Job (Bible)

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Job
Blake Book of Job Linell set 6.jpg
Biographie
Nom dans la langue maternelle
אִיּוֹבVoir et modifier les données sur Wikidata
Domicile
Conjoint
Job's wife (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Enfants
Autres informations
Religion
Job selon le peintre Léon Bonnat (1880).
Georges de La Tour, Job raillé par sa femme (1625-1650), Musée départemental d'art ancien et contemporain, Épinal.

Job, de l'hébreu אִיּוֹב (ʾiyyôv), est un personnage de la Bible héros du Livre de Job. Ce livre est classé parmi les Ketouvim au sein de la Bible hébraïque, et parmi les livres poétiques de l'Ancien Testament pour les chrétiens. Il est également cité dans le Coran en tant que prophète (en arabe : أيّوب : ’ayyoûb[1]).

Job représente l'archétype du Juste dont la foi est mise à l'épreuve par Satan, avec la permission de Dieu[2].

Une mosquée d'Istanbul porte ce nom, celui d'un compagnon de Mahomet mort au combat devant la ville qui s'appelait alors Constantinople. La dynastie des Ayyoubides fondée par le sultan d'Égypte Saladin (1138-1193), d'origine kurde, tire son nom de son père Najm ad-Din Ayyub.

Récits[modifier | modifier le code]

Récit biblique[modifier | modifier le code]

Le prénom de Job, malgré son caractère juste, (Jb 1,1), vient[3] des épreuves que Satan lui fait subir par défi (Jb 1,11). Job supporte avec résignation la perte de ses biens (Jb 1,14), de ses enfants (Jb 1,18-19), ainsi que les souffrances de la maladie (Jb 2,7). Puis il supporte de même les réprimandes de trois de ses amis, sans renier une fois son Dieu. Dieu lui expliquera ensuite qu'il ne faut pas juger ses jugements avec des vues d'homme, et le rétablira dans toutes ses possessions, doublées. Il eut sept fils et trois filles (Jb 1,2) qui périrent dans l'effondrement de la maison de leur frère aîné au début de ses épreuves (Jb 1,18-19). Puis à nouveau sept fils et trois filles lorsque Dieu le rétablit à la fin du récit. Ses trois dernières filles sont nommées (Jb 42,14) : Jemima, Ketsia et Kéren-Happuc[4].

Récit coranique[modifier | modifier le code]

À quatre reprises, et deux fois dans des listes de prophètes, le Coran mentionne Ayyûb. Les deux autres extraits, probablement contemporains, évoquent l'histoire de Job et pourraient illustrer les difficultés vécues par Mahomet dans sa prédication[5]. Les faibles mentions de Job sont complétées à l'époque post-coraniques par les commentateurs, en particulier en s'inspirant des écrits judéo-chrétiens (Bible, commentaires rabbinique, pseudépigraphe de Job). Cette figure a fait, dans l'islam, l'objet d'une construction à des fins d'édification morale[5].

Le récit musulman de Job suit les grandes ligne du récit biblique. Néanmoins, les commentateurs hésitent à le positionner dans l'histoire d'Israël, le plaçant soit après Joseph, soit après Jonas[5]. Si certains commentateurs musulmans ne sont pas avares de détails quant aux maux infligés par Satan à Job, d'autres, influencés par le dogme de l'impeccabilité (morale et physique) des prophètes ont estimé que son mal ne pouvait être qu'interne. Job est abandonné de tous, sauf de sa femme, bien que celle-ci, ayant succombé au propositions d'Iblis, les ait présenté à Job[5].

Embarrassé par des souffrances imméritées, les commentateurs, sans mettre l'accent sur cette question, ont cherché une explication. Le Coran ne mentionne pas de fautes de Job mais ne dit, non plus, qu'il en est innocent. Il y est décrit comme "repentant", ce qui a été perçu par les commentateurs comme une preuve de culpabilité[5]. Lui ont été imputés l'orgueil, la vanité... Pour d'autre, les maux proviennent simplement de la jalousie d'Iblis. L'importance de ce récit est mis par l'islam sur la réaction de Job et son attitude façe à la souffrance[5]. Chez les commentateurs les plus anciens, Job est très proche de la figure biblique tant dans sa soumission que dans la révolte contre Dieu. Les commentateurs plus tardifs vont faire disparaître ce second aspect tandis que d'autres encore plus tardifs comme Ibn Kathir ne retiennent que la constance infaillible de Job dans les épreuves. Cette approche nouvelle de Job est née de l'application du dogme tardif de l'impeccabilité des prophètes[5].

Iconographie[modifier | modifier le code]

Dans les livres d'heures médiévaux, la section Office des morts contient fréquemment un paragraphe sur Job. On y présente Job, à moitié nu, couvert d'ulcères, sur un tas de fumier, face à ses trois amis Éliphaz de Teman, Bildad de Schuach, et Tsophar de Naama qui l'exhortent à abjurer Dieu.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. La variante turque est Eyüp.
  2. Job 1. 9-12
  3. אִיּוֹב est traduit littéralement par "celui qui est oppressé, haï, ennemi", "Je m'exclamerai" et a pour origine אָיַב (‘ayab) "être hostile à, être un ennemi de, traiter comme un ennemi".
  4. Job 42. 14
  5. a b c d e f et g "Job" dans Dictionnaire du Coran, 2007, Paris, p. 445-448.

Annexes[modifier | modifier le code]

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Voir aussi[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]