Mut'a

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Le mariage temporaire (en persan : زواج المؤقت; zawaj mouakat), mariage de plaisir (زواج المتعة, zawaj al-moutaa) ou mut'a, consiste à contracter un mariage musulman pour une durée déterminée convenue entre les époux. Ce mariage ne peut se faire que sous certaines conditions. Cette institution pré-islamique est toujours reconnue par les chiites, minoritaires. Il est aussi connu sous le nom de sigheh en Iran (pays à majorité chiite) et rejeté comme prohibé par les sunnites[1].

Origines[modifier | modifier le code]

Les mariages temporaires semblent être une institution pré-islamique connue en Arabie[2].

Le mariage temporaire semble être cité dans le Coran, dans la sourate 4 : « À part cela, il vous est permis de les rechercher, en vous servant de vos bien et en concluant mariage, non en débauchés. Puis, de même que vous jouissez d’elles, donnez-leur leur mahr, comme une chose due. Il n’y a aucun péché contre vous à ce que vous concluez un accord quelconque entre vous après la fixation du mahr. Car Dieu est, certes, Omniscient et Sage. »[3].

Selon al-Tabari, certains compagnons de Mahomet comme Ubayy b. Kaʿb considèrent que le texte coranique parlent de mariage temporaire[4]. Le mariage aurait été largement pratiqué par les contemporains et Mahomet lui-même[2].

Selon des traditions rapportées par Muslim, ce type de mariage aurait été interdit par Umar. D'autres traditions évoquent une interdiction par Mahomet[2] par Mahomet au VIIe siècle, se basant notamment sur le hadith d'al Bukhari, où Ali dit que Mahomet a interdit le mariage temporaire en quittant Khaybar (il a appelé ses troupes à se séparer de leurs femmes sans prendre la dot). Or, deux ans plus tard, Mahomet commande de contracter des mariages de jouissance à la Mecque[5].

Description[modifier | modifier le code]

Un tel mariage n'a pas besoin d'être officialisé : il suffit d'un accord oral, qui peut être privé, et par lequel l'homme et la femme se donnent en mariage l'un à l'autre. Le mariage peut être tout de suite consommé. Comme dans le mariage permanent, une dot est généralement donnée par le mari à sa femme, mais elle peut être symbolique. Ainsi, il est possible de se marier de manière temporaire sans jamais présenter son conjoint à sa famille ou ses amis. Il est toutefois recommandable d'officialiser le mariage (que ce soit par un contrat de mariage écrit ou bien devant un tribunal islamique) afin que l'épouse puisse prouver l'existence d'un tel mariage en cas de grossesse. En effet, les enfants nés d'un mariage temporaire ont les mêmes droits que les enfants nés d'un mariage permanent : ils sont reconnus par la loi, doivent être entretenus par leur père et ils héritent des deux parents.[réf. nécessaire]

Le mariage s'achève tout seul, sans annulation, divorce, ou décès, au bout de la durée convenue entre l'homme et la femme. S'ils désirent rester ensemble à la fin de cette période, il leur suffit de renouveler le contrat, pour une autre durée limitée. De cette manière, le mariage temporaire peut permettre à un homme et une femme d'apprendre à se connaître et de vivre ensemble avant de s'engager dans un mariage permanent. Ce genre de contrat permet ainsi aux jeunes gens de sortir en tête-à-tête ou de se tenir la main en public (ce qui est interdit par la loi islamique aux couples non-mariés).[réf. nécessaire]

Histoire[modifier | modifier le code]

Appelée sigheh en Iran, la pratique des mariages temporaires est autorisée dans l'islam chiite mais proscrite dans l'islam sunnite[6]. Elle se répand également en Syrie lors de la guerre civile syrienne, sous l'influence des milices chiites étrangères pro-iraniennes, comme le Hezbollah, qui le pratique aussi au Liban[6].

Comparaison avec le mariage permanent[modifier | modifier le code]

Similitudes[modifier | modifier le code]

En cas de naissance, l'enfant est automatiquement reconnu[réf. nécessaire] comme l'enfant légitime des deux époux, et il hérite de ses deux parents. Ceci est cependant relativisé par le fait que, si le mariage n'a pas été préalablement officialisé, le père légitime a de facto la possibilité de ne pas reconnaître son enfant.[réf. nécessaire]

Différences[modifier | modifier le code]

Outre la durée, dans le mariage permanent, un homme qui répudie sa femme (par talaq) ne peut pas l'épouser une nouvelle fois (à plus de deux reprises), sauf si elle se remarie avec un autre (avec qui elle doit consommer le mariage) et qu'elle en divorce — ces mesures servent à décourager au maximum les hommes qui envisagent de répudier unilatéralement leurs épouses. En cas de divorce féminin (khall) ou de divorce à l'amiable, ils peuvent se remarier sans que la femme n'en épouse un autre entre-temps. Dans le mariage temporaire aussi, les deux partenaires peuvent tout de suite renouveler le contrat quand il s’achève, sans que la femme n'ait à épouser un autre homme.[réf. nécessaire]

Le mariage temporaire n’obéit pas aux lois de l’héritage dans l’islam, pour les mariés. Ainsi, l’épouse temporaire n’hérite pas de son mari si ce dernier décède, et vice versa.[réf. nécessaire]

Le nombre maximal d'épouses (quatre pour un mariage permanent, illimité pour un mariage temporaire).[réf. nécessaire]

Controverses[modifier | modifier le code]

Cette pratique est souvent considérée comme une couverture pour la promiscuité ou la prostitution[7].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. http://www.sajidine.com/fiq/mariage/mariage_jouissance.htm
  2. a, b et c Heffening, W.. "Mutʿa." Encyclopédie de l’Islam. Brill Online, 2016.
  3. Coran, traduction de Muhammad Hamidullah, Sourate 4 : Les femmes (An-Nisa’), sourate IV, 24.
  4. al-Ṭabarī, Tafsīr, V, 9
  5. al Bukhari, l'Imâm, (m.256), as-sahih, chapitre 64 : 40 - as-Suhaili, (m.581); ar-Raud al unuf, le Caire, 1332; II : 239
  6. a et b Hala Kodmani, Les «contrats de mariage de plaisir» fleurissent en Syrie, Libération, 14 juillet 2018.
  7. Sexual mores in Iran: Throwing off the covers, economist.com.

Articles connexes[modifier | modifier le code]