Georges Balandier

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Georges Balandier, né le à Aillevillers-et-Lyaumont (Haute-Saône) et mort le à Paris, est un ethnologue et sociologue français.

Biographie[modifier | modifier le code]

Georges Léon Émile Balandier est le fils d'un cheminot et militant socialiste[1]. Il obtient une licence de philosophie et suit les cours de l'’Institut d’ethnologie du musée de l'Homme[1]. Il est réfractaire au STO et rejoint la résistance en Haute-Saône[1]. Il travaille au musée de l'Homme en 1945, puis part pour Dakar en 1946, où il est affecté à l'Institut français d’Afrique noire, dirigé par Théodore Monod[1].

Membre de la SFIO de 1946 à 1951[1], Georges Balandier il est en poste en Guinée. Dès 1952, il prend parti pour l'indépendance des colonies africaines dans les Cahiers de sociologie. Il doit quitter la Guinée en 1947 et regagne Paris, où il devient co-rédacteur en chef de la revue Présence africaine, avec Alioune Diop[1]. En 1948, il est chargé de créer à Brazzaville la section de sociologie de l’ORSTOM. Il est chargé de cours à l'Institut d'études politiques de Paris, de 1952 à 1962. Il définit en 1952, avec Alfred Sauvy, le concept de « tiers monde »[2] pour désigner des pays qui « ressemblaient un peu au tiers état de la Révolution française »[1]. Sa notion de « situation coloniale »[3] inspire la constitution d'un nouveau champ de recherche en anthropologie, les « New Colonial Studies »,[4] auquel la revue French Politics, Culture & Society consacre en 2002 un cahier spécial intitulé Regards croisés: Transatlantic Perspectives on the Colonial Situation.[5]. Il publie en 1955 Sociologie des Brazzavilles noires[6],[7].

En 1954, il est nommé directeur d’études à l’École pratique des hautes études[1], puis en 1962, professeur à la Sorbonne, où il inaugure, en 1962, la première chaire de chaire de sociologie et d’ethnologie de l’Afrique noire[1]. Il est fondateur du Centre d'études africaines et des Cahiers d'études africaines, et directeur des Cahiers internationaux de sociologie avec Michel Wieviorka. Il succède à Georges Gurvitch à la direction de la collection « Bibliothèque de sociologie contemporaine » aux Puf[1]. En 1982, il fonde avec Michel Maffesoli le Centre d'études sur l'actuel et le quotidien.

Il meurt le [8].

Publications[modifier | modifier le code]

  • Tous comptes faits, Paris, Éditions du Pavois , 1947 (sa seule fiction)
  • « La situation coloniale : approche théorique », in Cahiers internationaux de sociologie, 1951, 11, p. 44-79.
  • « Contribution à une sociologie de la dépendance », in Cahiers internationaux de sociologie, 1952, XII, p. 47-69.
  • (en coll. avec Paul Mercier), Particularisme et évolution : les pêcheurs Lébou (Sénégal), Saint- Louis du Sénégal, IFAN, 1952.
  • Les villages gabonais, Brazzaville, Institut d'études centrafricaines, 1952
  • L'anthropologie appliquée aux problèmes des pays sous-développés, Paris, Cours de droit, 1955, 376 p.
  • Sociologie des Brazzavilles noires, Paris, A. Colin, 1955
  • Sociologie actuelle de l'Afrique noire : dynamique des changements sociaux en Afrique centrale, Paris, PUF, 1955
  • Le Tiers-monde, sous-développement et développement, Paris, PUF-INED, 1957
  • Afrique ambigüe, Paris, Plon, 1957
  • Les pays sous-développés : aspects et perspectives, Paris, Cours de droit, 1959
  • Les pays en voie de développement : analyse sociologique et politique, Paris, Cours de droit, 1961
  • La vie quotidienne au royaume de Kongo du XVIe au XVIIIe siècles, Paris, Hachette, 1965
  • Anthropologie politique, Paris, PUF, 1967
  • (dir.) Dictionnaire des civilisations africaines, Paris, Fernand Hazan, 1968
  • (dir.) Sociologie des mutations, Paris, Anthropos, 1970
  • Sens et puissance : les dynamiques sociales, Paris, PUF, 1971
  • Georges Gurvitch, sa vie, son œuvre, Paris, PUF, 1972
  • Anthropo-logiques, PUF, 1974 (repris ensuite et augmenté en Livre de poche « Biblio-essais »)
  • Histoire d'autres, Paris, Stock, 1977
  • Le pouvoir sur scène, Paris, Fayard, 1980 (éd. augmentée en 1992, puis en 2006)
  • Autour de Georges Balandier, Paris, Fondation d'Hautvillers, 1981
  • Le détour : pouvoir et modernité, Paris, Fayard, 1985
  • Le désordre : éloge du mouvement, Paris, Fayard, 1988
  • Le dédale : pour en finir avec le XXe siècle, Paris, Fayard, 1994
  • Une anthropologie des moments critiques, Paris, EHESS, 1996
  • Conjugaisons, Paris, Fayard, 1997
  • Avec Leonardo Cremonini en connivence, Milan, Electa, 2000
  • Le Grand Système, Paris, Fayard, 2001
  • « La situation coloniale : ancien concept, nouvelle réalité », in French Politics, Culture & Society, 2002, 20, 2, p. 4-10.
  • Civilisés, dit-on, Paris, PUF, 2003
  • Civilisation et Puissance, Paris, L'Aube, 2005
  • Fenêtres sur un nouvel âge (2006-2007), Paris, Fayard, 2008
  • Le dépaysement contemporain : l'immédiat et l'essentiel, Paris, PUF, 2009
  • Carnaval des apparences, Paris, Fayard, 2012
  • Du social par temps incertain, Paris, PUF, 2012

Références[modifier | modifier le code]

  1. a b c d e f g h i et j Marie-Ève Humery-Dieng, « Georges Léon Émile Balandier », sur maitron-en-ligne.univ-paris1.fr, màj 31 octobre 2017 (consulté le 18 octobre 2019).
  2. Alain Gresh, « Vie et mort du tiers-monde », sur monde-diplomatique.fr, Atlas histoire, (consulté le 18 octobre 2019), p. 94
  3. Georges Balandier, « La situation coloniale: approche théorique », Cahiers internationaux de sociologie, no 11,‎ , p. 44-79 (lire en ligne).
  4. (en) Natacha Gagné, « The Study of Colonial Situations: The Emergence of a New General Approach? », Reviews in Anthropology, nos 41, 2,‎ , p. 103-135 (DOI 10.1080/00938157.2012.680424, lire en ligne).
  5. (en) « French Politics, Culture & Society, Volume 20, Number 2 », sur ingentaconnect, (consulté le 22 janvier 2015).
  6. Georges Balandier, Sociologie des Brazzavilles noires, Armand Colin, 1955
  7. [compte rendu] Guy Lasserre, « Les Brazzavilles noires », Les Cahiers d'Outre-Mer, vol. 35, no 9,‎ , p. 314-320 (lire en ligne, consulté le 18 octobre 2019).
  8. « La mort de Georges Balandier, sociologue, spécialiste de l’Afrique », Le Monde.fr,‎ (ISSN 1950-6244, lire en ligne, consulté le 5 octobre 2016)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Jean Copans :
    • « La « situation coloniale » de Georges Balandier : notion conjoncturelle ou modèle sociologique et historique ? », Cahiers internationaux de sociologie, 2001/1, n°110, p. 31-52, [lire en ligne]
    • Georges Balandier, un anthropologue en première ligne, Paris, PUF, 2014

Liens externes[modifier | modifier le code]