Guérilla en Ciscaucasie

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Guérilla en Ciscaucasie
Dmitri Medvedev parlant avec Alexandre Bortnikov, le chef du FSB à propos de mesures anti-terroristes en Tchétchénie en 2009.
Dmitri Medvedev parlant avec Alexandre Bortnikov, le chef du FSB à propos de mesures anti-terroristes en Tchétchénie en 2009.
Informations générales
Date 2000 - ?
Lieu Russie - Ciscaucasie
Issue En cours
Belligérants
Drapeau de la Russie Russie Flag of the Caucasian Emirate.svg Émirat du Caucase
Flag of Jihad.svg Moudjahidines
Commandants
Drapeau de la Russie Dmitri Medvedev
Drapeau de la Russie Vladimir Poutine
Drapeau de la Russie Anatoli Serdioukov
et autres...
Flag of the Caucasian Emirate.svg Dokou Oumarov
Flag of the Caucasian Emirate.svg Ali Abu Mukhammad
(principalement)
Forces en présence
inconnues 600 insurgés (source russe de janvier 2013[1])
Pertes
961-978 tués
2 020-2 384 blessés
(2009-2013)
1 755 tués et 1 632 capturés
(2009-2014)

La guérilla en Ciscaucasie continue malgré la fin de la Seconde guerre de Tchétchénie, c'est-à-dire depuis les années 2000. Elle comprend ainsi de nombreux actes terroristes, perpétrés en Tchétchénie et dans les républiques voisines de Daghestan, d'Ingouchie, de Kabardino-Balkarie et d'Ossétie-du-Nord-Alanie. L'insurrection a suscité par ailleurs des craintes quant au bon déroulement des Jeux olympiques d'hiver de 2014 se tenant à Sotchi[2].

Contexte[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Seconde guerre de Tchétchénie.

Immédiatement après la fin des opérations militaires majeures du second conflit tchétchène, le président russe Vladimir Poutine réaffirma les bases de la nouvelle politique de Moscou en Tchétchénie : transfert du maintien de l’ordre à la milice locale, élection d’un président et d’un parlement au suffrage universel, traité de délimitation des pouvoirs entre la Fédération de Russie et la République de Tchétchénie et reconstruction. Environ 7 000 combattants (selon les sources russes, cependant le gouvernement tchétchène nie toutes ces affirmations) ont été amnistiés. Mais malgré les assurances de normalisation de la part du Kremlin, quelques groupes de combattants séparatistes et islamistes armés n'ont pas déposé leurs armes et continuent toujours, de façon sporadique, à mener des actes de résistance.

Événements[modifier | modifier le code]

Le , un hélicoptère Mil Mi-26 russe est abattu près de Khankala à l'est de Grozny par un missile 9K38 Igla tiré par les séparatistes tchétchènes et s'écrase dans un champ de mines, résultant en la mort de 127 soldats à bord, considérée comme la plus grosse catastrophe aérienne qu'ait subie l'armée russe[3],[4]. Deux jours plus tard, une journée de deuil national est décrétée par le président Vladimir Poutine[5].

En 2005, plus de 200 combattants indépendantistes ont été désarmés, selon le chef du FSB, Nikolaï Patrouchev. La mort d'Aslan Maskhadov le a porté un coup dur à la logistique des rebelles. Les attaques contre les forces fédérales prennent de plus en plus un caractère sporadique et moins coordonné. Dans le même temps, des groupes armés islamistes lancent en octobre une attaque terroriste contre Naltchik, capitale de la république de Kabardino-Balkarie, faisant une centaine de morts. Selon la déclaration du président tchétchène Alou Alkhanov faite le , la diminution sensible des activités des combattants atteinte en 2005 grâce, notamment, à la neutralisation de leurs chefs, permettrait maintenant de réduire encore les effectifs des forces fédérales russes dans la république, les organes de l'ordre locaux étant dorénavant aptes à garder la situation en Tchétchénie sous leur contrôle.

Après la mort de Sadoullaïev, Dokou Oumarov devient le chef du mouvement séparatiste. En dépit de la mort de plusieurs chefs indépendantistes, les affrontements entre les forces de l'ordre - troupes russes ou milices locales - et la rébellion restent fréquents. Selon une source proche de l'État-major régional des Forces fédérales, il y aurait encore entre 1 000 et 1 500 combattants séparatistes en activité. En mai 2006, les forces tchétchènes du gouvernement pro-fédéral découvrent le quartier général d'Oumarov dans un bunker dans le village d’Assinovskaïa, mais celui-ci parvient à s'échapper[6].

Le , le régime d'opération dit antiterroriste en vigueur en Tchétchénie depuis 1999 a été levé[7].

Le , une opération des forces russes en Ingouchie fait 17 morts parmi les rebelles caucasiens. Dokou Oumarov est cité comme l’une des potentielles victimes[8]. Dokou Oumarov lui-même dément cette affirmation dans un appel téléphonique à Radio Free Europe[9]. Sa mort est toutefois confirmée par un communiqué publié en mars 2014 par l'Émirat du Caucase, sans donner toutefois de précisions sur le lieu et les circonstances de son décès. Sa disparition avait été évoquée une première fois en janvier 2014, quelques semaines avant les Jeux Olympiques de Sotchi, par Ramzan Kadyrov, qui affirmait avoir la certitude que le chef des rebelles caucasiens était mort[10]. Le 18 mars 2014, Ali Abou Muhammad al Dagestani se présente comme son successeur officiel à la tête de l'Émirat du Caucase. Le 8 avril 2014, le FSB confirme la mort d'Oumarov, indiquant que ce dernier a été tué au cours d'une opération militaire[11].

La Ciscaucasie reste, en 2012, la zone des conflits armés les plus meurtriers d'Europe. En 2011, on y compte 750 morts et au moins 628 blessés (forces de sécurité, insurgés et civils) et, du 1er janvier au , 516 morts et 397 blessés[12].

Le Ministère de l'Intérieur russe affirme que 399 actes terroristes ont été commis en 2013, dont 242 au Daghestan[13].

Dans la nuit du 3 au , 24 personnes sont tuées dans une attaque perpétrée par des insurgés islamistes à Grozny, dont 14 membres des forces de sécurité et 10 insurgés selon Ramzan Kadyrov[14]. L'attaque a été revendiquée par l'Émirat du Caucase. Il s'agit de l'attaque la plus meurtrière depuis celle menée contre le parlement de Grozny en 2010[15].

Pertes[modifier | modifier le code]

Année Tués Blessés
2010 754[16] 956[16]
2011 750[17] 628[17]
2012 700[18] 525[18]
2013 529[19] 457[19]

Attentats en lien avec l'insurrection[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. http://de.ria.ru/politics/20130125/265394634.html
  2. (en) FEATURE-Caucasus insurgency casts pall over Russian Olympics, Reuters, 19 avril 2010
  3. (en) Chechen gets life for killing 127 Russian soldiers, The Guardian, 30 avril 2004
  4. (en) Russia outraged by Chechnya crash, BBC News, 20 août 2002
  5. (en) Russia to mourn helicopter dead, BBC News, 21 août 2002
  6. Chechnya’s Police Find Umarov’s Shelter
  7. (fr) URGENT Tchétchénie: levée du régime d'opération antiterroriste, RIA Novosti, 16 avril 2009
  8. « Le terroriste caucasien Oumarov est-il mort ? », RFI, 2 avril 2011.
  9. « Le chef rebelle du Caucase russe vivant » Le Figaro, 8 avril 2011.
  10. Tchétchénie : la mort de Dokou Oumarov confirmée par les islamistes Le Monde, 18 mars 2014
  11. La Russie confirme la mort de Dokou Oumarov Le Monde, 8 avril 2014
  12. (en) The North Caucasus : The challenges of integration (I) Ethnicity and conflit : Europe Report N°220, International Crisis Group,‎ , 45 p. (lire en ligne), p. 5
  13. http://de.ria.ru/politics/20131128/267373940.html
  14. Tchétchénie: 24 tués dans une attaque de rebelles islamistes à Grozny, L'Express, 4 décembre 2014
  15. Tchétchénie: l'Emirat du Caucause revendique un assaut à Grozny, RFI, 4 décembre 2014
  16. a et b « Инфографика. Статистика жертв на Северном Кавказе за 2010 год по данным "Кавказского узла". », Caucasian Knot,‎ (consulté le 4 février 2014)
  17. a et b « Инфографика. Статистика жертв на Северном Кавказе за 2011 год по данным "Кавказского узла". », Caucasian Knot,‎ (consulté le 4 février 2014)
  18. a et b « Инфографика. Статистика жертв на Северном Кавказе за 2012 год. », Caucasian Knot,‎ (consulté le 4 février 2014)
  19. a et b « Инфографика. Статистика жертв на Северном Кавказе в ноябре 2013 года по данным "Кавказского узла" », Caucasian Knot,‎ (consulté le 4 février 2014)