Thami El Glaoui

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Thami El Glaoui
Thami El Glaoui.jpg
Fonction
Pacha
Biographie
Naissance
Décès

Télouet
Nom de naissance
Thami El Mezouari El Glaoui
Nationalité
Activité
Période d'activité
Depuis Voir et modifier les données sur Wikidata
Famille
Mehdi El Glaoui (petit-fils)
Enfant
Parentèle
Touria El Glaoui (petite-fille)
Mohammed el Mokri (beau-père)
Mehdi El Glaoui (petit-fils)
Brice Bexter (arrière-petit-fils)Voir et modifier les données sur Wikidata
Autres informations
Distinctions

Thami El Mezouari El Glaoui, en tachelhit (berbère) Thami El Mezouari Aglaou (né en 1879, mort le [1]), parfois surnommé "La Panthère noire"[2], est l'un des plus célèbres pachas marocains.

Il est le père de l'artiste peintre Hassan El Glaoui et grand-père de Touria El Glaoui, fille du peintre et fondatrice de la foire 1:54 d'art contemporain et africain. Il est aussi le grand-père de l'acteur et réalisateur Mehdi El Glaoui fils de Brahim El Glaoui.

Biographie[modifier | modifier le code]

Thami El Glaoui est le fils de Si Mohamed Ben Hammou de la tribu des Glaoua, et de Zora, une Éthiopienne. Les Glaoua étaient une importante tribu de la région du Haut Atlas de Marrakech appartenant à l’aire linguistique de la tachelhit.

En 1912, Thami est nommé pacha de Marrakech par un dahir du sultan Moulay Youssef [3] et participe à la pacification du Maroc pour le compte du protectorat français.

À la mort de Madani[4], son frère aîné, en 1918, il est récompensé par Lyautey qui le nomme seul héritier de l’empire Glaoui.

Dans les années 1930 et 1940, il est au summum de sa gloire et reçoit les grands de ce monde. Winston Churchill lui rend plusieurs fois visite et devient un proche[5].

En décembre 1950, il demande au sultan Mohammed V de ne plus suivre le Parti de l'Istiqlal favorable à l'indépendance du Maroc. El Glaoui se montre insolent à l'égard du sultan lors d'une audience et il est interdit au Palais royal.

En février 1953, El Glaoui réunit 23 pachas et 323 caïds, et fait signer une pétition exigeant le départ du sultan ; seuls 6 caïds et 4 pachas refusent.Tous les caids se rendent à Marrakech à l'exception d'un seul.

Le , Mohammed V, ainsi que le prince héritier Moulay Hassan (futur Hassan II), sont arrêtés puis envoyés en exil en Corse puis à Madagascar.

À leur retour d'exil, en 1955, El Glaoui se soumet et meurt peu de temps après à Marrakech des suites d'un cancer en janvier 1956.

Famille[modifier | modifier le code]

Thami El Glaoui a eu onze enfants (huit fils et trois filles). Il a eu deux épouses, Lalla Zineb, mère de ses fils Hassan El Glaoui et Abdessadeq ; et Lalla Fadna, mère de sa fille Khaddouj et de son fils Mehdi, lieutenant au 3e régiment de spahis marocains du Corps expéditionnaire français en Italie du maréchal Juin, mortellement blessé en mai 1944 dans son char dans le village de Ceccano. Thami a eu aussi trois concubines, Lalla Kamar (dont quatre fils Brahim, Abdellah, Ahmed et Madani), Lalla Nadida (d'où un fils Mohammed et une fille Fattouma) et Lalla Zoubida (d'où une fille Saadia). Les deux premières concubines sont des musiciennes turques ayant intégré son harem[6]. Abdessadek El Glaoui a été président de la Cour des comptes pendant le règne d'Hassan II. Son frère Hassan El Glaoui est un des artistes peintres préférés de Mohammed VI. Un autre fils, Si Brahim el Glaoui, qu'il a eu avec sa concubine turque Lalla Kamar Torkia, a épousé l'actrice Cécile Aubry. Ils ont eu un fils, l'acteur Mehdi.

Distinctions[modifier | modifier le code]

  • Grand-Croix de la Légion d'honneur (1925)
  • Grand-Officier de la Légion d'honneur (1919)
  • Commandeur de la Légion d'honneur (1913)
  • Officier de la Légion d'honneur (1912)
  • Chevalier de la Légion d'honneur (1912)
  • Croix de guerre 1914-1918 avec deux palmes ( après la campagne dans les Sektana et à Tiznit)

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. El Glaoui 2004, p. 343
  2. Peyron, M., « Glaoui/Glaoua. (Glawi/Igliwwa) », Encyclopédie berbère, no 21,‎ (ISSN 1015-7344, lire en ligne, consulté le 21 février 2018)
  3. Georges Spillmann, Du protectorat à l'indépendance : Maroc, 1912-1955, Plon, 1967, p.175
  4. Dossier : LH/2516/19
  5. Peyron, « Glaoui/Glaoua », in Encyclopédie berbère, 21
  6. El Glaoui 2004, p. 384

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Jérôme et Jean Tharaud, Marrakech ou les Seigneurs de l'Atlas, Plon, Paris, 1920 (1re édition), 284 p. (notice BnF no FRBNF35870616).
  • (en) Gavin Maxwell, Lords of the Atlas : The Rise and Fall of the House of Glaoua, 1893-1956 :
    • Première édition : Longmans, Greens & Co., Londres, 1966, 318 p. ;
    • Dernière édition, au format de poche : Eland, Londres, 2004, 316 p., (ISBN 978-0-907871-14-9).
  • Abdelssadeq El Glaoui, Le Ralliement : Le Glaoui, mon père (récit et témoignage), Rabat, Marsam, , 391 p. (ISBN 9981-149-79-9) [aperçu en ligne].
  • Hassan Hamdani, « Thami El Glaoui : Le pacha qui aurait pu être roi », Telquel,‎ (lire en ligne).

Vidéographie[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]