Casterman

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Logo de la maison d'édition
Repères historiques
Création 1777 (il y a 241 ans)
à Tournai (Belgique)
Dates clés 1999 : rachat par le groupe Flammarion[1]

2012 : rachat par les éditions Gallimard[2]

Fondée par Donat Casterman
Fiche d’identité
Statut Éditeur élément d'un groupe d'édition
Siège social Bruxelles (Belgique)
Dirigée par Charlotte Gallimard[3]
Collections Ligne rouge, Ligne d'horizon, Ligne de vie, Un monde, Écritures, Sakka, Rivages/Casterman/Noir
Titres phares Les Aventures de Tintin, Martine
Langues de publication Français/Néerlandais
Diffuseurs Flammarion Diffusion
Société mère Groupe Madrigall
Site web www.casterman.com
Environnement sectoriel
Principaux concurrents Dupuis, Dargaud

Casterman est une maison d'édition de bande dessinée et de livres pour la jeunesse fondée en 1777 par Donat Casterman, premier d’une lignée d’éditeurs-imprimeurs qui connaîtra sept générations de Casterman jusqu’à aujourd’hui.

Historique[modifier | modifier le code]

Le fondateur, Donat Casterman (1755-1823), s'installe comme libraire-relieur en 1777 à Tournai (Belgique) où il devient ensuite imprimeur et éditeur[4]. Ses fils Charles et Josué l’aident à développer l’affaire, et durant la première moitié du XIXe siècle, c’est Henri Casterman, fils de Josué, qui développe un important catalogue. Largement dédié aux publications religieuses ou édifiantes et aux ouvrages destinés à la jeunesse — en particulier les « livres de prix » —, l'impression et la reliure sont assurées dans les ateliers tournaisiens qui occuperont jusqu’à 170 personnes[5]. Il crée également une filiale à Paris, rue Bonaparte[5], ce qui permettra un fort développement de l’éditeur en France. À sa mort, en 1856, ce sont ses fils Louis et Henri qui reprennent le flambeau avant de décéder quasi simultanément en 1906. L’entreprise prend alors la forme d'une société anonyme.

Dans l'entre-deux guerres, les affaires prospèrent considérablement dans les deux départements, édition et imprimerie, cette dernière se tournant désormais vers une clientèle extérieure d'éditeurs français (Hatier, Michelin...) et d'annuaires (téléphone, chemin de fer...).

En 1934, avec Les Cigares du pharaon, Louis Casterman prend le relais pour la publication en albums des aventures de Tintin[6] qu'Hergé auto-éditait jusqu'alors en partenariat avec son mentor l'Abbé Wallez. À partir de 1942, avec L'Étoile mystérieuse, Casterman publie les nouveautés d'Hergé en couleurs sur 62 pages en une présentation qui deviendra le standard des bandes dessinées publiées ultérieurement par la maison. En quelques années, sortent les versions remaniées et en couleurs des aventures publiées initialement en noir et blanc.

Grâce au succès remporté par les bandes dessinées de Hergé, Casterman propose de nouvelles séries d'aventures : Petzi de Vilhelm et Carla Hansen, Alix et Lefranc de Jacques Martin ou Chevalier Ardent de François Craenhals.

Le catalogue de livres illustrés pour la jeunesse s'élargit très fortement lui aussi. La série Martine, illustrée par le Tournaisien Marcel Marlier, connaît un succès mondial avec, aujourd’hui, plus d’une centaine de millions d’exemplaires vendus[7].

Dans les années 1970, Casterman décide de conquérir un lectorat de BD plus adulte en proposant les premiers albums de Corto Maltese d'Hugo Pratt, en 1973 et en créant la revue de bande dessinée (A SUIVRE) en 1978. Cette dernière fut à l'origine d'un catalogue d'auteurs tels Tardi, Schuiten, Geluck, José Muñoz, Loustal, Mattotti, etc.

Dans les années 2000, le département bande dessinée ouvre son catalogue à des auteurs tels que Régis Loisel et Enki Bilal, la création de la collection « Écritures » (qui publie des auteurs étrangers tels que Craig Thompson et Jirö Taniguchi, mais aussi des Français comme Catel et Bocquet ou Charles Masson), de la collection de mangas « Sakka » et de la collection KSTR où paraissent les premières œuvres de Bastien Vivès.

Après de nombreuses turbulences directoriales et économiques (en 1999, l'éditeur est racheté par le groupe Flammarion[1], repris à son tour par Gallimard en 2012[8]), Casterman fait aujourd'hui partie du groupe Madrigall, troisième groupe français de l'édition, lui-même issu du groupe Gallimard[2]. Charlotte Gallimard, déjà à la tête des éditions Alternatives, est nommée PDG de Casterman par son père Antoine Gallimard en remplacement de Louis Delas. Les directions éditoriales sont partagées entre Céline Charvet pour le département jeunesse et Benoît Mouchart pour le département bande dessinée.

Simon Casterman, le dernier représentant de la lignée des Casterman, est, quant à lui, toujours en activité dans la société en tant que directeur du marketing[9].

Faillite de l’imprimerie Casterman[modifier | modifier le code]

Ayant occupé jusqu’à 800 personnes dans les années 1960[10], l’imprimerie amorce un long déclin dans les années 2000. Provoqué en partie par la reprise par Flammarion du département « édition » de Casterman en 1999[10], mais également par le vieillissement de ses installations et le refus d’amorcer le virage du numérique[11], elle fait faillite en 2002 et est rachetée par le groupe Evadix[12].

En mai 2016, subissant depuis de nombreuses années des conditions de marché difficiles caractérisées par une très forte pression sur les prix de vente, Evadix annonce être à la recherche d'un repreneur[13]. Ce sera le groupe néerlandais Emiel De Jong qui rachètera la seule rotative encore présente sur le site[10].

Collections[modifier | modifier le code]

Magazines[modifier | modifier le code]

Archives et espace muséal[modifier | modifier le code]

Situés à l’origine rue des Sœurs Noires à Tournai, les ateliers d’imprimerie migrèrent progressivement vers une nouvelle implantation à l’extérieur de la ville, laissant les anciens locaux abandonnés. Acquis par la Ville de Tournai, les bâtiments furent reconvertis en bureaux et appartements privés, et l’ancien dépôt de papiers accueillit les Archives de l'État à Tournai. En 2009 et 2010, la maison Casterman y déposa 1 728 mètres de documents comprenant : 15 000 photos de l’entreprise, une importante documentation photographique ainsi qu’un exemplaire de chaque ouvrage édité par Casterman entre 1789 et 1991[15].

La galerie Henri Casterman[modifier | modifier le code]

Parallèlement, il fut décidé de créer sur les mêmes lieux un espace muséal pour abriter la collection de machines et de matériel de typographie restés à l’abandon. Des vitrines d’exposition furent réalisées le long des chemins piétons, et cet espace fut dénommé « Galerie Henri Casterman ». Riche d’environ 80 machines historiques et de nombreux outils et objets, elle est une des plus importantes collections de ce type en Belgique[15].

Cliquez sur une vignette pour l’agrandir.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]