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Salafisme

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Le salafisme (arabe : السلفية) est un mouvement religieux de l'islam sunnite, prônant un retour aux pratiques en vigueur dans la communauté musulmane à l'époque du prophète Mahomet et de ses premiers disciples — connus comme les pieux ancêtres (salaf) — et la rééducation morale de la communauté musulmane[1],[8].

Les salafistes ont une lecture littérale des textes fondateurs de l'islam, le Coran et la Sunna, et postulent que leur interprétation est la seule légitime ; ils rejettent la jurisprudence islamique (fiqh) ainsi que les innovations dites blâmables (bid'ah)[9].

Historiquement le mouvement salafiste est un mouvement d'inspiration libérale, né vers la fin du XIXe siècle en Égypte[10] — il est aujourd'hui appelé « salafiste moderniste »[11] —, qui prend sa forme contemporaine dans les années 1920[12], laquelle s'inscrit essentiellement dans l'héritage idéologique de Ibn Taymiyya (XIIIe siècle) et a convergé avec le wahhabisme, terme aussi utilisé pour désigner le salafisme[13].

Ce mouvement protéiforme est caractérisé par des polémiques internes et des disputes théologiques[1]. On distingue trois principales mouvances dans le salafisme contemporain[13] : une qualifiée de quiétiste, refusant de s'impliquer dans la vie civique ou politique et se consacrant à l'éducation des musulmans à la doctrine salafiste[14], une politique, et une djihadiste, qui utilise le salafisme comme une base idéologique pour justifier le terrorisme[15].


Terminologie

Étymologiquement, « salafisme » (en arabe السلفية, as-salafiyya) provient du mot سلفي salaf, « prédécesseur » ou « ancêtre » (al-salaf al-salih désigne les « pieux prédécesseurs »). La notion de pieux ancêtres est issue d'un hadith du Sahh al-Bukhari, où les compagnons du prophète Mahomet, Imran ibn Husain et Abdullah ibn Masud, disent l'avoir entendu dire que « le meilleur de ma communauté est dans ma génération, puis celle qui suit et celle qui suit après ». Dans ce hadith, le terme « génération », traduit de l'arabe qarn, désigne Mahomet et ses compagnons, ainsi que les deux générations de disciples qui les suivirent, la tabi'un et les tabi‘ at-tabi‘in[16], et peut être compris comme une unité de temps, équivalent à cent ans selon certains exégètes[17].

Le mouvement salafiste aurait été baptisé comme tel, dans les années 1920, par des orientalistes français, Louis Massignon et Henri Laoust, ce dernier ayant popularisé le néologisme par un article publié en 1932[18], sans que les intéressés aient nécessairement revendiqué ce nom[11]. Cette thèse reste cependant discutée[19],[20].

Historiquement ce mouvement salafiste était un mouvement d'inspiration libérale, né vers la fin du XIXe siècle en Égypte[10], lequel est aujourd'hui qualifié de « salafiste moderniste »[11] (les intellectuels arabes parlent aussi de salafisme des lumières, de renouvellement ou rationaliste[21]). De nos jours, lorsque le terme « salafisme » est utilisé sans qualificatif, il est compris comme désignant le « salafisme contemporain »[11] qui est un mouvement d'inspiration néo-fondamentaliste[13]. Ce mouvement salafiste contemporain est lui-même divisé en trois mouvances[22],[23] :

  • le « salafisme quiétiste », aussi connu comme « salafisme prédicatif » (salafiyya al-da'wa), « salafiste littéraliste » ou « salafisme cheikhiste », qui prône l'éducation et la purification de la communauté (oumma) par la pédagogie et l'enseignement religieux ;
  • le « salafisme politique », « salafisme réformiste » ou « salafisme activiste » (salafyia al-harakyyia), organisé en mouvements politiques ;
  • le « salafisme djihadiste » (al-salafiyya al-jihadiyya), ou « salafisme révolutionnaire » qui prône, lui, une action armée pour imposer l'islam purifié des origines[24]. On retrouve dans cette mouvance des groupes tels qu'Al-Qaïda ou l'État islamique[25].

Par ailleurs, les adhérents d'une mouvance salafiste contemporaine la désigneront toujours comme représentant le « salafisme pur » ou « vrai salafisme » (al-salafiyya al-naiyya ou al-salafiyya al-sahida)[12]. les salafistes, s’appellent aussi souvent eux-mêmes, gens de l'hadith (ahl al-hadith)[9].

Le wahhabisme est en général considéré comme étant une mouvance ou un synonyme du salafisme[13]. Les mouvements islamo-nationalistes, tels les Frères musulmans sont aussi parfois appelés « néo-salafistes »[26], mais sont le plus souvent qualifiés d'islamistes.

Histoire

Les historiens et le monde académique en général situent l'origine du mouvement salafiste à la fin du XIXe siècle, en Égypte, dans un contexte de domination intellectuelle et politique de l'Europe sur le monde musulman[10]. Les leaders initiaux de ce mouvement, Djemâl ad-Dîn al-Afghâni, et plus particulièrement ses disciples, Mohamed Abduh [27] et Mohammed Rachid Rida[10],[13], critiques de la stagnation de la pensée islamique et de la sécularisation des élites musulmanes, plaidaient pour une réinterprétation des textes fondateurs de l'islam, le Coran et la Sunna, en accord avec les principes de rationalité scientifique et de gouvernance libérale[10]. Ce mouvement a été baptisé « salafiste » dans les années 1920 par des orientalistes français, Louis Massignon et Henri Laoust, sans que les intéressés aient nécessairement revendiqué ce nom[11]. Cette tendance initiale est aujourd'hui mieux qualifiée comme mouvement salafiste moderniste.

La naissance du mouvement salafiste contemporain date des années 1920, dans un contexte d'effondrement de l'empire ottoman et de grande faiblesse des hachémites. L'ambitieux futur roi d'Arabie Saoudite, Abdelaziz Al Saoud, doté d'un grand charisme allié à une orthodoxie religieuse, qui ne rejetait pas un relatif pragmatisme vis-à-vis de la modernité (au moins dans sa dimension technologique et lorsque celle-ci servait ses objectifs), devenait le leader islamique idéal aux yeux de Rachid Rida (l'alternative eut été le laïque Atatürk). Sans défendre directement la doctrine wahhabite, portée par les Saoud, qui était alors largement redoutée, Rachid Rida éluda toutes critiques de celle-ci, et fut un avocat passionné d'Abdelaziz Al Saoud et de ses fanatiques Ikhwans, contribuant de fait à la reconnaissance du wahhabisme[12], notamment via sa publication "al manar" (arabe : المنار, Le Phare). L'influence des wahhabites, se présentant alors de manière récurrente comme « salafistes par la foi, hanbalites par la loi », allait alors transformer le mouvement dans sa version contemporaine qui de fait est souvent associé, sinon assimilé[13], au wahhabisme introduit par Mohammed ben Abdelwahhab dans la péninsule arabique au XVIIIe siècle. Le mouvement salafiste moderniste deviendra marginal dans la période post-coloniale[21].

Suite à la mort de Rachid Rida en 1935, Hassan el-Banna devint l’éditeur de la publication al Manar, témoignant d'une influence salafiste chez celui qui créa le mouvement les frères musulmans en 1928[28]. Ce mouvement comme les autres mouvements islamo-nationalistes créés dans les années 30, a été parfois appelé néo-salafiste[26], mais est plus souvent qualifié d'islamiste.

Le mouvement salafiste contemporain, rejetant le rationalisme, voue une antipathie aux théologiens salafistes égyptiens du XIXe siècle et revendique une quasi obsession du théologien du XIIIe siècle, Ibn Taymiyya[13], ainsi qu'à ses disciples Ibn Al-Qayyim et Ibn Kathîr. Les salafistes contemporains pensent que le concept de « salafisme » était antérieur au courant moderniste égyptien [29] en s'appuyant éventuellement sur une interprétation littéraliste de l'Islam par Ahmad Ibn Hanbal au IXe siècle, ainsi que sur l'appel au retour à la foi d'origine lancé par ce dernier et Ibn Taymiyya.

Afin d'endiguer le panarabisme, principalement représenté par le nassérisme en Égypte et le baasisme en Syrie et en Irak, l'Arabie saoudite développa une politique de prosélytisme islamique dans les années 1960, notamment avec la création de l’université islamique de Médine en 1961 et la Ligue islamique mondiale en 1962[21],[30]. Ces entités deviendront d'importants vecteurs du prosélytisme salafiste[21],[31],[32].

À partir des années 1970, et notamment sous l'influence de Nasir al-Din al-Albani, un processus d'idéologisation du salafisme contemporain prit place, transformant une doctrine théologique en une idéologie, ou une méthode (manjah), prétendant régir tous les aspects de la vie quotidienne dans le but de transformer celle-ci.

Le mouvement salafiste contemporain a été jusqu'à récemment largement quiétiste, c'est-à-dire qu'il refusait de s'engager dans l’arène politique ou, plus généralement, de prendre part aux affaires de la société civile, afin de ne pas éroder la pureté de l'islam en y mêlant des désirs et émotions humaines. Récemment sont apparues deux autres factions, le salafisme djihadiste et le salafisme politique, lesquelless sont décrites par les quiétistes historiques comme rationalistes et motivées par le désir humain[13].

Suite aux répressions nassérienne en Égypte[13] ainsi que baassistes en Syrie et en Irak[21] contre les Frères musulmans, ces derniers trouvèrent refuge en Arabie saoudite, où ils importèrent une culture politique auparavant relativement absente, sans que cela ne perturbe réellement le pouvoir en place. Cela changea fortment lorsque le pouvoir religieux, associé au salafisme quiétiste, émit une fatwa permettant le stationnement de troupes américaines sur le sol saoudien, en support de la première guerre du Golfe en 1990. Ce fait créa dans la communauté salafiste une onde de choc qui est considérée comme l’événement majeur à l'origine de l'essor de sa faction politique[13].

Le salafisme djihadiste quant à lui est largement considéré comme étant le résultat de la Guerre d'Afghanistan (1979-1989)[13] : c'est la première guerre conduite sur le principe du djihad (supporté largement par l'Arabie Saoudite et les États-Unis). Cette guerre a été marquée par un succès pour les djihadistes (alors appelés moujahidin), le premier, de très longue mémoire, contre une pays qui était à l'époque une des plus grandes puissances de la chrétienté. Cela a laissé une armée de djihadistes, forte d'une grande aura dans le monde musulman, galvanisée, bien entraînée, extrêmement confiante et bien décidée à reproduire de tels succès[33]. La faction djihadiste pris son essor seulement à la suite de la répression saoudienne contre les mouvements salafistes politiques dans le milieu des années 1990[13]. Le vide théologique et charismatique créé par la disparition des principales figures du salafisme quiétiste, le grand mufti d'Arabie Saoudite, Abd al-Aziz ibn Baz, et al-Albani en 1999, puis Ibn Uthaymin en 2001, profita aussi à l'émergence d'une génération de cheikhs saoudiens beaucoup plus radicaux, dont notamment les disciples de Hamoud al Aqla al Shuebi, mort en 2002[34].

Le développement du salafisme contemporain est depuis les années 1960-70 largement corrélé au mécénat saoudien dont, selon un faisceau de présomptions, bénéficie ce mouvement sous toutes ses formes y compris les plus violentes[35].

Doctrine

Les divers courants salafistes se perçoivent comme un mouvement de renaissance de l'islam recherchant un retour à la foi des origines, celle des « pieux prédécesseurs » et s'émancipent de la tradition fondée par les écoles juridiques (madhahib)[36]. À l'extrême, certains considèrent que l'imitation (taqlid) de la jurisprudence des écoles juridiques équivaut à une forme de polythéisme[37]. Là où les salafistes modernistes de la fin du XIXe siècle plaidaient pour une réinterprétation des textes fondateurs de l'islam, le Coran et la Sunna en accord avec les principes de rationalité scientifique et de gouvernance libérale[10], les salafistes contemporains, rejetant le rationalisme, sont réputés suivre l’école athariste, laquelle préconise une lecture littérale et non interprétée des textes, par opposition à une interprétation métaphorique ou ésotérique (Ta'wil).

Orthodoxie

Pour les salafistes contemporains, le Coran et la Sunna se suffisent à eux-mêmes et ne révèlent qu'une seule vérité : il n'y a pas de place pour des différences d’interprétations. La pluralité d’écoles islamiques est dès lors inacceptable et l’adhésion à l'une d'elle sans faire l'effort de comprendre les textes fondateurs de l'islam (ijtihad) par soi-même ne peut que conduire le musulman à sa perte. Par ailleurs, de par sa nature littéraliste, le mouvement salafiste est proche de l'école hanbaliste[9].

Les wahhabites suivent généralement le hanbalisme, et préconisent de se laisser guider par un imam plutôt que de chercher à comprendre l'écriture par soi-même [38], ce qu'ils définissent éventuellement comme étant "salafiste par la foi, hanbaliste par la loi"[12]. Cela a été dénoncé par l'un des théoriciens du salafisme Muhammad Nassiruddine al Albani [37],[38], comme étant contraire à l’idéologie salafiste. La doctrine wahhabite se situe dans l'héritage de Abd al-Wahhab qui s'est largement inspiré des idées de Ibn Taymiyya, ce dernier ne rejetant pas le taqlid. La doctrine salafiste s'appuie plus sur le disciple de Ibn Taymiyya, Ibn Qayyim al-Jawziyya qui arguait que les musulmans devaient s'émanciper du taqlid[14], impliquant alors un intérêt renouvelé dans les hadiths, pour trouver les réponses autrement fourni par le taqlid[39]. Par ailleurs, dans leur quête d'un islam purifié, sont extrêmement concerné que celui ci soit infecté par des hadiths contrefaits : les figures salafistes les plus connus, comme al Albani, se sont spécialisé dans l'authentification d'hadiths[9], les hadiths eux même devant être interprété littéralement, dans le but de fournir des réponses non trouvés dans le Coran sans faire appel à la raison humaine[39].

Pour les salafistes contemporains, spéculer ou raisonner dialectiquement (kalâm) est proscrit[40], l’idée sous-jacente étant que lorsque les hommes tentent d'appliquer leur propre logique ou raison, cela est perverti par le désir humain et autres déviances, lesquelles conduisent à un biais d’interprétation dans l’intérêt des hommes plutôt que la vérité divine[13].

Les principes centraux du salafisme contemporain sont l'unique qualité de Dieu (tawhid), où toute association d’être ou objet avec Dieu, telle que le « culte des saints » est considérée comme une forme de polythéisme (shirk) et, parce que le Coran mentionne Dieu comme le législateur suprême, le respect de la Charia dans son entièreté. Les Salafistes rejettent la séparation du religieux et de l’état (ou la laïcité) car impliquant la suprématie des lois et institutions humaines sur la gouvernance divine[13], ce qui est contraire au principe de souveraineté islamique (hakimiyyah)[41],[42].

Plus généralement, les salafistes voient l'Occident comme un ennemi éternel et déterminé à détruire l'islam en le polluant avec ses concepts et valeurs. Le verset coranique 2:120 ; « Ni les Juifs, ni les Chrétiens ne seront jamais satisfaits de toi, jusqu’à ce que tu suives leur religion » leur permet de donner une assise idéologique au rejet de valeurs, systèmes de raisonnement ou d'analyse occidentaux. Si ceux-ci n’étaient pas utilisés par les pieux ancêtres ils sont considérés comme "innovation blâmable" (bid'ah) et doivent être rejetés[13].

Cette hostilité envers les "innovations" est aussi ancrée dans un certain nombre de hadiths[43]. Si une activité ou une coutume n'est pas directement prévue par le Coran ou la Sunna, alors elle est considérée comme contraire à l'islam. Beaucoup de salafistes adoptent donc un code vestimentaire inspiré de l'époque prophétique et rejettent le style occidental[9]. Par ailleurs les salafistes sont arrivés à la conclusion que les innovations technologiques, plus spécifiquement lorsqu'elles supportent leur prosélytisme, sont acceptables. Cela avait été un point d'achoppement dans les années 20 entre Abdelaziz Al Saoud et ses ikhwans, qui lui reprochaient d'introduire des innovations impies, éventuellement conduisant à une révolte avortée en 1927. Rashid Rida a posé en 1928 ce principe doctrinal : tout ce qui est incréé, tel la philosophie, est du domaine des innovations blâmables, pendant que tout ce qui est créé l'est par la grâce de Dieu[12].

Les salafistes se réfèrent aussi au hadith faisant dire au prophète Mahomet, « Ma communauté se divisera en 73 sectes, toutes iront en enfer sauf une ... et elle sera celle qui suivra la même voie que la mienne et celle de mes compagnons » pour justifier la supériorité de leur choix[13] et éventuellement de leurs mœurs et coutumes.

Discussion sur l'anthropomorphisme

Les noms et attributs divins qui apparaissent dans le Coran et la Sunna, étant acceptés littéralement, conduisent à une vision anthropomorphique de Dieu interdite d’après le Coran (versets 42:11 et 112:1-4). La doctrine hanbalite est néanmoins de toujours avoir une lecture affirmant les attributs de Dieu, mais sans recourir aux facultés humaines pour les comprendre (bi-la kayfa, en arabe : بلا كيف). Ibn Taymiyya ayant été emprisonné pour avoir refusé une interprétation métaphorique des attributs divins, est une source d'inspiration pour les salafistes. Pour les salafistes contemporains, le mutazilisme, une école théologique rationaliste fondée par un salaf au VIIIe siècle est la quintessence de la déviance, car l'usage de la raison conduirait à nier ou questionner les attributs divins et par là remettre en cause l'indivisibilité de Dieu, laquelle est une pierre angulaire du tawhid[13].

Orthopraxie

L'orthopraxie est un élément majeur de l'islam et une pléthore d'hadiths régissent pratiquement tous les aspects imaginables de la vie quotidienne, de la posture à adopter pour la prière à l'usage du cure dent (siwak), en passant par l’hygiène féminine. Les salafistes appliquent littéralement et avec zèle tous ces commandement du prophète Mahomet[9]. Ils se conforment notamment a l'hadith réglant l’hygiène personnelle de base (fitra), qui prescrit entre autres l’épilation des aisselles, le rasage du pubis, la taille de la moustache et de se laisser pousser la barbe[44]. Cela est éventuellement appliqué dans une optique d’extériorisation de l'engagement religieux salafiste, tout comme l'est le port de vêtements tel que le qamis ou la djellaba en Europe[45], lesquels permettent aussi de signifier le rejet du style occidental comme étant une innovation blâmable[9]. Adopter le style vestimentaire ou les manières, notamment de saluer, des juifs et des chrétiens, étaient déjà dénoncé comme contraire a l'islam par Ibn Taymiyya[46]. Par ailleurs Nasir al-Din al-Albani a critiqué le port de l'agal, communément utilisé en Arabie Saoudite, comme contraire à l'islam[45].

Un autre point d'achoppement de al Albani avec les wahhabites fut sur le port du voile pour les femmes, les versets coraniques à son sujet étant relativement abscons. al Albani a inféré que la dissimulation du visage n’était pas une obligation pour les musulmanes. C’était une opinion inacceptable pour les autorités saoudiennes, qui ne renouvelèrent pas son contrat avec l'université islamique de Médine, le forçant de fait à quitter le royaume en 1963[39]. De nos jours pendant que des salafistes portent le niqab, d'autre portent aussi le khimar (un hijab descendant jusqu'à la taille), et les femmes concernées peuvent porter alternativement l'un et l'autre[1].

L'ensemble de l'orthopraxie salafiste fait que ces derniers sont immédiatement reconnaissable, de par leur habitudes vestimentaires, social ou religieuse, ainsi que la forme et le contenu de leur discours[14]. D'un point de vue sociologique, les salafistes, comme beaucoup de mouvement, tentent de forger une nouvelle identité avec ses propres normes, se confrontant avec le modèle culturel dominant. Ce faisant, ils créent, à partir de la sunna, une communauté imaginée, et des réseaux d'activistes déterminés à reproduire et propager leur interprétation de l'islam. La diffusion des valeurs et méthodes (manjah) salafistes, faisant fi des frontières traditionnelles (éventuellement par vertu d’être extra territoriale et déculturé), motive les individus à appliquer le manjah, parfois sans se soucier des règles locales en vigueur : le manjah est le liant qui maintient la communauté salafiste comme un mouvement se destinant à purifier l'islam et rééduquer la communauté musulmane[9].

Le sens communautaire est renforcé par des frontières, et les salafistes sont obsédés par celles-ci : ils sont engagés dans une définition continue de la communauté de vrais croyants, versus les autres qui d'une manière ou d'une autre sont corrompu ou dans l'erreur[14]. L'apport du wahhabisme au salafisme a été une attitude sectaire vis à vis des musulmans ne partageant pas leurs vues théologiques et xénophobe vis à vis des non-musulmans[45], ce qui inclue les chiites lesquels sont traditionellement considéré par les wahhabites comme une secte hérétique ne faisant pas parti de l'islam[47],[48]. Cela a été érigé par les wahhabites en un principe dit de "loyauté et désaveu" (Al wala' wal bara') lequel enjoint les musulmans a haïr les non musulmans et lequel est devenu une pierre angulaire du salafisme[46].

Ce principe aussi encourage les musulmans des pays dits mécréants (kafir) à émigrer dans un pays musulman (Hijra), qui occupe une place importante dans l'imaginaire salafiste. De manière assez spectaculaire al-Albani's a enjoint les palestiniens à quitter les territoires occupés de Gaza et Cisjordanie, mais pas tant à cause du principe de loyauté et désaveu, mais plus parce qu'ils ne pouvaient pas pratiquer leur religion correctement selon lui. Par ailleurs l’idée centrale reste que l’intégrité de la doctrine prime sur l'attachement territoriale[39].

Diversité des courants

Il y a un fort sentiment parmi les sunnites que la proximité temporelle avec le prophète Mahomet est gage de pureté de l'islam[14], ce qui fait que de nombreux mouvements se réclament salafistes, à commencer par le wahhabisme[49]. Par ailleurs pendant que les salafistes partagent la même doctrine exposé ci-dessus, ils divergent sur l'analyse du contexte. Par exemple tous les salafistes sont d'avis, que si un ennemi attaque délibérément des civils musulmans, les musulmans sont fondés à engager des représailles : la scission apparaît alors sur l’interprétation des intentions occidentales dans les conflits impliquant des musulmans : une question de contexte et non de théologie[13].

Outre les divergences d’interprétations sur le djihad, un autre point de divergence au sein du mouvement salafiste est sur la hisba, ou le devoir d’ordonnance du bien et d'interdiction du mal (al ʿamr bi-l maʿrūf wa-n nahy ʿan al munkar). Au contraire du al wala wal bara régissant les rapports de la communauté avec l’extérieur, la hisba régit le fonctionnement intra-communautaire, et peut être considéré comme un outil de purification de celle-ci qui peut être achevé soit par l'usage de la violence, soit par le reproche verbal, ou par la désapprobation mentale[50],[51]. Par-delà le fait de savoir si la hisba est un devoir individuel (farḍ al-'ayn) pour les musulmans ou collectif pour la communauté musulmane (farḍ al-kifāya), les salafistes se partagent entre une approche quiétiste, où le devoir du croyant est limité au « conseil discret » et une approche plus activiste où la hisba est utilisée pour légitimer l'usage de la violence[51] en couvrant un large éventail coercitif intermédiaire[52].

Tout cela favorise la fragmentation du mouvement, laquelle est exacerbée par la nature décentralisée de son fonctionnement où chaque savant salafiste offre sa propre lecture comme la seule vérité possible[9]. On distingue néanmoins trois mouvances dans le salafisme contemporain : une « quiétiste », une politique, et une djihadiste :

Le salafisme quiétiste

Cette tendance salafiste, développée en particulier par des imams proches du régime saoudien, est essentiellement inspirée par le cheikh Muhammed Nacer ad-din al-Albani, particulièrement à partir de 1961 où il a été nommé à l'université de Médine, jusqu'à sa mort en 1999. Il a théorisé la doctrine quiétiste sur la base de « la bonne politique, aujourd'hui, est de délaisser la politique »[39]. Pour al-Albani, il est nécessaire de poursuivre une stratégie du « at tasfiyatu wa tarbiyah » (la purification et l'éducation) : d'une part, régénérer la foi en la purifiant des "innovations" l'éloignant de la foi authentique ; d'autre part, éduquer les musulmans à cette foi régénérée, de manière à ce qu'ils abandonnent toutes leurs pratiques religieuses antérieures, jugées corrompues. C'est de la diffusion générale dans la société de cette piété que doit naître le changement politique.

Les quiétistes sont parfois qualifié de pacifistes, a tort selon certains experts, qui postulent qu'ils sont avant tout de nature obéissante et qu'ils n’hésiteraient pas à s'engager dans le djihad si ordre est donné par l’autorité reconnu. Ils l'ont déjà fait à plusieurs reprises, contre l'URSS en Afghanistan dans les années 80, les socialistes dans la guerre civile yéménite de 1994, et contre les zaydites dans la région de Sa'dah dans le nord du Yémen, depuis 2014[14].

Bien que les quiétistes aient développé une rhétorique vitriolique envers les djihadistes, ils ne rejettent pas le djihad comme un moyen tactique, mais pensent que la communauté musulmane, et salafiste en particulier, n'est pas encore prête pour cette étape qui doit venir après l'éducation et la purification de la communauté, ce que al Albani a résumé par cette question rhétorique : "Comment ces gens se disent prêts pour le djihad, quand ils ne sont pas encore d'accord entre eux, sur les articles de foi à respecter ('Aqîda)?". Cette vue est aussi replacée dans le contexte historique où le prophète Mahomet a commencé par propager la foi, avant le djihad. Les guerres civiles d'Afghanistan après le retrait des troupes soviétiques, sont une preuve selon les quiétistes que les musulmans afghans n’étaient pas préparés spirituellement au djihad. Ils sont par ailleurs d'avis, qu'une fois que la communauté musulmane aura embrassé la vrai foi, c'est-à-dire la leur, alors, le djihad ne pourra que devenir triomphant. Dans l’intermède, ils pensent que l'action violente ne peut qu’entraîner des réactions négative des autorités limitant leur capacité de prosélytisme[9].

En retour, les djihadistes dénoncent les quiétistes comme cheikhistes, impliquant que ces derniers sont des instrument des autorités « acheté pour protéger les gouvernements immoraux de la colère des vrais musulmans », et les djihadiste ne rechignent pas à déclarer des quiétistes de l'establishment saoudien, comme traites et apostats[9].

Le salafisme réformiste

Le salafisme réformiste privilégie une lecture politique et s'est beaucoup inspiré des Frères musulmans. Cette expression du salafisme est représentée principalement par le courant du « Réveil islamique » (Sahwa Islamiyya), dans les années 1990 en Arabie saoudite[23],[53].

Le salafisme djihadiste

Article détaillé : Salafisme djihadiste.

Le but des salafistes djihadistes est l’établissement d’états islamiques. Cette mouvance fait du djihad armé le cœur de son engagement : la doctrine djihadiste consiste alors à établir les raisons justifiant le djihad, puis à justifier les méthodes utilisées[54].

Justification du Djihad et importance de l'apostasie

La plupart des musulmans sont extrêmement réticents à dénoncer un des leurs comme apostat (Takfîr), une dénonciation fortement découragée par plusieurs hadiths. C’était néanmoins une pratique appliquée libéralement chez les kharijites ... Et c'est un préalable nécessaire à l'action djihadiste en terrain musulman, puisque permettant de se libérer des contraintes coraniques tel le verset 4:92 ; « Il n'appartient pas à un croyant de tuer un autre croyant, si ce n'est par erreur.»[54] ; ou le verset 4:59 ; « Ô les croyants ! Obéissez à Allah, [...] et à ceux d'entre vous qui détiennent le commandement ». Ceci vaut aux djihadistes d’être souvent qualifiés de « takfiri » ou de «kharidjites » par leurs contempteurs musulmans[55].

En effet, une grande partie de la construction de la doctrine djihadiste consiste à établir les conditions d'apostasie : cette doctrine aurait deux origines, l'une wahhabite et l'autre venant des Frères musulmans Égyptiens, cette dernière prenant sa source en Inde dans un contexte d'occupation coloniale britannique[54],[56].

La naissance d'une doctrine dans l'Inde coloniale

Syed Ahmad Shaheed Barelvi a appelé au djihad au début du XIXe siècle, dans l'intention de créer un état islamique dans la région du Peshawar (aujourd'hui au Pakistan) basé sur un strict respect de la charia et incluant un refus de tout ce qui vient de l'occident comme contraire à l'islam. Son mouvement qui était à la fois politique, militaire et religieux[56], fut baptisé par les britanniques comme wahhabite car analogue dans sa doctrine au mouvement saoudien[54]. Il est plus justement appelé mouvement barelvite, et il est aussi à l'origine du deobandisme[56], un mouvement de l'islam sunnite très proche du salafisme dans son orthodoxie.

Shaheed Barelvi peut être considéré comme le prédécesseur intellectuel de Sayyid Abul Ala Maududi qui donnera une patine moderne au mouvement dans les années 30. Il intégrera la modernité technologique occidentale, tout en poursuivant un retour aux fondamentaux de l'islam et Maududi adoptera de son prédécesseur la stricte distinction entre les croyants et les mécréants. Il fit sien aussi le raisonnement de Ibn Taymiyya : l’unité de Dieu nécessite de suivre les lois de Dieu (la Charia) ; être loyal aux lois humaines s'apparente alors à de l’idolâtrie et donc est passible d'apostasie. Maududi définit le parti de Dieu (hizb Allah) et celui de Satan (hizb aslshaitan), lequel incluait les musulmans adhérant aux lois humaines, et introduit le concept de paganisme moderne (Jâhilîya moderne). L'analogie était alors faite avec le prophète Mahomet combattant le paganisme quraychites de la Mecque. Il créa le Jamaat-e-Islami a Lahore en 1941, qui est un parti politique pakistanais toujours existant[54].

Sa transformation par les frères musulmans

Les thèses de Maududi, traduites en arabe dans les années 1950, auront une grande influence sur le frère musulman égyptien Sayyid Qutb, qui leur conféra une grande visibilité. Par ailleurs, là où Maududi travaillait dans le contexte politique existant, Qutb appelait au djihad. Ce faisant il allait à l'encontre de la notion établie que le djihad était essentiellement une guerre défensive[58]. C’était notamment l'opinion des salafistes modernistes comme Abduh ou Rida, ce dernier comprenant l'appel au djihad mentionné dans le Coran comme une réponse à une agression visant explicitement les musulmans à cause de leur religion[60]. L'argumentation de Qutb était que puisque les gouvernants musulmans n'appliquaient pas la charia, ils faisaient partie de la Jâhilîya et non des musulmans. Par ailleurs c'est Mohamed abd-al-Salam Faraj qui élèvera le djihad comme l'obligation première d'un musulman lorsque la charia n'est pas appliquée, dans un pamphlet découvert en 1981[61] et intitulé « L'obligation oubliée » (Al-farida al-gha'iba[62]), phrase récurrente dans la phraséologie djihadiste contemporaine. Cette conclusion est basée sur un assortiment de hadiths[63], et une fatwa d'Ibn Taymiyya, invoquant notamment le verset 5:47 du coran ; « Ceux qui ne jugent pas d'après ce qu'Allah a fait descendre, ceux-là sont les pervers » pour appeler au djihad contre les Mongols ilkhanides, dont il doutait de la sincérité de leur conversion à l'islam, car ils refusaient d’appliquer la charia[54].

Sa rencontre avec le wahhabisme lors de la guerre d'Afghanistan

Tout cela coagula pendant la Guerre d'Afghanistan (1979-1989) où les salafistes venus d'Arabie saoudite absorbèrent la théorisation des Frères musulmans venus combattre à leurs cotés[64]. Dans le contexte de ce conflit, émerge le palestinien lAbdallah Azzam, co-fondateur de Al-Qaïda avec Oussama ben Laden, et considéré comme le "père" du djihad global. Il est l'auteur de nombreux ouvrages séminaux dans la littérature djihadiste[68], et a notamment postulé que le djihadisme a besoin d'une base territoriale où les jeunes musulmans peuvent recevoir une éducation au djihad (tarbiyya jihadiyya) [67]. Il est notamment l'auteur, en 1984, d'une fatwa; « Défense des terres musulmanes »[65]; cherchant à lire dans le Coran, une approche évolutive vers le djihad, où le croyant se doit d'abord d’être pieux avant d'inviter les non croyant à se convertir. Si ces derniers refusent, alors ils doivent être combattu[70], le verset 9:5, aussi appelé verset du sabre; «Tuez les associateurs où que vous les trouviez. Capturez-les, assiégez-les,...»; est alors invoqué, une récurrence dans la littérature djihadiste[69], par ailleurs la particularité de cette fatwa est d’ériger le djihad pour les musulmans comme une obligation individuelle (farḍ al-'ayn)[34]. Le grand mufti d'Arabie saoudite de l’époque, Abd al-Aziz ibn Baz a appelé à aider les moujahidin afghans comme une obligation individuelle pour les musulmans mais il ne semble pas avoir endossé la fatwa d'Azzam [34],[71].

Les wahhabites apportèrent de leur côté, outre le Al Wala' Wal Bara'[41], une liste de dix comportements entraînant automatiquement l’apostasie, connue comme les « annulations de l'islam » (Nawaqid Al-Islam)[72] établie par le fondateur du mouvement Mohammed ben Abdelwahhab. Ben Laden fit directement référence à cette liste dans sa « déclaration de guerre » contre le régime saoudien en 1996[54].

Le coran réservant un traitement de faveur pour les chrétiens vis-à-vis des polythéistes, une activité annexe des djihadistes, et notamment du chef d'Al Qaida depuis 2011, Ayman al-Zawahiri, est de peindre les éléments de l'orthodoxie chrétienne, tel que la Trinité, la crucifixion, ou l'infaillibilité pontificale, comme preuve d'idolâtrie, permettant de les classer comme polythéistes.

Justification des moyens d'actions

En général les djihadiste se réfère au siège de Ta'if en 630, durant lequel prophète Mahomet a engagé des catapultes, sachant qu'elles allaient faire des victimes parmi les civils comme témoigné par un hadith[73], pour justifier l'usage d’armement susceptible de causer des dommage collatéraux. Par ailleurs, il est plus difficile d'utiliser cet épisode pour justifier des attaques délibérées de cibles civiles, lesquelles vont à l'encontre d'un certain nombre de versets coraniques, tel le verset 4:92, aussi bien qu'un certain nombre d'hadiths. Les djihadistes se réfèrent alors a Ibn al-Qayyim, al-Shawkani, al-Qurtubi, Ibn Taymiyya, et d'autres qui ont justifié l'attaque de civils sur le principe de la loi du talion, comme étant supporté par le verset coranique 2:194: « quiconque transgresse contre vous, transgressez contre lui, à transgression égale ». Pour rendre cette loi du talion valide, les djihadiste cherchent a démontrer que l'occident, en particulier, délibérément attaque des civils musulmans : le conflit israélo-palestinien est alors largement utilisé dans cette perspective, comme il l'a été par Al Qaïda pour revendiquer les attentats du 11 septembre 2001. Un autre argument utilisé a été fourni par Ibn Taymiyya qui a défini comme combattant toute personne combattante, soit avec des armes, soit avec des mots, ou qui assiste ces combattants par quelque moyens que ce soit, restreignant singulièrement la notion de civil[54].

Historiquement, les attentats suicides ont été popularisé par le Hezbollah libanais, capitalisant sur une tradition chiite de célébration du martyr étrangère au sunnisme. Ils ont néanmoins tactiquement influencé les groupes terroristes palestiniens, tel le Hamas, ce qui a conduit les salafistes à justifier ceux-ci après coup. En l'absence d'argument théologique, Abdallah Azzam en avait été réduit à s'approprier la tradition chiite du martyr, cependant Al-Qaïda a été contraint d'adresser la question dans les années 90, ce afin de discriminer une "opération martyr" d'un suicide, ce dernier étant prohibé dans l'islam. Le raisonnement a été fourni par Yûsuf Al-Qaradâwî : "celui qui commet un suicide est quelqu'un qui a perdu espoir dans la vie et Dieu, pendant que le martyr est plein d'espoir en Dieu, et combat l'ennemi fort et arrogant avec les armes que Dieu a mis dans les mains des faibles". Arguments qui seront aussi repris par des musulmans moins radicaux, tel le grand mufti d’Égypte Mohammed Tantaoui, les djihadistes trouvant là d'amples supports en dehors de leur sphère, ou même la galaxie salafiste, pour justifier leurs méthodes[54].

Mouvements salafistes aujourd'hui par pays

Allemagne

Article connexe : Islam en Allemagne.

Le salafisme est un mouvement croissant en Allemagne et les estimations de l'Office fédéral de protection de la constitution montrent qu'il est passé de 3 800 membres en 2011 à 7 500 membres en 2015[74]. En Allemagne, la plupart des recrutements au mouvement se fait sur Internet et également dans les rues, par le biais d'une propagande qui cible tout particulièrement les jeunes[74]. Il y a deux camps idéologiques ; l'un majoritaire, se fait l'avocat du salafisme politique et oriente ses efforts de recrutement en direction des non-musulmans et les musulmans non-salafistes pour gagner en influence sur la société ; l'autre minoritaire, se fait l'avocat du salafisme djihadiste et cherche à gagner en influence par le recours à la violence et dernièrement, la totalité des cellules terroristes identifiées en Allemagne venaient des milieux salafistes[74].


En 2015, Sigmar Gabriel, vice-chancelier de l'Allemagne, a déclaré que : « Nous avons besoin de l'Arabie Saoudite pour résoudre les conflits régionaux, mais nous devons en même temps clarifier le fait que la politique de l'autruche est terminée. Les mosquées wahhabites sont financées dans tout le monde entier par l'Arabie saoudite. En Allemagne, beaucoup de dangereux islamistes proviennent de ces congrégations[75] ».

Belgique

Article connexe : Islam en Belgique.

Relayant les critiques d'islamologues formés dans les universités belges ou françaises et de militants pour un islam libéral (dit aussi « islam européen », adapté aux sociétés sécularisées)[76] soutenus par des personnalités politiques[77][réf. nécessaire], plusieurs médias rapportent que l'origine de l'implantation du salafisme en Belgique remonterait à la création du Centre islamique et culturel de Belgique (CICB) en 1963[78]. En 1967, lors d'une visite officielle en Belgique, le roi Fayçal fait un don aux victimes de l'incendie de l'Innovation. En remerciement et pour des raisons de diplomatie économique, les autorités belges louent (bail emphytéotique de 99 ans) en 1969 à l'Arabie saoudite le bâtiment d'un pavillon oriental en ruine qui, une fois complètement transformé (notamment par l'ajout de trois étages), devient en 1978 la Grande mosquée de Bruxelles et le siège du CICB[79],[80]. Influente, la mosquée est présentée par de nombreux observateurs comme « un cheval de Troie salafiste au cœur de Bruxelles »[78]. En avril 2012, les autorités belges exigent discrètement du gouvernement saoudien le départ du diplomate et directeur du CICB, l'imam Khaled al-Abri en raison de ses prêches radicaux[81]. Khaled al-Abri nie ces accusations[82]. Comme le constate Christophe Lamfalussy dans La Libre Belgique, « jamais la Grande Mosquée n’a été impliquée dans une filière d’envoi de djihadistes vers la Syrie[80] ». L'imam théologien de la Grande mosquée de Bruxelles, le soufi mouride[83],[84],[85] Mouhamed Galaye Ndiaye condamne « avec fermeté » les violences commises au nom de l'islam et les « criminels » qui les commettent. Et affirme « sur les 400 ou 500 jeunes qui sont partis en Syrie, il n’y en a pas un qui a étudié chez nous ». L’imam souligne que la violence « n’a rien à voir avec l’islam ». La Grande mosquée de Bruxelles a « un programme de lutte contre le radicalisme » qui, grâce au centre islamique et culturel belge (CICB), a pu aider des familles dont les enfants avaient emprunté le chemin de la radicalisation[86].

En juillet 2012, Alain Winants, administrateur-général de la Sûreté de l'État, confie au journal De Morgen que « le salafisme est la menace principale pour la Belgique[87] », une opinion qu'il réitère à La Libre Belgique en novembre de la même année[88].

Selon le politologue spécialiste de l'Islam Olivier Roy, invité à Bruxelles par le roi Philippe, la génération de djihadistes des années 2010 n’est pas inspirée principalement par le salafisme mais se trouve « dans une perspective suicidaire, nihiliste, non utopiste », qui ne fait aucune référence à un conflit particulier. Ces terroristes ne sont pas des piliers de mosquées. Ce qui fait dire au professeur à l'Institut universitaire européen de Florence qu’il ne sert à rien de vouloir fermer les mosquées salafistes pour combattre le terrorisme. Le problème est selon lui ailleurs[89].

Selon La Libre Belgique, en 2016, « à bonne source, on estime » le nombre de mosquées sous influence salafiste à une trentaine, soit deux fois plus que l'estimation précédente en 2001[90].

Le principal centre salafi à Bruxelles est le Markaz Al-Forqane[91] et le principal centre salafi en Wallonie est le Markaz-Al-Jama'a, situé boulevard Jacques Bertrand à Charleroi[92].

France

Article connexe : Islam en France.

La présence du salafisme en France est identifiée depuis les années 1990[93]. Pour le politologue Gilles Kepel, les émeutes de 2005 dans les banlieues françaises « permettent, à côté de la participation politique massive des enfants de l’immigration musulmane, l’émergence d’une minorité salafiste visible et agissante qui prône le « désaveu » (al bara’a) d’avec les valeurs de l’Occident « mécréant » et l’allégeance exclusive (al wala’) aux oulémas saoudiens les plus rigoristes »[94].

Selon des sources policières, la France compterait 90 lieux de culte d’obédience salafiste sur 2 500 recensés en 2015, soit deux fois plus qu'en 2010[95] et environ cinq fois plus qu'en 2005[93]. D'après la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI), le nombre de fidèles affiliés au courant a quant lui triplé entre 2010 et 2015, passant de 5 000 à 15 000[93]. Cette progression a lieu essentiellement dans les grands centres urbains (région parisienne, Rhône-Alpes et Provence-Alpes-Côte d'Azur). Le courant quiétiste est largement majoritaire dans le salafisme français[96]. L'essor de la mouvance serait dû à l'effacement des Frères musulmans représentés au sein de l'Union des organisations islamiques de France[97].

Par exemple, la mosquée Assalam de Nantes a fait l'objet d'une vive controverse lors de sa construction commencée en 2009 et achevée en 2012. Elle est la plus grande mosquée dans sa région. La mosquée est souvent classée parmi les exemples des efforts du Qatar pour exporter le wahhabisme, leur version extrême et souvent intolérante de l'islam, dans toute l'Europe [98],[99]. En 2012, son « sulfureux » imam, Rachid Abou Houdeyfa, avait affirmé que ne pas porter le voile, c'était s'exposer au viol[100],[101].

Selon le sociologue Samir Amghar, « [...] le salafisme s’est implanté grâce à la prédication des premiers diplômés européens revenus d’Arabie Saoudite où ils étaient allés suivre une formation en sciences religieuses. [...] Les ouvrages des théologiens salafis sont de plus en plus présents dans les librairies islamiques, ils deviennent des références pour beaucoup de musulmans, même pour ceux qui appartiennent aux autres tendances de l’islam (Frères musulmans, tablighis…). Le salafisme s’impose de plus en plus comme une orthodoxie religieuse. Cette prédication est tellement efficace que le mouvement a vu ses effectifs doubler en cinq ans, passant de 5 000 en 2004 à plus de 12 000 aujourd’hui (en 2012) [102]».

Et de relever une évolution récente : « Internet est devenu la principale source d'information religieuse mais aussi le principal pourvoyeur de radicalité. Ce n'est plus tant dans les mosquées (radicales), lieux traditionnels du débat mais aussi du recrutement des djihadistes avant le 11 septembre 2001, et où les imams (salafistes) se savent aujourd'hui très surveillés par les services de renseignement [...] [103]». En effet, même les salafistes djihadistes reprennent avec succès les codes du web et les principes du marketing 2.0 pour embrigader la jeunesse et l'inciter à rompre totalement avec le reste de la société dite mécréante [104].

Pour les spécialistes de l'islam, cette progression s'explique par la perte d'influence de l'Union des organisations islamiques de France, branche française des Frères musulmans. Si les salafistes français sont dans leur grande majorité des quiétistes qui dénoncent le djihad armé, le chercheur Haoues Seniguer estime que « le néosalafisme d'aujourd'hui peut être un sas » vers le djihadisme[95].

Pour le sociologue Samir Amghar, l'autre raison est à chercher dans la « demande de normes très strictes ». Cette affiliation à « des groupes religieux intensifs forts, capables d’offrir des codes de sens et une sécurité apaisante » serait aussi vécue comme un « défi manifeste à l’opinion majoritaire ». Les salafistes pensent incarner un « groupe dangereux ou redoutable pour les classes moyennes et supérieures ». C'est pourquoi, « le salafisme fascine ceux qui ont un différend avec l’ordre social » [102]».

Toutefois, d'après Mediapart, le salafisme français « est le fait de petits groupes informels ne cherchant pas à se fédérer à l'échelon national. Aucun de ses représentants ne siège dans l'Instance de dialogue avec l'islam, lancée par Manuel Valls le 15 juin 2015 pour réfléchir à la formation des imams et au financement des mosquées »[93].

Suède

Article connexe : Islam en Suède.

Des représentants de la mosquée de Gävle ont fait la promotion de cette variante de l'Islam, laquelle est considérée comme extrémiste en Suède. Selon le chercheur Aje Carlbom à l'Université de Malmö, l'organisation derrière le travail de missionnaire est la Swedish United Dawah Center, abrégée en SUDC.[105] La SUDC est caractérisée comme un groupe salafiste par un chercheur en histoire religieuse à l'université de Stockholm et a de nombreux liens avec le Britannique Abdur Raheem Green (en)[105].

Critique du salafisme

Le djihadisme salafiste est essentiellement vu sous le prisme de deux paradigmes. L'un est de le considéré comme un épiphénomène isolé et séparé de l'islam comme postulé par les tenants de la guerre contre le terrorisme, qui discrimine alors des "mauvais" musulmans et des "bons" musulmans[9], et la vaste majorité des musulmans se dissociera volontiers des djihadistes[106],[107]. L'autre paradigme, plus ancré dans une grille de lecture du "choc des civilisations", estime que cette dichotomie entre musulmans, revient à sous estimer les connections idéologiques, spirituelles, culturelles et sociales qui lient les djihadistes au reste des musulmans plus modérés, et les tenants de ce paradigme seront alors d'avis que le phénomène djihadiste représente une tendance inhérente du salafisme, lui même s'inscrivant dans l'islam[9].

En France ces différents paradigmes ont été synthétisé par Olivier Roy, comme étant « l'islamisation de la radicalité » ou « la radicalisation de l'islam »[108], et ils sont l'objet de querelle dans le milieu universitaire français[94],[108]

Le député de Charente-Maritime, Olivier Falorni, appelle les pouvoirs publics à s'attaquer à cette « idéologie qui considère la République comme une mécréance », avertissant que « le salafisme est le carburant du djihadisme [109]».

Compte tenu de sa pression contraignante qu'il compare à celle des mafias, l'historien André Ropert suggère de « classer le salafisme parmi les dérives sectaires », soulignant que « le salafisme djihadiste travaille à la déstabilisation mentale, à l’embrigadement des mineurs, développe un discours anti-social pour ne rien dire du trouble à l’ordre public[110] ».

Le journaliste Mohamed Sifaoui est encore plus virulent à l'égard du salafisme qu'il qualifie d' « idéologie nihiliste » : « Depuis plusieurs années, je plaide, malgré les cris d'orfraies, à la criminalisation de l'idéologie salafiste et à l'interdiction pure et simple des organisations s'inspirant de la pensée des Frères musulmans [111]».

Pour Pierre Conesa, ancien haut-fonctionnaire du ministère de la Défense, « On est en guerre contre le salafisme [...] mais simplement, le salafisme, c'est l'Arabie Saoudite donc c'est gênant [112]».

Personnalités salafistes

Bibliographie

Ouvrages

Littérature confessionnelle

  • M. Jarman, Les Salafites de Muhammad Ibn 'Abd al-Wahhâb à Nâsir ad-Dîn al-Albânî, CIS Conseil islamique de France, 199 p. (ISBN 9953-81-083-4)

Articles

Filmographie

  • Salafismes au XXe siècle, conférence de Dominique Thomas dans le cadre de l'Université de tous les savoirs, Service du Film de Recherche Scientifique, Vanves ; CERIMES, 2008?, 88' (DVD)

Notes et références

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  8. Certains sunnites disputent l'orthodoxie sunnite des salafistes: Cela a notamment été le cas fait dans la déclaration finale d'une conférence tenue en août 2016, à Grozny sous le patronage du président tchétchène, Ramzan Kadyrov[2]. Cependant, plusieurs participants de cette conférence se sont dissocié de cette déclaration[3],[4], et notamment, le cheikh Ahmed el-Tayeb[5],[6], ainsi que l’institution dont il est grand iman, l’université Al-Azhar au Caire[7], laquelle est considérée comme l'institution de référence dans l’islam sunnite[2]. La déclaration finale de la conférence de Grozny aurait par ailleurs été amendée pour finalement reconnaître le salafisme comme une forme de l'orthodoxie sunnite[3]
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  32. L’université de Médine est à l'origine d'une version anglaise du Coran connue comme le Noble Coran (traduit par Hilali et Khan en 1977), largement diffusée dans les pays anglo-saxons; on la trouve à titre gracieux dans la plupart des centres culturel islamiques d’Amérique. Ce document a été critiqué comme un cheval de Troie du salafisme (par exemple, la version anglaise des versets coraniques 24:31 et 33:59, ayant trait au voile islamique, fait explicitement mention des parties du corps à couvrir, à savoir toutes sauf les yeux, ce qu'une lecture littérale du texte originel ne permet pas d'affirmer)[31]
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  42. certains salafistes parlent d’unicité du législateur islamique (tawhid al hakimiyyah), comme introduit par Sayyid Qutb, par ailleurs il y a divergence de vues, notamment chez les quiétistes, qui, comme Salih Al-Fawzan, pensent que cela est une erreur de parler de tawhid al alhakimiyyah, car introduisant un élément politique dans le tawhid, qui doit être éviter selon ces derniers[41]
  43. tel que le hadith extrait du Sahih Muslim et faisant dire au prophète Mahomet que « Les pires des choses sont les créations nouvelles. Toute création nouvelle est une innovation et toute innovation est source d'égarement...Et tout égarement mène à l'Enfer »
  44. Comme rapporté par Aïcha dans le recueil d'hadith de Al-Tirmidhî
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  50. Cela refléte un hadith du Sahih MuslimAbu Sa`id al-Khudri rapporte que le prophète Mahomet aurait dit; «Celui qui voit un mal et peut le changer avec sa main, qu'il le fasse. Celui qui ne peut pas le changer avec sa main et le peut avec sa langue, qu'il le fasse. Et celui qui ne peut pas le changer avec sa langue et le peut avec son cœur, qu'il le fasse, c'est le degré le plus faible de la foi»
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  58. Historiquement, et comme une conséquence de la stagnation de l'expansion islamique, le djihad était devenu essentiellement une lutte spirituelle[57].
  59. Jacques Jomier, Le commentaire coranique du Manâr : tendances modernes de l'exégèse coranique en Egypte (Thèse de doctorat, Université de Paris, Faculté de lettres, 1952), Paris, France, G.-P. Maisonneuve, coll. « Islam d'hier et d'aujourd'hui » (no 11), (ISSN 0244-4011)
  60. Rida se basait alors notamment sur le verset coranique 60:8; « Allah ne vous défend pas d'être bienfaisants et équitables envers ceux qui ne vous ont pas combattus pour la religion et ne vous ont pas chassés de vos demeures... », Il réfutait aussi la lecture traditionnelle du coran, dans laquelle les versets les plus récents abrogent les versets contradictoires précédents (Mansukh), et distinguait les versets établissant les causes du djihad, comme donnant le contexte d'application des versets plus récent et d'apparence inconditionnel, tel le verset du sabre ou 9:5; « Tuez les associateurs où que vous les trouviez. Capturez-les, assiégez-les... »[57],[59].
  61. Découvert dans le cadre de l’enquête suite à l'assassinat du président égyptien Anouar el-Sadate en 1981.
  62. (en) Mohammad ‘Abdus Salam Faraj (trad. Abu Umamah), The absent obligation, Maktabah Al Ansaar, (lire en ligne)
  63. Notamment le hadith du Sahih al Bukari, où Abu Huraira rapporte qu'à la question « Quelle est la meilleure action ? », Mahomet répondit : « Croire en Allah et en son messager (Mahomet) ». Le questionneur aurait alors demandé :« Quelle est la prochaine ? » ; il répondit: « Participer au djihad dans la cause d'Allah ». Le questionneur aurait demandé encore, « Quelle est la prochaine ? » Il répondit « faire le Hajj (pèlerinage à la Mecque) ».
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  68. « Défense des terres musulmanes »[65], publié initialement en 1984, et « rejoint la caravane »[66], publié en 1987, étant considéré les deux plus importants[67]
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  70. Cela est basé sur les versets coraniques 15:94; « Suis clairement ce qu'on t'a commandé et détourne-toi des associateurs», puis 16:125; « Appelle avec sagesse à suivre ton Seigneur...»; et dans le cas où l'appel échoue, le verset 22:39 autorisant la légitime défense, et le moins restrictif verset 9:5, aussi appelé verset du sabre (ayat as-sayf), sont alors invoqués dans les limites du verset 2:190 (loi du talion)[69]
  71. Azzam clame que sa fatwa a été endossé par Abd al-Aziz ibn Baz[65], et cette assertion est parfois reprise dans la littérature secondaire
  72. L'apostasie est prononcé si un des dix point suivant est observé chez un musulman: (1) Polythéisme (2) Utilisation d'intercesseurs avec dieu, tel que les saints (3) Douter que les non musulman sont des mécréants (4) Rendre un jugement avec des lois non-islamiques. (5) Ne pas aimer ce que le prophète Mahomet pratiquait (6) Se moquer du prophète Mahomet (7) Pratiquer ou approuver la magie (8) Approuver ou aider les mécréants contre les musulmans (9) Croire qu'un musulman peut arrêter de pratiquer l'islam (10) ne pas étudier ou pratiquer l'islam[54]
  73. Dans le Sahih Muslim et le Abû Dâwud, Sab ben Jathlama rapporte que «le prophète d'Allah, quand on lui demandait si les femmes et les enfants des polythéistes pouvaient être tués pendant les attaques nocturnes, répondit: ils sont des leurs».
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Voir aussi

Articles connexes

Liens externes