Yusuf (sourate)

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12e sourate du Coran
Joseph
Le Coran, livre sacré de l'islam.
Le Coran, livre sacré de l'islam.
Informations sur cette sourate
Titre original يوسف, Yusuf
Titre français Joseph
Ordre traditionnel 12e sourate
Ordre chronologique 53e sourate
Période de proclamation Période mecquoise
Nombre de versets (ayat) 111
Ordre traditionnel
Ordre chronologique

La sourate Yusuf (arabe : يوسف, français : Joseph) est la 12e sourate du Coran. Elle comporte 111 versets et c’est la seule sourate révélée en une seule fois. Elle est également la seule à aborder le prophète éponyme. Cette sourate a une grande importance pour le thème de l’interprétation des rêves.

 Origine du nom[modifier | modifier le code]

Bien que le titre ne fasse pas directement partie du texte coranique[1], la tradition musulmane a donné comme nom à cette sourate Joseph car cette sourate parle notamment du prophète Joseph[2].

Période de proclamation[modifier | modifier le code]

Selon la tradition musulmane, contestée par certaines recherches universitaires, cette sourate a été proclamée pendant la période mecquoise, c'est-à-dire schématiquement durant la première partie de l'histoire de Mahomet avant de quitter La Mecque[3]. Les savants musulmans s'accordent pour dire que cette sourate occupe la 53e place dans l'ordre chronologique[4].

Résumé[modifier | modifier le code]

Après la basmala et trois versets introducteurs, l’histoire de Yusuf débute avec le rêve que le prophète raconta à son père Jacob, également prophète. Yusuf vit le soleil et la lune et onze étoiles se prosterner pour lui. Conscient de l'importance de cette vision, Jacob dit à Yusuf de se garder de raconter son rêve à ses frères, envieux des a proximité à Jacob. Ceux-ci décidèrent de comploter à son égard en prétextant une sortie pour le divertir. Jacob redouta cette soudaine proposition, mais laissa tout de même Joseph les accompagner. Ils finirent par le jeter dans un puits. Il y a plusieurs ellipses dans cette sourate . Récupéré par un notable égyptien, le récit de l'histoire de Yusuf, fils d'Israël (nom donné à Jacob), se poursuit par la séduction tentée par la femme de Potiphar, appelé al-ʿAzīz dans le Coran, Zouleykha, à l'égard de Yusuf. Etant un Prophète préservé des grands péchés, Yusuf se retourna, alors que Zouleykha le saisit par sa chemise. Son vêtement, déchiré à l’arrière, fut la preuve que la femme de Potiphar souhaita s'offrir à lui et qu'elle chercha même à l’étreindre de force . Vu les rumeurs en ville, la femme de Potiphar invita les égyptiennes à un repas; elle prit des couteaux avec un rafraîchissement. Elle ordonna à Yusuf d'entrer, et "Charmées de sa beauté, toutes les femmes le comblèrent de louanges. Elles se coupèrent les doigts par distraction, et s’écrièrent : O Dieu ! ce n’est pas un homme, c’est un ange noble"[5]

Mis en prison à la suite de la volonté de Zouleykha, le Prophète y passa plusieurs années. Il y fut connu pour son honnêteté et surtout pour son don à interpréter les rêves "c'est une science que Dieu m'a enseigné après avoir suivi  la religion de mes pères Abraham, Isaac, Jacob ". Il interprètera le rêve de deux jeunes hommes en prison: pour l'un, dans trois jours tu seras crucifié, les corbeaux viendront picorer ta tête; pour l'autre; tu reprendras ta place de servant auprès du roi. Toutes ses interprétations se réalisèrent au cours des trois jours "l'affaire sur laquelle vous me questionnez est d 'ores et déjà décidée"

Lorsque le roi fit un rêve, son servant se rappela de la promesse faite à Joseph de ne pas l'oublier quand il lui donna l'interprétation de son rêve : "votre majesté je peux vous amener un interprète qui se trouve à la prison de ZAWIRA". C'est ainsi que Yusuf fut libéré et pu rejoindre le palais et pour donner l'exégèse des deux rêves . Après quelque temps, il le libéra et le fit gouverneur d’Égypte après la mort de Potiphar.

Interprétation[modifier | modifier le code]

Dye s’interroge sur le fait que des personnages plus important que Joseph n'ont pas de sourate qui leur est consacrée.[6]

Witztum a étudié en 2011 les sources syriaques de cette sourate.[6] Pour Kropp, cette sourate s'inspire de la forme des poèmes syriaque appelés soghitha en incluant des particularités de la poésie arabe. Les premières attestations de cette sourate dans l'épigraphie montrent des variantes et des recompositions.[6]

Ce passage est utilisé, selon Grodzki, par la tradition musulmane comme une preuve de la mission prophétique de Mahomet dans un milieu qui n'est pas censé connaître l'histoire de Joseph. Pour autant, ce texte est un récit ayant besoin de la connaissance du récit biblique pour être compris pleinement.[6]

Alors que le Coran n'existe pas encore en tant que tel, la sourate précise : "Nous l’avons fait descendre, un Coran en [langue] arabe". Pour Reynolds, cette mention ne concerne que la sourate en question. Tandis que les arabes connaissait l'histoire de Joseph par les écrits d'autres langues, pour la première fois, ils ont leur propre histoire.[6]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. André Chouraqui, Le Coran, traduction et commentaires, 1990, p. 15.
  2. André Chouraqui, Le Coran : L'appel, France, Robert Laffont, , 625 p. (ISBN 2221069641)
  3. Blachère R., Le Coran, 1966, p. 103.
  4. André Chouraqui, Le Coran : L'appel, Robert Laffont, , 625 p. (ISBN 2221069641)
  5. Fin du verset 30 de la sourate Yusuf, traduction de Savary disponible sur Wikisource.
  6. a b c d et e Azaiez, M. (Ed.), Reynolds, G. (Ed.), Tesei, T. (Ed.), et al. (2016). The Qur'an Seminar Commentary / Le Qur'an Seminar. A Collaborative Study of 50 Qur'anic Passages / Commentaire collaboratif de 50 passages coraniques. Berlin, Boston: De Gruyter. partie QS 15 Q 12