Houthis

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Houthis
الحوثيين
Image illustrative de l'article Houthis

Idéologie Zaïdisme
Islamisme chiite
Antiaméricanisme
Antisémitisme[1]
Antisionisme
Statut Actif
Fondation
Fondé par Hussein Badreddine al-Houthi
Pays d'origine Drapeau du Yémen Yémen
Actions
Mode opératoire Lutte armée
Zone d'opération Drapeau du Yémen Yémen, Drapeau de l'Arabie saoudite Arabie saoudite
Organisation
Chefs principaux Hussein Badreddine al-Houthi (tué en 2004)
Abdul-Malik al-Houthi (depuis 2004)
Membres 2 000 combattants (en 2004),10 000 combattants (en 2009), 100 000 combattants (en 2011)
Groupe relié Hezbollah
Répression
Considéré comme terroriste par Arabie saoudite et Émirats arabes unis[2]
Guerre du Saada
Révolution yéménite
Guerre civile yéménite commencée en 2014
Conflit de Jazan et Najran
Insurrection djihadiste au Yémen

Les Houthis (arabe : الحوثيين), du nom de leurs dirigeants, Hussein Badreddine al-Houthi et ses frères, est une organisation armée, politique et théologique zaïdite, active initialement dans le gouvernorat de Sa'dah et le nord-ouest du Yémen, puis à partir de 2014, dans tout le pays.

Le groupe est issu du Forum des Jeunes Croyants, organisation religieuse et culturelle co-fondée en 1992 par Hussein Badreddine al-Houthi et Mohamad Azzane[3]. Pacifique, le mouvement se scinda en deux factions, l'une modérée et pacifiste et l'autre prônant la lutte armée, qui deviendra par la suite les Houthis[4].

En conflit avec le gouvernement de la République du Yémen dans le cadre de l'Insurrection houthiste au Yémen à cause de manifestations vu comme un défi adressé au pouvoir central[5], ils se sont emparés depuis leurs bastions montagnards du nord-ouest d'une grande partie de l'ouest du pays, notamment de l'ancien Yémen du Nord.

Le nombre de ses membres armés durant l'insurrection houthiste au Yémen est estimé à 10 000 et son principal foyer de tension se trouve dans le Saada. Le mouvement serait soutenu par l'Iran dans le cadre de la guerre civile, mais d'autres sources mentionnent que l'Iran aurait au contraire essayé de les freiner[6].

Les houthistes estiment avoir été marginalisés par le gouvernement sur le plan politique, économique et religieux dans le cadre de la réunification du Yémen en 1990, et demandent le rétablissement du statut d’autonomie dont ils bénéficiaient avant le coup d'État républicain de 1962 dans le cadre du royaume mutawakkilite du Yémen et à terme rétablir l'imamat zaïdite.

Leur branche politique est Ansar Allah (arabe : أنصار الله, « les partisans de Dieu »)[7].

Contexte[modifier | modifier le code]

Contexte historico-religieux[modifier | modifier le code]

Le Yémen est peuplé d'une majorité sunnite mais aussi d'une forte minorité chiite essentiellement présente dans les montagnes du nord-ouest du pays, le fief des Houthis. Cette branche du chiisme, très proche du sunnisme, implantée là depuis le VIIIe siècle, est le zaïdisme, qui ne reconnaît que cinq Imams chiites dans la succession d'Ali, contrairement aux ismaëliens ou duodécimains (les courants majoritaires du chiisme). Un Imamat zaïdite a contrôlé ces territoires depuis le Moyen âge et a fondé le Royaume mutawakkilite du Yémen en 1918 lors de l'indépendance acquise de l'Empire ottoman à la suite de la Première Guerre mondiale.

Contexte historico-politique[modifier | modifier le code]

La monarchie zaydite yéménite a été abolie à la suite d'un coup d'état républicain en 1962 (soutenu par l'Égypte de Nasser), conduisant à la mise en place du Yémen du Nord. À la suite de la Réunification du Yémen en 1990, les Zaydites sont devenus minoritaires dans un Yémen majoritairement sunnite entre le Nord et le Sud. Les Zaydites ont obtenu des garanties du président Ali Abdallah Saleh dans le cadre de la guerre civile de 1994 au Yémen (avec la tentative avortée de sécession du Yémen du Sud). S'estimant insatisfaits, ils ont pris les armes en 2004 contre le gouvernement.

Histoire[modifier | modifier le code]

En 2004 éclate la guerre du Saada menée par le gouvernement yéménite après des manifestations qu'il estime remettant en cause son pouvoir[8], déjà aux prises avec l'insurrection d'islamistes affiliés à Al-Qaïda dans le cadre de la guerre contre le terrorisme depuis l'incident de l'uss cole en 2000[9]. L'Arabie saoudite intervient aux côtés du gouvernement yéménite et combat les Houthis. Des centaines de civils y perdent la vie ainsi que le leader du mouvement Hussein Badreddine al-Houthi, tué le  ; sa dépouille est enterrée en prison, de peur que son mausolée ne devienne un lieu de recueillement. Son frère Abdul-Malik al-Houthi lui succède alors[10].

Le gouvernement d'Ali Abdallah Saleh a utilisé du phosphore blanc pendant cette première guerre, arme interdite internationalement[11].

En 2009, lors de l'opération Terre brûlée, l'armée yéménite, plus tard aidée par l'armée saoudienne, échoue à réprimer la rébellion zaydite.

En 2013, en geste de bonne volonté, le président du gouvernement de transition Abd Rabbo Mansour Hadi restitue aux Houthis la dépouille de leur leader Hussein Baddredine al-Houthi pour favoriser le Dialogue national. La même année, il est rapporté que les Houthis combattraient aux côtés du régime de Bachar el-Assad dans le cadre de la guerre civile syrienne[12].

Les Houthis s'estiment de plus en plus marginalisés après le meurtre de deux de leur représentants dans le conseil de transition national et contestent aussi la fin des subventions sur le pétrole et les carburants[13], cela les incitant à manifester mais ses manifestations sont réprimées violemment.

En 2014, les rebelles houthistes prennent le contrôle de la ville d'Amran puis annoncent vouloir la rendre au gouvernement après des accords ; en septembre, ils prennent le contrôle total de la capitale Sanaa, font démissionner le Premier ministre et forcent le pouvoir en place à créer un nouveau gouvernement qui leur est plus favorable. Le discours du dirigeant Abdul-Malik al-Houthi est diffusé dans des écrans géants dans la capitale. Le , ils s'emparent du palais présidentiel à Sanaa, ce qui conduit à la démission du président Abd Rabo Mansour Hadi.

En mars 2015, le journal américain New York Times rapporte des cas de persécutions de juifs du Yémen par les Houthis[1].

Puissance[modifier | modifier le code]

Le mouvement était composé de 1 000 à 3 000 combattants en 2005 et entre 2 000 et 10 000 en 2009. Cependant le Yemen Post affirme que le mouvement avait 100 000 combattants et loyalistes en 2009. Le mouvement dispose de tanks et de plusieurs camions qu'il a pris à l'armée yéménite durant la guerre de 2004. Il dispose également de plusieurs mines anti-char et de missiles anti-char ainsi que diverses pièces d'artillerie lourde et légère.

Selon l'Organisation des Nations unies, l'Iran armerait le groupe depuis 2009[14], cependant l'information principale sur laquelle se base ce rapport, à savoir un bateau iranien intercepté chargé d'armes, serait erronée[15].

Territoires contrôlés[modifier | modifier le code]

Carte de la guerre civile du Yémen, situation en avril 2016.
  •      Territoire contrôlé par les loyalistes.
  •      Territoire contrôlé par les Houthis et les pro-Saleh.
  •      Territoire contrôlé par les djihadistes d'AQPA
  •      Territoire contrôlé par les djihadistes de l'État islamique au Yémen

Après leur révolte contre le gouvernement, les rebelles houthistes contrôlent l'ensemble du gouvernorat de Saada, le gouvernorat d'Al Jawf, celui d'Amran et le gouvernorat de Hajjah. Ils contrôlent également une partie de la capitale Sanaa, une partie du gouvernorat d'Al Mahwit et le village de Jabira en Arabie saoudite.

En 2015, les Houthistes ont développé vers le sud leur contrôle de ces territoires et ont accès à la Mer Rouge.

Relations avec Al-Qaïda[modifier | modifier le code]

Bien que les deux groupes veuillent renverser le gouvernement actuel, ils ne partagent pas les mêmes objectifs et ne s'entendent pas.

Al-Qaïda, organisation d'obédience sunnite, veut appliquer sa version stricte de l'Islam salafiste/wahhabite et à terme mener le Jihad contre les pays alentours.

C'est pourquoi des heurts entre rebelles houthistes et les partisans d'Al-Qaïda dans la péninsule Arabique se produisent régulièrement.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b (en) « Persecution Defines Life for Yemen’s Remaining Jews » (consulté le 28 novembre 2015)
  2. (en) « Houthis respond to UAE's "terrorist" designation », sur http://www.yementimes.com/ (consulté le 25 février 2016)
  3. http://aa.com.tr/fr/politique/yémen-qui-sont-les-houthis/80121
  4. « Who are the Houthis in Yemen? », sur www.aljazeera.com (consulté le 13 mars 2016)
  5. « Who are the Houthis in Yemen? », sur www.aljazeera.com (consulté le 13 mars 2016)
  6. (en) « Iran Tried To Stop Houthi Rebels In Yemen, Obama Says », sur The Huffington Post (consulté le 15 février 2016)
  7. (en) « Hassan al-Homran, spokesperson for Ansar Allah », sur http://www.yemenpost.net/ (consulté le 25 février 2016)
  8. « Who are the Houthis in Yemen? », sur www.aljazeera.com (consulté le 13 mars 2016)
  9. « Determining When the Armed Conflict With Al-Qaeda Started », sur Just Security,‎ (consulté le 13 mars 2016)
  10. « "L’A.S utilise les bombes au phosphore contre les Houthis" », sur http://www.gnet.tn/ (consulté le 25 février 2016)
  11. Caroline HAYEK, « Yémen : De la révolution à la guerre par procuration - Caroline HAYEK », sur L'Orient-Le Jour (consulté le 13 mars 2016)
  12. « Yemen Houthis fighting for Assad in Syria – National Yemen » (consulté le 20 mars 2016)
  13. « The Houthi Advance on Yemen’s Capital », sur www.counterpunch.org (consulté le 13 mars 2016)
  14. « 20 minutes - L'Iran arme les Houthis au moins depuis 2009 - Monde », sur 20 Minutes (consulté le 10 janvier 2016)
  15. « Cable: 09SANAA2052_a », sur wikileaks.org (consulté le 15 février 2016)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (en) Disappearances and arbitrary arrests in the armed conflict with Huthi rebels in Yemen, Human Rights Watch, New York, 2008, 46 p. (ISBN 1564323927)
  • Samy Dorlian, La mouvance zaydite dans le Yémen contemporain : une modernisation avortée, l'Harmattan, Paris, 2013, 254 p. (ISBN 978-2-343-00788-5) (texte remanié d'une thèse de science politique)
  • (en) Barak A. Salmoni, Bryce Loidolt et Madeleine Wells, Regime and Periphery in Northern Yemen: The Huthi Phenomenon, Rand Corporation, 2010, 410 p. (ISBN 9780833049742)
  • (en) Christoph Wilcke et Gerry J. Simpson, All quiet on the northern front? : uninvestigated laws of war violations in Yemen's war with Huthi rebels, Human Rights Watch, New York, 2010, 54 p. (ISBN 9781564326072)

Articles connexes[modifier | modifier le code]