Jean-Pierre Filiu

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Jean-Pierre Filiu
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Jean-Pierre Filiu lors du forum « L’année vue par l'histoire » organisée par France Culture le 25 avril 2015.

Naissance
Paris
Nationalité France
Domaines historien et arabisant, spécialiste de l'Islam contemporain
Formation Institut national des langues et civilisations orientales, Institut d'études politiques de Paris

Jean-Pierre Filiu, né à Paris en 1961, est un universitaire français, historien et arabisant, spécialiste de l'Islam contemporain. Professeur des universités à Sciences Po Paris, il y enseigne au sein de l'École des affaires internationales[1], après avoir été professeur invité aux États-Unis à l'université Columbia et à l'université de Georgetown. Il a été membre de plusieurs cabinets ministériels.

Biographie[modifier | modifier le code]

Carrière[modifier | modifier le code]

Diplômé en 1981 de Sciences Po Paris il y soutient en 1985 une thèse de doctorat d'histoire, sous la direction de Jean-Noël Jeanneney. Cette thèse, consacrée à « Mai 68 à l'ORTF », a depuis été publiée, avec le soutien de l'Institut national de l'audiovisuel.

Diplômé de l'Institut national des langues et civilisations orientales en arabe et chinois, il devient délégué de la Fédération internationale des droits de l'homme au Liban en pleine guerre civile. Il rédige en 1984 le premier rapport sur la tragédie des civils « disparus » dans le conflit libanais et il témoigne à ce sujet devant la Commission des Droits de l'Homme de l'ONU. Il est ensuite responsable en 1986 d'un projet humanitaire dans une zone d'Afghanistan tenue par la résistance anti-soviétique[réf. nécessaire].

Conseiller des Affaires étrangères de 1988 à 2006, il a été en poste en Jordanie, en Syrie et en Tunisie, ainsi qu'aux États-Unis. Il a aussi été membre des cabinets du ministre de l'Intérieur Pierre Joxe (1990-91), du même ministre à la Défense (1991-93) et du Premier ministre Lionel Jospin (2000-2002)[2].

Il est depuis 2006 professeur associé à Sciences Po Paris[2], où il enseigne en français, en anglais, en espagnol ou en arabe[réf. souhaitée] et obtient une habilitation à diriger des recherches en 2008. Il est également chercheur au CERI [2].

Publications[modifier | modifier le code]

Il a publié en France comme à l'étranger de nombreux articles sur le monde arabo-musulman[3]. Ses livres ou ses analyses ont été diffusés dans une douzaine de langues. Ses travaux sur Al-Qaïda[4] ou le millénarisme[5] insistent sur la rupture entre cet extrémisme contemporain et la tradition islamique[6]. Il voit dans la « Révolution arabe » en cours depuis l'hiver 2010-2011 le début d'une vague historique de longue durée, une « seconde renaissance arabe »[7] qui s'inscrit dans le prolongement de la Nahda du XIXe siècle. D'une manière générale, il interprète l'histoire récente du monde arabe sous le prisme de « la lutte des peuples pour leur émancipation »[8].

Selon Jean-Dominique Merchet, ses positions ont parfois été jugées par certains experts comme « trop proches des insurgés syriens », ainsi que « trop irénique » sa présentation des révolutions arabes[9]. Pour ces mêmes raisons, Gilles Kepel décrit Jean-Pierre Filiu comme un « historien engagé »[10].

Il a par ailleurs publié deux essais biographiques sur des musiciens contemporains, l'un consacré à Jimi Hendrix (Le Gaucher magnifique), l'autre à Camaron de la Isla (La Révolution du flamenco). Il a contribué au scénario d'un roman graphique, dessiné par David B. et consacré aux relations des États-Unis avec le Moyen-Orient (le premier des trois tomes de cette série est sorti en 2011). Enfin, il a écrit les paroles d'une chanson de Zebda sur la bande de Gaza[11]. Ils se sont rencontrés en Syrie en 1998 sous le régime d'Hafez el-Assad où Zebda donnait des concerts à Damas et Alep, et où Filiu était diplomate[12].

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Mitterrand et la Palestine, Fayard, 2005
  • Les Frontières du jihad, Fayard, 2006
  • Mai 68 à l'ORTF, Nouveau Monde, 2008
  • Jimi Hendrix, le gaucher magnifique, Mille et une nuits, 2008
  • L'Apocalypse dans l'Islam, Fayard, 2008 (prix Augustin-Thierry des Rendez-vous de l'Histoire de Blois)
  • Les Neuf Vies d'Al-Qaida, Fayard 2009, réédition La véritable histoire d'Al-Qaïda, Pluriel Hachette, 2011 (présentations à l'Institut d'études avancées de Nantes ou au Sénat)
  • Camaron, la révolution du flamenco, Mille et une nuits, 2010
  • Les Meilleurs Ennemis - Une histoire des relations entre les États-Unis et le Moyen-Orient, avec David B., Futuropolis :
  1. Première partie 1783-1953, 2011[13].
  2. Deuxième partie 1953-1984, 2014.
  3. Troisième partie 1984-2013, 2016.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. [1]
  2. a, b et c Présentation sur le site du CERI
  3. À titre d'exemple ses références dans la bibliothèque d'une université espagnole
  4. Le jihad global au "Nouvel Observateur" (04.01.07)
  5. "Les Neuf vies d'Al-Qaida" sur Rue 89
  6. Entretien sur Oumma.com (16.06.08)
  7. Conférence aux rendez-vous de l'Histoire de Blois
  8. Entretien avec Jean-Pierre Filiu, extranet.editis.com, avril 2015.
  9. Jugé trop pro-révolutions arabes, Jean-Pierre Filiu n'obtient pas le prix Brienne du livre géopolitique, Jean-Dominique Merchet, lopinion.fr, 25 septembre 2013
  10. L’univers impitoyable des experts en islam, slate.fr, 6 mars 2016
  11. Extrait sonore disponible en ligne.
  12. « Un prof à Sciences Po écrit une chanson sur Gaza pour Zebda », francetvinfo.fr, 9 octobre 2012.
  13. Compte-rendu dans Du Grain à moudre du 29/08/2011.
  14. Présentation sur France 24
  15. Comolet Emmanuel, «  Jean-Pierre Filiu, La Révolution arabe. Dix leçons sur le soulèvement démocratique  », Afrique contemporaine 4/2011 (n° 240) , p. 170-172, en ligne, DOI:10.3917/afco.240.0170

Liens externes[modifier | modifier le code]