Guerre de Tripoli

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Guerre de Tripoli
Description de cette image, également commentée ci-après

Destruction de l'USS Philadelphia lors de la Seconde bataille navale du port de Tripoli.

Informations générales
Date -
Lieu Mer Méditerranée, côtes d'Afrique du Nord-Ouest
Issue Victoire Suédoise et Américaine
Belligérants
Drapeau des États-Unis États-Unis
Drapeau de la Suède Suède (1800-1802)
Bandiera del Regno di Sicilia 4.svg Royaume de Sicile[1],[2]
Flag of Tripoli 18th century.svg Régence de Tripoli
Flag of Morocco 1666 1915.svg Maroc (1802–04)[3]
Commandants
Richard Dale
Richard Valentine Morris
William Eaton
Edward Preble
Yusuf Karamanli
Forces en présence
13 frégates
4 goélettes
500 mercenaires arabes et grecs (bataille de Derna)
Nombreux volontaires
11-20 canonnières
Plusieurs croiseurs
4 000 soldats
Pertes
États-Unis :
35 tués
64 blessés
Mercenaires grecs et arabes:
Inconnues
≈ 800 morts
1,200 blessés à Derne
Nombreux navires et marins perdus

Batailles

Tripoli (1er) · Port de Tripoli (1er) · Tripoli (2e) · Port de Tripoli (2e) · Derna
Stephen Decatur abordant un navire tripolitain durant une bataille navale, 3 août 1804.
L'USS Enterprise (1799) combattant un navire tripolitain, par William Bainbridge Hoff, 1878

La guerre de Tripoli (en anglais Tripolitan War), aussi appelée première guerre barbaresque (First Barbary War) ou guerre de la côte barbaresques (Barbary Coast War), est la toute première guerre déclarée et engagée par les États-Unis d'Amérique après leur indépendance, et la première de leurs deux guerres contre les États du Maghreb, alors connus sous le nom d'États barbaresques (le sultanat indépendant du Maroc et les trois régences d'Alger, de Tunis et de Tripoli, provinces — dans les faits quasiment indépendantes — de l'Empire ottoman). Les raisons de cette guerre étaient les pirates barbaresques, qui saisissaient les navires marchands américains et tenaient les équipages en rançon, demandant ensuite aux États-Unis de payer un tribut aux dirigeants de Barbarie. Le président des États-Unis, Thomas Jefferson, a refusé de payer ce tribut ; en outre, la Suède était en guerre avec les Tripolites depuis 1800, ce qui engendra une guerre entre les deux nations[4][pas clair].

La guerre dure du au .

Contexte[modifier | modifier le code]

Les pirates barbaresque d'Alger, de Tunis, et de Tripoli étaient les fléaux de la méditerranée[5], capturant les navires marchands, et soumettent en esclavage, ou rançonnant les équipages. L'ordre trinitaire a opéré en France pendant des décennies avec la mission de collecter des fonds pour racheter les prisonniers de ces pirates. Selon Robert Davis, 1 250 000 Européens ont été capturés par les pirates barbaresques, et vendus en esclavage entre 1530, et 1780[6].

Des lettres et des témoignages divers par des marins capturés décrivent leur captivité comme une forme d'esclavage, même si l'emprisonnement de la côte de Barbarie était différent de celui pratiqué par les pouvoirs publics et américains de l'époque[7]. Les prisonniers de la côte de Barbarie ont pu obtenir richesses et biens, avec un statut supérieur à celui d'esclave. Un tel exemple était James Leander Cathcart, qui a atteint la plus haute position qu'un esclave chrétien pouvait réaliser en Algérie, devenant conseiller du bey[8]. Néanmoins, la plupart des captifs étaient sous la pression du travail au service des pirates, et ont lutté dans des conditions extrêmement difficiles, qui les ont exposés à la vermine et la maladie. A mesure que leurs témoignages atteignaient les États-Unis à travers des récits et des lettres de captifs libérés, les Américains forcèrent le gouvernement à lancer des expéditions contre les pirates qui harcelaient les navires Américains.

En Méditerranée, les nations d'Europe se voyaient dans l'obligation de payer un tribut aux États barbaresques (Tripoli, Tunis, Alger, Maroc) pour protéger leurs intérêts commerciaux sous peine de voir leurs navires attaqués par les corsaires barbaresques. À l'indépendance des États-Unis, les navires de commerce américains perdirent la protection de la Royal Navy. En 1783, Londres annonce que les navires américains ne sont plus sous sa protection. Les États-Unis cherchent alors la protection de la France (traditionnelle alliée des Turcs) et de la Hollande, mais elles la leur refusent[9].

En 1784, un navire américain, le Betsby, est capturé par des pirates marocains, son équipage est libéré après 6 mois de détention[10],[11]. En 1785, des pirates d'Alger capturent 2 navires américains : le Dauphin et le Maria. De 1786 à 1793 le Portugal fait la guerre aux États barbaresques, ce qui empêche toute nouvelle capture. En 1787, les Américains contactent l'ordre français des Mathurins connus pour ses négociations de rachats d'esclaves aux barbaresques depuis des siècles. Mais les pourparlers ne donnent rien : un seul Américain est libéré jusqu'en 1790, année de dissolution de l'ordre des Mathurins prononcée par la Révolution française. En 1793, le Portugal cesse sa guerre, et les États barbaresques continuent leur piraterie : 10 navires américains furent capturés pour la seule année 1793. Cette fois, les États-Unis réagissent : ils décident de payer le tribut, 2 millions de dollars de 1794 à 1800 pour libérer les équipages capturés, et signèrent différents traités (voir le traité de Tripoli, le traité de paix et d'amitié avec le bey d’Alger et celui avec le bey de Tunis).. Mais en même temps, il fut décidé par le Naval Act of 1794 de construire des navires de guerre pour protéger le commerce américain : 6 frégates, prévues pour 1800[12],[13].

Quand le bey de Tripoli augmenta le montant de la protection en demandant 225 000 dollars de plus — le budget fédéral s'élevait à 10 millions de dollars en 1800 —, la tension s'accrut et les États-Unis refusèrent de payer le tribut pour le passage de leurs navires en 1801. La flotte américaine était prête. Le dey de Tripoli incita alors ses alliés de Tunis et d'Alger à déclarer la guerre aux jeunes États-Unis qui semblaient lointains et encore fragiles[14].

La guerre[modifier | modifier le code]

Une escadre de l’United States Navy fut envoyée sur place. La nouvellement formé Mediterranean Squadron se composait de trois frégates et d'une goélette. Arrivée en juillet, elle bloqua Tripoli. La goélette Enterprise de l'United States Navy remporta le premier combat naval de Tripoli contre la polacre tripolitaine Tripoli le [15].

La frégate USS Philadelphia s'échoue contre un récif le 31 octobre 1803[16]. Son capitaine William Bainbridge doit se rendre et la frégate est capturée pour être intégrée à la flotte du pacha de Tripoli[17]. Le navire est ensuite détruit dans le port de Tripoli le 16 février 1804, à l'occasion d'un raid audacieux mené par l'Intrepid, un ketch tripolitain est capturé sous le commandement de Stephen Decatur[16].

Tripoli fut bombardée les 3, 7 et 25 août et le 3 septembre 1804[18].

Traité de paix et suites[modifier | modifier le code]

Par un traité signé le 4 juin 1805, les États-Unis furent libérés de l’obligation de payer tribut aux Tripolitains. À compter de cette date, une escadre américaine mouilla en Méditerranée en permanence, exception faite de la période de la guerre de Sécession, mais une seconde guerre éclata au printemps 1815 et une expédition navale fut menée par Decatur contre le dey d’Alger[réf. nécessaire].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) « Tripolitan War », Encyclopedia.com (from The Oxford Companion to American Military History), (consulté le 11 février 2017).
  2. (en) « War with the Barbary Pirates (Tripolitan War) », veteranmuseum.org (consulté le 11 février 2017).
  3. (en) Joseph Wheelan, Jefferson's War: America's First War on Terror 1801–1805, PublicAffairs, , 128– p. (ISBN 978-0-7867-4020-8, lire en ligne).
  4. (en) Woods, Tom, « Presidential War Powers: The Constitutional Answer », sur Libertyclassroom.com (consulté le 9 juillet 2014)
  5. Masselman, George. The Cradle of Colonialism. New Haven: Yale University Press, 1963. (OCLC 242863). p. 205. (inscription nécessaire) – via Questia
  6. Davis, Robert. Christian Slaves, Muslim Masters: White Slavery in the Mediterranean, the Barbary Coast and Italy, 1500–1800.[1]
  7. Rojas, 168–9.
  8. Rojas, 163
  9. Rojas, Martha Elena. "'Insults Unpunished' Barbary Captives, American Slaves, and the Negotiation of Liberty." Early American Studies: An Interdisciplinary Journal. 1.2 (2003): 159–86.
  10. Rojas, 176
  11. Battistini, Robert. "Glimpses of the Other before Orientalism: The Muslim World in Early American Periodicals, 1785–1800." Early American Studies: An Interdisciplinary Journal. 8.2 (2010): 446–74.
  12. Parton, James. "Jefferson, American Minister in France." Atlantic Monthly. 30.180 (1872): 405–24.
  13. Miller, Hunter. United States. "Barbary Treaties 1786–1816: Treaty with Morocco June 28 and July 15, 1786". The Avalon Project, Yale Law School.
  14. (en) Nathan Miller, The U.S. Navy: a history, Naval Institute Press, (ISBN 978-1-55750-595-8, lire en ligne), p. 46
  15. Tucker, Glenn. Dawn like Thunder: The Barbary Wars and the Birth of the U.S. Navy. Indianapolis, Bobbs-Merrill, 1963. (OCLC 391442). p. 293.
  16. a et b (en) « USS Philadelphia (1800-1803) », sur le Naval History and Heritage Command (consulté le 18 août 2014).
  17. « La première guerre barbaresque en Méditerranée », Orient XXI, 1er décembre 2014, consulté le 25 février 2017.
  18. Moulin 2003, p. 23.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (en) James Tertius De Kay, A rage for glory : the life of Commodore Stephen Decatur, USN, New York, Free Press, , 237 p. (ISBN 978-0-7432-4245-5)
  • (en) Joshua E. London, Victory in Tripoli : how America's war with the Barbary pirates established the U.S. Navy and built a nation, Hoboken, Wiley Pub., , 276 p. (ISBN 978-0-471-44415-2)
  • (en) Jean Moulin, L'US Navy : 1898-1945 du Maine au Missouri, t. 1, Rennes, Marines éditions, , 512 p. (ISBN 978-2-915379-02-0)
  • (en) David Smethurst, Tripoli : the United States' first war on terror, New York, Ballantine Books, , 308 p. (ISBN 978-0-89141-859-7)
  • (en) Joseph Wheelan, Jefferson's war : America's first war on terror, 1801-1805, New York, Carroll & Graf Publishers, , 414 p. (ISBN 978-0-7867-1232-8)
  • (en) Richard Zacks, The pirate coast : Thomas Jefferson, the first marines, and the secret mission of 1805, New York, Hyperion, , 432 p. (ISBN 978-1-4013-0003-6)

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]