Houthis

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Houthis
Image illustrative de l'article Houthis

Idéologie Zaïdisme
Islamisme chiite
Antiaméricanisme
Antisionisme
Antisémitisme
Statut Actif
Fondation
Date de formation 1994
Fondé par Hussein Badreddin al-Houthi
Pays d'origine Drapeau du Yémen Yémen
Actions
Mode opératoire Lutte armée
Zone d'opération Drapeau du Yémen Yémen, Drapeau de l'Arabie saoudite Arabie saoudite, Drapeau de la Syrie Syrie
Période d'activité 1970 - aujourd'hui
Organisation
Chefs principaux Abdul-Malik al-Houthi
Membres 2 000 combattants (en 2004),10 000 combattants (en 2009), 100 000 combattants (en 2011)
Groupe relié Hezbollah
Répression
Considéré comme terroriste par Arabie saoudite et Émirats arabes unis[1]
Guerre du Saada, Guerre civile syrienne
Bannière carrée portant quatre lignes d'écriture arabe
La bannière des Houthistes : Dieu est le plus Grand, mort à l’Amérique, mort à Israël, malédiction sur les juifs, victoire à l'islam.

Les Houthis, du nom de ses dirigeants, Hussein Badreddin al-Houthi (en) et ses frères, ou encore Ansar Allah (« les partisans d'Allah ») (également connus sous le nom de Jeunes Croyants), sont une organisation insurrectionnelle chiite et un mouvement sociopolitique de l'école théologique zaïdite du nord-ouest du Yémen. En conflit avec le gouvernement de la République du Yémen dans le cadre de la Guerre du Yémen (depuis 2001), et notamment de la Guerre du Saada qu'ils ont déclenché (en 2004), ils se sont emparés depuis leurs bastions montagnards du nord-ouest d'une grande partie de l'ouest du pays, notamment de l'ancien Yémen du Nord.

Le nombre de ses membres armés durant la guerre du Saada est estimé à 10 000 et son principal foyer de tension se trouve dans le Saada. Le mouvement est soutenu par l'Iran (théocratie chiite) et le Hezbollah (organisation chiite du Liban) dans le cadre du conflit chiite-sunnite au Yémen depuis 2014.

Les houthistes se plaignent d’avoir été marginalisés par le gouvernement sur le plan politique, économique et religieux dans le cadre de la réunification du Yémen (1990), et demandent le rétablissement du statut d’autonomie dont ils bénéficiaient avant le coup d'état républicain de 1962 dans le cadre du royaume mutawakkilite du Yémen (dirigé par la dynastie des imams Zaydites) et à terme rétablir l'imamat Zaydite.

Contexte[modifier | modifier le code]

Contexte historico-religieux[modifier | modifier le code]

Le Yémen est peuplé d'une majorité sunnite mais aussi d'une forte minorité chiite essentiellement présente dans les montagnes du nord-ouest du pays, le fief des Houthis. Cette branche du chiisme, implantée là depuis le VIIIe siècle, est le Zaydisme, qui ne reconnaît que cinq Imams chiites dans la succession d'Ali, contrairement aux Ismaëliens ou Duodécimains (les courants majoritaires du Chiisme). Un Imamat zaydite a contrôlé ces territoires depuis le Moyen Âge et a fondé le Royaume mutawakkilite du Yémen en 1918 lors de l'indépendance acquise de l'Empire ottoman à la suite de la Première Guerre mondiale.

Contexte historico-politique[modifier | modifier le code]

La monarchie zaydite yéménite a été abolie à la suite d'un coup d'état républicain en 1962 (soutenu par l'Égypte de Nasser), conduisant à la mise en place du Yémen du Nord. À la suite de la Réunification du Yémen en 1990, les Zaydites sont devenus minoritaires dans un Yémen majoritairement sunnite entre le Nord et le Sud. Les Zaydites ont obtenu des garanties du président Ali Abdallah Saleh dans le cadre de la Guerre civile de 1994 au Yémen (avec la tentative avortée de sécession du Yémen du Sud). S'estimant insatisfaits, ils ont pris les armes en 2004 contre le gouvernement.

Histoire[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Guerre du Yémen (depuis 2001).
Article détaillé : Guerre du Saada.

En 2004 éclate la Guerre du Saada contre le gouvernement du Yémen, déjà aux prises avec l'insurrection d'islamistes affiliés à Al-Qaïda (Al-Qaïda au Yémen) dans le cadre de la Guerre contre le terrorisme depuis 2001. L'Arabie saoudite intervient aux côtés du gouvernement yéménite et combat les Houthis, notamment en utilisant du phosphore blanc, arme interdite. Des centaines de civils y perdent la vie ainsi que le leader du mouvement Hussein Badreddin al-Houthi (en), tué le  ; sa dépouille est enterrée en prison, de peur que son mausolée ne devienne un lieu de recueillement. Son frère Abdul-Malik al-Houthi lui succède alors[2].

En 2009, lors de l'opération Terre brûlée, l'armée yéménite, plus tard aidée par l'armée saoudienne, échoue à réprimer la rébellion zaydite.

En 2013, en geste de bonne volonté, le président du gouvernement de transition Abd Rabo Mansour Hadi restitue aux Houthis la dépouille de leur leader Husseïn Baddredine al-Houthi pour favoriser le dialogue national.

En 2014, les rebelles houthistes prennent le contrôle de la ville d'Amran puis la rendent au gouvernement après des accords ; en septembre, ils prennent le contrôle total de la capitale Sanaa, font démissionner le premier ministre et forcent le pouvoir en place à créer un nouveau gouvernement qui leur est plus favorable. Le discours du dirigeant Abdul-Malik al-Houthi est diffusé dans des écrans géants dans la capitale. Le , ils s'emparent du palais présidentiel à Sanaa, ce qui conduit à la démission du président Abd Rabo Mansour Hadi.

Puissance[modifier | modifier le code]

Le mouvement était composé de 1 000 à 3 000 combattants en 2005 et entre 2 000 et 10 000 en 2009. Cependant le Yemen Post affirme que le mouvement avait 100 000 combattants et loyalistes en 2009. Le mouvement dispose de tanks et de plusieurs camions qu'il a pris à l'armée yéménite durant la guerre de 2004. Il dispose également de plusieurs mines anti-char et de missiles anti-char ainsi que diverses pièces d'artillerie lourde et légère.

Territoires contrôlés[modifier | modifier le code]

Carte de la Guerre civile du Yémen, situation au 18 janvier 2015.
  •      Territoire contrôlé par le gouvernement élu.
  •      Territoire contrôlé par les Houthis.
  •      Territoire contrôlé par AQPA
  •      Zone désertique

Après leur révolte contre le gouvernement, les rebelles houthistes contrôlent l'ensemble du gouvernorat de Saada, le gouvernorat d'Al Jawf, celui d'Amran et le gouvernorat de Hajjah. Ils contrôlent également une partie de la capitale Sanaa, une partie du gouvernorat d'Al Mahwit et le village de Jabira en Arabie séoudite.

En 2015, les Houthistes ont développé vers le sud leur contrôle de ces territoires et ont accès à la Mer Rouge.

Relations avec Al-Qaïda[modifier | modifier le code]

Bien que les deux groupes veuillent renverser le gouvernement actuel, ils ne partagent pas les mêmes objectifs et ne s'entendent pas.

Alors que le mouvement chiite veut réinstaurer l'« imamat zaydite du Yémen », Al-Qaïda, organisation d'obédience sunnite, veut appliquer sa version stricte de l'Islam Kharijites Takfiri et à terme mener le Jihad contre les pays alentours.

C'est pourquoi des heurts entre rebelles houthistes et les partisans d'Al-Qaïda dans la péninsule Arabique se produisent régulièrement.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (en) Disappearances and arbitrary arrests in the armed conflict with Huthi rebels in Yemen, Human Rights Watch, New York, 2008, 46 p. (ISBN 1564323927)
  • Samy Dorlian, La mouvance zaydite dans le Yémen contemporain : une modernisation avortée, l'Harmattan, Paris, 2013, 254 p. (ISBN 978-2-343-00788-5) (texte remanié d'une thèse de science politique)
  • (en) Barak A. Salmoni, Bryce Loidolt et Madeleine Wells, Regime and Periphery in Northern Yemen: The Huthi Phenomenon, Rand Corporation, 2010, 410 p. (ISBN 9780833049742)
  • (en) Christoph Wilcke et Gerry J. Simpson, All quiet on the northern front? : uninvestigated laws of war violations in Yemen's war with Huthi rebels, Human Rights Watch, New York, 2010, 54 p. (ISBN 9781564326072)

Articles connexes[modifier | modifier le code]