Théorie du complot jésuite

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Coutume des Jésuites, estampe célébrant l'expulsion de la Compagnie de Jésus hors du royaume de France en 1762. La gravure caricature les Jésuites comme des traîtres fomenteurs de ligues et de complots
(Paris, BnF, département des estampes et de la photographie, 1762).

Une théorie du complot jésuite est une théorie du complot accusant, le plus souvent de domination mondiale, l'ordre catholique des jésuites.

Historique[modifier | modifier le code]

XVIIe siècle[modifier | modifier le code]

En 1614, un ouvrage diffamatoire et faux, les Monita secreta accuse les jésuites de recevoir des instructions secrètes de leurs supérieurs.

En 1679, Titus Oates rédigea un pamphlet anticatholique accusant les jésuites: An Exact Discovery of the Mystery of Iniquity as it is now in Practice amongst the Jesuits.

Nicolas de Bonneville, initié à la franc-maçonnerie en 1786 lors d’un séjour en Angleterre, produit un ouvrage sur la question, Les Jésuites chassés de la maçonnerie, et leur poignard brisé par les maçons en 1788 où il accuse les Jésuites d’avoir introduit dans la franc-maçonnerie, la vie et la mort des Templiers, la doctrine de la vengeance pour le crime politique et religieux de leur destruction dans les degrés symboliques et les quatre vœux de leur congrégation dans les degrés supérieurs.

XIXe siècle[modifier | modifier le code]

En 1826 François Dominique de Reynaud de Montlosier publie Mémoire à consulter sur un système religieux et politique, tendant à renverser la religion, la société et le trône, un ouvrage décrivant une théorie du complot jésuite et s'attaquant à l'ultramontanisme[1]. En 1896, la sœur M. F. Cusack publie le pape noir[2]. En 1886, Robert Montagu publie Recent Events and a Clue to Their Solution[3].

XXe siècle[modifier | modifier le code]

On a soupçonné les jésuites d'être responsables du naufrage du Titanic, par l'intermédiaire de son capitaine Edward Smith, arguant du fait qu'un des passagers débarqués avant la collision était le père Francis Browne[4],[5],[6].

Durant les années 1930, le régime nazi utilisa différentes théories du complot contre les jésuites, dans le but de réduire leur influence, car ils dirigeaient des écoles secondaires et des associations de jeunesse. Un pamphlet propagandiste, Der Jesuit – Der vaterlandslose Dunkelmann, par un certain Hubert Hermanns, dénonça les jésuites comme un "pouvoir obscur" et d'avoir de "mystérieuses intentions". Les jésuites furent déclarés "vermine publique" [Volksschädling] et persécutés, parfois assassinés[7].

En 1988, Malachi Martin publie un ouvrage décrivant les coulisses de la compagnie de Jésus[8].

Jack Chick a publié les théories complotistes d'Alberto Rivera, se présentant comme un jésuite défroqué, avant de devenir un fondamentaliste protestant.

Le théoricien du complot Eric Jon Phelps dans son livre Vatican Assassins dénonce le "pape noir" soit le Supérieur général de la Compagnie de Jésus, selon lui responsable de nombreux complots aux États-Unis et dans le monde.

En 1960, le jésuite apostat devenu communiste Alighiero Tondi publie "la puissance secrète des jésuites"[9].

Selon Anatoli Fomenko, l'histoire antique ne serait qu'une vaste invention des Jésuites[10] au XVIIe et au XVIIIe siècle, d'oú sa théorie de nouvelle chronologie.

XXIe siècle[modifier | modifier le code]

En 2013, l'élection du Pape François, jésuite, a donné un nouvel élan à ces théories[11].

Dans la culture populaire[modifier | modifier le code]

  • Dans le roman d'Eugène Sue Le Juif errant (1844-1845), les jésuites sont dépeints comme une société secrète vouée à la domination mondiale par tous les moyens possibles.
  • Le complot jésuite est aussi mentionné dans Rome d'Émile Zola (1895-1896).
  • Le complot jésuite fait partie de la trame du roman d'Umberto Eco Le Cimetière de Prague (2010).
  • Le complot jésuite est le thème de la chanson du groupe féminin Les Brigandes Le rat jèze (2015).

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. François Dominique de Reynaud de Montlosier, Mémoire à consulter sur un système religieux et politique, tendant à renverser la religion, la société et le trône, Paris : Ambroise Dupont et Roret, 1826.
  2. M. F. Cusack, The Black Pope: A History of the Jesuits, 1896, éditeur Mr. Gerald E. Greene.
  3. Robert Montagu, Recent Events and a Clue to Their Solution, 1886.
  4. https://www.24heures.ch/monde/europe/titanic-theories-complot/story/31332855 sur www.24heures.ch, 16 avril 2012.
  5. https://www.lesalternativescatholiques.fr/2014/05/05/n10-newsletter-du-5-mai-2014/ sur www.lesalternativescatholiques.fr, 5 mai 2014.
  6. Bruce Beveridge and Steve Hall. Titanic & Olympic: The Truth Behind the Conspiracy. Haverford, PA: Infinity Publishing, 2004, p. i.
  7. "The Jesuit: The Obscurantist without a Homeland" (1933), German History in Documents and Images.
  8. Malachi Martin, The Jesuits, 1988.
  9. Alighiero Tondi, Die geheime Macht der Jesuiten, Urania-Verlag, (1960).
  10. Philippe Delorme, Les Théories folles de l'Histoire, Presses de la Cité, , 264 p. (ISBN 978-2-258-13405-8, lire en ligne), p. 56.
  11. https://www.franceculture.fr/emissions/mecaniques-du-complotisme/les-instructions-secretes-et-le-faux-complot-des-jesuites-episode-2-un-mythe-ne-meurt-jamais

Voir aussi[modifier | modifier le code]