Forces de défense du peuple

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Forces de défense du peuple
HPG
Image illustrative de l’article Forces de défense du peuple

Idéologie Confédéralisme démocratique
Objectifs Autodétermination du Kurdistan turc
Statut Actif
Fondation
Date de formation 2000
Pays d'origine Turquie
Actions
Mode opératoire Lutte armée, guérilla,
Zone d'opération Kurdistan turc
Kurdistan syrien
Kurdistan irakien
Organisation
Membres 2014 : 5 000[1]
Branche politique Parti de l'union démocratique PKK
Groupe relié YPG, YPJ, TAK, PKK,
Répression
Considéré comme terroriste par France, États-Unis, Turquie, Angleterre, OTAN, Union européenne
Conflit kurde en Turquie
Guerre civile syrienne
Guerre d'Irak
Seconde guerre civile irakienne

Les Forces de défense du peuple (en kurde : Hêzên Parastina Gel, abrégé HPG, prononcé [hɛ.pɛ.gɛ]) constituent la branche armée du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK)[2],[3].

Histoire[modifier | modifier le code]

Origines[modifier | modifier le code]

Les HRK, unités de « propagande armée »[modifier | modifier le code]

Les premières unités militaires constituées par le Parti des travailleurs du Kurdistan sont les Hêzên Rizgariya Kurdistan (HRK, Forces de libération du Kurdistan). Il s'agit alors de petits groupes chargés de faire de la « propagande armée ». Le premier commandant des HRK est Duran Kalkan[4].

Le 15 août 1984[modifier | modifier le code]

En 1984, les HRK sont chargées de lancer la lutte armée. Pour se faire connaître, il est décider de frapper l'opnion publique kurde en organisant une opération de grande envergure. Le plan consiste à prendre d'assaut, le même jour, trois petites villes kurdes : Eruh, Shemzinan, et Çatak. La date arrêtée est le 15 août 1984. Pour la première fois, les militants du PKK porteront des uniformes. Le groupe d'Eruh est commandé par Mahsum Korkmaz, celui de Shemzinan par Abdullah Ekinci et celui de Çatak par Terzi Cemal[5]. Au jour dit, les groupes de combattants des HRK occupent Eruh et Shemzinan. Le groupe qui aurait dû mener l'action à Çatak renonce au dernier moment. Dans les deux autres villes, les combattants des HRK mettent en fuite les gendarmes turcs, distribuent des tracts et vident la prison, avant de se replier en fin de journée. Le bilan humain est de un mort et de plusieurs blessés parmi les gendarmes turcs. Le PKK, lui, évalue l'action comme une grande victoire, malgré la défection d'un des trois groupes. La journée est désignée comme « l'élan » du colonisé qui relève la tête contre le colonisateur. De son côté, la presse turque minimise les faits. Quant à l'armée turque, si ,dans ses déclarations, elle les minimise elle aussi, elle engage dès le lendemain des opérations de ratissages[6],[7],[4].

L'ARGK[modifier | modifier le code]

Lors du troisième Congrès du PKK, tenu à Damas en octobre 1986, la décision est prise de constituer une grande armée de libération nationale. Ce sera l'Armée de libération du peuple kurde (ARGK, Artêşa Rizgariya Gelê Kurdistan)[3].

Le changement stratégique : de la « guerre de libération nationale » à la « légitime défense »[modifier | modifier le code]

En août 1999, répondant à l'appel d'Abdullah Öcalan, les forces de l'ARGK se retirent du Kurdistan turc pour se replier au Kurdistan irakien, où elle se placent en position défensive[8].

Les HPG sont créées en 2000, par une décision du 7e congrès extraordinaire du PKK, en tant que branche militaire du PKK. Elles remplacent l'Armée populaire de libération du Kurdistan (kurde : Artêşa Rizgariya Gelê Kurdistan)[3]. Le changement de nom symbolise le changement stratégique de l'organisation[9]: c'est-à-dire que le PKK abandonne la stratégie de la « guerre de libération nationale ». La priorité est désormais laissée aux formes de lutte légales, mais en maintenant une force armée qui doit assurer la « légitime défense » du peuple[4].

En mai 2004, le PKK annonce la reprise d'une lutte armée de « légitime défense ». Un cessez-le-feu est décrété déjà le premier juin, pour « donner une chance à la paix ». En juin 2005, le PKK, estimant que le gouvernement turc n'a tenu aucun compte des cessez-le-feu unilatéraux et ne montre aucune volonté de résoudre la question kurde d'une manière pacifique, annonce la reprise de la lutte armée. D'autres cessez-le-feu seront décrétés, mais ils ne seront pas non plus pris en compte par l'État turc[10].

Organisation[modifier | modifier le code]

Commandement[modifier | modifier le code]

Murat Karayilan, dit « Cemal », est le premier commandant en chef des HPG[9]. Le commandement général passe ensuite, en 2004, à Bahoz Erdal. En 2009, cette charge échoit à Nurredin Sufi[3]. En 2013, Murat Karayılan redevient commandant général.

Structures[modifier | modifier le code]

Les HPG sont composées d'un tiers de femmes. Une partie d'entre elles sont incorporées dans des unités mixtes (même si la Section constitue l'unité non-mixte minimale), les autres dans des unités non-mixtes. Mais toutes les femmes combattantes sont membres de droit des Yekitiyên Jinên Azad/YJA-Star (Unités des Femmes Libres). Ces unités sont aussi liées de manière organique au Partiya Azadiya Jinên Kurdistan (PAJK, Parti de la Liberté des Femmes du Kurdistan)[11].

Combattants étrangers[modifier | modifier le code]

Environ 10 % des combattants des HPG ne seraient pas d'origine kurde[3].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Sarah Leduc, « La Turquie veut-elle vraiment la paix avec les Kurdes ? », sur france24.com, .
  2. « Sigles et Kurdistan : le PKK, ses dérivés passés et actuels », sur apa.online.free.fr.
  3. a b c d et e Wirya Rehmany, Dictionnaire politique et historique des Kurdes, Paris, L'Harmattan, , 532 p. (ISBN 978-2-343-03282-5), p. 246-248
  4. a b et c Sabri Cigerli et Didier Le Saout, Ocalan et le PKK : les mutations de la question kurde en Turquie et au Moyen-Orient, Paris, Maisonneuve et Larose, , 422 p. (ISBN 978-2-7068-1885-1), p. 72-75, 157-158, 392-401
  5. (tr) Selim Çürükkaya, « PKK yi Kimler Kurdu? 6 », sur Madiya, (consulté le 25 août 2020)
  6. (de) Askim Bozkurt, Das Kurdenproblem in der Türkei : die Manifestation und Konsolidierung des ethnischen Konflikts und die Frage seiner Lösung, Berne, Peter Lang, coll. « Europäische Hochschulschriften », , 202 p. (ISBN 978-3-631-46915-6), p. 148.
  7. (tr) « 1984 yılında Eruh'ta ne oldu? », SonSayfa,‎ (lire en ligne)
  8. « PKK-Chronik | 1999–2003 », Landesamt für Verfassungsschutz Baden-Württemberg,‎ (lire en ligne)
  9. a et b (en) « Leadership reshuffle - PKK makes changes in its ranks », IHS Jane's,‎ (lire en ligne)
  10. Hamit Bozarslan, Conflit kurde : le brasier oublié du Moyen-Orient, Paris, éditions Autrement, coll. « Collection Mondes et nations-Autrement », , 172 p. (ISBN 978-2-7467-1273-7), p. 70-73, 102-110
  11. Reportage Géo sur le Kurdistan (janvier 2009)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]