Emmanuel Crétet

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Emmanuel Crétet
Ansiaux - Emmanuel Crétet, comte de Champmol (1747-1809).jpg
Portrait d'Emmanuel Crétet, comte de Champmol, par Jean-Joseph Ansiaux
Fonctions
Ministre de l'Intérieur
-
Gouverneur de la Banque de France
-
Conseiller d'État
-
Président du Conseil des Anciens
-
Membre du Conseil des Anciens
-
Député de la Côte-d'Or
Titre de noblesse
Comte
Biographie
Naissance
Décès
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Distinction

Emmanuel Crétet, comte de Champmol, né le au Pont-de-Beauvoisin[1] en Savoie[2] et mort le à Paris, est un administrateur et homme politique français qui a été ministre de l'intérieur de Napoléon Bonaparte et responsable de nombreux aménagements dans Paris.

Biographie[modifier | modifier le code]

Les débuts[modifier | modifier le code]

Fils de François Cretet des Rivaux (1680-1763), Emmanuel Crétet est issu d'une famille de négociants de Pont-de-Beauvoisin (duché de Savoie, également pays de Mandrin) qui a fait fortune à partir de la contrebande d'étoffes indiennes, dont l'importation était interdite en France[3]. Après ses études chez les Oratoriens de Saint-Martin-de-Miseré près de Grenoble[4], il entre comme commis chez un armateur bordelais. Il fait plusieurs fois le voyage d'Amérique, avant de devenir directeur d'une caisse d'assurance contre les incendies à Paris.

En 1791, déçu des conséquences de la Révolution, il utilise sa fortune personnelle pour acquérir un bien national, le monastère des Chartreux de Champmol dans la Côte-d'Or, où il se retire.

Carrière politique sous le Directoire[modifier | modifier le code]

Emmanuel Crétet devient député de la Côte-d'Or et entre au Conseil des Anciens le 24 vendémiaire an IV (16 octobre 1795). Il fit partie de la plupart des comités, prit souvent la parole dans les questions de finances et d'économie politique, soutint les projets de taxe pour l'entretien des routes, de réduction des rentes, d'organisation du système décimal et de la comptabilité des communes[4]. Président du Conseil des Anciens en septembre-octobre 1797, il est réélu au sein du même conseil par le même département le 25 germinal an VII (14 avril 1799).

Administrateur sous le Consulat et l'Empire[modifier | modifier le code]

Favorable au coup d'État de Bonaparte du 18 brumaire an VIII (), ce dernier le remercie en le faisant nommé le 4 nivôse an VIII (25 décembre 1799) membre du Sénat conservateur et conseiller d'Etat. Peu de temps après, Emmanuel Crétet prend la direction des Ponts-et-Chaussées.

Crétet lors du signature du Concordat entre la France et le Saint-Siège, le 15 juillet 1801.

En 1801, il œuvre pour le rétablissement de la paix religieuse en devenant l'un des signataires du Concordat[5].

Il établit la constitution et la réalisation du premier cadastre en 1802 et les impératifs du suivi notarial. Il est à l'origine de nombreuses réalisations liées à l'aménagement de Paris (voies navigables, rues, salubrité) et de réfection des voies de communication dans tout le pays (qu'il ne verra pas toutes réalisées de son vivant).

Malgré ses nombreuses missions, il reste attaché aux questions économiques et rédige le 11 thermidor an X (30 juillet 1802) un rapport à l'origine de la Création de la Banque de France[5] dont il devient le premier gouverneur par décret impérial du 25 avril 1806.

Ministre de l'Intérieur le en remplacement de Jean-Baptiste Nompère de Champagny, il contresigne le décret du qui organise l'Université impériale.

Le 1er octobre 1809, il démissionne pour raison de santé (attaques de goutte) de sa charge de ministre de l'intérieur et il est remplacé par Joseph Fouché.

Il meurt le au 94 rue du Bac à Paris.

Ses obsèques ont lieu le , en l'église Saint-Thomas d'Aquin.

ll a l'honneur d'être inhumé au Panthéon dans le caveau III[6].

Aménagement à Paris et dans le reste du pays[modifier | modifier le code]

  • Le premier tunnel routier français : le tunnel des Échelles (de la route impériale Paris-Milan) en avant-Pays savoyard, afin d'améliorer les conditions de passage entre la France et les États de Savoie (inauguré seulement en 1820).
  • Projet routier du Mont-Cenis.
  • Ponts à Roanne, à Bordeaux
  • Reconstruction de la Roche-sur-Yon où Napoléon venu contrôler l'avancée des travaux en 1807, dira : « J'ai répandu l'or à pleines mains pour édifier des palais, vous avez construit une ville de boue » (car Emmanuel Crétet, avait décidé, sans son avis, de la faire reconstruire par François Cointeraux premier spécialiste du pisé).
  • Création de villes nouvelles (Napoléon-Vendée aujourd'hui la Roche-sur-Yon ou Napoléonville devenue Pontivy)[6].

Titres[modifier | modifier le code]

  • Député en 1795,
  • Sénateur et conseiller d'État en 1799,
  • Commandeur de la Légion d'honneur en 1805,
  • Conseiller d'État à vie en 1806.
  • Gouverneur de la Banque de France du au ,
  • Ministre de l'intérieur de 1807 jusqu'au ,
  • Comte de Champmol[7] le .

Hommages[modifier | modifier le code]

  • Tombeau au Panthéon de Paris[8]
  • Une rue de Paris longue de 58 m, parallèle à la rue Jean-Baptiste Say et au boulevard de Rochechouard, porte son nom dans le IXe arrondissement.
  • Pose d'une plaque commémorative au jardin de ville du Pont de Beauvoisin (Savoie), le samedi à l'occasion des Journées du Patrimoine[9].
  • Ses armoiries : Armorial des rues de Paris IXe arrondissement[10]
  • Son portrait par le peintre Antoine Ansiaux (Liège, 1764 - Paris, 1840) se trouve au musée des Beaux-Arts de Dijon

Notes de l'empereur à Crétet, son ministre de l'intérieur[modifier | modifier le code]

  • Saint-Cloud,  :
    « La mendicité est un objet de première importance. L'Empereur a demandé différents rapports, qu'on n'a pas faits ; mais on a dû présenter le travail. Les choses devraient être établies de manière qu'on put dire : tout mendiant sera arrêté. Mais l'arrêter pour le mettre en prison serait barbare ou absurde. Il ne faut l'arrêter que pour lui apprendre à gagner sa vie par son travail. Il faut donc une ou plusieurs maisons ou ateliers de charité par département... »
  • Saint-Cloud,  :
    « Le ministre est invité à écrire aux syndics de Lyon que la fabrique de cette ville ne fabrique pas de manière à conserver sa réputation. La tenture verte, avec les bordures roses tissues en or, qui a été placée dans le cabinet de Sa Majesté, à Saint-Cloud, il n'y a pas beaucoup plus d'un an, est déjà passée... »

Armoiries[modifier | modifier le code]

Figure Blasonnement
Orn ext comte de l'Empire GCLH.svg
Blason Emmanuel Crétet (1752-1809).svg
Armes du comte Champmol et de l'Empire[7] (1808)

D'azur, à un coq hardi d'argent, crêté et barbé de gueules surmonté de deux clefs d'or passées en sautoir ; au canton des Comtes Ministres brochant.[11]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Il est écrit Pont de Bon-Voisin, département du Mont-Blanc, sur son tombeau
  2. Maintenant département français de la Savoie.
  3. Jean Nicolas, La Savoie au XVIIIe siècle : Noblesse et bourgeoisie, Ed. La Fontaine de Siloé, 2004. (ISBN 2842062221) ; (ISBN 978-2842062224).
  4. a et b Dictionnaire des parlementaires 1889-1891, p. 219-220.
  5. a et b « Emmanuel Crétet », sur banque-france.fr.
  6. a et b « Emmanuel Crétet », sur napoleon-empire.net.
  7. a et b Champmol : nom d'une terre acquise en Côte-d'Or en 1791 et ancienne chartreuse, actuellement absorbée par Dijon. L'hôpital psychiatrique de la chartreuse de Champmol en marque l'emplacement.
  8. a-p-n.skyrock.com
  9. avant-pays-savoyard-tourisme.com
  10. heraldique-europeenne.org
  11. Source : heraldique-europeenne.org

Sources[modifier | modifier le code]

  • Notice biographique sur S. Exc. Mgr Emmanuel Cretet, comte de Champmol, ministre d’État… (Signé : Fauchat.) Paris, Impr. De Testu, 1809.
  • « Emmanuel Crétet », dans Adolphe Robert et Gaston Cougny, Dictionnaire des parlementaires français, t. 2, Edgar Bourloton, 1889-1891, p.219-220.
  • Dictionnaire Ferdinand Buisson
  • Robert Robinet, Robinet et Le Chaplain : Dictionnaire de la Révolution et de l'Empire, Librairie Historique et Biographique, Paris (1899)
  • Revue de l'U.C.G.H.N. no 70
  • Revue Banque de France - Magazine de
  • Jean-Pierre Blazin : guide-conférencier lors de l'inauguration de la plaque commémorative du jardin public de Pont de Beauvoisin (Savoie) et le no 7 de la revue Mnémosyne éditée par l'association Mémoires des Pays du Guiers dont il est président.
  • Yves Laissus, Pierre-Simon Girard. Des eaux du Nil au canal de l'Ourcq. Paris, Presses des Ponts et Chaussées, 2017.(Voir p. 73, 100-102, 106, 108, 112, 115-119, 124, 125, 129, 133, 137, 139, 140-144, 147, 148, 150, 151, 156, 158, 161, 171, 183, 187, 192, 200, 201, 217, 387, 514, 537, 539, 540)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]