Tawhid

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Inscription en style coufique « il n'y a pas de dieu autre qu'Allah » gravée sur le fût d'une colonne de la Grande Mosquée de Kairouan.

Le tawḥīd (arabe : تَوْحيد [tawḥīd], monothéisme, unicité) est une expression du dogme fondamental de l’islam, le monothéiste. Le Tawhid est la croyance en un Dieu unique, inaccessible à l'imagination, sans associé, sans égal et sans intercesseur[1]. Son terme vient du verbe wahada (وَحَّدَ), qui signifie « rendre unique » ou encore « déclarer qu’elle[Qui ?] est la seule à posséder cette spécificité » dans un sens plus figuré[2]. Le Tawhid est considéré comme le premier pilier de la Foi musulmane Al-Îmâne (arabe : إيمان), tandis que la chahada, est l'expression du Tawhid, représentant ainsi le premier des cinq piliers de la pratique religieuse, en fonction des différentes interprétations de l'islam. Le concept qui s'oppose au tawhid est désigné par le terme de shirk (شِرْكْ) (ou associationnisme) et peut couvrir divers concepts supposés être contraires à l'islam.

Définition[modifier | modifier le code]

Étymologie[modifier | modifier le code]

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La doctrine du prophète de l'islam Mahomet attache beaucoup d'importance à l'Unicité de Dieu, et formalise la définition de l'unicité de Dieu en des termes différents des termes utilisés dans les autres religions abrahamiques, conduisant en une compréhension différente du concept de monothéisme, alors qualifié de Tawḥīd. En arabe, le terme Tawḥīd vient du mot Waḥīd qui signifie littéralement « Unique » et du verbe Waḥada (َ وَحَّد َ), qui signifie « Rendre quelque chose  », ou « faire valoir l’unicité de quelque chose ». Le Tawḥīd a deux sources: le Coran considéré comme révélation divine et la Sunna tradition prophétique dans laquelle foisonnent les exemples de mise en application du Tawḥīd au quotidien par Mahomet. Le mot Tawḥīd est utilisé dans une forme grammaticale qui implique l’action transitive de faire faire. Ainsi, le Tawhid implique de faire le Wahid. Le mot Wahid est l'opposé de la pluralité et renvoie à une chose singulière, unique. Le verbe « whada » exprime l'unicité faite, une unicité consistant à rejeter toute forme de plurialité; que certains traduise au travers d'un néologisme, le verbe «unicifier», forgé à partir du terme « unicité » pour exprimer l'exclusion de toute pluralité.

Alors que le verbe unifier se réfère seulement à l'unité de dieu lui-même (théories philosophique) . Les Philosophes restreignent tawhid dans l'unité et l'entité. les groupes innovateurs se basent sur certaines pensées philosophiques existantes dans d'autres cultures sous différentes appellations, pour obtenir la légitimité scientifique de vouer des cultes aux morts ou à leurs gourous, les élevant ainsi au rangs de (fausses) divinités.[pas clair]

Définition et traduction[modifier | modifier le code]

D'après La Grande encyclopédie Larousse de 1971, ibn Tūmart, comme Rhazālī, donne à sa conception le nom de Tawhid — unitarisme — définissant ainsi les doctrines almohades de ceux qui proclament l'unicité de Dieu[3].

D'après La Grande encyclopédie Larousse de 1972, le mutazilisme place l'unité divine (le tawhid) comme l'un de ces cinq piliers fondamentaux (du mutazilisme)[4], il s'agit alors de s'opposer aux attributs de Dieu (alors compris comme une forme de polythéisme)[5].

En 1979, l'Institut catholique décrit présente le tawhid comme notion d'unité-unicité de Dieu[6].

D'après la Revue de l'Institut catholique de Paris de 1986, les musulmans rejetteraient tout ce qui pourrait risquer de mettre en péril le tawhid sous le concept de polythéisme ou d'«associationisme»[7]. Le tawhid pourrait ainsi couvrir la notion de rejet de tout médiateur et de toute médiation dans la pratique de la religion.

Signification religieuse[modifier | modifier le code]

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Dans un contexte religieux, le mot Tawḥīd signifie vouer tous les actes du culte exclusivement vers Dieu, qui est le Waḥīd ou Unique auquel renvoie le mot Tawḥīd. Ainsi, le Tawḥīd induit que Dieu est seul, unique, n'a pas de fils, pas de parent, pas de proche, pas d’associé ni aucun semblable ou égal. Sa différence avec les créatures est absolue. L'affirmation de l'unicité de Dieu (Tawḥīdu-llāh) est la première obligation du musulman lorsqu'il prononce la profession de foi: « J'atteste qu'il y a nulle divinité autre digne d'adoration qu'Allah et j'atteste que Mahomet est son messager. »

En islam, la nécessité de l’affirmation du monothéisme ou Tawḥīd par les hommes, est la cause de l'envoi de tous les prophètes et de tous les livres sacrés qu'ils ont reçus : {…Nous avons envoyé dans chaque communauté un Messager, [pour leur dire]: «Adorez Allah et écartez-vous du Ṭāğūt (notamment les fausses idoles)}[8]. Celui qui applique ce dogme entre au Paradis et celui qui s'y oppose entre en Enfer.

Le fondement même de la création de l'Homme est l'adoration exclusive d'Allah : {Je n’ai créé les djinns et les hommes que pour qu’ils M’adorent. }[9].

Récupération politique[modifier | modifier le code]

Dans le livre Islam révolutionaire, le tawhid est redéfini sous une forme politique dans le rapport de l'homme à Dieu et aux classes sociales[10].

Dans la guerre civile syrienne, Al-Tawhid est le nom de l'une des brigades de l'ASL soumise à une idéologie islamique radicale [11].

Histoire[modifier | modifier le code]

Le monothéisme est une pratique ancienne, qui a été pratiquée ou influencée sous la forme de le religion juive; du mazdéisme; du zoroastrisme, ou du parsisme. L'élaboration de la doctrine juive monothéiste se fait dans un contexte propice à une telle idée : le roi babylonien Nabonide tente de faire du dieu lunaire Sîn le dieu unique de son empire, en Grèce, les présocratiques défendent l'unicité de la divinité contre le panthéon et les successeurs achéménides de Cyrus II le Grand, considéré lui-même comme un messie de Yahvé, influencent le monothéisme judéen en faisant d'Ahoura Mazda le dieu officiel de l'empire[12].

Dans la religion juive, le Deutéronome confirme l'unicité du Dieu de cette religion, par rapport aux polythéismes avoisinants: «Écoute, Israël! l'Éternel, notre Dieu, est le seul Éternel.» ... «Vous n'irez point après d'autres dieux, d'entre les dieux des peuples qui sont autour de vous».

Du point de vue des chrétiens, l'unicité de Dieu est évidente: « Jésus lui dit: Pourquoi m'appelles-tu bon? Il n'y a de bon que Dieu seul. » Mc 10,18 (Marc 10 18) Cependant, à partir du premier siècle la question de Jésus et la question du monothéisme ont soulevé des débats, entre les premiers chrétiens.

Le terme de « polythéisme » apparaît pour la première fois au Ier siècle chez le philosophe juif Philon d'Alexandrie pour marquer la différence entre le message biblique et la doxa polutheia (opinion majoritaire dans la cité) des Grecs.

Au VIIe siècle, le Coran donne sa propre approche de la question de l'unicité de Dieu, au travers de plusieurs versets et d'une sourate. Par ailleurs alors que le monothélisme — à ne pas confondre avec le monothéisme — a commencé à être formulé en 616, certains versets du Coran se positionnent sur le rapport entre Jésus et Dieu.

Les premières chahada connues contiennent un texte différent du texte actuel et ne mentionnent pas Mahomet. Les premières contenant le texte actuel sont gravées dans la pierre et datent de 158 à 178 de l'hégire.

Le terme « monothéisme » apparaît vraisemblablement au XVIIe siècle pour désigner un concept qui se comprend de manière opposée au polythéisme.

Au XVIIIe siècle, Mohammed ibn Abdelwahhab écrit le Kitâb ut-Tawhîd (en français, « Livre de l’unicité », « Livre du monothéisme » ou « L’unicité de Dieu »). Bien que critiqué pour sa sécheresse[13] ou ses erreurs[14], il est un ouvrage critiqué négativement par le soufi Abdelwahab Meddeb qui estime qu'il serait « une de référence dont le radicalisme comble les attentes des djihadistes » (La Maladie de l'islam).

Au XVIIIe siècle, Muhammad Ibn Abd al-Wahhab a élaboré un manifeste du tawhid en se basant sur les écrits d' Ibn Hanbal et d’Ibn Taymiyya[15].

En 1925, est traduit en français un livre dont le titre content le mot Tawhid: Le mot de Tawhid apparaît notamment dans le titre du livre Rissolai al-Tawhid (ISBN 2 7053 0083 X) (Traité de l'Unité de Dieu [16]), dont le titre de la traduction française est Exposé de la religion musulmane[17], livre écrit par Mohamed_Abduh[18] et traduit en 1925 [19],[20] puis en 1965[21].

En 1985, le livre Chemin de Dieu Trois Traités Spirituels traduit du persan et de l'arabe présente le tawhid comme le 69e de 100 traités spirituels[22]

Place du Tawhid en islam[modifier | modifier le code]

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Le Tawhid, ou l’unicité de Dieu est le principal enseignement de l’Islam que ce soit dans le Coran ou la Sunna. L'islam enseigne que Dieu est à la fois unique et absolu. Le Coran centre son message sur le Tawhid. L’emblématique sourate du monothéisme pur Al-Ikhlas a été révélée lorsque Mahomet a commencé à présenter l'islam à son peuple et que celui-ci lui a demandé qui était Allah:

« Dis : Dieu est un. C’est le Dieu à qui tous les êtres s’adressent dans leurs besoins. Il n’a point enfanté, et n’a point été enfanté. Il n’a point d’égal en qui que ce soit. »

— Le Coran, « L’Unité de Dieu », CXII, 1, (ar) الإخلاص.

Cette sourate résumant parfaitement le sens du Tawhid est citée dans un Hadith comme équivalant au tiers du Coran[23]. Cette sourate reprend en effet :

  • l'Unité et l'Unicité divine ;
  • l'auto-suffisance divine, et la dépendance de la création à Lui ;
  • Dieu n'est pas né et Il ne donne pas naissance à un fils unique, rejetant ainsi le dogme de la Trinité chrétienne ;
  • Aucune création ne Lui ressemble et Il est bien au-delà de sa création.

Le Tawhid est perçu comme une évidence cohérente en islam. En cela, le Coran appelle les êtres humains à raisonner et réfléchir en observant l’organisation de la création, l’immensité de l’univers, l’harmonie et l’extrême minutie des processus naturels ou encore la condition humaine afin d’attester l’existence d’un Dieu unique et de croire et d’obéir à Celui-ci.

À travers le Coran, c'est le Dieu Unique qui communique lui-même Ses caractéristiques, Ses attributs, Ses noms et ce qu'Il attend des humains.

Exclusivité de l’adoration[modifier | modifier le code]

La croyance au Tawhid exprimée à travers la Chahada revient à nier ou à ne pas reconnaître toutes les formes d'association de partenaires à Allah. Elle se fonde sur le fait d'attester « qu'il n'y a pas de divinité digne d'être adorée si ce n'est Dieu ». Cette doctrine empêche toute association d'entités autres que Dieu aux actes d'adoration.

Opposition du Tawhid et du Shirk[modifier | modifier le code]

Le tawḥīd s'oppose au shirk ou « péché d'association, de polythéisme ». Le shirk est un acte d'appel, de supplication ou de prière engagée envers quelqu'un ou quelque chose autre que le Créateur (adorations d'idoles ou des statues, invocation des morts, etc.) Il signifie que l'adoration n'est pas exclusivement vouée à Allah sans intermédiaire ni associé. Selon le Coran, le shirk est le plus grand péché avec lequel on désobéi à Dieu, car il est le seul péché qui n'est pas pardonné si celui qui le commet meurt sans s'en être repenti :

« Dieu ne pardonnera point qu’on lui associe d’autres » dieux, il pardonnera les autres péchés[25] à qui il voudra, car celui qui associe à Dieu d’autres créatures commet un crime énorme. »

— Le Coran, « Les Femmes », IV, 48, (ar) النساء.

Universalité[modifier | modifier le code]

Selon l'islam, le Tawhid est le principal message que Dieu a transmis à l'humanité dans tous les âges à travers ses prophètes.

« Nous n’avons point envoyé d’apôtres à qui il n’ait été révélé qu’il n’y a point d’autre dieu que Moi. Adorez-Moi donc. »

— Le Coran, « Les Prophètes », XXI, 25, (ar) الأنبياء.

Le Tawhid, en tant que culte exclusif à Dieu seul, est considéré comme le message envoyé par Dieu à tous ses Prophètes depuis le début des temps. C'est ainsi le message transmis à Adam, Noé, Abraham, Moïse et Jésus, ainsi que tous les autres Messagers, Prophètes et Envoyés. En tant que dernier Prophète, Mahomet serait donc l'héritier de ce message monothéiste, faisant ainsi du Tawhid historique prêché par tous les prophètes, ce l’on appelle aujourd'hui l'islam. L'islam ne se perçoit pas comme une nouvelle religion, mais plutôt comme une résurgence d'un même message éternel du Tawhid révélé à travers les âges par tous les Prophètes et Messagers de Dieu.


Le coran s'affirme comme la continuité d'un monothéisme préétabli, de plusieurs façons:

Les judéo-nazaréens[modifier | modifier le code]

Le Coran affirme que le message original de tous les prophètes a été axé fondamentalement sur l’adoration exclusive d’Allah, le Dieu et Créateur unique. Initialement, toutes les communautés qui ont cru en leurs prophètes et ont voué un culte exclusif à Allah ont été Mouahidounes, des adeptes du Tawhid (monothéistes).

Ainsi, le Coran reprend l’appellation de Nasara « nazaréens » donné par la communauté juive à Jésus et aux premiers chrétiens[24].

Cette appellation généralement traduite par chrétiens dans les traductions du Coran, renvoie en réalité à des judéo-nazaréens qui croyaient que Jésus était le fils de Dieu (et non Dieu)[25], c'est-à-dire les premiers chrétiens avant l'instauration de la Trinité. À ce titre, ce passage de la sourate 5 (La Table servie) précise : {82. Tu trouveras certainement que les Juifs et les associateurs sont les ennemis les plus acharnés des croyants. Et tu trouveras certes que les plus disposés à aimer les croyants sont ceux qui disent: «Nous sommes chrétiens [Nasara]» . C’est qu’il y a parmi eux des prêtres et des moines, et qu’ils ne s’enflent pas d’orgueil. 83. Et quand ils entendent ce qui a été descendu sur le Messager Mahomet, tu vois leurs yeux déborder de larmes, parce qu’ils ont reconnu la vérité. Ils disent: «Ô notre Seigneur! Nous croyons: inscris-nous donc parmi ceux qui témoignent (de la véracité du Coran). 84. Pourquoi ne croirions-nous pas en Allah et à ce qui nous est parvenu de la vérité. Pourquoi ne convoitions-nous pas que notre Seigneur nous fasse entrer en la compagnie des gens vertueux?»}[26].

Les Hanifs antéislamiques[modifier | modifier le code]

L’adjectif hanîf (arabe : حَنِيف [hanīf], vrai croyant, pl. حُنَفاء [hunafā']) désigne selon le Coran celui qui suit le monothéisme pur d'Ibrahîm. Le sens littéral du mot Hanîf est celui qui s'écarte vers quelque chose. Le Hanifisme a été mentionné plusieurs fois dans le Coran notamment dans la sourate La famille d'Imran: « Abraham n’était ni juif ni nazaréen. Il était entièrement soumis à Dieu (hanîf muslim). Et il n’était point du nombre des Associateurs » (Coran 3:67). Les Hanifs sont des croyants perçus comme les héritiers d’Abraham ayant rejeté le culte des idoles et les superstitions caractéristiques de la société mecquoise dans la période préislamique.

Ce mouvement des Hanif auquel fait allusion le Coran puis les traditions biographiques et prophétiques a connu plusieurs figures marquantes notamment dans les premiers moments de l’islam tels que Waraqa ibn Nawfal, Ubayd-Allah ibn Jahsh, ou Zayd ibn Amr ibn Nuyfal.

Note : Il ne faut pas confondre ce terme avec le hanafisme qui est l’une des quatre grandes écoles juridiques traditionnelles sunnites(madhhab).

Les trois dimensions du Tawhid dans le Salafisme/wahhabisme[modifier | modifier le code]

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Ibn Taymiyya ou Mouhammad ibn Abd al-Wahhab ont distingué trois dimensions indissociables dont la connaissance permet d'éviter de tomber dans les différentes formes de shirk (polythéisme). Ces trois dimensions sont :

  • Tawhid Al Rububiya (Unicité dans la souveraineté) : Il s'agit de la croyance en l'Unité et l'Unicité de l'autorité divine sur toute la création. Dieu est le Créateur, le Possesseur et le Gérant de toute chose.

« Louange à Dieu, maître de l’univers »

— Le Coran, « Chapitre premier », I, 2, (ar) الفاتحة.

  • Tawhid Al Uluhiyah (Unicité dans la divinité) : Toutes les adorations doivent être vouées exclusivement à Allah, et aucune d'elles ne doit être vouée à un autre que Lui : {C’est Toi [Seul] que nous adorons, et c’est Toi [Seul] dont nous implorons secours.}[27] Il s'agit ici de l'exclusivité absolue du droit de Dieu d'être adoré par l'Homme. Il a révélé son nom glorieux dans le Coran comme étant Allah, et se décrit comme le Seul et Unique Vrai Dieu auquel l'adoration est due :

« Certes, c’est Moi Allah : point de divinité que Moi. Adore-Moi donc et accomplis la Ṣalāt pour te souvenir de Moi[28]. »

  • Tawhid al'Asma wa as-Sifat (Unicité dans les Noms et Attributs) : Il s'agit de la croyance qu'Allah est Unique mais possède des Noms et Attributs cités dans le Coran et la Sunna qui n'appartiennent qu'à Lui. Il est l'Unique, le Créateur, le Pourvoyeur, le Tout Miséricordieux, le Très Miséricordieux, l'Omniscient, le Clairvoyant, le Tout-Puissant.

« Les plus beaux noms appartiennent à Dieu. Invoquez-le par ces noms, et éloignez-vous de ceux qui les appliquent à tort. Ils recevront la récompense de leurs œuvres. »

— Le Coran, « El-Araf », VII, 180, (ar) الأعراف.

Tawhid al'Asma wa as-Sifat représente la croyance en ces Noms et Attributs de Dieu sans en nier aucun, ni les déformer, et surtout sans établir d'analogies entre le Créateur et la créature telles que l'anthropomorphisme :

« Créateur des cieux et de la terre, il a créé des couples dans votre espèce, comme il a créé des couples dans l’espèce des bestiaux ; il vous multiplie par ce moyen. Rien ne lui ressemble ; il entend et voit tout. »

— Le Coran, « La Délibération », XLII, 11, (ar) الشورى.

Les trois dimensions indissociables du Tawhid sont résumées dans le verset :

« Il est le Seigneur des cieux et de ta terre, et de ce qui existe entre eux. Adore-le et persévère dans son adoration. En connais-tu quelque autre du même nom? »

— Le Coran, « Marie », XIX, 65, (ar) مريم.

Comparaison des monothéismes abrahamique[modifier | modifier le code]

Du point de vue du Coran, le Dieu du Coran est le même que le Dieu de la Thorra. Ceci apparaît dans plusieurs versets:

  • « Nous n’avons envoyé, avant toi (Muhammad), que des hommes auxquels Nous avons fait des révélations. Demandez donc aux gens du rappel (juifs et chrétiens) si vous ne savez pas. » — Sourate Les Abeilles [Al-Nahl]16.43,
  • « Et ne discutez que de la meilleure façon avec les gens du Livre, sauf ceux d’entre eux qui sont injustes. Et dites : “Nous croyons en ce qu’on a fait descendre vers nous et descendre vers vous, tandis que notre Dieu et votre Dieu est le même, et c’est à Lui que nous nous soumettons”. » — Sourate L'araignée [Al-Ankabut], 29.46.

Le Coran fait également référence à l'Evangile:

  • « Dis : ' O gens du Livre, vous ne tenez sur rien, tant que vous ne vous conformez pas à la Torah et à l’Evangile et à ce qui vous a été descendu de la part de votre Seigneur. ' » - SourateLa Table servie [Al-Ma' ida] 5.68.

Le Coran indique également quelles parties de la bible ont été altérées. Malgré ces altérations, le Coran et la Bible s'accordent sur l'unicité de Dieu.

Comparaison au judaïsme[modifier | modifier le code]

Dans le judaïsme le peuple juif n'a qu'un seul Dieu, mais cela se situe à une époque où chaque nation à son propre Dieu, ce qui laisse les autres peuples responsables de leurs propres croyances.

Dans le Coran il est affirmé qu'il n'existe qu'un seul Dieu, sans que celui-ci ne soit rattaché à un peuple, ce qui lui donne une universalité potentielle que le judaïsme ne prétend pas avoir.

Comparaison au christianisme[modifier | modifier le code]

Dans le christianisme il n'existe qu'un seul Dieu, mais certains livres contiennent l'expression Fils de Dieu dont le sens pose question.

Dans le Coran il est aussi affirmé qu'il n'existe qu'un seul Dieu; par contre le Coran banni l'expression Fils de Dieu.

De leur côté les chrétiens ayant le terme Fils de Dieu dans leur livre ont été conduit à concilier différentes compréhensions des textes ayant notamment conduit au concept de la Trinité chrétienne.

Du point de vue du dogme, le Coran s'est clairement démarqué au Symbole de Nicée-Constantinople tel qu'adopté suite au Premier concile de Nicée de 325, dont la traduction officielle en français utilisée dans la liturgie catholique est la suivante :

« Je crois en un seul Dieu, le Père tout-puissant, créateur du ciel et de la terre, de l'univers visible et invisible.

Je crois en un seul Seigneur, Jésus-Christ, le Fils unique de Dieu, né du Père avant tous les siècles ; il est Dieu, né de Dieu, lumière, née de la lumière, vrai Dieu, né du vrai Dieu. Engendré, non pas créé, de même nature que le Père, et par lui tout a été fait. Pour nous les hommes, et pour notre salut, il descendit du ciel ; par l'Esprit-Saint, il a pris chair de la Vierge Marie, et s'est fait homme. Crucifié pour nous sous Ponce Pilate, il souffrit sa passion et fut mis au tombeau. Il ressuscita le troisième jour, conformément aux Écritures, et il monta au ciel ; il est assis à la droite du Père. Il reviendra dans la gloire, pour juger les vivants et les morts; et son règne n'aura pas de fin.

Je crois en l'Esprit Saint, qui est Seigneur et qui donne la vie ; il procède du Père et du Fils. Avec le Père et le Fils, il reçoit même adoration et même gloire ; il a parlé par les prophètes. Je crois en l'Église, une, sainte, catholique et apostolique. Je reconnais un seul baptême pour le pardon des péchés. J'attends la résurrection des morts, et la vie du monde à venir. Amen. »

Le Coran y répond par la sourate Al-Ikhlas (Le Monothéisme Pur) :

« Dis : Dieu est un. C’est le Dieu à qui tous les êtres s’adressent dans leurs besoins. Il n’a point enfanté, et n’a point été enfanté. Il n’a point d’égal en qui que ce soit. »

— Le Coran, « L’Unité de Dieu », CXII, 1, (ar) الإخلاص.

Le Coran précise à de multiples reprises la nature humaine de Jésus, fils de Marie, indissociable dans les textes coraniques de sa mère Maryam (Marie)[29]. Il est ainsi souvent désigné sous le nom de al-Masïh (le Messie)[30] `Îsâ ibn Maryam (Jésus fils de Maryam) présenté avec celle-ci comme modèles à suivre[31].

À ce titre, le Coran affirme dans plusieurs sourates et notamment dans la sourate 5 (La Table Servie) la réfutation du dogme trinitaire par Jésus lui-même :

« 116. (Rappelle-leur) le moment où Allah dira: "Ô Jésus, fils de Marie, est-ce toi qui as dit aux gens: "Prenez-moi, ainsi que ma mère, pour deux divinités en dehors d'Allah?" Il dira: "Gloire et pureté à Toi! Il ne m'appartient pas de déclarer ce que je n'ai pas le droit de dire! Si je l'avais dit, Tu l'aurais su, certes. Tu sais ce qu'il y a en moi, et je ne sais pas ce qu'il y a en Toi. Tu es, en vérité, le grand connaisseur de tout ce qui est inconnu. 117. Je ne leur ai dit que ce que Tu m'avais commandé, (à savoir): "Adorez Allah, mon Seigneur et votre Seigneur". Et je fus témoin contre eux aussi longtemps que je fus parmi eux. Puis quand Tu m'as rappelé, c'est Toi qui fus leur observateur attentif. Et Tu es témoin de toute chose. 118. Si Tu les châties, ils sont Tes serviteurs. Et si Tu leur pardonnes, c'est Toi le Puissant, le Sage". »

— Le Coran, « La Table », V, 116-118, (ar) المائدة.

Ce point s'accorde avec un verset de l'évangile: « Jésus lui dit: Pourquoi m'appelles-tu bon? Il n'y a de bon que Dieu seul. » Mc 10,18 (Marc 10 18)

Bibliographie[modifier | modifier le code]


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  • Traduction des sens du Coran réalisée par le complexe du Roi Fahd à Médine [1]
  • Safiyyu Ar Rahman Al Mubarakfuri, Le nectar estampillé, in Dar al koutoub al ilmiyah, décembre 2008, p. 58-59
  • Mohammed Abed al-Jabri, Introduction au Coran. Les éditions maghrébines, 2010

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. From the article on Tawhid in Oxford Islamic Studies Online
  2. « Allah », dans Encyclopædia Britannica Online (lire en ligne)
  3. La Grande encyclopédie. 1, Aalto-amidon / Larousse Auteur : Larousse Éditeur : Larousse (Paris) Date d'édition : 1971 gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k1200512k/f452.image
  4. La Grande encyclopédie. 2, Amiens-Austen / Larousse Auteur : Larousse Éditeur : Larousse (Paris) Date d'édition : 1972 gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k12005130/f249.image
  5. Transversalités : revue de l'Institut catholique de Paris / [dir. publ. Joseph Doré] Auteur : Institut catholique de Paris. Auteur du texte Éditeur : Institut catholique (Paris) Date d'édition : 2000-07 gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k6513602h/f65.item Une lecture rationnelle du Coran au IXe siècle:Les Mu'tazilites, F. JOURDAN
  6. [Nouvelles de l'Institut catholique de Paris] Éditeur : Institut catholique (Paris) Date d'édition : 1979 gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k6504385s/f197.item
  7. Revue de l'Institut catholique de Paris / [dir. publ. Père Anthime Caron] Auteur : Institut catholique de Paris. Auteur du texte Éditeur : Institut catholique (Paris) Date d'édition : 1986-07 gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k65084698/f8.item
  8. Coran 14:36
  9. Coran 51 : 56
  10. Hérodote : stratégies, géographies, idéologies / dir.-gérant Yves Lac
  11. etudesgeostrategiques.com/tag/brigade-al-tawhid/
  12. Thomas Römer, « Exil à Babylone, creuset du monothéisme », in Enquête sur le Dieu unique, éd. Bayard, 2010, p.111
  13. [coursduvendredi.com/salafiste.php La vérité sur les Salafistes], "Les cours du vendredi" : "Sur les sept livres qui lui sont attribués, deux seulement – en réalité des fascicules de quelques pages – semblent avoir la faveur de ses sympathisants : Kitâb at-tawhîd et Thalâthat-al-usûl ; des fascicules dignes d’un petit écolier où l’on peut lire des sentences que l’on a du mal à attribuer à un savant...".
  14. [www.at-tawhid.net/article-al-kitab-ut-tawhid-muhammad-ibn-abd-il-wahhab-46544062.html Al Kitâb Ut Tawhîd (Muhammad Ibn 'Abd Il Wahhâb)], "Sunnisme et Tawhîd".
  15. Les 5 piliers du salafisme — 4 avr. 2016 — Hocine kerzazi — Blog : Le blog de Hocine kerzazi — blogs.mediapart.fr/hocine-kerzazi/blog/040416/les-icones-venerees-du-salafisme
  16. Le Phœnix : revue de la renaissance orientale / direction : V. de Saint-Point Éditeur : [s.n.] (Le Caire) Date d'édition : 1926-05-07 Contributeur : Saint-Point, Valentine de (1875-1953). Directeur de publication gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k55295164/f66.item
  17. gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k61586434/f514.item
  18. L'Echo d'Alger : journal républicain du matin Éditeur : [s.n.] (Alger) Date d'édition : 1926-12-24 gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k75830549/f3.item
  19. Revue algérienne, tunisienne et marocaine de législation et de jurisprudence / publiée par la Faculté de droit d'Alger Auteur : Université d'Alger. Faculté de droit Éditeur : Typographie A. Jourdan (Alger) Éditeur : Librairie Ferraris (Alger) Date d'édition : 1929 gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k442528k/f74.item
  20. L'islam : croyances et institutions (3e éd. rev. et augm.) / H. Lammens Auteur : Lammens, Henri (1862-1937) Éditeur : Imp. catholique (Beyrouth) Date d'édition : 1943 gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k22369n/f331.image
  21. Hérodote : stratégies, géographies, idéologies / dir.-gérant Yves Lacoste Éditeur : F. Maspero (Paris) Éditeur : Ed. La Découverte (Paris) Date d'édition : 1984-10 gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k5623993p/f38.item
  22. Études, revue fondée en 1856 par des Pères de la Compagnie de Jésus Auteur : Compagnie de Jésus. Éditeur : [s.n.] (Paris) Date d'édition : 1986-12 gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k442031q/f138.item
  23. http://ahadith.co.uk/permalink-hadith-1982
  24. « Eusèbe, Onomasticon 138, Jérôme, De situ 14 et Épiphane, Panarion 29, 6, 5 ont tous les trois compris le titre de « nazoréen » donné à Jésus et aux premiers chrétiens en relation avec Nazareth », Xavier Levieils, Contra Christianos : La critique sociale et religieuse du christianisme des origines au concile de Nicée (45-325), Berlin, Walter de Gruyter,‎ , 548 p. (ISBN 9783110934892), p. 140-141
  25. Par exemple, sourate 9 (At-Tauba) : « Les Juifs disent: "Uzayr est fils d´Allah" et les Chrétiens disent: "Le Christ est fils d´Allah". Telle est leur parole provenant de leurs bouches. Ils imitent le dire des mécréants avant eux. Qu´Allah les anéantisse! Comment s´écartent-ils (de la vérité)? »
  26. Coran 5 : 82-85
  27. Coran 1:4
  28. Coran 20 : 14
  29. Marie-Thérèse Urvoy, article « Jésus » in M. Ali Amir-Moezzi (dir.) Dictionnaire du Coran, éd. Robert Laffont, 2007, p. 438-441.
  30. L'Oint (ou le Voyageur)
  31. Marie-Thérèse Urvoy, ibid.