Kafir

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Un kâfir (arabe : كافر [kāfir], mécréant, incroyant, ingrat, infidèle) est un terme arabe à connotation dépréciative désignant celui qui n'est pas croyant. Le kufr (كفر, mécréance, incroyance, ingratitude) peut être un acte ou une parole d'un kâfir ou bien d'un musulman, ce qui entraînerait son apostasie. Ce sens religieux du mot kâfir est mis en cause par des savants musulmans en s’appuyant sur le vraie sens linguistique du mot, et que Dieu ne choisit pas les mots par hasard, un kâfir serait quelqu'un qui couvre quelque chose toute en sachant qu'elle existe[1].

Les différents types de mécréants kafir[modifier | modifier le code]

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Il existe deux types de mécréants (kouffar, pluriel de kâfir) :

  1. Le mécréant d'origine (kafir asli), c'est-à-dire qui n'a jamais embrassé l'Islam. Certains croient en Allah, mais aucun ne respecte les préceptes de l'Islam, ni ne reconnaît son prophète Mahomed. Ils sont de trois types :
  2. Le mécréant apostat (kafir mourtad), celui qui a commis ou omis un acte, une parole entrainant son excommunication de l'Islam. Ces actes de kufr sont de deux types :
    • Al-jouhoud : c'est le fait de nier une obligation connue par nécessité. Si une personne nie une action qui est connue de l'Islam par nécessité, telle que le jeûne, le hajj, la prière, la charia, le djihad, elle deviendra « jaahid » (celui qui nie), qui se livre au "jouhoud" ;
    • Al-istihlâl : il consiste à permettre ce qu'Allah a interdit ou bien d'interdire ce qu'Allah a permis. Par exemple, celui qui permet la fornication ou toute autre chose prohibée. Celui qui commet l'istihlâl est appelé al-Mustahlil (législateur) ;
    • An-nâqid : C'est un acte qui annule l'Islam de la personne. Ces annulations de l'Islam (Nawaqid al-Islam) sont nombreuses et si une personne commet l'une d'entre elles, elle deviendra kâfir murtad (mécréant apostat).

À noter que le kufr n'est pas toujours comparable à une véritable excommunication. En l'absence d'un clergé unifié, le kafir dont l'acte ne touche pas à un principe fondamental (tel que les piliers de l'islam) peut toujours migrer vers une autre région musulmane où l'avis des docteurs rejoint sa pensée.

Des savants musulmans comme le sheikh saoudien Hacen Farhane El Maleki حسن بن فرحان المالكي [2] [3] veulent retourner au vrai sens linguistique du mot kâfir dans le Coran, et ils font la différence entre le mot kâfir كافر et le mot El nass الناس qui signifie les gens. Un Japonais ou un Américain non musulman, par exemple, ne fait pas partie des kouffar كفار, mais de El nass الناس dans le Coran. Linguistiquement le mot kâfir signifie quelqu'un qui couvre quelque chose toute en sachant que cela existe. Pour qu'une personne soit kâfir il faut qu'elle fasse le geste de kaffara, c'est-à-dire qu'elle sait la vérité mais la couvre ou la cache aux autres, soit en la combattant ou par autre chose[4]

Division des chrétiens selon Abu Hâmid Al-Ghazali[modifier | modifier le code]

Pour le théologien musulman du XIe siècle de l'ère chrétienne, Abu Hâmid Al-Ghazali, les chrétiens se divisent en 3 groupes.

Excusables[modifier | modifier le code]

  1. Les chrétiens qui n'ont jamais entendu parler de Mahomet (catégorie quasi inexistante de nos jours du fait des technologies de l'information, sauf à inclure les enfants).
  2. Les chrétiens qui ont entendu parler de Mahomet mais sans qu'on leur ait expliqué son véritable caractère, ni la véritable nature de son message (exemple des campagnes massives de dénigrement par l’Église au Moyen-Age[réf. souhaitée]),

Condamnable[modifier | modifier le code]

  1. Les chrétiens qui vivent au contact des musulmans et ont eu l'occasion de réellement s'informer auprès de religieux. Ils refusent d'accepter la conversion en connaissance de cause, et sont donc dits "kufar qui rejettent"[5]

Takfir[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Takfir.

Le takfir est le fait d'excommunier, c'est-à-dire de rendre mécréant une personne (ou un groupe de personnes), en la faisant sortir de la religion.

Cette sentence doit être appliquée avec soin, même s'il ne s'agit que d'une parole. La mécréance retombe en effet sur celui qui jette à tort l'anathème sur quelqu'un d'autre. Elle retombe aussi sur celui qui nie la mécréance d'une personne alors que celle-ci a été établie avec certitude. Ceci rentre dans les annulatifs de l'Islam (Nawaqid al-Islam).

De nombreux oulémas mettent donc en garde contre l'excès de takfir.

Aspect politique[modifier | modifier le code]

Autres significations du mot[modifier | modifier le code]

En Afrique du Sud[modifier | modifier le code]

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Le terme raciste Kaffer (Kaffir, Keffir) désigne les noirs sud-africains appelés en français cafres.

En Afghanistan[modifier | modifier le code]

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Les habitants du Nouristan ou Kâfiristân sont appelés les kafirs à cause de leur tardive conversion à l’islam au XIXe siècle (1895-1896)[réf. nécessaire].

Les populations de ces régions du nord-est de l'Afghanistan parlent une série de dialectes indo-européens. Elles étaient restées animistes ou fidèles à l'ancienne religion des Perses le zoroastrisme.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (ar) « معنى كلمة كفر » (consulté le 10 mars 2015)
  2. (ar) Hacen farhan el maleki, « Page Facebook hasan almalik » (consulté le 10 mars 2015)
  3. (ar) « page officielle de Hacen Farhane el Maleki » (consulté le 10 mars 2015)
  4. (ar) « page officielle Hacen Farhan El maleki » (consulté le 10 mars 2013)
  5. (en) Hamza Yusuf, « Who are the Disbelievers ? », Seasons,‎ (lire en ligne)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Homonymes[modifier | modifier le code]