Opération Serval

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Article détaillé : Intervention militaire au Mali.
Opération Serval

Pendant Guerre du Mali

Description de cette image, également commentée ci-après

Carte de l'extension maximale (courant janvier 2013) des territoires contrôlés par les rebelles touaregs et les islamistes (contour rose).

Localisation Drapeau du Mali Mali
Planifiée par Drapeau de la France France
Cible Ansar Dine Ansar Dine
Shabab MUJAO
Shabab AQMI
Date -
(1 an 6 mois et 21 jours)
Participant

Drapeau de la France François Hollande
(président de la République française)
Drapeau de la France Jean-Yves Le Drian
(ministre de la Défense)
Drapeau de la France Amiral Édouard Guillaud
(chef d'état-major des armées)
Drapeau de la France Général de brigade Grégoire de Saint-Quentin
Drapeau de la France Général de division Marc Foucaud (à partir du 11 août 2013
Drapeau de la France Général de brigade Bernard Barrera
(commandant des opérations terrestres
Drapeau de la France Colonel Laurent Rateau
(commandant de la composante aérienne)

Drapeau de la France Armée de l'air française

Drapeau de la France Marine nationale (Aviation navale)

Drapeau de la France Armée de terre

Drapeau de la France COS

Drapeau de la France DGSE

Drapeau de la France Direction du Renseignement militaire

Drapeau de la France Gendarmerie nationale[1],[2]

Issue Reconquête du nord du Mali avec l'armée malienne et les forces de la MISMA
Remplacée par l'opération Barkhane
Pertes 9 morts[3]
300 blessés

L'opération Serval est une opération militaire menée au Mali par l'armée française. Lancée en janvier 2013 et menée dans le cadre de l'intervention militaire au Mali, elle s'est achevée en juillet 2014. Les forces engagées dans le pays ont depuis intégré un dispositif régional, intitulé opération Barkhane.

L'opération a pour objectif de soutenir les troupes maliennes cherchant à repousser une offensive des groupes armés islamistes qui ont pris le contrôle de l'Azawad, la partie nord du pays. Les buts de cette intervention tels qu'exprimés par le président français, François Hollande, le sont d'arrêter l'avancée en direction de Bamako des forces djihadistes, sécuriser la capitale du Mali et permettre au pays de recouvrer son intégrité territoriale.

Contexte[modifier | modifier le code]

Depuis le , un conflit armé oppose dans le nord du Mali l'armée malienne aux rebelles touaregs du Mouvement national pour la libération de l'Azawad (MNLA) et au mouvement salafiste Ansar Dine, alliés à d'autres mouvements islamistes[4]. Le MNLA revendique l'autodétermination et l'indépendance de l'Azawad qui correspond aux trois régions maliennes de Kidal, Tombouctou et Gao[5]. Le gouvernement malien refuse ces revendications, défendant l'intégrité du territoire malien[6]. Le mouvement Ansar Dine de l'ancien combattant touareg Iyad ag Ghali défend, lui, l'instauration d'une république islamique avec l'application de la charia[7].

Le , François Hollande, président français reçoit le président Nigérien à l'Élysée pour discuter d'une intervention française et de la protection des exploitations française des mines d'uranium, au Niger, à la frontière avec le Mali[8],[9].

Forces engagées[modifier | modifier le code]

Forces spéciales[modifier | modifier le code]

Pucelle de la brigade Serval. Basé sur celui de la 3e brigade mécanisée avec sa devise : Un seul but, la victoire auquel a été rajouté la carte du Mali et les insignes d'armes ayant participé aux opérations au Mali en 2013.
Les hélicoptères Gazelle du 4e RHFS sont les premiers aéronefs français à cibler les colonnes jihadistes.
Troupes françaises à Bamako dans le cadre de l'opération Serval en 2013.

Les premières troupes françaises à intervenir sont celles des forces spéciales du COS prépositionnées au Sahel dans le cadre du dispositif Sabre qui se déploient dans le secteur de l'aéroport de Mopti-Sévaré[10].

Armée de terre[modifier | modifier le code]

Débarquement de soldats français à l'aéroport international de Bamako-Sénou depuis un C-17 américain le 23 janvier 2012.
Des véhicules français transportés au Mali à bord d'un avion C-17 américain, le 31 janvier 2013

Les forces spéciales sont rapidement renforcées par la projection à Bamako par avions C-130 Hercules et C-160 Transall de 200 militaires du 21e RIMa prélevés sur le dispositif Épervier, basé au Tchad[11] ainsi que d’un peloton de légionnaires du 1er REC d’Orange[12].

La montée en puissance des effectifs de l'armée de terre se poursuit avec le déploiement d'une compagnie du 2e RIMa, stationné à Auvours, qui rejoint Bamako au cours du week-end du 12 au 13 janvier[12]. Parallèlement, un renforcement des moyens aéromobiles de l'ALAT est décidé avec l'acheminement à partir du d'hélicoptères d'attaque Tigre HAP, offrant des capacités de protection supérieures aux Gazelle mises en œuvre par le COS[12]. Les moyens terrestres se voient également renforcés par l’acheminement en partie assuré par des avions C-17 Globemaster III mis à disposition par la Royal Air Force d'engins de type véhicule de l'avant blindé (VAB) et de chars légers de type ERC-90 Sagaie et AMX-10 RC, en provenance du Tchad et de France[12].

Une soixantaine de véhicules blindés prélevés sur le dispositif Licorne déployé en Côte d'Ivoire est acheminée à l'aéroport de Bamako par voie terrestre dans la nuit du 14 au 15 janvier afin de renforcer les moyens français luttant contre les forces djihadistes. Ces engins, notamment des blindés légers de type ERC-90 Sagaie, VBL et VAB, sont dans un premier temps cantonnés dans la capitale malienne avant d'être engagés dans les combats qui opposent l'armée malienne, appuyée par des soldats des forces spéciales et l'aviation française, aux islamistes armés[13]. Les renforts humains associés se composent d'un sous-groupement tactique interarmées (SGTIA) de 200 militaires armé par les 3e RPIMa, 1er RHP et 17e RGP, détachés en Côte d'Ivoire[14].

L’ensemble de ces effectifs supplémentaires est commandé par un état-major tactique mis en œuvre par le 21e RIMa du colonel Paul Gèze[14]. Au total, au soir du , les effectifs des forces terrestres françaises engagées au Mali s’élèvent à 800 hommes[14]. Ces effectifs au sol sont portés à 1 400 hommes le [15] puis 1 800 hommes le , selon le ministère de la Défense[16], faisant de l'opération Serval la première opération extérieure de l'armée française du point de vue des effectifs engagés, devant son engagement en Afghanistan[17].

Le commandement des forces terrestres, dirigé par le général Bertrand Clément-Bollée, organise le déploiement des forces dans le cadre de ses missions qui sont la préparation opérationnelle des forces, le suivi de leurs capacités et le soutien organique de leur engagement opérationnel[18].

Armée de l'air[modifier | modifier le code]

Un Mirage 2000D de l'escadron de chasse 3/3 Ardennes ravitaillé par un KC-135 américain au-dessus du Mali, le 5 février 2012. Ce couple d'aéronefs est employé pour les premières frappes de l'armée de l'air au Mali.
Un drone MALE Harfang à Bagram, en 2009. L'armée de l'air déploie à Niamey deux Harfang pour des missions de renseignement, de désignation d'objectifs et de visualisation des combats.
Rafale B 113-HO de l'Escadron 2/92 "Aquitaine" de l'armée de l’air française à la sortie d'un ravitaillement en vol lors d'une opération au Mali le 17 mars 2013.

Dès le début de l'opération, l'armée de l'air place en alerte ses moyens aériens basés à l'aéroport international de N'Djaména dans le cadre du dispositif Épervier et décide de les renforcer.

Ces moyens comprennent des aéronefs, du personnel de soutien, notamment, leurs mécaniciens, ainsi que des force spéciales, en particulier, le Commando parachutiste de l'air n°10 et le Commando parachutiste de l'air n°20[19].

Appareils de combat[modifier | modifier le code]

Trois Mirage 2000D et un C-135FR du GRV Bretagne qui devaient rentrer en France restent sur place, s'ajoutant au dispositif identique qui venait les relever[17]. Ce sont donc, en plus des deux Mirage F1 CR, six Mirage 2000D, trois C-135FR, un C-130 Hercules et un C-160 Transall qui arment le groupement air de la force Épervier dès le 12 janvier.

Le détachement Rafale à N'Djaména compte, à partir du , six appareils, dont deux biplaces qui effectuent des missions d'interdiction aérienne, d'appui aérien rapproché mais aussi de reconnaissance, à l'aide de la nacelle Reco NG[20]. Ce dernier est armé par une quinzaine d'équipages en provenance des escadrons de chasse 1/91 Gascogne, 1/7 Provence et 2/30 Normandie-Niemen, constitués chacun d'un pilote et d'un navigateur officier systèmes d'armes (NOSA), qui effectuent une moyenne de quatre sorties par jour[20]. Sur les 100 militaires que compte le détachement Rafale, 80 techniciens mettant en œuvre un lot technique de 90 tonnes assurent le maintien en condition opérationnelle des aéronefs[20].

L'Armée de l'air engage, à compter du 17 janvier, le plot CSAR de l'opération Serval. Il sera composé de 2 Puma de l'escadron d'hélicoptères 01.067 Pyrénées. Par cette présence, l'Armée de l'air assure la sécurité des équipages survolant le territoire hostile. Également intégrés au GAM de l'Armée de terre, les équipages du « Pyrénées » interviendront au plus près des zones de combats pour extraire les blessés français et africains.

À partir du , l'armée de l'air déploie à Niamey, la capitale du Niger, deux drones MALE Harfang mis en œuvre par l'escadron de reconnaissance 1/33 Belfort[21] afin d'apporter un soutien en matière de renseignement d'origine image (ROIM). L'armée de l'air stationne au Sénégal un AWACS Boeing E-3F Sentry de la base aérienne 702 Avord. Cet avion radar est déployé au-dessus du Mali afin de coordonner les opérations aériennes françaises, notamment lors des opérations aéroterrestres aboutissant au parachutage du 2e REP sur Tombouctou[22],[23].

Le 16 avril 2013, 6 aéronefs quittent le théâtre des opérations. Trois Mirage 2000D, deux Rafale et un C-135FR quittent le Mali pour rejoindre leurs bases aériennes en France. Les trois Mirage 2000D, stationnés à Bamako, ont rejoint la base de Nancy-Ochey. Les deux Rafale, stationnés à N’Djamena, ont rejoint la base de Saint-Dizier. Enfin, le C-135FR a rejoint la base d'Istres[24].

Il ne reste, dès lors, plus que neuf avions de combat déployés en soutien à l'opération Serval : trois Mirage 2000D à Bamako et six Rafale B/C à N'Djamena[25]. Au 20 juillet 2013, l'aviation française a largué un total de 280 bombes[26].

Le 7 novembre 2013, les six Rafale B/C sont toujours déployés à N'Djamena et les trois Mirage 2000D sont toujours à Bamako. Deux ravitailleurs sont présents sur zone, un à Bamako et l'autre à N'Djamena. Enfin, les avions de transport tactique sont au nombre de 6 sur la zone : deux Transall à Bamako, un CN235 médicalisé à Gao, un deuxième à Libreville et un troisième à N'Djamena, où se trouve également un Hercules[27].

Commandos parachutistes de l'air[modifier | modifier le code]

Outre les aéronefs, au bénéfice des forces spéciales ou conventionnelles, l'armée de l'air déploie sur le territoire malien une centaine d'éléments de ses trois unités de Commandos parachutistes de l'air[28], soit 20 % de leur effectif total[29]. Le CPA 20 est opérationnel dès le , puis rejoint par les CPA 10 et 30, remplissant un large spectre de missions parmi lesquelles le guidage d'appui aérien rapproché, voire la saisie de plateformes aéroportuaires[29].

Marine nationale[modifier | modifier le code]

Le BPC Dixmude, ici à Toulon le 14 juillet 2011, est le premier bâtiment de la Marine nationale engagé dans l'opération Serval.

Les avions de patrouille maritime Atlantique 2, de l'aviation navale, sont utilisés pour les missions d’observation et de renseignement[30]. Le 18 janvier, le nombre d'Atlantique 2 stationnés à Dakar est porté à cinq, au lieu d'un en condition normale[31]. L’Atlantique 2, est en fait la clé de voûte de l’opération Serval. Ces « sentinelles du ciel peuvent opérer durant 14 heures, un avantage considérable pour « durer » et offrir une permanence sur zone. Ils disposent en outre d’importants moyens de détection : radar, système de détection électro-optique permettant d’obtenir des images de jour comme de nuit, moyens d’écoute, transmission de données… Sans oublier des postes d’observation aménagés dans la carlingue, d’où des guetteurs peuvent observer le terrain survolé. Les avions de PATMAR disposent également d’un atout essentiel. Ils disposent d’un véritable équipage, constitué d’une vingtaine de marins, dont des spécialistes de la détection. D’où leur surnom de « frégates volantes » puisqu’à l’instar d’un bâtiment, cet équipage offre une capacité de réflexion, d’analyse et de compréhension de l’environnement, qu’il peut partager avec l’état-major et les autres moyens engagés. Une valeur ajoutée que ne peut par exemple pas offrir un drone aérien. »[32].

Pouvant emporter quatre bombes guidées laser GBU-12 de 250 kg, guidées depuis le sol ou à l'aide du pod de désignation d'un avion de chasse, les ATL2 participent également aux frappes aériennes conduites au nord-Mali par l'armée de l'air[33].

Le 22 janvier 2013, escorté par l'aviso Lieutenant de vaisseau Le Hénaff[34], le bâtiment de projection et de commandement Dixmude quitte le port militaire de Toulon avec 1 820 tonnes de matériel militaire[35] dont 50 tonnes de munitions et environ 140 véhicules de tout type tels que des VBCI, des chars AMX-10 RC ou des Renault GBC 180, ferroutés depuis le nœud logistique du 4e RMAT de Miramas[36],[37]. Le BPC arrive au port de Dakar le et y débarque son fret dont des dizaines de véhicules ainsi qu'un second GTIA, armé par le 92e RI et le 1er RIMa[35]. La colonne de matériels quitte Dakar le et atteint Bamako trois jours plus tard, après un long périple routier via Kayes, avant de poursuivre le vers Gao[38].

Le bâtiment civil MN Eider affrété pour l'opération quitte Toulon le 28 janvier avec l'ensemble des matériels de la 1re brigade logistique, soit 2 700 tonnes de chargement, dont environ 250 véhicules. Il transporte de nombreux camions et quelques blindés de combat (VAB, VBCI) destinés à compléter les unités déjà projetées, ainsi que des dizaines de VBL, de PVP et de Peugeot P4[39]. Il arrive à Dakar le 3 février[40]. Par ailleurs, entre le 18 et le 22 février, ce bâtiment effectue une deuxième rotation vers Dakar pour y délivrer du fret à destination des forces déployées dans l’opération Serval[41] ou il est escorté par le PM L'Her.

Bilan logistique et des prises de guerre[modifier | modifier le code]

La logistique déployée au Mali, pays sans accès à la mer a été importante. En septembre 2013, deux fois plus de matériels ont été transportés par voie aérienne stratégique que par voie maritime soit 18 500 tonnes en 480 rotations contre 9 170 tonnes et 500 personnels ont été acheminés par mer et passant par le Sénégal[42].

De janvier à septembre 2013, les mouvements aériens intra-théâtre ont acheminé 3 500 tonnes de fret et 15 600 personnels en plus de 1 600 missions, dont 30 % réalisées par des moyens alliés[42]. Les véhicules de l’arme du Train ont parcouru plus de 3 millions de kilomètres [42]. En tout, plus de 17 millions de litres de carburant aviation et 3 millions de litres d’essence et de gazole ont été consommés[42].

Au , les troupes françaises ont saisi au niveau armement 100 fusils, 150 mitrailleuses, 30 lance-roquettes, 20 mortiers, 20 canons et 3 missiles sol-air SA-7[42]. Elles ont saisit également 220 tonnes de munitions. 30 tonnes ont été reversées aux forces armées maliennes, dont 1 300 grenades, 1 000 roquettes, 7 700 obus, dont 500 de mortiers, 20 bombes et 200 mines et engins explosifs improvisés[42]. Plus de 12 tonnes de nitrate d’ammonium, produit qui permet de réaliser des bombes artisanales, 9 000 litres de gazole et d’essence et 200 « moyens de communication » sont également pris sur l'ennemi[42].

Budget de l'opération Serval[modifier | modifier le code]

Le surcoût de l’opération Serval pour le budget de la défense français s’élève, après dix jours, à 30 millions d’euros, montant qui est passé à 50 millions vers la fin du mois de janvier pour atteindre, au , 70 millions d'euros[43].

Il se répartit à cette date de la façon suivante[43] :

  • 50 millions pour l’acheminement stratégique, poste qui comprend la location d’avions ;
  • 5 à 10 millions pour le carburant des aéronefs ;
  • 5 millions environ pour les munitions tirées ;
  • 5 millions d’indemnités opérationnelles versées aux militaires en raison de leur participation à l’opération Serval;
  • 3 millions pour le fonctionnement courant comme l’alimentation et les frais de télécommunication.

Fin février 2013, le budget est estimé par l'Assemblée nationale française à 100 millions d'euros[44].

Dans un rapport parlementaire d'information dédié à l'opération Serval déposé le 18 juillet 2013, les députés Christophe Guilloteau et Philippe Nauche évaluent les surcoûts engendrés par les opérations au Mali à 250 millions d'euros à la fin du mois de mai 2013[45]. Ces surcoûts devraient dépasser les 400 millions d'euros à la fin de l'année 2013 selon le chef d'état-major des armées français, l'amiral Edouard Guillaud[46].

Réactions politiques[modifier | modifier le code]

La France déclenche l'opération Serval le 11 janvier 2013 alors que le président François Hollande avait affirmé trois mois jour pour jour auparavant, le , qu'« on peut donner un appui matériel, on peut former, mais la France n'interviendra pas ». Il ajoutait lors d'un entretien donné à des journalistes de France 24, RFI et TV5 Monde qu'« il n’y aura[it] pas d’hommes au sol, pas de troupes françaises engagées »[47].

Ce renversement politique reçoit un soutien quasi unanime de la classe politique et de l'opinion française. En contraste, il convient de noter les prises de position réservées de Dominique de Villepin et Valéry Giscard d'Estaing à droite et de Noël Mamère[48] (EELV) et Jean-Luc Mélenchon[49] (PG) à gauche ainsi que l'opposition d'Olivier Besancenot (NPA) à l'extrême gauche.

Dominique de Villepin estime qu'« aucune des conditions de la réussite n'est réunie »[50]. Valéry Giscard d'Estaing, tout en approuvant l'arrêt de l'avancée vers Bamako des forces djihadistes, met en garde contre des frappes aériennes qui toucheraient les populations civiles et contre ce qu'il appelle « une évolution (…) de type néo-colonialiste »[51]. Le 16 janvier, Alain Juppé émet des doutes sur la pertinence d'une opération au sol[52]. La direction du NPA (Olivier Besancenot, Philippe Poutou et Christine Poupin) publie, le 21 janvier dans Libération, une tribune dans laquelle ils font part de leur opposition totale à la guerre[53].

Pour renforcer la surveillance du territoire face aux menaces terroristes, le plan Vigipirate, déjà au stade rouge de par le passé, est « renforcé »[54].

Le Premier ministre informe le Parlement le 16 janvier 2013 du déroulement des opérations. Jean-Yves Le Drian annonce sur RTL qu'au , l'opération Serval a coûté « plus de 100 millions d'euros »[55].

Fin de l'opération[modifier | modifier le code]

En 2014, il est décidé de remplacer les opérations Épervier et Serval par l’opération Barkhane, qui est officiellement lancée le 1er août en appui aux pays partenaires de la bande sahélo-saharienne, avec la mission de lutter contre les groupes jihadistes et d’empêcher la constitution de sanctuaires terroristes dont le quartier-général est établi à N’Djamena[56].

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Thomas Flichy, Opération Serval au Mali : l'intervention française décryptée, Lavauzelle,‎ , 123 p. (ISBN 2-7025-1567-3 et 978-2-7025-1567-9)
  • Olivier Hanne (dir.) (préf. Jean-Paul Laborde), Mali, une paix à gagner ! Analyses et témoignages sur l'opération Serval, Paris, Lavauzelle,‎ (présentation en ligne)
  • Jean-Christophe Notin, La Guerre de la France au Mali, Tallandier, 2014, 656 p.
  • Bernard Barrera, Opération Serval : Notes de guerre, Mali 2013, Seuil, 2015.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. Ordre de bataille, sur blog Secret défense. Consulté le « 30/01/2013 ».
  2. Gendarmerie pour Serval, sur blog RP défense. Consulté le « 30/01/2013 ».
  3. Ministère de la Défense : In memoriam
  4. http://www.lemonde.fr/mmpub/edt/zip/20130118/154631/index.html
  5. http://www.lemonde.fr/afrique/article/2012/01/25/dans-le-nord-du-mali-les-touareg-du-mnla-lancent-un-nouveau-defi-arme-a-l-etat_1634378_3212.html
  6. « http://www.info-matin.com/index.php/actualite11/2640-dialogue-avec-le-la-logique-d-abdication-du-gouvernement » (ArchiveWikiwixArchive.isGoogleQue faire ?), consulté le 2014-06-30
  7. http://www.lepoint.fr/monde/ansar-dine-notre-premier-objectif-c-est-l-application-de-la-charia-06-10-2012-1514047_24.php
  8. Le Mali et l'uranium au cœur des discussions entre les présidents français et nigérien à Paris sur Radio France International
  9. Niger : les forces spéciales protégeront les mines d'uranium d'Areva sur Le Point.fr
  10. Jean-Dominique Merchet, « Mali : le premier mort français de l'opération Serval », sur marianne.net (consulté le 12 janvier 2013).
  11. « Quelles sont les unités de l’armée de Terre engagées au Mali? », Zone Militaire,‎ (consulté le 13 janvier 2013)
  12. a, b, c et d « Mali : La France lance ses Rafale et Tigre dans la bataille », Mer et Marine,‎ (consulté le 15 janvier 2013)
  13. « Mali : la colonne blindée française est arrivée à Bamako », sur lepoint.fr (consulté le 16 janvier 2013)
  14. a, b et c « Opération Serval : Le point sur les unités de l’armée de Terre engagées », Zone Militaire,‎ (consulté le 16 janvier 2013)
  15. « EN DIRECT / Combats en cours au Mali, des hélicoptères bombarderaient en Algérie », sur lesechos.fr (consulté le 17 janvier 2013)
  16. EMA, « Opération Serval : point de situation du 18 janvier 2013 », sur http://www.defense.gouv.fr (consulté le 19 janvier 2013)
  17. a et b Jean-Marc Tanguy, « 1700 militaires français au Mali (actualisé-2) », Le mamouth (consulté le 19 janvier 2013)
  18. http://www.malijet.com/actualite-politique-au-mali/flash-info/61897-operation-serval-au-mali-le-commandement-des-forces-terrestres-a.html
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  20. Erreur de référence : Balise <ref> incorrecte ; aucun texte n’a été fourni pour les références nommées A.26C15-02.
  21. Jean-Dominique Merchet, « Exclusif : les drones français arrivent au Sahel », Secret défense (consulté le 16 janvier 2013)
  22. Les avions radars Awacs mobilisés pour la guerre au Mali
  23. Un Awacs de la BA 702 d'Avord dans le ciel du Mali
  24. Philippe Chapleau, « Serval perd des ailes: six appareils ont regagné la France », sur http://lignesdedefense.blogs.ouest-france.fr//,‎ (consulté le 18 avril 2013)
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  26. Jean-Marc Tanguy, « Les conso de feux de Serval », sur Le Mamouth,‎ (consulté le 20 juillet 2013)
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  28. L'élite de l'Armée de l'air au Mali http://www.francetvinfo.fr/monde/mali/video-les-forces-speciales-l-elite-de-l-armee-de-l-air-sur-les-terrains-de-conflit_367414.html
  29. a et b Jean-Marc Tanguy, « Les CPA de l'armée de l'air en pointe au Mali », Le mamouth (consulté le 12 février 2013)
  30. « Mali : La France lance ses Rafale et Tigre dans la bataille », Net Marine (consulté le 17 janvier 2013)
  31. Guillaume Steuer, « Mali : la France renforce ses moyens de surveillance », Air&Cosmos (consulté le 18 janvier 2013)
  32. L’Atlantique 2, clé de voûte de l’opération Serval
  33. « Mali : les Atlantique 2 ouvrent le feu », Air & Cosmos (consulté le 1 février 2013)
  34. Opération Serval : point de situation du 24 janvier 2013
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  39. Le MN Eider embarque une grosse cargaison de fret militaire à destination du Mali
  40. Philippe Chapleau, Le MN Eider arrive à Dakar avec 250 véhicules; ceux du Dixmude sont en route pour le Mali
  41. Erreur de référence : Balise <ref> incorrecte ; aucun texte n’a été fourni pour les références nommées mindef25-02situ.
  42. a, b, c, d, e, f et g Laurent Lagneau, « Mali : L’opération Serval en chiffres », sur Zone Militaire,‎ (consulté le 23 septembre 2013)
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  47. Philippe Chapleau, « Mali : « On peut donner un appui matériel, on peut former, mais la France n'interviendra pas ». (François Hollande) », Ouest-France (consulté le 17 janvier 2013)
  48. Noël Mamère, « Intervention au Mali : quel est le vrai but de cette guerre ? », Rue89 (consulté le 26 janvier 2013)
  49. « Mélenchon juge « discutable » l'intervention de l'armée française au Mali », sur lepoint.fr (consulté le 26 janvier 2013)
  50. Les frappes françaises se poursuivent au Mali
  51. Giscard inquiet de risques d'évolution néocolonialiste au Mali
  52. Alain Juppé se demande si Hollande n'est pas allé trop loin au Mali
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  55. RTL : L'opération au Mali a coûté "plus de 100 millions d'euros", révèle Le Drian
  56. Laurent Lagneau, « Une page se tourne : les opérations Serval et Épervier sont désormais terminées », sur Zone Militaire,‎ (consulté en ).