Charles Rist

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Charles Rist
Crise ministérielle - Rist et Sergent experts financiers(1926).png

Charles Rist et Charles Sergent, experts financiers lors de la crise ministérielle de 1926.

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VersaillesVoir et modifier les données sur Wikidata
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Charles Rist, né le 1er janvier 1874 à Prilly (Suisse) et mort le 10 janvier 1955 à Versailles, est un économiste français.

Biographie[modifier | modifier le code]

Frère du professeur Édouard Rist, il épousa la fille de Gabriel Monod, Germaine Monod, petite-fille d'Alexandre Herzen. Il est le père de Jean Rist, de Léonard Rist (en), de Claude Rist (1902-1950) et de Noël Rist, de Mario Rist (1915-1979) et le beau-père de Marie Rist (née de Lacroix, épouse de Noël Rist).

Docteur en droit en 1898 et agrégé d'économie politique en 1899, il est professeur d'économie politique à la Faculté de droit de Montpellier de 1899 à 1913, puis professeur d'économie politique, d’économie sociale et d’histoire des doctrines économiques à la Faculté de droit de Paris. Par la suite, il devient professeur à l'École libre des sciences politiques de Paris.

Il est l’auteur, avec Charles Gide, protestant comme lui, d’une Histoire des doctrines économiques dont la première édition est parue en 1909. Ses idées doivent beaucoup, selon son propre dire, à Saint-Simon et à Léon Walras.

La Première Guerre mondiale l’amène à se spécialiser dans les affaires monétaires et financières. Il est nommé expert de la Société des Nations près de l'Autriche en 1923. En 1926, il conseille le Cartel des gauches et devient membre du Comité des Experts et Sous-gouverneur de la Banque de France en même temps qu’il entame une carrière d’expert monétaire et financier international[1].

Il est élu membre de l'Académie des sciences morales et politiques en 1928.

Conseiller technique de la Banque nationale de Roumanie en 1928 et expert financier auprès du gouvernement roumain en 1930, il prend part à la mission Laval à Washington en 1931, est représentant à la Conférence de Lausanne en 1932 et délégué français à la Conférence économique mondiale de Londres en 1932-1933. Il sera également chargé de mission pour les gouvernements turc et espagnol par la suite.

En 1933, avec l’appui de la fondation Rockefeller, il fonde l'Institut de recherches économiques et sociales (IRES). Lionel Robbins y donne en 1934 une conférence sur la méthode dans les recherches économiques. Robert Marjolin, qui a travaillé avec lui, note que, bien qu’il fût censé incarner le capitalisme national et international, « son instinct le portait le plus fréquemment à gauche[2] ».

En 1936, il devient président de la Commission de Révision douanière.

Il prend la présidence du Comité de Paris de la Banque ottomane en 1937 qu'il conservera jusqu'en 1954. Il est également vice-président de la Banque des Pays de l'Europe centrale, ainsi qu'administrateur du Canal de Suez et de la Banque de Paris et des Pays-Bas, et membre du comité de surveillance du Credit Anstalt.

Évaluation de son influence[modifier | modifier le code]

Alfred Sauvy juge que l'Institut de recherches économiques et sociales est arrivé trop tard et que, trop timoré, il n'a pas vraiment pesé sur les grandes décisions. En particulier, il reproche à Rist et à un autre économiste célèbre de l'époque, Gaëtan Pirou, de ne pas avoir assez poussé, comme Walter Lippmann le suggérait, le gouvernement à dévaluer en 1934-1935[3].

Pour Dehem, Rist fournirait « la clé pour comprendre la position française en matière monétaire dans ce qu’elle a eu d’opposé à la vision type des Anglo-Américains durant les soixante dernières années[4] ». C’est aussi peut-être une des raisons à l’attitude que lui reprochait Sauvy.

Principales publications[modifier | modifier le code]

  • Histoire des doctrines économiques (1909). Avec Charles Gide. Nouvelle édition présentée par Annie L. Cot et Jérôme Lallement, Dalloz, 2000.
  • La Déflation en pratique : Angleterre, États-Unis, France, Tchéco-Slovaquie (1924)
  • Histoire des doctrines relatives au crédit et à la monnaie de John Law à nos jours (1938). Nouvelle édition présentée par Christian de Boissieu, Dalloz, 2002.
  • La Vie et la pensée de Gaëtan Pirou (1948)
  • Défense de l'or (1953)
  • Une saison gâtée : journal de la guerre et de l'occupation (1939-1945), édition établie par Jean-Marcel Jeanneney, Fayard, 1983.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Histoire des doctrines économiques, 2000, p. 2.
  2. Robert Marjolin, p. 50.
  3. Alfred Sauvy, p. 380.
  4. Roger Dehem, vol 4, p. 206.

Références[modifier | modifier le code]

  • IRES, Cinq conférences sur la Méthode dans les recherches économiques (Lionel Robbins (Angleterre), E.F.Wagemann (Allemagne),Léon Dupriez (Belgique), José Vandellos (Espagne), Veeijn Stuart (Pays-Bas), Librairie du recueil Sirey, 1938.
  • Alfred Sauvy, Histoire économique de la France entre les deux guerres, vol 1, 1965. Economica, 1984.
  • Robert Marjolin, Le Travail d’une vie, Robert Laffont, 1986.
  • Roger Dehem, Rist, Charles, The New Palgrave, 1987.
  • Lucien Blanc, 2000, "Questions sur la nature de la monnaie: Charles Rist et Bertrand Nogaro, 1904-1951" Document de travail Lire en ligne

Liens externes[modifier | modifier le code]

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