Écuyer (gentilhomme)

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Corps de pages de l'Armée prussienne.

L’écuyer (du bas latin scutarius « soldat de la garde impériale qui portait un bouclier », dérivé en -arius du latin scutum « écu »[1]) est, à l'origine, un gentilhomme ou un anobli qui accompagne un chevalier et porte son écu. De là, écuyer a été employé comme titre pour un jeune homme qui se prépare à devenir chevalier par adoubement. Le terme est ensuite devenu, à l'époque moderne, un rang détenu par tous les nobles d'une noblesse ancienne de plusieurs générations, non titrés (abréviation : Ec.). En anglais le mot, sous sa forme esquire, est utilisé, placé après le nom, comme un titre de respect sans signification particulière pour indiquer un haut rang social mais indéterminé (abréviation Esq.). C'est toujours un titre de noblesse en Belgique (également connu sous le nom de « Jonkheer » en néerlandais).

Écuyers au temps des chevaliers[modifier | modifier le code]

Les chevaliers, à l'époque des tournois, devaient présenter leurs armes afin de s'identifier. Ils étaient assistés en cela par leur écuyer, jeune homme chargé de tenir leur écu armorié. En général, l'écuyer s'occupait également de l'équipement du chevalier et de son cheval, et il apprenait le métier de chevalier à partir de 14 ans ; ceci explique les sens dérivés d'écuyer comme apprenti chevalier, puis comme voltigeur à cheval (au cirque).

Lorsque des figures distinctives ornent l’écu, l’écuyer qui porte l’écu peut représenter le chevalier, même en son absence. L'écuyer qui porte l'écu sur sa poitrine est d'ailleurs sans doute à l'origine des tenants, dans les ornements extérieurs des armoiries, puisque les cinq régions principales de l'écu (chef, cœur, flancs dextre et sénestre, pointe) renvoient justement aux parties du corps de celui-ci. Comme l’écuyer est vu de face, « dextre » et « sénestre » sont inversés en héraldique par rapport à leur signification primitive : la dextre de l’écuyer est à la gauche de l’observateur, et inversement.

Offices d'écuyers modernes[modifier | modifier le code]

À partir du XIVe siècle apparaissent, dans les cours princières, des charges d'écuyer sans rapport avec la chevalerie. Il existe différents offices d'écuyers : le grand écuyer qui a la charge des chevaux de selle de la Cour et l'écuyer tranchant, qui découpe la viande royale ; à la Cour de France, il y a également un premier écuyer qui s'occupe des chevaux de trait de la Cour.

Le grand écuyer[modifier | modifier le code]

Le Grand écuyer de France communément appelé « monsieur le grand » était l'un des grands officiers de la couronne de France pendant l’ancien Régime. Il était responsable des écuries royales. Il dirigeait personnellement la Grande Écurie du roi à Versailles, alors que son subordonné, le premier écuyer de France (voir plus bas) usuellement appelé « monsieur le premier », avait la charge de la Petite Écurie. La première était principalement composée des commanderies chevalières ainsi que du haras royal, tandis que la seconde s'orientait vers les montures d'usage civil, tels que les carrosses et autres voitures.

Le Grand écuyer de France dirigeait l’École des pages du roi en sa Grande Écurie réservée aux fils des familles de la noblesse militaire remontant à au moins 1550, tandis que son adjoint le premier écuyer (voir ci-dessous), dirigeait celle des pages de la Petite Écurie, réservée aux fils des familles de la noblesse remontant à au moins 1550[2]. La réception comme page du roi en sa Grande Écurie ou sa Petite Écurie était, pour une famille, un honneur qui venait juste après celui des Honneurs de la Cour.

L'écuyer tranchant[modifier | modifier le code]

Ornements extérieurs de l'écu du grand écuyer tranchant.

En 1306, une ordonnance de Philippe le Bel, précise que le premier « valet tranchant », qui prendra par la suite le nom de « Premier écuyer tranchant », avait la garde de l'étendard royal, et qu'il devait dans cette fonction marcher à l'armée « le plus prochain derrière le roi, portant son panon qui doit aller çà et là partout où le roi ira, afin que chacun connaisse où le roi est. »[3]

Ces deux charges étaient possédées par la même personne sous Charles VII et sous Charles VIII, et l'ont presque toujours été depuis. C'était sous cet étendard royal, nommé depuis cornette blanche, que combattaient les officiers commensaux du roi, les seigneurs et gentilshommes de sa maison, et les gentilshommes volontaires.

En temps de paix, il est l'officier de bouche qui découpe les aliments à la table du Souverain, le plus souvent il s'agit de la viande : tenant la pièce de viande dans une fourchette de la main gauche, il la tranche avec son épée dans la main droite sans que jamais les doigts ne touchent la viande[4]. Par extension il porte également ce titre dans les maisons princières et aristocratiques, se distinguant alors du Grand (écuyer) tranchant qui appartient à la maison du Roi. Le terme « écuyer de cuisine » désigne le maître cuisinier d'un Prince ou d'un grand Seigneur[1].

Ce gentilhomme avait le droit d'ajouter à ses armoiries un couteau et une fourchette placés en croix et au manche une couronne royale[5].

Le premier traité consacré à cette fonction est l’Arte cisora, écrit en 1423 par Henri de Villena : ce manuel témoigne de la professionnalisation de cet office, la Renaissance voyant se développer un art de la découpe espagnol, italien et français[6].

Le premier écuyer[modifier | modifier le code]

Le Premier écuyer usuellement appelé « monsieur le premier », est l'adjoint du Grand écuyer de France appelé pour sa part « monsieur le grand » (voir ci-dessus). Il commande la Petite Écurie du roi, c'est-à-dire les chevaux dont sa majesté se sert le plus ordinairement, les carrosses, les calèches, les chaises à porteurs. Il commande notamment en son sein, l'école des pages du roi en sa Petite Écurie réservée aux fils des familles de la noblesse remontant à au moins 1550[7] et les valets-de-pieds attachés au service de la Petite Écurie, desquels il a droit de se servir, comme aussi des carrosses et chaises du roi. La réception comme page du roi en sa Petite Écurie était, pour une famille, un honneur qui venait juste après celui des Honneurs de la Cour et celui de la réception comme page du roi en la Grande Écurie.

Le Premier écuyer doit donner la main à sa majesté, si elle a besoin d'aide, pour monter en carrosse ou en chaise (écuyer de main par opposition à l’écuyer cavalcadour qui a soin des chevaux dont le prince se sert ordinairement)[8].

Le Premier tranchant est l'écuyer de la maison de la reine[1].

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. a, b et c Définitions lexicographiques et étymologiques de « écuyer » du Trésor de la langue française informatisé, sur le site du Centre national de ressources textuelles et lexicales
  2. sur les preuves à fournir pour être reçu page du roi en sa grande ou sa petite écurie voir : [1]
  3. http://www.blason-armoiries.org/institutions/e/ecuyer-tranchant.htm
  4. Elisabeth Latrémolière, exposition « Festins de la Renaissance » du 7 juillet au 21 octobre 2012, Château Royal de Blois
  5. Brigades de cuisine
  6. Beaujarret, « Alimentation de cour, alimentation à la cour : Sources et problèmes (du Moyen Âge à l’Époque contemporaine) » , 29 septembre 2008
  7. sur les preuves à fournir pour être reçu page du roi en sa Petite Écurie voir : [2]
  8. http://www.blason-armoiries.org/institutions/e/ecuyer-du-roi.htm