Seconde guerre civile irakienne

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Ne doit pas être confondu avec Insurrection en Irak (1991).
Seconde guerre civile irakienne
Description de cette image, également commentée ci-après

Carte de la guerre civile irakienne

Situation actuelle[1]
Informations générales
Date - en cours
(3 ans, 9 mois et 17 jours)
Lieu Irak
Issue En cours
Belligérants
Drapeau de l'Irak République d'Irak

Flag of Kurdistan.svg Gouvernement régional du Kurdistan


Milices chiites :
Iraqi Popular Mobilization Units Official Logo.png Hachd al-Chaabi :

(et autres)
InfoboxHez.PNG Hezbollah[2]

Alliés de l'Irak hors coalition :
Drapeau de l'Iran Iran
Drapeau de la Syrie Syrie

Groupes kurdes :
Flag of Syrian Kurdistan.svg PYD

Flag of Kurdistan Workers' Party.svg PKK

Flag of Partiya Jiyana Azad a Kurdistanê.png PJAK

PAK flag.png PAK
Flag of Komala.png Komala[3]

Flag of Assyria.svg Milices assyriennes :


Yezidi Flag.jpg Milices yézidies :


Coalition :
Drapeau des États-Unis États-Unis
Drapeau de la France France
Drapeau du Canada Canada
Drapeau : Royaume-Uni Royaume-Uni
Drapeau de l'Australie Australie
Drapeau du Danemark Danemark
Drapeau de la Belgique Belgique
Drapeau des Pays-Bas Pays-Bas
Drapeau du Maroc Maroc
Drapeau de l'Italie Italie
Drapeau de l'Allemagne Allemagne
Drapeau de l'Espagne Espagne
Drapeau de l'État islamique État islamique
Flag of the Revolutionary Tribal Council.svg Révolutionnaires tribaux d'al-Anbar
Flag of Iraq (1991-2004).svg Armée de la Naqshbandiyya[4]
Emblem of the General Military Council for Iraqi Revolutionaries.svg Conseil militaire général des révolutionnaires d'Irak[5],[6]
Flag of Ansar al-Islam.svg Ansar al-Islam[5]
IAILogo.gif Armée islamique en Irak[7]
Flag of Hamas.svg Hamas en Irak[8]
Flag of Iraq (1991-2004).svg Armée irakienne libre
Commandants
Drapeau de l'Irak Fouad Massoum

Drapeau de l'Irak Nouri al-Maliki
Drapeau de l'Irak Haïder al-Abadi
Drapeau du Kurdistan irakien Massoud Barzani
Flag of Promised Day Brigades.svg Moqtada al-Sadr
Drapeau de l'Iran Ali Khamenei
Drapeau de l'Iran Hassan Rouhani
Drapeau de l'Iran Ghassem Souleimani
Drapeau des États-Unis Barack Obama
Drapeau des États-Unis Donald Trump
Drapeau des États-Unis Chuck Hagel
Drapeau des États-Unis Lloyd Austin
Drapeau des États-Unis Andrew Loiselle

Drapeau des États-Unis Sean MacFarland
Drapeau de l'État islamique Abou Bakr al-Baghdadi

Drapeau de l'État islamique Abou Abdel Rahman al-Bilaoui
Drapeau de l'État islamique Abou Muslim al-Turkmeni
Drapeau de l'État islamique Abou Ali al-Anbari
Drapeau de l'État islamique Abou Mohannad al-Sweidaoui
Drapeau de l'État islamique Abou Omar al-Chichani
Drapeau de l'État islamique Gulmurod Khalimov
Drapeau de l'État islamique Abou Mohammed al-Adnani
Drapeau de l'État islamique Abou Wahib
Flag of Iraq (1991-2004).svg Ezzat Ibrahim al-Douri

Flag of the Revolutionary Tribal Council.svg Ali Hatem al-Souleiman
Forces en présence
Drapeau de l'Irak
Forces armées irakiennes :
271 500 à 350 000 hommes[9],[10]
300 chars
4 000 véhicules blindés
400 avions
100 hélicoptères

Police nationale irakienne
600 000 hommes[10]

Sociétés militaires privées

Drapeau du Kurdistan irakien
Peshmergas :
200 000 hommes[11]
250 à 300 chars

Milices chiites :
60 000 à 90 000 hommes[12]

Milices assyriennes :
~ 6 000 à 7 000 hommes

Milices yézidies:
~ 1 500 à 3 000 hommes

Drapeau de la Turquie
2 000 hommes[13]

Drapeau de l'Iran
500 hommes

Coalition
5 000+ hommes
100 à 200 avions
2 porte-avions
1 destroyer
1 croiseur

Société militaire privée :
7 838 hommes (en 2016)[14]
Drapeau de l'État islamique
20 000 à 125 000 hommes[15],[16],[17]
50 chars[18]
150 blindés[18]
3 000 véhicules blindés[18]
3 avions[19]
(en Syrie et en Irak)

Flag of the Revolutionary Tribal Council.svg
130 000 hommes[20]
(revendiqués mais non confirmé)
Pertes
Drapeau de l'Irak Flag of Kurdistan.svg
16 457 morts au moins
13 399 blessés au moins
(selon l'ONU, de janvier 2014 à décembre 2016)[21]

Drapeau du Kurdistan irakien
1 760 morts
9 725 blessés
63 disparus
(de juin 2014 au 4 juin 2017, selon le GRK et des médias kurdes et irakiens)[23],[24],[25]

Flag of Kurdistan Workers' Party.svg
180 morts
(de 2014 à janvier 2016, selon le PKK)[26]

Drapeau de l'Iran
38 morts[27]
(d'avril 2014 à février 2017)

Drapeau des États-Unis
29 morts[28]

Drapeau de l'Allemagne
1 mort

Drapeau du Canada
1 mort[29]

Drapeau du Royaume-Uni
1 mort[30]
Drapeau de l'État islamique (et autres)
25 000 morts au moins
5 841 prisonniers
(selon USA Today, de janvier 2014 à janvier 2016)[31]
Civils :
29 470 morts au moins
54 111 blessés au moins
(selon l'ONU, de janvier 2014 à août 2017)[21]

66 327 morts
(de janvier 2014 à septembre 2017, selon Iraq Body Count)[22]

Total :
Entre 72 937 et 109 794 morts au moins

Guerre d'Irak

Batailles

Invasion de l'Irak (2003)

Opération Southern Focus · Umm Qasr · Al Faw · Bassorah · Nassiriya · 1re Nadjaf · Opération Northern Delay · Opération Viking Hammer · Samawa · Kerbala · Bagdad

Guérilla irakienne contre la 1re coalition (2003-2011) et
1re guerre civile irakienne (2006-2009)

Sadr City · 1re Falloujah · 2e Nadjaf · 1re Samarra · 2e Falloujah · 1re Mossoul · 1re Al-Qaim · 1re Tall Afar · Opération Steel Curtain · Massacre de Haditha · Fusillade d'Ishaqui · 1re Ramadi · Offensive du Ramadan · Campagne de Diyala · 3e Nadjaf · Bases de Bassorah · 2e Mossoul · Attentat de Qahtaniya · Opération Black Eagle · Opération Restore Peace III · Bassorah · Opération Bashaer al-Kheir · Opération New Dawn

2e guerre civile irakienne (2011-en cours) et
2e coalition (2014-en cours)

1re Akachat · Opération al-Shabah · Al-Anbar (en cours) · 3e Falloujah · 2e Ramadi · Youssoufiya · 2e Samarra · 3e Mossoul · Massacre de Badoush · Massacre de Tikrit · Baïji · 2e Tall Afar · 2e Al-Qaim · Massacre de Hilla · Tikrit · Jourf al-Sakhr · Zoumar · Sinjar · Massacres de Sinjar · Barrage de Mossoul · Jalula · Saklaouiya · Massacre de Zaouïat Albou Nimr · Mouqdadiyah · 3e Ramadi · Bachiqa · Kudilah · Tel Asqaf · Qayyarah · 4e Falloujah · Khazir · 4e Mossoul · 1re Kirkouk · 3e Tall Afar · 2e Akachat (en cours) · Hawija · 2e Kirkouk (en cours)

Attentats de la guerre d'Irak

La seconde guerre confessionnelle irakienne[32],[33] ou seconde guerre civile irakienne[34] est une phase de la guerre d'Irak qui a commencé le , après le retrait de la coalition militaire en Irak (2003–2011). Elle fait suite à la première guerre confessionnelle irakienne, déclenchée le [35],[36] et achevée le [37],[38].

À partir de décembre 2013, l'État islamique en Irak et au Levant, mouvement djihadiste implanté en Irak et en Syrie, s'empare d'une partie de l'ouest du pays en profitant de la désorganisation de l'armée irakienne. Entre janvier et août 2014, l'EI étend son territoire sur une grande partie de l'Irak, s'empare de Mossoul et y proclame un califat. Dans le même temps, cette organisation étend son territoire dans l'est de la Syrie. En août 2014, une nouvelle coalition intervient en Irak. Le , la conférence internationale de Paris s'engage à fournir « une aide militaire appropriée » à l'Irak pour lutter contre l'État islamique[39],[40]. Les combats sont indécis entre l'été 2014 et le printemps 2015, mais à partir de la fin de l'année 2015 les forces irakiennes soutenues par la coalition commencent à reprendre l'avantage.

Sommaire

Prélude[modifier | modifier le code]

Poursuite des attaques après le retrait des Américains (2011–2013)[modifier | modifier le code]

Article connexe : Attentats de la guerre d'Irak.
Soldats américains et koweïtiens s'unissent pour fermer le portail à la frontière entre l'Irak et le Koweït une fois le dernier convoi militaire passé marquant la fin de l'opération New Dawn, 18 décembre 2011.

Après le retraits des forces américaines, les violences entre sunnites et chiites se poursuivent ; à Bagdad d'abord où 10 attentats font moins 63 morts et 185 blessés le  ; 61 personnes sont tuées dans au moins 6 attentats le  ; et on compte 200 morts dans 14 attentats le . Les attentats poursuivent aussi dans tout le pays ; le , 27 attaques causent la mort de 107 personnes dans l'ensemble de l'Irak[41]. Le , une vague d'attentats fait au moins 108 tués et 370 blessés[42],[43],[44]. Le une série d'attaques coordonnées contre des civils chiites fait 98 morts et 240 blessés à Bagdad et dans les autres villes du nord du pays[45],[46]. Le , plusieurs attentats à la bombe visant des sunnites font au moins 76 morts à travers le pays[47]. Le une série d'attaques coordonnées contre des quartiers chiites font 71 morts et plus de 220 blessés dans plusieurs villes[48],[49].

Soldat irakien à Bagdad, 26 décembre.

Le , l'armée américaine achève l'Opération New Dawn et retire ses dernières troupes du pays. Mais avec le début de la guerre civile syrienne, les tensions s'accroissent en Irak, du fait que Bagdad offre un soutien indirect au régime syrien, notamment en ouvrant son espace aérien aux avions iraniens transportant du matériel à destination de l'armée syrienne[50].

En 2012, une « armée irakienne libre » est fondée sur le modèle de l'Armée syrienne libre combattant le régime de Bachar el-Assad en Syrie[51]. Les groupes insurgés sunnites, principalement de l'État islamique d'Irak, concentrent alors leurs attaques contre le gouvernement central et la population chiite[52].

Le , un convoi de l'armée syrienne défendu par des soldats irakiens tombe dans une embuscade à Akachat, tendue par les djihadistes de l'État islamique d'Irak. Le , les forces irakiennes déclenchent l'opération al-Shabah afin de sécuriser les frontières syrienne et jordanienne.

Le la ville de Souleimane Bek, dans la province de Salah ad-Din est prise par une troupe de 175 insurgés — 150 baasistes de l'Armée des hommes de la Naqshbandiyya et 25 djihadistes de l'État islamique d'Irak selon les services de renseignements irakiens — mais le lendemain l'armée irakienne se déploie dans les environs et donnent aux insurgés un ultimatum de 48 heures pour quitter la ville. Ces derniers acceptent et se retirent le matin du 24 avril après avoir conclu un accord sous la médiation de chefs tribaux et de responsables du gouvernement[53],[54].

L'ONU estime que plus de 1 000 irakiens ont péri dans les violences en mai 2013, mois alors le plus sanglant du conflit depuis 2008[55]. En  : Les violences ont fait un total de 964 personnes tuées. 855 civils, 65 policiers et 44 soldats ont été tués, selon des chiffres compilés par les autorités irakiennes. Il s'agit du mois le plus meurtrier depuis 2008.

Agitation des provinces sunnites (2011–2013)[modifier | modifier le code]

Manifestants sunnites en décembre 2012.

Malgré de départ de l'armée américaine en décembre 2011, en Irak les violences continuent. Dès le lendemain du retrait total des forces américaines, Tareq al-Hachemi, chef du Parti islamique irakien, fait l'objet d'un mandat d'arrêt qui relance la crise confessionnelle. La politique sectaire du Premier ministre chiite Nouri al-Maliki jette ainsi de nombreux sunnites dans l'opposition, les attaques de l'État islamique d'Irak continuent de faire des milliers de morts, et les ambitions indépendantistes des Kurdes, qui ont formé un Gouvernement régional du Kurdistan autonome en 2005, se heurtent de plus en plus au gouvernement central irakien[56].

De nouveaux troubles éclatent en décembre 2012, après l'arrestation de 120 gardes du corps de Rafa Al-Issaoui, ministre sunnite des Finances. Ce dernier trouve refuge à Falloujah. Des milliers de sunnites manifestent alors et se rassemblent sur un axe du carrefour routier reliant Falloujah à Bagdad. Un camp est établi, surnommé « place de la Dignité » par les manifestants qui réclament la libération des plusieurs milliers de prisonniers sunnites, l'égalité des droits et l'emploi. Le mouvement reçoit le soutien de chefs de tribus et de religieux chiites, et notamment de Moqtada al-Sadr. Cependant lorsque le premier ministre Nouri al-Maliki tente d'engager des réformes, celles-ci sont bloquées par d'autres députés chiites[57].

Les protestataires rassemblés dans le camp viennent cependant de différents mouvements politiques, les témoins observent la présence de drapeaux irakiens de l'époque de Saddam Hussein, d'autres d'après l'invasion, le drapeau syrien de l'Armée syrienne libre, mais aussi le drapeau noir des salafistes sont également relevés[57].

Malgré des heurts avec la police, les manifestations sont globalement pacifiques[57]. Mais le , les forces de l'ordre lancent un assaut contre un campement de manifestants non loin de Hawija, près de Kirkouk, qui fait plus de 240 morts[58].

La violence resurgit en décembre. Le quatre policiers sont tués par des insurgés à Falloujah[59]. Le 28, le député sunnite Ahmed al Alouani, est arrêté à Ramadi. Son frère et six de ses gardes du corps sont tués au cours de l'arrestation[57].

Déroulement[modifier | modifier le code]

Insurrection de la province d'al-Anbar (décembre 2013)[modifier | modifier le code]

Le 30 décembre 2013, une insurrection de tribus sunnites éclate dans la province d'Al-Anbar[60],[61]. Les djihadistes salafistes de l'État islamique en Irak et au Levant et d'autres mouvements armés participent à ce soulèvement.

Le 4 janvier 2014, Falloujah et plusieurs quartiers de Ramadi sont conquis par l'État islamique en Irak et au Levant[62]. L'armée irakienne intervient et reprend le contrôle de la plus grande partie de Ramadi mais n'ose lancer l'assaut sur Falloujah, qui reste assiégée.

Offensive de l'État islamique au nord de l'Irak (juin 2014)[modifier | modifier le code]

En juin 2014, l'État islamique en Irak et au Levant (EIIL) lance une grande offensive dans le nord de l'Irak. Elle commence le 5 juin par une attaque de diversion contre la ville de Samarra[63],[64]. Puis le 6 juin, Mossoul est attaquée par l'EIIL et quelques autres groupes insurgés sunnites comme l'Armée des hommes de la Naqshbandiyya, l'Armée islamique en Irak ou Ansar al-Islam[65],[66],[67],[68]. Les assaillants ne sont que quelques milliers face à 10 000 à 80 000 soldats et policiers irakiens[69],[70],[71]. Pourtant, le 10 juin, au terme de combats qui ont fait plusieurs centaines de morts, la ville de Mossoul et toute la province de Ninive sont abandonnées par les forces gouvernementales en déroute[72],[73],[74]. En quelques jours, plus de 500 000 civils fuient la ville de Mossoul[75], tandis qu'une autre partie de la population, excédée par les exactions commises par l'armée irakienne, accueille les djihadistes en libérateurs[76]. Les hommes de l'EIIL hissent leur drapeau noir sur les bâtiments officiels de la ville[77], puis ils s'emparent de la prison de Badoush où ils délivrent les détenus sunnites mais massacrent 670 détenus chiites[77],[78],[79],[70].

Après la chute de Mossoul, les djihadistes et les insurgés sunnites poursuivent leur offensive vers le sud de l'Irak et attaquent la province de Salah ad-Din, la province de Kirkouk et la province de Diyala[80]. Le porte-parole de l'État islamique en Irak et au Levant, Abou Mohammed al-Adnani, exhorte alors ses troupes à marcher sur Bagdad[81]. Le 10 juin, les djihadistes prennent sans combattre les villes d'Hawija et d'al-Zab, au sud-ouest de Kirkouk, et plusieurs localités environnantes[82]. Ils s'emparent ensuite de Baïji et Tikrit le 11 juin, là encore sans rencontrer de résistance[75]. Leur progression n'est arrêtée qu'à Samarra[83]. Le 12 juin, l'armée irakienne abandonne Kirkouk[84] et les peshmergas du Gouvernement régional du Kurdistan interviennent alors aussitôt pour en prendre le contrôle[85],[84]. Le même jour à Tikrit, les djihadistes de l'État islamique en Irak et au Levant et les insurgés sunnites s'emparent du Camp Speicher. Les soldats irakiens se rendent, mais le lendemain les djihadistes fusillent tous ceux qui sont reconnus comme chiites. Le jour même, l'EIIL diffuse des images d'exécutions sur les réseaux sociaux et revendique le massacre de 1 700 prisonniers[86],[87],[88],[89],[90]. Le 12 juin, Bakouba, Jalula et Saadiyah sont attaquées dans la province de Diyala[91],[92]. Mouqdadiyah est assaillie à son tour le 13 juin[93]. L'EIIL est repoussé à Bakouba le 17 juin[91],[92], mais Amerli est assiégée le 18 juin[94]. À l'ouest de Mossoul, les forces gouvernementales résistent huit jours à Tall Afar, mais la ville tombe le 23 juin[88],[95],[96]. Fin juin, la progression des djihadistes s'arrête à une centaine de kilomètres au nord de Bagdad[97],[98].

Des tensions apparaissent cependant assez rapidement entre les groupes insurgés sunnites, aux idéologies parfois opposées. Ainsi le 20 juin, des combats éclatent à Hawija entre les djihadistes de l'État islamique en Irak et au Levant et les baasistes de l'Armée des hommes de la Naqshbandiyya, faisant au moins 17 morts[99],[100],[101]

Le 13 juin, l'ayatollah chiite Ali al-Sistani appelle au djihad contre l'État islamique[102]. Des milliers de volontaires commencent alors à rejoindre des milices sadristes ou pro-iraniennes comme l'Organisation Badr, les Brigades de la paix, les Kataeb Hezbollah, Asaïb Ahl al-Haq, Saraya al-Khorasani ou encore les Brigades de l'imam Ali[102]. Le 15 juin, 60 à 70 de ces milices se rassemblent au sein des Hachd al-Chaabi[103],[104].

Article détaillé : Bataille d'Al-Qaim (2014).

Dans la province d'al-Anbar, l'EIIL et les insurgés sunnites attaquent le 19 juin la ville d'al-Qaïm, située sur la frontière syrienne. L'armée irakienne abandonne la ville le 21 juin, de même que Anah, Rawa et Routba qui sont toutes prises sans combat par les insurgés[105],[106],[99],[100].

Situation de l'Irak au  :

Le 16 juin, l'armée américaine déploie 275 soldats pour protéger son ambassade à Bagdad ; de plus, l'USS Mesa Verde, avec à son bord 550 Marines et des V-22 Osprey, est envoyé dans le Golfe Persique afin de disposer de renforts en cas d'évacuation de l'ambassade américaine. Le 18 juin, le gouvernement irakien demande l'aide des États-Unis, en réclamant principalement des bombardements contre les positions de l'EIIL. Le 19, le président américain Barack Obama refuse d'engager des troupes au sol mais annonce l'envoi de 300 conseillers militaires issus des United States Special Operations Command[107],[108],[109]. De son côté, la Russie livre une commande de 12 avions Soukhoï Su-25 au gouvernement irakien. Les cinq premiers appareils gagnent l'Irak le 29 juin[97].

Article détaillé : Massacre de Hilla.

Les forces de sécurité irakiennes commettent également des exactions. Selon Human Rights Watch, au moins 255 prisonniers, pour la plupart sunnites, sont exécutés par des militaires, des policiers ou des miliciens chiites entre le 9 et le 21 juin à Mossoul, Tall Afar, Bakouba, Jumarkhe et Rawa. La plupart des victimes sont exécutées par balles, plusieurs dizaines d'autres sont brûlées vives ou encore tuées à coups de grenades[110]. Le 23 juin, à Hilla, au sud de Bagdad, 69 prisonniers sunnites sont exécutés par des policiers[111].

Article détaillé : Bataille de Tikrit.

À la fin du mois l'armée irakienne tente de reprendre l'initiative. Elle lance le 28 juin une première offensive contre la ville de Tikrit[97],[112], mais elle est repoussée après deux jours de combats[113]. Les forces gouvernementales repartent à l'assaut le 15 juillet, elles parviennent à pénétrer dans la ville, avant d'être une nouvelle fois repoussées en fin de journée[114],[115]. Une nouvelle attaque lancée le 19 août échoue à nouveau[116],[117]. La ligne de front se stabilise alors. Dans les mois qui suivent, l'armée irakienne mène 36 offensives pour tenter de reprendre la ville de Tikrit, sans succès[118].

Le 29 juin, l'État islamique en Irak et au Levant annonce le rétablissement du califat et prend officiellement le nom d'« État islamique ». Son chef, Abou Bakr al-Baghdadi, est proclamé calife et apparaît publiquement pour la première fois à Mossoul le 3 juillet 2014[119],[120],[121].

Offensive de l'État islamique au Kurdistan irakien (août 2014)[modifier | modifier le code]

Peshmergas kurdes avec un char T-55 près de Kirkouk en juin 2014.

Les 2 et 3 août 2014, les forces de l'État islamique commencent une offensive contre le Kurdistan irakien[122]. Dés les premières heures, les djihadistes s'emparent des villes de Zoumar et Sinjar, abandonnées par les peshmergas qui n'opposent qu'une faible résistance[122]. La prise de Sinjar en particulier provoque la fuite de centaines de milliers d'habitants, principalement les Yézidis et les réfugiés Turcomans chiites, considérés comme des hérétiques par les hommes de l'EI[122]. Au cours de l'offensive, les djihadistes massacrent environ 500 à 1 500 Yézidis et enterrent sommairement le corps dans des fosses commune[123],[124]. Les hommes adultes sont systématiquement exécutés, tandis que les femmes et les enfants faits prisonniers — au nombre d'environ 4 000 à 7 400 — sont réduits en esclavage, convertis de force à l'islam et dispersés dans les villes occupées par l'État islamique[123],[125],[78]. Les jeunes garçons sont enrôlés comme enfants soldats, tandis que les jeunes filles sont réduites à l'esclavage sexuel[126],[127]

Au cours des massacres, environ 50 000 Yézidis tentent de se réfugier dans les Monts Sinjar, mais ils se retrouvent à court d'eau, bloqués et encerclés par les djihadistes[128],[129],[122],[130]. Suite à la déroute des peshmergas, les forces kurdes des YPG et du PKK entrent en Irak le 6 août depuis la Syrie et la Turquie[129]. Le 8 août, les États-Unis mènent leurs premières frappes aériennes[131]. Le 14 août, le PKK et les YPG parviennent à briser le siège du Mont Sinjar et évacuer une partie des civils[132],[133]. Ils s'implantent alors dans les montagnes et forment une milice yézidie, les Unités de résistance de Sinjar (YBŞ), qu'ils arment et entraînent[134]

Le 7 août, l'État islamique attaque également à l'est de Mossoul et s'empare des villes de Tal Kayf, de Bartella, de Karamlesh et surtout de Qaraqosh, la plus importante ville chrétienne d'Irak, dont la prise provoque l'exode d'au moins 100 000 civils, principalement chrétiens mais aussi Turkmènes, Shabaks, Kakaïs et Yézidis[135],[136]. Le 8 août, les djihadistes prennent également aux peshmergas le barrage de Mossoul, le plus grand d'Irak, ce qui leur permet de contrôler l'approvisionnement en eau et en électricité de la région[137].

Intervention militaire de la coalition à partir d'août 2014[modifier | modifier le code]

Deux F-15E Strike Eagle américains au-dessus le l'Irak, le .

À partir de juillet 2014, plusieurs centaines de soldats américains sont déployés en Irak afin de sécuriser des sites tels que l'ambassade des États-Unis en Irak ou le consulat général d'Erbil, la capitale kurde[138],[139].

Depuis le début de l'été 2014, les forces américaines mènent des missions de reconnaissance dans le nord de l'Irak par drones, et chasseurs McDonnell Douglas F/A-18 Hornet[réf. nécessaire].

Finalement le 8 août, devant la progression des djihadistes de l'EI au Kurdistan, les États-Unis lancent des frappes aériennes en Irak, trois ans après leur retrait du pays. Les opérations sont dirigées par un état-major de coalition, situé sur la base aérienne Al Udeid au Qatar, servi par le 380e détachement aérien expéditionnaire (Air Expeditionary Wing)[140]. Cependant, l'armée américaine ne donne initialement aucun nom à son opération, les documents du Pentagone ayant pour titre « Opération en Irak et en Syrie »[141]. Ce n'est que le 15 octobre, que le Pentagone baptiste l'intervention Détermination absolue (Inherent Resolve)[142].

En août 2014, la France entreprend des livraisons d'armes aux Kurdes d'Irak« pour soutenir la capacité opérationnelle des forces engagées contre l'État islamique »[143].

Le , la conférence internationale de Paris s'engage à fournir « une aide militaire appropriée » à l'Irak pour lutter contre l'État islamique[39],[40].

Le 19 septembre, la France effectue ses premières frappes aériennes en Irak (Opération Chammal)[144],[145]. Le 26 septembre, le Royaume-Uni, la Belgique et le Danemark rejoignent la coalition. Le 27, la Royal Air Force effectue ses premières missions en Irak[146]. Le 5 octobre, l'armée belge mène ses premières frappes[147],[148],[149], suivie le 7 par l'armée de l'air royale néerlandaise[147] et le 2 novembre, par le Canada[150].

Le nombre de soldats de la coalition en Irak monte jusqu'à 7 000 ou 7 500 à l'été 2016, dont 4 600 à 5 000 Américains[151],[152],[153]

Selon Airwars, un collectif de journalistes d’investigation, du au , les États-Unis ont mené 6 979 frappes aériennes en Irak (soit 68% des frappes de la coalition), le Royaume-Uni 1 038, la France 920, les Pays-Bas 492, l'Australie 391, le Canada 246, le Danemark 240 et la Belgique 116[154],[155],[156].

Intervention iranienne[modifier | modifier le code]

Alliée de l'Irak sans faire partie de la coalition, l'Iran déploie également des troupes en Irak. Le 21 septembre, l'Iran annonce que des soldats d'élite de la force Al-Qods sont déployés en Irak pour aider le gouvernement à lutter contre l'avancée de l'État islamique sur son territoire. Ces forces sont déployées à Samarra, Bagdad, Karbala et sur l'ancienne base américaine appelée Camp Speicher[157],[158],[159],[160]. Les Iraniens agissent sans se coordonner avec les Américains, le vice-commandant en chef des forces armées iraniennes, Seyed Masoud Jazayeri, déclare d'ailleurs que « La République islamique d’Iran tient pour responsables les États-Unis pour les problèmes en Irak et les agissements terroristes de Daech[161] ». L'Iran fournit par ailleurs des armes et des conseillers à plusieurs milices chiites.

Le 28 décembre, les Gardiens de la révolution annoncent la mort d'un brigadier-général iranien, Hamid Taghavi (en), tué à Samarra[162].

En février 2015, selon des responsables irakiens et kurdes, le nombre de conseillers iraniens en Irak se situerait entre 100 et quelques centaines alors que les Américains seraient environ 3 000, mais l'influence iranienne serait supérieure[163]. Le Premier ministre irakien Haïder al-Abadi parle de l'Iran comme de sa « seconde patrie »[164].

L'aviation iranienne effectue ses premières frappes aériennes en Irak à la fin du mois de novembre 2014. Plusieurs F-4 Phantom sont engagés[165],[166].

Début d'engagement russe en 2015[modifier | modifier le code]

Fin septembre 2015, a été annoncé la création d'une cellule de coordination en matière de renseignement et de sécurité entre l’Irak, la Russie, l’Iran et la Syrie contre l’État islamique. Hakim Al-Zamili, président chiite de la commission de la défense du Parlement irakien, et allié de Moqtada al-Sadr, a déclaré « Nous cherchons à voir la Russie jouer un plus grand rôle [dans notre pays], oui, assurément, un rôle plus grand que les États-Unis. »[167]. L'action militaire russe, moins regardante sur les possibles victimes civiles, est jugée plus efficace que celle de la coalition américaine, et les Américains ont notifié leurs « inquiétudes » au ministère de la défense irakienne mais jugent que « Moscou n’a ni les moyens économiques ni les capacités militaires de s’engager dans une campagne aérienne d’envergure contre l’EI en Syrie et en Irak ». Fin septembre 2015, le « ministre russe des affaires étrangères, Sergueï Lavrov, a assuré que son pays était prêt à fournir à l’Irak des armements modernes sans condition politique »[168].

Le front nord : Lente progression des forces kurdes (août 2014 – décembre 2015)[modifier | modifier le code]

Combattants du PKK et Peshmergas de l'UPK à Kirkouk en août 2015.

Soutenus par l'aviation américaine, les peshmergas commencent la contre-attaque. Le 10 août 2014, ils reprennent les villes de Makhmour et de Gwer, situées au sud d'Erbil[169], puis le barrage de Mossoul le 17 août[170],[171]. En revanche, ils subissent un revers près de la frontière iranienne, à Jalula, qui est conquise par les djihadistes le 11 août après deux jours de combats[172]. Les Kurdes lancent une contre-offensive le 22 août[173]. Jalulua est finalement reprise le 24 novembre par l'armée irakienne, les peshmergas et les miliciens chiites[174],[175].

Le 30 septembre, les peshmergas lancent une offensive sur trois fronts : au sud de Kirkouk et sur Zoumar et Rabia, près de la frontière syrienne[176]. Rabia est reprise dés le premier jour[177], tandis que Zoumar repasse aux mains des Kurdes le 25 octobre après une semaine de combats à l'intérieur de la ville[178]. Le 17 décembre, les peshmergas lancent depuis Rabia et Zoumar une nouvelle offensive en direction de Sinjar[179]. Dès le lendemain, ils atteignent les Monts Sinjar et brisent le siège que les djihadistes avaient rétabli en octobre[180],[181]. Le 21 décembre, les peshmergas atteignent la ville de Sinjar[182]. Mais une fois entrés, les Kurdes piétinent. Les combats baissent en intensité et pendant plusieurs mois le contrôle de la ville reste partagé entre les forces kurdes et les djihadistes[183]. Selon Amnesty International, les peshmergas et les miliciens yézidis détruisent au cours de leurs offensives des milliers de maisons dans les villages arabes sunnites et interdisent à leurs habitants d'y revenir[184],[185]. En janvier 2015, les peshmergas font une nouvelle avancée à l'ouest de Mossoul et coupent le 21 la route reliant cette ville à celle de Tall Afar[186].

Début 2015, l'État islamique lance plusieurs attaques sur les fronts près d'Erbil et Kirkouk. Le 10 janvier 2015, un assaut sur la ville de Gwer échoue, au moins 28 combattants kurdes et 45 djihadistes sont tués[187],[188]. Le 30 janvier, les djihadistes lancent une offensive en direction de la ville de Kirkouk, mais ils sont repoussés le lendemain par les peshmergas, qui reprennent ensuite huit villages et un champ pétrolier[189]. Les hommes de l'EI font cependant 21 prisonniers qu'ils font parader à la mi-février dans des cages en fer dans le district de Hawija au milieu d'une foule hostile[190]. Le 17 février, 300 djihadistes mènent une nouvelle attaque contre Gwer et Makhmour, mais ils sont une nouvelle fois repoussés en laissant au moins 34 morts sur le terrain[191]. En août 2015, les djihadistes tirent cinquantaine d'obus de mortier diffusant du gaz moutarde contre les positions kurdes, près des villes de Gwer et Makhmour. 35 peshmergas sont blessés, le gaz moutarde n'a pas été utilisé en assez grande quantité pour être mortel, mais il s'agit de la première attaque chimique menée par l'État islamique en Irak[192],[193].

Selon la Mission d'assistance de l'ONU en Irak (MANUI), un massacre de 300 hommes yézidis pourrait avoir été commis à Tall Afar le 27 avril 2015. La MANUI précise cependant que cette information n'est pas confirmée[194].

En Turquie, l'attentat de Suruç relance le conflit kurde. La nuit du 24 au 25 juillet, l'aviation turque engage une offensive aérienne contre le PKK et commence une série de raids aériens dans les montagnes du Kurdistan irakien[195],[196]. Le 25, les HPG, branche militaire du PKK, déclarent que le cessez-le-feu est rompu[197]. Le 1er août, le Gouvernement régional du Kurdistan demanda à la Turquie de cesser ses frappes aériennes, mais il critique aussi le PKK en lui reprochant sa décision de rompre le cessez-le-feu et lui demande de quitter le Kurdistan irakien[198],[199],[200],[201].

La nuit du 25 au 26 août, les Kurdes lancent une offensive au sud de Dakouk, dans la province de Kirkouk, et s'emparent de 10 villages alors que la ligne de front n'avait presque pas évolué depuis plusieurs mois. Les combats font cinq morts chez les peshmergas[202],[203]. Le 11 septembre, les peshmergas, appuyés par l'aviation de la coalition, reprennent l'offensive dans le secteur de Dakouk et reprennent 10 villages à l'EI. 13 peshmergas sont tués et 47 blessés, principalement par explosifs[204]. Le 29 septembre, 3 500 peshmergas soutenus par l'aviation de la coalition attaquent à nouveau les lignes de l'EI à l'ouest de Kirkouk ; c'est la 4e offensive kurde dans ce secteur depuis mars 2015. Les peshmergas reprennent 12 villages et se rapprochent de Hawija, principale base de l'EI dans la province de Kirkouk[205].

Le 22 octobre, les peshmergas, soutenus par des hélicoptères et des forces spéciales américaines, mènent une opération à Hawija, au sud-ouest de Kirkouk. 70 prisonniers de l'EI menacés d'exécutions sont délivrés, un soldat américain est tué, tandis que les djihadistes laissent au moins 20 morts et 5 ou 6 prisonniers[206],[207],[208],[209].

Article détaillé : Bataille de Sinjar.
Combattantes yézidies des YBS en 2015.

Le 12 novembre 2015, 7 500 peshmergas, les milices yézidis, les YPG et le PKK, appuyés par l'aviation de la coalition, lancent l'offensive décisive contre l'État islamique dans la ville de Sinjar. Elle est menée alors qu'au même moment en Syrie, les Forces démocratiques syriennes, dont les YPG constituent la force principale, mènent une offensive dans la zone de al-Hol, près de la frontière irakienne. Le 13 novembre, Sinjar est reprise par les Kurdes[210],[211].

Article détaillé : Offensive de Bachiqa.

Le 4 décembre 2015, 150 à 300 soldats de l'armée turque entrent en Irak avec 20 à 25 chars et gagnent le camp militaire de Bachiqa, au nord-est de Mossoul, pour protéger des conseillers militaires turcs chargés d'entraîner les peshmergas et des miliciens arabes sunnites. Ce déploiement se fait avec l'accord du Gouvernement régional du Kurdistan, mais il provoque les protestations du gouvernement irakien à Bagdad qui demande un retrait immédiat des troupes turques, ce qu'Ankara refuse[212],[213]. Le 16 décembre, environ 500 hommes de l'État islamique mènent une offensive contre des positions kurdes dans la province de Ninive, et particulièrement sur le camp de Bachiqa. Cependant les peshmergas, soutenus par les Turcs et les avions de la coalition, repoussent les assaillants qui laissent 187 à 250 morts[214],[215],[216].

Le front central : Progression des forces irakiennes dans les provinces de Salah ad-Din et Diyala (juillet 2014 – octobre 2015)[modifier | modifier le code]

Des militaires irakiens de la 71e brigade à l'entraînement avec des militaires américains à Camp Taiji, dans la province de Bagdad, le .

Dans le centre de l'Irak, les forces armées irakiennes et les milices chiites rassemblées au sein des Hachd al-Chaabi, parviennent à partir de juillet 2014 à contenir les offensives de l'État islamique, puis à reprendre le terrain perdu.

Article détaillé : Bataille de Dhoulouiyah.

Le 13 juillet 2014, l'État islamique attaque la ville de Dhoulouiyah, entre Samarra et Bakouba, défendue par les combattants de la tribu des al-Joubour. Les djihadistes s'emparent de la majeure partie de la ville, mais les combattants tribaux résistent pendant plusieurs mois, jusqu'à ce qu'une contre-offensive de l'armée irakienne ne repoussent les djihadistes hors de la ville le 30 décembre[217],[218].

Article détaillé : Bataille de Jourf al-Sakhr.

Vers fin juillet, les djihadistes attaquent également Jourf al-Sakhr, au sud-ouest de Bagdad, avec pour objectif d'isoler la capitale et de couper la route de Kerbala[219]. Mais là aussi, les troupes irakiennes résistent, jusqu'à ce qu'une contre-offensive menée par 6 000 miliciens chiites ne permettent aux forces gouvernementales de reprendre le contrôle de la ville le 25 octobre[220],[221],[222].

Article détaillé : Massacre d'Hamrine.

Le 22 août, à Hamrine près de Bakouba, 70 hommes sont massacrés lors de l'attaque d'une mosquée sunnite commise probablement par des miliciens chiites[223],[224].

Article détaillé : Siège d'Amerli.

Fin août, l'armée irakienne, les Hachd al-Chaabi et les peshmergas organisent une offensive pour secourir Amerli, une ville de la province de Salah ad-Din peuplée principalement de Turkmènes chiites, encerclée depuis le 18 juin par l'État islamique. Ils parviennent à briser le 31 août et à secourir les habitants menacés par la famine et la pénurie d'eau[225],[226],[227],[228]. Dans la foulée, les combattants kurdes et les miliciens chiites reprennent la ville de Souleimane Bek aux djihadistes[229].

Articles détaillés : Bataille de Mouqdadiyah et Massacre de Barwana.

Le 26 janvier 2015, l'armée irakienne reprend la ville de Mouqdadiyah après quatre jours de combats. Elle affirme alors avoir repris le contrôle total de la province de Diyala[230]. Le même jour, des miliciens chiites fusillent au moins 56 à 77 civils sunnites dans le village de Barwana[231],[232],[233].

Des militaires irakiens et des miliciens d'Asaïb Ahl al-Haq dans la province de Salah ad-Din en avril 2016.
Article détaillé : Bataille de Tikrit.

Le 2 mars 2015, 27 000 hommes de l'armée irakienne, des Hachd al-Chaabi et des diverses milices lancent une grande offensive sur la ville Tikrit avec l'appui des forces aériennes de la coalition[234],[235]. Les forces irakiennes entrent dans la ville le 11 mars [236]. Le 31 mars, Tikrit est entièrement reprise, cependant elle est détruite à plus de 50% par les combats et pillée par les Hachd al-Chaabi[237],[238],[239],[240].

Article détaillé : Bataille de Baïji.

Les combats les plus acharnés ont lieu à Baïji, pour le contrôle de la ville et de sa raffinerie, la plus grande d'Irak. La ville tombe rapidement aux mains de l'État islamique le 11 juin 2014, mais les soldats irakiens résistent dans la raffinerie[241]. Pendant plusieurs mois, les djihadistes tentent de les y déploger mais sans succès[242],[243]. L'armée irakienne contre-attaque en novembre et reprend la ville en quelques jours[244],[245]. Mais les djihadistes repartent à leur tour à l'assaut en décembre, ils reprennent la ville et rétablissent le siège de la raffinerie[246],[247]. En avril et en mai 2015, les forces de l'EI s'emparent d'une grande partie de la raffinerie[248],[249],[250],[251],[252]. Finalement en juin, des renforts arrivent à Baïji et brisent une nouvelle fois le siège de la raffinerie avant de commencer la reconquête de la ville[253]. Celle-ci repasse entièrement sous le contrôle des forces irakiennes en octobre 2015[254],[255],[256],[257],[258].

Le front ouest : Progression de l'État islamique dans la province d'al-Anbar (août 2014 – mai 2015)[modifier | modifier le code]

Carte de la situation des villes de la province d'al-Anbar en janvier 2014.

Malgré l'intervention militaire de la coalition, l'État islamique continue de progresser pendant plusieurs mois dans la province d'al-Anbar. Le 21 septembre 2014, les djihadistes prennent d'assaut le camp de Saklaouiya, près de Falloujah, tuant ou capturant 400 à 600 soldats irakiens[259]. Le 2 octobre, ils attaquent la ville de Hit et s'en emparent le 12[260],[261],[262]. L'État islamique contrôle alors 85% de la province d'al-Anbar[263]. Cette progression s'accompagne, fin octobre, de massacres contre la tribu sunnite des Albou Nimr, qui avait pris le parti du gouvernement irakien. Ces exécutions dans les environs de Hit font environ 300 à 500 morts, dont une cinquantaine de femmes et d'enfants[264],[265],[266].

Le 21 novembre 2014, l'État islamique lance une importante offensive sur Ramadi, qui est attaquée de tous les côtés[267],[268]. Rapidement, les djihadistes s'emparent de 30% de la ville et atteignent son centre[269],[270].

Article détaillé : Bataille d'Al-Jubba.

Le 6 janvier 2015, les troupes de l'EI s'emparent de la ville d'Al-Jubba[271] et le 12 février, elles prennent Khan al Baghdadi (en), assiégée depuis des mois[272].

Article détaillé : Bataille de Ramadi (2013-2015).

En avril 2015, l'État islamique enfonce les lignes irakiennes et s'empare de plusieurs quartiers et villages à Ramadi[273],[274]. Début mai, les familles de miliciens sunnites anti-EI fuient la province et pour tenter de se réfugier à Bagdad, mais le gouvernement irakien refuse de les laisser entrer dans la capitale[275]. Le 14 mai, Abou Bakr al-Baghdadi déclare dans un message audio que la « porte de la repentance est ouverte », il promet le pardon aux miliciens, militaires et policiers sunnites qui déposeront les armes et encourage les familles sunnites refoulées à Bagdad à revenir à Anbar. Ces déclarations semblent avoir eu un échos chez les combattants sunnites anti-EI, abandonnés par le gouvernement central et démoralisés[276],[277]. Le lendemain de ce message audio, l'État islamique reprend son offensive sur Ramadi. Le 15 mai, il attaque le complexe gouvernemental et prend le contrôle de presque toute la ville[278],[279]. Mal soutenues par le gouvernement irakien qui refuse de les armer, les milices sunnites anti-EI finissent par battre en retraite après de long mois de combats[280]. Le 17 mai, la ville de Ramadi tombe entièrement aux mains de l'État islamique au terme d'affrontements très violents, 500 à 800 militaires et civils sont tués en 48 heures[281],[282],[283]. Plus de 55 000 civils fuient également la ville[284],[285].

Le 24 mai, le gouvernement irakien perd Al-Walid, son dernier poste-frontière avec la Syrie, qui est abandonné par ses troupes et pris par l'EI[286].

La province d'al-Anbar est alors presque totalement tenue par l'État islamique. Les forces irakiennes ne contrôlent alors plus que les villes de Haditha et Aamriyat Falloujah, ainsi que les bases militaires de Habaniyeh et de Baghdadi[287].

Reconquête de Ramadi et Falloujah (mai 2015 – juin 2016)[modifier | modifier le code]

Après la déroute de ses troupes à Ramadi, le gouvernement de Bagdad décide de déployer les Hachd al-Chaabi à Anbar[288]. Une nouvelle ligne de front est formée à Houssaiba Al-Charkiya, entre Ramadi et Falloujah, et des troupes sont rassemblées non loin de là dans la base militaire d'Habbaniyya, afin de préparer la contre-offensive[289],[290]. Le 13 juillet 2015, les forces irakiennes passent à l'offensive pour reprendre la province d'al-Anbar[291].

Article détaillé : Bataille de Ramadi (2015-2016).

Début octobre 2015, les forces irakiennes commencent à se rapprocher progressivement de Ramadi[292]. Après avoir été ralenties fin octobre et début novembre par des pluies torrentielles[293], elles parviennent à encercler la ville le 26 novembre[294], puis à y entrer le 7 décembre[295],[296]. Le 27 décembre, l'armée irakienne annonce que la ville est libérée[297], mais en réalité plusieurs centaines de djihadistes sont toujours présents dans les quartiers est[298],[299]. Le 9 février, les positions de l'EI à l'est sont reprise, de même que la ville de Houssaiba Al-Charkiya, située 10 kilomètres à l'est[300],[301]. Après deux années de guerre, Ramadi est reconquise, mais elle est détruite à plus de 80%[302]

Après la chute de Ramadi, les forces irakiennes se tournent vers Falloujah qui est est encerclée vers janvier ou début février 2016[303],[304]. À la mi-mars, l'armée irakienne lance l'assaut sur la ville de Hit, qui est reprise le 14 avril après plusieurs semaines de combats[305],[306]. Le 6 mai, Abou Wahib, le chef de l'État islamique dans la province d'al-Anbar, est tué par une frappe aérienne de la coalition[307],[308]. Le 16 mai 2016, l'armée irakienne lance une opération pour reprendre Routba, une ville isolée dans le désert au sud-ouest de la province[309]. Elle entre dans la ville le 17 et la reprend entièrement le 19[310],[311],[312],[313]. Cependant le 30 mai, l'EI fait une nouvelle incursion à Hit[314].

Des militaires irakiens des unités d'élite du contre-terrorisme (ICTF), à Falloujah, le 28 juin 2016.

Le 22 mai, plus de 30 000 soldats et miliciens irakiens appuyés par les avions de la coalition lancent l'assaut sur Falloujah, défendue par 1 000 à 4 000 djihadistes[315],[316],[317]. Les combats les plus intenses ont d'abord lieu dans la localité de Saklaouiya, au nord de la ville, où les Hachd al-Chaabi exécutent au moins plusieurs dizaines de civils sunnites et en enlèvent plusieurs centaines d'autres[318],[319],[320]. Finalement, l'armée irakienne entre dans Falloujah par le sud le 3 juin et Saklaouiya est prise le 4 juin[321],[322]. Le 17 juin, l'armée irakienne fait une percée et atteint le centre de la ville[323],[324]. Le 26 juin, Falloujah est entièrement reconquise[325],[326]. Les combattants de l'État islamique se replient hors de la ville sur plusieurs centaines de véhicules avec des civils et des membres de leurs familles. Ils font une percée le 28 juin à Amriyat Al-Falloujah, mais un des convoi qui tente de remonter vers Mossoul se retrouve en terrain découvert, à la merci des avions de la coalition. Le convoi est pilonné pendant deux jours, des centaines de véhicules sont détruits et 250 à 440 hommes de l'État islamique sont tués [327],[328]. La bataille de Falloujah n'a duré qu'un mois, mais les combats ont été très meurtriers. Les forces irakiennes déplorent plus de 4 000 soldats et miliciens tués ou blessés et selon l'armée, les djihadistes ont laissé 2 500 morts[329],[316].

Après la chute de Fallouja, l'État islamique fait exploser un camion piégé dans le quartier chiite de Karrada à Bagdad, le 3 juillet 2016. L'attentat fait 324 morts, soit le bilan le plus lourd en Irak depuis l'attentat de Qahtaniya, en août 2007[330],[331],[332].

Le 3 août, l'armée irakienne et des milices tribales sunnites reprennent le poste-frontière d'al-Walid[333].

Incidents dans les zones contrôlées par les forces anti-EI[modifier | modifier le code]

En janvier 2016, des affrontements éclatent à Bassorah ; des tribus et des groupes armés chiites s'opposent, certains hostiles à l'Iran, accusant le premier ministre Haïder al-Abadi de lui être trop inféodé, d'autres au contraire pro-Iraniens, et dénonçant un rapprochement du gouvernement irakien avec les États-Unis et l'Arabie saoudite[334],[335].

En janvier 2016, les Hachd al-Chaabi ravagent les environs de Mouqdadiyah, dans la province de Diyala ; ils détruisent des maisons et de mosquées, commettent des enlèvements et des pillages et exécutent au moins plusieurs dizaines de civils sunnites[336].

En avril 2016, de violents combats éclatent à Touz Khormatou, dans la province de Salah ad-Din, entre les peshmergas de l'UPK et les miliciens chiites de l'Organisation Badr. Les affrontements font des dizaines de morts jusqu'à ce qu'un accord soit conclu. Mais les tensions demeurent vives entre les deux groupes pour le contrôle de la ville[337].

Offensives sur Mossoul (mars 2016 – juillet 2017)[modifier | modifier le code]

Des enfants observant l'incendie d'un puits de pétrole à Qayyarah, allumé par les djihadistes avant leur départ, .
Article détaillé : Offensive de Qayyarah.

Le 24 mars 2016, l'armée irakienne lance une offensive afin de reprendre pied dans la province de Ninive. Une division attaque depuis la base de Makhmour et se porte en direction de Qayyarah[338],[339],[340]. La progression est lente, les troupes irakiennes n'avancent que d'une quinzaine de kilomètres en trois mois, mais elles finissent par atteindre la rive est du Tigre et les abords de la ville le 4 juillet[341],[342],[343],[344]. Une autre division passe alors à l'attaque au sud, elle contourne la ville d'al-Charqat, toujours occupée par l'EI, et s'empare de la base aérienne de Qayyarah le 9 juillet[345]. Enfin le 23 août, l'armée irakienne pénètre dans la ville de Qayyarah qui est entièrement reconquise le 25[346]. Plus au sud, l'armée irakienne et les milices chiites lancent l'assaut le 20 septembre sur la ville d'al-Charqat, à l'extrême-nord de la province de Salah ad-Din, qui est reprise deux jours plus tard[347],[348],[349],[350],[351]. Entre-temps l'État islamique avait annoncé le 13 juillet la mort à al-Charqat d'Abou Omar al-Chichani, le commandant en chef de ses forces militaires[352],[353].

Articles détaillés : Bataille de Tel Asqaf et Offensive de Khazir.

De leur côté, les peshmergas repoussent le 3 mai, grâce à l'aide de la coalition, une attaque de l'EI à Tel Asqaf, au nord de Mossoul[354]. Puis les 29 et 30 mai, ils mènent une brève offensive dans la région de Khazir, à l'est de Mossoul, s'emparent de neuf villages, revendiquent la mort de 140 djihadistes, et arrivent aux abords des villes chrétiennes de Karamlech et Qaraqosh[355],[356]. Puis une nouvelle offensive, lancée le 14 août, permet aux peshmergas de prendre en deux jours onze autres villages entre la rivière Khazir et la ville de Qaraqosh[357],[358],[359],[360],[361],[362],[363].

Article détaillé : Bataille de Mossoul (2016-2017).
Soldats irakiens des forces spéciales (ICTF) dans les rues de Mossoul, .

L'armée irakienne se déploie quant à elle dans la province de Ninive et fait de Qayyarah son quartier-général[364]. La nuit du 16 au 17 octobre, à deux heures du matin, le Premier ministre irakien Haïder al-Abadi annonce le début de la bataille de Mossoul[365]. Environ 100 000 hommes sont déployés autour de la ville — soldats de l'armée irakienne, peshmergas, Hachd al-Chaabi soutenus par l'Iran, troupes de la Coalition et diverses milices kurdes et arabes sunnites — face aux 3 000 à 9 000 combattants de l'État islamique, mais cette vaste alliance regroupe des organisations et des États rivaux, aux intérêts souvent opposés[366],[367],[368],[369]. Les forces irakiennes attaquent d'abord par le sud et par l'est, depuis des positions situées à une vingtaine ou une trentaine de kilomètres de Mossoul. Les combats ont d'abord lieu dans les villages et les petites villes environnantes. À l'est, les peshmergas atteignent la ville de Bachiqa le 20 octobre, mais ils se heurtent à une forte résistance des djihadistes[370]. De leur côté, les troupes irakiennes reprennent Bartella le 22 octobre[371],[372] et entrent le même jour dans la ville de Qaraqosh[373],[374]. La division d'or des forces spéciales irakiennes parvient ensuite à faire une percée à l'est, et le 1er novembre elle prend pied à l'intérieur de Mossoul[375],[376].

Article détaillé : Bataille de Kirkouk (2016).

Les forces de l'EI tentent alors de mener des diversions sur tous les fronts. Le 21 octobre, une centaine de djihadistes s'infiltrent dans la ville de Kirkouk, tuent près de cent peshmergas, policiers et civils, et se disséminent dans les quartiers de la ville. Les Kurdes reprennent le contrôle de Kirkouk le 24 octobre, après avoir tué ou capturé la quasi-totalité des assaillants[377],[378]. Le 23 octobre, d'autres djihadistes entrent dans Routba, dans la province d'al-Anbar, ils s'emparent de la moitié de la ville avant d'être finalement repoussés le 26 octobre par une contre-attaque de l'armée irakienne[379],[380],[381]. L'EI attaque également sans succès Sinjar le 24 octobre, où il laisse 15 morts[382]. Puis il mène un raid sur al-Charqat le 4 novembre[383].

Le 29 octobre, les Hachd al-Chaabi passent à leur tour à l'offensive, à l'ouest de Mossoul, et coupent le 22 novembre la route de la Syrie, les troupes de l'État islamiques se retrouvent alors complètement encerclées dans une poche comprenant les villes de Mossoul et de Tall Afar[384],[385]. Après avoir pris quelques quartiers en novembre, les troupes irakiennes menées par les forces spéciales de la divison d'or piétinent en décembre, mais en janvier 2017 la reconquête de Mossoul s'accélère[386],[387]. Le 8 janvier, les forces irakiennes atteignent le Tigre[388] et le 22 janvier tous les quartiers à l'est du fleuve sont reconquis[389]. Après quelques semaines de pause, l'offensive reprend le 19 février 2017[390]. Le 23 février, l'aéroport de Mossoul et la base militaire de Ghozlani sont repris par les troupes irakiennes[391]. Le 24 février, ces dernières entrent dans les quartiers ouest[392],[393].

Partis de la région de Tall Afar, les milices chiites des Hachd al-Chaabi progressent vert l'ouest et atteignent la frontière syrienne le 29 mai[394]. Le 4 juin, elles s'emparent de la ville d'Al-Baaj sans rencontrer de forte résistance[395].

À Mossoul, les troupes irakiennes progressent pendant ce temps dans les quartiers ouest est acculent progressivement les djihadistes dans la vieille-ville, aux abords du fleuve Tigre. Le 18 juin, l'armée irakienne annonce le début de son offensive sur la vieille ville[396]. Les combats y sont les plus violents depuis le début de la bataille. Le 26 juin, les troupes irakiennes s'emparent de la Grande mosquée al-Nouri, détruite par l'État islamique une semaine plus tôt, là où Abou Bakr al-Baghdadi était apparu pour la première fois le , quelques jours après la proclamation du califat[397],[398]. Le 10 juillet 2017, le Premier ministre irakien Haïder al-Abadi proclame la victoire de l'armée irakienne à Mossoul[399]. La dernière poche de résistance djihadiste tombe le 16 juillet[400].

Offensives sur Tall Afar, Hawija et al-Qaïm (depuis juillet 2017)[modifier | modifier le code]

Des miliciens de Saraya al-Khorasani lors de la bataille d'Hawija, le 27 septembre 2017.

Après la reconquête de Mossoul, trois poches restent tenues par l'État islamique en Irak : Tall Afar, près de Mossoul ; Hawija, près de Kirkouk ; et Al-Qaïm, au nord-ouest de la province d'al-Anbar[401].

Article détaillé : Bataille de Tall Afar (2017).

Le 20 août, l'armée irakienne et les Hachd al-Chaabi commencent par attaquer Tall Afar[402]. Cette fois, les défenses de l'État islamique s'effondrent rapidement[403] : la ville est reprise dès le 27 août et les djihadistes, encerclés, opposent une ultime résistance dans le village d'al-Ayadiya, qui tombe à son tour le 31 août[404],[405].

Le 16 septembre, les forces irakiennes reprennent la ville d'Akachat, localité située au sud de la vallée de l’Euphrate et à proximité de la frontière irako-syrienne, aux mains de l'État islamique[406],[407].

Le 21 septembre, la ville d'Anna située à l'ouest dans la province d'Anbar est reprise par les forces irakiennes[408],[409].

Article détaillé : Bataille d'Hawija.

Le même jour, l'armée irakienne et ses alliés lancent une offensive contre l'État islamique dans la région d'Hawija[410]. La ville est reprise le 5 octobre, et le 11, après d'ultime opérations dans les villages environnants, l'armée irakienne annonce la fin de son offensive[411],[412].

Tensions au Kurdistan (depuis septembre 2017)[modifier | modifier le code]

Le , la tenue d'un référendum sur l'indépendance du Kurdistan irakien provoque de fortes tensions entre le gouvernement régional du Kurdistan et le gouvernement de Bagdad.

Article détaillé : Bataille de Kirkouk (2017).

Le 13 octobre, l'armée irakienne, la police fédérale et les Hachd al-Chaabi lancent une première opération militaire dans la région de Kirkouk[413]. Elles s'emparent de la Base-102 sans rencontrer de résistance de la part des Kurdes, mais plusieurs milliers de peshmergas se déploient pour défendre la ville[413]. Le 16 octobre, les forces de Bagdad passent à l'offensive et reprennent en quelques heures Kirkouk et ses environs, presque sans rencontrer de résistance de la part des peshmergas de l'UPK[414]. Le matin du 17 octobre, l'armée irakienne et les Hachd al-Chaabi reprennent Sinjar, que les peshmergas abandonnent sans combattre ; la ville passe alors sous le contrôle du groupe Lalesh, une milice yézidie ralliée au gouvernement de Bagdad et intégrée aux Hachd[415],[416],[417].

Bilan humain[modifier | modifier le code]

Pertes selon le gouvernement irakien[modifier | modifier le code]

Pertes irakiennes Jan Fév Mar Avr Mai Juin Juil Août Sept Oct Nov Déc Total
2011 155 155
2012 151 150 112 126 132 131 325 164 365 144 166 208 2 174
2013 177 136 163 205 630 240 921 356 885 964[418] 948 6 522[419]
2014 +2000 +1600 +15 000[419]

Selon le gouvernement irakien, le conflit fait 6 522 morts en 2013[419] et plus de 15 000 personnes sont tuées et 22 000 blessées pour l'ensemble de l'année 2014[420].

Estimations de l'ONU[modifier | modifier le code]

Chaque mois, l'ONU publie un bilan humain des pertes recensées. Cependant le bilan n'est que partiel, la Mission d'assistance de l'ONU en Irak (MANUI) n'étant pas en mesure de comptabiliser les pertes des djihadistes, ni celles de certaines zones d'Irak, notamment la province d'Al-Anbar. Les pertes comptabilisées sont de 29 470 morts et 54 111 blessés parmi la population civile entre janvier 2014 et août 2017 et de 16 457 morts et 13 399 blessés parmi les forces de sécurités, peshmergas et miliciens inclus, entre janvier 2014 et décembre 2016[21].

Entre Novembre 2012 et Juin 2017, la MANUI donne de nouveaux chiffres à la hausse du bilan humain de la seconde guerre civile en Irak, tous acteurs confondus (dont surtout les civils ) : au moins 50 000 morts, dont 70 % de civils, soit 35 000 victimes civiles. Parmi les quelque 15 000 morts militaires, il y a les militaires Irakiens, les milices Chiites étrangères ( dont des Iraniens), et les Djihadistes (dont des étrangers). Le bilan de la bataille de Mossoul n'est pas tout à fait comptabilisé, et estimé, à la mi-juillet 2017.[réf. nécessaire]

Autres estimations[modifier | modifier le code]

Selon Mushing on Iraq, le conflit au cours de l'année 2015 a fait au moins 25 000 morts, dont 3 924 militaires et policiers irakiens, 2 474 miliciens des Hachd al-Chaabi, 640 combattants du PKK, 613 peshmergas, 434 sahwa, 30 assayech, 20 volontaire de la milice du gouverneur de Ninive Atheeel Nujafi, 10 combattants des YPG, 8 miliciens yézidis, 2 combattants du PJAK, 2 Iraniens du Corps des Gardiens de la révolution islamique et 1 soldat américain. Mushing on Iraq souligne cependant qu'il s'agit d'un bilan minimum[421].

Pertes du Gouvernement régional du Kurdistan[modifier | modifier le code]

Selon le secrétaire général de la présidence kurde Fouad Hussein, 150 combattants kurdes ont été tués et plus de 500 autres blessés dans les combats qui les ont opposés aux djihadistes depuis le début de leur offensive en juin-juillet 2014[422].

Le 10 décembre 2014, le Gouvernement régional du Kurdistan déclare que les pertes de ses peshmergas, assayesh et policiers ont été depuis le 9 juin 2014 de 727 tués, 3 564 blessés et 34 disparus[423].

Fin octobre 2015, Saadi Peera, membre du bureau politique de l'Union nationale kurde en Irak, fait état de 1 350 « martyrs » chez les peshmergas[424]. Selon le Gouvernement régional du Kurdistan, de juin 2014 au 21 novembre 2016, les pertes des peshmergas s'élèvent à 1 604 morts, 9 461 blessés et 62 disparus[25].

Le 4 juin 2017, un article publié sur Iraqi News indique que les miliciens kurdes ont perdu 1 760 hommes[23], tandis qu'un article publié sur le journal kurde BasNews le 23 janvier 2017 affirme que 9 725 combattants kurdes ont été blessés au cours des combats[24].

Pertes iraniennes[modifier | modifier le code]

Selon un responsable du ministère irakien de l'Intérieur, 29 soldats iraniens ont été tués en Irak au cours du mois de décembre 2014[425].

Selon les avis de décès publiés sur un compte Instagram lié aux Gardiens de la révolution iraniens, au moins 346 combattants iraniens et afghans soutenus par l'Iran ont été tués dans la guerre civile syrienne et la guerre civile irakienne de 2015 au milieu de 2016[426].

Selon Ali Alfoneh, chercheur émérite au sein du Centre Rafik Hariri pour le Moyen-Orient auprès du think tank américain Atlantic Council et spécialiste de l'Iran, au moins 38 soldats iraniens auraient péri d'avril 2014 à février 2017[27].

Le 7 mars 2017, Mohammad Ali Shahidi Mahalati, chef de la fondation des martyrs et vétérans iraniens, déclare que 2 100 combattants « sont tombés en martyr aussi bien en Irak qu'ailleurs »[427].

Pertes de l'État islamique et des rebelles irakiens[modifier | modifier le code]

Le 23 janvier 2015, le Pentagone annonce que la coalition a mené 2 000 frappes aériennes en Irak et en Syrie, dont plus de 1 600 par des avions ou drones américains. Les militaires américains estiment alors qu'environ 6 000 combattants de l'EI ont été tués, mais ce chiffre n'est pas confirmé officiellement par le Pentagone[428].

Le 3 juin 2015, un diplomate américain affirme que l'EI a perdu 10 000 combattants tués en Irak et en Syrie depuis le début des frappes aériennes de la coalition en octobre 2014[429].

Le Royaume-Uni estime avoir tué approximativement 330 combattants de l'EI en Irak entre septembre 2014 et le 31 août 2015, après avoir mené 250 frappes[430].

Le 20 janvier 2016, le journal américain USA Today affirme que des statistiques publiées par la coalition occidentale recensent 25 000 combattants de Daesh morts depuis 2014 suite aux frappes aériennes de la coalition ou lors de combats au sol[31].

Pertes civiles selon l'Iraq Body Count (IBC)[modifier | modifier le code]

Pertes annuelles irakiennes civiles et militaires dues à l'insurrection, 2003-2012.
Pertes irakiennes Jan Fév Mar Avr Mai Juin Juil Août Sept Oct Nov Déc Total
2014 1 097 972 1 029 1 037 1 100 4 088 1 580 3 340 1 474 1 738 1 436 1 327 20 218
2015 1 490 1 625 1 105 2 013 1 295 1 355 1 845 1 991 1 445 1 297 1 021 1 096 17 578
2016 1 374 1 258 1 459 1 192 1 276 1 405 1 280 1 375 935 1 970 1 738 1 131 16 393
2017 1 119 982 1 920 1 816 1 871 1 858 1 498 597 477 12 138

Pertes américaines[modifier | modifier le code]

Dans la nuit du 21 au 22 octobre 2015, à la demande du Kurdistan irakien, des forces spéciales américaine soutiennent les peshmergas pendant une mission visant à libérer 70 otages de l'EI près de Hawija. Un soldat américain est mortellement blessé dans l'intervention[431],[432],[433],[434],[435].

En mars 2016, un soldat américain est tué par l'EI sur la base de Makhmur[436].

Un soldat, membre des Navy Seals, est tué par l'EI le 3 mai 2016 dans la région de Mossoul. Les soldats américains conseillaient et assistaient les peshmergas quand des combattants de l'EI ont lancé l'offensive[437].

Pertes canadiennes[modifier | modifier le code]

En mars 2015, le sergent canadien Andrew Joseph Doiron, un soldat des forces spéciales présentes en Irak est tué par un tir allié. De fait, le 7 mars 2015, des soldats des FOS (Forces des Opérations Spéciales) ont été pris sous les tirs amis de peshmergas alors qu'ils revenaient en territoire allié, visiblement par erreur. Dans l'attaque Andrew Joseph Doiron a été mortellement touché et trois autres soldats blessés[438],[439],[440].

Pertes du PKK[modifier | modifier le code]

Selon Cemil Bayik, chef du PKK, son mouvement a perdu 180 combattants en Irak, de 2014 à janvier 2016[26].

Attentats[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Attentats de la guerre d'Irak.

Le Global terrorism database tenue par l'Université du Maryland dénombre 9 565 morts en Irak dans les attentats commis de avril 2013 à novembre 2015[441]. Parmi les attaques les plus meurtrières figurent l'attentat de Khan Bani Saad du 17 juillet 2015, l'attentat de Bagdad du 17 mai 2016 et l'attentat de Bagdad du 3 juillet 2016.

Réfugiés[modifier | modifier le code]

En décembre 2014, Amnesty International comptabilise plus de deux millions de déplacés en Irak lors de l'année 2014, dont environ 946 266 déplacés recensés dans le Kurdistan irakien, de janvier à août dans trois vagues de déplacement, soit 48% des réfugiés d'Irak[442]. De plus selon RFI, au moins 100 000 Yézidis trouvent refuge en août dans le Kurdistan turc[443].

Notes et références[modifier | modifier le code]

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  11. France 24 : Vidéo : les peshmerga, ces combattants kurdes en première ligne contre l’EIIL
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  14. Philippe Chapleau, Contractors: 7 838 sont déployés en Irak dont 2 028 au profit du Pentagone, Lignes de défense, 4 février 2016.
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  16. Le Figaro avec AFP et Reuters : État islamique : un djihadiste parlant français dans une vidéo d'assassinat
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Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Cartographie[modifier | modifier le code]