Kirkouk

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Kirkouk
Kirkūk, Karkuk
(ar) كركوك
(ku) Kerkûk
Kirkuk dans les années 1940.
Kirkuk dans les années 1940.
Administration
Pays Drapeau de l'Irak Irak
Province Kirkouk (At-Tā'mīm)
Démographie
Population 1 200 000 hab. (2008 estimation)
Géographie
Coordonnées 35° 28′ 12″ N 44° 23′ 45″ E / 35.469985, 44.39577335° 28′ 12″ Nord 44° 23′ 45″ Est / 35.469985, 44.395773
Altitude 346 m
Localisation

Géolocalisation sur la carte : Irak

Voir la carte administrative d'Irak
City locator 12.svg
Kirkouk

Géolocalisation sur la carte : Irak

Voir la carte topographique d'Irak
City locator 12.svg
Kirkouk
Sources
« Index Mundi »

Kirkouk est une ville du nord de l'Irak, capitale de la province homonyme.

L'histoire de Kirkouk remonte à l'antique Mésopotamie. Elle s'est développée sur le site de l'antique Arrapha, une des principales villes de l'empire néo-assyrien. Aujourd'hui, elle est un des plus grands centres pétroliers de l'Irak.

La ville est peuplée de 1 200 000 habitants environ (en 2008).

Population[modifier | modifier le code]

L'encyclopédiste ottoman Shamsaddin Sami, auteur du Qamus al-A’lam publié à Istanbul en 1897[1], décrit la démographie de Kirkouk de cette manière : « Les Kurdes représentent les trois quarts de la population. Le quart restant est composé de Turcomans, d'Arabes et autres. Y vivent également 760 juifs et 460 Chaldéens ».

Le recensement de 1957 réalisé par le gouvernement irakien présente les chiffres suivants : 187 593 Kurdes, 109 620 Arabes, 83 371 Turcomans et 10 000 chrétiens chaldéens[2].

À partir des années 1980, le régime de Saddam Hussein s'engage dans un processus d'arabisation qui le conduit à chasser ou déplacer les populations non-arabes de Kirkouk et à y placer des Arabes du Sud de l'Irak. Ces derniers sont incités à venir s'installer en lieu et place des Kurdes contre des avantages financier et en nature (maison, terre, etc.). Le nettoyage ethnique est d'ailleurs une visée majeure du génocide kurde perpétré par le régime irakien (génocide plus connu sous le nom d'Anfal)[3].

À la chute du régime de Saddam Hussein en 2003, de nombreux Kurdes chassés de leurs terres reviennent s'installer à Kirkouk. Depuis, les Kurdes seraient redevenus majoritaires à Kirkouk, suivis des Arabes et des minorités turkmène et chrétienne.

L'avenir de Kirkouk[modifier | modifier le code]

L'article 140 de la Constitution irakienne prévoit la tenue d'un référendum sur le rattachement du Kirkouk à la Région autonome du Kurdistan[4]. Il exige également qu'avant la tenue du référendum, toutes les mesures doivent être prises pour rétablir l'équilibre démographique prévalant avant l'arabisation menée par Saddam Hussein dans le cadre de l'opération Anfal.

Initialement prévu le 15 décembre 2007, le référendum a été reporté plusieurs fois.

La Turquie, qui voit le rattachement d'un très mauvais œil, fait pression afin d'éviter un référendum. Après la chute de l’Empire ottoman, la Turquie moderne a toujours essayé de reprendre Kirkouk ainsi que le Nord de l'Irak (Mossoul et Erbil). Sans succès, elle n'aura que l'autorisation d'y faire des opérations militaires à la suite d'un accord entre Ankara et Bagdad[5]. Il y a eu jusqu'en octobre 2007, 24 opérations militaires turques dans le Nord de l'Irak[6].

La ville de Kirkouk a une grande valeur symbolique pour les Kurdes qui affirment y être installés depuis l'époque des anciens Hourrites. Mais elle est aussi revendiquée par les Arabes sunnites, qui voudraient la rattacher à une "région sunnite" du nord-ouest de l'Irak, et par les Turkmènes[7].

Les élections locales, largement déterminées par les facteurs ethniques, ont donné la mairie à un parti kurde, l'Union patriotique du Kurdistan (UPK)[8].

En juin 2014, au cours de la seconde guerre civile irakienne, Kirkouk est menacée par l'avance rapide des djihadistes de l'État islamique[9]. Le 12 juin, les peshmergas kurdes occupent la ville évacuée en hâte par les troupes gouvernementales irakiennes. Seule la police, constituée d'Arabes et de Kurdes originaires de la ville, reste sur place[10]. Massoud Barzani, président de la Région du Kurdistan, annonce que le rattachement de Kirkouk au Kurdistan sera durable, et, le 30 juin, demande aux Nations Unies de superviser un prochain référendum[11].

Notes et références[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Liens externes[modifier | modifier le code]