Mafia

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Représentation symbolique de la Mafia par la pieuvre : même décapitée, la piovra conserve un bon nombre de ses tentacules en activité, en particulier à l'étranger[1].

Une mafia (ou maffia) est une organisation criminelle dont les activités sont soumises à une direction collégiale occulte et qui repose sur une stratégie d’infiltration de la société civile et des institutions. On parle également de système mafieux. Les membres sont appelés « mafieux » (sans distinction de nombre), ou parfois « mafiosi », d’après le nom italien (au singulier : « mafioso »).

Étymologie[modifier | modifier le code]

Le terme mafia a diverses étymologies possibles plus ou moins vérifiables et crédibles. Dans les années 1860, le terme apparaît dans les documents officiels et les communications des fonctionnaires de l'époque pour désigner, tout à la fois, une association de malfaiteurs et un comportement de la société sicilienne couramment admis à l'époque[2].

Selon le compte rendu historique de Giuseppe Pitré sur les traditions populaires de cette époque (1841-1916) et dont les travaux furent fortement remis en question par certains historiens de la mafia même (John Dickie soulignera que Pitré était alors un proche collaborateur du député et mafieux notoire Raffaele Palizzolo[3]), le terme était également employé en tant que synonyme de beauté, bravache et audace dans la langue populaire d’un quartier de Palerme. Ce même sens étymologique sera repris par Diego Gambetta, en 1993, dans son ouvrage The Sicilian Mafia : the Business of Private Protection[4], tandis que John Dickie insiste sur l'ambivalence du terme, désignant, à la fois et tour à tour, un comportement machiste dit « d'honneur » et une association criminelle proprement dite… Toujours selon Dickie, certains auteurs d'alors auraient ouvertement insisté sur le premier sens afin de faire croire à leurs contemporains l'absence de toute forme d'association criminelle.

L’expression prise dans son sens criminel proprement dit serait apparue [2] à partir de 1863, avec la pièce I mafiusi di la Vicaria de Giuseppe Rizzotto et Gaetano Mosc, laquelle connut un grand succès et fut traduite en italien, napolitain et meneghino, diffusant alors le sens véritable de ce terme sur tout le territoire national de l'Italie [2]. Dans cette pièce, le personnage du mafioso est le « camorista » ou l’homme d’honneur, c’est-à-dire celui qui adhère à une société s’opposant ouvertement aux institutions gouvernementales et exhibant, ainsi, courage et supériorité. Selon J. Dickie, l'abondante diffusion de cette pièce de théâtre serait à l'origine du mythe de la Mafia protectrice des faibles et symbole de comportement honorable de la part de ses membres [2]. Dans son rapport de 1864 sur la sécurité publique en Sicile, le baron Niccolò Turrisi Colonna ne parle pas de mafia, mais plutôt de « secte» [2] et Dickie affirme que c'est le gouvernement italien qui popularisa le terme dans son sens criminel actuel [2].

Un document confidentiel signé en avril 1865 par le marquis et préfet de Palerme Filippo Antonio Gualterio, mentionne la présence et l'existence de la Mafia sous la formulation « Mafia, o associazione malandrinesca » (en français : la Mafia, ou association de malandrins). Selon Gualterio, la Mafia offrait alors son aide et sa protection aux opposants du gouvernement[2]. Dès lors, tenant compte de ces recommandations, le gouvernement italien enverra en Sicile, pendant 6 mois, une troupe forte de 15 000 soldats afin d'y contrer toute forme d'opposition politique populaire [2]. Selon Dickie, Gualterio aurait sciemment décrit les agissements de la Mafia en tant que manœuvres adverses visant à renverser ledit gouvernement, alors que certains de ses chefs parmi les plus importants tel Antonino Giammona, s'étaient plutôt rangés du côté du gouvernement[2]. Ce rapport suscitera en outre une longue controverse sur le sens du mot 'mafia', certains affirmant qu'il signifiait « comportement honorable et brave », d'autres déclarant, au contraire, qu'il décrivait bel et bien une organisation criminelle [2]. De sorte qu'en 1877, le rapport de Leopoldo Franchetti et Sidney Sonnino décrira la mafia comme étant une « industrie de la violence » et la notion d'association criminelle sera donc à nouveau confirmée par le rapport Sangiorgi paru au tournant du XXe siècle.

D'autres sens et définitions étymologiques ultérieurement évoqués susciteront l'ironie dans la nouvelle Philologie de Leonardo Sciascia (1973, in La Mer couleur de vin) qui y mettra en scène deux mafieux proposant des significations opposées visant essentiellement à confondre et égarer le lecteur alors médusé [2].

Naissance et origine de la mafia[modifier | modifier le code]

Le terme mafia est polysémique : au sens large il désigne toute forme de crime organisé n'importe où sur la planète (c'est ainsi qu'on parle de mafia russe, italienne, chinoise, japonaise, etc.) ; mais le sens premier désigne l'organisation du crime sicilien ; la Sicile est le berceau de la Mafia.

Une origine sicilienne[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Cosa nostra.

La mafia sicilienne : onorata societa, omertà, etc.[modifier | modifier le code]

La mafia à l'origine est donc sicilienne. Elle apparaît dans la seconde moitié du XIXe siècle. Dans la première moitié du XIXe siècle, l'aristocratie a laissé de plus en plus de place à la bourgeoisie dans la gestion des terres. D'une manière générale, les taxes ont augmenté ; les terres réservées autrefois aux pauvres ont été confisquées et privatisées. Avec le rattachement à l'Italie (1861), de nouvelles taxes imposées par le Nord s'ajoutent, rendant la situation intenable. C'est dans ce contexte que la mafia surgit.

Le mafieux est d'abord un misérable, chassé de ses terres, contraint à l'errance, mendiant, brigand, louant ses services, rackettant… mais il y a un autre type de mafieux : le riche, le possédant qui expulse et qui rémunère les gros bras qui expulsent, récoltent les taxes, extorquent les fonds sous la menace de l'arme, sans passer par les tribunaux (trop laxistes de toute façon). À une époque où le pauvre et le riche vont s'appauvrir, les liens vont se resserrer ; au fur et à mesure que les difficultés s'accroissent, la valeur de la parole donnée augmente, ainsi naît l'onorata societa, la société des hommes d'honneur, ceux qui tiennent leur parole et leur langue. Avec la mafia la notion d'omerta est scellée. Tout « homme d'honneur » doit tenir sa langue, il doit préférer le silence à la dénonciation, l'action à la parlote. L'omerta, c'est l'homme (omu) et l'humilité (umiltà), l'homme humble, respectable, digne de ce nom, qui se tait et qui agit. C'est indéniablement dans un contexte d'extrême pauvreté que se développe la mafia : sans conditions extrêmes, les hommes de main sont difficiles à recruter, et sans homme de main prêt à exécuter les ordres, il n'y a pas d'organisation.

La mafia est également liée à la notion de « parrain ». Le parrain est le chef de l'organisation, celui qui accumule le plus de richesses et celui qui prend toutes les décisions. Chaque homme lui doit le « respect » ; celui qui enfreint cette règle doit mourir. À l'origine, la mafia est organisée, elle a un chef et des exécutants ; mais plus la pauvreté va croître dans la Sicile de la fin du XIXe siècle, plus les « mafias » vont prospérer et s'organiser, plus elles vont être nombreuses et s'affronter pour le contrôle des territoires et des revenus.

Le premier Parrain : "Don Vito" (1862-1943)[modifier | modifier le code]

Le premier véritable « parrain » de la mafia s'appelle Vito Cascio Ferro. Il modernise l'organisation, impose le pizzu, impôt (racket) à tous les commerçants. Il raconte qu'il va « picorer » chez les commerçants comme le moineau pique son bec dans une flaque d'eau pour boire ; d'où le terme « pizzu ». Il est le parrain qui chapeaute tous les capos qui eux-mêmes dirigent tous les hommes de mains. Chaque capo a un consigliere (bras droit). « Don Vito », comme on l'appelle, ne faillira jamais, parsemant sa vie de nombreux morts. Il est la légende qui a inspiré le personnage du film Le Parrain prêtant son surnom et son prénom à Don Vito Corleone (le nom de Corleone étant emprunté au village de mafieux le plus dur qu'ait connu la Sicile : Corleone, au sud-ouest de Palerme). C'est lui qui exporte la mafia aux États-Unis à la fin du XIXe siècle.

La mafia sicilienne aux États-Unis d'Amérique[modifier | modifier le code]

Les Siciliens pauvres fuyaient la misère et malheureusement ne trouvaient que misère également aux États-Unis ; l'organisation de la Mafia trouva donc un terrain prospère pour ses affaires. C'est ainsi que dès l'arrivée des premiers Siciliens se mit en place l'organisation de la Mano Nera. Les mafieux envoient des lettres anonymes aux autres Siciliens avec une demande de rançon signée par un dessin représentant une main gantée de noir. Celui qui reçoit la lettre n'a qu'à se rendre au rendez-vous fixé avec la somme demandée, sinon c'est l'assassinat. Ce phénomène n'étant réservé qu'aux Siciliens, et ces Siciliens étaient généralement très pauvres, la police américaine se moque éperdument de tout ça. Il n'y a guère qu'une fois le cadavre retrouvé que l'on s'inquiète un peu, puis on passe. C'est ainsi que l'organisation criminelle de Don Vito va s'étendre de la Sicile aux États-Unis et y prospérer également. On trouve très tôt des marques d'implantation de la mafia partout où il y a des Siciliens : New York bien sûr, mais aussi Chicago, et même Kansas City.

Les mafias italiennes[modifier | modifier le code]

Les principales mafias dans le sud de l'Italie.

Si la mafia se développe d'abord en Sicile, elle se développe aussi rapidement dans le Sud de l'Italie, cette autre partie soumise au nord et négligée par le nord dès après 1861. Ces mafias portent différents noms selon le lieu où elles règnent :

Les autres mafias dans le monde[modifier | modifier le code]

Les organisations criminelles considérées comme des mafias stricto sensu par les criminologues[Qui ?] sont, outre les mafias italiennes,

D’autres groupes criminels tels que les cartels mexicains ou colombiens avec Pablo Escobar, les clans nigérians, les posses jamaïcains, la pègre du sud de la France, ne sont pas stricto sensu des mafias mais des organisations criminelles.

Caractéristiques d'une mafia[modifier | modifier le code]

Six caractéristiques définissent une mafia :

  • Structuration de l'organisation qui suppose un engagement réciproque de ses membres et un certain nombre de règles internes.
  • La violence qui est à la fois utilisée pour accéder à des richesses et pour protéger l'organisation par l'intimidation.
  • La mafia a aussi un rôle social. Les mafieux cherchent à avoir des rôles importants dans des activités de médiation sur le plan politique, social ou économique, en particulier pour la jonction entre la sphère légale et illégale.
  • Un ancrage territorial. Ainsi tout en ayant des activités internationales, les mafias cherchent à garder des liens sur leurs territoires d'origine.
  • La coexistence entre les activités légales et illégales entre l'ensemble des ressources de l'organisation. Seule l'Italie, confrontée de longue date aux phénomènes mafieux, a défini le crime d'association mafieuse.
  • Le lien avec les classes politiques et les institutions, soit à l'échelle régionale, soit à l'échelle nationale. Grâce à cette interpénétration, elle arrive à accéder à certaines ressources, dont des marchés publics. Elle arrive dans certains cas à agir en toute impunité judiciaire parce qu'elle monnaie son soutien à la classe politique à travers l'influence qu'elle exerce sur la société.

Fonctionnement[modifier | modifier le code]

La mafia fonctionne sur un modèle d’économie parallèle ou souterraine. Elle cherche à contrôler les marchés et les activités où l’argent est abondant, circule en numéraire (argent liquide) et est facile à dissimuler au fisc. La plupart des activités commerciales usuelles sont utilisées, que ce soit comme paravent à des activités illégales ou comme moyen de blanchiment de l’argent récolté. Ces activités recouvrent aujourd’hui les domaines les plus variés :

En général, la mafia préfère recourir à l’intimidation, la corruption ou le chantage plutôt qu’à la force pour contraindre ceux qui lui résistent. De cette manière elle attire moins l’attention du grand public sur elle. Mais il arrive régulièrement que pour se débarrasser de concurrents, de témoins gênants ou de traîtres, les mafias usent de méthodes sanguinaires : guerres de gangs pour la prise de contrôle d’un territoire ou d’un marché, assassinat de témoins, de complices ou de juges avant un procès en sont quelques exemples. Mais ce fonctionnement est souvent régi par une Commission dirigée par les chefs et parrains d'un vaste territoire. Chaque protagoniste dirige alors un secteur (voir ci-dessus). Elle peut être fondée sur un système démocratique avec une constitution et des lois ou sur un système despotiste. La plus célèbre fut celle d'Atlantic City dont les dirigeants furent les plus grands mafieux du XXe siècle (Al Capone, Lucky Luciano...).

L'infiltration mafieuse dans l'économie[modifier | modifier le code]

L'infiltration mafieuse dans l'économie des provinces italiennes par le prélèvement du pizzo: rouge (pizzo courant), orange (pizzo occasionnel), jaune (pizzo peu pratiqué)

Fonctionnement de l'économie mafieuse[modifier | modifier le code]

La base de l’économie mafieuse se situe dans le système de collecte du « pizzo » : les mafieux imposent aux commerçants des revenus en échange d’une « protection » mais aussi sous peine de voir leurs vitrines brisés et leurs marchandises disparues ou brûlées. Bien qu’elle soit l’une des techniques les plus importantes en matière d’économie mafieuse, les revenus ont des centaines d’origines différentes. Il faut d’abord préciser que l’économie mafieuse se divise en trois parties : l’économie illégale, légale et légale-mafieuse. Ces trois circuits sont intimement liés. Ainsi, par exemple, les revenus de l’économie illégale (economia sommersa) permettent de créer de nouvelles entreprises cette fois-ci totalement légales. De même la production peut être légale mais la vente illégale et inversement. Ce sont ces liens étroits qui posent les difficultés énormes qu’affronte le gouvernement italien pour débusquer les entreprises mafieuses, notamment en vérifiant les mouvements et les dépôts bancaires ou les appels d’offre. Le recyclage d’argent sale est une activité à part entière. On connaît les grandes filières classiques des trafics illégaux : drogues, armes, œuvres d’art volées. Mais nous avons aussi à faire à des affaires moins connues tels que le trafic de déchets industriels, la fraude aux subventions alimentaires, les grands travaux d’infrastructure et ainsi de suite. La liste des secteurs est longue voire illimitée cela va du proxénétisme aux contrôles des casinos, de la fausse monnaie au trafic d’êtres humains mais aussi plus récemment de la cybercriminalité (piratage et détournement de fonds sur Internet). Tous ces réseaux se sont bien évidemment étendus aujourd’hui au niveau international.

Selon le rapport annuel de la Confesercenti en 2007, une association qui regroupe 270 000 commerçants et patrons de PME, le chiffre d'affaires des organisations mafieuses italiennes s'élèverait à 90 milliards d'euros, hors trafic de drogue[5]. Principales sources de revenus : le prêt usuraire (30 milliards d'euros de recettes, 150 000 entreprises victimes), le pizzo (10 milliards), les contrefaçons (7,4 milliards), le vol (7 milliards), l'escroquerie (4,6 milliards) et le jeu et paris clandestins (2 milliards) Source : Confesercenti, association regroupant 270 000 commerçants et petites entreprises italiennes)[6].

Conséquences[modifier | modifier le code]

Le poids du crime organisé italien dans le PIB national connaît des estimations contradictoires : environ 7 % selon l'organisation patronale Confesercenti en 2007[7],[6], environ 10,9 % selon la Banque d'Italie en 2012[8], ou moins de 1 % selon une étude financée par le gouvernement en 2013[9]. Le chiffre d'affaires des mafias n'est traditionnellement pas calculé dans les statistiques officielles du PIB, car il est le fruit d'activités économiques illégales ou bien au noir ; cependant, le gouvernement italien pourrait intégrer les revenus du trafic de drogue et de la prostitution dans le PIB en 2015 suivant des directives de l'Union européenne[10]. La mafia n’est plus une entreprise familiale mais est devenue au fil du temps un empire financier de type multinational.

L’infiltration mafieuse dans la politique[modifier | modifier le code]

La mafia en Sicile représente un électorat relativement important, quoique toujours très minoritaire par rapport à la grande masse d'électeurs siciliens. Par une technique rodée, elle pousse ses affiliés à voter pour certains partis, certaines personnes. Les politiciens, en échange de cette faveur, garantissent la protection de la mafia et de son commerce une fois au pouvoir. C’est ainsi que des pro-mafias, ou des mafieux même, accèdent à des rangs tels que celui de maire (Vito Ciancimino) ou de conseiller municipal. C’est surtout lorsqu’elle a affaire aux tribunaux que la mafia réclame son soutien aux hommes politiques. Aucune préférence en général n’est remarquée chez les mafieux en matière de partis excepté un anticommunisme fervent. La démocratie chrétienne fut largement sollicitée par la mafia car elle occupa le pouvoir de 1947 à 1990 sans discontinuer. À ce titre, le nom de Giulio Andreotti fut cité plusieurs fois lors de procès. Il a toujours été acquitté en dernière instance, même si des représentants de la DC sur place ont été arrêtés.

Présence de la mafia en France[modifier | modifier le code]

Il existe un crime organisé français (dominé par le grand banditisme corse ou issus des cités) mais non une mafia française grâce à la présence d'un État centralisé fort depuis l'époque révolutionnaire. Ceci a pour conséquence d'empêcher la constitution d'un État dans l'État.

Article détaillé : Mafia corse.

Par contre d'autres mafias transnationales sont présentes en France ; en 2011, on en dénombre cinq :

  • Les mafias italiennes (Cosa Nostra et Stidda en Sicile, Camorra en Campagnie, 'Ndrangheta en Calabre et Sacra Corona Unita dans les Pouilles) sont présentes en région Rhône-Alpes et en région PACA à Nice et Marseille, mais aussi à Strasbourg, Lille, Paris et Toulouse [11].
  • Vory v zakone (Russes, Georgiens, Ukrainiens, Biélorusses, Tchétchènes, Arméniens, Ouzbeks) sont présents en Bretagne, Normandie et en région PACA [11],[12].
  • Les mafias baltes (estoniennes, lituaniennes et lettones) sont présentes sur toutes la façade atlantique, en Bretagne et Normandie [11].
  • Les mafias balkaniques (Serbes, Montenegrains et Kossovars) sont présentes en régions PACA, Rhône-Alpes, Île-de-France et les villes de Toulouse, Bordeaux, Nantes, Lille et Strasbourg [11].
  • La mafia nigériane est présente en région Rhône-Alpes, en Midi-Pyrénées et en Île-de-France[11].

Lutte contre la mafia[modifier | modifier le code]

Les politiques de lutte contre cette organisation criminelle se heurtent à l’adaptabilité de ces structures souples et décentralisées, capables de délocaliser leurs activités et de diversifier leurs flux financiers sans limites dans le monde entier. Entreprendre des enquêtes transnationales et remonter les multiples filières devient alors un casse-tête pour les juges, d’autant plus que certains pays comme les paradis fiscaux ne font rien pour leur faciliter la tâche. En réponse, Interpol doit faciliter la coopération policière internationale contre le crime, et des organismes nationaux comme le FBI et la DEA disposent d'« attachés » dans le monde qui favorisent les enquêtes bilatérales contre les mafias, par exemple entre les États-Unis et l'Italie[13].

Autorités[modifier | modifier le code]

International[modifier | modifier le code]

Interpol est la deuxième plus grande organisation au monde derrière les Nations Unies. La gestion des forces de police nationales européennes vont être modifiées en 1996 avec la création de l'agence de police européenne Europol.

Nationale[modifier | modifier le code]

Personnages célèbres ayant combattu la mafia et le crime organisé[modifier | modifier le code]

Mafieux célèbres[modifier | modifier le code]

Liste des trente fugitifs les plus dangereux d'Italie[modifier | modifier le code]

Au mois de juillet 1992, le ministère de l'intérieur a publié une liste où figuraient les 30 fugitifs les plus dangereux d'Italie.

Au mois d'avril 2013, 7 de ces fugitifs sont encore recherchés[14].

  • Camorra
    • Mario Caterino, recherché depuis 2005, arrêté le 2 mai 2011 à Casal di Principe (1)
    • Marco Di Lauro, recherché depuis 2005
    • Francesco Matrone, recherché depuis 2007, arrêté le 12 août 2012 à Batticaglia (2)
    • Pasquale Scotti, recherché depuis 1985
    • Giuseppe Dell'Aquila, ajouté à la liste en mars 2011, arrêté en mai 2011[15].
  • Cosa nostra
    • Giovanni Arena, recherché depuis 1993, arrêté le 26 octobre 2011 à Catania (3)
    • Vito Badalamenti, recherché depuis 1995, déclaré libre par prescription en 2012[16].
    • Matteo Messina Denaro, recherché depuis 1993
    • Giovanni Motisi, recherché depuis 1998
  • 'Ndrangheta
    • Domenico Condello, recherché depuis 1993, arrêté le 10 octobre 2012 à Catona[17].
    • Giuseppe Giorgi, recherché depuis 1995, il résiderait en Allemagne (4)
    • Sebastiano Pelle, recherché depuis 1995, arrêté le 9 novembre 2011 à Reggion Calabre (5)
    • Michele Antonio Varano, recherché depuis 2000
  • Anonima sequestri
    • Attilio Cubeddu, recherché depuis 1997
  • Sacra corona unita
    • Giuseppe Pacilli, recherché depuis 2009, arrêté le 13 mai 2011 à Monte Sant'Angelo (7)

Filmographie[modifier | modifier le code]

Le cinéma est très riche en films sur la mafia ; parmi les plus marquants on peut citer :

Année Titre français Titre original Réalisateur
1931 Le Petit César Little Caesar Mervyn LeRoy
L'Ennemi public The public Enemy William Wellman
1933 Scarface Scarface Howard Hawks
1937 Pépé le Moko Pépé le Moko Julien Duvivier
1949 L’enfer est à lui
1954 Touchez pas au grisbi Touchez pas au grisbi Jacques Becker
1959 Al Capone
1961 Le Cave se rebiffe Le Cave se rebiffe Gilles Grangier
1969 Le Clan des Siciliens Le Clan des Siciliens Henri Verneuil
1971 Guerre des gangs à Okinawa Bakuto gaijin butai Kinji Fukasaku
1972 Okita le pourfendeur: yakuza moderne
Le Parrain Mario Puzo's Godfather Francis Ford Coppola
Cosa Nostra The Valachi papers Terence Young
1973 Mean Streets Mean Streets Martin Scorsese
Combat sans code d'honneur
1975 Le Cimetière de la morale
Capone Capone Steve Carver
1984 Scarface Scarface Brian De Palma
Cent Jours à Palerme
Il était une fois en Amérique Sergio Leone
1985 L’Honneur des Prizzi
L'Année du dragon Year of the Dragon Michael Cimino
1987 Le Sicilien The Sicilian Michael Cimino
Les Incorruptibles The Untouchables Brian De Palma
1989 Violent Cop Takeshi Kitano
1990 The King of New York King of New York Abel Ferrara
1990 Les Affranchis Martin Scorsese
Premiers pas dans la mafia The Freshman
1991 Bugsy
1993 Il était une fois le Bronx Robert De Niro
L’Impasse
L’Escorte
Le Syndicat du crime Ying hung boon sik John Woo
1994 Little Odessa James Gray
1995 Casino Martin Scorsese
1996 Kids Return Takeshi Kitano
1997 Donnie Brasco Mike Newell
1999 Mafia Blues Harold Ramis
2000 Les Cent pas
Aniki, mon frère Takeshi Kitano
2002 Les Sentiers De La Perdition Road to Perdition Sam Mendes
Infernal Affairs Wu jian dao Andrew Law et Alan Mak
Un nouveau Russe
2003 Kill Bill Quentin Tarantino
2005 A History of Violence
2006 Les Infiltrés The Departed Martin Scorsese
Un'altra storia
Romanzo criminale
2007 Les Promesses de l'ombre Eastern Promises David Cronenberg
La Sicilienne La Siciliana ribelle Marco Amenta
American Gangster American Gangster Ridley Scott
La nuit nous appartient We Own the Night James Gray
2008 Gomorra
2009 Public Enemies
Un prophète Jacques Audiard
2010 L'Immortel Richard Berry
Outrage Takeshi Kitano
Mon père, Francis le Belge Frédéric Balekdjian
Une vie tranquille Una vita tranquilla Claudio Cupellini
2013 Malavita The Family Luc Besson
2014 La French Cédric Jimenez

À la télévision, on peut citer notamment :

Jeux vidéo[modifier | modifier le code]

On retrouve également la mafia dans plusieurs jeux vidéo :

  • Mafia, sorti en 2002 pour Windows, PlayStation 2, Xbox et sur GameCube a été développé par une équipe tchèque. Le joueur est placé dans la peau d’un homme qui adhère à la mafia italo-américaine des années 1930, dans une ville semblable à Chicago.
  • Grand Theft Auto et ses suites, les héros des différents épisodes travaillent pour de nombreuses associations du crime organisé (Mafia italo-américaine, triades chinoises, yakuzas, mafia russe, etc.).
  • Le parrain, sorti en 2006, est un jeu vidéo qui retrace l’histoire du film Le Parrain.
  • Yakuza, jeu se déroulant dans un Tokyo réaliste, le héros y travaille pour les Yakuza.
  • Mafia II, sorti en 2010 a été développé par la même équipe que Mafia, c'est un nouveau volet du jeu sans lien avec le premier, qui plonge le joueur dans la peau d'un mafieux, l'histoire se déroule après la Seconde Guerre mondiale.

Manga et Anime[modifier | modifier le code]

  • Reborn!, manga de type shonen, en cours depuis 2004 (2006 à octobre 2010 pour l'anime, présentement suspendu). La mafia fait partie de l'intrigue principale.
  • La storia della Arcana Famiglia.

Light Novel[modifier | modifier le code]

  • Baccano!, light novel de type shonen, écrit par Ryohgo Narita, en cours depuis le 10 février 2003. Un grand nombre de mafias font partie du centre de l'intrigue, comme la Camorra ou la famille Gandor, une famille mafieuse dirigée par les trois frères Gandor.
  • Durarara!!, light novel de type shonen, écrit par Ryohgo Narita. La première série de "Durarara!!" a commencé le 10 avril 2004 et se termine le 11 janvier 2014. La suite de Durarara!!, nommée "Durarara!!SH", a débuté le 10 avril 2014, 10 ans après le début de Durarara!!. Dans ces deux séries ont peut noter l'apparition récurrentes de yakuzas et diverses mafias.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Bruno Teissier, Géopolitique de l'Italie, Éditions Complexe,‎ 1996, p. 62
  2. a, b, c, d, e, f, g, h, i, j et k John Dickie (trad. Anne-Marie Carrière), Cosa Nostra : la mafia sicilienne de 1860 à nos jours, éditions Perrin, coll. « Tempus »,‎ (ISBN 978-2-262-02727-8), en particulier chapitre I.
  3. John Dickie (2004), Cosa Nostra : la mafia sicilienne de 1860 à nos jours, éd. Perrin, 2007, p. 119
  4. Harvard University Press, 1993
  5. (es) "La Mafia représente 7 % du PIB italien", El Pais, le 22 octobre 2007
  6. a et b 7 % : part occupée par la mafia dans le produit intérieur brut italien, Le Monde,
  7. (en) Peter Kiefer, « Mafia crime is 7% of GDP in Italy, group reports », The New York Times,‎ (lire en ligne)
  8. « Le PIB de l'Italie bientôt dopé par la drogue et la prostitution ? », Le Point,‎ (lire en ligne)
  9. « Italy's mafia makes 'less profit than believed' », BBC News,‎ (lire en ligne)
  10. Erreur de référence : Balise <ref> incorrecte ; aucun texte n’a été fourni pour les références nommées lepoint_mai_2014.
  11. a, b, c, d et e Le Point du 21 juillet 2011 : La mafia en France p.48
  12. http://www.lepoint.fr/societe/on-les-appelle-voleurs-dans-la-loi-21-07-2011-1357328_23.php
  13. (en) John A. Cassara, Hide and Seek: Intelligence, Law Enforcement, and the Stalled War on Terrorist Finance, Potomac Books, Inc.,‎ (ISBN 9781612343358, lire en ligne), p. 76-81
  14. Noms et photos des fugitifs Site internet du ministère de l'Intérieur
  15. Arrestation d'un chef de la mafia napolitaine
  16. La beffa di Badalamenti Jr: da latitante a libero
  17. « È finita la latitanza di Domenico Condello » (consulté le 15 février 2013)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Histoire de la Mafia[modifier | modifier le code]

  • John Dickie, Cosa Nostra : histoire de la mafia sicilienne de 1860 à nos jours, Buchet-Chastel, 2007
  • Eric Frattini, Cosa Nostra : un siècle d’histoire, Flammarion, 2003
  • Salvatore Lupo, Histoire de la mafia des origines à nos jours, Flammarion, 2001
  • Marie-Anne Matard-Bonucci, Histoire de la Mafia, Complexe, 1994
  • Jacques de Saint-Victor, Mafias : l'industrie de la peur, Rocher (collection Un Nouveau Regard),‎ , 419 p. (ISBN 978-2-268-06410-9)
  • Jacques de Saint-Victor, Un pouvoir invisible : les mafias et la société démocratique (XIXème-XXIème siècle), Gallimard (collection L'esprit de la cité),‎ , 424 p. (ISBN 978-2-07-012322-3)
  • (it)Saverio Lodato, Quarant'anni di mafia, Rizzoli, 2012
  • Philippe Di Folco, Les Secrets de la mafia, Librairie Vuibert,‎ , 288 p. (ISBN 978-2-31100749-7)

Autres[modifier | modifier le code]

  • (it) Pino Arlacchi, La Mafia Imprenditrice (langue : italien), L’éthique mafieuse et l’esprit de capitalisme, il Mulino/Contemporanea 2,1983
  • Clotilde Champeyrache, Sociétés du crime : un tour du monde des mafias, CNRS éditions, 2007, 427 pages.
  • Thierry Colombié, French Connection, les entreprises criminelles en France, Paris, Non Lieu/OGC Éditions (2012). Essai socio-économique sur les stratégies des groupes criminels français ayant investi le trafic d'héroïne (White Horse) de 1935 à 1985.
  • Jean-François Gayraud, Le monde des mafias : géopolitique du crime organisé, Odile Jacob, septembre 2005
  • Clare Longrigg, Bernardo Provenzano, le Parrain des parrains, Buchet-Chastel, 2006, 2010
  • Fabrizio Maccaglia et M.A. Matard-Bonucci, Atlas des mafias : acteurs, trafic et marchés de la criminalité organisée, Cartographie Alexandre Nicolas, Autrement, 2009
  • Marcelle Padovani, Les dernières années de la Mafia, Gallimard, 1987
  • Antonio Nicaso et Lee Lamothe, Les liens du sang, Montréal, QC, Éditions de l'Homme, 2003. Concerne la famille Caruana-Cuntrera et la mafia au Canada.
  • William Reymond, Mafia S.A. : les secrets du crime organisé, Flammarion, 2001
  • Saverio Lodato et Roberto Scarpinato, Le Retour du prince, La Contre-allée, 2012, traduit par Deborah Puccio-Den

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]