Moussa (islam)

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Une vue du mont Sinaï, en Égypte actuelle.

Moussa (arabe : موسى, Mûsâ, Moïse dans la Bible) est un prophète majeur de l'islam et l’un de ceux qui ont reçu de Dieu un livre, en l’occurrence le Pentateuque. Fils d'Imran et époux de Séphora[1], il est le personnage sur lequel le Coran revient le plus souvent[2]. Le Coran le cite pour avoir accompli neuf miracles (Coran 17:101).

Il est appelé Kalim Allah (arabe : كـَلِيمُ اللهِ), celui qui a conversé directement avec Dieu (sur le Mont)[3].

Dans le Coran[modifier | modifier le code]

Naissance et jeunesse[modifier | modifier le code]

Moïse nait une année où le pharaon a donné l'ordre que soient mis à mort tous les fils d'Israël dès leur naissance. Dieu inspire alors à la mère de Moïse de le déposer dans un panier qu'elle laisse ensuite dériver sur le fleuve, lui révélant que son enfant lui sera rendu et sera du nombre des envoyés (sourate 28, verset 7). Très vite, le bébé est retrouvé et adopté par la famille du pharaon : selon Malek Chebel, c'est la sœur de Pharaon qui l'adopte[4]. Une sœur de Moïse, qui sur les ordres de sa mère avait suivi sa trace, intervient alors pour proposer une famille pour l'accueillir, et ce afin d'éviter l'allaitement par une nourrice étrangère. C'est ainsi qu'il fut rendu à sa mère (sourate 28, verset 8-13).

La rencontre avec Dieu[modifier | modifier le code]

Alors qu'il a atteint la maturité, et que Dieu lui a conféré la sagesse, Moïse intervient dans un conflit entre un Hébreu et un Égyptien, et tue l'Égyptien. Mais il est aussitôt pris de remord. Le lendemain, il voit l'homme qu'il a secouru la veille se battre de nouveau et comprend qu'il a affaire à un fauteur de trouble. Il s'approche pour le sermonner mais il apprend qu'on le recherche pour le meurtre de la veille et il quitte la ville. Il prend alors la direction de la fontaine de Madian où il rencontre un berger et ses deux filles. Il en épouse une et reste quelques années avec le vieillard.

Après avoir quitté le vieil homme, Moïse rencontre, dans la vallée de Touwa, un buisson ardent qui se présente comme l'émanation du seul et unique Dieu. Il ordonne à Moïse d'aller prêcher le pharaon et Moïse obtient le droit de se faire assister par Aaron, son frère, qui l'épaulera tout au long de sa vie (sourate 28, verset 13 à 34).

Le conflit avec le pharaon[modifier | modifier le code]

Mais le pharaon refuse de se convertir au monothéisme et de prêter allégeance à Dieu dont il se considère l'égal, si ce n'est le supérieur. Il s'en suit un combat de magie entre les mages égyptiens et Moïse, à qui Dieu a prêté sa puissance : après avoir plongé sa main sous sa tunique, il la ressort toute blanche ; quand les Égyptiens jettent leurs bâtons à terre et que ceux-ci se transforment en serpents, Moïse fait de même mais son serpent mange ceux des Égyptiens. Moïse remporte donc ce défi : ses adversaires le reconnaissent et se convertissent mais le pharaon décide de ne pas en tenir compte.

Dieu décide alors de mettre le pharaon à l'épreuve de façon conséquente et envoie des cataclysmes sur son pays : inondations, sauterelles, vermines, grenouilles et transformation du Nil en sang, mais rien n'y fait. Moïse, sur l'ordre de Dieu, rassemble alors son peuple et le mène vers le mont Sinaï. Pharaon les poursuit avec son armée, mais ils seront engloutis par la Mer Rouge tandis que Moïse et les siens ont eux pu traverser à sec car Dieu a permis que Moïse sépare les eaux en frappant la surface avec son bâton (sourate 7, versets 100 à 131; sourate 20, versets 58 à 82; sourate 26, verset 9 à 66).

Le mont Sinaï et le désert[modifier | modifier le code]

Quand les juifs arrivent au mont Sinaï, Moïse grimpe à son sommet. Il y rencontre Dieu qui lui remet les tables de la Loi. Moïse demande à Dieu l'autorisation de le voir. Dieu lui répondit qu'aucun homme ne peut soutenir Sa vue : « Et lorsque Moïse vint à Notre rendez-vous et que son Seigneur lui eût parlé, il dit : « Seigneur! Montre-Toi à moi pour que je puisse Te voir. »  Dieu dit : « Tu ne Me verras pas, mais regarde la montagne; si elle demeure à sa place, alors tu Me verras. » Mais lorsque son Seigneur manifesta (Sa) gloire à la montagne, Il la pulvérisa et Moïse s’effondra, foudroyé.  Lorsqu’il revint à lui, il dit : « Gloire à Toi!  À Toi je me repens et je suis le premier des croyants. »  (Coran 7:143). Après s'être réveillé, Moïse lui parle tout de même directement, sans intermédiaire, ce qui est un privilège unique que n'a connu aucun autre prophète. C'est de cet échange que lui vient le surnom de Kallim Allah.

Mais, quand il redescend, Moïse tombe sur son peuple qui, sous l'influence d'idolâtres, s'est mis à adorer une effigie de veau. De colère contre ce spectacle, il jette les tables de la Loi à terre. Le peuple se repend de son idolâtrie et Dieu ressuscite les soixante-dix hommes qu'il avait d'abord tués (sourate 7, versets 133 à 153). Puis les Hébreux reprennent leur marche dans le désert, marche qui durera quarante ans en punition de leur refus de faire la guerre à une ville impie malgré l'assistance que Dieu leur garantit. (sourate 5, versets 23 à 29)

La rencontre avec un autre homme de Dieu[modifier | modifier le code]

Lors de l'exode, Moïse rencontre un homme instruit de la science de Dieu. Le Coran ne le nomme pas, mais la tradition l'identifie comme Al-khidr. Moïse demande à le suivre, afin de recevoir son enseignement mais l'homme refuse, arguant que ce qu'il enseigne et sa conduite sont trop étranges pour Moïse, puis finit par accepter à condition que Moïse ne pose aucune question.

Ils se mettent en marche et l'homme va successivement, et sans raison apparente, faire sombrer un bateau, tuer un jeune homme et relever un mur qui tombe en ruine sans demander rétribution pour cela. À chaque fois, Moïse s'en étonne et se fait réprimander pour ses questions par l'homme qui finit tout de même, quand leurs chemins se séparent, par lui donner la raison de ses actes : le bateau appartenait à des pauvres, mais un roi voulait s'en emparer à titre d'impôt; le jeune homme était un incroyant qui risquait d'influencer ses propres parents à qui Dieu donnera un autre fils qui sera fidèle. Quant au mur, il appartient à deux orphelins et il y a sous le mur un trésor qu'ils ne trouveront, maintenant qu'il est reconstruit, que lorsqu'ils atteindront la majorité. Il explique enfin que toutes ces actions ne sont qu'obéissance à la volonté divine (sourate 18, versets 60 à 82)

Le nombre d'Hébreux[modifier | modifier le code]

Le Coran ne donne aucune estimation sur le nombre d'Hébreux en Égypte, pas même sur les raisons de l'oppression ; il n'avance pas comme le dit la Bible la crainte de Pharaon devant le fort accroissement des Hébreux laquelle l'a poussé au génocide des enfants mâles. Bien au contraire, il indique que leur nombre ne semblait pas inquiéter le pharaon de l'Exode qui déclare que les Hébreux « ne forment qu'une bande peu nombreuse » (sourate 26, verset 54)[5]. Quant à la sourate 7, verset 161, elle laisse aussi supposer un faible nombre d'Hébreux en mentionnant qu'ils seraient passés par un village vide, s'y seraient installés et y auraient mangé de ses produits.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Dictionnaire des symboles musulmans, Malek Chebel, éd. Albin Michel, 1995, p.275
  2. Son nom revient 136 fois : Bible et sciences des religions: judaïsme, christianisme, islam, p. 153.
  3. Coran, Sourate 4 : Les femmes (An-Nisa') verset 164.
  4. Malek Chebel, Dictionnaire des symboles musulmans, éditions Albin Michel, p.275
  5. Maurice Bucaille, Moïse et Pharaon, édition Seghers, 1995, p.330-331