Ibrahim an-Nazzam

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Ibrahim an-Nazzam
Biographie
Naissance
Entre 760 et 775
Balkh ou BassoraVoir et modifier les données sur Wikidata
Décès
Entre 835 et 846
BagdadVoir et modifier les données sur Wikidata
Nom dans la langue maternelle
إبراهيم النظّامVoir et modifier les données sur Wikidata
Activités
Autres informations
A travaillé pour
Domaines
Religions
Maîtres
Muḥammad Ibn-al-Huḏail Abu-'l-Huḏail al-ʿAllāf (d), Khalil ibn AhmadVoir et modifier les données sur Wikidata
Élève

Abū Isḥāq Ibrāhīm Ibn Sayyār Ibn Hāni‘ an-Naẓẓam (arabe : أبو إسحاق بن سيار بن هانع النظام), né selon les sources entre 760 et 775, mort entre 835 et 846, est un poète et théologien musulman appartenant au courant mu'tazilite.

Neveu de Wassil Ibn Ata, il fut le premier théologien mu'tazilite systématique et compta Al-Jahiz parmi ses disciples. Parfaitement connaisseur de la doctrine d’Aristote. La théologie d'An-Nazzam a été très discutée parmi ses contemporains, mais son œuvre est perdue à l'exception de quelques fragments[1].

Sa doctrine[modifier | modifier le code]

Alors que la plupart des mu'tazilites appartenaient à l'école hanafite, avec une minorité relevant l'école chafiite (deux des quatre grandes écoles de jurisprudences de l'islam), Nazzam lui, était complètement à part. Il se rendit célèbre pour son rejet de la raison analogique, qui était alors, acceptée par les hanafites comme par les chafi'ites; de l’istihsan (doctrine de la préférence du souhaitable en droit), et de l’Ijma' (consensus de la communauté). Pour An-Nazzam, le Coran et la raison servaient de points d’appui à une doctrine monothéiste stricte. Et c’est pour contrer la montée de traditions suspectes qu’il est allé même jusqu'à rejeter la sunna.

Rejet du consensus[modifier | modifier le code]

Le rejet du Consensus communautaire d’an-Nazzam en tant que source valide du droit, était dû à sa critique de la première génération de musulmans, qu'il voyait dotée de personnalités et d'intelligences défectueuses. Par ailleurs, les théologiens chiites Al-Shaykh Al-Mufid et Sharif al-Murtaza tenaient en haute estime le Kitab al-Nakth, l'ouvrage de Nazzam dans lequel il remet en cause la validité du consensus pour les raisons citées[2]. L’historien Baghdadi rapporte néanmoins, qu’An-Nazzam mettait Ali au même niveau que les autres compagnons, tandis qu’un autre historien, Shahrastani, déplore la préférence que celui-ci semblait accorder aux philosophes matérialistes face aux philosophes déistes[3].

Perspective[modifier | modifier le code]

Des chercheurs modernes suggèrent que cet intérêt de la part des théologiens chiites était motivé par le désir de contester la personnalité des trois premiers Califes Bien guidés (Rashidûn) : Abu Bakr, Omar et Othman. Ce qui, en définitive, diffère de l'objectif visé par An-Nazzam qui n'était pas de remettre en cause qui que ce soit mais plutôt de mettre l'accent sur la primauté de la raison pure sur la révélation.

Références[modifier | modifier le code]

  1. J. D. Latham, al-Naẓẓam, Abū Isḥāq Ibrāhīm Ibn Sayyār Ibn Hāniʾ, Leyde, E. J. Brill, , 1057a–58b p. (ISBN 90-04-09419-9)
  2. Josef van Ess, Das Kitab al-nakt des Nazzam und seine Rezeption im Kitab al-Futya des Gahiz. Gottingen: Vandenhoeck & Reprecht, 1971.
  3. Les Schismes dans l'islam, Henri Laoust, éditions Payot, Paris, 1983

Liens externes[modifier | modifier le code]