André Siegfried

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André Siegfried
Portrait de André Siegfried
André Siegfried (1910).
Biographie
Naissance Voir et modifier les données sur Wikidata
à Le HavreVoir et modifier les données sur Wikidata
Décès Voir et modifier les données sur Wikidata (à 83 ans)
à ParisVoir et modifier les données sur Wikidata
Enterrement Cimetière de PassyVoir et modifier les données sur Wikidata
Pays de nationalité FranceVoir et modifier les données sur Wikidata
Père Jules SiegfriedVoir et modifier les données sur Wikidata
Mère Julie SiegfriedVoir et modifier les données sur Wikidata
Thématique
Formation Lycée Condorcet et Institut d'études politiques de ParisVoir et modifier les données sur Wikidata
Titres Professeur à l’École libre des sciences politiques
Professeur au Collège de France (1933)
Profession Écrivain, professeur d'université (d) et économisteVoir et modifier les données sur Wikidata
Employeur Collège de France (-), Fondation nationale des sciences politiques et Le FigaroVoir et modifier les données sur Wikidata
Travaux
  • Tableau politique de la France de l'Ouest sous la Troisième République (1913)
Approche Sociologie politique
Distinctions Grand officier de la Légion d'honneur‎ (d) ()Voir et modifier les données sur Wikidata
Membre de Académie française (à partir du ) et Académie des sciences morales et politiquesVoir et modifier les données sur Wikidata

André Siegfried, né au Havre le 21 avril 1875 et mort à Paris le 28 mars 1959, est un sociologue, historien et géographe français, pionnier de la sociologie électorale.

Biographie[modifier | modifier le code]

André Siegfried fut élève au lycée Condorcet. D’abord tenté par la politique, à l’instar de son père Jules Siegfried qui fut maire du Havre, député de la Seine-Inférieure et ministre du Commerce, il y renonça après plusieurs échecs, dont quatre aux élections législatives (1902, 1903, 1906 et 1910)[1].

Libre-penseur et protestant au moment où la loi Combes interdit tout enseignement aux membres d’une congrégation (1904) et où la loi de la séparation des Églises et de l'État (1905) est votée, il rédige un essai sur la société canadienne dans laquelle il dénonce les écoles confessionnelles ainsi que l’influence religieuse ambiante. D’abord critiqué par le théologien Dominique-Ceslas Gonthier, son ouvrage est encore aujourd'hui perçu de manières diverses, certains le jugeant trop critique tandis que d'autres en font un reflet fidèle du passé religieux du Canada.

Engagé en politique aux côtés des radicaux indépendants et des républicains de gauche, André Siegfried se présente en 1902 dans les Basses-Alpes, dans la circonscription de Castellane, dont le député sortant est le progressiste antidreyfusard Boni de Castellane. Battu par ce dernier, il l'accuse de diffamation et obtient l'annulation de l'élection le 7 novembre suivant[2]. Cependant, à l'élection partielle du , Siegfried est à nouveau battu, avec plus de 500 voix d'écart.

Lors des élections législatives de 1906, il se présente dans la 2e circonscription du Havre contre le député sortant progressiste Louis Brindeau, qui le bat dès le premier tour avec 9 194 voix contre 7 696[3].

En décembre 1909, il brigue un poste de conseiller général dans le 4e canton du Havre. Arrivé en seconde position au premier tour derrière le maire radical-socialiste de Graville-Sainte-Honorine, le docteur Valentino[4], il est battu au second tour.

Le , il tente une dernière fois sa chance dans la 2e circonscription du Havre. Arrivé en deuxième position (avec 5 715 voix), devant Valentino (4 255 voix) mais loin derrière Brindeau (8 758 voix)[5], il est battu au second tour, avec 7 687 voix (contre 10 210 à Brindeau)[6].

Il est à la fois sociologue, historien, économiste et écrivain. Il enseigne à partir de 1911 à l'École libre des sciences politiques. Proche du sociologue Gustave Le Bon (cf. L'âme des peuples), il publie en 1913 son Tableau politique de la France de l’Ouest sous la Troisième République, ouvrage fondateur de la sociologie électorale[7] dans lequel il insiste notamment sur l’influence de la géologie sur le vote des habitants d’une quinzaine de départements de l’Ouest de la France durant les quarante premières années de la Troisième République.

Il fut interprète pendant la Première Guerre mondiale.

Très attaché à sa ville natale[8], il sera le premier président d'honneur de l'Institut havrais de sociologie économique et de psychologie des peuples (fondé en 1937).

Plaque au 8, rue de Courty.

En 1932, il est élu à l’Académie des sciences morales et politiques. En 1933, il obtient la chaire de géographie économique et politique au Collège de France. À partir de 1934 et jusqu’à sa mort, il collaborera de façon régulière au Figaro. Il devient Grand officier de la Légion d'honneur. Deux mois après la Libération de Paris, le , André Siegfried est élu à l’Académie française, en même temps que Louis de Broglie et Louis Pasteur Vallery-Radot, avec 13 voix au fauteuil de Gabriel Hanotaux. Il s'agit de la première élection depuis l'invasion allemande. L'Académie, dont une douzaine de membres décédés n'ont pas été remplacés depuis quatre ans, et dont plusieurs autres membres vivent en exil ou sont emprisonnés, ne peut réunir ce jour-là que dix-sept votants, soit moins que le quorum exigé. Ces trois élections sont malgré tout considérées comme valables et les trois nouveaux académiciens pourront même prendre part aux élections suivantes avant d'avoir été reçus en séance solennelle. André Siegfried est reçu le par le duc de La Force.

Il a écrit régulièrement dans la revue du diplomate Montguerre, l'Échauguette.

Par ailleurs, il devient le premier président de la Fondation nationale des sciences politiques, en 1945. On lui doit de nombreuses études sur les pays anglo-saxons, la France et la sociologie électorale.

En 1954, il fonde l’Institut des sciences et techniques humaines (Quai de Javel), classe préparatoire aux grandes écoles.

Son épouse, née Paule Laroche, est décédée en 1964.

Postérité[modifier | modifier le code]

Un lycée d'Haguenau et un collège de Saint-Romain-de-Colbosc ont reçu son nom

Publications[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Notice biographique sur le site de l'Académie française (consultée le ).
  2. Journal officiel de la République française. Débats parlementaires. Chambre des députés, , p. 2518-2522.
  3. Le Petit Journal, , p. 4.
  4. Le Temps, , p. 2.
  5. Le Travailleur normand, 1er mai 1910, p. 1.
  6. Le Travailleur normand, , p. 1.
  7. Emmanuel Laurentin, « Histoire de l'écologie électorale », sur France Culture.fr, (consulté le 15 avril 2017).
  8. « Quand à Paris souffle le vent d’ouest, ce n’est jamais sans émotion que j’évoque dans ma pensée les flots verts de la Manche, les nuages échevelés se pressant sur l’estuaire de la Seine. ».

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • André-Louis Sanguin, André Siegfried, un visionnaire humaniste entre géographie et politique, Paris, Éditions L'Harmattan, 2010.
  • Frédéric Carbonel, « Origines et développement de l'Institut havrais de sociologie économique et de psychologie des peuples », Annales de Normandie, no 1-2, mai 2007, p. 117-50. et Cahiers internationaux de psychologie sociale, éd. de l'université de Lièges, 2008, no 77, p. 69-86.
  • Étienne Faure, « Siegfried André », dans Jean-François Sirinelli (dir.), Dictionnaire historique de la vie politique française au XXe siècle, Paris, Presses universitaires de France, 1995, p. 1159-1161 dans la réédition de 2003.
  • Nicolas Rousselier, « André Siegfried », dans Jacques Julliard, Michel Winock (dir.), Dictionnaire des intellectuels français, Paris, Seuil, 1996, p. 1060-1061.
  • Jacques Lévy, « Siegfried André », dans Jacques Lévy, Michel Lussault (dir.), Dictionnaire de la géographie et de l’espace des sociétés, Paris, Belin, 2003, p. 841-842.
  • Serge Velay (dir.), Michel Boissard et Catherine Bernié-Boissard, Petit dictionnaire des écrivains du Gard, Nîmes, Alcide, , 255 p., p. 229-230
  • Pierre Bolle, « André Siegfried », dans André Encrevé (dir.), Dictionnaire du monde religieux dans la France contemporaine. 5 Les Protestants, Paris, Beauchesne, (ISBN 2701012619), p. 460.

Liens externes[modifier | modifier le code]