Abraham

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Abraham
Description de cette image, également commentée ci-après

Abraham et le sacrifice d'Isaac
peint par Le Dominiquin (1628-29)

אַבְרָהָם

Naissance Mésopotamie[Bible 1]
Décès Pays de Canaan[Bible 2]
Nationalité Hébreu
Activité principale
Patriarche du judaïsme, du christianisme et de l'islam
Ascendants
Terah (père)
Conjoint
Sara (épouse)
Agar (servante de Sara)
Ketourah
Descendants
Ismaël
Isaac
Zimran
Yokshan
Medan
Madian
Ishbak
Shouah
Famille

Abraham (hébreu : אַבְרָהָם /av.ra.'ham/, signifie 'père de multiples nations'[1], guèze : አብርሃም /ab.ra.'ham/, arabe : إبراهيم /ib.ra.'him/) est le principal patriarche des religions juive, chrétienne et musulmane, et figure centrale du livre de la Genèse, nommé Ibrahim dans le Coran. Au sens strict du terme, il fait partie des premiers patriarches[2] postdiluviens de la Bible[3],[4], aieul du judaïsme et du christianisme, et un des cinq grands prophètes de l'Islam, fondateur des peuples hébreu et arabe et père du monothéisme.

Deux passages bibliques[5] mentionnent qu'Abraham est enterré à Hébron et la tradition juive situe la tombe dans des grottes au pied du monument connu comme le Tombeau des Patriarches.

Diverses études pointent des incohérences entre le récit biblique sur Abraham et les données archéologiques.

Étymologie[modifier | modifier le code]

L'onomastique propose plusieurs pistes concernant l'étymologie du nom d'Abraham.

Le récit de la Genèse (17:5)[6] offre concernant le nom d'« Abraham » (en hébreu : אַבְרָהָם) une explication étymologique populaire[7] qui reste largement répandue[8], selon laquelle il signifie « père d’une multitude [de nations] » mais qui n'en est pas moins inexacte[9] même s'il contient effectivement un jeu de mot avec un terme hébreu signifiant « la foule »[10]. L'origine du premier nom du patriarche biblique, « Abram » (אַבְָרם), est, pour sa première partie (ab- ou av- :אב) une racine sémitique bien établie signifiant « père » et, pour sa seconde (-ram : רם), soit dérivée de l'akkadien ra’âmu (« aimer ») ou du sémitique occidental rwm (« être élevé »)[7]. Ce nom théophore (ab- ou av- le père pouvant être le Dieu ou l'ancêtre divinisé) est d'ailleurs courant au premier et deuxième millénaire chez les Araméens et les Sémites du Sud[11].

Le nom peut dès lors avoir signifié, suivant la première possibilité, « Il aimait le père » ou « le père aime » ou, suivant la seconde, peut-être plus convaincante, « il s'est élevé par rapport au père » marquant un lignage distingué[7]. Un autre sens proposé habituellement par les exégètes est le « père est élevé »[12], et « père exalté [ou haut] » ou « exalté par le père » sont également possibles[7] ; le terme de « père » réfère probablement alors à la divinité vénérée par le porteur du nom[10]. Quoi qu'il en soit, le nom « Abram », s'il n'est présent qu'à quatre reprises dans la Torah[7] - dans la Genèse 11:26 et 17:5, le Livre de Néhémie 9:7 et le Premier livre des Chroniques 1:26 -, semble avoir été relativement populaire dans le Proche-Orient antique depuis le deuxième millénaire avant l'ère chrétienne[12].

A contrario, on rencontre le nom « Abraham » - dont on ne connait pas de dérivatif en hébreu - à d'innombrables reprises dans la Bible, concernant exclusivement le patriarche[7], et une partie de la recherche s'accorde pour considérer qu'il soit en fait une simple variante dialectale d'« Abram » par ajout du h (ה) aux racines verbales, un phénomène connu en araméen et dans d'autres langues[7]. Il est également possible que les noms de deux ancêtres différents aient été fusionnés par les rédacteurs bibliques et que le nom « Abraham » ait été privilégié pour précisément distinguer le patriarche hébreu d'avec les multiples « Abram »[13]. Certains spécialistes ont essayé de mettre Abraham en relation avec une tribu « R(w)hm » mentionnée dans une stèle égyptienne de Séthi Ier datant de 1289 av. J.-C. et découverte à Beït Shéan[14]. Selon Mario Liverani, les membres de cette tribu se définissaient comme les « fils de Raham » (Banu Raham) et ils avaient pour ancêtre éponyme un « père de Raham » (Abu-Raham), c'est-à-dire Abraham[15]. Ainsi, une hypothèse est qu'« Abraham est à l'origine [...] l'éponyme d'une tribu de Banu Raham attestée en Palestine centrale au XIIIe siècle pour disparaitre ensuite en tant que telle, mais en laissant des traces dans les généalogies tribales[16] ». Une autre stèle de victoire dans le temple d'Amon à Karnak fait peut-être référence au « champ d’Abraham » ou « fort d’Abraham » situé dans le Néguev[17]. Une autre conjecture onomastique identifie ce nom au lexème rhn apparaissant dans des textes d’exécration (fin IIIe, début IIe millénaire), rapprochant Abraham d'un dénommé Aburahana, prince de Samhuna, en Galilée. Abraham signifierait alors « Père de la tribu rhn »[18]. Toutes ces conjectures sont cependant hasardeuses, le récit de la Genèse (17:5) étant un énoncé performatif par lequel Dieu fait d'Abraham la figure par excellence de l'ancêtre[19].

Récit biblique[modifier | modifier le code]

La composition littéraire de ce récit narratif non continu est constituée d'une série d'épisodes souvent dramatiques et fait apparaître un double encadrement : mise en parallèle de la naissance et de la mort du patriarche (Gn 11,27 et Gn 25, 11), d'impératifs divins (Gn 12,1-3 et Gn 22, 1-4). Le plan comporte également de nombreux doublets (Gn 12,10-20//20 ; 15//17 ; 16//21)[20].

Introduction généalogique et départ d'Abraham[modifier | modifier le code]

Départ d'Abraham.

Généalogie de Noé à Abraham :

  • Noé
  • Shem
  • Arphachad
  • Sélah
  • Éber (Hébert)
  • Péleg
  • Réhu
  • Sérug
  • Nachor
  • Térah
  • Abraham

Abraham, qui est d'abord nommé « Abram » (en hébreu : אַבְרָם, ābram), est un descendant de Sem, fils de Noé[Bible 3]. Il est fils de Terah et a deux frères, Nahor et Haran. Haran meurt en laissant un fils, Loth. Abram épouse sa demi-sœur Saraï (Sarah), qui est stérile[21].

Un jour, Abram quitte Ur (appelée dans la Bible Ur-Casdim) avec Terah, Saraï et Loth, son neveu[Bible 4]. Ils s'installent à Harran, où Terah meurt[Bible 5].

Vocation d'Abram[modifier | modifier le code]

À l’âge de 75 ans, sur ordre de Dieu (nommé en ce passage : IHVH Adonaï, entendu pour : "Dieu des Ciels" - Bible Chouraqui - Genèse 24-3), Abram quitte Harran avec Saraï, Loth, ses bergers et ses troupeaux[Bible 6], et va dans le pays de Canaan, à Sichem[Bible 7] puis au chêne de Mambré, où Dieu lui dit qu'il donnera ce pays à sa descendance. Abram y construit un autel, construit un autre autel entre Béthel et où il fait une invocation, puis atteint le Néguev d’où une famine le chasse vers l’Égypte[Bible 8].

Premier récit de la tricherie d'Abram[modifier | modifier le code]

Sur la route, Abram demande à Saraï de déclarer aux Égyptiens qu'elle est sa sœur, car il pense être tué s'il se présente comme mari d'une si belle femme, tandis qu'avoir une belle sœur lui vaudra d'être bien traité. À leur arrivée, le Pharaon s'attribue Saraï pour femme qui est prise[22] dans son palais, et Abram reçoit de nombreux cadeaux. Mais Dieu (du Ciel) "heurte Pharaon et sa maison à grands heurts" à propos du mensonge d'Abram, et Pharaon les congédie[Bible 9].

Premier récit d'Abram et Loth[modifier | modifier le code]

Abram passe par le Néguev pour refaire une invocation à l'autel qu'il avait construit entre Béthel et . Abram et Loth sont devenus si riches en troupeaux que le pays ne subvient plus à l'ensemble de leurs besoins. Une querelle éclate entre leurs bergers, et Abram recommande à Loth de se séparer de lui pour préserver leur fraternité. Loth s’installe à Sodome ; Dieu redit à Abram qu'il lui donne le pays de Canaan et l'incite à le parcourir, puis Abram s'établit au chêne de Mambré, près d'Hébron, et y construit un autel[Bible 10].

Abram guerrier[modifier | modifier le code]

Face à face du pouvoir temporel (représenté par Abraham en armure et ses soldats) et spirituel (représenté par Melchisédech et ses serviteurs, avec corbeille de pains et aiguières)..
La Rencontre d’Abraham et Melchisédech, tableau de Rubens, vers 1625.

Un jour, Abram apprend la capture de Loth lors d'un sac de Sodome mené par Kedorlaomer, roi d'Élam et maître de cette ville qui se rebellait. Abram poursuit les ravisseurs avec 318 vassaux, les assaille de nuit à Dan, les bat et les poursuit jusque vers Damas, d'où il ramène Loth parmi d'autres prisonniers, et les biens confisqués lors du sac. À son retour, Abram est béni par Melchisédech, prêtre de Dieu et roi de Salem, à qui il donne la dîme de tout ce qu'il a. Puis le roi de Sodome lui dit de conserver les biens récupérés, ce qu'il refuse personnellement, laissant les vassaux qui l'ont accompagné prendre leur part[Bible 11].

Premier récit de l'alliance[modifier | modifier le code]

Après ces évènements, Dieu (IVHH Adonaï) s'adresse à Abram par une vision et conclut avec lui une alliance. Abram se plaint de ne pas avoir d'enfant, d'avoir pour seul héritier son serviteur Éliézer de Damas, et Dieu (IHVH Adonaï) lui promet une pléiade de descendants. Lorsque Abram lui demande comment il saura que le pays de Canaan lui appartient, Dieu (IHVH Adonaï) lui donne une liste d'animaux à lui procurer. Abram les coupe en deux, sauf les oiseaux, puis chasse des rapaces qui fondent sur les cadavres. Dieu ajoute alors que ses descendants seront pendant quatre cents ans esclaves d'un autre pays, dont ils sortiront avec de grands biens pour revenir dans le pays de Canaan qu'il leur a donné, et qui s'étend du Nil à l’Euphrate. « Une grande ténèbre tombe sur Abram. Il dit à Abram : “[...] et toi tu viendras vers tes pères, en paix. Tu seras enseveli en bonne sénescence”[Bible 12] ».

Naissance d'Ismaël[modifier | modifier le code]

Abraham recevant Agar

Abram accepte la proposition de Sarah qui, pour avoir un fils, lui donne sa servante égyptienne Agar comme femme. Enceinte, "sa patronne s'allége à ses yeux", Sarah s'en plaint à Abram. Abram répond qu'Agar est en sa main et qu'elle lui fasse le bien à ses yeux. Sarah fait violence à Agar et Agar fuit[Bible 13]. Un messager de IHVH Adonaï (Dieu du Ciel) vient à Agar pour qu'elle retourne vers sa patronne et Agar enfante Ismaël[Bible 14] : "Oui, il (Ismaël) sera un onagre humain, sa main partout et toute main contre lui. Il demeurera face à tous ses frères. "

Second récit de l'alliance[modifier | modifier le code]

Treize ans après, Abram a 99 ans, Dieu apparaît et lui propose à nouveau une alliance. Il le nomme Abraham, car il lui promet de nombreux descendants[23] parmi lesquels des rois qui régneront sur le pays de Canaan. En échange, Abraham et ses descendants devront le reconnaître comme leur Dieu ("Elohîm" - Dieu de la terre - "El Shadaï" - G.24-3 à 7)), et pratiquer la circoncision à l'âge de huit jours de tous leurs mâles, esclaves et étrangers compris, en "Pacte de chair". Dieu ("Elohîm") change le nom de Saraï en Sarah et lui dit qu'elle enfantera dans un an Isaac, par lequel passera l'alliance, puis s'éloigne après lui avoir dit : "Il (Ismaël) enfantera douze princes et je le donne pour grande nation". Le jour même, Abraham circoncit tous ses mâles, dont lui-même, Ismaël et ses esclaves[Bible 15].

Second récit d'Abraham et Loth[modifier | modifier le code]

Abraham recevant la visite de l’Éternel par Gustave Doré.

Dieu ("IHVH Adonaï") se fait voir à Abraham aux chênes de Mambré, et trois hommes sont postés devant lui. "Il voit, court à leur abord, de l'ouverture de la tente et se prosterne à terre." Puis Abraham leur offre l'hospitalité. Dieu (IHVH Adonaï) répète à Abraham que Sarah aura un fils et alerte Abraham pour dire que Sarah a ri de ce qui lui avait été dit pour l'enfant à cause de son âge[Bible 16]. Puis "les hommes se lèvent de là. Ils observent les faces de Sodome. Abraham va avec eux pour les envoyer." (G. 18-16)

Sodome et Gomorrhe[modifier | modifier le code]

Dieu ("IHVH Adonaï") dit : "la clameur de Sodome et Gomorrhe, oui, elle s'est multipliée. Leur faute, oui, elle est très lourde... Je descendrai donc et je verrai : s'ils ont fait selon leur clameur venue à moi, l'anéantissement ! Sinon, je le saurais !" (G.18-20 à 21). Abraham dit : "Extermineras-tu le juste avec le criminel ? Peut-être existe-t-il cinquante justes à l'intérieur de la ville ? Les extermineras-tu aussi ? Ne supporterez-tu pas le lieu pour les cinquante justes qui sont en son sein ? Profanation ! Toi, faire une telle parole : mettre à mort le juste avec le criminel ! Il en serait du juste comme du criminel ? Profanation ! Toi, le juge de toute la terre, tu ne ferais pas jugement ?" Dieu (IHVH Adonaï) entre dans la non compréhension d'Abraham face à ses dires et finit par dire : "Je ne détruirai pas pour les dix. Dieu (IHVH Adonaï) va quand il a achevé de parler avec Abraham. Abraham retourne à son lieu[Bible 17].

Le lendemain, Abraham est témoin de ce qu'il voit de loin : "la vapeur de la terre montait comme une vapeur de fournaise", "des faces de Sodome et Gomorrhe, toutes les faces de la terre du Cirque" (terres de Loth (G.12-11)), mais Dieu (nommé là : "Elohîm" - "Dieu de la terre" (G.24-3)) envoie son neveu hors du bouleversement Loth[Bible 18].

Second récit de la tricherie d'Abraham[modifier | modifier le code]

Un jour, Abraham va dans la ville de Guérar, et présente Sarah comme sa sœur au roi Abimelech. Le roi "envoie prendre Sarah. Dieu ("Elohîm") vient vers Abimelekh en rêve, la nuit. Il lui fit : "Te voici mort à cause de cette femme que tu as prise, elle est mariée à un mari !" Mais Abimelekh ne l'avait pas approchée. Il dit : "Adonaï ! La nation juste aussi, la tueras-tu ?" " Le mensonge d'Abraham et de Sarah est découvert. Le lendemain, Abraham avoue son mensonge et dit : " [...] vrai, elle est aussi ma soeur par son père [...] et c'est quand les Elohîm (les dieux) m'ont fait vaguer de la maison de mon père, je lui ai dit : "Voici ton chérissement : tu me le feras en tout lieu où nous viendrons. Dis de moi : "c'est mon frère" !" Abimelech rend Sarah, offre des présents au couple, puis "Abraham prie l'Elohîm : Elohîm guérit Abimelech, sa femme et ses servantes, elles enfantent."[Bible 19]. Note : "L'Elohîm qui guéri" est appelé "Raphaël", dans certaines religions.

Naissance et sacrifice d'Isaac[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Ligature d'Isaac.
L’ange intervient pour stopper le sacrifice d’Isaac, peinture du Caravage.

Alors qu'Abraham est âgé de cent ans, son fils Isaac[24] naît. Abraham le circoncit à l'âge de huit jours, "comme le lui avait ordonné Elohîm." Le sevrage d'Isaac est fêté par un grand festin fait par Abraham.

"Sarah voit rire le fils (Ismael) qu'Agar, l'égyptienne, avait enfanté à Abraham. Elle dit à Abraham : "répudie cette servante et son fils ! Non, le fils de cette servante n'hésitera pas avec mon fils, avec Isaac !"[Bible 20]. "La parole fait très mal aux yeux d'Abraham, au sujet de son fils. Elohîm dit à Abraham : "Que cela ne fasse pas mal à tes yeux, pour l'adolescent et pour ta servante. Tout ce que te dira Sara, entends sa voix. Oui, en Isaac sera crié pour toi semence. Mais le fils de la servante, lui aussi, en nation, je le mettrai, oui, c'est ta semence."[Bible 21].

Alors Abraham emmène Agar et Ismaël[25].

Abraham renvoyant Agar.

Abraham et Abimelech, roi de Guérar, tranchent un pacte. Les serviteurs d'Abimelech s'accaparent le puits de Beer-Sheva ; Abraham s'en plaint, et donne du bétail à Abimelech, dont sept agnelles pour témoigner qu'il a lui-même creusé le puits. Ils concluent ainsi une alliance à Beer-Sheva[Bible 22].

"Et c'est après ces paroles, Elohîm éprouve Abraham (nota : "le Dieu qui éprouve" est donné être Satân ou Shaïtan : de très nombreux liens - Satân étant "l'envoyé" sur terre, qui vient troubler les humains pour tester leur attachement total à Dieu, cf : "Job", en principal, ou Jésus et ses 40 jours au désert etc...). Il lui dit : "Abraham !" Il dit : "Me voici." Il dit : "prends donc ton fils, ton unique, celui que tu aimes, Is' hac, va pour toi en terre deMont Moriah, là, monte-le en montée." Abraham fend des bûches, et part avec Isaac, un âne et deux adolescents. "Le troisième jour, Abraham porte ses yeux et voit le lieu de loin. Abraham dit à ses adolescents : "asseyez-vous ici avec l'âne. Moi et l'adolescent, nous irons jusque là. Nous nous prosternerons puis nous retournerons vers vous." (G.22 : 4 à 5. Bible de Chouraqui) Il charge Isaac des bûches. Sur la route, Isaac demande où est l'agneau de la montée (sacrifice), et Abraham dit : "Elohîm verra pour lui l'agneau de la montée, mon fils.". Une fois arrivés, Abraham élève un autel, dispose les bûches et lie son fils au bûcher. Alors qu'il tend la main pour égorger son fils. Le messager de IHVH Adonaï (le messager de YHWH[26]), crie vers lui des ciels et dit : "Abraham ! Abraham !" Il dit : "Me voici." Il dit : "Ne lance pas ta main vers l'adolescent, ne lui fait rien ! Oui, maintenant je sais que, toi, tu frémis d'Elohîm ! ("Frémir", ici : "par peur") Pour moi, tu n'as pas épargné ton fils unique.

Un bélier[27], qu'Abraham voit pris au piège dans un fourré, est sacrifié à sa place[28]. "Le messager de IHVH crie à Abraham, une deuxième fois, des ciels. Il dit : "je le jure par moi, harangue de IHVH Adonaï : oui, puisque tu as fait cette parole et que tu n'as pas épargné ton fils, ton unique, oui je te bénirai, je te bénirai, je multiplierai, je multiplierai ta semence, comme les étoiles des ciels, comme le sable, sur le lèvre de la mer : ta semence héritera la porte de ses ennemis, toutes les nations de la terre se bénissent en ta semence, par suite que tu as entendu ma voix." "(G. 22 - 15 à 18 - Bible Chouraqui)

Puis Abraham retourne à Beer-Sheva[Bible 23].

Sépulture de Sarah et mariage d'Isaac[modifier | modifier le code]

Un jour, Sarah meurt à Hébron, et Abraham la pleure à ses funérailles. Il demande aux fils de Het, aussi appelés Hittites, propriétaires du lieu, un tombeau à Hébron pour y enterrer Sarah. Ils lui proposent de choisir parmi tous leurs tombeaux celui qu'il préfère, car ils craignent d'offenser Dieu en lui refusant quelque chose. Abraham choisit la grotte de Makpéla, près de Mambré. Son propriétaire, Éphron, veut la lui donner avec le champ qui l'entoure, mais Abraham tient à payer le champ. Éphron estime la terre à quatre cents sicles[29] d’argent, qu'Abraham paye[30] « au cours du marchand »[31]. Puis Abraham enterre Sarah[32].

Recherche d'une femme pour Isaac[modifier | modifier le code]

Un jour, Abraham, vieilli, demande à son plus ancien serviteur de ramener de son pays une femme de sa famille pour Isaac. Le serviteur part pour Aram. Là, le soir venu, il fait s'accroupir les chameaux près du puits et voit Rébecca, petite-nièce d'Abraham, charmante et vierge, y remplir sa cruche. Elle accepte de lui donner à boire, remplit spontanément l'abreuvoir pour désaltérer ses chameaux et lui propose l'hospitalité. Le serviteur dévoile alors l'identité de son maître. Chez eux, Laban, frère de Rébecca, et son père Betouel, acceptent qu'elle devienne femme d'Isaac. Le serviteur d'Abraham leur offre de nombreux présents, et part le lendemain avec Rébecca. Dès leur retour, Isaac aime et épouse Rébecca[33].

Autre descendance et mort d'Abraham[modifier | modifier le code]

Tombe d’Abraham située selon la tradition sous son cénotaphe dans le tombeau des Patriarches.

Puis Abraham épouse Ketourah qui lui donne six fils : Zimran, Jokschan, Medan, Madian, Jischbak et Schuach. Abraham leur fait des dons et les envoie vers l'est, loin de son fils Isaac. Il meurt heureux à 175 ans. Isaac et Ismaël l'enterrent dans la grotte de Makpéla, à côté de Sarah[34].

Exégèse biblique d'Abraham[modifier | modifier le code]

Genres littéraires[modifier | modifier le code]

Le récit biblique des traditions abrahamiques, probablement collecté et mis par écrit à Hébron (très ancienne ville de Judée) à partir du VIIe siècle av. J.-C., est constitué de l'alternance de plusieurs genres littéraires : histoires légendaires (récits ethnologiques et étiologiques), listes (itinéraires et généalogies), discours et dialogues. Les principaux thèmes du cycle d'Abraham sont le cheminement du patriarche et de sa famille, les promesses divines (terre, descendance innombrable) et les obstacles à ces promesses[35]. L'auteur du cycle d'Abraham est peut-être un scribe au service de cette couche aisée de paysans-éleveurs méfiants du pouvoir central jérusalémite du royaume de Juda. Ce scribe au service d'une idéologie théocratique et antimonarchique, met en scène un des représentants de cette couche aisée, Abraham, présenté comme un « aristocrate rural, propriétaire et éleveur de bétail, reflétant la situation socio-économique du am ha'aretz (en) judéen de cette époque » et comme une figure royale fondatrice du monothéisme « primordial »[36].

Le récit biblique d'Abraham et de ses deux fils se trouve en Genèse 11,27 à 25,31 et forme un véritable cycle littéraire[37]. Il suit immédiatement l'histoire des origines et précède la geste de Jacob et l'histoire de Joseph[38]. Ce récit commence par le « toledot de Térah », la cohérence du système généalogique des toledots[39] ayant été renforcée par un rédacteur du milieu sacerdotal[40].

Thématique de la transmigration[modifier | modifier le code]

Abram quitte Ur (cité du dieu lunaire) pour Harran, à la demande de Dieu qui condamne l'idolâtrie lunaire de Térah, son père polythéiste qui adorait sans doute la divinité Sîn. Ur semblerait sa patrie d'origine mais Abram semble, d'après les textes les plus anciens du livre de la Genèse, une figure autochtone qui a toujours vécu dans la terre de Canaan, les textes les plus récents ayant reconstruit une figure exodique sur le modèle de l'exode hors d'Égypte[41]. Selon une interprétation exégétique, cette migration légendaire vers Harran correspondrait au transfert du culte lunaire de la ville d'Ur vers le nord de la Mésopotamie tandis que le rédacteur biblique davidique ou salomonien aurait opéré un syncrétisme entre la divinité lunaire et Yahweh, le dieu d'Abraham. Abram, dans cette hypothèse, peut être originellement un dieu lunaire démythologisé dans la Bible et dont l'auteur biblique lui donne une femme stérile pour lui ôter toute descendance et perpétuation de culte lunaire[42].

La transhumance d'Abram se poursuit à Sichem, lieu de rassemblement des tribus de Palestine centrale à l'époque prémonarchique et à Béthel, capitale religieuse de l'Israël du Nord où Jéroboam Ier construit son temple royal. La transmigration s'achève à Hébron, capitale du royaume de Juda. Le cheminement d'Abram est jalonné de nombreux centres commerciaux importants, comme Sichem et surtout Harran, connu pour être un grand centre caravanier. Cyrus Gordon fait des patriarches des sortes de princes-marchands. Selon la thèse de ce chercheur, Abram originaire d'Ur serait un grand caravanier qui aurait dépendu d'une législation hittite destinée à régler la situation juridique des commerçants à l'étranger[43]. W.F. Albright propose une thèse similaire : Abram, comme tous les Patriarches, vivait du commerce caravanier international[44]. La conception traditionnelle de son métier repose sur les éléments les plus anciens du livre de la Genèse qui le présentent non pas comme un riche caravanier mais comme un éleveur semi-nomade de chèvres, de moutons et même de vaches, faisant de courtes étapes en quête de pâturage et de sources d'eau pour son bétail[45]. Quelle que soit sa profession, une autre interprétation exégétique veut que le récit biblique de la migration d'Abram refléterait une idéologie théocratique et antimonarchique. En faisant d'Abram une figure royale et prophétique, le rédacteur biblique réalise un transfert de l’idéologie royale (et donc la « démocratisation » de celle-ci) sur le patriarche, la Torah étant écrite dans une perspective sudiste[46]. Le Livre de la Genèse convoque ainsi pouvoir temporel et spirituel et « promeut un Abraham œcuménique, en réunissant en lui les différents courants et idéologies du judaïsme postexilique[47] ».

Thématique de l'Exode[modifier | modifier le code]

À l'origine, le récit patriarcal sur Abraham est un texte spécifique sur sa descendance, la légitimation de son territoire, les liens avec les peuples voisins. Alors qu'il n'est pas relié à celui de Exode, le milieu sacerdotal réalise tardivement ce lien littéraire et cherche ainsi à rassembler les différentes traditions fondatrices d’Israël. Le cheminement d'Abraham passe d'ailleurs par les trois régions d'installation des juifs (Mésopotamie, Palestine à la suite de l'exode d'Abraham et de son clan de la cité mésopotamienne, Égypte) à l'époque perse et hellénistique. Enfin, l’analyse littéraire des migrations d'Abraham sont des créations tardives qui veulent faire de lui un modèle pour les exilés babyloniens, appelés à retourner en Judée[48].

Thèses sur la signification du sacrifice demandé[modifier | modifier le code]

Laurent de La Hire, Abraham sacrifiant Isaac (1650), Reims, musée des Beaux-Arts.
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En obéissant à l’ordre divin, Abraham "reconnaît ainsi Celui dont il tient l’enfant. Comme le jeune garçon, au verset 7, l’appelle aby, « mon père », et que lui répond bény, « mon fils », ils se sont aussi reconnus mutuellement."

Mais plutôt que cette triple reconnaissance, les enseignements religieux voient dans cet épisode un acte de foi, de confiance totale en Dieu. Le sacrifice demandé à Abraham est ainsi rapproché de deux autres épisodes :

  • La loi juive qui demande que tout premier né soit consacré à Dieu, les hommes sont rachetés ainsi que les animaux impurs, les animaux purs sont sacrifiés (Nombres 18 versets 15 à 17). Dans ce cadre, le sacrifice d’Isaac est l’application de cette loi qui sera ensuite formalisée par Moïse.
  • La mort de Jésus sur la croix : Abraham était prêt à sacrifier son fils Isaac pour Dieu, fils se soumettant à son père ; Dieu a de même sacrifié Jésus pour sauver les hommes, Jésus s’est soumis à la volonté de Dieu (Philippiens 2:8). Cet acte serait donc une image du futur sacrifice de Jésus.

On a aussi avancé que le sacrifice d’Abraham signifierait la fin des sacrifices humains, pratique qui aurait perduré chez d’autres peuples sémitiques. Les Phéniciens (carthaginois en particulier) continuèrent à sacrifier les premiers nés mâles en gage de fécondité dans les sanctuaires de Tanit et de Baal Hamon. Les lieux où se pratiquaient ces sacrifices sont appelés « tophets ». Ce rite se serait prolongé jusqu’au IIe siècle av. J.-C. d’après les fouilles effectuées en Sardaigne, en Sicile et à Carthage. Dans cette perspective, Abraham aurait accompli un rite ethnique cohérent avec la promesse d’une nombreuse descendance.

D’autres récits relatent la pratique des sacrifices humains ; le plus remarquable est l’histoire de Tantale : confronté à la même situation qu’Abraham, il réagit en refusant le sacrifice et en truquant le rite. Le résultat de cette révolte contre (les) dieu(x) n’apparaît pas convaincant puisque, si on en croit la mythologie, Tantale sera durement châtié et les sacrifices humains perdureront dans sa lignée et plus généralement chez les Grecs : Iphigénie devra être sacrifiée par Agamemnon par exemple.

De façon plus générale, le geste d'Abraham, bien qu'il ne soit resté qu'intentionnel, constitue historiquement un des premiers exemples de soumission à l'autorité et prend à ce titre valeur d'archétype.

La tradition juive place ce sacrifice (d'Isaac) interrompu sur le Mont Moriah (Genèse 22:2) à l’emplacement actuel du Dôme du Rocher à Jérusalem. La tradition musulmane situe le sacrifice, non pas d’Isaac, mais d’Ismaël, dans le désert.

Dans la tradition juive, le sacrifice d’Abraham est plutôt désigné comme la « ligature » d’Isaac (akeda). Le souvenir de ce sacrifice est commémoré à chaque nouvelle année juive, lors de la fête de Rosh Hashana. Dans la tradition musulmane, le sacrifice d’Abraham est l’acte fondateur de l’abandon total de la créature à son créateur : le symbole de la confiance absolue en la volonté divine. Son souvenir est commémoré chaque année par la fête du sacrifice ou Aïd al-Adha où l’on sacrifie rituellement un mouton. Car Abraham sacrifia un mouton à la place de son fils.

Cette scène est souvent représentée dans l’iconographie chrétienne (Rembrandt, Jean Goujon…)[49].

Sacrifice d'Isaac contesté par les musulmans[modifier | modifier le code]

At-Tabarî et Ibn Kathîr s'opposent sur le fait qu’Isaac ou Ismaël soit le fils conduit par Abraham au sacrifice[50]. Parmi les arguments avancés (entre autres) Genèse 22.2 : « Dieu dit : Prends ton fils, ton unique », Isaac ne pourrait être fils unique d’Abraham puisque Ismaël - son demi-frère né de Agar - est plus âgé que lui de quatorze ans selon la Bible[51]. Les questions portent simplement sur la définition qui aurait été donnée à l'époque de "fils" : naturel, ou bien légitime. Selon la tradition juive, est défini comme Juif tout individu « né de mère juive, ou converti au judaïsme et ne pratiquant pas une autre religion »

Dans la Bible, la promesse de Dieu d'avoir des enfants a été faite à Abraham et Sara non Agar (le projet de Dieu devait se faire par Sara même si cette dernière donna sa servante à son mari)[réf. nécessaire]Nota : il est à retenir, qu'en tout dit "sacrifice" humain, en la Bible, on y trouve des transferts de noms et de circonstances croisées menant à des confusions.

Selon Matthieu, Jésus (Ieshoua) est fortement confondu avec Ieshoua 'bar-Abba (Matthieu : 27-17 - Bible Chouraqui), et Iehouda qui se pend juste avant. Une femme disant l'avoir reconnu par son vêtement. Pilatus qui le reconnaît innocent. Les ténèbres qui vient sur terre avant la mort dite de Ieshoua... Mattgieu 27 - 63 (Bible Chouraqui) : ils disent : "Adôn, nous nous sommes soivenus de ce que cet IMPOSTEUR a dit encore vivant : "après 3 jours, je me réveillerai." La dote résurrection vient bien après, par Jean qui aurait écrit son texte 70 ans après.

Abraham dans les religions monothéistes[modifier | modifier le code]

Abraham dans la tradition juive[modifier | modifier le code]

Scène inférieure : Abraham sortant indemne de la fournaise ardente, sous les yeux du roi Nimrod
Scène de la fournaise dans le manuscrit turc de 1583 des Zubdat al-Tawarikh de Luqman-i-Ashuri.

Dans la tradition juive, Abraham est appelé Avraham Avinou (en hébreu : אברהם אבינו), « notre père Abraham », signifiant qu'il est à la fois le progéniteur des Juifs (y compris les convertis) et le père du judaïsme[52]. Sa vie peut être évoquée dans les sections hebdomadaires (parasha) du cycle annuel juif de lecture de la Torah, principalement dans les Lekh Lekha, Vayeira, Hayei Sarah et Toledot. L'année de sa naissance dépend de la computation de la chronologie des patriarches ainsi que de la fixation du commencement de l'Anno Mundi. Cette année varie entre 1946 et 1961 anno mundi. Dans le calendrier hébraïque, la tradition juive s'appuie sur le midrash Seder Olam Rabba qui fixe la naissance du patriarche en l'année 1948 après la Création, soit 1812 avant l'ère chrétienne[53].

La brit milah, circoncision au huitième jour, est une cérémonie qui perpétue l'alliance que Dieu a conclue avec Abraham et sa descendance. Le miniane, le quorum nécessaire à toute cérémonie juive, est de dix membres ; le même nombre de dix personnes intègres aurait permis à Sodome et Gomorrhe de ne pas être détruites.

Le serviteur anonyme d'Abraham qui va chercher Rébecca, est assimilé par le Midrash à Éliézer de Damas.

Le Bereshit Rabba et le targoum de la Genèse contiennent nombre de récits sur Abraham qui font de lui le prototype du rabbin missionnaire : après avoir détruit les idoles de son père païen, Abraham refuse de rendre un culte à celles du roi Nimrod, ce dernier le faisant jeter dans une fournaise ardente dont il est délivré par l'archange Gabriel[54].

Abraham dans la tradition chrétienne[modifier | modifier le code]

Abraham se prosterne devant les trois Anges (mosaïque de la cathédrale de Monreale, XIIe siècle)

Abraham est relativement peu cité dans l'Ancien Testament par rapport aux autres personnages fondateurs (le nom Abram ou Abraham y apparaît 236 fois contre 359 pour Jacob, 772 pour Moïse et 1080 pour David)[55]. Il devient le héros d'un certain nombre d'écrits intertestamentaires : le Testament d'Abraham,[2] Apocalypse of Abraham, le Livre des Jubilés chap.6, (et tous récits vétérotestamentaires qui pourraient nuire à sa gloire[56]) et aux évangiles ou Nouveau Testament (75 références ; Moïse 80 fois, David 58 fois)[55].

Dans l'Évangile de Barnabé[57] et Apocalypse of Abraham[58], Abraham est le consolateur des croyants et des déshérités dans l'au-delà ; c'est en son sein que le pauvre Éléazar se verra consolé de tous les maux subis sur terre. La parabole parle du riche fétard qui demande à Abraham d'envoyer quelqu'un vers ses frères pour les avertir des souffrances de l'après-mort. En réponse, le père Abraham lui dit que Moise et les prophètes ont déjà été envoyés vers eux et n'ont qu'à les écouter.

Les épîtres de Paul critiquent l'Ancien Testament qui réduit le rôle d'Abraham à un père généalogique, Paul faisant de lui le « père de la foi »[59]. Il est considéré comme un patriarche de l'Ancien Testament, prototype au plus haut degré de la piété de l'Ancien, comme du Nouveau Testament. Selon Jean Chrysostome, Abraham est le protecteur et le maître de son peuple entouré de païens[60]. Augustin d'Hippone, quant à lui, écrit dans La Cité de Dieu que la promesse de Dieu faite à Abraham de multiplier sa descendance et sa bénédiction[61] s'étend à chaque homme sur lequel descend la bénédiction divine[62]. Lorsque Abraham est béni après qu'on eut apporté le vin et le pain au grand prêtre Melchisédech, les chrétiens à la suite des Pères de l'Église y voient une préfiguration de l'Eucharistie. La prosternation d'Abraham à Mambré devant les trois Anges est un épisode particulièrement médité par les Églises d'Orient, orthodoxes ou non[63]. Grégoire de Nysse dans son Sur la divinité du Fils et de l'Esprit et la louange d'Abraham le Juste considère que l'ange au moment du sacrifice d'Isaac est une manifestation de la Trinité. Traditionnellement le sacrifice d'Isaac est reçu par le christianisme primitif comme une annonce du sacrifice de Jésus. Jean Chrysostome fait l'éloge du courage d'Abraham[64].

L'Église d'Orient fête deux fois la mémoire d'Abraham : le 9 octobre avec son neveu Loth[65], et le deuxième dimanche avant Noël. Le martyrologe romain fête Abraham également le 9 octobre[66].

Abraham dans la tradition musulmane[modifier | modifier le code]

Sur une enluminure ottomane, Gabriel arrête le bras d’Abraham prêt à sacrifier son fils que la tradition islamique identifie à Ismaël.
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Article détaillé : Abraham dans le Coran.

Abraham, vocalisé Ibrahim par les musulmans est un des prophètes de l'islam les plus importants[67] ; il est appelé « Père » ou « Abouna » par les musulmans qui revendiquent en être les descendants, à la fois en tant que prêcheur du monothéisme et en tant que père d’Ismaël, Mahomet faisant de lui le « premier musulman » : ni juif, ni chrétien, il est un hanîf (littéralement « vrai croyant »)[68]. Le Coran revendique pour Ismaël fils d'Abraham et d'Agar, la « paternité » des Arabes déjà indiquée avant le Coran dans le livre des Jubilés alors qu’Isaac, fils légitime, reçoit celle des Juifs, Juda étant fils de Jacob, lui-même fils d’Isaac et petit-fils d’Abraham (Jacob engendre douze fils, pères des douze tribus d'Israël).

Le Hajj (l’un des cinq piliers de l’islam) suit les traces d’Ibrahim, Agar et Ismaël alors qu’ils erraient dans le désert jusqu’à La Mecque.

Sur le point de mourir de soif dans le désert Agar ("Hajar" chez les Musulmans) et son fils sont sauvés par l’intervention divine par une source que les musulmans situent près de la Kaaba et nomment Zamzam.

L’Aïd al-Adha, l'une des deux fêtes principales de l’islam avec Aïd el-Fitr, termine le Hajj et commémore le sacrifice d’Ismaël qu’Abraham voulait faire en signe d’obéissance et de soumission à la volonté de Dieu. Les musulmans sacrifient, dans la mesure de leurs moyens, un mouton, une brebis, une chèvre, une vache ou un chameau pour rappeler le sacrifice d’Abraham et en partagent la viande en famille et, en signe de charité se doivent de donner une partie du mouton aux plus démunis.

Les musulmans tiennent ses fils Ismaël et Isaac pour deux prophètes d'une importance égale. Ils soutiennent aussi que l’identité du fils qu’Abraham doit sacrifier à son Dieu est bien Ismaël. Selon eux, c’est ce dernier qui fut la victime propitiatoire, car selon les écrits bibliques, Dieu demanda à Abraham le sacrifice de son fils « unique » et Ismaël étant aîné, il serait donc le « fils unique » jusqu’à la naissance d’Isaac. Le Coran, quant à lui, ne nomme pas le fils « sacrifié » de façon explicite lorsqu'il rapporte l'histoire du sacrifice d'Abraham malgré le fait que les évènements relatés tendent de façon unanime à ce que ce soit Ismaël, ce qui est affirmé par les récits du prophète (Hadiths) à plusieurs reprises.

Les musulmans considèrent qu'Ismaël est l'un des ancêtres des Arabes. Ismaël reconstruisit avec son père Abraham la Ka'aba dont il ne restait que les fondations, alors que ce dernier avait au moins un siècle d'âge.

Les douze fils d’Ismaël dont il est fait mention dans la Bible ont été repris par la religion musulmane. Il est dit que deux d’entre eux s’établirent à La Mecque, où ils fixèrent leur demeure, à savoir : Nebaioth (en) (Nebajoth) et Kédar. Kédar est l’ancêtre des Quraychites, la tribu de Mahomet.

Le Coran qualifie Ismaël par deux fois « d’endurant ».

Travaux des historiens sur l’historicité d'Abraham[modifier | modifier le code]

La question de l’historicité du personnage biblique Abraham a fait l’objet d’un travail scientifique considérable par les archéologues. Jusque dans les années 1980, les biblistes tels que Roland de Vaux[69] défendaient l'historicité de l'époque patriarcale (en) même s'ils n’étaient pas d’accord sur l’époque précise, proposant des dates entre 2000 et 1300 avant notre ère. Ils se fondaient sur quatre arguments traditionnels infondés : « les histoires des Patriarches seraient le reflet des grandes migrations amorrites du début du deuxième millénaire ; les coutumes et les modes de vie des Patriarches s’expliqueraient dans le contexte socio-historique attesté par des documents de l’époque du Bronze moyen ou récent[70] ; les noms divins et les concepts religieux de Gn 12-50 garderaient les traces d’une religion pré-yahwiste ; les noms des Patriarches sont attestés au deuxième millénaire »[19].

L’existence d’archives extraordinairement abondantes (tablettes d’argile) a permis de conclure depuis que le nom « Abraham » se retrouve à différentes époques et en différents lieux de Mésopotamie, sans qu’aucune utilisation particulière à Ur puisse être notée[71]. De plus, les migrations en Mésopotamie sont désormais assez bien connues et aucune ne correspond[72] au trajet du récit biblique, depuis Ur jusqu’en Palestine. Les archéologues constatent également que la géographie de la Palestine à l'époque supposée d'Abraham ne correspond pas au récit biblique (la ville de Beer Sheva ou le nom d'Ur-Casdim n'existaient par exemple pas au XIXe siècle av. J.-C.). Abraham ne pouvait pas avoir de chameaux à cette époque car ils n'étaient pas domestiqués. Ces anachronismes et le fait qu'il n'y ait pas d’indications chronologiques dans les récits bibliques rend ainsi inadéquate l’idée d’une période patriarcale [73].

Le livre de la Bible dans lequel l'histoire d'Abraham est racontée a vraisemblablement été rédigé entre les VIIe et Ve siècles av. J.-C., combinant des récits de provenances diverses réunies par plusieurs rédacteurs[10]. Cela semble traduire une origine tardive par rapport à d'autres figures patriarcales plus anciennes comme celle de Jacob[74] et l'idée d'un personnage ayant vécu au deuxième millénaire est abandonnée par la plupart des chercheurs[75]. La conclusion des études scientifiques[76] est la non-historicité d’Abraham, personnage biblique, donc, et non pas personnage historique[77],[78].

La Bible propose une lecture théologique de l'histoire, aussi est-il probable que l'auteur sacerdotal des récits d'Abraham ait donné une origine mésopotamienne au patriarche pour en faire un modèle pour le retour d'exil de la Golah (en) babylonienne, qu'il ait décrit sa transmigration en guise de reconstruction identitaire du passé juif et qu'un autre auteur biblique ait élaboré une rédaction universaliste dont le but théologique est de faire entendre la voix du « Patriarche de tous les hommes », visionnaire d'une humanité réconciliée. La légende abrahamique n'est donc pas purement hagiographique et mythique, elle a un caractère patriotique et universaliste, ce qui n'exclut pas la possibilité que cette figure légendaire et que les traditions abrahamiques gardent des « traces de mémoire » de constellations socio-historiques du deuxième et premier millénaire avant notre ère[79],[80]. La question de l'existence d'un personnage réel derrière ces légendes reste cependant sans réponse[81].

Abraham dans les arts[modifier | modifier le code]

Dessin montrant un animal à quatre pattes près d'une plante, un homme debout et de dos, un tumulus de pierres et un enfant entrant dans une grotte.
Scène de la ligature d'Isaac à Doura Europos, Abraham tenant le couteau du sacrifice.

Iconographie[modifier | modifier le code]

Abraham est traditionnellement représenté comme un homme âgé à barbe blanche dans l'iconographie (peinture, sculpture, enluminure et mosaïques) juive, musulmane et chrétienne qui privilégient certains épisodes de sa vie selon l'importance doctrinale de chacun de ces épisodes dans les trois monothéismes : son hospitalité, sa rencontre avec Melchisédech, le renvoi d'Agar, la circoncision et en premier lieu le sacrifice d'Isaac. L'iconographie abrahamique médiévale est surtout chrétienne et très abondante[82].

Dans la tradition juive, la première image biblique attestée d'Abraham est celle du sacrifice d'Isaac dans la salle de prière de la synagogue de Doura Europos[83]. La typologie iconographique juive privilégie les thèmes de l'Alliance et de la promesse d'une terre, d'une nation et d'un temple pour les juifs (visite des trois anges, annonce faite à Sarah, circoncision d'Isaac et d'Ismaël)[84].

La tradition iconographique chrétienne joue sur de nombreux symboles mettant en image l'exégèse chrétienne : l'annonce de la naissance d'Isaac est lue comme une préfiguration de l'Annonciation ; le sacrifice d’Isaac préfigure celui de Jésus ; la rencontre avec Melchisédech est un symbole eucharistique ; les trois anges du chêne de Mambré ou les trois patriarches Abraham, Isaac et Jacob sont identifiés à la Sainte-Trinité divine. Certains manuscrits (comme le Livre d'heures à l'usage de Rome du XVIe siècle) reproduisent des cycles entiers de la vie d'Abraham[85].

Dans la tradition islamique, les thématiques du sacrifice et de la circoncision d'Ismaël remplacent celles d'Isaac[86].

Musique[modifier | modifier le code]

Dans la chanson Highway 61 Revisited parue en 1965, Bob Dylan évoque Abraham dans quatre stances, revenant notamment sur le sacrifice d'Isaac[87].

En 1993, l'opéra documentaire The Cave s’appuie sur l’Ancien Testament et met au centre de l'action le patriarche Abraham sur lequel un Israélien, un Palestinien et un Nord-Américain tentent de répondre à la question Who is Abraham ? (« Qui est Abraham ? »)[88].

Littérature[modifier | modifier le code]

  • Bible, premier livre de la Genèse (Bereshit, בְּרֵאשִׁית), chapitre 17
  • Testament d'Abraham, et Apocalypse d'Abraham (extrait), voir le Testament des Patriarches v.2, p.18
  • Apocalypse of Abraham, voir p.363, The Apocryphal Old Testament, Sparks H.F.D., Oxford 1984
  • Légendes d'Abraham (sa naissance), voir p.47, The Bible, the Koran, and the Talmud or Biblical Legends of the Mussulmans, compiled from Arabic sources, and compared with Jewish traditions, by Weil G., translated from german, London 1846
  • Figure biblique, Abraham appartient au registre des « personnages-référentiels » qui apparaissent dans les comparaisons hyperboliques des récits de fiction[89].
  • Dans Crainte et tremblement, essai publié en 1843 par Søren Kierkegaard, Abraham reste aux yeux du philosophe danois « inintelligible et admirable », qu'on ne peut approcher qu'avec « crainte et tremblement »[90].

Filmographie[modifier | modifier le code]

Cinéma[modifier | modifier le code]

  • 1966 : La Bible de John Huston interprété par George C. Scott.
  • 1994 : Abraham de Joseph Sargent, interprété par Harris Richard, Hersshey Barbara, Schell Maixmillian, Gasmann Vittorio, Rosi Carolina, Protan Andrea, Gottfried John, Bonacelli Paolo. Lux Vide, Lube, Beta, DVD[91].

Télévision[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Abraham et les trois anges, préfiguration selon les chrétiens de la Trinité.

Références bibliques[modifier | modifier le code]

Autres références[modifier | modifier le code]

  1. Genèse 17:5 : On ne t'appellera plus Abram mais ton nom sera Abraham, car je te rends père d'une multitude de nations (goyim).
  2. a et b Adam, Abraham, Isaac, Jacob, 12 tribus, Testament des Patriarches v.2, Éd. Filbluz,‎ , 116 p. (ISBN 9782981161383, lire en ligne), p.18
  3. Mireille Hadas-Lebel, Philon d'Alexandrie: Un penseur en diaspora, Fayard,‎ (lire en ligne)
  4. John L. Mckenzie, The Dictionary Of The Bible, p. 646
  5. Ge 23. 16-18 ; Ge 25. 9-10
  6. Gn 17. 5
  7. a, b, c, d, e, f et g (en) Nahum M. Sarna, « Abraham », dans Fred Skolnik (éd.), Encyclopaedia Judaica, vol. 1, Thomson Gale,‎ , p. 280-281
  8. voir par exemple Pierre Norma, Dictionnaire encyclopédique de la Bible, Maxi-Livres, La Flèche, 2001, (ISBN 978-2-7434-6267-3), p. 10.
  9. Albert de Pury, « Genèse 12-26 », dans Introduction à l'Ancien Testament, Labor et Fides,‎ , p. 234
  10. a, b et c Thomas Römer, « Itinéraire d'un riche éleveur », Historia, no 770,‎ , p. 20
  11. Thomas Römer, La construction d'un ancêtre : la formation du cycle d'Abraham, Chaire des Milieux bibliques du Collège de France, 18 février 2009, 4 min 30 s.
  12. a et b Lévi Ngangura Manyanya, La fraternité de Jacob et d'Esaü (Gn 25-36), Labor et Fides,‎ , p. 144-145
  13. Thomas Römer, « Qui est Abraham ? : Les différentes figures du patriarche dans la Bible hébraïque », dans Abraham : Nouvelle jeunesse d'un ancêtre, Labor et Fides, coll. « Essais bibliques »,‎ , chap. 28, p. 13-33
  14. (it) M. Liverani, « Un “ipotesi” sul nome di Abramo », Hen., t. 1, 1979, p. 9-18
  15. Mario Liverani, La Bible et l'invention de l'histoire, p. 54
  16. Mario Liverani, La Bible et l'invention de l'histoire, p. 356
  17. (en) Jack Finegan, Light from the Ancient Past. The Archaeological Background of the Hebrew-Christian Religion, J. Finegan,‎ , p. 91
  18. (de) M. Görg, « Abraham – Historische Perspektiven », BiNo 41, 1988, p. 11-14
  19. a et b Thomas Römer, Cours et travaux du Collège de France. Annuaire 109e année, Collège de France, Paris, mars 2010, p. 669-687. ISBN 978-2-7226-0083-6
  20. Thomas Römer, « Recherches actuelles sur le cycle d'Abraham », in Studies in the Book of Genesis: Literature, Redaction and History, ed. André Wénin, Peeters Publishers, 2001, p. 179-180.
  21. la septième section (Bible Segond 1910/Genèse (complet) 11,27 - Bible Segond 1910/Genèse (complet) 25,11) est appelée « toledot de Térah ».
  22. L'expression hébreu en Gn 12:15 וַתֻּקַּ֥ח « prise » est ambiguë et peut également désigner un rapport sexuel. Source : Thomas Römer, La construction d'un ancêtre : la formation du cycle d'Abraham, Chaire des Milieux bibliques du Collège de France, 2 avril 2009.
  23. en hébreu, « foule » se dit hamon, et ham est la fin du mot Abraham et le début du mot hamon
  24. Le nom d'Isaac (en hébreu « rire, joie »).
  25. Bible Segond 1910/Genèse (complet) 21,1-21
  26. Genèse 22, Chouraqui
  27. Thomas Römer, Dieu obscur : Cruauté, sexe et violence dans l'Ancien Testament, éd. Labor et Fides, p. 60, extrait en ligne
  28. Dictionnaire encyclopédique du judaïsme [détail des éditions], 1996, p. 83
  29. שקל, shekel
  30. Eber, ŒBR עבר (de ŒBR עובר, ‘Over, passer) est l’ancêtre d’Abram l’Hébreu, ABRM HŒBRY אברם העברי, Avram ha’Ivry.
  31. ŒBR, over, littéralement « passant » chez le marchand) De même que l’hébreu, la langue, « passe » de l’un à l’autre, l’argent « passe » de main en main.
  32. Bible Segond 1910/Genèse (complet) 23
  33. Bible Segond 1910/Genèse (complet) 24
  34. Bible Segond 1910/Genèse (complet) 25,1-18
  35. Jean-Louis Ska, Jean-Pierre Sonnet, André Wénin, L'analyse narrative des récits de l'Ancien Testament, Éditions du Cerf,‎ , p. 10-13
  36. Thomas Römer, « Recherches actuelles sur le cycle d'Abraham », in Studies in the Book of Genesis: Literature, Redaction and History, ed. André Wénin, Peeters Publishers, 2001, p. 193.
  37. Albert de Pury, Introduction à l'Ancien Testament, 2004, p.217-218
  38. Albert de Pury, op. cit., p.198, 219-220, 242-243
  39. Certains auteurs comme le chercheur B. D. Eerdmans considèrent que le Livre de la Genèse est à l'origine uniquement un sefer toledot (« livre des généalogies). Source : B. D. Eerdmans, Alttestamentliche Studien, vol. 1, Die Komposition der Genesis, Topelmann, 1908
  40. Michel Quesnel, Philippe Gruson, La Bible et sa culture. Ancien testament, Desclée de Brouwer,‎ , p. 84
  41. Jean Louis Ska, « L'appel d'Abraham et l'acte de la naissance d'Israël. Genèse 12,1-4a », in M. Vervenne et J. Lust (ed.), Deuteronomy and Deuteronomic Literarture. Festschrift C.H.W. Brekelmans (BEThL 133), Leuven : Peeters, 1997, pp. 367-389
  42. (en) W. F. Albright, « Was the Patriarch Terah a Canaanite Moon-God ? », Bulletin of the American Schools of Oriental Research, no 71,‎ , p. 35-40
  43. (en) C. H. Gordon, « Abraham and the Merchants of Ura », Journal of Near Eastern Studies, no 17,‎ , p. 28-31
  44. (en) W.F. Albright, « Abram the Hebrew, A New Archaeological Interpretation », Bulletin of the American Schools of Oriental Research, no 163,‎ , p. 36-54
  45. Luc Aerens, Jean-Philippe Deprez, Danielle Yannart, Le règne de Dieu est proche, De Boeck,‎ (lire en ligne), p. 98
  46. Jacques Vermeylen, La loi du plus fort. Histoire de la rédaction des récits davidiques de 1 Samuel 8 à 1 Rois 2, Peeters Publishers,‎ , p. 535
  47. André Wénin, Studies in the Book of Genesis: Literature, Redaction and Historyéditeur=Peeters Publishers,‎ , p. 210
  48. Daniel Marguerat, La Bible en récits. L'exégèse biblique à l'heure du lecteur, Labor et Fides,‎ , p. 188
  49. Le dossier pédagogique de la BNF
  50. Qui est le fils de Abraham qui faillit être sacrifié : Isaac ou Ismaël ?
  51. Genèse 16,16 : Abram était âgé de 86 ans, lorsque Agar lui enfanta Ismaël - 21, 5 : Abraham était âgé de 100 ans lorsque Isaac son fils vint au monde
  52. (en) Jon Douglas Levenson, Remembering Abraham : Culture, Memory, and History in the Hebrew Bible : Culture, Memory, and History in the Hebrew Bible, Princeton University Press,‎ , p. 3
  53. Dr. Floyd Nolen Jones, Chronology of the Old Testament, New Leaf Publishing Group,‎ (lire en ligne), p. 295
  54. Roger Le Déaut, Targum du Pentateuque. Genèse, Éditions du Cerf,‎ , p. 147
  55. a et b (en) Marti J. Steussy, David. Biblical Portraits of Power, University of South Carolina Press,‎ , p. 199
  56. Robert Martin-Achard, Actualité d'Abraham, Labor et Fides,‎ (lire en ligne), p. 121
  57. Évangile de Barnabé ou Séfer de Jésus, chap.24
  58. Apocalypse of Abraham, voir p.363, The Apocryphal Old Testament, Sparks H.F.D., Oxford 1984
  59. Georges Gander, La 2e Epître de Paul aux Corinthiens. Nouveau commentaire d'après l'araméen, le grec et le latin, Editions Contrastes,‎ , p. 191
  60. Jean Chrysostome, Commentaire du livre de la Genèse
  61. Genèse 12, 1-3
  62. Saint Augustin, La Cité de Dieu, XVI, 15
  63. L'Église y voit une annonce du mystère de la Sainte Trinité
  64. Entretien 48 dans le commentaire sur la Genèse
  65. Saints pour le 9 octobre du calendrier ecclésiastique orthodoxe
  66. Voir Abraham sur Nominis
  67. Comment Abraham aurait-il pu être un "musulman", alors que le Coran n'était pas encore révélé à son époque ?
  68. Maurice Gaudefroy-Demombynes, Mahomet, Albin Michel,‎ , p. 348
  69. Roland de Vaux, « Les patriarches hébreux et l'histoire », Revue Biblique, no 72,‎ , p. 5-28
  70. Voir tablettes cunéiformes de Nuzi.
  71. Cf. article « Chaldée »
  72. Dominique Charpin dans La Bible dévoilée (épisode 1 Les Patriarches), coffret 2 DVD, Thierry Ragobert, Éditions montparnasse (22 février 2006). (ASIN B000EBFVNG)
  73. (en) G.A. Buttrick, The Interpreter's Bible Dictionary, Abingdon Press,‎ , p. 490-491
  74. Philippe Abadie, Abraham, celui qui enracine Israël dans le monde, in Le Monde de la Bible no  192, mars-avril-mai 2010, p. 32
  75. Patrick Banon, La circoncision signe d'alliance avec le divin, in Historia no  770, février 2011, p. 38
  76. Israël Finkelstein et Neil Asher Silberman, La Bible dévoilée. Les nouvelles révélations de l’archéologie, Bayard,‎ 2002), 431 p. (ISBN 978-2-227-13951-0), p. 47-50 et p. 361-367
  77. 1800 avant J.-C. : Abraham inaugure l’Histoire des Hébreux
  78. Shlomo Sand, Comment le peuple juif fut inventé, Flammarion, coll. « Champs essais »,‎ (ISBN 978-2-08-122882-5)
  79. Thomas Römer, « Recherches actuelles sur le cycle d'Abraham », in Studies in the Book of Genesis: Literature, Redaction and History, ed. André Wénin, Peeters Publishers, 2001, p. 94.
  80. Thomas Römer, Jean-Daniel Macchi et Christophe Nihan, Introduction à l'Ancien Testament, Labor et Fides,‎ , p. 237
  81. "Un mystère rassembleur", entretien avec Israël Finkenstein pour le Monde des religions
  82. Pierre Bordreuil, « Images bibliques d'Abraham » dans Dialogue des religions d'Abraham pour la tolérance et la paix, Alif les éditions de la Méditerranée, 2006, p.21-26
  83. Sonia Fellous, « Abraham dans l'iconographie des trois religions monothéistes », HAL, 2004, p. 3
  84. Gabrielle Sed-Rajna, La Bible hébraïque, Paris, éd. Vilo,‎ , p. 31-50
  85. Sonia Fellous, op. cit., p. 5 et 8
  86. Sonia Fellous, op. cit., p. 9
  87. Nick Tosches, Blackface. Au confluent des voix mortes, Editions Allia,‎ , p. 233
  88. Célestin Deliège, Cinquante ans de modernité musicale, Éditions Mardaga,‎ , p. 642
  89. Philippe Hamon, « Pour un statut sémiologique du personnage », dans Roland Barthes et al., Poétique du récit, Seuil, 1977, p. 122
  90. Cécile Hussherr et Emmanuel Reibel, Figures bibliques, figures mythiques. Ambiguïtés et réécritures, Éditions ENS Rue d'Ulm,‎ , p. 48
  91. « Abraham DVD », sur holyart.fr

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Historiens et chercheurs[modifier | modifier le code]

  • Robert Martin-Achard, Actualité d'Abraham, Labor et Fides, 1969
  • (de) Thomas Römer
    • Israels Väter. Untersuchungen zur Väterthematik im Deuteronomium und in der deuteronomistischen Tradition (OBO 99), éd. Academic Press/Vandenhoeck & Ruprecht, Fribourg/Göttingen, 1990
    • Qui est Abraham ? Les différentes figures du patriarche dans la Bible hébraïque, iAbraham. Nouvelle jeunesse d'un ancêtre, coll.Essais bibliques no 28, éd. Labor et Fides, 1997, p. 13-33
  • Walter Vogels
    • Abraham et sa légende, éd. du Cerf , 1996
    • Abraham « notre père », éd. du Cerf , 2010
  • (en) John Van Seters, Abraham in History and Tradition, New Haven, Yale University Press, Fribourg/Göttingen, 1975

Essais[modifier | modifier le code]

Vidéographie[modifier | modifier le code]

Liens vers le récit biblique[modifier | modifier le code]

Livre de la Genèse

  • Généalogie, Ur, Harran Ge 11. 26-32
  • Canaan, Égypte Ge 12
  • Séparation d’avec Loth Ge 13
  • Défaite des rois de Sodome et Gomorrhe, victoire d’Abram, Melchisédek Ge 14
  • Alliance avec l’Éternel Ge 15
  • Naissance d’Ismaël, fils d’Abram et d’Agar Ge 16
  • Renouvellement de l’alliance, Abram devient Abraham, Saraï devient Sarah, circoncision des mâles Ge 17
  • Chênes de Mamré, annonce de la naissance d’Isaac, annonce de la destruction de Sodome et Gomorrhe Ge 18
  • Sodome, sauvetage de Loth, statue de sel, Inceste de Loth et de ses filles Ge 19
  • Abimélec roi de Guérar, Abraham fait à nouveau passer Sarah pour sa sœur Ge 20
  • Naissance d’Isaac, conflit de Sarah avec Agar et Ismaël, promesses de Dieu envers Ismaël Ge 21
  • Sacrifice d’Isaac, renouvellement de l’alliance Ge 22
  • Mort et sépulture de Sarah Ge 23
  • Mariage d’Isaac et de Rebecca Ge 24
  • Fin de la vie d’Abraham, Ketourah Ge 25. 1-10
  • le Temps des Patriarches (1948 / 2255 : Les "Chlochach Avoth" ou les Trois Patriarches : Avraham, Isaac, Jacob)

Liens vers les parachiot[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

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Liens externes[modifier | modifier le code]