Psychopompe

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En mythologie, un dieu psychopompe (en grec ancien ψυχοπομπóς / psykhopompós, signifiant littéralement « guide des âmes ») est un conducteur des âmes des morts (comme un guide ou un passeur).

Beaucoup de croyances et de religions possèdent des esprits, des déités, des démons ou des anges qui ont la tâche d'escorter les âmes récemment décédées vers l'autre monde, comme le Paradis ou l'Enfer. Ils sont souvent associés à des animaux tels que les chevaux, les phoques, les corbeaux, les chiens, les chouettes, les moineaux, ou encore les dauphins. Chez certains peuples sibériens, un cheval sacrifié par le chaman sert également de psychopompe.

Dans les différentes mythologies et cultures[modifier | modifier le code]

Afrique[modifier | modifier le code]

Mythologie égyptienne[modifier | modifier le code]

Anubis penché sur une momie

Dans la mythologie égyptienne, le dieu Anubis est considéré comme un psychopompe. Il escorte les âmes des défunts dans l'autre monde afin qu'il ne leur arrive rien de fâcheux avant d'arriver au tribunal ou elles seront jugées avant d'atteindre le paradis.

Vaudou[modifier | modifier le code]

Les Guédé sont des esprits de la mort dans le vaudou. Ils sont vus comme des psychopompes, car ils ont pour rôle de mener les morts vers l'autre vie.

Amérique[modifier | modifier le code]

Mythologie maya[modifier | modifier le code]

Seule représentation connue d'Ixtab.

En Amérique précolombienne, Ixtab était la déesse du suicide de la religion maya. Elle devait guider les âmes des suicidés jusqu'au paradis.

Mythologie inuit[modifier | modifier le code]

Pinga, déesse de la chasse, de la fertilité et de la médecine, guide aussi les âmes vers l'Adlivun (la vie après la mort).

Asie[modifier | modifier le code]

Tradition japonaise[modifier | modifier le code]

Au Japon, les Shinigami sont des dieux psychopompes, des personnifications de la mort (comme la Faucheuse des traditions européennes).

Monothéisme[modifier | modifier le code]

L'archange Michel est psychopompe et juge pour la psychostasie.

Europe[modifier | modifier le code]

Mythologie celte[modifier | modifier le code]

Dans la mythologie celte, l'Ankou est le serviteur de la mort, dont le rôle est de collecter les âmes des défunts récents dans sa charrette grinçante.

On attribue aussi la fonction de psychopompe à Épona[1].

Manannan Mac Lir et son équivalent gallois Manawyddan Fab Llyr jouent également ce rôle. Gwynn ap Nudd, un des messagers de l'Annwvyn (l'autre monde des celtes), y guide les défunts accompagné d'une meute de chiens fantastiques.

Ogmios, dieu de la parole et de l'éloquence, accompagne aussi les morts dans l'autre monde[2].

Mythologie étrusque[modifier | modifier le code]

Le dieu Turms des étrusques est un génie psychopompe.

Mythologie grecque[modifier | modifier le code]

Le dieu Charon a pour rôle de faire passer sur sa barque, moyennant un péage, les âmes des défunts vers le séjour des morts.

Le dieu messager Hermès et son équivalent romain Mercure est aussi chargé de les conduire vers Hadès, maître des enfers.

Mythologie scandinave[modifier | modifier le code]

Représentation d'Odin sur Sleipnir.

Un Helhest, cheval mythique à trois pattes, est un cheval fantôme monté par la Mort. Entendre ses pas s'avère mortel. Il pouvait aussi s'agir d'un cheval enterré vivant dans un cimetière afin de guider les morts.

Le dieu Odin est aussi, entre autres, psychopompe. Sleipnir, son cheval fabuleux à huit jambes, semble aussi avoir tenu ce rôle.

Mythologie slave[modifier | modifier le code]

Vélès accueille les morts près du portail que traversent les âmes pures.

Dans la culture populaire[modifier | modifier le code]

  • L'album Le Psychopompe de Gabriel Delmas reprend le thème d'Hermès psychopompe.
  • Le roman de science-fiction Les Psychopompes de Klash raconte comment une civilisation antique tente de revenir à la vie : leurs esprits sont enregistrés dans des ordinateurs "psychopompes" capables de télécharger une personnalité dans un corps d'emprunt.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Jean Chevalier et Alain Gheerbran, Dictionnaire des symboles, Robert Laffont, 736 p. (ISBN 2-221-08716-X)
  2. Xavier Delamarre, Dictionnaire de la langue gauloise, éd. Errance, Paris, 2003, p. 238 (ISBN 2-87772-237-6)

Voir aussi[modifier | modifier le code]