Islam en Serbie

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La mosquée Bajrakli à Belgrade

L'islam est une religion historiquement implantée en Serbie. Elle se situe derrière le christianisme par le nombre de fidèles.

Histoire[modifier | modifier le code]

Le premier contact des Slaves du Sud, dont font partie les Serbes, avec la religion musulmane date du IXe siècle par les Arabes[1], la foi islamique aurait été présente sur le territoire de la Serbie et des Balkans bien avant la conquête ottomane. Saint Sava (1169-1236) écrit dans sa loi et les "Écrits sur la religion musulmane" (tirée de l'Nomocanon byzantin), alors que ce n'est pas encore considéré comme une religion, mais plutôt comme une nouvelle hérésie chrétienne[2].

L'islam se propage rapidement dans la « vieille Serbie » Rascie, aujourd’hui Sandjak, où plusieurs Serbes adoptent l'islam, avec la conquête ottomane, entre les XIVe et XVe siècles. Avec la conquête de l'État serbe médiéval par l'Empire ottoman, la religion musulmane devient, avec le temps, la religion dominante dans certaines régions.

Composition[modifier | modifier le code]

  • Gorani : chrétiens orthodoxe serbes du Sud du Kosovo convertis à l'islam aux XVIIIe et XIXe siècles
  • Immigrés de l'Albanie : chrétiens catholiques et orthodoxes convertis a l'islam entre le XVIIIe et le XIXe siècle
  • Bosniaques (musulmans par nationalité) : vivent dans le Sandjak.

L'émigration des musulmans de Serbie[modifier | modifier le code]

Avant la première insurrection serbe en Serbie, la communauté musulmane comporte quelques centaines de milliers de fidèles[3]. Après le retrait ottoman du territoire redevenu serbe, on compte plusieurs destructions des édifices religieux musulmans et l'émigration à grande échelle de la population musulmane (d‘origine serbe majoritairement), souvent persécutée. La ville de Belgrade a parmi ses édifices religieux environ 270 mosquées : elles sont presque toutes détruites, sauf une, la mosquée Bajrakli, ainsi que des objets importants. D’autres mosquées sont détruites dans d'autres villes de la principauté de la Serbie : à Uzice 34 mosquées, 24 à Smederevo...

22 novembre 1862, à la conférence internationale de Kanlidži, à Bosphore, est ordonné le nettoyage des Serbes musulmans. De nombreux musulmans de Bosnie sont là en tant que réfugiés ou déplacés de Novi pazar en Sandjak (« vieille Serbie »), pas encore en Serbie. Dans la Bosnie Kostajnica, fin 1862, et début 1863, les musulmans migrent de Valjevo, Sabac, et principalement Uzice (Bosanska Kostajnica). Beaucoup de musulmans fuient également la Serbie, en 1862 et 1863, pour Zvornik, alors dans le pacha de Bosnie Dom.

Il est important également de préciser que dans la première partie du XXe siècle, de nombreux musulmans de Serbie, ont quitté le pays pour rejoindre la Turquie, considérée en quelque sorte comme la "Mère patrie". Ainsi, on estime aujourd'hui que plusieurs millions de Turcs actuels sont originaires du Sandjak. La Turquie selon l'association Inat regroupe à peu près 8 millions de musulmans originaires de Serbie, plusieurs d'entre eux ont gardé leur liens avec la Serbie.

Actuellement[modifier | modifier le code]

En Serbie (sans le Kosovo[4]), les musulmans seraient 240 000 musulmans, soit 3,2 % de la population. Ce sont principalement des Bosniaques ou Musulmans (les deux termes désignant la même communauté) et Albanais ethniques, et aussi d'autres petits groupes ethniques tels que les Ashkalis, Égyptiens, Gorans (dénomination régionale pour les Serbes du sud du Kosovo), les Roms, les Turcs et les Arabes qui se trouvent principalement à Belgrade.

La Serbie compte plus de 190 mosquées, dont environ 120 dans le Sandjak, 60 dans le sud de la Serbie, l'une à Belgrade (Bajrakli mosquée), Nis[citation nécessaire], Subotica et Mali Zvornik. La mosquée de Subotica, appelée "Muhadžir džamija" a été inaugurée en 2008, et est actuellement la seule mosquée de Voïvodine. Il existe deux médersas, l'une à Novi Pazar avec une faculté musulmane, et l'autre à Belgrade.

Il est à noter que les mosquées de Belgrade et de Nis ont été fortement endommagées en 2004, lors de tensions entre Serbes (orthodoxes) et Albanais (musulmans) au Kosovo. Par ailleurs une médersa pour femmes uniquement a ouvert à la rentrée 2009 à Prijepolje.

Organisation de la communauté musulmane de Serbie[modifier | modifier le code]

Elle est organisée en deux communautés :

  • Communauté islamique de Serbie (Islamska zajednica Srbije), avec son siège à Belgrade, administrée par le reis-ul-ulema Adem Zilkić. Elle déclare avoir été fondée sur la décision du Conseil d'État de la Principauté de Serbie adoptée le 18 mai 1868 qui reconnait l'islam comme une religion légale en Serbie.
  • La communauté islamique en Serbie (Islamska zajednica u Srbiji), avec siège à Novi Pazar, administrée par le mufti Muamer Zukorlić, qui regroupe différentes communautés :
    • Communauté islamique du Sandjak (Islamska zajednica Sandžaka), avec siège à Novi Pazar, administrée par le mufti Muamer Zukorlić,
    • Communauté islamique de Voïvodine (Islamska zajednica Vojvodine), avec siège à Novi Sad, administrée par le mufti Fadil Murati,
    • Communauté islamique de la vallée de Presevo (Islamska zajednica Preševske doline), avec siège à Preševo,
    • Communauté islamique de Serbie centrale (Islamska zajednica Centralne Srbije), avec siège à Belgrade.

Une partie de cette dernière communauté islamique ("en Serbie") est formé par des nationalistes bosniaques qui souhaitent maintenir leur union religieuse avec la communauté islamique de Bosnie-Herzégovine, alors que la Communauté islamique de Serbie est plus tourné vers Belgrade.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (sr) « Појава Словена у исламској Шпанији ("L'apparition des Slaves en Espagne") », Serbian Despot (consulté le 1er mai 2009)
  2. (sr) Мiodrag М. Petrović, Законоправило Светог Саве о Мухамедовом учењу ("Droit de Saint-Sava sur l'apprentissage mahométan"), Belgrade, Манастир светог архиђакона Стефана,‎ 1997
  3. (sr) Ahmet Alibašić, « Muslimani jugoistočne Evrope ("Les musulmans du sud-est de l'Europe") » (consulté le 1er mai 2009)
  4. Aucune donnée statistique fiable n'est disponible sur le Kosovo et la Métochie.

Liens externes[modifier | modifier le code]