Insurrection houthiste au Yémen

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Insurrection houthiste au Yémen
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Informations générales
Date en cours

(11 ans 2 mois et 17 jours)

Lieu Gouvernorat de Sa'dah, Yémen puis Nord-Ouest du Yémen et frontière saoudienne
Issue En cours
Belligérants
Drapeau du Yémen Yémen
Flag of Saudi Arabia.svg Arabie saoudite
Logo of the Yemeni Congregation for Reform (al-Islah).svg Milice d'al-Islah

(Depuis 2015) :
Drapeau du Qatar Qatar
Drapeau du Koweït Koweït
Drapeau de Bahreïn Bahreïn
Drapeau des Émirats arabes unis Émirats arabes unis
Drapeau de l'Égypte Égypte
Drapeau de la Jordanie Jordanie
Drapeau du Maroc Maroc
Drapeau du Soudan Soudan
Houthis Logo.png Comité révolutionnaire

Soutien :
Drapeau de l'Iran Iran[1],[2]

Commandants
Ali Abdallah Saleh (jusqu'en 2012)
Abd Rabo Mansour Hadi
Ali Muhammad Mujawar
Ali Mohsen al-Ahmar
Amr Ali Mousa Al-Uuzali
Ali Salem al-Ameri
Ahmed Bawazeir
Hussein Badreddin al-Houthi
Abdul-Malik al-Houthi
Yahia Badreddin al Houthi
Houthis Logo.png Mohammed Ali al-Houthi
Forces en présence
30 000 2 000 à 10 000[3]
Pertes
1 000 tués[4]
100 capturés[5]
133 Saoudiens tués, 6 disparus
3 700 - 5 500 tués[6]
Troisième guerre du Yémen

L'insurrection houthiste au Yémen, initialiement appelée guerre de Sa'dah, débute en 2004 au sein du gouvernorat de Sa'dah au nord-ouest du pays. Cette insurrection est un des conflits de la troisième guerre du Yémen. Elle est la conséquence du sentiment de marginalisation ressenti par la communauté chiite houthis, dirigée par son leader Abdul-Malik al-Houthi. Cette insurrection, soutenue par l'Iran, est à l'origine du coup d'État de 2015 ayant visé le président Abd Rabo Mansour Hadi, élu à la place du président Ali Abdallah Saleh. Ce dernier avait été également renversé à la suite de la révolution yéménite en 2011.

En mars 2015, une coalition de plusieurs pays arabes et africains sunnites dont l'Arabie saoudite débute de nombreuses frappes aériennes face à l'avancée des rebelles houthis, contrôlant la capitale Saana et menaçant Aden. Cette insurrection devient alors un conflit par procuration entre l'Arabie saoudite et l'Iran.

Contexte[modifier | modifier le code]

La ville de Sa'dah

Les houthistes se plaignent d’avoir été marginalisés par le gouvernement sur le plan politique, économique et religieux, et demandent le rétablissement du statut d’autonomie dont ils bénéficiaient avant 1962.

Issus du courant religieux chiite zaydite[7], les houthistes sont présents sur les hauts plateaux yéménites et notamment la province de Saada, et présentent de nombreuses différences au niveau du dogme par rapport aux chiites duodécimains iraniens[7]. De plus, ils partagent de nombreuses interprétations religieuses avec la majorité sunniste chaféite[7].

Au cours de la guerre civile des années 1960, la province a largement soutenu les royalistes[7]. Après la défaite de ceux-ci, elle a donc très peu profité des différentes politiques de développement économique[7]. La région a ensuite vu l'irruption de nouveaux courants religieux sunnites très rigoristes comme le salafisme et le wahhabisme[7]. Cela va entraîner un regain du zaydisme à partir des années 1980 dans son berceau traditionnel de la province de Saada[7].

Ainsi, les zaïdites se retrouvent à rebours du reste de la population qui voit ses rites unifiés sous l'impulsion du gouvernement central[7]. Malgré l'implication des zaïdites au niveau du pouvoir central yéménite, le président Ali Abdallah Saleh étant lui-même de cette confession, ils sont progressivement stigmatisés, notamment par les Salafistes[7]. Pour faire face à ce qui est ressenti contre un ensemble de discriminations, les houthistes demandent donc une autonomie accrue[8]. Ils représentent, en 2007, 30 % environ des 22,2 millions de Yéménites qui sont en majorité sunnites.

Selon Samy Dorlian, enseignant à l'Institut d'études politiques d'Aix-en-Provence, l'origine du soulèvement remonte au 17 janvier 2002 lorsque dans la province de Saada, Hussein al-Houthi, député de 1993 à 1997 du Hizb el-Haq, la principale expression organisationnelle du renouveau zaïdite, donne une conférence dans laquelle il incite ses compatriotes à combattre l'hégémonie américaine sur le monde arabe et musulman. Les autorités yéménites, engagées depuis le 11 septembre 2001 dans le partenariat de lutte anti-terroriste avec les États-Unis, ont récusé cette démarche et en conséquence, procédé à des centaines d'arrestations[9].

Les rebelles affirment être victimes de discrimination religieuse de la part d'intégristes sunnites qui ont gagné en influence en raison des liens entretenus par le président Ali Abdallah Saleh avec l'Arabie saoudite[10] tandis que le gouvernement déclare que ceux-ci veulent établir un État religieux chiite.

Selon le département d'État des États-Unis, le gouvernement du Yémen, dans un effort pour freiner l'extrémisme et à accroître la tolérance, surveille les prêches incendiaires des mosquées et les déclarations menaçantes politiques et utilise la police et les agences de renseignement pour surveiller les activités des organisations islamiques liées à des organisations internationales[11].

Ce pays est confronté régulièrement à des vagues de violence politique depuis l'indépendance de la République démocratique populaire du Yémen et de la République arabe du Yémen dans les années 1960, ces États étant unis depuis le dans l'actuel Yémen mais des mouvements séparatistes sont toujours présent (une guerre civile ayant éclaté en 1994) tandis que l'organisation terroriste Al-Qaïda est active dans l'est du pays visant entre autres les touristes étrangers[12]. La révolte yéménite de 2011 pousse le président Ali Abdallah Saleh à signer un accord le 23 novembre 2011 le contraignant à quitter son poste[13].

Point de vue des gouvernements yéménite et saoudien[modifier | modifier le code]

Le gouvernement central de Sanaa et l'Arabie saoudite tiennent à présenter la rébellion comme un groupe soutenu par l'Iran, au même titre que le Hezbollah libanais[7],[8]. Il les accuse aussi de vouloir restaurer l'imamat zaydite disparu en 1962 via un trafic d'armes par l'Érythrée soutenu par l'Iran[7],[8]. L'Iran chercherait ainsi à affaiblir ces pays producteurs de pétrole pour sécuriser ses propres exportations, face à la menace d'embargo américaine[14]. Cela a pour but de chercher à obtenir le soutien de l'Arabie saoudite[7],[15]. De plus, d'un point de vue historique, comme pour le reste des Yéménites Sunnites, les Houthistes revendiquent les régions Saoudiennes de Najran, et de l'Asir, ou déjà, une grande partie de la population Chiite ou Sunnite se dit plus proche du Yémen, que de l'Arabie Saoudite, car avant 1934, ces provinces étaient des parties intégrantes du Yémen.

Point de vue de l'Iran[modifier | modifier le code]

L'Iran voit dans ce conflit une « attaque des Arabes sunnites contre les Arabes chiites »[16] et son chef d'état-major parle de terrorisme d'État[17].

Autres intérêts mis en jeu[modifier | modifier le code]

De nombreux intérêts économiques ou politiques se superposent désormais au conflit.

Tout d'abord, le commerce des armes et du carburant est devenu particulièrement lucratif dans une région voisine à la corne de l'Afrique[7]. Les armes destinées à l'armée sont ainsi régulièrement détournées par les officiers et illégalement exportées[7]. Une partie termine même entre les mains de la rébellion[7].

Politiquement, le conflit attise aussi les luttes de succession entre le fils du président et différents militaires de premier plan[7]. Différents clans cherchent donc à s'emparer des ressources économiques du nord du pays ou à montrer leur force[7].

Enfin, le conflit se superpose aux conflits tribaux du nord du pays depuis que le gouvernement a cherché à recruter des alliés parmi les tribus locales[7]. Ces solidarités tribales contribuent à entretenir le conflit via des cycles de violences et de vengeances[7]. Ainsi, les deux principales confédérations tribales ont plus ou moins choisi un camp et soutiennent soit le gouvernement (plutôt le cas des Hached) soit les rebelles (plutôt le cas des Bakil)[7]. Ces luttes tribales tendent à se développer dans tout le Nord du pays[7].

Forces en présences[modifier | modifier le code]

Gouvernement[modifier | modifier le code]

L'amiral William J. Fallon (en), commandant le U.S. Central Command visitant une installation d'entraînement de l'armée yéménite à Sana'a le 17 juillet 2007.
Garde d'honneur de la police rendant les honneurs militaires à l'amiral Fallon le 18 juillet 2007.

Le budget de la défense est en augmentation depuis le début du XXIe siècle pour faire face aux multiples problèmes sécuritaires et représente en 2006 environ 6 % du produit national brut soit entre 846 millions et 1,1 milliard de dollars américains (soit 40 % du budget de l'État) contre 540 millions en 2001. En septembre 2007, le gouvernement a annoncé le rétablissement du service militaire obligatoire qui avait été aboli en 2001.

Les effectifs des forces armées yéménites gouvernementales en 2007 sont estimés à 60 000 hommes pour l'armée de terre, 5 000 pour la force aérienne et 1 700 pour la marine de guerre. Leur matériel, d'origine principalement russe, est relativement ancien et peu entretenu.

La principale force de sécurité intérieure est l'organisation de sécurité politique comprenant 150 000 personnes dépendant du ministère de l'Intérieur et relevant directement de la présidence.

50 000 membres de cette organisation sont organisés en forces paramilitaires qui concerne également 20 000 membres des tribus.

Entre 2002 et 2008, le Yémen a reçu 69 millions de dollars d'aide militaires des États-Unis qui ont également formé 496 militaires yéménites dans le cadre du programme International Military Education and Training (en) (IMET). Il a été allégué en janvier 2010 qu'une aide de 70 millions de dollars soit versée en 18 mois[18].

Houthis[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Houthis.

Chronologie[modifier | modifier le code]

Début de la rébellion en 2004[modifier | modifier le code]

La guerre commence en 2004 après que les forces gouvernementales ont tué ou capturé les principaux chefs houthistes[8]. Les premiers combats ont lieu de juin à août 2004 et causent de 80 à 600 tués[19]. En septembre, le chef rebelle, Hussein al-Houthi, est tué[19]. Il est remplacé par son frère Abdul Malik al-Houthi[19]. Près de 600 hommes sont cependant capturés ou arrêtés suite à ces combats[19].

2005[modifier | modifier le code]

Un calme précaire règne alors jusqu'en mars-avril 2005 où les combats reprennent et font près de 200 tués[19]. Cependant, en mai intervient la première tentative pour mettre fin au conflit. Le président yéménite propose de pardonner les rebelles en échange de la fin du conflit[19].

En mai 2005, les rebelles ont rejeté une offre d'une grâce présidentielle par le président Ali Abdallah Saleh après leurs conditions ont été refusées par le gouvernement et les affrontements mineurs ont continué[19]. Au 21 mai, le gouvernement a publié des estimations de l'impact de la rébellion, en annonçant qu'elle était responsable de 552 décès, 2 708 blessés, et plus de 270 millions de dollars de dommages et intérêts économiques.

Malgré quelques petits accrochages, les progrès semblent réels et les 600 prisonniers faits en 2004 sont libérés au cours du mois de mars 2006[19],[20].

2006[modifier | modifier le code]

En mars 2006, le gouvernement yéménite a libéré plus de 600 combattants chiites capturés. Il n'y a pas de données en ce qui concerne les pertes en 2006, mais il a été écrit qu'elles sont sensiblement inférieures à celles de l'année précédente.

La situation se dégrade de nouveau à partir de l'élection présidentielle de septembre 2006.

2007[modifier | modifier le code]

De nouveaux combats ont lieu en janvier-mars 2007 avant de déboucher sur un troisième cessez-le-feu en juin. Celui-ci est rompu en janvier 2008[19] alors que le pays est parcouru par de nombreuses manifestations

Le 10 février 2007, le Parlement donne son accord au gouvernement pour qu'il réprime l'insurrection. Au 15 octobre 2007, les autorités yéménites annoncent la mort de 290 rebelles et de 132 militaires, au moins 2 européens sont morts dans des combats[21].

Tentatives de médiation du Qatar (2007-2008)[modifier | modifier le code]

Diverses tentatives de médiation ont été menées pour apaiser le conflit. La plus notable est celle du Qatar entre 2007 et 2008[7]. Un cessez-le-feu fut signé en juin 2007 mais rompu, peut-être à cause de l'Arabie saoudite qui souhaite conserver son influence sur son petit voisin[7].

Des combats sporadiques perdurent cependant pendant la période, notamment les 5 et 6 avril 2008[22].

2009[modifier | modifier le code]

Les 11 et 12 août 2009, les combats reprennent entre l'armée qui déclenche l'opération Terre brûlée et la rébellion. Quant aux déplacés, l'ONU estime début décembre 2009 à 175 000[23] le nombre de réfugiés depuis 2004 ; en septembre 2009, il était estimé à 150 000 dont 55 000 depuis août 2009[24].

L'armée de l'air a perdu trois avions lors des opérations[25].

Abdul-Malik al-Houthi, dirigeant de la rébellion, est annoncé par les autorités yéménites tué dans un raid aérien en décembre 2009 puis gravement blessé mais cela est démenti par le mouvement Saadiste[26].

Après l'attentat manqué sur un avion à destination de Detroit en décembre 2009, les soupçons américains s'orientent vers le Yémen et relancent l'intérêt pour le pays. En effet, les autorités américaines soupçonnent des cellules d'Al Qaïda de s'y cacher[27]. Cela pourrait influer sur le conflit en cours dans le nord du pays.

Intervention de l'Arabie saoudite et de l'Iran[modifier | modifier le code]

Le 4 novembre 2009, les rebelles yéménites ont pris le contrôle d'une section montagneuse dans la région frontalière de Jabal al-Dukhane[28] et abattent un officier de sécurité saoudien dans une attaque. En réponse à ces actes, l'Arabie saoudite lance des frappes aériennes à partir du sur les rebelles dans le Nord du Yémen et déplace ses troupes près de la frontière[29]. Le gouvernement saoudien a déclaré que l'armée de l'air saoudienne avait seulement bombardé les positions des rebelles yéménites, qui avaient saisi une zone frontalière à l'intérieur du royaume saoudien, maintenant reprise ; les pertes saoudiennes s'élèvent au 9 novembre, selon le ministère de la Défense de ce royaume à trois militaires saoudiens tué, 15 autres ont été blessés, 4 disparus et 4 civils saoudiens tués, tandis que la presse locale annonce 155 rebelles prisonniers[30].

Le mardi 10 novembre, la marine saoudienne établit, avec la coopération du gouvernement du Yémen, un blocus des côtes du Nord-Yémen[31] la rébellion déclare avoir pris « le plein contrôle du directorat de Qatabar » proche de la frontière saoudienne[32].

Le 16 novembre 2009, le Conseil des ministres saoudien annonce que ses forces contrôlaient totalement la frontière avec le Yémen et ont repoussé les insurgés[33] . Ceux-ci ont demandé l'intervention de la Ligue arabe[34].

Le 22 novembre, une tentative de prise de contrôle par les insurgés du port de Medi, limitrophe de la frontière avec l'Arabie saoudite, se situant dans le gouvernorat de Hajjah, a été repoussée[35].

Le 23 novembre 2009, le chef de la marine iranienne annonce le déploiement le long des côtes yéménites de mini-submersibles en plus des quatre navires de guerre déjà présents, tandis que l'US Navy surveille de près ces évolutions et aide la marine saoudienne à bloquer le trafic d'armes [36].

Des vidéos diffusées alors sur Internet et tournées par les insurgés, montrent qu'ils ont capturé plusieurs militaires saoudiens ainsi que du matériel et des véhicules, lors de l'attaque d'un poste militaire[37] .

Des médias parlent de l'intervention d'unités de l'armée jordanienne[38] et de l'armée marocaine auprès des Saoudiens, mais il n'y pas confirmation officielle de ces allégations[39].

Au , le bilan officiel des pertes saoudiennes fait état de 73 militaires tués, 26 disparus (dont 12 présumé tués), 470 blessés dont 60 hospitalisés à cette date.

Un village saoudien, Al-Jabiria, reste à cette date sous le contrôle de rebelles yéménites[40].

2010[modifier | modifier le code]

  • Janvier 2010 : violents accrochages entre rebelles et tribus pro-gouvernementales[41],[42].
  • 23 janvier 2010 : le bilan des pertes de l'armée saoudienne est à cette date d'au moins 133 morts et six disparus[43].
  • 25 janvier 2010 : la rébellion annonce qu'elle s'est retiré du territoire saoudien[44] mais des combats sporadiques continuent.
  • 31 janvier 2010 : le gouvernement yéménite refuse l'offre de cessez-le-feu de la rébellion qui ne spécifie pas l'arrêt des attaques contre l'Arabie saoudite[45].
  •  : cessez-le-feu à 21H00 GMT après l'acceptation par la rébellion des six points demandés par le gouvernement : Les rebelles sont ainsi tenus d'« observer un cessez-le-feu, d'ouvrir les routes, de déminer et évacuer les hauteurs », « de se retirer des bâtiments publics », « de restituer les biens publics et les armes saisies », « de libérer les détenus civils et militaires, y compris les Saoudiens », « de respecter la loi et la Constitution » et « de ne plus agresser » l'Arabie saoudite[46]. Plusieurs incidents ont encore eu lien vendredi 12, 5 prisonniers de guerre saoudiens doivent être libéré samedi 13.
  • Fin avril, le cessez-le-feu tient malgré quelques incidents isolé[47] et on signale une cyberattaque contre le site internet Houtiste de la part d'un groupe saoudien[48].
  • En juillet, des combats recommencent formant ce que l'on appelle la 6e guerre. Plus de 300 militaires gouvernementaux ont été fait prisonniers qui seront libérés entre fin juillet et début août[49].
  • Le , la marine de Djibouti aurait, selon ce qui semble être un acte de propagande des médias gouvernementaux yémenites, arraisonné un cargo transportant de grandes quantités d’armes dont 400 fusils de précisions destiné à la rébellion livré par Israël[50].

2011[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Révolution yéménite.

En mars 2011, dans le sillage des contestations dans le monde arabe et des protestations yéménites de 2011, des combats ont fait une vingtaine de morts lorsque des rebelles chiites ont pris le contrôle d'une installation militaire lors de combats contre des combattants pro-gouvernementaux[51]. Les zaïdites prennent le contrôle de plusieurs districts de la province d'Al-Jawf. Le 22 mars, les rebelles houthistes reprennent le contrôle de Saada, alors qu'un cessez-le-feu avait été proclamé en 2010. Les rebelles bénéficient de la non-intervention de l'armée, commandée dans la région nord-ouest par Ali Mohsen, et qui a lui aussi rejoint la révolution. Ils purgent immédiatement la ville de leurs ennemis, faisant des dizaines de morts, dynamitent les biens immobiliers du cheikh Majali, allié du président Saleh[52].

Le 24 mars, la police de Dubaï annonce avoir déjoué une tentative d'envoyer 16 000 pistolets de Turquie vers le nord du Yémen, contrôlé par la rébellion chiite, via les Émirats arabes unis[53].

2012[modifier | modifier le code]

Le , le président Ali Abdallah Saleh quitte le pouvoir et le pays. Abd Rabo Mansour Hadi est élu à sa place.

2013[modifier | modifier le code]

Le 23 janvier 2013, les autorités yéménites saisissent un navire iranien avec, dissimulée à bord, une grande quantité d'armes dont des missiles anti-aériens, venant de ce pays[54].

2014[modifier | modifier le code]

Entre le 16 et 22 septembre 2014, au moins 200 personnes meurent à Sanaa dans le cadre du conflit[55]. Le 21 septembre, le gouvernement yéménite et les rebelles houthistes signent un accord visant à mettre fin à la crise politique alors que les rebelles avancent vers la capitale ; le Premier ministre Muhammad Basindawa démissionne, et conformément à l'accord, les rebelles nommeront un nouveau Premier ministre sous trois jours[56].

Le président nouveau président élu en 2012, Abd Rabbo Mansour Hadi, ne parvient pas à mettre en place les recommandations du dialogue national établi après la révolution populaire de 2011 et la chute d'Ali Abdallah Saleh. En septembre 2014, il est débordé par le mouvement chiite houthiste, venu de l'extrême nord du pays, et par certains éléments de l'armée

2015[modifier | modifier le code]

En janvier 2015, Abd Rabbo Mansour Hadi est contraint à la démission, lorsque les houthistes s'emparent du palais présidentiel. Il se réfugie en février à Aden, port stratégique du sud du pays, qui plonge dans les violences inter-confessionnelles et les attaques terroristes[57]. Il ne reste qu'un mois à Aden, avant de fuir vers l'Arabie saoudite[58].

Article détaillé : Opération Tempête décisive.

À partir du , la force aérienne royale saoudienne, avec l'appui de plusieurs pays sunnites dont l'Égypte et les membres du Conseil de coopération du Golfe excepté Oman, effectue des frappes aériennes sur de nombreuses positions houthis dans l'ouest du pays, dont l'aéroport international El Rahaba et le palais présidentiel de Sanaa[59]. L'ambassadeur saoudien à Washington précise que « l'opération vise à défendre le gouvernement légitime du Yémen et à empêcher le mouvement radical houthi (soutenu par l'Iran) de prendre le contrôle du pays »[60]. Les États-Unis déclarent également fournir un soutien en logistique et en renseignement aux opérations[61]. Selon la chaîne de télévision Al Arabiya basée à Dubaï, le royaume saoudien engage dans cette opération une centaine d'avions de guerre et plusieurs dizaines de milliers de soldats[59].

Le 21 avril 2015, la coalition arabe dirigée par Ryad annonce mardi la fin de l'opération Tempête décisive[62], mais les frappes aériennes reprennent dès le lendemain[63].

Le 30 avril, les miliciens chiites et les loyalistes ont multiplié les tirs de mortier et de chars dans le quartier de Khor Maksar, proche de l'aéroport. Tandis que les avions de la coalition pilonnaient les positions des assaillants. Six rebelles houthis et deux miliciens locaux ont trouvé la mort, selon des habitants[64].

Le 3 mai, entre 40 et 50 soldats des forces spéciales de la coalition internationale conduite par l’Arabie saoudite sont déployés à Aden dans le sud du pays[65]. Par ailleurs, l’association Human Rights Watch publie des photos de bombes à sous-munitions utilisées selon elle par l’Arabie saoudite et fournies par les États-Unis. Ces engins sont interdits par un traité international de 2008 approuvé par 116 pays, mais dont Riyad et Washington ne sont pas signataires[65].

Le 5 mai, des rebelles houthis pénètrent pour le première fois en territoire saoudien et attaque la ville de Najran[66]. Au moins deux civils sont tués et cinq soldats saoudiens sont fait prisonniers[66].

Le 27 juin, les rebelles houthis bombardent à l'aide d'artillerie le port d'Aden afin de repousser un navire humanitaire qatari, contraint de faire demi-tour[67].

En juillet, les forces gouvernementales pro-Hadi reprennent peu à peu le contrôle d'Aden et de son aéroport international, à la faveur d'un accroissement de l'aide saoudienne et de ses alliés dans le grand port du Sud[68].

Début août, le chef du gouvernement en exil Khaled Bahah effectue une visite de quelques heures à Aden avant de quitter le pays[69].

Début septembre, 45 soldats des Emirats arabes unis sont tués dans l'explosion d'un entrepôt de munitions d'une base militaire dans la province de Marib, à l'est de Sanaa[70].

Bilan[modifier | modifier le code]

En février 2010, le journal français Le Monde estime que la guerre du Saada a fait environ 10 000 morts, dont 130 soldats saoudiens[71].

Une mesure d'amnistie de 2 000 prisonniers partisans des rebelles chiites ainsi que de 800 détenus sudistes est annoncée le vendredi 21 mai 2010[72].

Enfants soldats[modifier | modifier le code]

L'UNICEF et d'autres organisations dénoncent l'utilisation d'enfants-soldats par l'insurrection.

Une ONG locale rapporte le 22 février 2010 qu'au moins « 187 enfants ont été tués, 402 exploités comme soldats par les Houthis, et 282 autres recrutés par des milices locales pro-gouvernementales. »[73]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Le Figaro : Yémen : des rebelles chiites s'emparent du palais présidentiel
  2. http://www.lemonde.fr/proche-orient/article/2015/03/26/l-arabie-saoudite-intervient-militairement-au-yemen-pour-contrer-l-iran_4601876_3218.html
  3. (en) Pity those caught in the middle, 19 novembre 2009, The Economist
  4. http://www.yemenpost.net/Detail123456789.aspx?ID=3&SubID=1151&MainCat=3
  5. http://news.bbc.co.uk/2/hi/middle_east/country_profiles/8234743.stm
  6. (en) « Armed Conflicts Report Yemen (2004 - first combat deaths) » (ArchiveWikiwixArchive.isGoogleQue faire ?), sur Projet Ploughshares
  7. a, b, c, d, e, f, g, h, i, j, k, l, m, n, o, p, q, r, s, t, u, v et w Pierre Bernin, « Les Guerres cachées du Yémen », Le Monde diplomatique, septembre 2009.
  8. a, b, c et d « Yemen rebels 'down fighter jet », BBC News, 9 novembre 2009, BBC NEWS | Middle East | Yemen rebels 'down fighter jet'
  9. Nicolas Falez, « Crise interne ou conflit régional ? », sur RFI,‎
  10. (fr) Reuters, « Un avion de l'armée yéménite s'écrase au combat dans le Nord », sur http://www.aerocontact.com/,‎ (consulté le 10 novembre 2009)
  11. (en) Library of Congress – Federal Research Division, « COUNTRY PROFILE: YEMEN », sur http://lcweb2.loc.gov/frd/, Bibliothèque du Congrès,‎ (consulté le 10 novembre 2009)
  12. « Incertitudes sur le sort d'un otage japonais au Yémen » (ArchiveWikiwixArchive.isGoogleQue faire ?), 23 novembre 2009
  13. « Yémen: le président Saleh signe l'accord de transfert du pouvoir », sur L'Express,‎ (consulté le 23 novembre 2011)
  14. Antoine Basbous, « Guerre par procuration au Yémen, un État failli », Le Monde, 24/11/2009
  15. « Le ton monte avec Téhéran à propos du Yémen », Courrier international,‎ (lire en ligne)
  16. Jean-Louis Dufour, « Yémen : «Drôle de guerre» ou guerre ordinaire ? », L'Économiste,‎ (lire en ligne)
  17. « Yémen : l'Iran répond à l'Arabie saoudite » (ArchiveWikiwixArchive.isGoogleQue faire ?), Le Nouvel Observateur, novembre 2009
  18. (en) Thalif Deen, « US push feeds Yemen's gun culture », Asia Times,‎ (lire en ligne)
  19. a, b, c, d, e, f, g, h et i BBC News, Timeline: Yemen, BBC News - Yemen - Timeline
  20. BBC News, Yemen frees 600 Shia insurgents, BBC NEWS | Middle East | Yemen frees 600 Shia insurgents
  21. AFP, « Un musulman français tué en combattant au Yémen », Le Figaro,‎ (lire en ligne)
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Liens externes[modifier | modifier le code]