»; comme il paraissait trop petit à Mūsā, Hārūn s’y installa; l’ange de la mort apparut aussitôt et prit son âme; né trois ans avant Moïse, il était alors âgé de 127 ans. Moïse revint auprès des Israélites, ceux-ci l’interrogèrent au sujet de son frère et ayant appris sa mort, l’accusèrent de l’avoir tué. Des anges apparurent alors portant la bière de Hārūn et ils proclamèrent: «Ne soupçonnez pas Mūsā d’un tel crime»[26]. Chez l’Ismāʿīliyya, Hārūn est considéré comme un ḥud̲j̲d̲j̲a ou encore waṣī auprès de Mūsā[26].

Iconographie[modifier | modifier le code]

Aaron tenant un encensoir, Église paroissiale Saint-Pelagius de Weitnau

Aaron est souvent représenté sous les traits d'un grand prêtre tenant un bâton, ou un encensoir. Dans l'iconographie médiévale, il apparaît sur le portail de certaines églises parmi les prophètes (Fribourg, Amiens). On le distingue parfois des autres figures à son bâton fleuri[27]. La peinture historique le montre avec son frère Moïse devant Pharaon, dans les scènes de l'adoration du veau d'or.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

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Littérature & musique[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. La Sainte Bible, version Louis Segond 1886.
  2. Exode 7 : 7 dans la Sainte Bible, version Louis Segond.
  3. Exode 4 : 14 et Exode 6 :19-20 dans la Sainte Bible, version Louis Segond.
  4. Exode 4 : 10 à 16, Exode 4 : 27 à 30 et Exode 7 : 1 et 2 dans la Sainte Bible, version Louis Segond.
  5. Exode 6 : 13, Exode 6 : 26-27 et 1 Samuel 12 : 8 dans la Sainte Bible, version Louis Segond.
  6. 1 Chroniques 23 : 13, Hébreux 5 : 1 et Hébreux 5 : 4 dans la Sainte Bible, version Louis Segond.
  7. a et b Thomas Römer, Du nom divin à l'attaque de Moïse. Préparations du récit des plaies, Chaire des Milieux bibliques du Collège de France, 27 mars 2014, 34 min 30 s.
  8. Ex 3,14-30 dans la Bible Segond, Exode 3:14-30 dans la Bible du Rabbinat.
  9. Ex 4,13 dans la Bible Segond, Exode 4:13 dans la Bible du Rabbinat.
  10. Exode 19 : 24, Exode 24 : 1 et Exode 24 : 9 et 10 dans la Sainte Bible, version Louis Segond.
  11. « Exode 17 : 12 dans la Sainte Bible, version Louis Segond. »
  12. Exode 28 : 1, Exode 29 : 1, Exode 29 : 9, Hébreux 5 : 4 et 1 Chroniques 23 : 13 dans la Sainte Bible, version Louis Segond.
  13. Exode 29 et Lévitique 8 dans la Sainte Bible, version Louis Segond.
  14. Lévitique 9 dans la Sainte Bible, version Louis Segond.
  15. Nombres 17 dans la Sainte Bible, version Louis Segond.
  16. Exode 32 : 1 à 4 dans la Sainte Bible, version Louis Segond.
  17. Exode 32 : 7 à 10 et Deutéronome 9 : 20 dans la Sainte Bible, version Louis Segond.
  18. Nombres 12 : 4 à 11 dans la Sainte Bible, version Louis Segond.
  19. Nombres 12 : 1 et 2 dans la Sainte Bible, version Louis Segond.
  20. Nombres 16 : 44 à 50 dans la Sainte Bible, version Louis Segond.
  21. Nombres 33 : 38 et 39 dans la Sainte Bible, version Louis Segond.
  22. Nombres 20 : 12 et Nombres 20:24-29 dans la Sainte Bible, version Louis Segond.
  23. Exode 6 : 23 dans la Sainte Bible, version Louis Segond.
  24. Exposé de Daniel Epstein
  25. Malek Chebel, Dictionnaire des symboles musulmans : rites, mystique et civilisation, Paris, Albin Michel, , 500 p. (ISBN 978-2-226-07550-5, OCLC 222607550X), p. 15
  26. a et b http://referenceworks.brillonline.com.scd-rproxy.u-strasbg.fr/entries/encyclopedie-de-l-islam/harun-b-imran-SIM_2745
  27. La Bible et les saints, guide iconographique, Gaston Duchet-Suchaux et Michel Pastoureau,1990