Marie (mère de Jésus)

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 Cet article traite de Marie (mère de Jésus) dans les textes religieux. Pour Marie dans les dogmes chrétiens particulièrement, voir Mariologie et Theotokos. Pour les pratiques de vénération dont Marie fait l'objet, voir Culte marial. Pour un angle de vue spécifiquement musulman, voir Maryam (mère de Îsâ).
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Marie
Image illustrative de l'article Marie (mère de Jésus)
Bartolomeo Cincani, La Vierge et l'Enfant (v. 1500)
Sainte
Naissance vers 18 av. J.-C.
Jérusalem selon une tradition orientale
Bethléem, Nazareth ou Sepphoris selon trois traditions occidentales[1]
Décès vers 41 ap. J.-C. 
mont Sion (abbaye de la Dormition ou Éphèse (Église de la Vierge Marie) selon des traditions locales[2]
Vénérée par Église catholique, Église Orthodoxe
Fête Mère de Dieu (1er janvier)
Annonciation 25 mars
Visitation (30 mars pour plusieurs Églises orthodoxes, 31 mai pour la chrétienté occidentale)
Dormition et Assomption (15 août)
Sainte Marie Reine (en) (22 août)
Nativité (8 septembre)
Saint nom de Marie (es) (12 septembre)
Présentation (21 novembre)
Immaculée Conception (8 décembre)
Attributs variés
Sainte patronne France

Marie, en araméen Maryam ܡܪܝܡ, en hébreu Myriam מרים[réf. nécessaire], en grec Μαρια, Maria, en arabe Maryam مريم , fille juive de Judée, est la mère de Jésus de Nazareth. Les Églises catholique et orthodoxe accordent une place essentielle à Marie, qu'elles appellent Marie de Nazareth, Sainte Vierge, Notre Dame (plus souvent chez les catholiques) ou Mère de Dieu (chez les orthodoxes comme chez les catholiques).

Comme pour son fils Jésus, il est impossible d'écrire une biographie de Marie. Une grande partie des traces historiques se trouvent dans les récits apocryphes qui développent souvent les élaborations présentes dans les textes canoniques du Nouveau Testament mais qui peuvent aussi reconstituer une certaine trame historique[3].

Dans les Églises catholique et orthodoxe, Marie est l'objet d'un culte particulier, supérieur au simple culte rendu aux saints et aux anges, appelé le culte d'hyperdulie. C'est un point de divergence important avec le protestantisme et les églises réformées.

Sommaire

La vie de Marie dans les sources chrétiennes[modifier | modifier le code]

Dans le Nouveau Testament[modifier | modifier le code]

Les Évangiles de Matthieu et Luc rapportent l'Annonciation, c’est-à-dire l’annonce par l’ange Gabriel à « Marie » puis à Joseph à qui elle était fiancée, de la conception virginale de Jésus, le récit de Luc donnant plus de place à Marie, alors que c’est l’inverse dans celui de Matthieu[note 1]. Par ailleurs, la cousine de Marie, Élisabeth, est la mère du prophète Jean le Baptiste. Dans l'épisode dit de la Visitation (Lc 1,39-56) où, en réponse à la salutation d'Elisabeth - l’Ave Maria - Marie rend grâce à Dieu en priant ce qui est appelé aujourd'hui le Magnificat.

Dans le Nouveau Testament, Jésus ne s'adresse à Marie qu'en utilisant le vocable « femme » . On notera aussi sa manière de répondre (Lc 11,27-28) : « Tandis que Jésus parlait ainsi, une femme, élevant la voix du milieu de la foule, lui dit: Heureux le sein qui t’a porté ! heureuses les mamelles qui t’ont allaité ! Et il répondit : Heureux plutôt ceux qui écoutent la parole de Dieu, et qui la gardent ! »

L'évangéliste Jean, s'il mentionne plusieurs fois la mère de Jésus, ne la cite jamais par son nom mais l'appelle simplement « la mère de Jésus ».

Les textes évoquent ensuite la Présentation au Temple pour accomplir le rite de rachat du premier-né. Syméon prophétise qu'elle connaîtra la douleur (Lc 2,21-35). Plus tard se produit l’épisode de la disparition de Jésus à l’âge de douze ans (Lc 2,41-51), lors de la montée annuelle au Temple de Jérusalem : alors que ses parents repartaient pour Nazareth, l'enfant était resté dans le Temple pour discuter avec les "docteurs de la Loi", c'est-à-dire les érudits de la Torah.

Marie apparaît à nouveau quand Jésus assiste aux noces de Cana (Jn 2,1-11), puis une fois où elle était à sa recherche alors qu’il enseignait (Mc 3,31-35), enfin au moment de la crucifixion. Son fils la confie avant de mourir à son disciple préféré. « Jésus, voyant sa mère, et auprès d’elle le disciple qu’il aimait, dit à sa mère : Femme, voilà ton fils. Puis il dit au disciple : Voilà ta mère. Et, dès ce moment, le disciple la prit chez lui. »[B 1]

Elle se trouve parmi les disciples lors de la Pentecôte (Ac 1,14).

Dans les écrits déclarés Apocryphes par la suite[modifier | modifier le code]

Marie est l'objet de diverses traditions apocryphes. C'est de ces écrits que viennent la plupart des traditions qui la concernent. On y trouve notamment le nom de ses parents, Anne et Joachim, le récit de sa nativité, de son adolescence, ceux de sa vie à Éphèse, de sa Dormition et de son Assomption. Bien qu'elles soient issues de textes qui ne font pas partie du canon biblique, ces traditions ont continuellement bénéficié d'autres formes de reconnaissance chez les catholiques comme chez les orthodoxes. Outre que certaines fêtes liturgiques des calendriers catholique et orthodoxe se rapportent directement à ces récits, les églises sont pleines de fresques et de peintures représentant des épisodes de la vie de Marie tirés des apocryphes, notamment du Protévangile de Jacques, de La Nativité de Marie et de La Dormition de Marie.

Si dans leur ensemble les écrits apocryphes ont été rédigés plus tardivement que ceux retenus pour former le Nouveau Testament, il semble que ce ne soit pas le cas de la totalité des éléments qui se rapportent à Marie dans les apocryphes. Selon Enrico Norelli, « certains apocryphes contiennent des traditions plus anciennes que la composition des récits de naissance de Jésus chez Matthieu et Luc[4] ». Norelli estime que, si l'étude de ces traditions anciennes ne fournit aucune indication d'ordre historique, ni sur la naissance de Jésus, ni sur la vie de Marie, elle renseigne sur la place de Marie dans le christianisme ancien et permet de comprendre pourquoi les traditions sur Marie n'ont pas été intégrées dans les écrits canoniques, alors même que Marie continuait d'occuper une place importante dans les prédications et la tradition chrétiennes.

Différents récits de la conception de Jésus dans les écrits apocryphes[modifier | modifier le code]

Marie aurait connu une grossesse de deux mois selon un apocryphe chrétien du début du IIe siècle, l'l'Ascension d'Esaïe ; cependant, s'il y a eu gestation, il n'y aurait pas eu accouchement : Joseph et Marie étant seuls à la maison, "Marie regarda soudain de ses yeux et vit un petit enfant, et elle fut effrayée. Et après qu'elle fut effrayée, son sein se trouva comme auparavant, avant qu'elle eût conçu. Et lorsque son mari Joseph lui dit : "Qu'est-ce qui t'a effrayée ?", ses yeux s'ouvrirent et il vit l'enfant, il glorifia le Seigneur" (cité dans Marie des Apocryphes d'E. Norelli[5]).

Marie aurait accouché de Jésus au terme de sa grossesse selon le Protévangile de Jacques (milieu du IIe siècle), mais sans que l'accouchement ait affecté sa virginité : Jésus naît dans une grotte alors que Joseph était allé chercher une sage-femme ; une amie de la sage-femme, Salomé, arrivée peu de temps après l'événement, refuse de croire qu'une vierge ait pu mettre au monde un enfant. Elle veut s'en assurer par elle-même ; ayant "touché" Marie, elle est punie de son incrédulité ; elle dit : "ma main brûlée d'un feu dévorant tombe et se sépare de mon bras". Comme elle se repent néanmoins, un ange lui apparaît et lui recommande de porter Jésus dans ses bras. Aussitôt, un miracle a lieu : Salomé est guérie de sa paralysie[6].

Marie aurait eu une grossesse de sept mois, selon une homélie attribuée à Cyrille de Jérusalem, composée peut-être à la fin du IVe siècle, mais dans ce texte que cite E. Norelli, Marie n'est plus une femme, elle est l'archange Michel. "Marie n'est que l'apparence humaine prise par l'ange Michel - représenté dans la tradition juive comme l'ange protecteur d'Israël - afin de faire "entrer" dans le monde humain ce personnage céleste qu'est le Christ"[7]".

Marie aurait eu une grossesse au terme de laquelle elle aurait accouché, mais elle ne serait pas devenue enceinte par l'action du Saint-Esprit, selon l'Epître des apôtres (apocryphe du milieu du IIe siècle). L'ange Gabriel qui, dans les évangiles canoniques, annonce à Marie son nouveau statut de mère du Fils de Dieu, n'était autre en réalité que Jésus lui-même, qui entra alors dans Marie. Jésus dit à ses disciples : "Sous l'apparence de l'ange Gabriel, j'apparus à la vierge Marie, et lui ai parlé. [...] J'entrai en elle et suis devenu chair" (texte cité par E. Norelli dans Marie des apocryphes[8]). L'accouchement aurait eu lieu ensuite normalement.

La mort ou le destin final de Marie[modifier | modifier le code]

Dans le Nouveau Testament[modifier | modifier le code]

Crucifixion par le Pérugin

Le Nouveau Testament ne dit rien du sort final de Marie.

Dans des textes chrétiens postérieurs[modifier | modifier le code]

Le lieu de la mort de Marie[modifier | modifier le code]

Une tradition syrienne jacobite, dont les plus anciens témoins littéraires datent du IXe siècle, raconte que Marie fut emmenée près d'Éphèse par Jean l'Évangéliste après la crucifixion de Jésus, pour fuir la persécution à Jérusalem. Marie est supposée avoir terminé sa vie (sa vie terrestre) en ce lieu (voir l'article Maison de la Vierge Marie). D'après Simon Cl. Mimouni, cette tradition vise probablement à légitimer le siège épiscopal d'Éphèse[9]. Elle est ensuite remmené miraculeusement à Jérusalem pour être enterrée dans le jardin de Gethsemani.

Le destin du corps et de l'âme de Marie[modifier | modifier le code]

De très nombreux textes, parmi lesquels des écrits apocryphes, affirment que le corps de Marie "n'est pas resté dans le tombeau, et qu'il se trouve "au ciel". Mais les textes divergent quant à savoir s'il a été réuni à l'âme, et si oui, où et quand cela s'est produit"[10]".

Marie dans les dogmes des Églises chrétiennes[modifier | modifier le code]

Selon le catholicisme et l'orthodoxie[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Culte marial.

Les Églises catholique et orthodoxe accordent une place essentielle à Marie, qu'elles appellent Marie de Nazareth[11],[12], Sainte Vierge, Notre Dame (plus souvent chez les catholiques) ou Mère de Dieu (chez les orthodoxes comme chez les catholiques), et qui est l'objet d'une hyperdulie particulière : le culte marial, que les protestants qualifient de « mariolâtrie ».

Dans les religions catholiques et orthodoxes, Marie est l'objet d'une vénération qui est très différente de l'adoration due à Dieu seul[13]. Cette pratique, qu'on ne trouve pas dans la bible provient de certaines traditions culturelles et des livres apocryphes. On y trouve notamment le nom de ses parents, Anne et Joachim, le récit de sa nativité, de son adolescence, ceux de sa vie à Éphèse, de sa Dormition et de son Assomption. Bien qu'elles soient issues de textes qui ne font pas partie du canon biblique, ces traditions ont été adoptés chez les catholiques comme chez les orthodoxes. Ainsi une tradition catholique place la naissance de Marie dans l'église Sainte-Anne de Jérusalem alors que les orthodoxes la situe dans le monastère Sainte-Anne de Jérusalem. Des traditions présentent dans le Livre de la Nativité de Marie plus connu désormais sous le nom Protévangile de Jacques, un écrit de la moitié du IIe siècle, qui donne aussi les noms du père et de la mère de Marie.

Les Églises catholique et orthodoxe accordent une place spéciale à la Vierge Marie, qui est l'objet d'un culte particulier, le culte d'hyperdulie qui est le culte rendu à la Vierge Marie, supérieur au simple culte rendu aux saints et aux anges (dulie). Ce terme est à distinguer de celui d'adoration (ou latrie) qui ne convient que pour Dieu.

Une grande partie de la spiritualité mariale (l'adjectif n'est utilisé que par les catholiques) a été développée postérieurement à l'époque de la rédaction des Évangiles. Elle utilise quelques versets bibliques[B 2] en les déformants quelque peu.

La naissance de Marie[modifier | modifier le code]

L'immaculée conception de Marie est un point de foi dont la dévotion est apparue surtout aux Xe et XIe siècles, et qui a ensuite été mis en avant par les franciscains, surtout après le XIIIe siècle.

Son dogme a été finalement précisé par l'Église catholique le par Pie IX dans sa bulle Ineffabilis Deus. Ce dogme signifie que Marie, mère de Jésus-Christ, fut conçue exempte du péché originel, autrement dit que ses parents, Joachim et Anne, l'auraient conçue sans transmission du péché originel, en vertu d'une grâce exceptionnelle provenant déjà du Sacrifice de son Fils. Ainsi, Marie est rachetée comme tous les hommes, mais la différence est qu'elle le fut par anticipation. Ce dogme n'est pas accepté par l'Église Orthodoxe pour qui Marie est "fille de la race d'Adam" et a été enfantée dans le péché originel comme tout homme et femme.

Seulement, par sa pureté intérieure et son « Fiat » à l'ange Gabriel, elle a eu le privilège de permettre au Verbe de Dieu de s'incarner en elle.

Pour les orthodoxes, c'est la conception du Christ en Marie par l'Esprit Saint qui est immaculée, et si Marie est effectivement « immaculée », elle l'est par son adhésion à la volonté de Dieu, par sa pureté intérieure et par le fait qu'elle ne se soit jamais située en dehors de la volonté de Dieu, qu'elle n'ait jamais péché.

Marie mère de Dieu[modifier | modifier le code]

Le concile d'Éphèse (431) et les suivants reconnaissent Marie comme Théotokos, celle qui, en la personne de Jésus, a mis Dieu au monde, la « Mère de Dieu ».

La virginité perpétuelle de Marie fait partie du dogme catholique et orthodoxe.

La Dormition, l'Assomption[modifier | modifier le code]

Marie est, chez les catholiques comme chez les orthodoxes, le modèle de l'humanité à suivre et, à travers Jésus qui avant sa mort l'a confiée à son disciple, la mère de tous : alors que le péché originel a pour conséquence la mort et la tendance au péché, Marie resta toute sa vie pour les orthodoxes, comme chez les catholiques, sans jamais pécher, de sa naissance à son endormissement dans la mort. Les orthodoxes parlent de dormition et non de mort, pour la Mère de Dieu tandis que les catholiques évoquent son Assomption.

L'Assomption est un dogme catholique selon lequel, au terme de sa vie terrestre, Marie a été « enlevée corps et âme » au ciel. Le 1er novembre 1950, ce point de foi ancien est défini sous forme de dogme par la constitution apostolique Munificentissimus Deus du pape Pie XII. Les catholiques fêtent l'Assomption le 15 août. La fête de la Dormition du 15 août célèbre, comme chez les catholiques, la mort, l’ensevelissement de la Mère de Dieu puis sa résurrection et son ascension. Les orthodoxes emploient le terme de Dormition depuis le Ve siècle. Ce terme reflète la croyance selon laquelle la Vierge est morte sans souffrir, dans un état de paix spirituelle. Les orthodoxes critiquent le nom d'Assomption qui entretient l'ambiguïté en laissant croire que la Vierge a été enlevée au ciel de son vivant.

D'une manière générale, pour les orthodoxes, la vénération à Marie s'inscrit donc dans un mystère, tout comme l'incarnation, à qui il se trouve lié. C'est sans doute ce qui distingue l'attitude orthodoxe d'une approche plus rationnelle de l'Occident qui a ressenti le besoin de formuler des dogmes plus précis.

Fête[modifier | modifier le code]

Marie est priée par les catholiques et les orthodoxes, qui invoquent son intercession et qui la célèbrent en particulier le 1er janvier (Sainte Marie Mère de Dieu - seulement les catholiques), le 15 août (Dormition et Assomption), le 25 mars (Annonciation), le 8 septembre (Nativité de la Vierge Marie) et le 8 décembre (Immaculée Conception de la Vierge Marie - seulement les catholiques).

Selon le Protestantisme[modifier | modifier le code]

Luther a insisté sur l'humilité de Marie et son accueil de la grâce[14]. Calvin a affirmé qu'elle avait besoin du pardon, et refusé, à la différence de Luther, de célébrer les fêtes mariales. Il resta prudent sur le terme « Mère de Dieu ».

Le refus du culte marial[modifier | modifier le code]

Le protestantisme est resté longtemps muet à propos de Marie. C'est à partir du dogme de l'Immaculée Conception en 1854 puis de celui de l'Assomption en 1950 que se creuse à nouveau l'écart avec le catholicisme. Ces dogmes établis si tardivement ne peuvent en effet constituer une réalité historique ou spirituelle selon les membres des église protestantes. Le protestantisme dénonce le culte rendu aux saints et en particulier le culte marial.

Les protestants lui dénient aussi le titre de « Reine du Ciel » (Jr 44,18).

Le refus du dogme de la Virginité perpétuelle de Marie[modifier | modifier le code]

Pour la plupart des protestants, Marie était vierge avant la naissance de Jésus, mais a eu d'autres enfants, les frères et sœurs de Jésus cités dans les Évangiles[B 3].

Dans les églises évangéliques[modifier | modifier le code]

Dès le début de la Réforme, le protestantisme évangélique dénonce le culte rendu aux saints et en particulier le culte marial (mariolâtrie), contraires à la Bible.

  • Le refus du polythéisme : pour les chrétiens évangéliques, la foi a été « transmise une fois pour toutes » aux premiers chrétiens[B 4] et ne peut faire l'objet de modifications ou ajouts. Cette foi est expliquée dans la Bible depuis la fin des révélations et l'adoption finale du canon de la Parole, en 393[15].

Ainsi, toute forme de polythéisme ne peut être accepté car contraire à la Bible et au 1er des 10 commandements : « Tu n'auras pas d'autres dieux devant ma face. »[B 5].

L'adoration et les prières sont pour Dieu seul, selon l'enseignement de Jésus, dans le Notre Père : « Car c'est à toi qu'appartiennent, dans tous les siècles, le règne, la puissance et la gloire. Amen ! »[B 6]

Pour les Méthodistes[modifier | modifier le code]

Les Méthodistes n'ont pas d'écrits officiels ou d'enseignements sur la Vierge Marie, sauf ce qui est mentionné dans l'Écriture et les enseignements œcuméniques. Ils considèrent essentiellement que le Christ a été conçu dans son sein par l'Esprit-Saint et qu'elle a donné naissance au Christ en étant vierge. John Wesley, le principal fondateur du mouvement méthodiste au sein de l'Église d'Angleterre, croyait que Marie « est restée une vierge pure et sans tache »[16]. L'église Méthodiste considère que Marie était vierge avant, pendant et immédiatement après la naissance du Christ[17].

De ceci, les églises méthodistes unies rejettent les notions de foi exprimées par l'Église catholique indiquant que Marie serait Co-rédemptrice et Médiatrice. Les églises méthodistes rejettent la vénération des saints, de Marie et des reliques : ils estiment que le respect et la louange sont réservés à Dieu seul. Cependant, ils approuvent l'étude de la vie de Marie et des biographies de saints, car celles-ci sont considérées comme des héros et des exemples de bons chrétiens[18].

La question de la virginité de Marie[modifier | modifier le code]

La conception virginale de Marie[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Conception virginale.

Se fondant notamment sur l'ouvrage de Raymond E. Brown, The Birth of Messiah (1999), E. Norelli dit que les "énoncés sur la conception de Jésus par une vierge chez Matthieu et Luc" n'ont "qu'une fonction christologique, et non mariologique" : ils servent à étayer l'idée d'une identité divine de Jésus, qui ne serait pas né comme tout autre être humain, bien plus qu'ils ne procèdent d'une idéalisation de la figure de Marie. Ainsi, au moment où ont été rédigés les évangiles, l'intérêt porté à Marie était "orienté par la personne de Jésus"[19]

La conception adultérine de Jésus[modifier | modifier le code]

Selon E. Norelli, "au plus tard au IIe siècle, mais vraisemblablement déjà au premier (d'après certains savants, déjà du vivant de Jésus) circulait l'accusation d'une conception adultérine de Jésus"[20]. Selon ce même auteur, les détails biographiques concernant l'enfance de Marie, confiée aux prêtres dès l'âge de trois ans, et vouée à une virginité perpétuelle, ces détails produits dans le Protévangile de Jacques (évangile apocryphe), qui insistent sur la pureté de Marie, étaient destinés initialement à "réfuter des accusations d'illégitimité de Jésus avancées par des juifs non chrétiens" des Ier et IIe siècles[21].

La virginité perpétuelle de Marie[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Virginité perpétuelle de Marie.

La Conception virginale (le fait que Jésus Christ ait été conçu et soit né alors que Marie était vierge) est acceptée par tous les chrétiens puisqu'elle est rapportée par les récits de l'enfance au début des évangiles selon Luc et selon Matthieu ; il n'en est pas de même de la Virginité perpétuelle de Marie (le fait que Marie soit restée vierge toute sa vie) qui est acceptée par les théologies catholique et orthodoxe mais refusée par la majorité des théologies protestantes. Cette croyance est ancienne, comme l’atteste le Protévangile de Jacques, un texte non canonique du IIe siècle où il est indiqué que Marie, fille d'Anne et de Joachim, aurait été « consacrée au Seigneur » (c'est-à-dire resterait vierge) par un vœu de sa mère, puis aurait été confiée à Joseph avant la conception de Jésus[note 2] et il épousa Marie la mère de Jésus Christ. Les protestants refusent cette croyance en la virginité perpétuelle de Marie en se fondant sur les passages du Nouveau Testament mentionnant des frères et des sœurs de Jésus :

  • « N'est-ce pas le fils du charpentier ? n'est-ce pas Marie qui est sa mère ? Jacques, Joseph, Simon et Jude, ne sont-ils pas ses frères ? »[B 7].
  • « N'est-ce pas le charpentier, le fils de Marie, le frère de Jacques, de Joses, de Jude et de Simon ? et ses sœurs ne sont-elles pas ici parmi nous ? Et il était pour eux une occasion de chute. »[B 3]
  • « Quelqu'un lui dit : Voici, ta mère et tes frères sont dehors, et ils cherchent à te parler. »[B 8]

Il s'agirait, selon la tradition orthodoxe, suivant en cela le Protévangile de Jacques, de demi-frères, fils d'un premier mariage de Joseph qui étant veuf aurait épousé Marie en tant que vierge consacrée au Seigneur ou, selon la tradition catholique et orthodoxe, de cousins, le mot « frères » étant pris dans ce cas au sens large, « Les langues sémitiques ne possèdent pas de terme pour rendre le mot « cousin » et le mot frère et cousin est le même dans les langues slaves (brat[note 3]) ; dans les sociétés anciennes, où tous vivaient ensemble, les cousins étaient assimilés à des frères. »[note 1] et les rédacteurs du Nouveau Testament se seraient conformés à la manière de parler orientale. Deux d'entre eux sont, en effet, signalés comme fils d'une « Marie, mère de Jacques le mineur et de Joses » en Mt 27,56 et Mc 15,40, identifiée à Marie, femme de Clopas d'après Jn 19,25, le troisième Jude se dit frère de Jacques et non de Jésus (Ju 1), et le quatrième Simon est clairement désigné comme un cousin germain, fils de Clopas le frère de Joseph, dans l'Histoire ecclésiastique d'Eusèbe de Césarée.

Sur cette question des frères de Jésus,

Article détaillé : Frères de Jésus.

Les protestants se basent quant à eux sur le verset de Mt 1,25 indiquant que Joseph n'a pas eu de rapport sexuel jusqu'à la naissance de Jésus (ce qui pour eux signifie qu'il en aurait eu après) : « Mais il ne la connut point jusqu’à ce qu’elle eût enfanté un fils, auquel il donna le nom de Jésus. »

Thomas d'Aquin, un des auteurs de référence de l'Église catholique, analyse ce sujet de façon très méthodique dans sa Somme Théologique, IIIa pars, Q. 28, art. 2 à 4 : art. 2 : virginité pendant l'enfantement, art. 3 : virginité après l'enfantement, art. 4 : La question du vœu de virginité (qui est une question différente et indépendante de la précédente). Il conclut à la virginité perpétuelle et au vœu de virginité.

Saint Augustin cite les écritures à propos de cette question de la virginité perpétuelle de Marie : « Il me ramena vers la porte extérieure du sanctuaire, du côté de l'orient. Mais elle était fermée. 2 Et Yahvé me dit : Cette porte sera fermée, elle ne s'ouvrira point, et personne n'y passera ; car Yahvé, le Dieu d'Israël est entré par là. Elle restera fermée. » (Ézéchiel 44,1-2).

Autre verset biblique sur ce thème : « Voici ce que dit le Saint, le Véritable, celui qui a la clef de David, celui qui ouvre, et personne ne fermera, celui qui ferme, et personne n'ouvrira. »[B 9].

Marie modèle des religieuses chrétiennes dans un écrit apocryphe[modifier | modifier le code]

On a prêté à la Marie du Ier siècle des pratiques qui correspondaient en réalité aux traditions monastiques en vigueur au Moyen-Âge, dans une réécriture latine du Protévangile de Jacques (évangile apocryphe du IIe siècle), réécriture qui date du VIIe siècle (selon E. Norelli), connue sous le nom de l'Evangile du Pseudo-Matthieu. Dans ce texte tardif, Marie confiée aux prêtres dès son enfance, comme le veut le Protévangile de Jacques, n'est plus seule dans le Temple, "elle préside une véritable communauté monastique de jeunes filles, idée absurde pour le judaïsme, mais qui convenait parfaitement à l'esprit de l'époque mérovingienne[22]". Elle y prononce également un vœu de virginité perpétuelle, autre règle étrangère à l'esprit du judaïsme.

Marie en dehors du christianisme[modifier | modifier le code]

Marie pour les juifs[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Disputations judéo-chrétiennes.

Dans le Discours véritable de Celse, uniquement connu par les nombreux extraits cités par Origène dans son livre « Contre Celse », le philosophe grec rapporte les propos d'« un juif », dont Celse dit que « ce juif » lui a tout appris. Ce « juif » lui aurait dit que Jésus était un enfant adultérin de Marie, pauvre fileuse, fruit d'une liaison avec un soldat romain du nom de Pantera. Celse faisant prononcer cette affirmation par un rabbin, l’on a avancé qu'elle aurait été reprise de textes rabbiniques qui n'ont longtemps été connus pour l'essentiel que par les réponses polémiques des Pères de l'Église.

Ces affirmations furent vigoureusement rejetées par Origène, tout au moins dans leur aspect polémique. Son Contre Celse témoigne toutefois que dès la seconde moitié du IIe siècle, les juifs colportaient des rumeurs polémiques au sujet de la naissance illégitime de Jésus, dont le père aurait été un soldat romain du nom de Pandera[23]. « Au IVe siècle, Épiphane affirme dans le Panarion 78, 7, que Pantera était le surnom de Jacob, père de Joseph, l'époux de Marie. Dans la Didascalie syriaque, un écrit liturgico-canonique du début du IIIe siècle, la mère de Jésus est fille de Joachim, fils de Pantera, frère de Melchi, de la famille de Nathan et fils de David[23]. » Pour Simon Claude Mimouni, « cette explication paraît assez vraisemblable, d'autant que la Didascalie syriaque rapporte nombre de traditions chrétiennes d'origine juive[23]. »

Les propos de Celse semblent correspondre aux points de vue juifs très anciens qui ont été rapportés dans le Talmud, jusqu'à ce que les chrétiens en obtiennent la censure à l'aide de pressions sur la communauté juive et de pogroms, qui ont notamment eu lieu à l'époque des croisades, mais se sont poursuivis ensuite. [réf. souhaitée]

Ces passages censurés du Talmud sont tout de même connus, car des anciennes versions datant du XIVe siècle ont été retrouvées et parce que la même censure n'a pas eu lieu dans les pays sous contrôle musulman. D'autres textes juifs appelés Toledoth Yeshu, sorte d'évangiles populaires juifs, rapportent des informations équivalentes.

Toutefois, on peut voir que Celse s'est trompé dans le report de ce que lui a indiqué « le juif » qui lui a tout appris:

  • Pantéra ou Pandera (Panther) n'est pas un soldat romain, mais un homme partant en Babylonie (peut-être pour faire la guerre) alors qu'ils ne sont que fiancés et qui ne revient pas;
  • le père de Jésus est appelé Joseph ben Pantéra (Joseph, fils de Pantéra) et aussi Pantéra;
  • Marie n'est pas misérable, elle est même qualifiée de « femme mariée aux rois et empereurs et terminant avec un charpentier »;

On remarque aussi, que Jean Damascène et Épiphane, mentionnent dans leur généalogie de Marie ou de Joseph des aïeux légitimes du nom de Panther[réf. nécessaire].

Marie pour l'islam[modifier | modifier le code]

Miniature persane de Marie et Jésus
Article détaillé : Maryam.

Maryam, Mariam ou Meryem (en arabe : مريم), est le nom de la mère de Îsâ, le nom de Jésus dans la tradition musulmane (appelé Yeshu dans la tradition juive). Elle est la fille d'Imran[C 1], et est aussi appelée « sœur d'Aaron »[C 2], par assimilation avec la prophétesse Maryam, fille d'Imran et sœur de Moïse et d'Aaron[B 10].

Guillaume Dye souligne le fait que Marie, mentionnée une trentaine de fois dans le Coran, l'est plus dans ce texte islamique que dans le Nouveau Testament[24]. Selon Claude Gilliot, "la place que Marie occupe dans les apocryphes chrétiens, c'est le terreau du Coran[25]" ; le Protévangile de Jacques par exemple (apocryphe du IIème siècle), fait de Marie un personnage central, et aurait inspiré en particulier le récit de l'Annonciation dans le Coran (sourate 19, versets, 17-21). La sourate 19[C 3] porte le nom de Marie.

La mère de Jésus est considérée comme vierge dans le Coran, tournée vers Dieu dès sa naissance, jamais fiancée ou mariée (mais seulement protégée et guidée par Zakarie "Zakaria" (en arabe: زكريا). Le Coran reprend une tradition proche de celle retenue par la « Grande église » sur la conception miraculeuse de Jésus (ou Îsâ) par l'action du souffle de Dieu (Rûh)[C 4]. Le prophète Mahomet la décrit comme étant l'une des rares femmes ayant atteint le degré de « perfection », à travers sa dévotion intense à Dieu et sa patience lors de l’épreuve de l'enfantement miraculeux, que sa communauté accueillera par la suspicion et l'accusation. Le Coran la présente à l'opposé des femmes maudites de Loth et de Noé, comme l'une des deux femmes bien accueillies au paradis, elle, et la femme de Pharaon de Moise, dans la sourate « Les femmes »[C 5] et dans la sourate dite de « la table servie »[C 6]. Le prophète Mahomet affirme dans un récit que Maryam est la meilleure femme que le monde ait connu[26].

Selon Michael Marx, le respect à l'égard de Marie renforce l'image positive de Jésus dans le Coran[25].

Marie pour les Bahaï[modifier | modifier le code]

Les Bahaï vénèrent Marie comme mère de Jésus. Le Livre de la certitude, le premier ouvrage théologique de la religion Bahaï décrit Marie comme « le visage plus beau » et « le visage voilée et immortel ». Il déclare que Jésus « a été conçu du Saint-Esprit »[27].

Le culte marial, sujet de controverse[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Culte marial.

Le protestantisme notamment s'est opposé au culte marial.

Les Églises catholique et orthodoxe[modifier | modifier le code]

Au cours des siècles, des miracles ou "apparitions" ont été attribués à Marie, en particulier dans l'Église catholique qui en a reconnu un certain nombre[28]. Plusieurs sites d'apparitions mariales sont devenus des lieux de pèlerinages importants (Guadalupe, Lourdes, Fatima). Certaines personnes ont revendiqué des guérisons après avoir prié Marie (comme sainte Thérèse de Lisieux lors de sa maladie en 1883). L’Église Catholique indique que « par son intercession répétée elle continue à nous obtenir les dons qui assurent notre salut éternel. »[29].

Les catholiques et orthodoxes vénèrent donc Marie et n'hésitent pas à la prier pour qu'elle intercède au près de son Fils afin d'obtenir un miracle[13] comme lors des Noces de Cana.

Le musée de Zougdidi revendique posséder la sainte Robe de la Vierge Marie qui proviendrait de l’église des Blachernes (en) à Constantinople où elle disparut lors du siège de la ville en 1453.

« En Orient comme en Occident, à partir de la seconde moitié du Ve siècle, c'est-à-dire à l'époque où s'est probablement posée la question du sort final de Marie, le culte des reliques mariales a commencé à se développer ». Étant donné son Assomption, la vénération se porte non pas sur les traditionnelles reliques corporelles (à l'exception des reliques du saint lait) mais sur des reliques de contact (vêtements funèbres, ceinture …)[30]. De nombreuses églises et sanctuaires mariaux revendiquent posséder ce types de reliques basées sur des récits légendaires issues de traditions probablement originaires de Jérusalem[31] : fuseau de la Vierge au monastère des Hodèges, sainte Robe à l'église des Blachernes, chambre à coucher dans la Maison de la Vierge Marie. Avec le commerce médiéval des reliques, ces dernières se sont retrouvées dans plusieurs églises d'Occident.

Les Églises protestantes contre le culte marial[modifier | modifier le code]

Les théologiens protestants soulignent le fait que le culte marial, et certains aspects de la théologie mariale qui le justifient, ne sont étayés par aucun texte biblique. Le pasteur de l'Église réformée Alain Houziaux rend compte de cette divergence dans ces termes : "Il est bien évident que le développement de la théologie mariale n'a pas son fondement dans l'Écriture sainte. Quel problème cela peut-il poser ? Aucun pour l'Église catholique. Pour celle-ci, la source de la vérité promulguée et révélée ne réside pas seulement dans l'Écriture mais aussi dans la Tradition et le Magistère[32]".

De plus, le protestantisme ne reconnaît pas Marie comme médiatrice, intermédiaire entre le Christ et les hommes ; le culte marial perd ainsi sa justification. Selon Alain Houziaux, dans le catholicisme, "c'est Marie qui a pris la place qui était primitivement dévolue au Christ. Au fond, c'est elle qui est devenue médiatrice, rédemptrice, avocate auprès du Juge suprême. [...] Certes, la théologie [catholique] officielle ne substitue jamais Marie au Christ qui reste unique Médiateur conformément à ce que dit 1 Timothée 2,5. [...] Mais la piété populaire, peut-être parce qu'elle n'a jamais compris et admis la théologie du sacrifice vicaire et rédempteur du Christ, voit en la Vierge Marie l'image du pardon, du salut et de la miséricorde et substitue souvent cette image à celle du Christ trop complexe et incompréhensible puisqu'il est à la fois crucifié et Juge, victime et Tout puissant, homme et Dieu[33]".

Les chrétiens évangéliques, considèrent Marie comme une simple servante du Seigneur[34] qui ne peut donc pas posséder de pouvoir, guérir les gens ou révéler des choses nouvelles. Toujours selon les théologiens évangéliques, les miracles attribués à Marie ne permettent pas de rapprocher quelqu'un du Dieu de la bible et ne peuvent donc être considérés comme étant d'origine divine.

Critique et analyse du culte marial[modifier | modifier le code]

Jean Calvin, dans son Traité des reliques (1543), « énumère les nombreuses reliques dont les églises d’Europe se font les sanctuaires et dont l’amoncellement suffit à les dévaloriser, quand ce n’est pas le ridicule de certaines pièces. Calvin écrit par exemple à propos du lait de Marie vénéré dans les églises, que "tant y a que si la sainte vierge eût été une vache et qu’elle eût été nourrice toute sa vie, à grand peine en eût-elle pu rendre telle quantité[35]" [36]». En effet, d'innombrables couvents et villes exposent, dit Calvin, des fioles contenant du lait de Marie.

Selon Alain Houziaux, pasteur de l'Église réformée, "il y a un conflit profond et fondamental entre la piété populaire (que la dogmatique mariale catholique tente d'assumer) et l'enseignement qu'ont voulu dispenser saint Paul, saint Augustin, Luther et même le Concile de Trente". Comment expliquer ce culte que nombre de croyants vouent à Marie ? "L'idée d'une mère restée vierge constitue un fantasme qui remue profondément notre inconscient et notre imagination. Freud insiste sur l'effroi que suscite chez l'enfant l'idée et l'image qu'il est né d'un coït de ses parents", analyse A. Houziaux. De plus, "le fait que le christianisme se soit construit, à la différence du judaïsme, autour de trois figures masculines (le Père, le Fils et l'Esprit) n'a sans doute pas été étranger au développement du culte de la Vierge Marie et au fait qu'elle ait pu, très tôt être considérée comme une figure céleste. La carence de la Trinité chrétienne en images féminines peut donc expliquer le développement de la mariologie[37]".

Le refus du culte marial a partie liée dans le protestantisme avec une réhabilitation de la sexualité et avec une conception de la femme différente de celle promue par le catholicisme : en revalorisant "le corps et l'amour charnel, Luther rompait définitivement avec l'idéalisation de la femme dans le culte marial et avec sa diabolisation en tant que pécheresse et séductrice[38]". "Marie immaculée heurte non seulement la foi des protestants mais elle entre aussi en complète confrontation avec leur idéal féminin. Dès la Réforme, ceux-ci privilégient le mariage au célibat, le travail à la contemplation, et font de la femme, bonne ménagère éduquée, une aide et une alliée de l’homme. La sexualité s’en trouve peu à peu complètement réhabilitée, ouvrant la voie à une évolution plus générale des rapports hommes-femmes. « Ni Eve ni Marie » devient ainsi l’un des slogans de la pensée féministe chrétienne. La formule, utilisée comme titre d’un ouvrage paru à la fin des années 90, exprime le refus de porter « le poids de la faute et de la condamnation » d’Eve, archétype de la femme, ou encore d’être jugée à l’aune du « modèle de soumission » qu’a pu être Marie[39]".

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. a et b

    « Au sixième mois, l'ange Gabriel fut envoyé par Dieu dans une ville de Galilée, appelée Nazareth auprès d'une vierge fiancée à un homme de la maison de David, nommé Joseph. Le nom de la vierge était Marie. L'ange entra chez elle, et dit : « Je te salue, toi à qui une grâce a été faite ; le Seigneur est avec toi. » Troublée par cette parole, Marie se demandait ce que pouvait signifier une telle salutation. L'ange lui dit : Ne crains point, Marie ; car tu as trouvé grâce devant Dieu. Et voici, tu deviendras enceinte, et tu enfanteras un fils, et tu lui donneras le nom de Jésus… Marie dit à l'ange: Comment cela se fera-t-il, puisque je ne connais point d'homme ? L'ange lui répondit : Le Saint Esprit viendra sur toi, et la puissance du Très Haut te couvrira de son ombre. C'est pourquoi« Le Saint Enfant » qui naîtra de toi sera appelé Fils de Dieu. »

    — Lc 1,21-35

    « Voici de quelle manière arriva la naissance de Jésus-Christ. Marie, sa mère, ayant été fiancée à Joseph, se trouva enceinte, par la vertu du Saint-Esprit, avant qu’ils eussent habité ensemble. Joseph, son époux, qui était un homme de bien et qui ne voulait pas la diffamer, se proposa de rompre secrètement avec elle. Comme il y pensait, voici, un ange du Seigneur lui apparut en songe, et dit : Joseph, fils de David, ne crains pas de prendre avec toi Marie, ta femme, car l’enfant qu’elle a conçu vient du Saint-Esprit ; elle enfantera un fils, et tu lui donneras le nom de Jésus ; c’est lui qui sauvera son peuple de ses péchés. Tout cela arriva afin que s’accomplît ce que le Seigneur avait annoncé par le prophète : "Voici, la vierge sera enceinte, elle enfantera un fils, et on lui donnera le nom d’Emmanuel, ce qui signifie Dieu avec nous". »

    — Mt 1,18-23

    Le prophète dont il est question est Isaïe :

    « C’est pourquoi le Seigneur lui-même vous donnera un signe, voici, la jeune fille deviendra enceinte, elle enfantera un fils,et elle lui donnera le nom d’Emmanuel. »

    — Es 7,14

    Dans la suite du récit, Marie rend visite à sa cousine Élisabeth (c'est la Visitation) et exprime sa joie dans le Magnificat (Lc 1,39-55). Elle donne naissance à Jésus à Bethléem (Mt 2,1-6; Lc 2,4-7) où son Fils reçoit la visite des bergers et des mages (Mt 2,7-12 ; Lc 2,15-21).

  2. :« Anne répondit : « Aussi vrai que vit le Seigneur Dieu, je ferai don de mon enfant, garçon ou fille, au Seigneur mon Dieu et il le servira tous les jours de sa vie. » » (Protév. Jc 4,1). « Alors le prêtre : « Joseph, Joseph, dit-il, tu es l'élu : c'est toi qui prendras en garde la vierge du Seigneur. ». Mais Joseph protesta : « J'ai des fils, je suis un vieillard et elle est une toute jeune fille. Ne vais-je pas devenir la risée des fils d'Israël ? » » (Protév. Jc 9,1-2).
  3. Les langues slaves précisent aussi en parlant de frère du premier degré, frère en français moderne, ou frère germain en français vieilli, différent du frère du deuxième degré (équivalent pour les Français à cousin germain)

Références bibliques[modifier | modifier le code]

Références coraniques[modifier | modifier le code]

  1. Le Coran, « La Défense », LXVI, 12, (ar) التحريم
  2. Le Coran, « Marie », XIX, 29, (ar) مريم
  3. Le Coran, « Marie », XIX, (ar) مريم
  4. « Le Messie, Jésus, fils de Marie, est l'Apôtre de Dieu et son verbe qu'il jeta dans Marie : il est un esprit venant de Dieu.» Le Coran, « Les Femmes », IV, 169, (ar) النساء
  5. « Les femmes » verset 171
  6. « la table servie » versets 116 et 117.

Autres références[modifier | modifier le code]

  1. Simon Claude Mimouni, Dormition et assomption de Marie. Histoire des traditions anciennes, Éditions Beauchesne,‎ , p. 478
  2. Simon Claude Mimouni, op. cit., p. 361
  3. Enrico Norelli, Marie des apocryphes. Enquête sur la mère de Jésus dans le christianisme antique, Labor et Fides,‎ , p. 15
  4. Enrico Norelli, Marie des apocryphes : Enquête sur la mère de Jésus dans le christianisme antique, Genève, Labor et Fides,‎ , 177 p. (ISBN 978-2-8309-1340-8), p.9.
  5. Enrico Norelli, Marie des apocryphes. Enquête sur la mère de Dieu dans le christianisme antique, Labor et Fides, 2009, p.38-39
  6. Protévangile de Jacques le Mineur, chapitre XX. Ce texte est accessible en ligne gratuitement.
  7. Enrico Norelli, Marie des apocryphes. Enquête sur la mère de Dieu dans le christianisme antique, Labor et Fides, 2009, p.68.
  8. Enrico Norelli, Marie des apocryphes. Enquête sur la mère de Dieu dans le christianisme antique, Labor et Fides, 2009, p.85.
  9. Simon Claude Mimouni, Dormition et assomption de Marie. Histoire des traditions anciennes, Éditions Beauchesne, 1995, p. 588-590
  10. Enrico Norelli, Marie des apocryphes. Enquête dur la mère de Dieu dans le christianisme antique, Labor et Fides, 2009, p.105. Ces textes ont été étudiés aussi, notamment, par M. Van Esbroeck dans "Les textes littéraires sur l'Assomption avant le Xe siècle", in Les Actes apocryphes des apôtres. Christianisme et monde païen, Labor et Fides, 1981, p.265-285, et par Stephen Shoemaker dans Ancient Traditions of the Virgin Mary's Dormition and Assumption, Oxford UP, 2002.
  11. Jean Longère, La Vierge Marie dans l'enseignement de la théologie et la catéchèse mariale adulte : communications présentées à la 58e Session de la Société française d'études mariales, vol. 58, sanctuaire Notre-Dame-de-Lourdes, Mediaspaul Éditions,‎ , 266 p. (ISBN 9782712208417), p. 25.
  12. Francesco Rossi de Gasperis, Marie de Nazareth : icône d'Israël et de l'Église, vol. 64, Parole et Silence,‎ , 139 p. (ISBN 9782845732285).
  13. a et b Catéchisme de l'Église Catholique : Édition définitive avec guide de lecture, Italie, Bayard/Cerf/MAME,‎ , 845 p. (ISBN 9-782718-908533, lire en ligne), N°971.
  14. Annick Sibué, Luther et la Réforme protestante, Paris, Eyrolles,‎ , 183 p., pages 118-119.
  15. Pierre BLOND, « Pourquoi 66 Livres ? Le Canon », sur promesses.org, Promesse, revue de réflexion biblique,‎ (consulté le 19 décembre 2014).
  16. (en) « Mary's perpetual virginity before, during and after Jesus' birth », sur catholicbridge.com, Catholic Bridge.com (consulté le 29 décembre 2014). anciennement Présent sur wesley.nnu.edu mais aujourd'hui cette page est inexistante.
  17. (en) « Comparing Christian Denominations - Beliefs (Part 1) », sur christianity.about.com, About Religion (consulté le 29 décembre 2014).
  18. (en) « What does The United Methodist Church teach about the Immaculate Conception and the Virgin Birth? », sur umc.org, United Methodist Church (consulté le 29 décembre 2014).
  19. Enrico Norelli, Marie des Apocryphes, Labor et Fides, 2009, p.46
  20. Enrico Norelli, Marie des Apocryphes. Enquête sur la mère de Jésus dans le christianisme antique, Labor et Fides, 2009, p.51. Pour cette version des faits contemporaine de Jésus, Norelli renvoie aux ouvrages de J. Schaberg, The Illegitimacy of Jesus, 2006, et de M. Smith, Jesus the Magician, 1978.
  21. Enrico Norelli, Marie des Apocryphes, Labor et Fides, 2009, p.52.
  22. Enrico Norelli, Marie des apocryphes. Enquête sur la mère de Dieu dans le christianisme antique, Labor et Fides, 2009, p.97.
  23. a, b et c Simon-Claude Mimouni, Les Chrétiens d'origine juive dans l'Antiquité, Paris, Albin Michel,‎ , 261 p. (ISBN 978-2226154415), p. 109.
  24. Jésus et l'islam. Documentaire de Jérôme Prieur et Gérard Mordillat diffusé sur Arte en 2015 ; 3ème épisode.
  25. a et b Jésus et l'islam. Documentaire de Jérôme Prieur et Gérard Mordillat diffusé sur Arte en 2015, 3ème épisode.
  26. « Jésus », sur islammedia.free.fr (consulté le 23 mars 2016)
  27. « The Kitáb-i-Íqán », sur reference.bahai.org, Baha'i Reference Librairy (consulté le 29 décembre 2014). Source: US Bahá’í Publishing Trust, 1989 pocket-size edition Pages: 257.
  28. Voir sur ce point l'article Apparitions Mariales reconnues par l'Église Catholique
  29. Catéchisme de l'Église Catholique : Édition définitive avec guide de lecture, Italie, Bayard/Cerf/MAME,‎ , 845 p. (ISBN 9-782718-908533, lire en ligne), N°969.
  30. Simon Claude Mimouni, Dormition et assomption de Marie : histoire des traditions anciennes, Éditions Beauchesne,‎ , p. 599
  31. Simon Claude Mimouni, Dormition et assomption de Marie : histoire des traditions anciennes, Éditions Beauchesne,‎ , p. 615-616
  32. Alain Houziaux, "Le culte de la vierge Marie, pourquoi ?", http://protestantsdanslaville.org/documents-archive/M34.htm
  33. Alain Houziaux]], "Le culte de la vierge Marie, pourquoi ?", http://protestantsdanslaville.org/documents-archive/M34.htm
  34. Bible|Lc|1|38 ; http://www.gotquestions.org/Francais/apparitions-de-Marie.html%7Ctitre=Les apparitions de Marie, telles que Notre Dame de Fatima, sont-elles de véritables messages de la part de Dieu ?|série=|auteur=|lien auteur=|coauteurs=|jour= |mois=|année=|site=gotquestions.org|éditeur=Got Question ?|page=|citation=|en ligne le=|consulté le=19 décembre 2014|
  35. Jean Calvin, Traité des reliques, texte présenté par Irena Backus, Genève : Labor et fides ; Paris : diff. du Cerf, 2000, quatrième de couverture, http://www.laboretfides.com/?page_id=3&product_id=80001
  36. Irena Backus, dans Jean Calvin, Traité des reliques, texte présenté par Irena Backus, Genève : Labor et fides ; Paris : diff. du Cerf, 2000, quatrième de couverture, http://www.laboretfides.com/?page_id=3&product_id=80001. Calvin consacre un chapitre aux "Reliques de la sainte Vierge Marie" : "De ses cheveux, il y en a à Rome, à Sainte-Marie sur Minerve, à Saint-Salvador en Espagne, à Macon, à Cluny, à Noërs, à Saint-Flour, à Saint-Jaquerie, et en autres plusieurs lieux. Du lait, il n'est jà métier de nombrer les lieux où il y en a, et aussi ce ne serait jamais fait; car il n'y a si petite villette ni si méchant couvent, soit de moines, soit de nonnains, où l'on n'en montre"
  37. Alain Houziaux, "Le culte de la Vierge Marie, pourquoi ?", http://protestantsdanslaville.org/documents-archive/M34.htm
  38. Liliane Crété, Le protestantisme et les femmes : aux origines de l'émancipation, Labor et Fides, 1999, p.41.
  39. Sarah Scholl, "Marie dans le protestantisme, ou l’apprivoisement d’une figure féminine", La Vie Protestante, mai 2013, n°4, http://www.vpge.ch/marie-dans-le-protestantisme/

Annexe[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Autres publications sur le Web

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Généralités[modifier | modifier le code]

Dogmes catholiques et orthodoxes[modifier | modifier le code]

Prières mariales[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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