Mohammed ben Abdelwahhab

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Mohammed ben Abdelwahhab
Informations générales
Naissance
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Ouyayna (en)Voir et modifier les données sur Wikidata
Décès
Nom dans la langue maternelle
محمد بن عبد الوهابVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Activités
théologien, prédicateurVoir et modifier les données sur Wikidata
Famille
Al ash-Sheikh (en)Voir et modifier les données sur Wikidata
Enfants
Hussein ibn Muhammad Muhammad ibn Abd al-Wahhab (d)
Abdullah ibn Muhammad Muhammad ibn Abd al-Wahhab (d)
Ali ibn Muhammad Muhammad ibn Abd al-Wahhab (d)
Ibrahim ibn Muhammad Muhammad ibn Abd al-Wahhab (d)Voir et modifier les données sur Wikidata

Mohammed ben Abdelwahhab, ou Ibn Abdelwahhab (1703 - , en arabe : محمد بن عبد الوهاب) est un érudit et prédicateur musulman de la tribu arabe des Banu Tamim, qui prônait un retour à sa compréhension de ce qu'il estimait être l'islam originel. Il est considéré par ses partisans[Lesquels ?] comme l'un des principaux revivificateurs de l'islam authentique (retour aux sources), ses détracteurs[Lesquels ?] le perçoivent par contre comme le fondateur d'une doctrine rigoriste à la frontière du sunnisme qu'ils nommèrent le « wahhabisme » (en arabe : wahhabiyya). Il passa sa vie à combattre ce qu'il considérait comme du polythéisme, aussi bien par les armes, qu'à travers ses ouvrages (Les Trois Fondements, Les Quatre Bases, Le Dévoilement des ambiguïtés, Cinquante questions-réponses relatives à la croyance) dont le plus connu est le Kitâb ut-Tawhîd ou Livre de l'unicité. Il condamna fermement toute forme d'innovation religieuse en islam et prôna un retour à ce qu'il estimait être le culte de l'Arabie prophétique.

Biographie[modifier | modifier le code]

Mohammed ibn Abdelwahhab ibn Sulayman ibn Ali est le fils de Abdel Wahhab, de la tribu des Banou Tamim. Il est né en 1703 (an 1115 de l’hégire) à Ouyayna au nord de Riyad, dans la région du Nejd. Il y grandit avec son père sous le règne d'Abdallah ibn Mohammed ibn Hamed ibn Mou’amar[1]. Il apprit auprès de Mohamed Hayya al Sindi. Son père, Abdel Wahhab, et son frère, Soulayman bin Abdel Wahhab, étaient tous deux des savants reconnus de l'école Hanbalite et opposés à sa compréhension de l'Islam qu'ils estimaient erronée. Son frère a de ce fait écrit un livre contre lui, intitulé La riposte catégorique sur Mouhammad ibn AbdilWahhab.

Sa doctrine[modifier | modifier le code]

Il entreprit de voyager pour acquérir la science tout d'abord dans la région du Nejd même, puis vers la Mecque où il étudia avec les savants ; il continua son périple vers Médine, où il étudia notamment avec le cheikh Abdullah ibn Ibrahim Al-Shammari, et son fils Ibrahim Al-Shammari, auteur du livre Al'Adhb ul-Fa'idh fi-Sharh Alfiyyat il-Fara'idh, qui lui apprit les règles de l'héritage. Ce dernier lui fit rencontrer le cheikh du Hadith, Muhammad Hayat As-Sindi, avec qui il apprit les sciences du Hadith et ses rapporteurs (Ilm ur-Rijal), et qui lui décerna l'autorisation d'enseigner les livres principaux tels que le Sahih Al-Bukhari, Sahih Muslim...

Il dit s'être inspiré en grande partie d'Ibn Taymiyya et de son élève Ibn Al Qayyim, mais il s'est avant tout appuyé sur sa compréhension du Coran et de la Sunna[2].

L'alliance avec les Saoud[modifier | modifier le code]

À cette époque, Mohammed Ibn AbdelWahhab estimait que les musulmans de la péninsule arabique étaient revenus à toutes sortes de pratiques idolâtres (ash-chirk) et a fortiori, ne se conformaient que peu aux rituels (al-Ahkam) de l'islam. Le cheikh les incita à retourner à ce qu'il estimait être l'islam des origines[3].

Mohammed ben Abdelwahhab retourna vers sa terre d'origine où il se heurta d'abord à des problèmes avec les notables, puis il conclut une alliance avec Mohammed Ibn Saoud, émir de Dariya, village proche de Riyad.

Ensemble, puis grâce à la dawa (appel a la religion) du cheikh et l'autorité et la puissance du prince, ils parvinrent à unifier certaines tribus arabes.

Lorsqu'ils eurent épuisé tous moyens pacifiques, et que certaines tribus musulmanes en désaccord avec la vision d'Ibn AbdelWahhab continuèrent à faire obstacle à la propagation de sa doctrine, ils leur déclarèrent la guerre. En 1744, Abdelwahhab s'allia à l'émir de Dariya, Mohammed ben Saoud. Ces derniers parvinrent alors à unir les tribus du Nejd, prennant le contrôle de Riyad en 1773. Cependant, cette rébellion fut matée par les Ottomans en 1818, mettant un terme à la Al Saoud sur la région ; ils ne parviennent cependant pas à éradiquer les racines religieuses et nationales de leur pouvoir.

Fin de vie et suites[modifier | modifier le code]

Avant de mourir en 1206 de l’Hégire (1792), le cheikh Mohammed Ibn Abdelwahhab verra sa vision du tawhid régner sur la péninsule arabique et ses environs avec une multiplication des prêcheurs. L’appel du cheikh (dawa) ne disparut pas avec lui. Il fut diffusé et sa zone d’influence a atteint le monde entier. La conquête de la Mecque en 1228 de l’Hégire (1813) par l’état saoudien entraîna la diffusion de l’appel à l’extérieur du Nejd (région Nord de l'actuelle Arabie Saoudite). De son vivant, le cheikh Mohammed ibn Abdelwahhab interdit toute image ou portrait artistique, de sa personne, conformément à sa doctrine, ou un portrait est assimilé à une idole, condamnable pour la foi, de sorte que aucun portrait de lui n'existe.

Ses descendants constituent la famille Al ach-cheikh (en) ou Al al-Cheikh.

Œuvres[modifier | modifier le code]

Voici ses trois principaux ouvrages:

  • Al Oussoul Al-Thalatha, les Trois Principes Fondamentaux.
  • Kitâb ut-Tawhîd, le Livre de l’Unicité, écrit à Huraymalah, en Arabie.
  • Kashf ush-Shubuhât fit-Tawhîd, l’Élucidation des Équivoques Concernant le Tawhîd.

D'autres, moins célèbres, sont toutefois notables :

  • le résumé du Sahîh Al-Bukhârî (recueil de paroles prophétiques) ;
  • Kitâb ul-Kabâ’ir (le Livre des Péchés graves) ;
  • Arba'a Qawâ'id fit-Tawhîd (quatre règles concernant l’Unicité) ;
  • le résumé de Zâd ul-Ma'âd (d’Ibn ul-Qayyim) ;
  • Istinbât ul-Qur’ân (les déductions faites à partir du Coran) ;
  • Ahâdîth ul-Fitan (les traditions concernant les troubles) ;
  • Mukhtasar us-Sîrat in-Nabawîyya ;
  • Fadhâ’il ul-Islâm (les mérites de l’islam) ;
  • Usûl ul-‘Imân (les fondements de la foi) ;
  • Tafsîr ul-Qur’ân (le commentaire du Coran) ;
  • le résumé de al-Insâf ;
  • le résumé de al-Sharh ul-Kabîr ;
  • Massâ’il ul-Jâhilîyya (les questions concernant les pratiques de la période antéislamique) ;
  • Mufîd ul-Mustafîd ;
  • Adâb ul-Mashyi ilâ-s-Salât (la façon dont il convient de se rendre à la prière).

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Cheikh Mouhammad ibn AbdilWahhab : ses croyances, sa réforme et les témoignages des savants en sa faveur. Ahmad ibn Hajar abou Tamy, annoté par cheikh AbdoulAziz ibn Baz
  2. « Cheikh Mouhammad ibn, ‘AbdilWahhab Ses croyances, sa reforme et les témoignage des savants en sa faveurs. »
  3. « Cheikh Mouhammad ibn ‘AbdilWahhab, Ses croyances, sa reforme et les témoignage des savants en sa faveurs. »

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Essais[modifier | modifier le code]

  • Charles Saint-Prot, Islam : l'avenir de la tradition entre révolution et occidentalisation, Paris, Le Rocher, 2008, 620 p..
  • (en) George Rentz, The birth of the islamic Reform Movement, Londres, Arabian Publishing, 2007.
  • Hamadi Redissi, Le Pacte de Nadjd ou comment l'islam sectaire est devenu l'islam, Paris, Seuil, 2007.
  • M. Jarman, Les salafites de Muhammad Ibn 'Abd al-Wahhâb à Nâsir ad-Dîn Al-Albânî, éditions CIS Conseil Islamique de France, 2007, ISBN 9953-81-083-4
  • Jean-Michel Vernochet, Les Égarés, le wahhabisme est-il un contre Islam, Paris, Sigest, 2013 .
  • Louis Alexandre Olivier De Corancez, L'histoire des Wahabis et la naissance du Royaume Saoudien, éditions Al Bouraq, 2015, 283 p., ISBN 1022500007