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Salafisme

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Le salafisme (en arabe : السلفية) est un mouvement politico-religieux revendiquant un retour à l'islam des origines, qui serait donc fondé exclusivement sur le Coran et la Sunna, selon la compréhension de Mahomet et de ses compagnons. Le salafisme est donc une doctrine particulière de l'islam, un mode de transmission de la parole du Prophète et un code moral basé sur une approche rigoriste de l'islam.

Les salafistes prétendent dépasser les avis (fatwas) des quatre écoles de droit sunnites (hanafisme, malikisme, shaféisme et hanbalisme) qui considèrent également l'unanimité (ijma’) et l'analogie (qiyas) comme sources de droit. Ils rejettent toute innovation (ou bidʻah), et sont en faveur d'une application stricte de la loi islamique (sharia) qui en découle. Ils affirment constituer la restauration de l'islam des premiers siècles après sa corruption par les innovations blâmables.

Ce n'est pas un mouvement uni et plusieurs branches du salafisme se confrontent sur la manière de mettre en place cette doctrine, de la voie pacifique et pédagogue du « salafisme prédicatif » au mouvement djihadiste qui prône l'utilisation de la violence pour imposer l'islam des origines tel qu'ils l'entendent.

Définition

Étymologiquement, « salafisme » (en arabe : السلفية as-salafiyya) provient du mot salaf, « prédécesseur » ou « ancêtre », qui désigne les compagnons du prophète de l'islam Mahomet et les deux générations qui leur succèdent : « al-salaf al-salih », les « pieux prédécesseurs » (le nom dérive de la racine SLF س ل ف exprimant l'idée de précéder ou d'être achevé).

Il existe plusieurs branches de ce mouvement qui, loin d'être un mouvement uni, forme un ensemble composite[1] :

  • Le « salafisme prédicatif » (salafiyya al-da'wa) : prône l'éducation et la purification de la oumma par la pédagogie et l'enseignement religieux. Non violent et évitant la politique, il est proche des imams saoudiens et du wahhabisme.
  • Les Frères musulmans : qui prônent, eux, la lutte officiellement non-violente[2],[3] contre l’influence occidentale[4], même si le mouvement politique est reconnu comme terroriste par plusieurs États, y compris musulmans.
  • Le « salafisme djihadiste » (ou salafisme révolutionnaire, al-salafiyya al-jihadiyya)[5] : plus violent et né lors de la guerre d'Afghanistan dans les années 1980, prône, lui, une action armée pour imposer l'Islam purifié des origines[6].

Pour Stéphane Lacroix, cette diversité du mouvement rend la « la notion de salafisme en elle-même ambiguë, puisque s’en réclament, non seulement une grande partie des islamistes saoudiens, et parfois non-saoudiens, mais également les héritiers intellectuels de la salafiyya (réforme) égyptienne, fondée à la fin du xixe siècle par Jamal al-Din al-Afghani et Muhammad Abduh[7] ».

Baptiste Brodard explique la multiplicité des mouvements qui se réclament du salafisme par le fait que « l’affiliation aux salaf est gage de légitimité et d’orthodoxie, [il] désigne, selon la tradition islamique, les meilleurs musulmans, dotés d’une compréhension correcte de l’islam […] En se désignant publiquement comme des salafistes, les wahhabites se parent d’un label d’orthodoxie, de neutralité et de légitimité aux yeux des musulmans, en renvoyant à l’idée d’une tradition originelle, même si les wahhabites suivent en fait les interprétations religieuses et idéologiques de théologiens souvent contemporains, dans la lignée de Ibn Abdel-Wahhab[8]».

Codes vestimentaires

L'apparence extérieure des salafistes est décrite le plus souvent comme exhibitionniste, folklorique et schizophrène. Ils sont reconnaissables à leur barbe fournie, jamais taillée, surtout la moustache rasée, selon leur propre compréhension d'un hadith de Mahomet. Ils se distinguent également par leurs crânes rasés[9],[10]. Valorisant tout ce qui vient d'Arabie saoudite et rejetant plutôt leur culture d'origine pour rejoindre ses standards, ils portent en principe des vêtements larges tel que le dishdasha, parfois la ghutrah et l'agal, mais certains d'entre eux comme les frères musulmans sont habillés à l'occidentale[11],[12]. Ils affichent, sans complexe, les signes extérieurs de richesse (téléphones portables dernier cri, chaussures de sport de grande marque, etc) revendiquant ainsi élection et bénédiction divines[12]. Les hommes marquent volontiers leur piété avec des tâches d'encre bleue sur le front, selon leur réinterprétation d'un verset du Coran décrivant les gens du Paradis. Les femmes portent typiquement un voile intégral de couleur noire, voire la burqa afghane. Par ailleurs, les djihadistes ne font pas, non plus, mystère de leur militarisme, brandissant des étendards noirs et adoptant des vêtements plus appropriés dans les tons requis.

Vision théologique commune

Les divers courants salafistes se perçoivent comme un mouvement de renaissance de l'islam, par un retour à la foi des origines, celle des « pieux prédécesseurs ». Les salafistes prétendent ainsi imiter Mahomet en tout, y compris dans leur façon de s'habiller ou de manger. Ils rejettent tout ce qu'ils perçoivent comme des interprétations humaines postérieures à la révélation de Mahomet.

Il s'agit donc d'un mouvement réformiste, qui condamne à la fois les pratiques de l'islam populaire, accusées d'être des « superstitions », et également une grande partie de la réflexion théologique musulmane, considérée comme porteuse d'« innovations », c'est-à-dire de créations de la raison humaine s'éloignant du message divin. Les salafistes refusent également toute influence occidentale, en particulier la démocratie et la laïcité, qu'ils accusent de corrompre la foi musulmane.

Comme le souligne Bernard Rougier, « les salafistes s'émancipent de la tradition fondée par les écoles juridiques, et inventent un nouvel islam[13]. » En effet, ils affirment ne se fonder que sur le Coran, et la Sunna, c'est-à-dire l'ensemble des hadiths, les faits et paroles prêtés à Mahomet et à ses compagnons, pour déterminer les obligations morales et pratiques admissibles pour "celui qui se soumet [à Dieu]"[14]. De ce fait, ils construisent par leurs interprétations une nouvelle lecture de l'islam, littéraliste.

À côté de cette dénonciation de tout ce qu'ils considèrent comme des « innovations » par rapport au Coran et à la Sunna, les divers courants salafistes insistent sur le principe de l'unicité divine, tawhid. Dieu est l'unique et seul créateur (Tawhid rububiya, unicité dans la seigneurie). Tout acte d'adoration ne doit aller qu'à lui (Tawhid uluhiya, unicité dans son adoration). Tous les noms et attributs divins qui apparaissent dans le Coran et la Sunna sont acceptés, mais ne sont pas traités de façon métaphorique ou anthropomorphique (Tawhid asma was sifat, unicité dans ses noms et attributs).

Pour des salafistes, seul le sens premier du Coran (sens apparent, exotérique, littéral) a autorité en matière de foi ; et chercher à spéculer ou raisonner dialectiquement (kalâm) est absolument interdit[15]. Ceci parce que ce serait une innovation hérétique, par rapport à la nécessité de suivre les fondamentaux ('Aqîda) tels que connus des anciens (Salaf us-salih). De nos jours, les tenants de l'Atharisme sont le plus souvent des salafistes (ou Wahhabites), qui suivent les thèses de Ibn Taymiyyah[16]. L'Atharisme préconise une lecture littérale et non interprétée, par opposition à une interprétation métaphorique ou ésotérique (Ta'wil) ; pour cette école il est vain de chercher à comprendre le sens réel du Coran, lequel n'appartient qu'à Dieu seul (tawhid)[17]. Le Coran doit être accepté sans se poser de question, "Bi-la kaifa" (sans se poser de question). Cette position était défendue par certains Imams de l'islam primitif, comme Abû Hanîfa qui interdisait toute recherche d'interprétation (kalâm) à ses étudiants, affirmant que ceux qui vont dans cette voie sont « ceux qui régressent »[18]. Ahmad Ibn Hanbal allait jusqu'à interdire de fréquenter ceux qui pratiquent le kalam même quand ils défendent la Sunnah[19]. En effet, il va sans dire que l'adhésion à une religion, au dogme, au credo, n'est pas une question de raison ou de logique, mais bien de foi ou de croyance. Mais les salafistes ou les wahhabites vont encore plus loin que les autres en rejetant radicalement la raison humaine, même pour des questions juridiques.

En matière légale, les salafistes se divisent entre ceux qui rejettent l'adhésion aveugle (taqlid) aux écoles juridiques (madhahib) au nom de l'indépendance du jugement personnel (ijtihad), et ceux qui y adhèrent strictement[20]. Les docteurs saoudiens suivent généralement le hanbalisme, et préconisent de se laisser guider par un imam plutôt que de chercher à comprendre l'écriture par soi-même[21]. D'autres docteurs salafistes considèrent que l'adhésion aveugle (taqlid) n'est pas conforme à la loi, de leur point de vue suivre un madhab sans raisonner par soi-même ne peut que conduire le musulman à sa perte[22] C'est le cas de Rashid Rida[23], al-Khajnadee, Mohamed Abduh[24], Saleem al-Hilali et Muhammad Nassiruddine al Albani[25]. À l'extrême, certains salafistes considèrent que l'adhésion aveugle (taqlid) équivaut à du polythéisme[26].

Histoire

La volonté de retrouver l'islam des salaf dans sa pureté n'est pas récente. Par le mot « salaf », les théologiens musulmans désignent Mahomet et ses compagnons (en particulier les quatre premiers califes), ainsi que les deux générations qui les suivirent, la tabi'un et les tabi‘ at-tabi‘in[27]. L'expansion de l'islam est généralement attribuée à la pureté de la foi des salafs. « Dès lors, à chaque fois que les sociétés musulmanes se retrouveront face à une crise économique, politique ou sociale, certains théologiens préconiseront un retour à l’islam des Salafs[1] ».

Historiquement, plusieurs théologiens ont prôné ce retour aux origines :

  • Ahmad Ibn Hanbal (mort en 855) livre la première interprétation littéraliste de l'islam[28], appuyée sur un appel aux ancêtres et une condamnation des innovations théologiques.
  • Au XIVe siècle, Ibn Taymiyya (mort en 1328) appelle également à un retour à la foi des origines, alors qu'au même moment, le Moyen-Orient subit les invasions mongoles.

Ibn Taymiyya et ses élèves (Ibn Al-Qayyim et Ibn Kathîr) sont ainsi une des principales références revendiquées des mouvements salafistes contemporains.

Les mouvements salafistes contemporains trouvent toutefois leur origine immédiate dans la prédication de Mohammed ben Abdelwahhab, au XVIIIe siècle. Pour lui, le déclin des pays musulmans face à l'Occident résulte de l'oubli du message originel de l'islam par des populations musulmanes qui sont, selon lui, dirigées par des aristocraties raffinées et laxistes, avilies par la sédentarité et les superstitions[29]. Il prêche ainsi une lecture littéraliste et puritaine de l'islam, s'inscrivant dans la tradition hanbaliste et s'inspirant de Ibn Taymiyya. Les partisans de Mohammed ben Abdelwahhab seront plus tard appelés wahhabites par Soulayman ben Abdelwahhab[30], le propre frère du fondateur de cette doctrine mais les partisans du prédicateur préfèrent se faire appeler Ahl at-Tawhid (Les gens de l'unicité).

Dans sa prédication, il s'allie avec Mohammed ben Saoud, fondateur de la dynastie qui dirige encore aujourd'hui l'Arabie saoudite. Ainsi, depuis cette époque jusqu'à aujourd'hui, le wahhabisme est la doctrine religieuse officielle de l'Arabie saoudite[31]. « Dès lors, le salafisme devient une idéologie politico-religieuse dont la pensée sera largement diffusée successivement par les principaux prédicateurs de l’État saoudien moderne, en tête les oulémas Mohammed ibn Ibrâhim Âli ach-Chaykh, Abdel Aziz ben Baz et Mohammad ibn al-'Uthaymin[32]. » L’Arabie saoudite joue ainsi un rôle essentiel dans le salafisme contemporain, à la fois d’un point de vue théologique mais aussi matériel.

Diversité des courants

Le salafisme contemporain est un mouvement composite, constitué de plusieurs mouvances. En particulier, on peut distinguer un courant "quiétiste", quantitativement le plus important, centré sur la prédication et un courant « révolutionnaire » qui prône le djihad armé. Chacun de ces courants prétend incarner le vrai salafisme et critique les autres courants de manière virulente.

Le salafisme cheikhiste

Cette tendance salafiste, développée en particulier par des imams proches du régime saoudien, refuse la voie djihadiste qui cherche à imposer un régime musulman par l'action violente et révolutionnaire. Cette voie lui semble vouée à l'échec. Une des grandes figures de cette tendance, des années 1960 jusqu'à sa mort en 1999, le cheikh Muhammed Nacer ad-din al-Albani, déclarait ainsi qu'« Il fait partie de la [bonne] politique, aujourd'hui, de délaisser la politique ». Par là, il entend que l'action politique la plus efficace passe davantage à travers la prédication d'une foi régénérée, de la ré-islamisation des sociétés musulmanes, plutôt que d'une action politique de prise de contrôle du pouvoir.

Pour al-Albani, il est donc nécessaire de poursuivre une stratégie du « at tasfiyatu wa tarbiyah » (la purification et l'éducation) : d'une part, régénérer la foi en la purifiant des "innovations" théologiques l'éloignant de la foi authentique, celle des origines, telle qu'il la définissait ; d'autre part, éduquer les musulmans à cette foi régénérée, de manière à ce qu'ils abandonnent toutes leurs pratiques religieuses antérieures, jugées corrompues. C'est de la diffusion générale dans la société de cette piété que doit naître le changement politique.

Cette tendance salafiste poursuit donc une stratégie de « ré-islamisation » des sociétés musulmanes à travers une prédication non violente et non directement politique. Elle entend transformer ces sociétés à travers la diffusion d'une foi littéraliste qui doit les régénérer et leur donner ainsi la prééminence dans le monde.

Ce courant salafiste critique :

  • les salafistes djihadistes sur les attentats suicides et les considèrent contraires à l'islam[33], ainsi que des attaques contre des civils[34].
  • les Frères musulmans, qui sont accusés de ne pas suivre une pratique authentique de l'Islam en transformant leurs pratiques religieuses, d'oublier le principe du tawhid, et de chercher à obtenir le pouvoir plutôt que de sauver les âmes des musulmans.

Les salafistes cheikhistes sont attachés aux avis (fatwas) des théologiens officiels de l'islam d'État saoudien ou des pays du Golfe, qu'ils suivent à la lettre[35]. Ils sont légitimistes en ce sens qu'ils ne cherchent pas à renverser la famille royale saoudienne, ce qui n'est pas le cas des salafistes djihadistes dont le projet est la restauration du califat islamique.

Ce courant est largement majoritaire dans le salafisme français[36]. Selon Samir Amghar, auteur de Salfisme d'aujourd'hui l'essor de la mouvance serait dû à l'effacement des Frères musulmans représentés au sein de l'Union des organisations islamiques de France[37].

Le salafisme djihadiste

Cette mouvance du salafisme se refuse à limiter l'action religieuse à la prédication et fait du djihad armé le cœur de son activité[1]. Les salafistes de cette tendance sont ainsi favorables au combat, afin de libérer les pays musulmans de toute occupation étrangère mais également de renverser les régimes des pays musulmans qu'ils jugent impies pour instaurer un État authentiquement islamique.

Cette tendance salafiste est née, dans les années 1980, en Afghanistan, à l'occasion de la guerre contre l'occupation soviétique. Durant cette guerre, des salafistes venus d'Arabie saoudite ont rencontré des Frères musulmans. Cela les a conduits à intégrer au discours politique des Frères musulmans la prédication littéraliste traditionnelle des salafistes, centrée sur la piété et la moralité[38]. Pour ces salafistes (takfiris), les salafistes traditionalistes, favorables à la seule prédication, en particulier les Cheikhs proches des autorités saoudiennes, comme Ibn Baz et Ibn 'Uthaymin, sont alors apparus comme des hypocrites, à la solde des États-Unis. D'autre part, ces salafistes critiquent plus encore les Frères musulmans qui sont condamnés en raison de leur foi jugée insuffisamment littéraliste et, pour les plus modérés des Frères, pour leur engagement dans le jeu politique d'États jugés impies et devant être éliminés par la force[39].

Cette tendance poursuit donc une stratégie révolutionnaire violente qui vise à renverser les États des pays musulmans pour instaurer un État islamique par la force. Cela les conduit également à entreprendre des actions violentes à l'encontre des pays occidentaux perçus comme les soutiens de ces États, en particulier les États-Unis.

Toutefois, il est à noter que la frontière entre les deux tendances reste ténue selon les spécialistes. En effet, pour Nahida Nakad, auteur de Derrière le voile, il est, pour l'heure, : « Difficile de dire avec certitude si les piétistes sont non violents par conviction profonde ou s'ils attendent le moment propice pour passer au jihad armé[40] ».

Mouvements salafistes aujourd'hui par pays

France

Article connexe : Islam en France.

La présence du salafisme en France est identifiée depuis les années 1990[41].

Selon des sources policières, la France compterait 90 lieux de culte d’obédience salafiste sur 2 500 recensés en 2015, soit deux fois plus qu'en 2010[42] et environ cinq fois plus qu'en 2005[41]. D'après la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI), le nombre de fidèles affiliés au courant a quant lui triplé entre 2010 et 2015, passant de 5 000 à 15 000[41]. Cette progression a lieu essentiellement dans les grands centres urbains (région parisienne, Rhône-Alpes et Provence-Alpes-Côte d'Azur).

Selon le sociologue Samir Amghar, « [...] le salafisme s’est implanté grâce à la prédication des premiers diplômés européens revenus d’Arabie Saoudite où ils étaient allés suivre une formation en sciences religieuses. [...] Les ouvrages des théologiens salafis sont de plus en plus présents dans les librairies islamiques, ils deviennent des références pour beaucoup de musulmans, même pour ceux qui appartiennent aux autres tendances de l’islam (Frères musulmans, tablighis…). Le salafisme s’impose de plus en plus comme une orthodoxie religieuse. Cette prédication est tellement efficace que le mouvement a vu ses effectifs doubler en cinq ans, passant de 5 000 en 2004 à plus de 12 000 aujourd’hui (en 2012) [43]».

Et de relever une évolution récente : « Internet est devenu la principale source d'information religieuse mais aussi le principal pourvoyeur de radicalité. Ce n'est plus tant dans les mosquées (radicales), lieux traditionnels du débat mais aussi du recrutement des djihadistes avant le 11 septembre 2001, et où les imams (salafistes) se savent aujourd'hui très surveillés par les services de renseignement [...] [44]». En effet, même les salafistes djihadistes reprennent avec succès les codes du web et les principes du marketing 2.0 pour embrigader la jeunesse et l'inciter à rompre totalement avec le reste de la société dite mécréante [45].

Pour les spécialistes de l'islam, cette progression s'explique par la perte d'influence de l'Union des organisations islamiques de France, branche française des Frères musulmans. Si les salafistes français sont dans leur grande majorité des quiétistes qui dénoncent le djihad armé, le chercheur Haoues Seniguer estime que « le néosalafisme d'aujourd'hui peut être un sas » vers le djihadisme[42].

Pour le sociologue Samir Amghar, l'autre raison est à chercher dans la « demande de normes très strictes ». Cette affiliation à « des groupes religieux intensifs forts, capables d’offrir des codes de sens et une sécurité apaisante » serait aussi vécue comme un « défi manifeste à l’opinion majoritaire ». Les salafistes pensent incarner un « groupe dangereux ou redoutable pour les classes moyennes et supérieures ». C'est pourquoi, « le salafisme fascine ceux qui ont un différend avec l’ordre social » [43]».

Toutefois, d'après Mediapart, le salafisme français « est le fait de petits groupes informels ne cherchant pas à se fédérer à l'échelon national. Aucun de ses représentants ne siège dans l'Instance de dialogue avec l'islam, lancée par Manuel Valls le 15 juin 2015 pour réfléchir à la formation des imams et au financement des mosquées »[41].

Critique du salafisme

Au sein du monde musulman, le mouvement salafiste contemporain est l'objet de vives critiques. La plupart des musulmans lui reproche, en particulier, d'avoir une compréhension étroite des différents textes religieux, notamment du Coran et de la Sunna, en privilégiant une lecture trop littérale, et en négligeant le contexte d'écriture et l'esprit de ces textes, aussi bien dans le domaine théologique que jurisprudentiel [46],[47].

Le député de Charentes-Maritime, Olivier Falorni, appelle les pouvoirs publics à s'attaquer à cette « idéologie qui considère la République comme une mécréance », avertissant que « le salafisme est le carburant du djihadisme [48]».

Compte tenu de sa pression contraignante qu'il compare à celle des mafias, l'historien André Ropert suggère de « classer le salafisme parmi les dérives sectaires », soulignant que « le salafisme djihadiste travaille à la déstabilisation mentale, à l’embrigadement des mineurs, développe un discours anti-social pour ne rien dire du trouble à l’ordre public[49] ».

Le journaliste Mohamed Sifaoui est encore plus virulent à l'égard du salafisme qu'il qualifie d' « idéologie nihiliste » : « Depuis plusieurs années, je plaide, malgré les cris d'orfraies, à la criminalisation de l'idéologie salafiste et à l'interdiction pure et simple des organisations s'inspirant de la pensée des Frères musulmans [50]».

Pour Pierre Conesa, ancien haut-fonctionnaire du ministère de la Défense, « On est en guerre contre le salafisme [...] mais simplement, le salafisme, c'est l'Arabie Saoudite donc c'est gênant [51]».

Personnalités salafistes

Notes et références

  1. a, b et c Samir Amghar, « Le salafisme en Europe : la mouvance polymorphe d’une radicalisation », Politique Étrangère, no 1, 2006.
  2. « Egyptian Regime Resasserts Its Absolute Disrespect of Law » (ArchiveWikiwixArchive.isGoogleQue faire ?), 6 février 2007
  3. (en) History of Muslim Brotherhood Movement Homepage (lire en ligne)
  4. Andrea Mura, « A genealogical inquiry into early Islamism: the discourse of Hasan al-Banna », Journal of Political Ideologies, vol. 17, no 1,‎ , p. 61–85 (DOI 10.1080/13569317.2012.644986, lire en ligne)
  5. (fr) « Qu'est-ce que le salafisme ? », sur Sciences Humaines, http://google.com/+scienceshumaines (consulté le 18 novembre 2015)
  6. Malek Chebel, L'islam, La Boétie (ISBN 9782368650172, lire en ligne)
  7. Stéphane Lacroix, « Les nouveaux intellectuels religieux saoudiens : le Wahhabisme en question », Revue des mondes musulmans et de la Méditerranée,‎ , p. 141-159 (ISSN 0997-1327, lire en ligne)
  8. Baptiste Brodard, « De la « Nation of Islam » au wahhabisme : identité culturelle et religiosité chez les musulmans afro-américains », Cahiers de l'Institut Religioscope, no 11,‎ , p. 9-10 (lire en ligne)
  9. Ahmed Chaarani, La mouvance islamiste au Maroc: du 11 septembre 2001 aux attentats de Casablanca du 16 mai 2003, KARTHALA Editions,‎ (ISBN 9782845865303, lire en ligne), p. 213
  10. Gilles Kepel, Passion arabe: Journal, 2011-2013, Editions Gallimard (ISBN 9782072487057, lire en ligne), Section 20 - Libye II - Mardi 3 juillet 2012
  11. "Le Salafisme d'aujourd'hui. Mouvements sectaires en Occident", de Samir Amghar : salafisation de l'islam ?, Le Monde, 17/10/2011
  12. a et b Le salafisme en dix questions, Le Figaro, 6/11/2009
  13. Bernard Rougier, « Pourquoi l'islamisme salafiste, progresse, du Golfe à nos banlieues », L'Expansion, janvier 2009.
  14. « Muslim », sur http://www.etymonline.com/
  15. Halverson, Theology and Creed in Sunni Islam, 2010: 36
  16. Halverson, Theology and Creed in Sunni Islam, 2010: 38-48
  17. Halverson, Theology and Creed in Sunni Islam, 2010: 36-7
  18. al-Makkee, Manaaqib Abee Haneefah, pg. 183–184
  19. Manaqib al-Imam Ahmad (or Manaaqibul-Imaam Ahmad), by Abu'l-Faraj ibn al-Jawzi, p. 205.
  20. The Princeton Encyclopedia of Islamic Political Thought, p. 484
  21. Stephane Lacroix, George Holoch, Awakening Islam, p. 84
  22. Miriam Cooke, Bruce B. Lawrence, Muslim Networks from Hajj to Hip Hop, p. 213
  23. "Thus he [Rida] opposed Taqlid and called for and practiced absolute ijtihad." Clinton Bennett, The Bloomsbury Companion to Islamic Studies, p. 174. Voir aussi, Richard Gauvain, Salafi Ritual Purity: In the Presence of God, Introduction, p. 9
  24. "Abduh's statement of purpose was: To liberate thought from the shackles of Taqlid and understand religion as it was understood by the Salaf." Clinton Bennett, The Bloomsbury Companion to Islamic Studies, p. 168.
  25. From there he [Albani] learned to oppose taqlid in a madhab. Clinton Bennett, The Bloomsbury Companion to Islamic Studies, p. 174. "Al-Albani had denounced Wahhabi attachment to the Hanbali school." Stephane Lacroix, George Holoch, Awakening Islam, p. 85
  26. "For many Salafis, both modernist and conservative, "worship" of created beings includes practicing taqlid within a madhab of fiqh." Clinton Bennett, The Bloomsbury Companion to Islamic Studies, p. 165
  27. Sabrina Mervin, Histoire de l'islam: Fondements et doctrines, éditions Flammarion (2000), p. 25-29. (ISBN 2081220547), (ISBN 978-2081220546). Aperçu sur GoogleBooks.
  28. Anne-Marie Delcambre, L'islam d'Arabie : le wahhabisme sur www.clio.fr.
  29. Dominique Chevallier, article Wahabisme, in Encyclopaedia Universalis, édition 2011, extrait en ligne
  30. Hamadi Redissi, Le Pacte de Nadjd ou comment l'Islam sectaire est devenu l'Islam, éditions du Seuil (septembre 2007), (ISBN 978-2-02-096081-6), p. 98.
  31. Olivier Da Lage, Géopolitique de l'Arabie saoudite, Complexe,‎ , 143 p. (ISBN 2804801217, lire en ligne), p. 138
  32. Dominique Thomas, « Le Salafisme aujourd’hui : entre forme de revivalisme islamique moderne et mouvements de rupture », Texte de la 651e conférence de l’Université de tous les savoirs donnée le 6 octobre 2007.
  33. Mohamed Ali Ferkous - Série de recommandations salafi 2 - chapitre "Les attentats à la bombe et leurs conséquences désastreuses"
  34. http://www.islamsounnah.com/lislam-est-innocent-du-terrorisme-sheikh-al-outhaymin/
  35. « Quels sont les courants musulmans en France ? », sur www.zamanfrance.fr (consulté le 5 novembre 2015)
  36. http://www.lemonde.fr/les-decodeurs/article/2015/01/21/que-pese-l-islam-en-france_4559859_4355770.html ; Quel est le poids de l'Islam en France ? Le Monde ; 21 janvier 2015
  37. Le Monde du 2 avril 2015 p. 17
  38. Gilles Kepel, Jihad. Expansion et déclin de l’islamisme, Paris, Gallimard, 2003, chapitre 9.
  39. Gilles Kepel, ibid.
  40. Nahida Nakad, Derrière le voile, Don Quichotte éditions,‎ , 235 p. (ISBN 978-2359491418)
  41. a, b, c et d Carine Fouteau, « Le salafisme en France: un courant fondamentaliste en quête de normalisation (1/2) », sur Mediapart,‎ (consulté le 11 octobre 2015).
  42. a et b Élise Vincent, « Le salafisme gagne du terrain chez les musulmans », Le Monde, no 21837,‎ (lire en ligne)
  43. a et b (fr) « Salafisme : les raisons d'un succès. Entretien avec Samir Amghar. », sur Sciences Humaines, http://google.com/+scienceshumaines (consulté le 9 novembre 2015)
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  45. (fr) « "SLF Magazine", le site salafiste qui fait du lol avec le djihad », sur L'Obs, https://plus.google.com/+LeNouvelObservateur (consulté le 18 novembre 2015)
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    « Two other Wahhabi/ Salafi individuals are worth mentioning. The first is Sheikh Abdullah el-Faisal, who merited a full front-page article in The Times in February 2002 »

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  62. The Guardian: "Anjem Choudary: the British extremist who backs the caliphate" by Andrew Anthony 6 September 2014 |"Although that was an event that radicalised a generation of Muslim activists, the former friend suggests it might have been Choudary's failure to land a job with a big legal firm upon graduating that set him off on his path to Salafi righteousness."
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  65. The Globe and Mail: "Controversial imam Bilal Philips says banning him won’t stop his message" September 15, 2014 |"“If Salafi means that you’re a traditionalist that follows the scripture according to the early traditions, then yeah. I’m not a modernist. I’m not a person who makes his own individual interpretations according to the times."
  66. (en) http://www.nytimes.com/2013/04/21/us/boston-marathon-bombings.html?pagewanted=all modèle {{Lien web}} : paramètre « titre » manquant
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  68. Al Jazeera Studies: "Arab World Journalism in a Post-Beheading Era" by Thembisa Fakude 2013 |"Al-Munajjid is considered one of the respected scholars of the Salafist movement, an Islamic school of thought whose teachings are said to inspire radical movements in the Arab world, including al-Qaeda and a group called al-Dawla al-Islamiya fil Iraq wal Sham (also known as the Islamic State, IS or Daesh)."
  69. (en) « SCHOLARS BIOGRAPHIES \ 15th Century \ Shaykh Muhammad ibn 'Abdullaah as-Sumaalee », Fatwa-online.com (consulté le 18 avril 2010)
  70. (en) Caryle Murphy, « A Kingdom Divided », GlobalPost,‎ (consulté le 6 mai 2014) : « First, there is the void created by the 1999 death of the elder Bin Baz and that of another senior scholar, Muhammad Salih al Uthaymin, two years later. Both were regarded as giants in conservative Salafi Islam and are still revered by its adherents. Since their passing, no one "has emerged with that degree of authority in the Saudi religious establishment," said David Dean Commins, history professor at Dickinson College and author of "The Wahhabi Mission and Saudi Arabia." »
  71. Stephane Lacroix, Al-Albani's Revolutionary Approach to Hadith. Leiden University's ISIM Review, Spring 2008, #21.
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    « Salafi Jihadist preachers such as Abu Hamza al-Masri and Omar Bakri Muhammad help inspire thousands of Muslim youth to develop a cultlike relationship to martyrdom in mosques »

  74. (en) C. Christine Fair et Sarah J. Watson, Pakistan's Enduring Challenges, University of Pennsylvania Press,‎ (ISBN 9780812246902, lire en ligne), p. 246 :

    « Osama bin Laden was a hard-core Salafi who openly espoused violence against the United States in order to achieve Salafi goals. »

  75. (en) Amy Benson Brown et Karen M. Poremski, Roads to Reconciliation: Conflict and Dialogue in the Twenty-first Century, Routledge,‎ (ISBN 9781317460763, lire en ligne), p. 81
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  78. Omayma Abdel-Latif, "Trends in Salafism." Taken from Islamist Radicalisation: The Challenge for Euro-Mediterranean Relations, pg. 74. Eds. Michael Emerson, Kristina Kausch and Richard Youngs. Brussels: Centre for European Policy Studies, 2009. ISBN 9789290798651
  79. Elliot, Andrea ( April 17, 2011). "Why Yasir Qadhi Wants to Talk About Jihad". New York Times.
  80. (en) Praveen Swami, Religion and Security in South and Central Asia, London, England, Taylor & Francis,‎ (ISBN 9780415575904, lire en ligne), « Islamist terrorism in India », p. 61 :

    « To examine this infrastructure, it is useful to consider the case of Zakir Naik, perhaps the most influential Salafi ideologue in India. »

Voir aussi

Bibliographie

Articles

Filmographie

  • Salafismes au 20e siècle, conférence de Dominique Thomas dans le cadre de l'Université de tous les savoirs, Service du Film de Recherche Scientifique, Vanves ; CERIMES, 2008?, 88' (DVD)

Articles connexes

Liens externes