Esclavage dans le monde arabo-musulman

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Négriers arabes et leurs captifs noirs au Sahara, XIXe siècle.

Les études historiques attestent que l'esclavage était pratiqué en Arabie pré-islamique, principalement pour des tâches domestiques et selon des conditions variées[1]. L'islam prend naissance dans un monde où l'esclavage est une pratique universellement utilisée.

Le statut accordé en Islam aux esclaves possède des différences notables avec celui observé chez les Grecs et les Romains[2], et Muhammad Hamidullah précise que l'asservissement des prisonniers de guerre n'est pas pratiqué par les premiers califes[3].

L'étude de l'esclavage dans le monde arabo-musulman est encore un sujet de recherche mal approfondi, particulièrement pour les époques reculées. Les textes font principalement connaître la situation des castes supérieures d'esclaves, au détriment des catégories serviles inférieures[4]. Selon Salah Trabelsi, « les récits historiques et littéraires classiques convergent pour établir la présence des esclaves à tous les échelons du monde arabe et à toutes les étapes de son histoire[1] » et selon cet auteur, les études actuelles ont tendance à donner une trop grande part au schéma classique d'un esclavage plus moral dans le monde arabo-musulman[4].

Le nombre d'individus asservis par la traite arabe est évalué à 17 millions de personnes du VIIe siècle à 1920 selon l'historien Olivier Pétré-Grenouilleau, soit en moyenne 6 000 personnes par an[5]. Ce chiffre est cependant considéré comme « hypothétique » par Catherine Coquery-Vidrovitch, historienne, spécialiste de l'Afrique[6]. Certains pays n'ont adopté une législation interdisant l'esclavage qu'au XXe siècle (Maroc, Irak, Arabie Saoudite, Mauritanie).

Historiographie de l'esclavage dans le monde arabo-musulman[modifier | modifier le code]

Cet esclavage, encore en partie tabou[7], a été peu étudié par les auteurs français. Bernard Lewis considérait en 1993 que « l'esclavage en terre d'islam reste un sujet à la fois obscur et hypersensible, dont la seule mention est souvent ressentie comme le signe d'intentions hostiles ». Les études quantitatives à propos des traites orientales ont commencé à la fin des années 1970, soit 10 ans après celles sur les traites occidentales[Note 1],[8]. En 2004, Pétré-Grenouilleau considérait qu'il n'y avait pas encore de synthèse générale sur le sujet [9]. Ce sujet, ayant fait l'objet de peu de travaux, est caractérisé par la rareté de ses sources[10]. Une autre raison de ce retard historiographique peut être le discours abolitionniste, à l'origine de recherches historiques, « qui fustigeaient la traite transatlantique et l'esclavage en vigueur dans les Amériques tout en restant discrets sur les pratiques du même type dans d'autres aires géographiques. »[11]

Cette polarisation autour des autres esclavages a créé des problèmes épistémologiques. Ainsi, « au lieu d'aborder le problème à partir de ce qu'il a été réellement, on s'est souvent contenté d'affirmer la spécificité des pays musulmans par rapport au reste du monde »[12]. La question de l'esclavage dans le monde musulman est confrontée à des idées reçues. Ainsi, une vision essentialiste cherche à opposer deux types d'esclavage. « Aussi, ne manque-t-on pas d'affirmer que, à l'opposé des mondes antique et atlantique, les pays d'islam ont ignoré la grande propriété domaniale et la violence de l'esclavage massif et anonyme »[13]. La caractéristique de cette approche est de nier le recours durable à un esclavage servile, dur et non-domestique[14]. Une religion musulmane égalitaire est un mythe "notamment brandi par les islamistes"[15]. Or, l'image de l'esclave domestique, dominant avec la représentation orientaliste de l'odalisque, est une "image d'Epinal[7],[Note 2]. Ce « schéma théorique idéal », d'un modèle harmonieux, limite le champ de l'investigation historiographique[16].

Cette idée reçue d'un esclavage oriental « doux » semble être une réaction aux « violentes attaques de certains abolitionnistes occidentaux du XIXe siècle contre un esclavage oriental synonyme à leurs yeux d'archaïsme et de perversité ». Elle ne repose pas sur une « analyse concrète des conditions de vie des esclaves ». « Despotisme oriental » et société musulmane totalement dépourvue de discrimination sont deux approches aussi illusoires[17]. « Mais établir une différence de nature, voire une hiérarchie morale, entre les esclavages américain, arabe et africain constitue une impasse pour la démarche historienne »[18].

Position de principe de l'islam sur la question de l'esclavage[modifier | modifier le code]

L’échelle dans l’obtention des marchés du Soudan : Ahmad Baba répond aux questions d’un Marocain sur l’esclavage, Tombouctou (Mali), 1615.

Dans le Coran[modifier | modifier le code]

Le Coran ne condamne pas le principe même de l'esclavage qu'il considère comme naturel. Il est une « institution qui s'inscrit sans hiatus dans l'ordre du monde et des réalités humaines tel que voulu et créé par Dieu ». Ainsi, l'inégalité entre les hommes provient d'une décision divine[19]. De plus, le Coran établit une hiérarchie complémentaire entre les esclaves croyants et les non croyants[19]. Selon l'Encyclopédie de l'Islam, « Le Coran considère comme conforme à l’ordre des choses établi par Dieu cette discrimination entre les humains »[20]. « Plusieurs versets entérinent au demeurant l'infériorité de l'esclave par rapport à son maître »[21]. Cette infériorité de l'esclave apparaît dans l'application de la loi du talion, le prix du sang n'étant pas le même que pour un homme libre[19].

Le Coran évoque à plusieurs reprises l'esclavage et en définit des règles. Ainsi, les esclaves musulmans sont libres de se marier, un maître a le droit de jouir d'une esclave sans la compter comme une épouse, et a la possibilité de les prostituer, même si le Coran recommande de ne pas les forcer à le faire[22],[23].

Néanmoins, le texte coranique participe à une diminution, dans la continuité du christianisme, de l'importance de l'institution servile[20]. Ces recommandations se retrouvent dans le Coran, comme dans la sunna[19]. Ainsi, l'émancipation d'esclave a une valeur expiatoire afin de "couvrir" des péchés. Les aumônes ont, entre autres, le but de payer cette émancipation[19]. Pour l'anthropologue Malek Chebel, le Coran évoque l'esclavage dans 25 versets sans le condamner formellement. « Le Coran n'étant pas contraignant, l'abolition relève de la seule initiative personnelle du maître. Cette ambiguïté est constitutive de l'approche coranique : encourager ceux qui font le bien, mais ne pas alourdir la peine de ceux qui ne font rien »[21].

Selon le chercheur musulman et apologète Muhammad Hamidullah, le Coran est un livre religieux établissant un plan d'État et privé d'affranchissement systématique et progressif des esclaves[24], tel que l'allocation d'une part du budget de l'État pour l'émancipation[25],[26],[27],[28]. À propos de l’esclavage selon Muhammad Hamidullah, l’historien Maxime Rodinson écrit : « L’esclavage était naturellement maintenu. Il est recommandé de bien traiter les esclaves et de favoriser leur affranchissement. C’est une naïveté de vouloir qu’on ait aboli au VIIe siècle une institution parce qu’elle nous choque actuellement. C’en est une autre d’y voir, avec Muhammad Hamidullah comme une maison de correction humanitaire et d’en exalter les vertus »[29]. En 1959, Muhammad Hamidullah défendait aussi que l'asservissement des prisonniers de guerre n'était pas pratiqué par les premiers califes[30]. En 2010, Trabelsi affirme "Les chroniques montrent clairement que, aussi bien sous les premiers califes qu’aux époques omeyyade et abbasside, on ne parvint guère à juguler la pénurie de main-d’œuvre. L’on ne s’étonnera pas de voir que l’un des mobiles de la guerre a été, au reste, la capture de nouveaux esclaves"[31].

Dans la vie de Mahomet[modifier | modifier le code]

L'esclavage était pratiqué en Arabie pré-islamique et Mahomet, lui-même, le pratiqua[19]. « À l’égard des esclaves, Mahomet maintient la servitude et le Coran s’avère favorable au principe de l’esclavage, qu’il se contente d’encadrer. Il interdit par exemple la servitude des musulmans, favorise l’affranchissement et donne aux hommes concernés un statut dans la société »[32].

Les commentateurs coraniques ont vu dans la sourate 59 une évocation de l'épisode du massacre de la tribu de Qaynuqa, et de la mise en esclavage des femmes et des enfants[33].

Dans le fiqh[modifier | modifier le code]

Cet esclavage, au cœur des sociétés musulmanes comme il l'a été des sociétés grecque et romaine, ne sera pas remis en cause par les grandes figures intellectuelles de l'islam; c'est le calife Omar (581-644) qui est à l'origine d'une législation qui interdit de mettre en servitude un musulman. [34]. Les principes coraniques ont été développés, en particulier sur la distinction entre esclave musulman et non musulman. Un enfant est présumé, bien que ce principe n'ait parfois pas été respecté, libre[19]. Certains principes coraniques ont été élargis par les courants réformistes en vue d'un meilleur traitement[35].

Le statut de l'esclave est mixte. En tant que fils d'Adam, il a des droits et des devoirs. Il reste une marchandise pouvant faire l'objet d'échanges commerciaux. De même, le témoignage d'un esclave n'a aucune valeur. En contrepartie, les peines coraniques sont divisées par deux, en cas de faute, que pour un musulman, sa vie ne valant que la moitié de celle d'un homme libre[19]. Tandis qu'une peine légale ne peut, pour un homme libre, étre appliquée que par un représentant de l'autorité, le maître décide, dans certains cas, de la peine et de son application[19].

Théoriquement, un musulman ne peut être réduit en esclavage. Néanmoins, un musulman né esclave reste esclave et la conversion n'impliquait pas un affranchissement automatique[19].

Une réalité complexe[modifier | modifier le code]

Carte de la traite arabe-musulmane en Afrique au Moyen Âge.

L'esclavage a eu une grande importance dans les sociétés musulmanes et tant dans les sphères fortunées que dans les classes moyennes. Étant de volonté divine, l'esclavage n'a pas fait l'objet de condamnation de principe[19] A la suite de Paul Bairoch, Pétré-Grenouilleau considère que « les plus grands marchands d’esclaves ne furent pas occidentaux »[36].

« Passons sur l’idée selon laquelle l’esclavage en terre d’islam aurait été relativement doux. S’expliquant par une réaction logique aux violentes attaques de certains abolitionnistes occidentaux du XIXe siècle contre un esclavage oriental synonyme à leurs yeux d’archaïsme et de perversité, cette idée d’un esclavage doux se fonde plus sur la réelle fréquence des manumissions que sur une analyse concrète des conditions de vie des esclaves, qui furent extrêmement variables »[37].

Les sources anciennes évoquent principalement les classes supérieures d'esclaves au détriment de la majorité servile[4]. Certains textes évoquant des révoltes d'esclaves permettent d'attester de leur tourment, leur pauvreté et leur faim. De même, certains textes de Tabari permettent de mettre en lumière l'usage important de la force servile dans les travaux des champs[4] et leur charge importante de travail. Ces esclaves manquaient de nourriture, d'hygiène, d'habitat ou d'habillement et vivaient dans une « extrême pauvreté ». Selon Tabari, un esclave peut être reconnu à sa nudité[1] : « Ces esclaves étaient à peine vêtus et portaient des lambeaux d’étoffe qui leur couvraient juste le bas ventre »[38]. Les textes traitant des travaux des mines attestent de violence de la part des intendants. Les esclaves pouvaient être maintenus par des chaînes en fer[1].

Square de la Régence, ancien marché aux esclaves d'Alger, 1832.

Un texte d'al-Mâlikî raconte l'histoire d'un esclave pauvre mort dans la solitude auquel un saint homme offrit la dignité d'une sépulture. Ce récit évoque l'abandon des esclaves âgés par leur maître et leur solitude consécutive[1].

Le califat d'Omar ibn al-Khattâb transformant l'Arabie tribale en État et voyant se développer une caste guerrière, est une période d'essor numérique de l'esclavage et de théorisation de celui-ci. Au cours des califats omeyyades et abbassides, les intellectuels religieux défendirent l'ordre social établi et mirent en avant la soumission à Dieu et aux maîtres[4]. Durant cette époque, l'essor des terres occasionne un besoin important en main-d'œuvre servile qui manque et qui sera cherchée par la guerre[4]. Une révolte célèbre d'esclaves est celle dite « révolte des Zanj ».

Particularités[modifier | modifier le code]

Provenance des esclaves[modifier | modifier le code]

Scène de marché aux esclaves, Yemen, Harîrî Schefer, XIIIe siècle.

Du respect de l'interdiction d'asservir un musulman découle la nécessité de s'approvisionner en esclaves aux marges du monde sous domination musulmane : chacun de ses pôles (Bagdad, Al-Andalus, Maghreb) va mettre en place ses filières d'approvisionnement. Néanmoins, l'existence d'esclaves musulmans et l'asservissement de musulmans sont bien attestés[39],[40].

Le califat de Bagdad et l'Égypte ont les besoins les plus élevés en esclaves, et la richesse nécessaire pour en acquérir massivement. Les guerres quasi continuelles contre l'Empire byzantin, puis contre les États d'Europe de l'Est et d'Europe centrale procurent pendant des siècles des captifs réduits en esclavage (les nobles ou commandants étaient détenus et libérables contre rançon, mais les simples soldats ou civils étaient vendus).

Chrétiens en esclavage, Alger, 1817.

D'autres circuits d'importation se développent, moins aléatoires que les expéditions militaires, donc plus lucratifs pour les intermédiaires. Des circuits de traite se créent avec leurs divers « gisements » :

  • Les slaves (« Esclavons ») apparaissent en Europe vers le VIIe siècle : encore adeptes des dieux slaves, ils sont combattus par les Francs, et, en tant que « païens », ils alimentent les marchés d'esclaves. À l'époque carolingienne, l'Europe occidentale a été pourvoyeuse d'esclaves exportés vers les pays musulmans : des Européens non chrétiens étaient vendus par d'autres Européens chrétiens aux marchands trafiquants d'esclaves[41]. Les commerçants génois et vénitiens assurent leur acheminement vers l'Espagne musulmane et le Moyen-Orient. Cette source se tarit vers le IXe siècle, avec la christianisation et l'apparition d'États slaves organisés et capables de se défendre. L'« Esclavonie » (nom qui a donné la Slavonie actuelle) était nommée en arabe le « pays des esclaves » (bilād aṣ-ṣaqāliba بلاد الصقالبة)[42]. Les Slaves sont acheminés depuis l'Europe centrale ou orientale vers Venise ou Marseille d'où ils sont ensuite transportés vers les pays musulmans[43]. Ainsi des eunuques sont signalés à Verdun, destinés à être exportés vers les ports de l'Adriatique[44]. L'approvisionnement en esclaves européens chrétiens débute avec la conquête musulmane de la péninsule Ibérique et les raids dans l'actuelle France[45], prend un grand essor lors de la conquête de l'Anatolie, puis de la Grèce et des Balkans par le sultanat ottoman, au sein duquel les chrétiens, en tant que « nation » soumise, devaient subir le kharadj (double-capitation), pouvant tomber en esclavage pour dettes, et la pédomazoma (παιδομάζωμα ou دوشيرمه : « récolte des enfants »[46], lesquels devenaient soit janissaires s'ils étaient aptes, soit esclaves) ; pour les chrétiens le seul moyen d'échapper à ces contraintes était la conversion à l'islam… que beaucoup choisirent, devenant ainsi Turcs, parfois par villages ou villes entières[47]. Lors des croisades également, les armées musulmanes, défendant leurs terres au Proche-Orient contre les croisés, faisaient des captifs, souvent réduits en esclavage, s'ils ne sont pas assez riches pour être rançonnés. Des esclaves blancs, ou mamelouks (arabe : mamlūk[48], « possédé »), formés de Circassiens du Caucase ou d'autochtones d'Asie centrale, sont vendus par les peuples turcs sur les grands marchés que sont Samarcande, Boukhara, Herat, Meched et les ports ottomans ou tatars de la mer Noire. L'Asie centrale est alors nommée par les Arabes le « pays des Turcs » (arabe : bilād al-atrāk[49]). Le calife de Bagdad possède 11 000 esclaves dans son palais au IXe siècle[50].
Razzia de guerriers circadiens, 1855.
  • Les esclaves noirs (désigné par le terme Zanj ou Zendj[51]) du Soudan du Sud ou collectés sur les côtes d'Afrique noire, organisant une première traite des noirs. Le Soudan est alors nommé en arabe le « pays des noirs » (bilād as-sūdūn[52]). L'islamisation de l'Afrique a été volontairement freinée afin de garder une zone de capture d'esclaves non musulmans[39].
  • Une autre source, moins abondante mais plus constante d'esclaves européens, est l'attaque des navires chrétiens en Méditerranée et les razzias dans les pays européens par les corsaires barbaresques et les Turcs, qui durent jusqu'au début du XIXe siècle. Ces esclaves sont principalement espagnols, catalans, occitans, provençaux, italiens, croates, serbes, albanais ou grecs (des îles entières sont parfois vidées de leurs habitants ; dans les plus grandes, comme la Corse ou la Crète, les côtes se dépeuplent au profit de la montagne où les insulaires se réfugient).

Rôle de l'esclave dans le monde musulman[modifier | modifier le code]

Des esclaves sous le califat accèdent parfois à des postes socialement « importants » : en plus des travaux domestiques, artisanaux ou agricoles (dans les plantations de canne à sucre par exemple[53]), les esclaves pouvaient devenir favoris, conseillers, chambellans, mais surtout des soldats d'élite. Les historiens estiment qu'au moins 500 000 enfants chrétiens dans les Balkans, 1 sur 5 dans les villages chrétiens, le devchirmé à devenir des janissaires.

Jeune captive grecque, J. F. Lewis, 1838.
L'esclave chrétien devenu janissaire ottoman, Yeni Çeri Taner Alakuş eseri.

L'autre différence est l'esclavage à destination des harems avec émasculation de l'homme non musulman : la femme esclave est souvent asservie sexuellement par son maître, les femmes vendues aux harems sont aussi des esclaves de plaisir (danse, chants, sexe). De jeunes garçons étaient aussi placés dans les harems et pouvaient également servir au « plaisir ».

Selon la charia, en dehors du mariage, les seules relations sexuelles permises doivent être entre le maître et son esclave femme ou jeune fille pubère[54].

  • Les mamelouks pour les arabes et les janissaires pour les ottomans sont les soldats les plus appréciés : mis en esclavage jeunes, environ 6 ans, ils sont formés et encasernés, autant pour créer un esprit de corps militaire que pour les isoler de la population. Leur nom qui veut simplement dire « propriété » pour le mamelouk. Les mamelouks arrivent même au pouvoir suprême en Égypte pendant certaines périodes.
  • La garde personnelle du calife al-Mutasim (833-842) compte de nombreux esclaves soldats (entre 4 000 et 70 000 selon les sources).
  • Le calife Jafar al-Mutawakkil (846-861) met des esclaves turcs à tous les postes de son gouvernement, mais finit assassiné par sa garde mamelouk. Trois de ses quatre successeurs subissent la même fin.
  • Ahmad Ibn Touloun, turc envoyé au Caire en 868, se constitue une armée de Grecs, de Soudanais et de Turcs, et se rend indépendant en Égypte (dynastie des Toulounides).
  • À l'autre extrémité du monde sous domination musulmane, les Esclavons armés prennent une part active aux luttes qui divisent l'Espagne en taïfas, et se créent même un royaume à Valence.

Enfin, le califat de Bagdad connaît entre 869 et 883 sa grande révolte d'esclaves noirs, la révolte des Zanj dans les plantations du sud de l'Irak[55]. À la différence de la révolte de Spartacus contre Rome, cette révolte d'esclaves a un fondement idéologique, car elle est animée par un mouvement qui prône violemment un islam égalitaire, le kharidjisme. Les soldats noirs envoyés contre eux désertent et rallient la révolte ; les mamelouks régnants mettent des années pour en venir à bout.

La question de la castration[modifier | modifier le code]

Planche médicale par Charaf-ed-Din (صهَرَف َد ضِن الِ يَزدِ) , montrant une opération de castration totale effectuée par un musulman à l'époque timouride, 1456.

Dans l'empire arabo-musulman, les hommes réduits en esclavage pour garder les harems sont châtrés pour devenir les fameux « eunuques ». Il existe différents niveaux de castration, la plus radicale réservée à des sujets jeunes auxquels on procède à l'ablation des testicules et du pénis le plus près possible du ventre. Cette pratique radicale est réservée aux eunuques du monde arabo-musulman, s'occupant de la garde des harems[56], le taux de mortalité de ces opérations étant très élevé[57].

Historiquement, les esclaves eunuques existaient depuis l'antiquité : « eunuque (du grec, eunoukhos, « qui garde le lit »), homme châtré, qui était chargé — particulièrement en Orient — de la surveillance des femmes, ou qui occupait des fonctions politiques ou religieuses. Depuis l'Antiquité, en Extrême-Orient et au Proche-Orient, les eunuques étaient chargés de garder les femmes dans les harems, ou leur servaient de chambellans. (…) La castration étant interdite en islam, les eunuques étaient importés des territoires non musulmans, comme l'Éthiopie et le Tchad sous le règne ottoman de 1299 à 1922. Ils avaient notamment la garde du harem impérial »[58].

« Kuslir Aga ou chef des Eunuques noirs des femmes » par Paul Rycaut, 1670.

Les eunuques sont très prisés des musulmans, or la castration est interdite en islam, l'opération d'émasculation des eunuques est ainsi déléguée en théorie aux non musulmans, d'abord dans des centres spécialisés dans la castration depuis l'Antiquité en Europe, comme à Verdun ou à Prague (du VIIe au Xe siècle), ainsi qu'au Caire par les chrétiens coptes (jusqu'à l'invasion ottomane). Les musulmans peuvent se fournir d'eunuques châtrés auprès des marchands chrétiens ou juifs sur le chemin entre les rapts et l'arrivée en terre d'islam[59],[60]. Sur le territoire de l'empire Ottoman, les eunuques proviennent principalement du Tchad et d'Éthiopie, et l'opération d'émasculation est réalisée sur le chemin par des marchands juifs et chrétiens à prix d'or[59].

La thèse de Tidiane N'Diaye et l'approche anthropologique[modifier | modifier le code]

Esclavage des chrétiens aux Barbaresques, 1859.

L'anthropologue, économiste et essayiste Tidiane N'Diaye soutient qu'une des grandes particularités de l'esclavage arabo-islamique est la castration généralisée des esclaves mâles[61],[62]. « Car dès les débuts de cette traite, les négriers veulent empêcher qu'ils ne fassent souche. Comme cela n'a rien de métaphysique, la castration apparaît comme une solution bien pratique

 [réf. à confirmer]. Ainsi, dans cette entreprise d'avilissement d'êtres humains, si les Arabes destinent la plupart des femmes noires aux harems, ils mutilent les hommes, par des procédés très rudimentaires et qui causent une effroyable mortalité. Les chiffres de cette traite sont tout simplement effrayants »[63]. Selon le chercheur franco-sénégalais, cette absence de descendants d'esclaves participe sûrement à l'absence de débat sur la reconnaissance de l'esclavagisme arabo-musulman, ainsi que les traces endémiques d'esclavage dans ces sociétés[64].

« Comparé à la traite des Noirs organisée par les Européens, le trafic d'esclaves du monde musulman a démarré plus tôt, a duré plus longtemps et, ce qui est plus important, a touché un plus grand nombre d'esclaves », écrit en résumé l'économiste Paul Bairoch[65]. Tidiane N'Diaye soutient qu'il ne reste plus guère de trace des esclaves noirs en terre d'islam en raison de la généralisation de la castration, des mauvais traitements et d'une très forte mortalité, alors que leurs descendants sont au nombre d'environ 70 millions sur le continent américain[62][source insuffisante].

La présence d'esclaves en provenance des régions sahéliennes a laissé des traces dans la génétique des populations nord africaines. Selon le Groupement des anthropologistes de langue Française (GALF), l'étude génétique des populations nord africaines, sur base de séquences cibles de l'ADN mitochondrial[66], montre que les populations berbères du Nord africain présentent un métissage avec d'une part les populations européennes et d'autre part avec les populations moyen-orientales et sub-sahariennes témoignant de mélanges des peuples dans tout le nord africain. L'étude montre que les populations berbères modernes ont hérité de gènes d'ancêtres esclaves transsahariens, « Des contacts entre le nord de l’Afrique et de grands empires subsahariens (tels ceux du Ghana, du Mali, ou encore l’empire songhaï) sont également rapportés par l’histoire, lors de commerces transsahariens d’or, de sel et d’esclaves »[67],[68].

L'approche du sociologue Cahit Güngör[modifier | modifier le code]

Selon le docteur en sociologie, Cahit Güngör, l'absence de traces endémiques d'esclaves en terre d'islam doit beaucoup au fait de l'application du commandement coranique par les États musulmans, consistant à utiliser l'argent de l'impôt à l'État pour émanciper progressivement les esclaves, les esclaves mukataba et les esclaves musulmans en priorité, ainsi qu'aux autres moyens d'affranchissements permettant aux esclaves libérés de retourner dans leurs régions natives plus dans le sud (de même que les fugitifs)[69],[28],[70],[71]. Les descendants des esclaves noirs se sont également en bonne partie mélangés par métissage dans la population. Les mariages esclave-libre étant tolérés dans les deux sens en islam[72]. Il y a de même le mélange de la descendance métissée des esclaves noires comme blanches des harems directement émancipées dès qu'elles sont enceintes de leurs maîtres et enfantent de ceux-ci dans les populations autochtones, les fameuses umm walad[73].

Tabari et la question de la castration[modifier | modifier le code]

Tabari rapporte que, déjà du temps de Mahomet, Muqawqis aurait envoyé à celui-ci deux femmes esclaves et un eunuque nommé Mâbûr[74],[75]. Mahomet avait pour compagnon un ancien esclave originaire d'Éthiopie s'appelant Bilal, dont il fera le premier muezzin de l'islam, et qu'il fait racheter pour l'affranchir. Bilal fut acheté aux polythéistes mecquois puis libéré par Abu bakr[76]. Mahomet interdit la castration des esclaves, en disant qu'il fallait castrer celui qui castrerait son esclave[77].

L'esclavage sexuel et harems[modifier | modifier le code]

Le Harem - Introduction d'une esclave abyssinienne, J.F. Lewis, v. 1860.

Si l'esclavage sexuel n'est pas propre à l'islam, il est contraire aux normes morales en Europe[78]. Les femmes esclaves y sont d'abord une force de travail et non un objet de divertissement[79],[80]. À l'inverse, en islam, il est permis d'avoir des rapports sexuels avec une esclave sans que cela ne soit considéré comme un péché[81]. Selon le Coran, « Bienheureux sont certes les croyants, […] qui préservent leurs sexes [de tout rapport], si ce n’est qu’avec leurs épouses ou les esclaves qu’ils possèdent, car là vraiment, on ne peut les blâmer ; alors que ceux qui cherchent au-delà de ces limites sont des transgresseurs »[82].

Seul le monde arabe a rempli spécifiquement les fameux harems de femmes-esclaves déportées exclusivement dans un but érotique et sexuel. Les jâriyat des harems ont en pratique un statut comparable à des épouses libres, celles des harems impériaux deviennent même très influentes sur le pouvoir ottoman, elles ont une influence connue sur les décisions hautement politiques[83].

Une législation a été prévue pour la reconnaissance des enfants nés de ces relations maître-esclave[84], car lorsque les concubines des harems mettaient un enfant au monde, elles étaient émancipées car l'islam venant par l'homme, l'enfant était musulman et la concubine le devenait de fait[85]. Pour cette raison, le prix d'une femme-esclave est bien plus élevé que celui d'un homme.

Ibn Habib al Baghdâdî (H.113-H.182), explique la vente des femmes esclaves lors la célèbre foire de Dûmat al-Jandal avant l'islam, il cite notamment « Quant à la tribu de Kalb, elle y apportait beaucoup d'esclaves femelles, qui étaient présentées sous des tentes de laine ; la tribu les contraignant à la prostitution… »[86], Tabari explique[87] que la prostitution des femmes esclaves par leurs maîtres a été interdite. Cependant les maîtres continuent à entretenir une relation sexuelle avec celles-ci, si elles ne sont pas mariées.

La question de l'esclavage sexuel a été remis en avant par l'État Islamique qui défend, par les textes sacrés et la religion, la légalité de posséder des esclaves à but sexuel[88].

Par région[modifier | modifier le code]

Proche et Moyen-Orient[modifier | modifier le code]

Le califat abbasside de Bagdad (750-1258) a importé des dizaines de milliers d'esclaves originaires d'Asie centrale et d'Afrique orientale[89]. Ils étaient employés aux travaux agricoles et d'irrigation.

Khanat de Crimée[modifier | modifier le code]

Les marchands d'esclaves du Khanat de Crimée (1430-1783) vendaient des esclaves razziés parmi les populations slaves et caucasiennes[89]. Pour se protéger des raids tatars (les Tatars descendent des Mongols et pratiquent l'islam sunnite), les Russes avaient édifié des fortifications le long de la frontière au XVIIe siècle.

Al-Andalus (Espagne)[modifier | modifier le code]

Avec les conquêtes musulmanes (al-Andalus), la traite concerne l'Espagne et les côtes du bassin méditerranéen. Répondant aux tentatives de reconquête des chrétiens du nord de la péninsule ibérique, les califes de Cordoue lancent des expéditions de représailles, source de prisonniers : en 985, les musulmans pillent Barcelone et en 997 Saint-Jacques-de-Compostelle.

En 1185, une attaque musulmane sur Lisbonne fait de nombreux captifs. La piraterie des barbaresques menace le littoral et occasionne des captures d'esclaves : c'est le cas au sac de Rome en 846, de Gênes en 933 et de Tarragone en 1185. En Europe orientale, les raids musulmans contre l'empire byzantin sont encore une source d'approvisionnement en esclaves, source utilisée aussi par les marchands italiens depuis la fin du XIIe siècle et qui ne tarit qu'après la conquête ottomane dans la deuxième moitié du XVe siècle.

Les esclaves européens du monde musulman viennent aussi des marchés de Verdun ou de Kiev pendant le Haut Moyen Âge. Les marchands musulmans ou juifs (les Radhanites) viennent y acheter de la main d'œuvre servile. Un recensement fait état de 10 000 esclaves européens amenés à Cordoue entre 912 et 961[réf. nécessaire]. La traite dure longtemps car les maîtres musulmans ont sans cesse besoin de renouveler leurs esclaves : ces derniers n'ont pas d'enfants (mariage interdit et eunuques)[réf. nécessaire].

Une autre source d'esclaves pour al-Andalus est la côte septentrionale de l'Afrique, d'où des noirs capturés au cours de raids sont emmenés en Espagne (musulmane comme chrétienne) par des marchands musulmans et catalans[réf. nécessaire].

Régence d'Alger (Algérie)[modifier | modifier le code]

Rachat de captifs chrétiens à Alger par des Mercédaires (vers 1670). « Les Religieux de la Mercy de France, qui font, un 1. Vœu de Rachepter les Captifs, et en cas de besoin de demeurer en leur place, ayant l'an 1662, rachepté en Alger environ 400 (?) Esclaves et la(?) 1666 fait une rédemption à Tunis et en l'année 1667 une autre en Alger(?) »

La régence de Tunis comme la régence d'Alger pratiquent l'esclavage des blancs[90].

Au début du XXe siècle, l'esclavage est progressivement interdit au sein de l'Algérie française (voir Charles de Foucauld)

L’Algérie reste le pays d’Afrique du Nord qui a accueilli le plus petit nombre d’esclaves noirs, si l’on se réfère aux estimations de la traite transsaharienne : 65 000 entrées en Algérie de 1700 à 1880 contre 100 000 en Tunisie, 400 000 en Libye, 515 000 au Maroc et 800 000 en Égypte. Les autorités françaises impériales et républicaines ont plus que toléré la continuité de la traite arabe après 1848[91].

Manière dont les prisonniers chrétiens sont vendus comme esclaves au marché d'Alger. Gravure hollandaise de 1684.

Tunisie[modifier | modifier le code]

La Tunisie accueille des esclaves originaires d'Europe et d'une large zone allant de l'Afrique de l'Ouest au lac Tchad. Les caravanes du Fezzan et de Ghadamès séjournent en Tunisie et leur l'apport au XVIIIe siècle consiste uniquement en poudre d'or et en esclaves. Ces derniers, au début du siècle suivant, arrivent à un rythme annuel oscillant entre 500 et 1 200 dont une partie est réexpédiée vers les ports du Levant.

L'esclavage en Tunisie est aboli le 23 janvier 1846 par Ahmed Ier Bey mais peu suivie d'effets, il est à nouveau aboli en 1890 par la France après l'instauration du protectorat français de Tunisie mais l'esclavage a persisté jusqu'au début du XXe siècle.

Ancien marché aux esclaves à la Médina de Tunis, v. 1900.

Égypte[modifier | modifier le code]

Le Chagrin et l'espoir du Soudan égyptien, Charles R. Watson, 1913.

L'Égypte islamique a largement fait usage des esclaves soldats, les mamelouks, capturés ou achetés parmi les chrétiens et les tribus païennes, puis instruits au métier des armes et affranchis. En 1260, leur chef Baybars prit le pouvoir. Les mamelouks le conservèrent jusqu'à la conquête par les Turcs en 1516-1520.

Il faut remarquer que même lorsqu'ils furent les maîtres de l'Égypte, les mamelouks conservèrent leur mode de recrutement, à partir d'esclaves.

Marché aux esclaves du Caire, 1845-49.

Maroc[modifier | modifier le code]

Article soutenant que face à la misère du pays, les esclaves au Maroc sont plus heureux que les hommes libres, 1903.

Marrakech a été le plus important marché d’esclaves au Maroc: à la fin du XIXe siècle, on y vendait entre 7 000 et 8 000 esclaves par an[92]. La plupart des esclaves venaient de la bande sub-sahelienne. Le dernier marché aux esclaves du Maghreb est fermé au Maroc sous protectorat français en 1920. L’esclavage a été légalement aboli deux ans plus tard[93].

Empire ottoman[modifier | modifier le code]

Lettre de l'archevêque Ohrid Gavril à l'archiduc Ferdinand de Habsbourg, demandant assistance et la permition de voyager à Rome pour voir le pape Sixte V, afin de former une alliance pour la libération des chrétiens de l'esclavage turc, et sceau de l'Archevêché d'Ohrid, 8 octobre 1587.

L'esclavage et la traite continuent avec les attaques des Turcs ottomans : par les pirates musulmans au XIVe siècle, dans les Balkans au XVe siècle et lors des expéditions navales turques en Espagne et en Italie, au siècle suivant. Les esclaves venaient des régions slaves et d'Afrique. À Istanbul, les esclaves ont pu représenter jusqu'à un cinquième de la population totale[89]. Les esclaves étaient employés dans l'armée (les janissaires), la marine, les harems. Certains étaient domestiques ou artisans. À la suite des Tanzimat, une série de réformes allant de 1839 à 1876, le nombre d'esclaves baissa progressivement[89].

Les Ottomans ont créé à partir du XVe siècle des unités d'élites avec des esclaves chrétiens, les janissaires, de « Yeni Çeri », « nouvelle milice » en turc. Ces esclaves étaient encasernés très jeunes, entraînés et convertis à l'Islam. Ils formaient ainsi une communauté extrêmement soudée, armée redoutée qui comme les mamelouks se mit à intervenir dans la vie politique d'Istanbul. Néanmoins, cette pratique d'esclavage contribuait au dynamisme et à la propagation de l'islam.

Enfin, la pratique des eunuques, héritée de Byzance se poursuit à la cour du sultan, ainsi que la capture de femmes pour la domesticité et les harems. En effet, la castration étant strictement interdite en islam, des eunuques étaient importés d'Europe et de régions non islamisées en Afrique[58].

Inde[modifier | modifier le code]

L'Inde connaît au XIIIe siècle une dynastie des esclaves fondée par Qûtb ud-Dîn Aibak en 1206 et qui garde le pouvoir sur la vallée du Gange jusqu'en 1290. Les sultans musulmans du Deccan opèrent de nombreuses razzias d'esclaves en Inde.

Afrique de l'Ouest[modifier | modifier le code]

Wathīqah Tijārīyah, contrat commercial entre marchands d'esclaves de Tombouctou (Mali) et Ghadamès, ancien oasis à l'ouest de la Libye, apr. 1500.

Avec l'avancée de l'islam, l'esclavage se développe. Dès le VIIe siècle, sans parler de conquêtes, les premiers raids arabes dans le Sahara approvisionnent les marchés aux esclaves. Au XIe siècle, le trafic caravanier augmente et les chefs de tribus africaines se convertissent. En 1077, Abu Bakr Ibn Omar lance une expédition sanguinaire au Ghana. Mais les Berbères Almoravides du Maroc n'arrivent pas à s'installer durablement. En 1222, Sundjata Keïta abolit l'esclavage en créant l'Empire du Mali (Charte du Manden).

Au XVIe siècle, les expéditions menées par les gouverneurs d'Alger se multiplient dans le Sahara central. L'effondrement de l'empire songhaï entraîne une chasse aux esclaves dans les pays du Niger.

Jusqu'au XIXe siècle, les corsaires nord-africains capturent des esclaves sur les côtes des pays européens et les navires européens. Entre 1530 et 1780, au moins 1 200 000 Européens furent emmenés en esclavage en Afrique du Nord (seul le nombre d'hommes est à peu près quantifiable, tandis que le nombre de femmes victimes de cette traite est très difficile à quantifier et généralement largement sous-estimé). Cette pratique était liée au rançonnage. Miguel de Cervantes passa ainsi sept ans dans les geôles algéroises dans d'effroyables conditions qu'il décrit dans son livre. Après une expédition anglo-néerlandaise en 1816, ce n'est qu'en 1830, avec l'arrivée des troupes françaises en Algérie, que cette pratique fut arrêtée.

Afrique de l'Est[modifier | modifier le code]

Les géographes divisaient la côte orientale de l'Afrique en plusieurs régions en fonction de leurs habitants.

Exécution lors d'une traite arabe, Tanzanie, 1866.
  • L'Ethiopie (ainsi que l'Érythrée) (al-Habash ou Abyssinie[94]) était habitée par les Habash ou Abyssins qui sont les ancêtres des Habeshas actuels (amharas, tigrés…)[95].
  • La Somalie était habitée par les Berbères qui sont les ancêtres des Somalis actuels. Les géographes arabes, grecs et barbares désignaient cette région côtière nord-est de la Somalie Barbara, ou Bilad al-Barbar (Pays des Berbères), pays des Baribah de l'Est ou Barbaroi[96],[97],[98]. Les régions situées au sud de la Corne de l'Afrique était habité par des peuples Bantous « Zanj »[96], mot qui vient du persan زنگبار, Zanji-bar signifiant depuis l'Antiquité la « Côte des Noirs »[96],[99],[100]. Ce terme va par extension, désigner les personnes emmenés en esclavage. La révolte des Zanj fut le premier grand soulèvement d'esclaves noirs contre le pouvoir des Abbassides entre 869 et 883 dans la région de Bassorah (actuel Irak). Le vizir Al-Mouaffak eut beaucoup de mal à la réprimer.
Femme Shiluk esclave (Soudan) par Élisée Reclus, juin 1891[101].

Au Moyen Âge, les esclaves bantous étaient capturés par les marchands musulmans le long de la côte de l'Est de l'Afrique. La révolte des Zanj fut le premier grand soulèvement d'esclaves noirs contre le pouvoir des Abbassides entre 869 et 883 dans la région de Bassorah (actuel Irak). Le vizir Al-Mouaffak eut beaucoup de mal à la réprimer.

En Corne de l'Afrique, les Aksoumites possédaient des esclaves. En 324, le roi Ezana est converti par Frumentius esclave chrétiens d’origine syrienne qui, dans une certaine mesure, participa à la conversion de l'empire éthiopien. Il est appelé Abba Salama (le « Père de la paix ») dans la tradition éthiopienne. Au IIIe siècle, Aksoum est assez puissant pour prendre le contrôle de la région de la Tihama, en Arabie du Sud. En 640, Omar ibn al-Khattab envoya une expédition navale contre Adulis, mais il fut battu[102]. En 702, des pirates aksoumites ont réussi à envahir Hedjaz (ouest de la péninsule arabique) et occuper Jeddah.

Routes historiques de la traite éthiopienne.

Les Abyssins exportaient des esclaves Nilotiques issues des régions frontalières de l'Ethiopie, ainsi que des provinces conquises[103]. Les sultanats Somalis et Afars tels que le sultanat d'Adal exportaient également des Nilotiques capturés dans l'arrière-pays, ainsi que parmi les ennemis vaincus. Des inscriptions javanaises et des textes arabes montrent qu'aux IXe et Xe siècles Java entretenait des échanges commerciaux avec la côte est de l'Afrique. Une inscription datée de l'an 860, trouvée dans l'est de Java (actuelle Indonésie), mentionne, dans une liste de serviteurs, des Jenggi ; une inscription javanaise plus tardive parle d'esclaves noirs offerts par un roi javanais à la cour impériale de Chine.

Les Somalis — surnommés Barbar, Baribah de l'Est ou Barbaroi [96],[97],[98] — étaient des acteurs important de cette traite[104]. Le sultanat d'Adal, était un sultanat Somali qui exportait les esclaves Bantous d'Afrique de l'Est, son histoire est marquée par une guerre territoriale menée par l'imam Ahmed Gragne, qui s'alliera aux Ottomans contre les États chrétiens d'Éthiopie en particulier pour le contrôle des routes de traite. Le négus d'Éthiopie appelle les chrétiens d'Occident à l'aide. Les Portugais voulant contrôler la route des Indes orientales attaquent les comptoirs somaliens : en 1517, ils incendient le comptoir de Zeilah. Vers 1542-1543 Christophe de Gama mène une expédition en Abyssinie pour repousser l'armée de Gragne, Gama sera capturé après la bataille de Wofla et décapité.

Chronologie de l'abolition de l'esclavage dans le monde arabo-musulman[modifier | modifier le code]

L'abolition de l'esclavage a souvent procédé par étapes, notamment en Turquie où les marchés aux esclaves sont fermés en 1847, l'achat et la vente des Blancs sont interdits en 1854, puis ceux des Noirs en 1857, pour parvenir à une abolition officielle de l'esclavage en 1876[105].

Le monde arabo-musulman n'a pas connu de mouvement abolitionniste et l'abolition a été l'œuvre des pressions diplomatiques ou des protectorats occidentaux. Par exemple, au Maroc, encouragée par les Anglais, elle fut freinée par le pouvoir en place qui jugeait l'esclavage conforme à la charia. À l'inverse, en Arabie Saoudite, l'abolition est avant tout une conséquence des évolutions économiques[35].

Abolition de l'esclavage en Tunisie, 1846.
  • 1846 : abolition de l'esclavage en Tunisie,
  • 1890 : abolition de l'esclavage en Tunisie par la France
  • 1848 : abolition de l'esclavage en Algérie française,
  • 1876 : abolition de l'esclavage en Turquie,
  • 1897 : l'administration coloniale britannique établit un protectorat sur le sultanat de Zanzibar dont l'économie était totalement fondée sur le trafic d'esclaves africains et y abolit l'esclavage,
  • 1922 : abolition par la France de l'esclavage au Maroc,
  • 1923 : abolition de l'esclavage en Afghanistan,
  • 1924 : abolition de l'esclavage en Irak,
  • 1929 : abolition de l'esclavage en Transjordanie,
  • 1929 : abolition de l'esclavage en Iran,
  • 1937 : abolition de l'esclavage à Bahreïn,
  • 1949 : abolition de l'esclavage au Koweït,
  • 1952 : abolition de l'esclavage au Qatar,
  • 1968 : abolition de l'esclavage en Arabie saoudite,
  • 1970 : abolition de l'esclavage à Oman.
  • 1980 : la Mauritanie est le dernier pays à abolir l'esclavage. Cependant, il restait au moins 100 000 esclaves dans ce pays en 2002[106],[107].

En raison d'un « conservatisme social », l'esclavage a perduré dans certains de ces pays sous des formes nouvelles. De plus, certains courants de l'islam, salafisme ou wahhabismes par exemple, défendent que l'abolition de l'esclavage est une innovation contraire aux lois islamiques et aux textes coraniques[88] Selon Malek Chebel dans son livre L'Esclavage en terre d'islam[21], il existait en 2007 encore 3 millions d'esclaves dans le monde musulman. Encore de nos jours, en Arabie saoudite notamment, le traitement des domestiques, pouvant provenir du Kenya ou de Mauritanie, avec confiscation de passeports et interdictions de déplacement, peut être considéré comme de l'esclavage moderne[108],[109].

Depuis 1983, l'esclavage au Soudan dans un contexte de guerre civile perdure avec la tentative d'imposition de la charia aux populations chrétiennes et animistes du Soudan du Sud[39].

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Ce tabou concerne aussi l'asservissement de chrétiens :https://www.cairn.info/journal-annales-2008-4-page-829.htm
  2. Si l'esclavage domestique est, en effet, répandu, il n'est pas possible "actuellement [d']avancer aucune statistique sur son importance relative."

Références[modifier | modifier le code]

  1. a b c d et e Salah Trabelsi, « Mémoire et esclavage : les enjeux de l'historiographie », Revue internationale des sciences sociales, vol. 2, no 188,‎ , p. 251-257 (DOI 10.3917/riss.188.0251, www.cairn.info/revue-internationale-des-sciences-sociales-2006-2-page-251.htm) Inscription nécessaire.
  2. Interdiction de battre un esclave, acte qui implique son affranchissement, impératifs concernant la nourriture et les vêtements, interdiction d'asservir un homme libre, application de la loi du talion envers le propriétaire d'un esclave si celui-ci le met à mort etc. c.f. (tr)T.C. "Ankara Üniversitesi, Sosyal Bilimler Enstitüsü, Temel islami Bilimler (Tefsir) Anabilim dalı. Çağdas Tefsirde "Kölelik" yorumu. Yüksek Lisans Tezi. Cahit GÜNGÖR. Ankara-2005." 259 pages. p. 3 Thèse numéro : 5070/159784
  3. Pr Hamidullah, Le Prophète de l'islam, Sa vie, Son œuvre, 2 tomes, Éditions Association des étudiants islamiques en France (ASIN 2711681017).
  4. a b c d e et f Salah Trabelsi, « L’esclavage dans l’Orient musulman aux Ier / VIIe siècles et IVe / Xe siècles : quelques brèves mises au point », Esclavages,‎ , p. 77–92 (DOI 10.3917/kart.cotti.2010.01.0077, lire en ligne) Inscription nécessaire.
  5. Yves Lacoste, « Hérodote a lu : Les Traites négrières, essai d’histoire globale », Hérodote, no 117,‎ , p. 196-205 (DOI 10.3917/her.117.0193, lire en ligne). Références du livre analysé par Yves Lacoste : Olivier Pétré-Grenouilleau, Les Traites négrières, essai d’histoire globale, Paris, Gallimard, (ISBN 9782070734993).
  6. Catherine Coquery-Vidrovitch, Enjeux politiques de l'histoire coloniale, Agone, , 187 p., p. 123.
  7. a et b Jean-Michel Deveau, « Esclaves noirs en Méditerranée », Cahiers de la Méditerranée, no 65,‎ , p. 205–218 (ISSN 0395-9317, lire en ligne, consulté le 2 juillet 2020)
  8. « La traite oubliée des négriers musulmans », sur Lhistoire.fr (consulté le 2 juillet 2020).
  9. O. Pétré-Grenouilleau , « LA TRAITE DANS L'HISTOIRE DU MONDE MUSULMAN », Les traites négrières, 2004.
  10. https://www.cairn.info/revue-internationale-des-sciences-sociales-2006-2-page-251.htm
  11. https://www.cairn.info/revue-critique-internationale-2005-3-page-201.htm
  12. Cette approche est basée sur un présupposé « peu crédible ». « Régie par un discours juridico-moral, elle confère au modèle esclavagiste des traits exclusifs que les espaces maghrébins et proche-orientaux n'auraient pas connus »
  13. « Ce parti pris d'un régime bienveillant » met en avant les « droits » et les protections qui seraient assurées contre la violence du maître.
  14. Trabelsi, Salah, « Travail et esclavage », Rives méditerranéennes, TELEMME (UMR 6570), no 53,‎ , p. 21–39 (ISBN 979-10-320-0093-9, ISSN 2103-4001, lire en ligne, consulté le 2 juillet 2020).
  15. https://www.cairn.info/journal-annales-2008-4-page-829.htm
  16. https://www.cairn.info/revue-internationale-des-sciences-sociales-2006-2-page-251.htm
  17. Olivier Pétré-Grenouilleau, "Le rôle des captifs noirs dans le monde musulman", Les traites négrières , Paris, Gallimard, 2004
  18. https://www.cairn.info/revue-critique-internationale-2005-3-page-201.htm
  19. a b c d e f g h i j et k E.C, "Esclave, esclavage", Dictionnaire du Coran, 2007, Paris, p. 270 et suiv
  20. a et b Brunschvig, R., “ʿAbd”, in: Encyclopédie de l’Islam.
  21. a b et c Malek Chebel, L'Esclavage en terre d'islam : Un tabou bien gardé, Paris, Fayard, 2007 (ISBN 978-2-213-63058-8).
  22. Claudine Rulleau, « Coran et sexualité. Extraits du texte coranique choisis », Confluences Méditerranée, vol. 2, no 41,‎ , p. 23-25 (lire en ligne)
  23. Malek Chebel, Dictionnaire encyclopédique du Coran, Paris, Fayard, (1re éd. 2009), 542 p. (ISBN 978-2-253-15623-9), p. 156
  24. Prof. Dr Muhammed Hamidullah, Kur’an-ı Kerim Tarihi, Beyan Yayınları, İstanbul, 2000 p. 33.
  25. En séparant une part du budget de l'État pour l'affranchissement des jougs, le Coran systématise l'émancipation des esclaves musulmans d'abord mais également non musulmans Jâmi'ul Ahkâm'il Qur'ân, Qurtubî, mais l'esclavage n'est pas directement interdit. Selon Hamidullah, les successeurs de Mahomet n'asservissent plus les prisonniers de guerre comme le veut la tradition arabe païenne. Pratique de nouveau appliquée plusieurs siècles après les successeurs directs de Mahomet, Cervantès, par exemple, fut bel et bien placé dans la situation de choisir entre le paiement d'une rançon par sa famille ou l'esclavage
  26. "Les Sadaqats ne sont destinés que pour les pauvres, les indigents, ceux qui y travaillent, ceux dont les cœurs sont à gagner à l'islam, l'affranchissement des jougs, ceux qui sont lourdement endettés, dans le sentier de Dieu, et pour le voyageur en détresse. C'est un décret de Dieu ! Et Dieu est Omniscient et Sage." (Cor. IX, Le repentir : 60)
  27. (ar) Jâmi'ul Ahkâm'il Qur'ân, Qurtubî ;(Cor. IX, Le repentir : 60)
  28. a et b ibn Sa'd (m.230) Tabaqat, Leyde, 1904-1912 ; V :260-272
  29. Maxime Rodinson, Mahomet, op. cit., p.267.
  30. Pr Hamidullah, Le Prophète de l'islam, Sa vie, Son œuvre, 2 tomes, Éditions Association des étudiants islamiques en France (ASIN 2711681017).
  31. Salah Trabelsi, "L’esclavage dans l’Orient musulman au Ier/VIIe et IVe/Xe siècles : quelques brèves mises au point", Les traites et les esclavages, 2010, p. 77 à 92
  32. Olivier Hanne, "Chapitre V. Le message coranique", Mahomet (2016), p. 225 à 255
  33. M. Bar-Asher, "Le judaïsme et le Coran", Le Coran des historiens, 2019, Paris, p. 323.
  34. « L'esclavage en terre d'islam - Le regard d'un anthropologue », sur herodote.net (consulté le 30 juin 2020)
  35. a et b Jean-Louis Triaud, « Roger Botte, Esclavages et abolitions en terres d’islam », Archives de sciences sociales des religions,‎ , p. 124.
  36. Olivier Pétré-Grenouilleau, "Flux et reflux des traites négrières", Les traites négrières , Paris, Gallimard, 2004
  37. Olivier Pétré-Grenouilleau, "Le rôle des captifs noirs dans le monde musulman", Les traites négrières , Paris, Gallimard, 2004
  38. Al-Tabarî, 1988, p. 454
  39. a b et c Pérouse de Montclos Marc-Antoine, « Les esclaves invisibles de l'Islam : à quand l'heure de vérité ? », Études, vol. 6, no 396, 2002, p. 751-759 (inscription nécessaire) – via Cairn.info.
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  41. Christian Delacampagne, Histoire de l'esclavage. De l'Antiquité à nos jours, Paris, Le livre de poche, , 3e éd., 319 p. (ISBN 978-2-253-90593-6), p. 99.
  42. Maurice Lombard, L'islam dans sa première grandeur, Éditions Champs Flammarion, 1980 p.  214
  43. Christian Delacampagne, Histoire de l'esclavage. De l'Antiquité à nos jours, Paris, Le livre de poche, , 3e éd., 319 p. (ISBN 978-2-253-90593-6), p. 113
  44. Christian Delacampagne, Histoire de l'esclavage. De l'Antiquité à nos jours, Paris, Le livre de poche, , 3e éd., 319 p. (ISBN 978-2-253-90593-6), p. 114
  45. Christian Delacampagne, Histoire de l'esclavage. De l'Antiquité à nos jours, Paris, Le livre de poche, , 3e éd., 319 p. (ISBN 978-2-253-90593-6), p.  111
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  47. Halil Inalcik et Donald Quataert, An economic and social history of the Ottoman empire: 1300-1914, Cambridge University Press, 1994 et Stanford Jay Shaw, History of the Ottoman Empire and Modern Turkey, deux volumes, Cambridge University Press, 1976-1977. Le premier volume a été traduit en français : Histoire de l'Empire ottoman et de la Turquie, Horvath, 1983
  48. مملوك pl. mamālīk, مماليك.
  49. بلاد الأتراكةMaurice Lombard, Ibidem
  50. Christian Delacampagne, Histoire de l'esclavage. De l'Antiquité à nos jours, Paris, Le livre de poche, , 3e éd., 319 p. (ISBN 978-2-253-90593-6), p. 118.
  51. arabe : zanj, زنج, nègre
  52. بلاد السودونة) Maurice Lombard, Ibidem.
  53. Christian Delacampagne, Histoire de l'esclavage. De l'Antiquité à nos jours, Paris, Le livre de poche, , 3e éd., 319 p. (ISBN 978-2-253-90593-6), p. 122.
  54. (en) Nisrine Abiad, Sharia, Muslim States and International Human Rights Treaty Obligations : A Comparative Study, Londres, BIICL, , 240 p., poche (ISBN 978-1-905221-41-7, LCCN 2009289232, lire en ligne), p. 24.
  55. Christian Delacampagne, Histoire de l'esclavage. De l'Antiquité à nos jours, Paris, Le livre de poche, , 3e éd., 319 p. (ISBN 978-2-253-90593-6), p. 121.
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  57. http://www1.rfi.fr/fichiers/MFI/CultureSociete/2486.asp
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  59. a et b Jacques Heers, Les Négriers en terre d'Islam, éd. Perrin, Paris, 2001.
  60. Olivier de Marliave, Le Monde des eunuques, la castration à travers les âges, éd. broché, 2011 (p. 7-9) :

    « quant à la vieille Europe, on y a castré sans complexe des garçons, au Moyen Âge d’abord, puis jusqu’à la fin du XIXe siècle. il s’agissait d’approvisionner, en premier lieu, les marchés de l’islam triomphant en Andalousie, puis les sérails des Byzantins et des Ottomans. Les villes de Verdun en France et de Prague en Tchéquie constituèrent des centres renommés de castration, avant que les Balkans et le Caucase ne prennent la relève. Les médecins juifs de ces deux villes européennes s’étaient spécialisés dans l’émasculation, et ce trafic de grande ampleur s’acheminait vers Narbonne, Byzance et le Maghreb, et vers Valence et Almería, d’où les jeunes eunuques se rendaient à Cordou et Grenade chez leurs maîtres maures. On estime que plus de dix mille esclaves, eunuques ou non, ont été importés à Cordoue, entre 912 et 961. Des évêques dénoncèrent, sans effet, ce trafic aux profits gigantesques. »

  61. http://www1.rfi.fr/fichiers/MFI/CultureSociete/2486.asp
  62. a et b Tidiane N'Diaye, Le Génocide voilé, Gallimard, Paris, 2008, 272 p.
  63. Interview de Tidiane N'Diaye sur son livre : "Le Génocide voilé", Gallimard, Paris, 2008, lefigaro.fr, 18 avril 2008
  64. Séverine Kodjo-Grandvaux, « Tidiane N’Diaye : « La fracture raciale est réelle en Afrique » », Le Monde.fr,‎ (lire en ligne, consulté le 5 mars 2020).
  65. Paul Bairoch, Mythes et paradoxes de l'histoire économique, page 204, La Découverte, 1994.
  66. région contrôle (HVS-I et HVS-II) et les RFLPs dans la région codante de l’ADN mitochondrial.
  67. (en) Clotilde Coudray, Antonio Torroni, Alessandro Achilli, Maria Pala, Anna Olivieri, Georges Larrouy, Jean-Michel Dugoujon "Mitochondrial lineages and genetic history of Berber-speaking populations from North Africa", Antropo
  68. Clotilde Coudray, Antonio Torroni, Alessandro Achilli, Maria Pala, Anna Olivieri, Georges Larrouy et Jean-Michel Dugoujon, « Les lignées mitochondriales et l’histoire génétique des populations berbérophones du nord de l’Afrique », Antropo, no 18 « Colloque du Groupement des anthopologistes de langue française »,‎ , p. 63-72 (lire en ligne).
  69. (tr)T.C. "Ankara Üniversitesi, Sosyal Bilimler Enstitüsü, Temel islami Bilimler (Tefsir) Anabilim dalı. Çağdas Tefsirde "Kölelik" yorumu. Yüksek Lisans Tezi. Cahit GÜNGÖR. Ankara-2005." 259 pages. p. 35-36 Thèse numéro : 5070/159784(thèse de doctorat de Cahit Güngör sur l'esclavage en islam selon Mahomet, à l'Université d'Ankara, institut des sciences sociales.) Thèse numéro : 159784
  70. Tafsir ibn Kathir, (Cor. IX, le Repentir : 60)
  71. Jâmi'ul ahkâm al Qur'ân, Qurtubî, Livre d'exégèse et de droit musulman de référence ; (Cor. IX, le Repentir : 60).
  72. Tafsir Tabari, (Cor. II, La Vache : 201).
  73. Thèse pour le doctorat en droit (régime unique) présentée et soutenue le 27 avril 1998 à 14 h 30 devant la faculté de droit de l’université Grenoble II par M. Mamadou Badji ; p. 68., « Droits naturels, Droits de l’homme et Esclavage, l’exemple du Sénégal. Analyse historique du XVIIe siècle à l’Indépendance », sur Université Pierre Mendes-France (Grenoble II), U.F.R. Faculté de droit
  74. Tabarî (m. 310), Tarih ar-Rusûl w'al Mulûk, Leyde, 1897 et après. I, p.  1768-1769 I ; 1783-4).
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  81. Vincent Albert. G.-H. Bousquet, La morale de l'Islam et son éthique sexuelle, 1953. In: Revue des Sciences Religieuses, tome 29, fascicule 4, 1955. p. 409-410.
  82. Coran XXIII, 1-7
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  84. Alessandro STELLA, « Des esclaves pour la liberté sexuelle de leurs maîtres », Clio, numéro 5/1997".
  85. Thèse pour le Doctorat en Droit (Régime Unique) soutenue devant la Faculté de Droit de l’Université Grenoble II par M. Mamadou Badji ; p. 68, « Droits naturels, Droits de l’homme et Esclavage, l’exemple du Sénégal. Analyse historique du XVIIe siècle à l’Indépendance. [archive] » sur Université Pierre Mendes-France (Grenoble II), U.F.R. Faculté de droit.
  86. (en) Al- Muhabbar. by Muhammad ibn Habib al-Baghdadi Published in 1942. p. 263 [Al- Muhabbar. by Muhammad ibn Habib al-Baghdadi Published in 1942]
  87. Tabari, Tafsir que le verset (Cor. XXIV, la Lumière : 33)
  88. a et b Guidère Mathieu, « Les femmes esclaves de l’État islamique », Le Débat vol., no 188, 2016, p. 106-118 (inscription nécessaire) – via Cairn.info
  89. a b c et d (en) « Slavery », Encyclopædia Britannica's Guide to Black History (consulté le 1er novembre 2008).
  90. The Cruelties of the Algerine pirate: English slaves and other Européans at Algiers & Tunis, Captain Walter Croker, London, 1816
  91. Noirs en Algérie, XIXe – XXe siècles, par Raëd Bader (Maison méditerranéenne des Sciences de l’homme)
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    « ancient Arabic geography had quite a fixed pattern in listing the countries from the Red Sea to the Indian Ocean: These are al-Misr (Egypt) -- al-Muqurra (or other designations for Nubian kingdoms) -- al-Habasha (Abyssinia) -- Barbara (Berber, i.e. the Somali coast) -- Zanj (Azania, i.e. the country of the "blacks"). Correspondingly almost all these terms (or as I believe: all of them!) also appear in ancient and medieval Chinese geography. »

  100. Bethwell Allan Ogot, Zamani: A Survey of East African History (East African Publishing House: 1974), p. 104.
  101. Elisée Reclus et A. H. (Augustus Henry) Keane, Africa, New York : D. Appleton, 1890-1893 (lire en ligne).
  102. Spencer Trimingham, Islam en Éthiopie, p. 46 (en).
  103. Pankhurst. Ethiopian Borderlands, pp.432
  104. Henry Louis Gates, Africana: The Encyclopedia of the African and African American Experience, Oxford University Press: 1999, p. 1746.
  105. Aysegül Basbugu-Yaraman, « La femme turque dans son parcours émancipatoire (de l'empire ottoman à la république) », Cahiers d’études sur la Méditerranée orientale et le monde turco-iranien, no 21,‎ (ISSN 0764-9878, lire en ligne, consulté le 30 mai 2019).
  106. Christian Delacampagne, Histoire de l'esclavage. De l'Antiquité à nos jours, Le livre de poche, Paris, 2002 (ISBN 2-253-90593-3), p. 273.
  107. Mohamed Yahya Ould Ciré, La Mauritanie. Entre l'esclavage et le racisme, L'Harmattan, 2014.
  108. Voir sur tempsreel.nouvelobs.com.
  109. Voir sur tempsreel.nouvelobs.com.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

Témoignages[modifier | modifier le code]

  • Emmanuel d'Aranda, Les Captifs d'Alger. Relation de la Captivité & Liberté du sieur Emanuel d'Aranda jadis efclave à Alger (1662), traduction de Latifa Z'Rari, Édition Jean Paul Rocher, 1997

Ouvrages historiques[modifier | modifier le code]

Article[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]