Émile Audiffred

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Émile Audiffred
Description de l'image Emile Audiffred.jpg.
Informations générales
Nom de naissance Émile Marius Baptistin Audiffred
Naissance
Toulon, Var
Décès (à 54 ans)
Auvers-Saint-Georges, Essonne
Activité principale Chanteur, parolier, producteur, Imprésario

Émile Audiffred est un chanteur, librettiste, parolier et producteur français, né le à Toulon et mort le à Auvers-Saint-Georges. Il est le père de l'impresario et producteur Roger Audiffred.

Biographie[modifier | modifier le code]

Programme de tournée Ma Belle Marseillaise (années 1940).

Originaire de Toulon, Émile Audiffred commence une carrière de chanteur de caf'conc au Palais de Cristal et à l'Alcazar de Marseille. Il monte en 1912 à Paris et se fait engager dans la troupe du Concert Mayol pour des revues aux côtés de Felix Mayol, Dranem, Raimu, et Polin. Il enregistre plusieurs chansons pour les disques Pathé[1]. A partir de 1920 Audiffred signe pour des grandes Revues au Ambassadeur et inaugure le Palace de Paris comme ténorino de charme dans la revue Toutes les femmes avec Harry Pilcer et l'actrice Polaire. Il chante également toujours en qualité de ténor les opérettes viennoises et d'Offenbach au théâtre des Bouffes du nord et au Casino de Trouville. Audiffred signe en tant que parolier un grand nombre de chansons[2] avec entre autres les compositeurs Vincent Scotto et Georges Sellers.

De 1924 à 1932, Emile Audiffred devient directeur du Théâtre de l'Empire de Paris. Il conclut avec Oscar Dufrenne un accord avec l'hippodrome de New York qui permet de montrer des grandes vedettes américaines en France. Il présente les plus grands spectacles de music-hall et de cirque des années 1920, et les premiers grand ensemble d'orchestre de Jazz comme Jack Hylton et Ray Ventura. Dans la même période il est également l'administrateur des casinos de Trouville et d'Enghien-les-Bains. Il crée, et sera nommé Président du Syndicat des Impresari de France et reçoit les palmes académiques en 1931.

Il lance l'Agence Audiffred située derrière le Palace (cité bergère), avec en exclusivité le Casino de Paris, Mogador, le Palace, les Italiens, Le Moncey et les casinos de Nice, Cannes, Vichy et Trouville. Apres l’assassinat d'Oscar Dufrenne, Varna et Audiffred changent le nom du Palace pour l'Alcazar. Des 1933, ils montent des spectacles façons Café-concert, des revues à la manière des Burlesques de New-York, et des Opérettes Marseillaise. Il produit les grandes tournées Audiffred, découvreur de talent devient l’un des imprésarios et producteur le plus actif d'avant-guerre. En 1935, il prend en exclusivité Maurice Chevalier, Reda Caire et Henri Garat (avec qui il travaillait depuis l'Empire) Audiffred engage les imprésarios Félix Marouani en 1934 et Diodet (fils de Louis Diodet). Il s'associe de 1936 à 1940 avec Felix Marouani sous le label des tournées Audiffred & Marouani.

Emile Audiffred fait débuter la carrière de chanteuse de Joséphine Baker en 1930, et impose rapidement Tino Rossi[3] sur la capitale comme le chanteur de charme d'avant-guerre. Après L'ABC, Audiffred proposent à Henri Varna d'auditionner Tino Rossi pour la rentrée du Casino de Paris. À la fin de la première de “Parade de France”, Audiffred, l’imprésario de Tino, le serre dans ses bras et lui dit : “Ta carrière commence ce soir.[..] — (Tino Rossi - Stock, 1974). Dans les années 1930, il organise les tournées de Maurice Chevalier, Joséphine Baker, Henri Garat, Tino Rossi, Mistinguett... et sera l'impresario de; Mistinguett, Cécile Sorel, Maurice Rostand, Gaby Morlay, Fernand Gravey, Carlos Gardel, Felix Mayol, Reda Caire, Édith Piaf, Damia, Albert Préjean, Maurice Chevalier, Laurel et Hardy, Jeanette MacDonald, Lucienne Boyer, Josephine Baker, Henri Garat, Marie Dubas, Gary Cooper, Fréhel, Django Reinhardt, Johnny Hess et Charles Trenet, Marie Bizet, Max Regnier, Ray Ventura, Rina Ketty, Jean Nohain, André Claveau... , Emile Audiffred est aussi producteur, auteur et metteur en scène d une trentaine de revues et d'opérettes marseillaises[4]. Ces trois opérettes à succès sont: Au soleil de Marseille avec Albert Préjean et Mireille Ponsard repris au cinéma avec Henri Garat. Ma Belle Marseillaise avec Alibert en 1940 qui sera le derniers spectacle joué sur Paris au début de la guerre. Marseille mes amours avec Reda Caire et Mireille Ponsard filmé dans les studio de Marcel Pagnol. la vedette marseillaise Mireille Ponsard, deviendra sont épouse en 1936[5]. Elle sera la première interprète de "Fanny" de Marcel Pagnol à l'Alcazar de Marseille. Audiffred co-signe avec Raymond Vincy le livret de La Belle de Cadix, écrit à l'origine à Marseille pendant la guerre pour Rina Ketty et Gorlett, opérette créée le au Casino Montparnasse[6] à Paris avec comme interprète Luis Mariano.

Juste avant la guerre il découvre à Marseille Yves Montand[7], qui témoignera : « À l'Alcazar de Marseille, le patron c'est Émile Audiffred. C'est à lui que je dois mes débuts. Il a été très chic pour moi. Il me disait : « Tu verras, petit, tu seras mondial à Marseille ! » Et on riait tous les deux. N'empêche que, le premier soir, j'avais un de ces tracs. » — ( L'Express, 1969). « Un certain Émile Audiffred, producteur de son état, le reconnaît lorsqu'il pousse la porte de son bureau sur la Canebière [...], il était à L'Alcazar lorsque Montand s'y produit en 1941, Audiffred croyait très fort à son potentiel scénique, mais regrettait la minceur de son répertoire, « vivre sans chanson, pour un artiste c'est vivre sans amour ; on n'est rien du tout », lui dira-t-il. »[8]. A Marseille, Audiffred lui présente pendant la guerre Edith Piaf, à la libération Yves Montand chantera en première partie de Piaf au Moulin Rouge de Paris.

Avec l'accord de Jérôme Medrano les programmes puis la direction en 1939 du Cirque Medrano. Viendront les programmes de l'ABC, l'Alhambra, l'Européen, des Folies Belleville, et de Bobino, les Célestins de Lyon, le Colisée Plage, L’Odéon et l'Alcazar de Marseille... Pendant la guerre réfugié à Marseille, il devient le producteur de la zone libre, et place un grand nombre d'artistes comme: Josephine Baker qu'il fait partir en Afrique du nord en 1941, Edith Piaf, Saint Granier, Maurice Chevalier, Pierre Brasseur, Rina Ketty, Max Regnier, Lucienne Boyer, Reda Caire, Tino Rossi, ... Les grandes Tournées Audiffred installées à Marseille sur la Canebière. Début 1944, Emile Audiffred monte une revue « Ça reviendra! » avec au programme Petit Papa Noël chanté par Xavier Lemercier, Audiffred propose à Tino Rossi de l'interpréter pour le film Destins sorti en 1946. Les tournées, sont bloquées en sur ordre de la Propaganda Allemande. En il monte "Merci De Gaulle" le premier spectacle de Music-hall après la libération en France.

En 1946 il partage avec les frères Bouglione le Cirque d'Hiver à Paris[9] et le cirque Royal de Bruxelles, d'Amiens et Bordeaux où il produira avec "la Société Parisienne de Spectacles" le clown Grock et les Fratellini, le début du Radio-Circus avec l'animateur vedette Zappy Max, et Jean Nohain pour "Reine d'un jour", en association avec le Cirque Gruss-Jeannet (Lucien Jeannet, Alexis Gruss senior et André Gruss), Jean Coupan et Roger Audiffred.

Émile Audiffred meurt prématurément en 1948 d'une crise cardiaque, il venait d'écrire et produire sa dernière Opérette "Croisière d'Amour". L'agence Audiffred restera active jusqu'en 1971 reprise par Georgette Audiffred.

Vie privée[modifier | modifier le code]

Il épouse en 1914 Célestine Andrée Rostagni[10], dont il aura un fils, Roger Audiffred.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Archives Medihal, en ligne.
  2. Catalogue général de la BNF, notice en ligne.
  3. José Mange 1866-1935 par Brigitte Gaillard, Musée du Toulon, 2003 — extrait en ligne.
  4. Marseille bombardée, reportage INA, 7 avril 2009.
  5. Audiffred sur La Comédie musicale en France
  6. Le Casino Montparnasse
  7. [vidéo] L'Alcazar les débuts d'Yves Montand avec Émile Audiffred sur YouTube
  8. Philippe Crocq et Jean Mareska, Montand, qu'est ce qu'elles avaient à tant l'aimer, page ???
  9. Le programme des fêtes chez Medrano en 1936, par le Cirque d'hier, en ligne.
  10. Archives en ligne de l’état civil du Var, commune de Toulon, acte de naissance no 1403 avec mention marginale de décès, année 1894 (page 397/573)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]