Parti démocratique du Kurdistan

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Emblème du PDK.

Le Parti démocratique du Kurdistan (PDK) est un parti politique kurde dirigé par l'actuel président du gouvernement régional du Kurdistan, Massoud Barzani. Au niveau international, le parti est affilié à l'Alliance mondiale des démocrates.

Fondation[modifier | modifier le code]

Fondé en 1946, par le général Moustapha Barzani, leader des révoltes kurdes des années 1960, il a représenté pendant deux décennies l'unique parti combattant pour la cause kurde[réf. nécessaire].

Histoire[modifier | modifier le code]

République de Mahabad[modifier | modifier le code]

La première action du PDK a été celle d'aller soutenir ses compatriotes Kurdes ayant proclamé, en janvier 1946, sous influence soviétique, la République de Mahabad. Barzanî et ses hommes, en majorité issus du clan de Barzan, se rendent alors à l'Est du Kurdistan en 1946, où ils assisteront en fin d'année à la chute de la République de Mahabad et à l'exécution des leaders, dont Qazi Mihemed. Barzani et ses hommes, surnommés les Peshmerga (littéralement : ceux qui font face à la mort) se réfugient alors en URSS, où ils resteront jusqu'à leur retour en 1958.

Lutte contre l'Irak[modifier | modifier le code]

Article connexe : Conflit kurde en Irak.

À son retour en Irak, le général Barzani rassemble des hommes sous son commandement pour un seul objectif : l'autonomie. Il mène une lutte contre le gouvernement irakien du général Abdel Karim Kassem), puis de ses successeurs, à partir de 1961. En mars 1970, des accords sont signés, ainsi qu'un cessez-le-feu. Ces accords prévoient l'autonomie du Kurdistan. Cependant, ils sont bafoués et les Peshmerga reprennent leur lutte en 1974. Après la mort de son père en 1979, Massoud Barzani prend la tête du parti. En pleine guerre Iran-Irak, le parti et son frère-ennemi l'UPK tentent de continuer leur lutte en s'alliant avec l'Iran, en considérant le célèbre dicton "L'ennemi de mon ennemi est mon ami". Le peuple kurde en paya les conséquences : le , à la fin de la guerre, Halabja, un village kurde, fut gazé par l'aviation irakienne. Bilan: plus de 5000 morts sur le coup[réf. nécessaire].

Toutefois, en 1991, les deux partis ennemis kurdes profitent de la guerre du Golfe pour obtenir le statut autonome du Kurdistan.

La guerre contre le régime irakien s'étant atténuée, une guerre civile éclata, opposant les partisans du PDK et ceux de l'UPK.

Le PDK s'allie au gouvernement de Saddam Hussein dans les années 1990[1].

Situation actuelle[modifier | modifier le code]

Le parti est dirigé par Massoud Barzani, actuel président du Kurdistan. Le PDK dispose d'une agence de renseignement, le Parastin, depuis 1965[2].

Le PDK contrôle les deux tiers nord du Kurdistan irakien, le tiers sud étant contrôlé par l'Union patriotique du Kurdistan de Jalal Talabani. Dans les faits les deux partis sont aujourd'hui alliés et contrôlent ensemble la région.

Dans les années 1970 et ce jusqu'à sa prise de contrôle par le Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), le Nord du Kurdistan soutenait fortement le PDK et Barzani. Ainsi, un grand nombre de peshmerga sous le commandement de Barzani étaient originaires du Nord. De même, le PDK disposait de bases arrières dans le Nord, notamment dans la province de Colemerg (en turc : Hakkari).

En 2014, le PDK se retire de ses positions dans la région des Monts Sinjar, où vit une forte concentration de populations Yézidis, abandonnant ces dernières au groupe État islamique[3]. Le PKK et les YPG interviennent et établissent un « corridor humanitaire » pour permettre l'évacuation vers la Syrie des Yézidis, et finalement reprennent la région[3]. En 2016 et 2017 des attaques ponctuelles du PDK contre des milices yézidis sont rapportées. Toutefois, selon le chercheur Matthew Barber, ces attaques n'auraient pas de motivations religieuses ou ethniques mais viseraient plutôt à contrôler politiquement des populations réticentes à l'influence du PDK[4].

Dans les villages chrétiens, le PDK destitue les autorités élues pour les remplacer par des membres du parti[5].

Références[modifier | modifier le code]

  1. « Victoire éclair des Kurdes alliés de Bagdad Le PDK et l'armée irakienne ont chassé l'UPK de son fief Souleimanieh. », Libération.fr,‎ (lire en ligne).
  2. Jean-Claude Cousseran,Philippe Hayez, « Chapitre 3 La généalogie du renseignement contemporain », dans Renseigner les démocraties, renseigner en démocraties, Paris, Odile Jacob, (ISBN 978-2738132413)
  3. a et b « Reportage au Kurdistan irakien, avec les combattantes yézidies », Marianne,‎ (lire en ligne).
  4. (en) « KRG Targets Minorities Ahead of Kurdistan Independence Referendum — Part One: Exploiting the Yazidi Genocide », Syria Comment,‎ (lire en ligne).
  5. Max J. Joseph, « On the Removal of Assyrian Mayors in Nineveh by the Kurdistan Democratic Party (KDP) », sur Medium, (consulté le 18 septembre 2017)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]