Tino Rossi

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Tino Rossi
Description de l'image Tino Rossi portrait années 1930.JPG.
Informations générales
Nom de naissance Constantin Rossi
Naissance
Ajaccio, Corse, Drapeau de la France France
Décès (à 76 ans)
Neuilly-sur-Seine, Drapeau de la France France
Activité principale Chanteur, acteur
Genre musical Opérette
Chanson française
Ballade
Instruments Guitare
Années actives 1932-1983
Labels Columbia

Constantin Rossi, dit Tino Rossi, est un chanteur interprète et acteur français, né le 29 avril 1907 à Ajaccio et mort le 26 septembre 1983 à Neuilly-sur-Seine. Il est le seul artiste français à avoir vendu plus de 500 millions de disques dans le monde entier[1],[2].

Biographie[modifier | modifier le code]

Premières années - Premiers succès[modifier | modifier le code]

Tino Rossi est né à Ajaccio, 43 rue Fesch[n 1]. Son père Laurent est artisan tailleur. Sa mère Eugénie se consacre, en plus de l'atelier familial, à sa grande famille de huit enfants. Constantin porte le prénom de l'un de ses frères, décédé en bas âge à la fin de l'année 1906. Dès son enfance, il aime chanter, chante tout le temps et tous ceux qui l'entourent lui reconnaissent une voix très pure. Bien que doté d'une grande mémoire, il préfère l'école buissonnière aux études studieuses. À moins de 20 ans, il rencontre Annie Marlan (1907-1981), l'une des violonistes venues donner un concert à la terrasse du café Napoléon, sur le cours ajaccien du même nom, en tombe amoureux, part avec elle sur la Côte d'Azur, l'épouse à Toulon et devient vite le jeune père de Pierrette (1927-2011)[n 2]. Mais Tino a du mal à trouver un travail stable à Toulon et Annie demande rapidement le divorce.

De retour penaud à Ajaccio, le voici, pistonné par les relations de son père, changeur au casino dont la brune secrétaire du directeur, Faustine Fratani (1912-1985), devient sa deuxième épouse. Hélas, le casino brûle en 1929. Nouveau départ pour le continent dans l'espoir d'une embauche au casino d'Aix-en-Provence. Les recommandations du premier adjoint au maire de la ville, un ami de la famille Rossi, restant sans résultat, le couple s'installe à Marseille dans une chambre miteuse du quartier des Réformés, en haut de la Canebière. De repas trop légers en boulots trop temporaires (voiturier, plongeur, portier de boîte de nuit...), Tino Rossi traverse les mois les plus pénibles de sa vie ; sa réussite et sa pudeur l'empêcheront de les détailler... Sa seule consolation, retrouver au bar « Le Terminus » les étudiants corses de la faculté de droit d'Aix-en-Provence et chanter pour eux, tous (Raymond Filippi, Dominique Stefanaggi, Alfred Albertini, Jean Orsoni...) futurs ténors du barreau ou magistrats de renom[3],[n 3].

« Chanteur de charme »[modifier | modifier le code]

Pour l'heure, c'est le baryton-basse provençal Adrien Legros (1903-1993) qui le remarque, lui donne des conseils pour mieux respirer et poser sa voix et le met en relation avec le producteur de tournées Louis Allione, dit Petit Louis, qui le produit non sans succès sur de petites scènes de l'arrière-pays aixois (la toute première fois, en 1930, dans le village vauclusien de Lauris[n 4]) en le présentant comme « Le Roi des chanteurs de charme ». Inventée pour lui, l'expression « chanteur de charme » fera florès... Constantin choisit alors de devenir Tino en se rappelant la façon dont l'évêque d'Ajaccio avait, en le bénissant lors de sa confirmation, détaché les syllabes de son prénom : « Constant-tino »[4].

En 1932, à Marseille, alors qu'il arpente avec son père la rue Saint-Ferréol, son attention est attirée par une pancarte sur la devanture d'un magasin : « Enregistrez votre voix pour cent sous »[n 5]. Tino enregistre ainsi un disque en fer blanc qu'il destine à sa mère, comme le fera vingt ans plus tard Elvis Presley. Un représentant de la maison de disques Parlophone, présent dans la boutique, l'entend et l'invite à Paris pour enregistrer, moyennant 1 000 francs, son premier vrai disque, qui est aussi le premier disque de chansons corses jamais gravé puisqu'il comprend O Ciucciarella et la berceuse Nini-Nanna[5],[n 6].

Toujours à Marseille, le 3 mars 1933, Tino est engagé « en qualité de ténorino » par Justin (Tintin) Milliard à l'Alcazar pour sept jours et quatorze représentations avant de passer sur une autre scène mythique de la ville, le Théâtre des Variétés[6].

Son contrat avec Columbia[modifier | modifier le code]

Vient rapidement le tour de la maison de disques Columbia de s'intéresser à lui. Séduit par le dynamisme entreprenant et novateur (notamment dans le domaine de la publicité) de son directeur, Jean Bérard, il signe un contrat en 1933 et enregistre parmi d'autres chansons : La Sérénade de Toselli, J’ai rêvé d'une fleur, L'Aubade du roi d’Ys, Le Tango de Marilou (son premier tube) et Venise et Bretagne, qui berça l'enfance très francophile de la reine d'Angleterre Elizabeth II[7].

Le succès de ces premiers enregistrements est prometteur. Un courrier abondant commence à arriver chez Columbia. La firme comprend qu'elle tient un « oiseau rare » et l'intègre dans ses tournées, où il côtoie les grands artistes Lucienne Boyer, Damia, Pills et Tabet, Mireille, Jean Sablon...

Dopé par ses premiers succès, Tino Rossi, classé « Chanteur » et également inscrit à la rubrique « Ténor » dans les catalogues des disques Columbia des années 1930 répertoriant les interprétations classiques, souhaite l’accord de Reynaldo Hahn avant d’enregistrer ses mélodies D’une prison et Paysage. Confiant en son « poulain », Jean Richard, le directeur des studios Columbia à Paris[n 7], décide d’organiser l’enregistrement à l’insu du Maître, le 9 juillet 1935. Tino Rossi ne connut jamais la réponse à sa requête. Néanmoins, la qualité de ses gravures fit dire – peut-être non sans quelque ironique dépit – à Reynaldo Hahn : « [Sa] voix tire son attrait de cette matière somnambulique, de cette simplicité poussée à l'excès avec un art, probablement inconscient, du modelage musical[8]. »

Le 16 janvier 1963, au cours de son triomphal « Musicorama », retransmis en direct depuis la scène de l'Olympia par Europe no 1, dont son ami Lucien Morisse (découvreur de Dalida) est directeur de la programmation, en énième rappel, Tino Rossi reprendra a cappella D’une prison devant une salle l'ovationnant debout. Dans le public, une jeune Grecque émue aux larmes, Nana Mouskouri.

Après un court passage chez Parlophone en 1932 pour son premier disque, Tino Rossi n'a jamais quitté sa maison de disques Columbia (devenue en 1949 une filiale de Pathé-Marconi puis renommée EMI). Clins d'œil de l'histoire : en 1936, la maison Parlophone est absorbée par Columbia qui réédite, cette même année, l'enregistrement de 1932 ; depuis 2013, EMI s'appelle... Parlophone Music France.

De la scène à la radio[modifier | modifier le code]

Sa carrière prend une dimension essentielle au music-hall. Après l’A.B.C., où le public lui a réservé un honnête succès, il est engagé par Henri Varna et Audiffred au Casino de Paris pour la revue Parade de France, consacrée au folklore des provinces. En bottes, chemise et pantalon bouffants, guitare à la main et veste sur l'épaule, il campe un chanteur corse de carte postale[9] et obtient dès le premier soir (le 14 octobre 1934) un triomphe inédit grâce à deux chansons que Vincent Scotto vient de composer pour lui, Ô Corse, île d'amour et Vieni... Vieni... Les deux hommes travailleront sur bien d'autres chansons jusqu'à la mort de Vincent Scotto, en novembre 1952.

En 1936, il remonte sur la scène du Casino de Paris pour le spectacle Tout Paris chante, mais cette fois en tête d'affiche.

Parallèlement, il vend de plus en plus de disques, à savoir 80 000 par mois quand la deuxième vente culmine à 6 000[10]. Dans ces années 1930, l'industrie du disque balbutie et la radio n'est pas encore un objet familier. Elle va bientôt donner aux artistes une audience nouvelle, avec ce que cela représente sur les ventes de disques. Dans le cas de Tino Rossi, sa voix est tellement présente sur les ondes qu'en 1939, il demande lui-même, par écrit, aux stations de moins le programmer car il craint de lasser les auditeurs[11]. Si le disque et la radio ont largement stimulé la carrière de Tino Rossi, ils n'en ont pas moins trouvé en lui un support essentiel de pénétration dans les foyers...

Sa fulgurante percée tient aussi à son physique à la Rudolph Valentino. Vincent Scotto rappelle, dans ses Souvenirs de Paris[n 8], l'attraction qu'exerce son ami Tino sur la gent féminine : « Les femmes s’approchaient de lui avec une telle férocité que si je n’étais pas collé à lui pour monter en voiture, si dans la bousculade je me laissais distancer de quelques mètres, il me fallait renoncer à lui, et la voiture partait sans moi. Les femmes étaient avides de le voir de près, certaines se seraient laissé piétiner plutôt que de céder leur place [...]. » Et d'ajouter : « Sa voix de rêve a enchanté presque tous les cœurs du monde. Quel philtre mystérieux possède cette voix pour troubler ainsi quand il chante ! On est charmé et on l’écoute recueilli. Une chanson embellit la vie, Tino embellit tout ce qu’il chante. »[n 9] Car Tino Rossi est devenu une idole, la première dans l'histoire de la chanson. Familièrement désigné par son prénom d'artiste, il se trouve confronté à d'inimaginables manifestations d'affection amoureuse[12], dont il n'aimait guère parler[13].

En toute logique, cette voix, que d'aucuns comparent à une chasse d'eau ou un robinet, d'autres à de l'or, du velours ou du miel, est promptement sollicitée par le cinéma car il n'existe alors que les films chantants pour donner au public l'occasion de découvrir le visage des vedettes.

Une voix plein écran[modifier | modifier le code]

Après quelques « apparitions » vocales et silhouettes, en mars 1936, sort Marinella, un film écrit exprès pour « Tino », la nouvelle coqueluche du disque et de la T.S.F. C'est un triomphe. Les mélodies de Vincent Scotto qu'il interprète (Marinella, Tchi-tchi, J'aime les femmes c'est ma folie, Laissez-moi vous aimer) sur des paroles signées Émile Audiffred (également son imprésario) René Pujol et Géo Koger accompagnent le Front Populaire. Tino Rossi va d'ailleurs chanter pour les grévistes, notamment dans le hall des Galeries Lafayette[14].

Dans la foulée, il enchaîne avec les péripéties à l'accent corse de Au son des guitares (où il lance Tant qu'il y aura des étoiles), puis tourne Naples au baiser de feu (1937) réalisé par Augusto Genina, avec pour partenaires les grandes vedettes Viviane Romance et Mireille Balin, sans oublier Michel Simon, Marcel Dalio et les dialogues de Henri Jeanson.

Vieni... Vieni... en tête du hit-parade aux États-Unis[modifier | modifier le code]

Tino Rossi (à nouveau divorcé) vit alors une histoire d'amour passionné avec Mireille Balin, une actrice à la destinée tragique[15] qui, écrira-t-il, « avait tout pour ensorceler les hommes »[16]. La presse de l'époque ne perd d'ailleurs pas une occasion de narrer la vie du couple[n 10]. Épuisé par sa jalousie et ses sautes d'humeur consécutives à ses addictions à l'alcool et aux stupéfiants, il la quittera après l'armistice de 1940, mais sans jamais l'abandonner, lui assurant discrètement, via l'association La Roue tourne et en toute complicité avec son épouse Lilia Vetti[17], un logement, des soins et une sépulture au cimetière de Saint-Ouen (Seine-Saint-Denis)[n 11].

En 1938, c'est le cinéma hollywoodien qui s'intéresse aussi bien à Tino Rossi qu'à Mireille Balin. Aux États-Unis, où la radio passe « du » Tino sans arrêt, il donne quelques récitals tandis que Vieni... Vieni..., repris par les orchestres de Benny Goodman, Rudy Vallée et Bob Crosby (le frère de Bing), est classé premier du « Top tune of the week » (le hit-parade américain de l'époque) vingt-huit semaines d'affilée[18], fait unique pour une chanson française[n 12]. Le maire de New York Fiorello LaGuardia baptise même Tino-Rossi l'un des quais de la ville. Mais Tino ne se plaît pas en Amérique, qui vient pourtant de réinventer pour lui l'expression « latin lover », mise à la mode quelques années auparavant en l'honneur de Rudolph Valentino[19],[n 13]. Il veut retrouver la France et refuse les offres financièrement alléchantes d'Hollywood, qui le verrait bien en prince russe reconverti en danseur mondain dans une super-production de la Twentieth Century Fox baptisée Balalaïka. Mireille Balin, en contrat avec la Metro-Goldwyn-Mayer, fait de même, pour les mêmes raisons.

Tino poursuit sa tournée au Canada. Dans les gares, la foule se masse rien que pour essayer de l’apercevoir à une fenêtre de son train et la gare Windsor de Montréal subit une émeute en règle[20].

De retour en France, il continuera encore de nombreuses années à créer au cinéma ses plus grands succès, tant dans le domaine de la variété que des airs classiques. Ainsi, pour les besoins de Lumières de Paris (de Richard Pottier, 1938), il chante l'Ave Maria de Gounod, dont La Callas dira que personne ne l'a jamais chanté aussi bien.

En mars 1939, il est acclamé un mois en Allemagne dans le plus célèbre cabaret de la capitale La Scala de Berlin. Mais il refuse de prolonger cette série de galas à Hambourg et Vienne[21]. Quelques semaines plus tard, à Rome, Tino Rossi retrouve Jean Renoir. Tous deux doivent y tourner un film : La Dernière Corrida pour l’un, La Tosca pour l’autre. La Dernière Corrida ne verra jamais le jour. La Tosca sortira en 1941 en Italie, avec Michel Simon dans le rôle de Scarpia, après que Jean Renoir a confié la fin de la réalisation à son assistant Carl Koch, lui-même assisté de Luchino Visconti. Pendant son séjour transalpin, Tino enregistre en napolitain, dans les studios Columbia de Milan, quatre titres inédits en France[n 14].

Puis éclate la Seconde Guerre mondiale. Si ses enregistrements se font au ralenti (aucun en 1940 car l'artiste, qui a effectué 18 mois de service militaire au 22e Bataillon de Chasseurs Alpins, est mobilisé), sa carrière cinématographique se poursuit en zone libre, en particulier avec Le Soleil a toujours raison (tourné en 1941, sorti en 1943), adapté d'une nouvelle de Pierre Galante[n 15], dialogué par l'auteur et Jacques Prévert. La distribution en est prestigieuse : Micheline Presle, Pierre Brasseur, Charles Vanel, Édouard Delmont, Charles Blavette et Germaine Montero. Dans ce film, réalisé par Pierre Billon, il interprète Le Chant du gardian, de Louis Gasté et Jean Féline.

Lilia Vetti pour la vie[modifier | modifier le code]

En 1941, dans la région de Royan, sous la direction de Jean Delannoy, qui parlera[22] d'un « succès mondial, peut-être le plus grand de toute [sa] carrière », il tourne Fièvres avec Madeleine Sologne, Jacqueline Delubac et Ginette Leclerc. Outre Maria (de Roger Lucchesi et Jean Féline), il y chante l'Ave Maria de Schubert, qui va vite devenir l'un de ses tubes, plébiscité notamment durant la Seconde Guerre mondiale par les prisonniers qui jonchent les planches de billets en le réclamant à Tino Rossi[23]. Il le chantera notamment lors de la croisière inaugurale du paquebot France, en janvier 1962 (dont il fut, à la demande de la marraine du paquebot, Yvonne de Gaulle, l'artiste invité d'honneur, assisté de l'humoriste Jean Rigaux), puis le 19 décembre 1963 sur la scène de l'Opéra de Paris (accompagné en duplex par Pierre Cochereau, titulaire des orgues de Notre-Dame de Paris) à l'occasion du grand gala de présentation du film d'Otto Preminger Le Cardinal.

À la fin de l'été 1941, au casino d'Aix-les-Bains, Mistinguett lui présente la belle danseuse niçoise Rosalie Cervetti, dite Lilia Vetti (1923-2003), la femme de sa vie comme il le lui chantera en 1977[n 16]. Quelques semaines après la naissance de leur fils Laurent Emmanuel, il l'épouse, le 14 juillet 1948 à Cassis dont le maire S.F.I.O. est son ami le médecin et Résistant Emmanuel Agostini[24], le parrain du bébé.

En 1943, dans Le Chant de l'exilé, réalisé en 1942 par André Hugon et brillamment dialogué par Yves Mirande, devenu Basque[n 17], Tino Rossi chante Paquita et Ce matin même (paroles d'Édith Piaf), puis s'engage patriotiquement dans les Pionniers du Sahara, au grand dam des autorités allemandes qui voient dans ce scénario une propagande en faveur de la Résistance. Quelques mois plus tard, sort Mon amour est près de toi (de Richard Pottier), seul film tourné par Tino Rossi sous l'égide de La Continental allemande, distribuée en France par Tobis Films[n 18]. Les chansons de ce film (Madame la nuit, Quand on est marinier, J'ai deux mots dans mon cœur et Quel beau jour, mon amour) sont signées notamment Vincent Scotto, Roger Lucchesi et Francis Lopez, jeune dentiste débutant dans la chanson...

De L'Île d'amour à Envoi de fleurs[modifier | modifier le code]

Le 2 février 1944, en tant que président d'honneur du Comité général des Corses de Paris, il « organise et présente », au profit des prisonniers corses, un « grand gala » présidé, salle Pleyel, par Emmanuel de Peretti de la Rocca (1870-1958), qui fut ambassadeur à Madrid et Bruxelles. Jo Bouillon (futur mari de Joséphine Baker), Mistinguett, Édith Piaf, Albert Préjean ou Jean Weber (de la Comédie-Française) apportent leur « concours gracieux » à cette soirée. Le luxueux programme édité pour l'occasion annonce la présence prochaine de Tino dans La Légende du Chêne blanc, un film qui ne verra jamais la lumière des salles obscures...

Un peu plus tard, sort L'Île d'amour, « peut-être le meilleur film de Tino Rossi » selon Jean Tulard qui le compare à Colomba[25]. Également considéré comme le premier film écologiste de l'histoire du cinéma[26], il met en scène un promoteur immobilier qui veut transformer un village (dont le rôle du maire est tenu par René Charpin) en station balnéaire. La population s'enflamme... Et Tino chante Mon île d'amour, Le Joyeux Bandit et la Complainte corse de Roger Lucchesi. Les Allemands ayant interdit son tournage en Corse, le réalisateur Maurice Cam se replie sur la Côte d'Azur sous le contrôle d'un superviseur de l'Axe qui veille à ce qu'aucun objectif militaire ne se trouve dans le champ des caméras. Tournée à son insu, la scène finale vaudra une convocation générale de l'équipe au bureau militaire[27].

Tino Rossi avec Jean-Marie Beaudet de la station radiophonique C.B.C. à Montréal en 1947.


En 1946, après Le Gardian (tourné dangereusement sur des plages de Camargue truffées de mines, où figure notamment la chanson Jamais deux sans trois, cosignée Françoise Giroud), il tient un double rôle dans Destins de Richard Pottier. Pour ce film sans relief, il débusque et crée une chanson enfouie par ses auteurs (Henri Martinet et Raymond Vincy) au fond de leurs tiroirs. Son Petit Papa Noël, qualifié dans le scénario de « berceuse », est né...

En avril 1947, les écrans parisiens du Paramount et du Paris accueillent Le Chanteur inconnu, le second film tourné par Tino Rossi avec André Cayatte, après Sérénade aux nuages (1945). Pour les besoins de ce « mélodrame à suspense »[28], remake d'un film de 1931 avec le ténor Lucien Muratore, entouré de Raymond Bussières, Lilia Vetti, Maria Mauban et Lucien Nat, il chante Chopin, Brahms et Lalo.

En 1948, retour d'une longue tournée en Amérique du Sud où, en août 1947, il a enregistré, en espagnol, les plus célèbres tangos argentins, il interprète le rôle du compositeur Franz Schubert dans La Belle Meunière de Marcel Pagnol, aux côtés de Jacqueline Pagnol, de sa fille Pierrette (également comédienne dans la troupe de Robert Dhéry, « Les Branquignols ») et de Lilia Vetti. Le moulin de La Colle-sur-Loup (Alpes-Maritimes) offre les décors et Tony Aubin (1907-1981), chef d'orchestre et professeur de composition au Conservatoire de Paris, les arrangements musicaux. Ce film, dont une première version tournée en 1947 en noir et blanc et détruite par le réalisateur comprenait la chanson Les fleurs du meunier non reprise dans la seconde[29], est le premier film en couleur tourné en France par des Français avec un procédé français, celui mis au point dès avant la Seconde Guerre mondiale par les frères Armand et Lucien Roux. Malheureusement, nécessitant des moyens de projection spécifiques onéreux, ce procédé fera long feu malgré l’enthousiasme du New York Time : « Nous avons vu les plus belles prises de vue qui aient jamais paru sur un écran[30]. »

En 1950, Jean Stelli réalise autour de lui Envoi de fleurs, la seule biographie filmée, et romancée, de Paul Delmet. L'occasion pour Tino Rossi de chanter à Suzanne (Micheline Francey) quelques-uns des airs les plus connus de l'artiste montmartrois de la Belle Époque... et de mourir (tuberculeux) pour la troisième et dernière fois au cinéma après une vendetta dans L'Île d'Amour et un suicide dans Le Gardian.

Un Noël en prison et Petit Papa Noël[modifier | modifier le code]

Durant l'Occupation, il chante à de multiples reprises Quand tu reverras ton village, « la chanson d'espoir de tous les prisonniers de guerre »[31], composée pour lui par Charles Trenet, refuse un cachet conséquent pour enregistrer Maréchal, nous voilà et sollicite très régulièrement de plusieurs médecins, notamment l'oncle O.R.L. du futur journaliste Yves Mourousi, des certificats de complaisance afin de ne pas honorer « certaines invitations pressantes »[32]. Mais ces échappatoires ne sont pas toujours suffisantes. Ainsi, le 1er mai 1942, avec son orchestre il est cueilli à l'A.B.C. et conduit manu militari à l'Empire interpréter deux ou trois chansons lors d'un gala en faveur de la Légion des volontaires français contre le bolchevisme, sa participation ayant été affichée la veille, à son insu, après qu'il eut « prétexté la fatigue pour ne pas chanter »[33]. D'autre part, tandis qu'à Marseille Lilia Vetti sauve Georges Cravenne (né Cohen) d'une arrestation par la gestapo, Tino Rossi cache dans son orchestre en tant que pianiste le compositeur juif polonais Norbert Glanzberg, qui deviendra son accompagnateur après la guerre. Édith Piaf, Georges Auric et Mistinguett le protègent alors également[34]. Pourtant, malgré ce rempart amical, le 2 mai 1943, Norbert Glanzberg est arrêté et condamné à une peine d'emprisonnement de six mois, à Nice, pour détention de faux papiers. Tino Rossi alerte l'actrice Marie Bell. Avec la complicité de l'intendant régional de police Paul Duraffour et d'un gardien de prison corse, ils réussissent à le faire évader au mois d'août[35].

Par ailleurs, une amitié corse liait Tino Rossi à Étienne Leandri[n 19], comme lui habitué du Fouquet's, et il connaissait nombre de figures corses du milieu marseillais, dont le parrain Paul Carbone, mort le 15 décembre 1943 dans le déraillement du train de nuit Marseille-Paris provoqué par la Résistance qui visait des permissionnaires allemands[n 20], ainsi que son associé François Spirito ; tous deux faisaient des affaires avec l'Occupant[36].

Comme de nombreuses célébrités, dont la réussite attisait depuis des années bien des jalousies[37], Tino Rossi est arrêté le 7 octobre 1944 : plusieurs policiers à la recherche de renseignements sur un Corse l'attendent dans les coulisses du Moulin Rouge pendant qu'il donne un gala au profit des personnes âgées de Montmartre. « Les Corses m'en ont assez fait voir. Foutez-moi ça au trou », lui assène bientôt un commissaire. À la suite d'une détention de trois mois à la prison de Fresnes, durant laquelle il a obstinément refusé l'aide d'un avocat et interdit à Lilia Vetti de « donner un franc pour sa libération » au risque de le perdre[38], il sera exempté de toute poursuite par un juge estimant l'instruction montée contre lui par Georges Clot, qui avait cité de « nombreux témoins » signalant son « comportement anti-français », dénuée de fondement[n 21]. Tino Rossi qui, fin 1941, avait répondu à un journaliste de L'Alerte[n 22] lui demandant de formuler un vœu pour son île natale en 1942 « qu'elle reste toujours française »[39] et, en octobre 1943, prêté sa voiture personnelle à un réseau de Résistance pour transporter des armes et permettre plusieurs évasions (dont celle d'un général)[40], reçut – fait rarissime à l'époque – d'exceptionnelles excuses officielles[41].

En 1946, avec Petit Papa Noël, qu'il chante pour la première fois en public sur la scène de l'ABC en 1948, il remporte un phénoménal succès. En ce premier vrai Noël depuis 1938, voici un cantique laïc qui arrive opportunément pour restaurer la plus traditionnelle des fêtes familiales et répondre aux instructions gouvernementales (pas de chants religieux dans les écoles de la République) mises en place avec zèle par le ministre Marcel-Edmond Naegelen[n 23],[42],[43].

Premier chanteur français à obtenir un disque d'or[modifier | modifier le code]

Avec sa chanson fétiche, Tino Rossi devient, en 1949, le premier chanteur français à obtenir un disque d'or et, pour la circonstance, « le seul à avoir reçu ce disque en or massif 24 carats »[44]. Malgré l'opacité volontairement entretenue par l'industrie du disque sur ses records[n 24], qu'il soit estimé écoulé à 5,711 millions de 45 tours (singles)[45],[46], 30 millions d'exemplaires[47],[48], voire « 35 millions, dont 20 millions pour la France seule »[49], ce « véritable phénomène dans l'histoire de la chanson française »[50] est unanimement considéré comme le titre le plus vendu de l'histoire du disque en France : « plus de 400 000 exemplaires écoulés lors des fêtes de Noël 2011 » selon le biographe Frédéric Valmont[51]. Petit Papa Noël est aussi, d'après un sondage effectué en 2007 par l'institut CSA[52], la chanson préférée des Français avec Ne me quitte pas de Jacques Brel.

Utilisations et adaptations les plus diverses de Petit Papa Noël se sont multipliées et se renouvellent sans cesse. Parmi une interminable liste, la version en allemand (Du lieber Weihnachtsmann), enregistrée en 1976 par Mireille Mathieu, celles de Dalida (1960), Yvette Giraud (1962), Nana Mouskouri (1970), Michèle Torr et Claude François (1977), Céline Dion (1981 et 1994, en duo avec Alvin et les Chipmunks), des groupes Boney M. (1986) et Trust (1988), d'Enrico Macias (1993), de La Compagnie créole (1996), de Roch Voisine (2000), d'Henri Dès (2001), de Florent Pagny (2006), Roberto Alagna (2007), d'André Manoukian et la Chorale des montagnes (2013)… En 2007, le crooner américain Josh Groban puis, en 2009, les Chœurs de l'Armée rouge et ceux des enfants du Bolchoï l'enregistrent, en français, de même, en 2013, que la diva new yorkaise de la soul Mary J. Blige. Autres variantes : le drôlatique Petit Génie Ariel entonné par le barde Assurancetourix dans l'album Astérix chez Rahàzade (1987) ; le nom du chien de la série d'animation américaine Les Simpson (télédiffusée en France depuis 1990) ; un indispensable Babucciu natale en corse (2004) ; le roman policier Petit papa Noël publié en février 2010 par François Cérésa[n 25] ; l'interprétation rocailleuse et subtile proposée par Arthur H dans le générique du film d'animation L'Apprenti Père Noël (2010) ; la parodie d'actualité Petite Carla d'Noël (signée Michel Malher) et celle, décalée, estampillée Helmut Fritz (2011)...

De l'opérette à la télévision[modifier | modifier le code]

Après le film Tourments (1954, de Jacques Daniel-Norman, avec Blanchette Brunoy), Tino Rossi décide de s'éloigner du cinéma. À 47 ans, il va prendre le risque de débuter dans l'opérette, non sans accepter de participer à la fresque cinématographique Si Versailles m'était conté après que Sacha Guitry lui eut dit : « M. Rossi, depuis vingt ans, votre voix fait chavirer la France. [J]e vais recréer pour vous la plus belle des fêtes vénitiennes que Versailles ait connue, à rendre envieux Louis XIV en personne. M. Rossi, voulez-vous paraître dans mon film pour chanter et nous enchanter ? »[53]... Et sur fond d'un grandiose feu d'artifice, le gondolier Tino Rossi chantera Fenestra bassa, une chanson italienne du XVIIe siècle qu'il n'a jamais enregistrée sur disque.

Sa carrière dans l'opérette commence officiellement le 17 décembre 1955 avec Méditerranée au Théâtre du Châtelet. L’opérette de Francis Lopez et Raymond Vincy (le parolier de Petit Papa Noël) se joue jusqu'en 1957 à guichets fermés.

Elle est suivie de Naples au baiser de feu, montée au Théâtre Mogador et donnée également près de deux ans à guichets fermés avant de partir en tournée dans toute la France et à l'étranger.

En 1963, en pleine mode yéyé, le succès revient, cette fois à l'A.B.C., avec Le Temps des guitares.

En 1969, il récidive avec Le Marchand de soleil, de nouveau sur la scène du Théâtre Mogador, devenu le Théâtre Henri Varna-Mogador en hommage à son directeur depuis 1940, décédé le 2 avril.

Néanmoins, Tino Rossi arrive à un âge où il désire mieux profiter de sa famille et de la Corse. On ne le verra donc plus sur scène qu'à l'occasion de tournées régulières (y compris à l'étranger) et de nombreuses participations bénévoles à des galas. Ainsi, le jeudi 3 juin 1976, aux Tuileries, devant 6 000 personnes entassées sous le chapiteau de Jean Richard (et plus de 15 000 qui suivent le spectacle sur écran géant), présenté par le journaliste vedette Yves Mourousi, il chante au profit de la campagne écologique de la Ville de Paris, baptisée « Paris 2 000 espaces verts ».

Parallèlement, la télévision fait de plus en plus partie intégrante de la vie des Français. Tino est très souvent invité dans des émissions qui lui sont consacrées et battent des records d'audience. Parmi une longue liste : Tino Rossi pour toujours de Jean-Christophe Averty (3 avril 1973), Numéro un de Maritie et Gilbert Carpentier (24 décembre 1977)[n 26], Joyeux Noël Tino (24 décembre 1979), Le Palmarès des chansons de Guy Lux (16 avril 1980) ou Le Grand Échiquier de Jacques Chancel (29 janvier 1981)...

Cinquante ans d'amour et entrée dans l'histoire[modifier | modifier le code]

À plus de 75 ans, en novembre 1982, Tino Rossi remonte symboliquement sur la scène de ses grands débuts, le Casino de Paris, pour fêter son demi-siècle de carrière au cours d'un grand spectacle, mis en scène par Maritie et Gilbert Carpentier, qui mêle rétrospectives et nouvelles chansons. Chaque jour, pendant deux mois, la salle comble redouble d'applaudissements. La « générale », le 9 novembre, est l'occasion pour le Tout-Paris au grand complet de fêter un Tino Rossi radieux, qui prolonge la fête avec ses amis presque toute la nuit au Fouquet's.

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La « dernière » de Tino Rossi au Casino de Paris, le dimanche 2 janvier 1983, fut aussi sa dernière apparition en scène.

Il était depuis peu à nouveau sous contrat avec Pathé-Marconi lorsque la France stupéfaite apprend son décès, survenu à son domicile de Neuilly-sur-Seine dans la soirée du lundi 26 septembre 1983, des suites d'un cancer du pancréas qui avait nécessité une lourde intervention chirurgicale, au mois de mars, à l'Hôpital américain de Neuilly.

Tino Rossi eut des obsèques quasi nationales, en l'église parisienne de La Madeleine, le 29 septembre. Puis, les conditions météorologiques ne permettant pas à un avion d'atterrir à Ajaccio, c'est symboliquement en voiture que Tino traverse une dernière fois sa Corse depuis Bastia, salué de village en village par les maires ceints de leur écharpe tricolore et une population dignement recueillie. Après une nuit à l'hôtel de ville d'Ajaccio, veillé par une cité en deuil, et une ultime cérémonie à la cathédrale, il est inhumé, le samedi 1er octobre, au cimetière marin d'Ajaccio, dans la chapelle choisie par lui au début des années 1960[54],[55]. Des visiteurs viennent s'y recueillir, par milliers, tous les ans.

Pendant cinquante ans, les chansons du « Rossignol de notre siècle »[56] ont accompagné tous les publics, qui lui ont assuré une égale popularité.

Pourtant, malgré l'affection populaire et les honneurs officiels, Tino Rossi, de tempérament timide[57], est resté à l'abri des scandales et respectueux du public, qu'il « affronta » toute sa vie le trac au ventre. Cet épicurien latin entretenait des liens privilégiés avec ses amis d'enfance corse (qui continuaient à l'appeler « Tintin »), Vincent Scotto et l'Académicien français Marcel Pagnol, qui confia à son « frère Tino » le soin d'être son exécuteur testamentaire[58]. Une grande complicité l'unissait également à Maurice Chevalier, Édith Piaf, Fernandel, Charles Trenet, Joséphine Baker, Georges Brassens, Christian Méry ou Joseph Carrington[n 27]... Perfectionniste exigeant, doté d'un joli coup de crayon[59] et grand amateur d'art (surtout de peinture), Tino Rossi a présidé le Syndicat des artistes, au début des années 1950[60], et su gérer intelligemment son patrimoine, notamment par l'intermédiaire de sa société de production fondée en 1948[n 28]. Grâce à ses disques, anciens ou très régulièrement réédités, à ses films (dont beaucoup sont disponibles en DVD) et à Internet, où divers blogs et pages web permettent d'accéder à des biographies et à ses chansons, y compris à l'étranger[n 29], on peut retrouver ou découvrir cette superstar à la « voix de velours ». Couvrant deux octaves et demi et présentant un timbre aux très riches nuances (notamment de graves), cette voix exceptionnellement « longue »[n 30] trouve son origine dans une anomalie des cordes vocales de Tino Rossi (la gauche longue et fine, la droite courte, tordue et large) qui laissa un jour un médecin ORL très surpris que leur propriétaire pût chanter[61].

Recordman français de la vente de disques[modifier | modifier le code]

Tino Rossi, « le chanteur de l'amour heureux »[62] alors que son amie Édith Piaf chantait l'amour malheureux[63], a enregistré 1 160 titres[64] abordant tous les genres, de la chanson populaire de Vincent Scotto à la Romance de Nadir de Bizet en passant par moult mélodies classiques (largement popularisées par son interprétation), sans oublier une panoplie de chants corses et même, en 1945, l'une des versions les plus plébiscitées du célèbre boléro mexicain Besame mucho, reprise dans le film de Marion Laine À cœur ouvert (2012)[n 31]. Il a vendu, dans le monde entier, des centaines de millions de disques. À l'occasion du centenaire de sa naissance, en 2007, des journaux ont avancé 600 millions. Lors du journal télévisé de 13 heures de TF1[65], le 24 décembre 2009, le nombre de 700 millions a aussi été annoncé.

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En hommage à l'artiste, le jardin Tino-Rossi (quai Saint-Bernard, Paris, 5e) est ouvert depuis 1984.

Si quelques-uns de ces chiffres peuvent paraître excessifs au regard de certaines statistiques[66], il faut tenir compte du fait que depuis le début des années 1930, le créateur de Petit Papa Noël vend en grandes quantités, en France et à l'étranger, toutes les formes d'enregistrements (78 tours, vinyls, cassettes, CD, DVD, etc.), ce qui fait logiquement de lui le recordman de la vente de disques en France et le seul Français à figurer dans le cercle très fermé des champions du monde de la catégorie[67].

Une légion d'honneurs[modifier | modifier le code]

Nommé chevalier de la Légion d'honneur par décret du 22 octobre 1952, Tino Rossi reçoit sa médaille le 23 décembre à Cassis, ville de son ami Emmanuel Agostini[68]. Le 10 février 1976, le général Alain de Boissieu, gendre du général de Gaulle et alors Grand Chancelier de l'ordre, lui épingle l'insigne d'officier (promotion du 1er janvier)[69]. Enfin, le décret du Président François Mitterrand du 13 juillet 1982 le promeut commandeur[70] ; le 13 septembre, à l'hôtel de ville de Marseille, le maire Gaston Defferre, ministre de l'Intérieur et de la Décentralisation, lui remet la « cravate »[71].

Portent notamment son nom : à Ajaccio, un boulevard, inauguré par lui le 14 août 1973, le port de pêche et de plaisance situé au pied de la citadelle, ainsi que le restaurant (de 390 places) du Palais des congrès[n 32] ; un square à L'Île-Rousse, également inauguré par lui en 1971, et un autre à Nogent-sur-Marne ; un jardin à Paris sur les quais de Seine (Ve arr.) ; des voies publiques dans différentes cités, par exemple à Andernos-les-Bains, Bassens, Brest, Dijon, Évreux, Fleury-les-Aubrais, Goussainville, Livry-Gargan, Lourdes, Mignaloux-Beauvoir, Montauban, Ozoir-la-Ferrière, Pierrelatte, Toulouse et Valence ; des salles à Alfortville et aux Pennes-Mirabeau, etc. Autres marques de reconnaissance et hommages : des timbres, édités en 1969 et 1990 ; une médaille frappée par la Monnaie de Paris en 1970 ; la médaille de vermeil de la Ville de Paris ; un grand prix du Disque de l'Académie Charles-Cros ; un grand prix du Midem ; plusieurs dizaines de disques d'or... Et même une rose « très parfumée » créée par Meilland en 1990.

En 2011, son « havre de paix » dans le golfe d'Ajaccio, le domaine du Scudo, ancienne propriété du parfumeur d'origine ajaccienne François Coty devenue sienne en 1952, reçoit du ministère de la Culture le label « Maison des Illustres », attribué en métropole et dans les DOM-TOM à 111 lieux de vie qui « conservent et transmettent la mémoire de femmes et d'hommes qui les ont habités et se sont illustrés dans l'histoire politique, sociale et culturelle de la France »[72].

À l’automne 2012, son fils Laurent, brutalement décédé dans la nuit du 19 au 20 août 2015 à Paris[n 33], initie l’Association officielle TINO ROSSI dont l'objet, désormais porté par ses petits-fils Constantin et Jean-Baptiste - nés après la disparition de leur grand-père paternel - est, par tout moyen (commémorations, spectacles télévisés et scéniques, expositions, publications, musées, monuments...), de « travailler et veiller sur la mémoire et l’image » de l'artiste, qui dit un jour : « Un artiste n'est pas un homme comme les autres ! Mais ce serait une erreur de penser que seul l'art peut en produire. Un ouvrier peut parfaitement être un artiste. »[73]...

Discographie[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Discographie de Tino Rossi.

Filmographie[modifier | modifier le code]

Revues, opérettes et comédies musicales[modifier | modifier le code]

  • 1934 - Parade de France (Casino de Paris) : Revue des beautés de notre pays et de nos colonies en deux actes et cinquante tableaux de MM. Henri Varna, Léo Lelièvre & Marc Cab. Sur la scène du Casino de Paris, Tino Rossi figure dans les tableaux « Corse île de beauté » et « La plus grande France » (renommée en 1935 « L'Afrique »).
  • 1936 - Tout Paris chante (Casino de Paris) : Revue en deux actes et trente-six tableaux, puis modifiée en trente-quatre tableaux, de MM. Henri Varna, Léo Lelièvre, Marc Cab & Charles Tutelier. Tino Rossi participe en tant que vedette principale aux tableaux « Ceux de la légion », « Roi de cœur », « Les chansons d'amour ».
  • 1957 - Naples au baiser de feu (Théâtre Mogador): opérette à grand spectacle en deux actes et vingt-trois tableaux de Henri Varna et Renato Rascel. Au Théâtre Mogador, à nouveau secondé par Pierjac, Tino Rossi interprète Antonio, un chanteur qui exerce son art tous les soirs sur la terrasse d'une trattoria de Naples.
  • 1982-1983 (du 4 novembre au 2 janvier) - Cinquante ans d'amour : Tino Rossi est ici au cœur du spectacle qui se joue, comme à ses débuts, au Casino de Paris sur une idée de Laurent Rossi, qui en assure la direction artistique. C'est l'occasion de célébrer ses noces d'or avec le public dans une revue de Maritie et Gilbert Carpentier en deux actes et dix-huit tableaux produite par Michel Olivier et Jacques Marouani, fils de Félix, le compagnon de route de Tino depuis 1934. Barry Collins règle la chorégraphie. Des guitaristes corses placés sous la direction d'Antoine Bonelli l'accompagnent sous la direction d'orchestre de Paul Piot.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Daniel Arsand, Mireille Balin ou la beauté foudroyée, éd. de la Manufacture, 1989.
  • Maurice Berthon, Mireille Balin et Tino Rossi, éd. René Debresse, 1942.
  • Emmanuel Bonini, Tino Rossi, éd. du Rocher, 2003.
  • Emmanuel Bonini, Le Vrai Tino - Témoignages et portraits inédits (préface de Jean-Jacques Debout), éd. Didier Carpentier, 2013.
  • René Chateau, Tino Rossi et le cinéma, éd. René Chateau, 1993.
  • Christian Delange, Tino Rossi, éd. PAC, 1985.
  • Philippe Laframboise, Tino Rossi, éd. de la Presse, Ottawa, 1972.
  • Philippe Laframboise, Tino Rossi - Cinquante ans d'amour, éd. Proteau, Montréal, 1983.
  • William Laurent, Tino Rossi - La mémoire du cœur, éd. Franklin Loufrani, Paris, 1982.
  • William Laurent, Tino Rossi - La légende, la vie... Et l'amour, éd. Franklin Loufrani, Paris, 1983.
  • Fabien Lecœuvre, Petites histoires pour grandes chansons, éd. du Rocher, 2009.
  • Carlos Leresche, Tino Rossi secret (préface de Jacqueline Pagnol), éd. Tom Pousse, 2012.
  • Christian Plume et Xavier Pasquini, Tino Rossi, éd. Bréa, 1983.
  • Jean Richard, De Paulus à Tino Rossi, éd. Librairie de Paris, 1964.
  • Laurent Rossi, Tino Rossi, mon père, éd. Flammarion, 1993.
  • Laurent Rossi et Anne-Sophie Simonet, Tino - L'Étoile éternelle (préface de Jacqueline Pagnol), éd. Nice-Matin (supplément de 32 pages), 25 septembre 2013.
  • Tino Rossi, Ma vie et mes chansons, éd. Société française de librairie et d'éditions, 1937.
  • Tino Rossi, Tino, éd. Stock, 1974.
  • Constant Sbraggia, Tino Rossi l'Ajaccien, éd. La Marge, 1991.
  • Constant Sbraggia, Tino Rossi - Un destin enchanté, éd. des Équateurs, Paris, 2013.
  • Gérard Trimbach, Tino Rossi, éd. Delville, 1978.
  • Gérard Trimbach, Tino Rossi - Cinquante ans d'amour, éd. Delville, 1982.
  • Frédéric Valmont, Tino Rossi - L'Éternelle romance (préface de Jean-Paul Sermonte), éd. Didier Carpentier, 2011 (un CD joint).

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Devenu le no 45 comme en témoigne la plaque apposée sur la façade depuis le 3 août 1985.
  2. Le 17 septembre 2011, elle fut inhumée au cimetière marin d'Ajaccio, dans la chapelle funéraire de son père, sur la route des Sanguinaires.
  3. Tino Rossi aimait également retrouver chaque mois devant un repas corse, Vincent de Moro-Giafferi (1878-1956), célèbre avocat (notamment de Landru) et homme politique.
  4. Sur la façade de l'établissement, devenu un fleuriste, une plaque porte la mention « Lauris rend hommage à Tino Rossi qui a chanté ici pour la première fois en public les 14 et 15 septembre 1930 ».
  5. C'est-à-dire 5 francs de l'époque.
  6. Second titre orthographié parfois Ninni-Nanna.
  7. 61, rue Albert (XIIIe arr.).
  8. Parus en 1947.
  9. Cette dernière phrase est gravée à l'avers de la médaille à l'effigie de Tino Rossi, signée Courbier et frappée par la Monnaie de Paris en 1970.
  10. Par exemple Match du 17 novembre 1938 ou Vedettes du 19 avril 1941...
  11. Qu'elle partage depuis 1973 avec un autre protégé de La Roue tourne et de Tino Rossi, le comédien Jean Tissier.
  12. On peut aussi entendre ce tube dans le film de Frank Capra It's a wonderful life (La vie est belle), 1946, avec James Stewart et Donna Reed.
  13. Né Guglielmi, nom de jeune fille de la mère de Tino Rossi !
  14. Serenatella, Gelusia, Perche non mami piu et Canta ancora nella notte, 78 tours DQ3207 et DQ3208.
  15. Écrivain et journaliste, il travailla à Paris-Match et fut l'époux de l'actrice Olivia de Haviland.
  16. Pour leurs noces de perle dans une chanson signée G. Gustin et C. Desage.
  17. Comme Luis Mariano, qui apparaît pour l'une des toutes premières fois, au début du film dans un quatuor de chanteurs.
  18. À la Libération, il sera décidé que les acteurs qui avaient tourné plus de trois films avec La Continental seront poursuivis.
  19. Condamné à 20 ans de travaux forcés pour « intelligence économique avec l'ennemi », il se met rapidement au service de la C.I.A. Amnistié, Leandri deviendra l'un des piliers des réseaux d'un autre Corse, le résistant gaulliste Charles Pasqua.
  20. Lors de ses obsèques, l'église Sainte-Marie-des-Batignolles fut envahie de personnalités du monde politique ou du spectacle et de couronnes d'orchidées.
  21. Éclaboussé par une affaire de drogue puis mis à la retraite en 1963 « pour raisons de santé », le médiatique Georges Clot (1907-1972) a inspiré le sulfureux personnage de l'inspecteur Blot, brossé par Paul Meurisse dans le film de Jean-Pierre Melville Le Deuxième Souffle (1966), tiré d'un ouvrage de José Giovanni.
  22. Dans cet hebdomadaire pétainiste, édité à Nice de septembre 1940 à octobre 1943, a notamment écrit le futur Compagnon de la Libération Pierre de Bénouville.
  23. Président de la Haute Cour de Justice au moment de la Libération, il est chargé de réorganiser et épurer l'Éducation nationale
  24. Une habitude relevée, entre autres spécialistes, par le journaliste et critique musical Jean-Éric Perrin.
  25. Aux éditions Pascal Galodé.
  26. Au cours de ce show, Tino Rossi et Georges Brassens s'amusent à chanter en duo Santa Lucia. Les deux amis récidivent le 24 décembre 1979 dans Venise et Bretagne.
  27. Fameux magicien et mécène d'origine normande (1895-1971).
  28. Société des Productions Tino Rossi - 78, Champs-Élysées, R.C. Seine 375.044 B.
  29. Jusqu'en Corée du Sud où, depuis 1972, l'une de ses chansons sert de générique à une émission de radio.
  30. Qui fit dire au « prince des ténors » Tito Schipa (1888-1965) : « Tino Rossi a le plus beau legato du monde. »
  31. Avec Juliette Binoche, Edgar Ramírez et Hippolyte Girardot.
  32. La Cité impériale abrite une rue Marinella, perpendiculaire au boulevard Tino-Rossi.
  33. Inhumé aux côtés de ses parents au cimetière marin d'Ajaccio le 27 août 2015.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Trente ans après sa mort l'hommage d'Ajaccio à Tino Rossi : Le Nouvel Observateur du 27 septembre 2013 d'après une dépêche de l'AFP (consulté le 24 mars 2014).
  2. [1]
  3. Tino Rossi, Tino, éd. Stock, 1974, ps 26-33.
  4. Laurent Rossi, Tino Rossi, mon père, éd. Flammarion, 1993, p. 37.
  5. Laurent Rossi, Tino Rossi, mon père, op. cit., p. 42.
  6. Tino Rossi, Tino, op. cit., ps 53-56.
  7. Témoignage de Mrs Margaret Rhodes, cousine germaine de la souveraine britannique, cité dans l’ouvrage d’Isabelle Rivère Elizabeth II – Dans l’intimité du règne, éd. Fayard, 2012, p. 255.
  8. Magazine Le Monde et la Vie (art. de Gisèle Parry), décembre 1963, p.32.
  9. Il a lui-même dessiné son costume : Tino Rossi, Tino, op. cit., ps 69-70.
  10. Gérard Trimbach, Tino Rossi, éd. Delville, 1978, p. 38.
  11. Ibidem ; Laurent Rossi, Tino Rossi, mon père, op. cit., p. 97.
  12. Tino Rossi, Tino, op. cit., ps 89-96.
  13. Interview à la Télévision suisse romande (TSR), 1er juillet 1967.
  14. Christian Plume et Xavier Pasquini, Tino Rossi, éd. Bréa, 1983, p. 47.
  15. Daniel Arsand, Mireille Balin ou la beauté foudroyée, éd. de la Manufacture, 1989.
  16. Tino Rossi, Tino, op. cit. p. 111.
  17. Tino Rossi, mon père, op. cit., p. 98.
  18. Christian Delange, Tino Rossi, éd. PAC, 1985, p. 29.
  19. Magazine Le Point, no 2079, 19 juillet 2012, p. 100.
  20. Philippe Laframboise, Tino Rossi, éd. de la Presse, Ottawa, 1972, ps 50-51.
  21. Entretien au magazine Pour vous, no 544, 19 avril 1939, ps 2-3.
  22. Dans l'ouvrage intitulé Jean Delannoy : filmographie, propos, témoignages, éd. Institut Jacques Prévert, 1985.
  23. Témoignage de Tino Rossi lors du Grand Échiquier, 29 janvier 1981.
  24. Journal Samedi-Soir, no 159, 24 juillet 1948.
  25. Journal Le Figaro, 15 août 2003, article de Philippe d'Hugues.
  26. René Chateau, Tino Rossi et le cinéma, éd. René Chateau, 1993, p. 63.
  27. Témoignage de Tino Rossi dans le magazine Cinémonde no 663, 15 avril 1947, p. 16.
  28. René Chateau, Tino Rossi et le cinéma, op. cit., p. 81.
  29. Elle figure néanmoins sur le double 33 tours commenté par Marcel Pagnol (éd. CMF 013 et 014) qui reprend la bande son de 1947 ; http://www.marcel-pagnol.com/forum-voirsujet,1,38474.html
  30. http://www.marcel-pagnol.com/colle-sur-loup.php
  31. Pierre Barillet, Quatre années sans relâche, éd. De Fallois, 2001, p. 121.
  32. Laurent Rossi, Tino Rossi, mon père, op. cit., p. 116.
  33. Audition de Tino Rossi par le commissaire G. Clot, 13 oct. 1944 : Bibliothèque de documentation internationale contemporaine, Seconde Guerre mondiale, fichier manuel A', réf. : F° delta rés 787.
  34. Journal Libération, art. de Hélène Hazera mis sur Internet le 21 mai 1999.
  35. Article de la journaliste webmaster Véronique Chemla, 8 juillet 2011.
  36. Documentaire télévisé L'Occupation sans relâche d'Yves Riou et Philippe Pouchain, 19 décembre 2010.
  37. Journal Le Figaro, 15 août 2003, op. cit.
  38. Témoignage de Lilia Vetti (Mme Tino Rossi) : Tino Rossi, mon père, op. cit., ps. 115-117.
  39. Emmanuel Bonini, Le Vrai Tino, éd. Didier Carpentier, 2013, p. 239 et 279.
  40. Attestation d'Eugène Trouche, membre de la 34e Commission de Sécurité et d'Enquêtes des Bouches-du-Rhône, 5 mai 1945 (Emmanuel Bonini, Le Vrai Tino, op. cit., p. 285).
  41. Bibliothèque de documentation internationale contemporaine, Seconde Guerre mondiale, fichier manuel A', réf. : F° delta rés 787.
  42. En 1947, un vibrant plaidoyer pour l'école laïque | France info
  43. Père Noël 1 - Eglise 0 | France info
  44. Laurent Rossi, Tino Rossi, mon père, op. cit., p. 119.
  45. Christophe Guyot, « Meilleures Ventes de Musique de l’Histoire... », sur Back Stage Figures,‎ (consulté le 22 mars 2012)
  46. « Les Meilleures Ventes Tout Temps de 45 T. / Singles », sur InfoDisc (consulté le 22 mars 2012)
  47. Journal Le Figaro, 20 juillet 2011, article de Dhantony Palou dans le cadre d'une série intitulée "La France en chansons"
  48. « Tino Rossi », sur RFI Musique,‎ (consulté le 22 mars 2012)
  49. Frédéric Valmont,Tino Rossi - L'éternelle romance, éd. Didier Carpentier, 2011, p. 58.
  50. Selon Fabien Lecœuvre, auteur de plus de quarante ouvrages essentiellement consacrés à la chanson française, dont Petites histoires pour grandes chansons, éd. du Rocher, 2009.
  51. Émission de R.F.I. La Bande passante du 11 février 2012 (http://www.rfi.fr/emission/20120211-1-tino-rossi-eternelle-romance)
  52. Repris dans le magazine Nous Deux, no 3155, 18 décembre 2007, ps 10-11.
  53. Témoignage du producteur du film Clément Duhour repris par Frédéric Valmont dans son ouvrage Tino Rossi - L'éternelle romance, op. cit., p. 79.
  54. Emmanuel Bonini, Tino Rossi, éd. du Rocher, 2003, ps 181-201
  55. Laurent Rossi, Tino Rossi, mon père, op. cit., p. 183.
  56. Magazine Paris-Match, no 1793, 7 octobre 1983, p. 103, article de Jean Cau.
  57. Tino Rossi, Ma vie et mes chansons, éd. Société française de librairie et d'éditions, 1937, p. 37.
  58. Laurent Rossi, Tino Rossi, mon père, op. cit., p. 151.
  59. Constant Sbraggia, Tino Rossi l'Ajaccien, éd. La Marge, 1991, p. 30.
  60. Magazine Cinémonde, no 912, 25 janvier 1952, p. 24.
  61. Philippe Laframboise, Tino Rossi, op. cit., ps 43-44 ; interview de Tino Rossi lors de l'émission télévisée Les dossiers de l'écran qui lui fut entièrement consacrée le 10 mai 1977.
  62. Titre à la une du journal Le Monde, 28 septembre 1983.
  63. Entretien avec Pierre Desgraupes dans le magazine Le Point no 393, 31 mars 1980, ps 132-146.
  64. Laurent Rossi, Tino Rossi, mon père, op. cit., ps 220-269.
  65. Journal télévisé – Le 13 heures du 24 décembre 2009, TF1
  66. Par exemple une faisant état des ventes d'albums de 1955 à 2009 : http://www.infodisc.fr/CD_Vente_Artiste.php
  67. http://fr.wikipedia.org/wiki/Liste_des_artistes_ayant_vendu_le_plus_de_disques
  68. Semaine du Monde, n° 14 (nouvelle série), 7 février 1953, pages 21 et 44.
  69. [2]
  70. [3]
  71. Journal Le Provençal, 14 septembre 1982.
  72. « Maisons des Illustres, nouveau label du ministère de la Culture et de la Communication », sur Culture.fr (consulté le 22 mars 2012)
  73. Christian Plume et Xavier Pasquini, Tino Rossi, op. cit., p. 84.

Liens externes[modifier | modifier le code]

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