Peshmerga

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Peshmerga
(ku) Pêşmerge
Le drapeau du Kurdistan est utilisé comme emblème du Peshmerga.
Le drapeau du Kurdistan est utilisé comme emblème du Peshmerga.

Création 2003
Dissolution présent
Pays Drapeau de l'Irak Irak
Branche Zeravani
Rôle Garde régionale de l'armée
Effectif 190 000[1]
Garnison Parlement du Kurdistan
Marche Ey Reqîb
Guerres Première insurrection kurde irakienne (1961-1970) (en)
Deuxième insurrection kurde irakienne (1974-1975) (en)
Troisième insurrection kurde irakienne (1975-1979) (en)
Quatrième insurrection kurde irakienne (1983-1986) (en) Guerre du Golfe
Insurrection en Irak (1991)
Guerre civile kurde irakienne (1994-1997) (en)
Guerre d'Irak
Opération Viking Hammer
Deuxième guerre civile irakienne
Batailles Génocide kurde
Opération liberté irakienne
Commandant Massoud Barzani
Commandant historique Cheikh Saïd
Moustapha Barzani
Qazi Muhammad
Massoud Barzani
Jalal Talabani

Peshmerga (en kurde : Pêşmerge) est un terme utilisé par les Kurdes pour qualifier généralement les combattants kurdes. C'est aussi le terme officiel du Gouvernement régional du Kurdistan pour qualifier les forces armées du Kurdistan irakien.

Étymologie[modifier | modifier le code]

Le mot Peshmerga (en persan : پس از مرگ : pīs āz merga, face à la mort  ; kurde : پێشمەرگە : pêş (devant, au devant) + merg (mort) + a (suffixe de la 3e personne)), « qui est au devant de la mort » désigne un combattant qui se battra jusqu'à la mort.

Historique[modifier | modifier le code]

Désormais massivement déployés dans les territoires disputés entre le gouvernement autonome kurde, basé à Erbil, et le pouvoir central de Bagdad, ils sont parvenus à reprendre la ville stratégique de Kirkouk, le 12 juin 2014. Une victoire qui place le Kurdistan irakien en position de force vis-à-vis du gouvernement national. « Maliki [le Premier ministre irakien, ndlr] sait qu’il aura du mal à se passer de l'aide kurde. Sans les Peshmerga, qui sont des soldats aguerris, l'armée irakienne peinera à reconquérir seule les villes aux mains des djihadistes », explique Karim Pakzad, spécialiste de l'Irak à l'Institut de relations internationales et stratégiques (IRIS).

Les Peshmerga, littéralement « ceux qui affrontent la mort », sont les combattants des forces armées du Kurdistan irakien, région autonome située dans le nord du pays. Aussi bien opposés à Bagdad qu'aux islamistes, ils ont toujours su repousser les attaques de l'État islamique, même par le passé. « Depuis 1992, cette armée a préservé la sécurité intérieure du Kurdistan (dans Irak) et a souvent servi de fer de lance aux actions de contre-guérilla, lors de la période de présence américaine », explique Michel Goya, historien militaire, dans une tribune publiée par le Huffington Post. Ces succès militaires ont permis aux Kurdes « de reprendre pied dans les régions dont ils avaient été chassés sous Saddam Hussein », affirme-t-il[2].

Revendications[modifier | modifier le code]

L'actuelle position de force des Peshmerga est l'occasion de passer leurs revendications au premier plan parmi lesquelles Kirkouk et l'indépendance.

Kirkouk[modifier | modifier le code]

Article connexe : Kirkouk.

Considérée comme capitale historique du Kurdistan aux yeux des Peshmerga, Kirkouk est l'une des plus grandes villes pétrolières d'Irak. Depuis l'intervention américaine de 2003, ils réclament que la ville revienne dans leur giron par le biais d'un référendum, ce qui leur permettrait de bénéficier directement des revenus de l'or noir et d’atteindre une indépendance économique totale. Mais Bagdad s'y refuse farouchement et a déjà repoussé à maintes reprises l'organisation d'un scrutin.

Indépendance[modifier | modifier le code]

En Irak, le Kurdistan bénéficie d'un statut particulier de province autonome depuis 2005, avec comme capitale officielle la ville d'Erbil. Mais le gouvernement kurde ne cache pas son ambition de se désolidariser de l'Irak pour fonder son propre état indépendant. Actuellement, Bagdad est l'un des seuls gouvernements, avec celui de Téhéran, à reconnaître le Kurdistan en tant qu'entité politique régionale. En Turquie et en Syrie, les Kurdes ne sont pas considérés comme étant établis dans une même région. Au vu de l’efficacité des Peshmerga sur le terrain, Bagdad pourrait bien être contrainte de concéder l'indépendance au Kurdistan en échange d'une aide militaire des combattants kurdes pour débarrasser l'Irak des djihadistes de l'EIIL.

Une protection régionale[modifier | modifier le code]

Depuis le début de la deuxième guerre civile irakienne en 2014, les peshmergas ont constitué une ligne défensive d'un millier de kilomètres de long face à l'expansion de l'État islamique. Les Kurdes se disent globalement confiants en la capacité de ces combattants à protéger leur territoire. Ils parviennent également à créer un consensus plus large, dans les régions de Ninive, Kirkouk, Diyala, etc., auprès des minorités chrétienne et yézide menacées par les djihadistes. Parmi les centaines de milliers de personnes fuyant les combats, la plupart affluent vers le Kurdistan pour trouver refuge. Selon le gouvernement kurde, au moins 150 000 personnes avaient franchi les frontières de la région au milieu de 2014. En mars 2015, ce sont plus d'un million de déplacés irakiens, s'ajoutant à 225 000 réfugiés syriens, qui trouvent un abri au Kurdistan irakien[3].

Les combats entre les djihadistes de l'EI et les peshmergas, d'abord limités (sept tués chez ces derniers en juin 2014), se sont intensifiés à partir d'août 2014. Entre cette date et février 2015, les pertes des peshmergas sont estimées à plusieurs centaines de tués et plusieurs miliers de blessés[4].

Soutien en Occident[modifier | modifier le code]

Depuis l’offensive de Daech en 2014, les Kurdes et les djihadistes de l’Armée islamique s’opposent intensivement, tant sur le front syrien et que sur le front irakien. La coalition occidentale (qui regroupe notamment les États-Unis, la France et la Grande-Bretagne) apporte aux peshmergas une aide aérienne et logistique dans les combats contre Daech[5].

Le 31 mars 2015, une délégation de combattants kurdes, conduite par Bernard-Henri Lévy, rencontre le président François Hollande et le ministre français de la Défense, Jean-Yves Le Drian. La délégation comprend notamment : Mustafa Qadir Mustafa, ministre des peshmergas ; Serwan Sabir Mustafa Barzani, commandant du 6e secteur ; le Major Général Aziz Waysi Izzadin, commandant en chef des unités spéciales ; le brigadier général Bakhtyar Mohammed Sidiq, commandant de la 13e brigade et le brigadier général Salar Ibrahim Saber, chef du Joint Operation Center[6]. Les chefs militaires kurdes ont exprimé, à cette occasion, leur reconnaissance à la France.

Effectifs et équipements[modifier | modifier le code]

Les Peshmerga, depuis longtemps entraînés et équipés par l'armée américaine, constituent une force particulièrement importante au regard de l'étendue de son territoire. Selon Michel Goya, en 2014, ils constituent la force militaire « la plus puissante » du territoire irakien, devant l'armée régulière. Cependant, « les capacités offensives de l'armée kurde sont également limitées », d'après ce spécialiste: « Elle peut, au mieux – mais ce serait déjà considérable –, réoccuper Mossoul et contrôler la frontière avec la Syrie, en liaison avec la guérilla kurde syrienne sur place […]. Elle peut même, en conjonction avec les forces de Bagdad, réoccuper le Tigre mais ce serait sans doute pour s'y engager dans une contre-guérilla permanente »[2].

Les Peshmerga possèdent de l'artillerie lourde, des hélicoptères et des chars. Leur force principale est l'infanterie, mais son effectif est mal connu: estimée entre 200 000 et 250 000 hommes en septembre 2014[2], elle ne compterait en fait que 100 000 à 190 000 hommes en juillet 2015[7]. Après une série de combats indécis contre l'État islamique en 2014-2015, la force militaire des Peshmerga est en cours de réorganisation: les Américains ont entrepris d'équiper à neuf et entraîner 12 brigades dont 3 devraient commencer leur entraînement en août 2015[7]. Deux divisions de l'armée irakienne sont intégrées aux forces kurdes: la 70e et la 80e, dépendant des deux principaux partis politiques kurdes, respectivement l'Union patriotique du Kurdistan et le Parti démocratique du Kurdistan. Cette politisation des Peshmerga pose de sérieux problèmes de cohésion[7].

Par ailleurs, les forces kurdes intègrent plusieurs milices autonomes comme les Unités de défense du Sinjar (HPS), estimées à 5 000 combattants dont 400 femmes, recrutées dans la minorité religieuse des Yézides[8], ou la milice chrétienne de Qaraqosh, estimée à quelques centaines d'hommes, reconstituée après la prise de cette ville par l'EI[9].

Véhicules armés[modifier | modifier le code]

Nom Pays d'origine Type
T-54/T-55[10] Drapeau de l'URSS Union soviétique Char de combat principal
T-62 Drapeau de l'URSS Union soviétique Char de combat principal
T-72[10],[11] Drapeau de l'URSS Union soviétique Char de combat principal
BMP-1 Drapeau de l'URSS Union soviétique Véhicule de combat d'infanterie
MT-LB Drapeau de l'URSS Union soviétique Véhicule de transport de troupes
BRDM-2 Drapeau de l'URSS Union soviétique Véhicule de transport de troupes

Véhicules logistiques et utilitaires[modifier | modifier le code]

Nom Pays d'origine Type Notes
Ural-5323 Drapeau de la Russie Russie Transport (8x8 10-tonnes)
GAZ-33097 Drapeau de la Russie Russie Transport (4x4 2-tonnes)
GAZ-66 Drapeau de la Russie Russie Transport (4x4 2-tonnes)
Humvee[12] Drapeau des États-Unis États-Unis Transport

Artillerie[modifier | modifier le code]

Nom Pays d'origine Type
2S1 Gvozdika Drapeau de l'URSS Union soviétique Canon automoteur
BM-21 Grad Drapeau de l'URSS Union soviétique Lance-roquettes multiple
Type 63 Drapeau de la République populaire de Chine Chine Lance-roquettes multiple
M56 Drapeau de l'URSS Union soviétique Obusier
D30 Drapeau de l'URSS Union soviétique Obusier
M30 Drapeau de l'URSS Union soviétique Obusier
D1 Drapeau de l'URSS Union soviétique Obusier

Mortiers[modifier | modifier le code]

Nom Pays d'origine Type
Vasilek Drapeau de l'URSS Union soviétique Mortier
M252 Drapeau : Royaume-Uni Royaume-Uni Mortier
M-29 Drapeau des États-Unis États-Unis Mortier
M-224 Drapeau des États-Unis États-Unis Mortier
M1938 Drapeau de l'URSS Union soviétique Mortier

Armes antiaériennes[modifier | modifier le code]

Nom Pays d'origine Type
ZU-23-2 Drapeau de l'URSS Union soviétique Arme antiaérienne
KS-30 Drapeau de l'URSS Union soviétique Arme antiaérienne
Type 63 Drapeau de l'URSS Union soviétique Arme antiaérienne

Hélicoptères[modifier | modifier le code]

Nom Pays d'origine Type
Mil Mi-17[citation nécessaire] Drapeau de l'URSS Union soviétique Hélicoptère
Mil Mi-8[citation nécessaire] Drapeau de l'URSS Union soviétique Hélicoptère
Sikorsky S-333[13],[14],[15] Drapeau des États-Unis États-Unis Hélicoptère
Bell OH-58 Kiowa[citation nécessaire] Drapeau des États-Unis États-Unis Hélicoptère
Eurocopter EC120 Colibri[16],[17] Drapeau de la France France Hélicoptère

Références[modifier | modifier le code]

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]