Paul Langevin

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Paul Langevin
Paul Langevin Wellcome2.jpg
Fonctions
Président
Ligue des droits de l'homme
-
Président
Plan Langevin-Wallon
-
Fondateur
La Pensée
Président
Union rationaliste
-
Président
Groupe français d'éducation nouvelle
-
Fondateur
Comité de vigilance des intellectuels antifascistes
-
Président
Congrès Solvay
-
Directeur
École supérieure de physique et de chimie industrielles de la ville de Paris - PSL
-
Professeur
Collège de France
-
Membre (d)
Société des Nations
Biographie
Naissance
Décès
Voir et modifier les données sur Wikidata (à 74 ans)
ParisVoir et modifier les données sur Wikidata
Sépulture
Panthéon (depuis le )Voir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Formation
Activités
Père
Victor-Charles Langevin (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Mère
Marie-Adèle Pinel (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Conjoint
Jeanne Desfosses (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Enfants
Parentèle
Philippe Pinel (arrière-grand-oncle)
Pierre Bourgeois (neveu)
Henri Bourgeois (beau-frère)
Vige Langevin (belle-fille)
Luce Langevin (belle-fille)
Albert Varloteau (gendre)
Jacques Solomon (gendre)
André Parreaux (gendre)
Louis Pinel (oncle)
Bernard Tiapa Langevin (petit-fils)
Noémie Koechlin (petite-fille)
Sylvestre Langevin (petit-fils)
Michel Langevin (petit-fils)
Annette Langevin (stepgranddaughter)
Yves Koechlin (beau petit-fils)
Hélène Langevin-Joliot (stepgranddaughter)
Roger Dajoz (beau petit-fils)
Rémi Langevin (arrière-petit-fils)
Yves Langevin (arrière-petit-fils)
Isabelle Dajoz (arrière-petite-fille)Voir et modifier les données sur Wikidata
Autres informations
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Parti politique
Membre de
Maître
Dir. de thèse
Lieu de détention
Distinctions
Œuvres principales
signature de Paul Langevin
Signature
Tomb of Paul Langevin in Panthéon.jpg
Vue de la sépulture.

Paul Langevin, né le à Paris 18e et mort le à Paris 5e, est un physicien, philosophe des sciences, pédagogue et homme politique français.

Il est connu notamment pour sa théorie du magnétisme, sa théorie du mouvement brownien, l'invention du sonar, l'introduction de la théorie de la relativité d'Albert Einstein en France, le plan Langevin-Wallon de réforme de l'enseignement ainsi que pour la direction des Congrès Solvay.

Membre du Parti communiste français à partir de 1944, il est conseiller municipal du 5e arrondissement de Paris de 1945 à 1946.

Biographie[modifier | modifier le code]

Né juste après la Commune de Paris dans une famille républicaine, Paul est le fils de Victor-Charles Langevin, ouvrier métreur-vérificateur dans le bâtiment, et de Marie-Adèle Pinel (1836-1902), institutrice, elle-même petite-nièce de Philippe Pinel[1],[2].

Paul Langevin à Cambridge, 1897.

Bachelier de l'enseignement secondaire spécial en 1888[2] (préparé dans une école primaire supérieure et non un lycée), Paul Langevin suit des études scientifiques tout d'abord[3] à l'École municipale de physique et de chimie industrielles de la ville de Paris de 1888 à 1891 (à l'époque cette école recrutait des élèves de la filière spéciale et non de la filière générale des lycées). C'est sur les conseils de Pierre Curie, alors chef de travaux dans cette école, qu'il s'oriente vers la recherche et l’enseignement plutôt que vers une carrière d'ingénieur. Admis 1er à l’École normale supérieure en 1893, il y étudie de 1894 à 1897 , où il suit les conférences de physique de Jules Violle et Marcel Brillouin, et à la faculté des sciences de Paris, où il suit les cours d'Edmond Bouty et Gabriel Lippmann et obtient les licences ès sciences physiques et ès sciences mathématiques. Lauréat du concours d'agrégation des sciences physiques en 1897, il obtient une bourse de la Ville de Paris qui lui permet d'aller travailler un an au laboratoire Cavendish de l'université de Cambridge, prestigieux laboratoire foyer de la physique moderne dirigé par Joseph John Thomson, où il se lie d'amitié avec Ernest Rutherford.

Il rentre en France en 1898 et rejoint le laboratoire d'enseignement de la physique de la faculté des sciences de l'université de Paris, dirigé par Edmond Bouty, et dont Raphaël Dongier est le sous-directeur, d'abord comme boursier de l'École normale supérieure, puis comme préparateur (à la suite du départ de Georges Sagnac). Il se lie d'amitié avec un autre préparateur du laboratoire de Gabriel Lippmann, Victor Crémieu.

Paul Langevin épouse Jeanne Desfosses (1874-1970) à Choisy-le-Roi le . De cette union naissent quatre enfants : Jean (1899-1990), André (1901-1977), Madeleine (1903-1977) et Hélène (1909-1995).

Langevin obtient le doctorat ès sciences physiques en 1902[4]. Il devient alors professeur remplaçant, puis suppléant, au Collège de France pour la chaire de physique générale et expérimentale d'Éleuthère Mascart[5]. En 1904, il participe, avec Henri Poincaré, au congrès international de Saint-Louis, où il fait un rapport sur la physique des électrons. En 1905, il se livre à des expériences sur les ions de l’atmosphère depuis la tour Eiffel et à l'observatoire du pic du Midi. Il succède à Pierre Curie au poste de professeur d'électricité générale de l'École supérieure de physique et de chimie industrielles de la ville de Paris (ESPCI) en 1905 et devient directeur des études d’Albin Haller. Il lui succède au poste de directeur de l'ESPCI en 1925, poste qu’il conserve jusqu'à sa mort.

Il devient l'ami des Curie, de Jean Perrin, et d'Émile Borel. Il est lauréat de la médaille Hughes en 1915.

En 1910, en instance de divorce, il aurait eu, avec Marie Curie alors veuve, une liaison secrète à laquelle la presse nationaliste aurait mis fin en la révélant en 1911[6]. Cette nouvelle fait scandale dans la société de l'époque, et donne lieu à plusieurs duels à l'épée au vélodrome du Parc des Princes, opposant les partisans et détracteurs de Langevin et Marie Curie[7].

À partir de 1920, il dirige le Journal de physique et du radium. Il est devenu membre étranger de la Royal Society le . Il participe en 1931 au quatrième des cours universitaires de Davos, avec de nombreux autres intellectuels français et allemands, comme Jean Guéhenno, André Honnorat ou Ignace Meyerson. Il est nommé professeur de physique générale et expérimentale au Collège de France en 1909 au décès d'Éleuthère Mascart.

En 1933, il a un fils, Paul-Gilbert Langevin, avec sa compagne, la physicienne Éliane Montel, qui a été son élève à l'École normale supérieure de Sèvres, puis sa secrétaire scientifique.

Paul Langevin en résidence surveillée à Troyes en 1944, son épouse Jeanne Desfosses et son neveu Pierre Bourgeois.

Ses travaux sur le magnétisme lui valent la médaille Copley en 1940. En raison de ses opinions anti-fascistes, il est incarcéré dès le par la Gestapo à la prison de la Santé et révoqué par le gouvernement de Vichy le [8]. Il est libéré le mais placé le lendemain en résidence surveillée à Troyes. Il quitte clandestinement le territoire en pour rejoindre la Suisse[9]. Sa fille Hélène Langevin, mariée au physicien résistant Jacques Solomon, est déportée à Auschwitz en 1943. Elle fait partie des survivants[10]. Elle était dans le même convoi de prisonniers politiques que Marie-Claude Vaillant-Couturier, Danielle Casanova et Charlotte Delbo. Jacques Solomon est fusillé au Mont-Valérien le .

Paul Langevin apporte son adhésion au Parti communiste français le , pour « y prendre la place de son gendre »[11] et fait partie du comité parisien de la Libération. Il assure la direction de l'ESPCI jusqu'à sa mort le [12].

Paul Langevin a également été radioamateur sous l'indicatif : F3ST de 1938 à [13].

Il meurt à Paris 5e le [14].

Famille[modifier | modifier le code]

Paul Langevin a eu cinq enfants et huit petits-enfants :

  • Madeleine Langevin, la première fille de Paul, épouse Albert Varloteau (1909-1978), ouvrier syndicaliste, avec lequel elle a un fils: l'instituteur Jacques Varloteau.
  • Hélène Langevin, la seconde fille de Paul, militante et députée communiste, épouse le physicien Jacques Solomon (1908-1942). Hélène Solomon-Langevin est déportée à Auschwitz, dont elle revient, alors que son mari est fusillé en 1942. Elle épouse par la suite en secondes noces l'historien André Parreaux (1906-1979) et adopte une jeune fille, Michèle Norel.

Paul Langevin est également l'oncle par alliance de Pierre Bourgeois (1904-1976)[21], célèbre personnalité de l'industrie musicale et fils du journaliste Henri Bourgeois (1864-1946) et d'Euphrasie Desfosses (1876-1950), la sœur cadette de Jeanne Desfosses. Pierre Bourgeois a eu deux filles avec Juliette Bastide (1911-1981).

Scientifique[modifier | modifier le code]

Albert Einstein, Paul Ehrenfest, Paul Langevin, Heike Kamerlingh Onnes et Pierre Weiss chez Kamerlingh Onnes à Leyde aux Pays-Bas.

Magnétisme[modifier | modifier le code]

Au moment où Paul Langevin entame sa carrière scientifique, en 1895, la physique est à un tournant de son histoire. L’œuvre de Langevin se situe dans la période de transition, de 1900 à 1930, qui va accoucher d'une physique moderne ayant intégré la théorie de la relativité et la théorie quantique. Après sa thèse, sur l'ionisation des gaz, les premiers travaux de Paul Langevin portent sur la nature microscopique du magnétisme. Il utilise la physique statistique de Ludwig Boltzmann pour interpréter le fait, observé par Pierre Curie, que la susceptibilité des matériaux paramagnétiques varie avec la température. Les matériaux magnétiques seraient formés d'une multitude de petits aimants créés par des électrons en mouvement sur une orbite fermée. Les propriétés magnétiques de ces matériaux sont alors interprétées comme le compromis entre la tendance des petits aimants à s'aligner et l'agitation thermique qui tend à leur donner une direction aléatoire[22]. Cette théorie a été publiée en 1905 (voir aussi: fonction de Langevin).

Fonction de Langevin:

Électron et relativité[modifier | modifier le code]

Paul Langevin et Albert Einstein en 1923.

En 1906, Paul Langevin prépare un cours sur la théorie électromagnétique pour le Collège de France et aboutit au résultat selon lequel l'inertie de l'électron serait une propriété de l’énergie. Quelques mois plus tard, il a l'occasion de lire les publications d'Einstein sur la relativité restreinte et saisit le lien entre ses recherches et cette nouvelle théorie révolutionnaire. C'est à partir de ce moment qu'il passe une partie de son temps à répandre la théorie nouvelle. Il est le promoteur de cette théorie en France.

Il enseigne pour la première fois la théorie de la relativité dans ses cours au Collège de France en 1910-1911. Il invente le paradoxe des jumeaux, qu'il présente pour la première fois au congrès de Bologne[23] et à la Société française de philosophie en 1911[24]. En 1922, il invite Einstein au Collège de France pour donner des conférences sur la relativité. Henri Bergson, qui avait assisté au congrès de Bologne et aux conférences d'Einstein au Collège de France, publie Durée et Simultanéité en 1922 et Émile Meyerson La Déduction relativiste en 1925 (voir aussi: boulet de Langevin).

Équation de Langevin[modifier | modifier le code]

En 1908, Paul Langevin propose une équation pour décrire la marche aléatoire des particules en suspension dans un liquide, que l'on appelle généralement mouvement brownien[25]. Cette équation, qui est la première équation différentielle stochastique, correspond à l'écriture du principe fondamental de la dynamique d'un objet dans un liquide soumis à des forces visqueuses (force de Stokes) et à une force aléatoire correspondant au bombardement incessant du système par les atomes du milieu ambiant (voir aussi: dynamique de Langevin).

Sonar[modifier | modifier le code]

Pendant la Première Guerre mondiale, Paul Langevin met au point, avec l'ingénieur Constantin Chilowski, l'ASDIC (acronyme de Anti-Submarine Detection Investigation Committee), l'ancêtre du sonar[26], appareil destiné à détecter les sous-marins en utilisant la réflexion des ondes ultrasonores sur ces objets. Il est utilisé par les marines de guerre pour la détection de sous-marins et de mines. Il est aussi utilisé pour la pêche, ainsi qu'en navigation pour mesurer la profondeur. Les sonars sont de deux types : actif ou passif.

Vulgarisation[modifier | modifier le code]

Congrès Solvay de 1927. Paul Langevin est assis au premier rang, le quatrième à partir de la droite, à côté d'Albert Einstein.

En 1906, Paul Langevin prend connaissance de la théorie de la relativité restreinte d'Einstein, dont il devient par la suite un ami proche. Dès lors, il devient un ardent prosélyte de ces idées nouvelles, dans ses cours au Collège de France, ou à la Société française de philosophie. C'est lui qui invite Einstein en France, en 1922, pour une série de conférences, en dépit de l'opposition des nationalistes anti-allemands. Langevin est l'auteur du paradoxe des jumeaux, expérience de pensée mettant en évidence les effets de la relativité restreinte.

Langevin participe aux premiers Congrès Solvay, qui réunissent à partir de 1911 tous les grands physiciens de l'époque, et qu'il préside de 1930 à 1933, à la suite de la mort du physicien néerlandais Hendrik Antoon Lorentz en 1928. Il s'implique également, après 1923, dans la diffusion des travaux de son élève Louis de Broglie en inscrivant immédiatement la nouvelle mécanique ondulatoire au programme de son cours au Collège de France.

Outre le Collège de France et l'École supérieure de physique et de chimie industrielles de la ville de Paris (ESPCI)[27], Langevin enseigne également à la section des électriciens de l’Association philotechnique (sorte de cours du soir), à l’École normale supérieure de jeunes filles de Sèvres et à l’Université ouvrière avec Romain Rolland et Henri Barbusse[28].

Militant et humaniste[modifier | modifier le code]

Henri Wallon avant 1940.

Pour expliquer ses prises de position sociales et politiques, Paul Langevin écrit en 1945[29] :

« Mon père qui avait dû, malgré lui, interrompre ses études à l’âge de dix-huit ans, m’a inspiré le désir de savoir ; lui et ma mère, témoins oculaires du siège et de la sanglante répression de la Commune, m’ont, par leurs récits, mis au cœur l’horreur de la violence et le désir passionné de la justice sociale. »

Il a très tôt une activité militante : il est signataire dès 1898 de la pétition visant à innocenter Alfred Dreyfus. Homme de gauche, militant pacifiste et antifasciste, il participe à la Société des Nations, créée après la Première Guerre mondiale et prend une position nette contre les armes chimiques et biologiques. Il est à l’origine de la création du Comité de vigilance des intellectuels antifascistes, et de l'Union des intellectuels français pour la justice, la liberté et la paix. Au début de l'occupation allemande, cette notoriété antifasciste lui vaut d'être arrêté le . Son arrestation est à l'origine de la première manifestation anti-allemande, le [30]. Il est alors assigné à résidence à Troyes et enseigne bénévolement à l’École normale d’institutrices.

En 1944, Paul Langevin devient membre du Parti communiste. Langevin est venu assez tard au marxisme dans les années 1930[31]. Bien que sa pensée soit d'abord en lien avec le courant du rationalisme classique, l'humanisme progressiste bourgeois et l'idéologie du scientisme, par sa pratique scientifique, il forge une conception matérialiste et dialectique aussi bien au niveau scientifique que philosophique[32] bien avant qu'il ne se considère comme marxiste[33] :

« Langevin est ici loin du moralisme spéculatif. Ses positions sont tout simplement marxistes, aussi bien au niveau ontologique, qu'au niveau social. »

Président de la Ligue des droits de l'homme de 1944 à 1946, après en avoir été le vice-président à partir de 1927[34], il est ce que l'on appelle un compagnon de route du Parti communiste français.

En 1930, il fonde avec Henri Roger l'Union rationaliste, dont il devient le président de 1938 à 1946, afin de promouvoir le rôle fondamental de la raison dans les avancées techniques, scientifiques et culturelles de l’Humanité.

En mars 1934, il lance un appel commun aux travailleurs, avec le philosophe et radical Alain et l’ethnologue et socialiste Paul Rivet, face à la menace d’extrême droite. Cet appel préfigure le Comité de vigilance des intellectuels antifascistes[35].

Par ailleurs, il est également fondateur du journal La Pensée, avec Georges Cogniot, en 1939.

Paul Langevin à un dîner organisé par Anna de Noailles, en hommage à Albert Einstein, vers 1923.

Éducateur et pédagogue[modifier | modifier le code]

Paul Langevin est chargé après la guerre de la réforme de l'enseignement[36] dont le psychologue Henri Wallon reprend la direction après son décès en et qui est ensuite connue sous le nom de plan Langevin-Wallon[37],[38]. Il est également président du Groupe français d'éducation nouvelle de 1936 à 1946, président (en 1935) et président d'honneur (en 1945) de la Société française de pédagogie.

Distinctions[modifier | modifier le code]

Décorations[modifier | modifier le code]

Médailles[modifier | modifier le code]

  • Médaille Hughes (1915)
  • Médaille Copley, « pour son travail novateur sur la théorie électronique du magnétisme, ses contributions fondamentales au sujet de l'électricité dans les gaz, et ses importants travaux dans de nombreux domaines de la physique théorique. » (1940)
  • Grande médaille d'or avec plaquette d'honneur de la Société académique Arts-Sciences-Lettres[43]

Prix[modifier | modifier le code]

Sociétés savantes[modifier | modifier le code]

Doctorats honoris causa[modifier | modifier le code]

Hommages[modifier | modifier le code]

Buste[modifier | modifier le code]

  • Buste de Paul Langevin, par Hubert Yencesse, 1946, bronze, Paris, Rectorat d'Académie.

Portrait[modifier | modifier le code]

Prix[modifier | modifier le code]

Le prix Paul-Langevin de la Société française de physique lui rend hommage[45].

Le prix Langevin de l'Académie des sciences a été créé à l'initiative de Paul Langevin pour rendre hommage aux savants français assassinés par les Nazis en 1940-1945[46], en mémoire de Henri Abraham, Eugène Bloch, Georges Bruhat, Louis Cartan et Fernand Holweck.

Instituts[modifier | modifier le code]

La France et l'Allemagne ont créé en 1967 l'institut Laue-Langevin en hommage à Paul Langevin et au physicien allemand Max von Laue. Ce centre de recherche international est le leader mondial en sciences et techniques neutroniques.

L'institut Langevin « Ondes et Images » est né en 2009 de la fusion du laboratoire « Ondes et acoustique » et du laboratoire d'optique physique de l'ESPCI.

Établissements[modifier | modifier le code]

De nombreux établissements d'enseignement portent son nom :

Artères et places[modifier | modifier le code]

De nombreuses artères et places dans plusieurs villes de France portent son nom, dont notamment une place à Saint-Denis (Seine-Saint-Denis). Le square Paul-Langevin, dans le 5e  arrondissement de Paris, a été nommé en sa mémoire, ainsi que la rue Paul-Langevin à Antony dans les Hauts-de-Seine.

Autres[modifier | modifier le code]

Le Centre Paul Langevin à Aussois en Savoie est un centre de vacances et de séminaires administré par le Comité d'action sociale du CNRS[48].

En 1970, l'Union astronomique internationale a attribué le nom de Langevin à un cratère lunaire[49].

En 1972, un colloque a lieu au Sénat en hommage au centenaire de la naissance du savant[50].

Une journée d'étude organisée par la Société française de physique a eu lieu le 29 juin 2022 à l'ESPCI à l'occasion des cent-cinquante ans de sa naissance[51],[52].

Un second hommage, le colloque Paul Langevin, un savant engagé, a eu lieu à l'ESPCI le 10 novembre 2022[53].

Le livre Paul Langevin, mon père, l'homme et l'oeuvre a été traduit en anglais par Francis Duck et est paru en septembre 2022 aux éditions EDP Sciences.

Transfert au Panthéon[modifier | modifier le code]

Repas en hommage à Albert Einstein, avec Paul Langevin, Albert Einstein, Anna de Noailles, Paul Painlevé (assis de gauche à droite) et Émile Borel (derrière Anna de Noailles), Paul Appell (derrière Albert Einstein), vers 1923.

Le , le président de la République Vincent Auriol signe la loi d'État n°48-1502, relative au transfert des cendres de Jean Perrin et de Paul Langevin au Panthéon de Paris[54]. La cérémonie a lieu le pour les deux scientifiques[55].

À cette occasion, plusieurs hommages leur sont rendus : deux timbres postaux sont édités par le Ministère des PTT, l'un de 8 francs à l'effigie de Jean Perrin, dessiné et gravé par Pierre Gandon ; l'autre de 5 francs illustrant Paul Langevin, dessiné et gravé par Charles Mazelin[56]. Ces deux timbres sont émis à 2,89 millions d'exemplaires entre le (date de l'inhumation) et le .

Pour le transfert des cendres, Pablo Picasso dessine un second portrait en noir et blanc de Paul Langevin, exécuté d'après le premier dessin réalisé en 1945 et simplifié. Le numéro 234 du du journal Les lettres françaises, reproduit ce portrait accompagné d'un article-hommage à Paul Langevin et Jean Perrin[57].

Archives[modifier | modifier le code]

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Publications[modifier | modifier le code]

Cours au Collège de France[modifier | modifier le code]

  • Les gaz conducteurs (1902)
  • Propriétés électriques des gaz, matière et électricité (1903)
  • Applications de la théorie des ions à l'explication des phénomènes de décharge disruptive et radioactive (1904)
  • Etude expérimentale de diverses radiations, application de la théorie des électrons (1905)
  • Les théories de Maxwell et de Lorentz et leurs vérifications expérimentales (1906)
  • Les bases expérimentales de l'atomistique (1907)
  • Phénomènes de décharge disruptive (1908)
  • Phénomènes généraux de l'électricité et du magnétisme (1909)
  • La théorie électronique des radiations et le principe de relativité (1910)
  • La propagation des ondes électromagnétiques à travers la matière, applications aux phénomènes électro et magnéto-optiques et à la biréfringence cristalline (1911)
  • Les difficultés de la théorie du rayonnement (1912)
  • Les propriétés électriques et thermiques des métaux (1913)
  • Les rayons de Röntgen et la radiographie (1914)
  • Le principe de la relativité et les théories de la gravitation (1915-1918)
  • Les aspects successifs et les confirmations expérimentales du principe de relativité (1919)
  • Le principe de relativité et la théorie de la gravitation (1920)
  • Les applications du principe de relativité aux théories de la gravitation et de l'électromagnétisme (1921)
  • Les phénomènes de haute fréquence (1922)
  • Physique des tenseurs (1922)
  • La liaison entre les phénomènes électriques et élastiques (1923)
  • La structure des atomes et leurs propriétés magnétiques et optiques (1924)
  • Ultrasons (1924)
  • Radiation, atomes (1924)
  • La structure de la lumière et les quanta (1926)
  • Le magnétisme au point de vue électronique (1926)
  • Les échanges entre la matière et le rayonnement (1927)
  • Structure de la lumière, nouvelles méthodes de statistique, équilibre du rayonnement et de la matière (1927)
  • Le magnétisme: récents progrès théoriques et expérimentaux (1929)
  • Sur matière et lumière (1929)
  • La situation actuelle du magnétisme (1930)
  • Les bases expérimentales et théoriques de la physique des quanta (1931)
  • Idées actuelles et faits nouveaux concernant la notion d'atome (1933)
  • Molécules, atomes, électrons et photons (1934)
  • Le champ électromagnétique, travaux récents (1935)
  • Exposés et discussions de physique générale, les tenseurs en physique pure et appliquée (1936)
  • Exposés et discussions, les bases de la physique quantique (1938)
  • Les notions fondamentales de l'électromagnétisme (1939)
  • L'électromagnétisme et la physique: exposés et discussions de la physique moderne (1940)
  • Dernier cours au Collège de France (1940)

Principales publications[modifier | modifier le code]

  • Recherches sur les gaz ionisés, thèse de doctorat, Paris, 1902.
  • L'Esprit de l'enseignement scientifique, Paris, 1904.
  • Notice sur les travaux de Pierre Curie, Paris, 1904.
  • Sur l'impossibilité physique de mettre en évidence le mouvement de translation de la Terre, 1905.
  • Pierre Curie, 1906.
  • Sur la théorie du mouvement brownien, Paris, (lire en ligne)[63].
  • « L'Œuvre d'Éleuthère Mascart », La Revue du Mois,‎ (lire en ligne, consulté le ).
  • L'Évolution de l'espace et du temps, Scientia, 1911.
  • Le Temps, l'espace et la causalité dans la physique contemporaine, Paris, 1911.
  • Henri Poincaré, le physicien, Alcan, Nouvelle collection scientifique, 1914.
  • Le Principe de relativité, 1922.
  • L'Aspect général de la théorie de la relativité, 1922.
  • La Physique depuis vingt ans, recueil de textes scientifiques, 1923.
  • La Valeur éducative de l'histoire des sciences, 1926.
  • Fascisme et Démocratie, Frankfurter Zeitung, 1926.
  • Les Étapes de la pensée scientifique, Paris, 1927.
  • Les Nouvelles mécaniques et la chimie, 1928.
  • Les Fonctions sociales de l'investigation scientifique, Buenos Aires, 1928.
  • Paul Schützenberger, Fondation Schützenberger, Paris, 1929.
  • Les méthodes modernes de guerre et la protection des populations civiles, éditions Marcel Rivière, 1929.
  • L'Orientation actuelle de la physique, Paris, Alcan, 1930.
  • L'Œuvre d'Einstein et l'astronomie, 1931.
  • La Contribution des sciences physiques à la culture générale, 1931.
  • Y a-t-il une crise du déterminisme ?, Paris, 1931.
  • Science et laïcité, Paris, M. Prudhomme, , 40 p. (ISBN 978-2-402-22215-0, lire en ligne).
  • Le Problème de la culture générale, Paris, (lire en ligne).
  • Paul Painlevé, le savant, 1933.
  • L'Enseignement en Chine, 1933.
  • La Notion de corpuscule et d'atome, 1933.
  • La Valeur humaine de la science, 1934.
  • Notice sur les travaux scientifiques de Paul Langevin, Paris, 1934.
  • La jeunesse devant le fascisme, Paris, Comité de vigilance des intellectuels antifascistes, 1934.
  • Les prétentions sociales du fascisme, Paris, Comité de vigilance des intellectuels antifascistes, 1934.
  • L'Allemagne, champ de manœuvre, le fascisme et la guerre, Paris, Éditions sociales internationales, 1934.
  • Statistique et déterminisme, Paris, PUF, (lire en ligne).
  • Espace et temps dans un univers euclidien, 1935
  • La Science pure et la technique, Paris, 1936.
  • La France en face du problème colonial, Paris, Comité de vigilance des intellectuels antifascistes, 1936.
  • Non, la guerre n'est pas fatale!, Paris, Comité de vigilance des intellectuels antifascistes, 1936.
  • La Science et la vie, Paix et liberté, 1937.
  • Halte aux incendiaires : L'Espagne et la sécurité collective, Paris, Éditions du comité mondial contre la guerre et le fascisme, 1937.
  • Congrès « Paix et liberté » du Front populaire de la région parisienne, discours de Paul Langevin, Éditions « Paix et liberté », 1939.
  • Les Courants positiviste et réaliste dans la philosophie de la physique, Paris, 1939.
  • « La Physique moderne et le déterminisme », La Pensée, no 1,‎ (lire en ligne, consulté le ).
  • La Science comme facteur d'évolution morale et sociale, Les Cahiers Rationalistes, 1939.
  • Science et liberté, 1939.
  • « Culture et humanités », La Pensée, no 1,‎ (lire en ligne, consulté le ).
  • « Victor Basch (1863-1944) », sur webtv.parisnanterre.fr, Paris, (consulté le ).
  • « Pasteur, le savant et l’homme », La Pensée, Paris, no 7,‎ , p. 13 (lire en ligne, consulté le ).
  • « L’Ère des transmutations », La Pensée, Paris, no 7,‎ , p. 9 (lire en ligne, consulté le ).
  • « Matérialisme mécaniste et matérialisme dialectique », La Pensée, Paris,‎ , p. 20 (lire en ligne, consulté le ).
  • Hommage à Jacques Solomon, Union française universitaire, Paris, 1946.
  • « La Science et la paix », Quadrige,‎ (lire en ligne, consulté le ).
  • Paul Langevin, écrits philosophiques et pédagogiques, Pour l'ère nouvelle, numéro spécial, éditions Bourrelier, 1947.
  • La Pensée et l'Action, textes recueillis et présentés par Paul Labérenne, préfaces de Frédéric Joliot-Curie et Georges Cogniot, Paris, Les Éditeurs Français Réunis, 1950.
  • Œuvres scientifiques de Paul Langevin, Éditions du CNRS, 1950.
  • L’évolution humaine des origines à nos jours, étude biologique, physiologique et sociologique de l’homme, par Aristide Quillet, préface de Paul Langevin, 1951.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

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  52. Cérémonie en l'honneur de Paul Langevin, exposés de Jean-Philippe Bouchaud, Mathias Fink, Mariana Graña et Cédric Deffayet, sur le site du Laboratoire de physique des deux infinis Irène Joliot-Curie, 29 juin 2022.
  53. Paul Langevin, un savant engagé, sur le site de l'ESPCI.
  54. Journal Officiel du 29 septembre 1948.
  55. Jean Perrin et Paul Langevin au Panthéon, par C.G. Bossière, Le Monde, 12 novembre 1948.
  56. Timbre: Paul Langevin 1872-1946, sur le site wikitimbres.fr.
  57. Les Lettres françaises, numéro du 18 novembre 1948, sur le site Gallica.
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  59. Fonds Paul Langevin (1872-1946), sur le site du Répertoire de fonds pour l'histoire et la philosophie des sciences et des techniques (RHPST).
  60. Archives Paul Langevin : un trésor en ligne, présenté par Costantino Creton, Catherine Kounelis et Rémi Carminati, sur le site de l'ESPCI, 2 décembre 2020.
  61. Conserver, explorer, valoriser: les archives de Paul Langevin à l'ESPCI Paris, sur le site de l'ESPCI.
  62. Catalogue Sudoc.
  63. « Origine et portée de l’équation de Langevin », par Jean-Pierre Kahane, sur le site internet de l'Académie des sciences.
  64. Paul Langevin et la pédagogie, Le Monde, 1er février 1972.
  65. À l’aube de la théorie des quanta, sur le site de Brepols Publishers.

Annexes[modifier | modifier le code]

Filmographie[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Bases de données et dictionnaires[modifier | modifier le code]