Coranisme

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Islam coraniste
Image illustrative de l’article Coranisme
Le Coran (parole de Dieu) est jugé complet et parfait selon les coranistes, tandis que la sunna (règles, loi) présent dans les hadiths (paroles de Mahomet) est jugée comme d'authenticité douteuse, écrite pour remplir des buts politiques et remplie de superstitions qui régnaient dans l'Arabie du VIIe siècle.
Présentation
Nom original arabe : القرآنية‎ (al-Qur'āniyya)
Nom français Coranisme (islam coraniste)
Nature Courant minoritaire de l'islam
Lien religieux Apport du judaïsme et du christianisme avec changements majeurs disruptifs
Nom des pratiquants Musulman coraniste (ou simplement coraniste)
Croyances
Type de croyance Religion monothéiste
Croyance surnaturelle Divinité, djinn, ange
Principales divinités Dieu (Allah en arabe)
Principaux prophètes Abraham, Moïse, Jésus et Mahomet
Lieux importants La Mecque, Médine, Jérusalem
Principaux ouvrages Le Coran seul
Pratique religieuse
Classification

Le Coranisme ou Qoranisme[1] est un courant religieux de l'islam, fondé sur le Coran seul (parole de Dieu) et le refus total de l'autorité des hadiths (paroles de Mahomet)[2].

Les coranistes croient que le message d'Allah dans le Coran est clair et complet, et qu'il peut donc être entièrement compris sans faire référence aux hadiths. Les Coranistes affirment que la littérature des hadiths qui existe aujourd'hui est apocryphe, étant donné qu'elle a été écrite deux siècles après la mort du prophète islamique Mahomet ; ainsi, ils ne peuvent pas avoir le même statut que le Coran. Les coranistes croient en la sunna (qui signifie en français « tradition », « cheminement » ou « loi ») qui se trouve dans le coran et qui regroupe toutes les lois de Dieu, mais rejettent la sunna des hadiths telle que définie généralement[3],[2],[4],[5],[6],[7].

Contrairement aux coranistes, les sunnites et les chiites pensent que le Coran n'est pas entièrement détaillé et qu'il doit être clairement révélé par la sunna des hadiths selon la croyance traditionnelle que « le Coran a besoin de la sunna plus que la sunna n'a besoin du Coran [8]». Cette différence méthodologique a conduit à des divergences considérables entre les coranistes et les sunnites et chiites en matière de théologie et de droit ainsi que de compréhension du Coran[7]. Les coranistes prétendent que les sunnites et chiites ont déformé le sens des versets pour soutenir leurs ambitions politiques[9], en particulier dans les versets sur les femmes et la guerre[10],[11].

En matière de foi, de jurisprudence et de législation, les coranistes diffèrent des sunnites et chiites qui considèrent les hadiths, les opinions des savants, les opinions des compagnons de Mahomet, de l'ijma et des qiyâs en plus du Coran comme étant l'autorité législative de l'islam en matière de droit et de croyance[12]. Chaque branche islamique qui reconnait les hadiths a sa propre collection distincte de hadiths sur laquelle s'appuient leurs fidèles, mais qui sont rejetés par les autres branches hadithistes, tandis que les coranistes rejettent en bloc tous les hadiths[7]

Cette vision coraniste est similaire aux mouvements de religions abrahamiques tels que le mouvement karaïte dans le judaïsme et la vision sola scriptura du christianisme protestant[13].

Au sujets des pratiques sociétales, les coranistes diffèrent largement des courants majoritaires sur le fait qu'ils s'opposent au port du voile islamique, à la circoncision, ainsi qu'à la torture et la lapidation à mort des adultères ou des homosexuels. Ils sont contre l'interdiction de la musique, du chant, du dessin, de se raser la barbe, ou du fait pour un homme de porter de l'or ou de la soie. Ils voient la polygamie comme ayant des règles trop strictes pour être réellement appliquée et ne considèrent pas les chiens comme impurs ou à éviter.

Terminologie[modifier | modifier le code]

Les coranistes sont appelés en arabe مسلمون قرآنيّون muslimoona qur'aniyyoon, « musulmans coranites », ou مسلمون حق muslimoona haqq, « vrais musulmans » (de la sourate 8, verset 4). Ils sont aussi appelés منكروا الحديث munkirū l-ḥadeeth, littéralement « refuseur d'hadiths » qu'on pourrait mieux traduire par « bannisseur de hadiths », par leurs opposants[14]. Les coranistes sont également appelés « Ahl al-Quran » (Les Gens du Coran).

Doctrine[modifier | modifier le code]

Selon les coranistes, la religion de l'Islam a été sévèrement corrompue. Plus de 200 ans après la mort du prophète Mahomet, l'être humain a commencé à innover des doctrines et des mensonges artificiels et les a faussement attribués au prophète et à cette grande religion. Au fil des ans, ces innovations (Hadith et Sunna) sont devenues une source officielle de lois à côté du Coran dans la plupart des pays dits islamiques. Il a été proclamé que le Coran seul n'est pas suffisant en tant que source de loi. Un blasphème qui contredit ce que Dieu dit à propos du Coran étant complet, parfait et entièrement détaillé.

"Faut-il que je cherche autre que Dieu comme source de loi, alors qu’Il vous a révélé ce livre pleinement détaillé ?" (6:114)

La seule mission du prophète était de livrer le coran et sans l'expliquer.

"Ta seule mission est de livrer le message" (42:48)

"Ne remue pas ta langue pour le hâter. C’est nous qui le rassemblerons en Coran. Lorsque nous le récitons, tu dois suivre cette récitation (du Coran). Ensuite, c’est nous qui l’expliquerons." (75:16-19)

Ils trouvent que les hadiths sont des textes écrit par l'Homme (après la mort de Mahomet) et n'ont donc aucune puissance divine comme le Coran (dicté par Dieu à Mahomet). Allah précise dans le Coran que ce livre saint doit être la seule source de loi à suivre, nous ne pouvons savoir si les autres écrits musulmans sont ainsi à l'abri de la falsification. Ils rejettent aussi l'autorité des savants, une certaine notion du clergé et les écoles juridiques mises en place au tout début de l'apogée de l'islam.

Les coranistes rejettent l'autorité des hadiths en se basant sur des versets du livre[15]. N'oublions pas que de nombreux hadiths sont en contradiction avec le Coran, la science et entre-eux et sont pour autant considérés authentiques.

« Devrais-je suivre autre que DIEU comme source de loi, alors qu'Il vous a révélé ce livre pleinement détaillé ? (...) »

« La parole de ton Seigneur est COMPLÈTE EN VÉRITÉ ET EN JUSTICE. Rien ne doit abroger Ses paroles. Il est Celui qui entend, l'Omniscient. (6:114-115) »

« Nulle créature sur terre, nul oiseau volant de ses ailes, qui ne soit comme vous en communauté. Nous n'avons rien négligé dans le Livre. Puis, vers leur Seigneur ils seront rassemblés. (6:38)[16]. »

« Nous avons exposé pour les gens, dans ce Coran, toutes sortes d'exemples. Mais l'Homme est, sur la plupart des choses, disputeur. (18:54)[17]. »

« Chercherai-je un autre juge que Dieu, alors que c'est Lui qui a fait descendre vers vous le Livre détaillé ? Ceux auxquels Nous avons donné le Livre savent qu'il est descendu de ton Seigneur avec la vérité. Ne sois donc pas parmi les sceptiques. La parole de ton Seigneur s'est accomplie en toute vérité et justice. Nul ne peut modifier Ses paroles. Il est l'Audient, l'Omniscient. (6:114-115)[18]. »

« La descente du Livre provient de Dieu, l'Honorable, le Sage. Dans les cieux et la terre, il y a des signes pour les croyants. Dans votre propre création, et dans ce qu'Il dissémine comme créatures, il y a des signes pour des gens qui ont la certitude. L'alternance de la nuit et du jour, ce que Dieu a fait descendre du ciel comme subsistance par laquelle Il fait revivre la terre après sa mort, et la variation des vents sont des signes pour des gens qui raisonnent. Voici les signes de Dieu que Nous te récitons en toute vérité. Alors dans quelle parole, après Dieu et Ses signes, croiront-ils ? (45:2-6)[19]. »

« C'est un Coran magnifique, dans un Livre caché, que seuls les purifiés atteignent. Une descente du Seigneur des mondes. Est-ce ce discours-là que vous traitez de mensonge ? (56:77-81)[20]. »

« Après cela, dans quelle parole croiront-ils donc ? (77:50)[21]. »

Mais ce sont les groupes les plus obstinés qui ont complètement dénigré l'authenticité des hadiths et les ont refusés pour de nombreuses raisons, la plus répandue étant l'annonce des coranistes de l'absence de référence aux hadiths de Mahomet comme une source théologique et comme guide dans le Coran (à savoir que le mot hadith en lui-même peut vouloir faire dire plusieurs choses comme "parole" ou "écrit", il peut désigner le Coran aussi par exemple). Le fait qu'ils n'ont été mis par écrit pas moins de 200 ans après la mort de Mahomet et qu'ils contiennent des erreurs et des contradictions[4],[22].

La référence à la Sunna de Mahomet[modifier | modifier le code]

Dans la tradition originelle (Sounatoullah) musulmane, le mot "Hikma" désigne la sagesse et fait référence par là à la Sunna du coran qui contient toutes les informations possibles pour conduire le musulman à vivre pieusement, aussi bien au niveau personnel que social (jurisprudence)[23][réf. obsolète]

Les coranistes admettent qu'il n'y a pas de référence à la Sunna de Mahomet dans le Coran et ils condamnent le fait que les écoles traditionnelles se servent d'autres mots pour tromper le lecteur, c'est le cas du terme "Hikma". Ils expliquent le mot de "Hikma" (Sagesse) par la notion de compréhension, de raisonnement, d'intelligence, en s'appuyant essentiellement sur les versets suivants :

« Et il y a parmi eux certains qui roulent leur langues en lisant le Livre pour vous faire croire que cela provient du Livre, alors qu'il n'est point du Livre; et ils disent: ‹Ceci vient d'Allah›, alors qu'il ne vient pas d'Allah. Ils disent sciemment des mensonges contre Allah - (3.78) - Il ne conviendrait pas à un être humain à qui Allah a donné le Livre, la Compréhension et la Prophétie (Al-Kitāba Wa Al-Ĥukma Wa An-Nubūwata), de dire ensuite aux gens : « Soyez mes adorateurs, à l'exclusion d'Allah »; mais au contraire, [il devra dire] : « Devenez des savants, obéissant au Seigneur, puisque vous enseignez le Livre et vous l'étudiez ». (3:79) »

« Il donne la sagesse (Al-Ĥikmata) à qui Il veut. Et celui à qui la sagesse est donnée, vraiment, c'est un bien immense qui lui est donné. Mais les doués d'intelligence seulement s'en souviennent. (2.269) »

« Quand Dieu dit : "Ô Jésus, fils de Marie, rappelle-toi Mon bienfait envers toi et envers ta mère. Quand Je t'ai soutenu par l'Esprit Saint, tu parlais aux gens dans le berceau, et à l'âge adulte. Et quand Je t'enseignai le Livre, la sagesse (al-hikma), la Torah et l'Injeel. Et quand tu créas d'argile la forme d'un oiseau, avec Ma permission, tu soufflas dedans, et elle fut oiseau, avec Ma permission. Et tu guéris l'aveugle-né et le lépreux, avec Ma permission, et tu fis revivre les morts, avec Ma permission. Et quand j'écartai les fils d'Israël de toi, quand tu vins à eux avec les preuves. Et dirent ceux qui déniaient parmi eux : "Ceci n'est qu'une magie évidente !". (5:110) »

Dans leur vision des choses, le fait qu'Allah a révélé la sagesse ("Hikma") à des messagers et prophètes antérieurs à Mahomet ne peut donc pas permettre l'utilisation de ce mot comme la Sunna de Mahomet puisque ces prophètes n'en avaient pas connaissance et l'époque n'était pas adaptée. Ils utilisent encore d'autres versets pour prouver que "Hikma" ne veut dire que sagesse au sens propre du terme et n'est pas un mot implicite qui en appelle un autre[24].

Bien que raccourcir à ce point là la pensée des sunnites est réducteur, même si les hadiths qui expliquent le Coran sont une forme de sagesse ("Hikma"), la sagesse peut s'acquérir par d'autres moyens et existe sous une forme plus général, la philosophie est une sagesse par exemple dans une acceptation moderne et plaisante. Pour résumer : la sagesse dans le courant orthodoxe est l'action de prêcher, d'enseigner ce qui aura bon résultat[25],[26].

Différences dogmatiques[modifier | modifier le code]

Article de foi Dans le courant chiite ou sunnite Dans le courant coranite
Prière (salat) Les sunnites prient obligatoirement cinq fois par jour, des prières surérogatoires peuvent être envisagés comme ceux accomplis par le prophète décrits dans certains hadiths[27],[28]. Les chiites ont l'habitude de rejoindre leurs cinq prières obligatoires en trois réunis[29]. Il est invalide pour la femme de prier durant ses menstrues que ce soit pour les prières obligatoires ou surérogatoires, même de se prosterner en signe de gratification[30]. Les coranistes se divisent en plusieurs catégories concernant la prière. Il y a ceux qui combine les cinq prières en trois comme les Chiites[31], il y a ceux qui prient cinq fois par jour et[32] ceux qui prient trois fois par jour[33]. ou librement tout en respectant certaines règles établies dans le Coran[34].
Aumône (Zâkat) Les sunnites prélèvent 2,5% de leur revenu de la manière prescrite par leur prophète quand il s'agit de monnaie et 10% s'il s'agit de produits agricoles ou de bestiaux[35]. Les coranistes donnent l'excès de leur richesse comme déclaré dans le Coran[36].
Pèlerinage à La Mecque (Hajj) Le pèlerinage à La Mecque s'effectue du 8 au 12 du mois de Dhou al-hijja, étant le 12e et dernier mois du calendrier musulman[37]. La première révolte des coranistes contre le voyage du Hajj était d'embrasser la Pierre Noire qui ne trouve son origine dans aucun verset du Coran. Ensuite toutes les autres pratiques vues comme de la superstition ont été supprimées comme l'eau de Zamzam ou même la lapidation des stèles. Le Hajj a aussi un autre cours chez les coranistes, en effet il dure 4 mois[38].
Profession de foi (Shahada) Ils prononcent la Shahada en mentionnant le prophête Mahomet. Les coranistes prononcent la première Shahada qui ne mentionnent pas le prophête[39].

Les premières chahadas connues présentent un texte différent du texte actuel et ne mentionnent pas Mahomet

Droit pénal musulman[modifier | modifier le code]

Article de foi Dans le courant chiite ou sunnite Dans le courant coranite
Adultère L'adultère dans le sunnisme et dans le chiisme est puni de la peine capitale de mort par lapidation :

« L'apôtre d'Allah a dit, "le sang d'un musulman qui confesse que nul ne doit être adoré sinon Allah et que je suis Son Apôtre ne doit être versé excepté dans trois cas : pour la loi du talion lors d'un meurtre, une personne mariée qui a des relations sexuelles hors mariage ou celui qui tourne le dos à l'Islam (apostat) et abandonne les musulmans. »

— Sahih Bukhari 9:83:17

Dans certains hadiths, la loi prescrivant la lapidation introduit aussi une peine en prémisse :

« Ubada b. as-Samit a rapporté que le messager de Dieu (Que la paix soit sur lui) a dit : « Suis mon enseignement, suis mon enseignement. Allah a ordonné à leur égard : quand un homme non marié est coupable d’adultère avec une femme non mariée, ils sont punis de 100 coups de fouet et sont bannis pour une année. Et si un homme marié commet l’adultère avec une femme mariée, ils sont punis de 100 coups de fouet et sont lapidés à mort. »

— Sahih Muslim, 17:4191

Certains penseurs et théologiens musulmans ont clamé qu'il ne se trouvait pas d'ordre ni d'indication à la mort par flagellation principalement dans le Coran, les experts en hadiths mettent alors ce verset en avant :

« Allah a envoyé Mahomet avec la vérité et a fait descendre sur lui le livre et parmi ce qu’Allah a fait descendre y figure le verset de la lapidation. Nous l’avons lu, compris et assimilé. Le Messager d’Allah a lapidé et nous avons lapidé après lui. Je crains que si le temps passe, certains n’en viennent à dire : ‘Par Allah, nous ne trouvons pas le verset sur la lapidation dans le livre d’Allah.’ Ils vont alors s’égarer en délaissant une obligation révélée par Allah. La lapidation est, dans le livre d’Allah, la sanction légale infligée à la personne mariée adultère, homme ou femme, à condition d’en avoir la preuve. »

— Sahih Muslim, 17:4194

Les personnes adultérines ou fornicatrices non mariées ont tous les deux le droit à une peine de cent coups de fouet comme écrit dans le Coran. Les coups doivent être infligés à une moyenne intensité[40]. Les submitters ne donnent la peine qu'à l'adultérin, ils omettent intentionnellement le fornicateur non marié, et les coups tenus doivent être symboliques[41].
Apostasie Bien que les musulmans modernistes rejettent pour la plupart la peine de mort pour l'apostat, les quatre écoles traditionnelles de jurisprudence sunnites ainsi que l'école chiite (jafarisme) appliquent le sort clairement décrit dans les hadiths[42] :

« L'apôtre d'Allah a dit, "le sang d'un musulman qui confesse que nul ne doit être adoré sinon Allah et que je suis Son Apôtre ne doit être versé excepté que dans trois cas : pour la loi du talion lors d'un meurtre, une personne mariée qui a des relations sexuelles hors mariage ou celui qui tourne le dos à l'Islam (apostat) et abandonne les musulmans. »

— Sahih Bukhari 9:83:17

« Rapporté par 'Ikrima ibn Abî Jahl : Ali brûla certaines personnes et cette nouvelle atteignit Ibn 'Abbas, qui a dit "Si j'avais été à sa place, je ne les aurais pas immolés par le feu, suivant ce que le prophète a dit : «ne châtiez personne avec le châtiment d'Allah». Mais sans aucun doute, je les aurait tués comme le prophète a dit : 'Si quelqu'un (un musulman) rejette sa religion, tuez-le.' »

— Bukhari 52:260

Pour les Coranites, nulle part dans le Coran il n'est ordonné de tuer des apostats qui ne diffament pas la religion, seul le châtiment divin est mis en garde[43].

Mode de vie[modifier | modifier le code]

Article de foi Dans le courant chiite ou sunnite Dans le courant coranite
Nourriture Dans le sunnisme, les animaux doivent être égorgés en prononçant le nom d'Allah, les bêtes mortes sauf celles qui ont pu être égorgées avant sont interdites pour le sunnite. De même, le sang de la bête répandu volontairement, la viande de porc, la bête immolée pour un autre qu'Allah (excepté pour les chrétiens et les juifs, s'ils égorgent eux aussi)[44] sont proscrites. Le musulman peut cependant manger ces bêtes illicites si la faim le pousse, sans abus[45]. Les coranistes ont une approche similaire de la nourriture permise. En revanche, ils pensent que le système "hallal" d'aujourd'hui a été fabriqué : il n'y a pas besoin d'égorgement au nom d'Allah pour pouvoir manger une bête[46].
Style vestimentaire Les sunnites s'en tiennent à ce qu'à laissé le prophète Mahomet comme devoir pour le style vestimentaire. Par exemple, le sunnite ne doit pas avoir un habit dépassant ses chevilles, ne doit pas porter de vêtements similaires à ceux des athées, ne doit pas attirer l'attention, ne doit pas dépenser énormément dans ce domaine et doit surtout se couvrir la nudité et ne pas se mouler le corps ou laisser des transparences[47]. Pour le cas particulier du voile, le "hijab" est considéré comme obligatoire pour les 4 écoles de jurisprudence. Pour ce qui est du voile intégral : "niqab", il y a divergence. Le Coran est très clair sur le code vestimentaire pour les croyants. Il n'existe pas de vêtements islamiques mis-à-part l'obligation de cacher sa poitrine et son corps. Le voile pour les cheveux est un couvre-chef traditionnel et non religieux qui remonte à des civilisations anciennes, et n'est pas soutenu ou préconisé par le Coran. Elle peut prier sans voile[48].
Guerre La guerre chez les sunnites est du point de vue de l'Occident pour la vaste partie des musulmans "défensive"[49]. Même si certaines interprétations prêtent à équivoque pour une vision "offensive et conquérante"[50],[51]. Le terme "jihad" est ainsi beaucoup discuté sur sa signification belliqueuse et ses vrais buts, il est maintenant dans la plupart des cas traduit sous le sens de "effort" englobant n'importe quel effort concourant au bien, la guerre dans certains cas en fait partie et est obligatoire. Le "jihad" souvent compris comme guerre sainte veut tout simplement dire "effort" comme le pensent les sunnites contemporains de notre époque, la guerre peut aussi être un "jihad" mais dans un contexte particulier d’agression envers la communauté musulmane[52].
Polygamie Il est possible d'avoir jusqu'à quatre épouses maximum à condition de les traiter de manière égale[53]. Les coranistes ont une règle très stricte concernant la polygamie, elle n'est autorisée uniquement que pour épouser des veuves ayant des enfants à charge afin d'adopter ces orphelins et de subvenir à leurs besoins. Comme ce cas est très rare hors temps de guerre, ils estiment que la polygamie est une chose du passé qui ne plus être pratiquée aujourd'hui[54].

Histoire[modifier | modifier le code]

Les coranistes croient, sur la base de nombreux témoignages historiques, qu'ils datent de la période de Mahomet[55], par exemple un dire rapporté du prophète qui dit :

« N'écrivez rien de moi excepté le Coran, si quelqu'un écrit quelque chose à la place du Coran, détruisez-le[56]. »

Un autre récit conte :

« Il a été rapporté au Prophète que quelques individus ont retranscrit ces paroles à l'écrit. Il est monté en chaire et après avoir loué Dieu dit : "Quels sont ces livres que vous écrivez par rapport à moi ? Je ne suis qu'un humain. Quiconque garde ces traditions doit les détruire". Nous avons donc collecté ces écrits traditionnels et avons demandé "Peut-on recueillir des hadiths de toi?" Le Prophète a dit, "Quelquefois vous écrivez des hadiths sur moi; il n'y a rien de mal à cela. Mais celui qui m'attribue volontairement un mensonge a certainement préparé pour lui-même une place en enfer[56]. »

La prohibition de hadiths a été reconnue pour avoir continué durant le règle du successeur d'Abou Bakr, Omar ibn al-Khattâb selon un témoignage :

« Ombar ibn al-Khattâb a voulu enregistrer ces traditions (sunan) et pour cela il a consulté le compagnon du prophète qui l'a encouragé à poursuivre son œuvre. Omar a réfléchi sur son travail pendant un mois en demandant la guidance d'Allah jusqu'à ce que sa décision soit prise et il dit : "J'ai voulu mettre la sunan par écrit jusqu'à ce que je me souvienne que les peuples (aqwam) vous précédant avaient compilé un livre (une sunan de leur respectif prophète) et se sont focalisés sur ce livre délaissant le Livre de Dieu. Sur Dieu ! Je ne mélangerai jamais le Livre de Dieu avec n'importe quelle autre chose[56] ! »

Une autre histoire raconte :

« Il a été signalé à Omar ibn al-Khattâb qu'il y avait des traditions écrites et des collections de traditions qui circulaient entre les gens. Il les a considérées nuisibles et a dit : "Ô vous tous! Il m'a été signalé que des livres de hadith étaient présents parmi vous, Sachez que le plus résolu d'entre eux est le plus aimé de Dieu. Quand ils m'ont apporté les livres pour que je puisse exprimer mon opinion sur eux, les gens pensaient que je voulais les revoir et les modifier au profit de différences textuelles et de quelques variations. Alors, dès que les livres ont été amenés à moi, je les ai mis dans le feu[56]. »

Selon un témoignage, Aisha dit :

« Mon père a recueilli 500 paroles du Prophète. Une fois alors qu'il dormait mais n'était pas à son aise. Je lui ai demandé alors la raison de son inconfort. Quand le soleil s'est levé, il m'a dit "Ma fille, ramène-moi les écrits en ta possession". Je lui ai remis. Il a demandé" qu'on lui ramène du feu et il les a brûlés[56]. »

Selon encore une autre transmission, Abou Bakr dit :

« Vous avez rapporté certaines déclarations du Messager d'Allah et auxquelles vous disputez entre vous. Après vous, la divergence va s'agrandir. Ne rapportez rien des paroles du Messager d'Allah, et si quelqu'un vous questionne, dites-lui "Il n'y a rien entre vous et nous que le Livre d'Allah, prenons comme autorisé" (halal) ce qui est autorisé et comme interdit (haram) ce qui est interdit[56]. »

Un autre dire de Mahomet conservé :

« Le Prophète nous a commandé de ne rien mettre par écrit[56]. »

Les érudits coranites estiment que la prohibition des hadiths est permanente[56]; alors que les érudits sunnites même s'ils ne nient pas ces témoignages les considèrent comme temporels. Selon leur pensée, ces recommandations n'étaient là que pour protéger la confusion entre les hadiths et la compilation du Coran. Ils supposent que dès que la compilation du Coran s'est terminé, la prohibition a elle aussi été levée[56]. D'autres théologiens sunnites ne trouvent pas cette explication pertinente due à la promesse de la conservation du Coran, mais qui peut justement se justifier par une suspension de la Sunna de Mahomet voulue par Allah.

Les organisations et branches coranistes[modifier | modifier le code]

Ahle Coran[modifier | modifier le code]

Ahle Coran est une organisation formée par Abdullah Chakralawi[57],[58], qui décrit le Coran comme "ahsan hadith" soit le plus parfait des hadiths en clamant par conséquent qu'il n'a pas besoin de supplément[59]. Son mouvement se fixe entièrement sur les sourates et versets du Coran. La position de Chakralawi était de définir le Coran comme la plus parfaite source de tradition et qu'il devait être exclusivement suivi. Selon lui, Mahomet ne pouvait recevoir qu'une seule forme de révélation (wahy), et c'était le Coran. Il soutient le fait que le Coran était le seul enregistrement de la sagesse divine, la seule source des enseignements de Mahomet, et qu'il a remplacé tous les corpus de hadith, qui sont venus plus tard[60]. Les savants de Ahle Qur'an peuvent utiliser les Tafsirs quand ils étudient l'interprétation du Coran[61].

Izgi amal[modifier | modifier le code]

Il s'agit d'une organisation coranique du Kazakhstan dont le nom cyrillique, "згі амал", peut être translittéré dans l'écriture latine en İzgi amal. Il compte entre 70 000 et 80 000 membres. Son chef, Aslbek Musin, est le fils de l'ancien président du Majlis, Aslan Musin[62],[63].

Société Coranique Malaisienne[modifier | modifier le code]

La Société Coranique Malaisienne a été fondée par Kassim Ahmad. Le mouvement occupe plusieurs positions qui le distinguent des sunnites et des chiites, telles que le rejet du statut des cheveux comme faisant partie de la awrah; présentant donc un relâchement sur l'observance du hijab, ce qui selon les coraniques ne fait pas partie du Coran[64].

Tolu-e-Islam[modifier | modifier le code]

Le mouvement a été initié par Ghulam Ahmed Pervez[65],[66],[67],[68]. Ghulam Ahmed Pervez n'a pas rejeté tous les hadiths; cependant, il n'a accepté que les hadiths "qui sont conformes au Coran ou ne tachent pas le caractère du prophète ou de ses compagnons"[69]. L'organisation publie et distribue des livres, des pamphlets et des enregistrements des enseignements de Pervez. Tolu-e-Islam n'appartient à aucun parti politique, ni à aucun groupe religieux ou secte[69].

Zumratul Jamiu Mumin[modifier | modifier le code]

Zumratul Jamiu Mumin est un mouvement coranique de l'État d'Ogun, au Nigeria. Le mouvement considère les hadiths comme une idolâtrie et un non islamique. Le groupe croit à la réfutation du dogme hadithiste, à la transmission du message du Coran aux non-musulmans et à son invitation, à faire des efforts pour intégrer les nouveaux convertis dans la communauté musulmane, à recruter de la main-d'œuvre et à former les travailleurs de la da'wah[70].

Cependant certaines communautés les plus nombreuses ont pu se faire une place parmi les organisations officielles, en voici une liste non exhaustive

Différences entre coranistes et submitters[modifier | modifier le code]

En 1974, Rashad Khalifa a découvert un code mathématique dans le Coran basé sur le nombre "19" (74:30-31); les "submitters" ("soumis/musulman" en anglais) voient ce code comme la preuve de l'authenticité du Coran et l'un des plus grands signes de Dieu[71]. Il représente un groupe important parmi les musulmans qui n'acceptent que le Coran comme source de guidance religieuse.

Tous les coranites ne suivent pas Rashad Khalifa, et des coranites existaient avant lui (par exemple Ghulam Ahmad Parvez (en) au Pakistan).

Références[modifier | modifier le code]

  1. Brown, Rethinking tradition in modern Islamic thought, 1996: p.38-42
  2. a et b >Aisha Y. Musa, « The Qur'anists », John Wiley & Sons, vol. 4, no 1,‎ , p. 12–21 (DOI 10.1111/j.1749-8171.2009.00189.x)
  3. al-Manar 12(1911): 693-99; cited in Juynboll, Authenticity, 30; cited in D.W. Brown, Rethinking tradition in modern Islamic thought, 1996: p.120
  4. a et b Richard Stephen Voss, Identifying Assumptions in the Hadith/Sunnah Debate, 19.org, Accessed December 5, 2013
  5. (en-US) admin, « 19.org », sur 19.org (consulté le )
  6. (tr) « KUR’ANİ-BİLİMSEL-TEOLOJİ, BİLİMSEL-KUR’ANİ-TEOLOJİ VE KUR’ANİ-AHENKSEL-TEOLOJİ – Caner Taslaman » (consulté le )
  7. a b et c « Hadis & Sünnet: Şeytani Bidatler », sur Teslimolanlar (consulté le )
  8. « Scripture and the Qurʾān », dans Jane Dammen McAuliffe, Encyclopaedia of the Qurʾān, vol. 5, Leiden, (ISBN 90-04-14743-8, DOI 10.1163/1875-3922_q3_EQCOM_00180), p. 165
  9. A. Muhammad, « True Islam - Misinterpreted Verses », sur Quran-Islam (consulté le )
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Liens externes[modifier | modifier le code]