Georgius

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Georgius
Surnom Jo Barnais (auteur de romans policiers)
Nom de naissance Georges Auguste Charles Guibourg
Naissance
Mantes-la-Ville (Seine-et-Oise), Drapeau de la France France
Décès (à 78 ans)
(14e arrondissement de Paris), Drapeau de la France France
Activité principale chanteur et chansonnier, comédien, scénariste et écrivain
Genre musical Chanson française
Années actives 190819511970

Georgius, nom de scène de Georges Auguste Charles Guibourg, est un chanteur français, chansonnier, comédien et écrivain, né le à Mantes-la-Ville (Seine-et-Oise), mort le dans le 14e arrondissement de Paris.

Artiste touche-à-tout, auteur de nombreuses chansons à succès, il fut un véritable phénomène du music-hall pendant l'entre-deux-guerres, mais interdit de scène pour Collaboration sous l'Occupation, il devint après-guerre scénariste et écrivain sous le pseudonyme de Jo Barnais.

Un artiste prolifique[modifier | modifier le code]

Il est le fils de Georges Charles Joseph Guibourg, instituteur, rédacteur au Petit Mantais puis rédacteur en chef d'un journal hebdomadaire, La France aérienne, fils et petit-fils de commerçants et d'artisans, et de Clémentine Augustine Bouteilly, née à Saint-Pierre-sur-Dives, dans le Calvados, fille de cultivateur.

Georges Guibourg commence sa carrière en 1908, en chantant des chansons dont il dira plus tard : « Ma vraie nature ne s'était pas encore révélée et je pleurnichais ce répertoire pompier que j'ai tant parodié par la suite. J'en sentais le ridicule, mais j'avais la conviction que le public aimait ça »[1]. Mais, au fur et à mesure des différents engagements avec des cabarets, il se met à écrire quelques chansons comiques.

C'est en 1912 qu'il entame véritablement sa carrière de chansonnier. Appelé au théâtre de la Gaîté-Montparnasse pour remplacer un chanteur comique, ses chansons plaisent tellement que le théâtre lui fait signer un contrat pour un an ; il y restera trois ans. Il écrit durant cette période beaucoup de chansons, à raison de cinq par semaine et s'associe avec de nombreux compositeurs pour la musique[2]. En 1916 il commence à écrire des pièces de théâtre, qu'il joue ensuite avec sa troupe, créée en 1919, Les Joyeux Compagnons.

En 1923, il est l'un des chansonniers les plus connus de France. Ses apparitions et ses revues ont un franc succès : il se produit même une émeute à l'Alcazar de Marseille, car les locations ne peuvent satisfaire la demande. Sa chanson la plus connue à l'époque est La plus bath des javas, une parodie des javas à la mode. Il continue à tourner, à monter des revues avec sa troupe, rebaptisée le Théâtre Chantant en 1926.

En 1927, il écrit et interprète La Noce à Rebecca (qui fut également chantée par André Perchicot en 1928 et par Fernandel), catalogue des clichés antisémites.

1930 est une année faste pour lui : il sort La Route de Pen-Zac, dont il vendra plus de 160 000 disques, un record pour l'époque ! Les spectacles s'enchaînent, et tout le monde se presse pour le voir. Les surréalistes et les intellectuels l'apprécient beaucoup[3], et Robert Desnos parle de lui dans ses chroniques musicales[1]. C'est à cette époque qu'il gagne son surnom, l'Amuseur public numéro 1.

En 1934, il devient brièvement directeur du théâtre de la Gaîté-Montparnasse où il joue ses créations tout en programmant des artistes d'avant-garde telles Dora Stroeva ou Marianne Oswald puis ouvre La Villa chagrin à Montmartre. La même année, il reprend le rôle créé par Maurice Chevalier dans l'opérette Dédé au théâtre des Bouffes-Parisiens.

En 1936, nouveau succès, avec la chanson Au Lycée Papillon, qui bat aussi des records de vente. Suivent encore Ça c'est de la bagnole et On ne peut pas plaire à tout le monde.

En 1938 il est auteur et interprète d'une chanson comique sur Hitler Il travaille du pinceau.

L'Occupation et l'interdiction de scène à la Libération[modifier | modifier le code]

Il continue ses revues pendant la guerre, ce qu'on lui reprochera à la Libération. En 1941, il interprète Sganarelle dans Le Médecin malgré lui à la Comédie-Française.

En 1941 et 1942, il est le directeur artistique de trois théâtres : le théâtre de l'Étoile, le théâtre Antoine et le théâtre de l'Ambigu.

Pour avoir créé sous l'Occupation une Association syndicale des auteurs et compositeurs professionnels pour laquelle il avait fait campagne dans Je suis partout avec la complicité d'Alain Laubreaux et avoir monté la pièce d'Alain Laubreaux sur Stavisky, Les Pirates de Paris, dans son théâtre de l'Ambigu, il est en 1945 interdit de scène pendant un an par le Comité National d'Épuration du Spectacle (arrêté du ministre de l'Éducation nationale du 11 janvier 1945).

Reconversion en auteur de polars[modifier | modifier le code]

Pendant son interdiction de scène, il entame une carrière d'auteur de romans policiers pour la Série noire sous le pseudonyme de Jo Barnais[4].

À la fin de son interdiction de scène en 1946, il crée au Casino Montparnasse une dernière revue sur le temps passé, dont Jane Aubert est aussi la vedette, et quitte définitivement la scène en 1951.

Il a écrit au cours de sa vie 1 500 chansons, 2 000 saynètes, de nombreux scénarios et une dizaine de romans policiers.

Georgius s'éteint le 8 janvier 1970 et est inhumé à Bazoches-sur-Guyonne.

Filmographie[modifier | modifier le code]

Romans[modifier | modifier le code]

Georgius a écrit, sous le pseudonyme de Jo Barnais[7], plusieurs romans policiers ré-éditées dans la collection « Série noire » chez Gallimard.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Jean-Jacques Chollet, Georgius, l'Amuseur public no 1, Éd.C.Pirot, 1997
  2. François Vernillat et Jacques Charpentereau, Dictionnaire de la chanson française, Larousse, 1968.
  3. Marie-Paule Berranger, Les genres mineurs dans la poésie moderne, Presses universitaires de France, 2004.
  4. Un de ses romans policiers, Mort aux ténors, a été adapté en téléfilm en 1987 par Serge Moati. Une adaptation des plus libres, l'action passant des années 1950, l'âge d'or du music-hall, aux années télévisuelles des années 1980. L'assassin en série,joué par Mathieu Carrière, n'est plus un obscur chef de chœur brisé de rancœur et liquidant ceux qu'il n'aura jamais su égaler, mais un homme meurtri vengeant sa mère jadis laissée pour morte sur le bord d'une route après y avoir été heurtée par des chauffards en fourgonette. Une fourgonette portant l'inscription : les Ténors, soit le nom d'un groupe de l'ère yé yé, au succès éphémère. L'enfant assiste à la scène. Vingt ans plus tard, lorsqu'une émission de maigre audimat sollicite ce groupe depuis longtemps oublié, l'enfant devenu homme entame sa vengeance. Lucky Blondo, soliste du groupe, joue ici, avec une belle autodérision, un personnage qui ressemble à son propre destin.
  5. Ciné-Ressources 46971
  6. Ciné-Ressources 51140
  7. Source : BNF.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Chantal Brunschwig, Louis-Jean Calvet, Jean-Claude Klein, Cent ans de chanson française, coll. « Points actuels », Seuil, Paris, 1981 (ISBN 2-02-00-2915-4) (1972, 1re éd. reliée)
  • Jean-Jacques Chollet, Georgius, l'amuseur public no 1 (suivi de Souvenirs inédits de et par Georgius] ; préface de Jean-Christophe Averty, Éditions Christian Pirot (Collection « Chanson »), 1997, 178 p. (ISBN 2-86808-113-4)

Liens externes[modifier | modifier le code]