Ali Khamenei

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Ali Khamenei
علی خامنه‌ای
Ali Khamenei en avril 2008.
Ali Khamenei en avril 2008.
Fonctions
2e guide de la Révolution
de la République islamique d'Iran
En fonction depuis le
(26 ans 2 mois et 27 jours)
Président Hachemi Rafsandjani
Mohammad Khatami
Mahmoud Ahmadinejad
Hassan Rohani
Prédécesseur Rouhollah Khomeini
3e président de la République islamique d'Iran

(7 ans 9 mois et 21 jours)
Élection
Réélection
Chef de l'État Rouhollah Khomeini
(Guide de la Révolution)
Premier ministre Mir-Hossein Mousavi
Prédécesseur Mohammad Ali Rajai
Successeur Hachemi Rafsandjani
Biographie
Nom de naissance Ali Hossaini Khamenei
Date de naissance (76 ans)
Lieu de naissance Mashhad (Iran)
Nationalité iranienne
Conjoint Khojaste Bagherzade
(depuis 1964)
Profession Religieux
Résidence Palais de Niavaran, Téhéran

Ali Khamenei
Présidents de la République islamique d'Iran
Guides de la Révolution
de la République islamique d'Iran

Ali Khamenei (né le 17 juillet 1939 à Mashhad) est un ayatollah et l'actuel guide suprême de la Révolution islamique (Rahbar en persan), ce qui est le poste le plus élevé de la République islamique d'Iran, au-dessus de la charge officielle de Président de la République, qu'il occupa lui-même de 1981 à 1989. Son turban noir indique qu'il est un sayyid, c'est-à-dire qu'il se prétend descendant du prophète Mahomet.

Biographie[modifier | modifier le code]

Premières années et vie politique[modifier | modifier le code]

Khamenei a étudié la philosophie islamique puis est devenu ayatollah[1]. Ses adversaires ont longtemps raillé ses connaissances religieuses plutôt limitées[1]. Il est l'une des principales figures de la Révolution islamique contre le chah Mohammad Reza Pahlavi. Selon le témoignage de Hossein Boroujerd, le 19 août 1978, il aurait participé à l’incendie volontaire du cinéma Rex, dans la ville d'Abadan, où sont mortes carbonisées plus de 400 personnes. Les mollahs se seraient emparés des prêches pour en accuser le Shah. Le lien entre le Shah et les ouvriers du pétrole se serait alors rompu, la ville et les ouvriers basculant dans l’opposition à la monarchie[2].

Il fut l'un des principaux confidents de l'ayatollah Khomeini. Khamenei est nommé imam de la grande prière du vendredi de Téhéran par l'ayatollah Khomeini en automne 1979, après la démission de l'ayatollah Hossein Ali Montazeri de ce poste.

En juin 1981, l'ayatollah Khamenei échappe à un attentat, préparé par l'Organisation des moudjahiddines du peuple iranien. Une bombe cachée dans un magnétophone lors d'une conférence de presse éclate près de lui. Sérieusement blessé, il perd l'usage de sa main droite et d'un bras. Il ne se déplace plus qu'avec une canne, mais il gagne une réputation de miraculé parmi ses fidèles et porte officiellement le titre de « martyr vivant », estimant que « Dieu m'a épargné pour des responsabilités plus lourdes ».

Président de la République islamique d'Iran[modifier | modifier le code]

En 1981, après l'assassinat du président iranien Mohammed Ali Rajai, Khamenei est élu président de la République islamique d'Iran, le premier religieux à ce poste.

Khomeini voulait garder les ecclésiastiques à l'écart de la présidence[réf. nécessaire] mais il a échoué de ce point de vue. La présidence de Khamenei a été analysée comme celle où l'Iran a abandonné tous les espoirs de sécularisme, et est devenu bien plus religieux.

Il est réélu pour un deuxième mandat en 1985. Khamenei, en tant qu'allié et ami de Khomeini, n'a pas eu de ligne politique en contradiction avec celle de Khomeini, il s'est rarement opposé au guide suprême, à la différence du premier président de la République, Abolhassan Bani Sadr.

Lors de la guerre Iran-Irak (1980-1988), Khamenei a refusé toute une série de cessez-le-feu, en partageant le choix de son mentor[réf. nécessaire].

À partir d'août 1988 et jusqu'en février 1989, sous la présidence de Khamenei, a lieu le « massacre des prisons » au cours duquel sont perpétrées des exécutions massives de prisonniers politiques. Selon Amnesty International, "il s'est agi de la plus importante vague d'homicides depuis celles qui avaient eu lieu lors de la première et de la deuxième année ayant suivi la révolution iranienne en 1979. Au total, entre 4 500 et 5 000 prisonniers, parmi lesquels se trouvaient des femmes, auraient été tués"[3].

En 1989, il déclare « inconditionnelle et permanente » la fatwa de Khomeini contre Salman Rushdie. En fait, le , trois jours après la fatwa de l'ayatollah Khomeini, Ali Khamenei avait semblé indiquer que « le peuple islamique accorderait son pardon si l'auteur des Versets sataniques revenait sur ses erreurs ». Salman Rushdie répondit « qu'il regrettait le choc moral qu'il avait fait subir aux adeptes sincères de l'islam ». Cependant, dès le 19 février, Khamenei enfonça le clou : « Même si Salman Rushdie se repent au point de devenir l'homme le plus pieux de notre temps, l'obligation subsiste, pour chaque musulman, de l'envoyer en enfer, à n'importe quel prix, et même en faisant le sacrifice de sa vie. »[réf. nécessaire]. Il a stigmatisé l'écrivain comme « un apostat dont le sang pourrait être versé impunément », en janvier 2005[4].

Il a aussi soutenu, dans les années 1990, le GIA algérien pour son activisme terroriste[réf. nécessaire].

Guide suprême de la révolution islamique[modifier | modifier le code]

À la mort de Khomeini, Khamenei est élu guide suprême par l'Assemblée des experts, sous l'influence de Hachemi Rafsandjani, . À son poste, la plupart des observateurs le considèrent comme un "dur" du régime, gardien intransigeant des principes et des valeurs de la révolution islamique de 1979. Désigné par un collège de 80 religieux, après un changement de constitution, il s'adjuge le contrôle total des relations extérieures, la défense, les services de sécurité, la justice et pèse fortement sur les médias. Dès la fin 1989, c'est lui qui choisit le futur secrétaire général du Hezbollah, Hassan Nasrallah, pour le représenter à Beyrouth.

Khamenei avec le président russe Vladimir Poutine à Téhéran le 17 octobre 2007.

Durant la présidence du réformateur Mohammad Khatami (1997-2005), Ali Khamenei freine souvent la politique d’ouverture de la société et des institutions voulue par le président. Et même avec le président Mahmoud Ahmadinejad, il n'hésite pas à user de son veto contre les décrets lui déplaisant. Au printemps 2006, il a ainsi bloqué un décret autorisant l'entrée des femmes iraniennes dans les stades. Plus globalement, il a affirmé à de nombreuses reprises sa vision sociale discriminatoire envers les femmes. « L’homme est fait pour entrer sur les terrains économiques et financiers… Mais la femme […] doit accoucher, allaiter, elle a un physique fragile, elle est moralement sensible, elle est affective, ne peut entrer dans tous les domaines […], cela crée des restrictions pour les femmes… L’homme, plus fort, est privilégié[5]

Lors de la crise internationale liée aux caricatures de Mahomet, l'ayatollah Khamenei dénonce le , à Téhéran, la publication de caricatures du prophète de l'islam, dans la presse européenne comme étant une « conspiration sioniste »[6].

En juin 2009, Ali Khamenei soutient le président sortant Mahmoud Ahmadinejad, réélu dans des conditions contestées par une partie de la société iranienne.

Ali Khamenei qualifie Israël de « tumeur cancéreuse » en 2009[7] et dans un livre intitulé Palestine publié en 2011 ou 2012[8], précisant la seconde fois qu'elle devait être supprimée, et a assuré le soutien de l'Iran à tout groupe qui combattrait ce pays[9].

Selon Reuters, au fil du temps, Khamenei se serait constitué un empire industriel et commercial d'une valeur de 95 milliards de dollars américains, qui constituerait la composante économique de son pouvoir, les deux autres étant le pouvoir politique et le pouvoir militaire[10].

Fin novembre 2013, il déclare qu'« Israël est voué à la disparition »[11], en juillet 2014 il explique souhaiter cette disparition grâce à un référendum auquel participeraient à la fois les Arabes et les Juifs qui vivent en Israël en précisant pour la première fois « La seule solution, c'est l'anéantissement de l'Etat d'Israël, mais cela ne veut pas dire la destruction des Juifs de cette région »[12].

En janvier 2015, après une série d'attentats islamistes en France, il écrit une lettre ouverte Aux jeunes d’Europe et d’Amérique du Nord.

Atteint d'un cancer de la prostate, il a été opéré en septembre 2014. Selon certaines informations, son cancer serait métastatique et laisserait son espérance de vie à deux ans. Ces spéculations relancent la course à sa succession entre modérés et radicaux[13].

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Œuvres[modifier | modifier le code]

  • De la profondeur de la prière (Az jarfayé namaz)
  • Pensée islamique dans le Coran (Tarhé kollié andisheye eslami dar Ghorân)
  • L’Aube de l’amour (Matlaé Echghe)
  • Ali (s), dépassant la pensée (Ali (a), faratar az dzehn)
  • Critères d’un choix (Mêyarhâyé yek entekhâb)
  • Leçons de morale (Darse Akhlagh)
  • La Redécouverte de la voie de l’éloquence (Bazgacht bé Nahjôl-Balagha)
  • Bien comprendre l’Islam (Dorost fahmidané Eslam)
  • Discours sur l'unité et le fractionnisme (Goftari dar vahdat va tahadzob)
  • Imam Sâdiq
  • Velayat (velayate)
  • Barricade culturelle (Sangaré farhangui)
  • Quatre livres principaux de la science des Ridjâl (Tchahar Ketabé aslié elmé Ridjal)
  • L’Art dans l’optique de Sayed Ali Khamenei (Hônar az didgâhé Sayed Ali Khamenei)
  • La patience
  • Un martyr précurseur (Chahidi aghazgar)
  • Le But de l’être de deux cent cinquante ans
  • L'Esprit du monothéisme

Traductions[modifier | modifier le code]

  • L'Avenir dans le territoire de l'Islam, de Saïd Qotb (Ayandé dar Ghalmroé Eslam)
  • La Paix de l’Imam Hassan (s) (Solhé Emam Hassan (a))
  • Tafsir fi Zilâl Qor’ân, de Saïd Qotb
  • Les musulmans dans les mouvements de libération en Inde, d’Abdoul al Man’am al Namr
  • Critique de la civilisation occidentale de Saïd Qotb

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Georges Malbrunot, « Ali Khamenei, l'énigme iranienne », Le Figaro,‎ (consulté le 30 mars 2010)
  2. « Behind The Islamic Revolution’s Curtains - Confessions of Hossein Boroujerdi » (ISBN 3-935249-66-7)
  3. http://www.amnesty.org/fr/library/asset/MDE13/118/2008/fr/33b9dd6d-6ea9-11dd-8e5e-43ea85d15a69/mde131182008fra.html
  4. http://tf1.lci.fr/infos/monde/moyen-orient/0,,3473096,00-rushdie-anobli-teheran-convoque-ambassadeur-britannique-.html
  5. http://www.ncr-iran.org/fr/content/view/236/57/
  6. Le Nouvel Observateur, le 7 février 2006.
  7. « Les grandes puissances nucléaires unies face à l'Iran », Maurin Picard, Le Figaro, 6 mars 2009
  8. Intox autour d'un livre de Khamenei qui appelle à détruire Israël, marianne.net, 5 août 2015
  9. « Iran : arrivée de Haniyeh (PM du Hamas) », AFP, Le Figaro, 10 février 2012
  10. Exclusive: Reuters investigates business empire of Iran's supreme leader, Steve Stecklow, Babak Dehghanpisheh et Yeganeh Torbati, Reuters, 11 novembre 2013
  11. « Pour Khamenei, "Israël est voué à la disparition" », in Le Figaro, jeudi 21 novembre 2013, page 8.
  12. Ali Khamenei veut la fin de l'Etat d'Israël... par référendum Reuters, le jeudi 24 juillet 2014
  13. Philippe Gélie, « Iran : vers une révolution au sommet », Le Figaro, samedi 28 / dimanche 1er mars 2015, page 7.

Liens externes[modifier | modifier le code]