Alberto Moravia

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Alberto Moravia
Description de cette image, également commentée ci-après
Alberto Moravia par Paolo Monti en 1982 (Fondo Paolo Monti, BEIC).
Nom de naissance Alberto Gastone Pincherle Moravia
Naissance
Rome
Décès (à 82 ans)
Rome
Activité principale
Distinctions
prix Strega (1952) pour I racconti[1]
Auteur
Langue d’écriture italien, français
Genres

Œuvres principales

Alberto Moravia, nom de plume d'Alberto Pincherle[2], est un écrivain italien du XXe siècle, né à Rome le et mort le dans la même ville.

Biographie[modifier | modifier le code]

Alberto Moravia et Elsa Morante à Capri dans les années 1940.

Alberto Moravia naît d'un père, architecte d'origine vénitienne et de confession juive, et d'une mère catholique d'origine dalmate dans une famille de quatre enfants[3].

Une tuberculose osseuse l'empêche de finir ses études et l'immobilise pendant huit années l'obligeant à séjourner dans des sanatoriums durant deux ans. Cela lui laissera de profondes séquelles[4]. Durant cette période, il lit Shakespeare, Molière, Goldoni, Marcel Proust, Arthur Rimbaud, Dostoïevski[3].

Il écrit à partir de ses 18 ans son premier roman, Les Indifférents, dans le sanatorium de Bressanone, au nord de l'Italie. L'ouvrage est publié à compte d'auteur. Il s'agit d'un roman existentialiste avant la lettre qui restera la référence idéologique et littéraire la plus marquante de l'œuvre de Moravia. Le livre obtient un succès de scandale en raison de l'âpre description désenchantée de la bourgeoisie romaine. À partir de ce succès, l'auteur écrit avec une « régularité bureaucratique » une œuvre abondante[3].

À partir de 1930, il séjourne à Londres, Paris, New York et visite la Chine, la Grèce, l'Allemagne et le Mexique. Il voyage pour échapper, dit-il, à l'atmosphère étouffante du fascisme. En Italie, il signe des articles de presse (journaux et revues). Son net antifascisme le rend suspect et les origines juives de son père contribuent à la précarité de sa situation[5].

Durant l'écriture de son deuxième roman, d'une durée de six années, il lit Karl Marx et Sigmund Freud[5].

En 1941, Moravia épouse d'Elsa Morante, qu'il quittera en 1962. Peu après son mariage, il partage sa vie avec Dacia Maraini ; toutes deux sont des femmes de lettres reconnues.

Recherché par les fascistes à partir de 1943, Moravia s'enfuit de Rome et se réfugie dans les montagnes de la Ciociaria, au nord de Naples où il séjournera neuf mois[5].

C'est le grand succès de La Romana (1947) qui lui apporte une certaine aisance matérielle et la consécration par la critique comme étant un grand romancier italien.

Ces œuvres sont mises à l'Index en 1952.

Avec Alberto Carocci, il lance la revue Nuovi Argomenti en 1953, une des plus importantes revues littéraires de l'après-guerre. Pier Paolo Pasolini les rejoindra plus tard[5].

Œuvre[modifier | modifier le code]

L'œuvre d'Alberto Moravia dissèque souvent les rapports amoureux, sexuels ou non, charnels ou spirituels, en fouillant de manière distanciée la psychologie de ses personnages.

Jouant avec les conventions sociales et leur influence sur les sentiments, ses livres questionnent volontiers la société et le couple dans leurs rapports (Le Mépris, L'Ennui, L'Amour conjugal, La Femme léopard).

La matière parfois scabreuse de ses romans et de ses nouvelles est moins superficielle que le succès à scandale qu'elle a souvent entraîné : les personnages velléitaires de cette œuvre sont les produits d'une crise de la société bourgeoise, puritaine et fasciste, que Moravia regarde d'un œil impitoyable, mais non dépourvu de complaisance littéraire.

Écrivain mais aussi journaliste et essayiste, il est l'auteur de plusieurs essais sur l'Union soviétique, la Chine, l'Afrique. Il a été député européen, apparenté communiste.

Il fut membre du Comité d'honneur du Centre culturel international de Royaumont.

Ouvrages[modifier | modifier le code]

Romans et recueils de nouvelles[modifier | modifier le code]

Nouvelles[modifier | modifier le code]

  • Cortigiana stanca (1927), Milan, Bompiani, 1965
  • Delitto al circolo del tennis, in 900, nº 9, septembre 1928
  • Il ladro curioso, in 900, nº 1, janvier 1929
  • Apparizione, in 900, nº 5, mai 1929
  • La bella vita, Lanciano, Carabba, 1935
  • L'imbroglio. Cinque romanzi brevi, Milan, Bompiani, 1937
  • I sogni del pigro. Racconti, miti e allegorie, Milan, Bompiani, 1940
  • Cosma e i briganti (1940), Palerme, Sellerio, 1980
  • L'amante infelice. Novelle, Milan, Bompiani, 1943
  • La cetonia, Rome, Documento, 1944
  • L'epidemia, Rome, Documento, 1944
  • Due cortigiane e Serata di Don Giovanni, Rome, L'Acquario, 1945
  • I racconti, 2 vol., Milan, Bompiani, 1952, prix Strega 1952[1]
  • Racconti romani, Milan, Bompiani, 1954. Nouvelles romaines, Flammarion, 1957
  • Nuovi racconti romani, Milan, Bompiani, 1959. Autres nouvelles romaines, Flammarion, 1960
  • L'automate, Milan, Bompiani, 1962
  • Il mondo è quello che è, Milan, Bompiani, 1966
  • Una cosa è una cosa, Milan, Bompiani, 1967
  • Racconti surrealisti e satirici, Milan, Bompiani, 1975
  • La cosa e altri racconti, Milan, Bompiani, 1983. La Chose, Flammarion, 1985
  • Il vassoio davanti alla porta, Milan, Bompiani, 1989
  • La villa del venerdì e altri racconti, Milan, Bompiani, 1990
  • Romildo, Milan, Bompiani, 1993 (posthume)
  • Racconti dispersi 1928-1951, Milan, Bompiani, 2000 (posthume)

Essais[modifier | modifier le code]

  • La speranza, ossia Cristianesimo e Comunismo, Roma, Documento, 1944
  • Un mois en URSS, Milano, Bompiani, 1958
  • Une certaine idée de l'Inde, Milano, Bompiani, 1962
  • L'Homme comme fin, Milano, Bompiani, 1964
  • La Révolution culturelle de Mao, Milano, Bompiani, 1967
  • Al cinema. Centoquarantotto film d'autore, Milano, Bompiani, 1975
  • Un miliardo di anni fa..., Torino, Stampatori, 1979
  • Impegno controvoglia. Saggi, articoli, interviste: trentacinque anni di scritti politici, Milano, Bompiani, 1980
  • L'inverno nucleare, Milano, Bompiani, 1986
  • L'Homme qui regarde, 1992

Pièces de théâtre[modifier | modifier le code]

Journaux de voyage[modifier | modifier le code]

  • Une certaine idée de l'Inde, 1961
  • À quelle tribu appartiens-tu ?, Milano, Bompiani, 1972
  • Mutazione (textes d'Alberto Moravia & Oddone Camerana), Iveco, 1978
  • Lettres du Sahara, Milano, Bompiani, 1981
  • Promenades africaines, Milano, Bompiani, 1987
  • Journal européen, Milano, Bompiani, 1993
  • Viaggi. Articoli 1930-1990, Milano, Bompiani, 1994
  • Allant ailleurs (avec Andrea Andermann), Grasset, coll. « Albums », 2015

Lettres[modifier | modifier le code]

  • Lettres d'amour à Lélo Fiaux, Zoé éditions, 2014 (posthume)
  • (it) Se questa è la giovinezza vorrei che passasse presto. Lettere (1926-1940) con un racconto inedito, Bompiani, 2015

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Voir sur premiostrega.it.
  2. (it) Acte de naissance no 6369 de la série A de Alberto Gastone Pincherle Moravia du registre des naissances de l'année 1907 de la commune de Rome. L'acte a été rédigé le 2 décembre 1907 et il est né le  ; en ligne sur le site des archives d'état civil de l'Italie.
  3. a b et c Moravia 1951, p. 345 Chronologie.
  4. « Alberto bMoravia », sur universalis.fr (consulté le 16 août 2018).
  5. a b c et d Moravia 1951, p. 346 Chronologie.

Annexes[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • René de Ceccatty, Alberto Moravia, Flammarion, 2010 (ISBN 9782081209664)
  • Brigitte Chardin, Sollers–Moravia, Paris, Ramsay/De Cortanze, , 177 p. (ISBN 9782859569099)
  • Marie-France Renard, « Alberto Moravia, l'homme qui regarde son siècle », in Le Langage et l'Homme, vol. XXVI, no 1 (mars 1991), p. 77-83

Adaptations cinématographiques[modifier | modifier le code]

Moravia et Gina Lollobrigida sur le tournage de La Belle Romaine (1954) adapté d'un de ses romans.

Son œuvre a donné lieu à des adaptations cinématographiques dont certaines ont marqué l'histoire du cinéma.

Documentaires[modifier | modifier le code]

  • Les Écrivains italiens et l'Italie des écrivains : ombres et questions, documentaire en trois parties, Italiques (deuxième chaîne de l'ORTF, 24 août 1973, 16 août 1974)
  • Alberto Moravia, l'homme qui regarde, documentaire de Nico Di Biase, France/Italie, 1997, 45 min

Liens externes[modifier | modifier le code]