Mawlid

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Mawlid
(la naissance du prophète)
Procession à Bhadohi (en), dans l'État indien de l'Uttar Pradesh, à l'occasion du Mawlid
Procession à Bhadohi (en), dans l'État indien de l'Uttar Pradesh, à l'occasion du Mawlid

Nom officiel (ar) المولد النبويّ, ạlmwld ạlnbwỹ
Autre(s) nom(s) Mohammed
Observé par Musulmans
Type Commémoration religieuse non canonique
Signification Célébration de la naissance du prophète Mahomet
Date 12 de Rabia al Awal
Célébrations
Mawlid, Lahore Pakistan

Le Mawlid (arabe : al-mawlid an-nabawîy, المولد النبويّ, la naissance du prophète, on trouve parfois aussi mouloud, maouloud, mouled ou maoulide) est la commémoration de la naissance du prophète de l'islam, Mahomet.

Elle se célèbre à la date du 12 de Rabia al Awal[1], troisième mois de l'année musulmane. Cet événement, qui est aujourd'hui célébré par bon nombre de communautés musulmanes dans le monde, aussi bien sunnites que chiites, ne fait pas partie des deux fêtes religieuses canoniques que sont les deux aïds : le petit (l'Aïd el-Fitr) et le grand (l'Aïd al-Adha).

Histoire[modifier | modifier le code]

Des traces de cette célébration existent dans la tradition chiite deux siècles plus tôt. La dynastie des Fatimides avait en effet pour habitude de célébrer 4 anniversaires : celui de Mahomet, d'Ali, de Fatima, et enfin du calife au pouvoir. Les festivités se limitaient alors à des processions dans la cour du souverain, pendant la journée, ainsi qu'à trois sermons (khutbas) prononcés devant les fidèles et en présence du calife. La célébration de l'anniversaire de Mahomet (ainsi que les autres anniversaires alors célébrés), fut ensuite suspendue vers 1095. Selon l'historien Ali Ibn al-Athîr, cette abolition fut décrétée à l'accession au pouvoir du nouveau vizir Al-Malik al-Afdhal, régent du calife fatimide Al-Musta'li, car non conforme au enseignements islamiques[2]. L'historien du XIIe siècle Ibn al-Qalanisi le décrivait alors comme un « fervent croyant des doctrines de la Sunnah[3] ». À sa mort, son successeur le vizir Al-Ma’mûn Al-Batâ’ihî, lui-même régent du calife fatimide Mansur al-Amir Bi-Ahkamillah, émet alors en 1123 un décret officiel pour distribuer des aumônes le jour du 13 de Rabia al Awal.

Légitimité de la célébration[modifier | modifier le code]

Les théologiens légitimant cette fête sont nombreux[réf. nécessaire] et appartiennent aux quatre écoles de jurisprudence islamique. On peut citer parmi les anciens Ibnou Hajar Al-`Asqalani, Sakhawi, As-Souyouti (savant soufi), ou encore Ahmad ibnou Zayni Dahlan[4].

À l'inverse la célébration de l'anniversaire de Mahomet est considérée par d'autres théologiens comme une innovation religieuse (bidah) étrangère à l'islam. D'après eux l'anniversaire de Mahomet n'a jamais été célébré de son époque, ni par ses compagnons, ni par les musulmans sunnites des premiers siècles. Aucune trace explicite de cette fête n'existe dans le Coran et la sunna. D'après les historiens Ibn Kathîr et Ibn Khallikan, elle fut instaurée bien plus tard, vers 1207, par le roi d'Erbil. Pour certains théologiens, cette pratique peut être considérée comme l'imitation de Noël, où les Chrétiens fêtent la naissance de Jésus.

Parmi les anciens théologiens condamnant cette innovation, on peut citer Abu Ishaq al-Shatibi, Ibn Hadj[5], ou encore le juriste Malékite Tâjuddîn `Omar `Alî Al-Lakhmî d’Alexandrie, connu sous le nom d’Al-Fakahânî, dont l'épitre à ce sujet "Al-Mawrid fil-Kalâm `alâ Al-Mawlid" fut citée intégralement par As-Souyouti dans son ouvrage de défense du Mawlid[6].

Aujourd'hui[modifier | modifier le code]

Récitation du Coran dans une mosquée en Algérie à l'occasion du Mawlid.

Dans la plupart des États musulmans, le jour du Mawlid est férié[7].

En Arabie saoudite cependant, le ministère des Affaires religieuses considère cette fête comme étrangère à l'Islam et comme une innovation d'origine non religieuse - bien que sa célébration ne soit pas interdite par les autorités[8]. Une semaine, qui n'est pas utilisée pour se rapprocher d'Allâh (pas religieuse), mais dans un but didactique, y est occasionnellement[Quand ?] dédiée à Mohammed ben Abdelwahhab[9].

Au Maroc, cette fête a été officiellement introduite en 1292, par le sultan mérinide Abû Ya`qûb Yûsuf an-Nasr. Aujourd'hui, la fête du Mawlid engendre deux jours fériés.

En Tunisie, ce jour est également férié. Un repas familial est préparé à cette occasion. Une crème pâtissière à base de pignons de pin d'Alep appelée Assidat zgougou est préparée pour cette fête.

Au Sénégal et au Mali, où il est appelé Gamou, du nom du mois de mouharam en wolof, d'importantes célébrations y sont organisés. Les Tijani se rendent notamment dans la ville de Tivaouane, fondée par l'imam Malick Sy, pour y célébrer une importante commémoration rythmée par des poèmes chantés en l'honneur du Prophète et des conférences parlant de sa vie et sa grandeur.

En Libye, le dirigeant Kadhafi organisait depuis 2006 une grande fête du Mouloud dans divers pays en partenariat avec Ligue populaire et sociale des tribus du Grand Sahara.

Au Kenya sur l'île de Lamu (dont la capitale est considérée comme une ville sainte dans la culture swahilie), le Mawlid est chaque année l'occasion d'un festival culturel entourant un important pèlerinage, qui draine des fidèles de toute la région, sous l'égide du Sharif. Organisé pour la 123e fois en octobre 2013, le festival appelé localement « Maulidi » a attiré plus de 30 000 visiteurs venant principalement de la côte est-africaine (Somalie, Tanzanie, Comores...), mais aussi du Moyen-Orient, de toute l'Afrique orientale ainsi que quelques touristes occidentaux.

Notes[modifier | modifier le code]

  1. En l'absence de sources sûres à ce sujet,des divergences existent à propos de la date de naissance du prophète (le 8, le 9, le 10 ou le 13 sont également évoqués).
  2. Al-Kamil fi al-Tarikh, Ali Ibn al-Athîr, volume 8, p. 302
  3. The Damascus Chronicle of the Crusades, Extracted and Translated from the Chronicle of Ibn al-Qalanisi. H.A.R. Gibb, 1932 (reprint, Dover Publications, 2002)
  4. As-Sira An-Nabawiyyah wa Al-athar Al-Mouhammadiyyah, p. 51.
  5. Al Madkhal, Ibn Hadj, volume 2, p. 11-12.
  6. Al mourad fil kalam 3ala 3amal al mawlid, Tâjuddîn `Omar `Alî Al-Lakhmî, http://www.rahmet.org/Arapca/ar3191.doc.
  7. Afghanistan 1. Algérie 2. E.A.U.3. Indonésie 4. Iran 5. Jordanie 6. Libye 7. Mali 8. Maroc 9. Pakistan 10. Sénégal 11. Soudan [1]. Tunisie 12. Yémen 13
  8. Fatâwa Al-Lajnah Ad-Dâ-ima lil-Bouhouth Al-’Ilmiyyah wal-Iftâ (Fatwas de la Commission Permanente pour les Recherches Académiques et l’Ifta (consultation religieuse) du royaume d'Arabie Saoudite), vol.3, p. 23
  9. Voir la Fatwa présente dans Fatawa Al 'Aqida de Ibn Uthaymin, ed. Maktabat As Sunna, p. 624. traduite à ce lien : Interdiction du Mawlid et Autorisation de la semaine de Ibn Abd Al Wahhab

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]