François Coty

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François Coty
Illustration.
Fonctions
Sénateur de la Corse
Maire d'Ajaccio
Prédécesseur Dominique Paoli
Successeur Hyacinthe Campiglia
Biographie
Nom de naissance Joseph Marie François Spoturno
Date de naissance
Lieu de naissance Ajaccio
Date de décès (à 60 ans)
Lieu de décès Louveciennes
Nationalité Française
Parti politique Comité central bonapartiste
Solidarité française
Profession Chef d'entreprise
Parfumeur
Éditeur de presse

Joseph Marie François Spoturno dit François Coty est un industriel et homme politique français, né à Ajaccio le et mort à Louveciennes le .

Origines[modifier | modifier le code]

Né en 1874 à Ajaccio[1] dans une famille de notables corses, François Coty se déclarera pourtant « fils du peuple » dans de nombreuses proclamations, affiches et articles[2]. Orphelin très jeune[réf. nécessaire], François Coty est élevé par sa grand-mère Anne Marie Belon (ou Beloni), sa mère étant morte alors qu'il était encore enfant et son père étant porté « disparu » après son insoumission militaire[3]. Obligé[pourquoi ?] de quitter son île natale à l'automne 1885, il s'installe d'abord à Marseille, toujours avec sa grand-mère, et se lance dans le journalisme. Après avoir effectué son service militaire, il décide de « monter » à Paris et se place sous la protection d'un ami de sa famille, Emmanuel Arène, un homme politique influent, député républicain de la Corse, puis sénateur. Il devient son attaché parlementaire et est introduit dans les milieux influents parisiens[4][réf. insuffisante].

Le , il épouse à la mairie du 6e arrondissement de Paris Yvonne Alexandrine Le Baron (1880-1966), petite fille d'Alphée Dubois, s'installe à Paris.

L'histoire veut qu'à cette époque, il ait eu l'habitude de jouer au piquet avec son ami et voisin avenue de La Motte-Picquet le pharmacien Raymond Goëry, qui fut témoin à son mariage, lequel dut, un jour, remettre leur partie car il devait travailler, dans son laboratoire à des préparations officinales. Coty l'y accompagna et se montra fasciné par le matériel de chimiste. Le pharmacien lui donna alors la recette de l’eau de Cologne, à laquelle Coty s’essaya. Le résultat fut jugé satisfaisant et le pharmacien lui conseilla d’apprendre la parfumerie. Coty s'immerge pendant plus d'un an à Grasse pour se former aux techniques de la cosmétique et à l'art du parfum auprès de Georges Chiris[5]. Il se lève à l'aube pour se mêler aux cueilleuses de la rose de mai et participe aux distillations et extractions. Il s'initie enfin à « goûter » la matière première, puis fait ses gammes et apprend le langage des odeurs et des essences.

Revenu à Paris, il débute dans le métier et vend des essences qu'il fait venir de Grasse aux barbiers de la capitale. En 1904, il va utiliser sa précieuse petite quantité d'absolu de rose rapportée de Grasse et créer son tout premier parfum La Rose Jacqueminot ; c'est à cette époque qu'Emmanuel Arène lui conseille d'adopter le nom de sa mère, Coti adapté en Coty, pour la commercialisation de ses parfums (réf. G.Sicard Picchiottino, réf.cit.)

Un industriel de la parfumerie[modifier | modifier le code]

Ancienne usine Coty à Suresnes, classée monument historique.

Sa famille paternelle, dès les années 1860, a introduit la culture d'orangers en Corse. La distillation de la fleur d'oranger lui est familière depuis son enfance.

Coty comprend que le parfum, jusque-là réservé à une élite, peut devenir un produit de grande consommation. Il est d'ailleurs parfois considéré comme le créateur de la parfumerie moderne[6],[7].

Il a ainsi l'idée d'associer les essences naturelles et les produits de synthèse que les progrès de la chimie organique permettent désormais de produire à bon marché, permettant ainsi à la parfumerie d'entrer dans l'ère industrielle. Dès 1904, il crée sa propre usine sur les bords de la Seine à Suresnes, la Cité des parfums. Elle sera suivie de nombreuses autres : dans l'île de Puteaux pour les conditionnements métalliques, à Neuilly-sur-Seine pour les boîtes de cuir et de carton, à Pantin et aux Lilas pour les flacons. Dans ses usines, des crèches sont installées pour permettre à ses ouvrières de travailler sereinement. Il verse à ses employés des congés payés et des retraites généreuses lorsqu'ils sont remerciés.

Il comprend l’importance des techniques de vente, du conditionnement, de l'emballage, (faisant appel au célèbre bijoutier René Lalique qui crée pour lui le flacon de L’Effleurt, puis celui d’Ambre antique, mais aussi à Baccarat et au décorateur Léon Bakst; il comprend toute l'importance de la publicité et résume ainsi sa philosophie commerciale : « Donnez à une femme le meilleur produit que vous puissiez préparer, présentez-le dans un flacon parfait d’une belle simplicité, mais d’un goût impeccable, faites le payer un prix raisonnable, et ce sera la naissance d’un grand commerce tel que le monde n’en a jamais vu ».

Il remporte de grands succès commerciaux avec La Rose Jacqueminot (1904), début de sa fortune, L'Origan (1905), Ambre Antique (1908), Le Muguet (1910), Lilas blanc (1910), Iris (1913, premier parfum soliflore) et surtout Chypre, lancé en 1917, le premier parfum grand public, dont le succès durera des décennies. La poudre « L'Origan », dans sa célèbre boîte orange et blanc, se vend à 16 millions d'exemplaires par an en France.

Alors que les parfumeurs ne commercialisaient leurs créations que dans leurs propres boutiques, Coty (qui dispose d'un magasin ouvert en 1905 rue La Boétie et d'un au 23 place Vendôme à Paris), décide de vendre ses parfums dans les grands magasins, se heurtant d’abord au scepticisme de ceux-ci.

À la veille de la Première Guerre mondiale, les parfums Coty étaient no 1 dans le monde, avec des succursales à Moscou, New York, Londres et Buenos Aires, et Coty déjà très riche. Durant la Première Guerre mondiale, il soutient l'Association "Les Jouets de France" créé par son ami François Carnot (fils du Président Sadi Carnot) en 1917. Des menuisiers forment des mutilés de guerre pour créer et assembler des jouets en bois pour les enfants. En 1918, pour relancer les ventes, Coty a l'idée géniale de conditionner ses parfums en petites bouteilles, ce qui en fait le cadeau idéal que les soldats américains revenus du front vont rapporter à leur épouse ou à leur petite amie. Le succès est colossal.[non neutre]

Le milliardaire[modifier | modifier le code]

En 1920, la fortune de Coty se compte en centaines de millions de francs ; il est considéré alors comme l'un des hommes les plus riches du monde.

Charles Maurras – devenu l'un de ses adversaires politiques – le surnomme « le ploutocrate » et Léon Daudet, qui le traite de « crétin juché sur un monceau d'or », l'accuse de « vendre la France à l'Amérique pour une poignée de dollars ».

Son apparence physique a été généralement jugée énigmatique, voire dérangeante.

Le journaliste et écrivain Lucien Corpechot, collaborateur de François Coty au Figaro ainsi qu'à L'Ami du peuple, le décrit comme un « petit bonhomme, très soigné de sa personne, au visage rasé sans grande expression, avec l'œil intelligent de l'épicier de Montrouge (…) On est toujours tenté de le prendre pour son valet de chambre (…) toujours en représentation, guindé, s'observant (…) à peu près inculte, ne lit pas et ne sait rien des doctrines contemporaines mais il a un toupet de chien, parle beaucoup, étourdit ses visiteurs, ne les écoute guère et se sert de ses défauts pour masquer sa grande qualité qui est de bien connaître l'homme, ses ressorts secrets, ses appétits et ses faiblesses et de savoir s'en servir[8] ».

François Coty a des cheveux roux, qu'il finira par teindre en blond, et l'œil gauche immobile. Il porte en effet un œil de verre, ayant perdu son œil gauche en 1920 en raison d'une thrombose de l'artère centrale de sa rétine. Il porte au doigt un énorme saphir, fuit la foule et les mondanités. Il attirera les plus vives critiques et des jalousies exacerbées de toute part.[réf. nécessaire]

Ainsi, il achète à Paris l'hôtel particulier de George Kessler (en), situé 24 et 26, avenue Raphaël au Ranelagh (plus tard occupé par le commandant du Gross Paris, puis détruit), considéré comme l’une des plus grandes réussites architecturales d’Ernest Sanson, mais ne l’utilise que comme adresse postale et y entrepose ses collections de meubles objets d’art et tableaux, préférant résider à l’hôtel Claridge, 74 avenue des Champs-Élysées (disparu).[réf. nécessaire]

Il acquit aussi les hôtels voisins Toulouse-Lautrec et Bramberger aux 12 et 14 du Rond-Point des Champs-Élysées, que ce banquier juif avait fait édifier et meubler en 1900 pour le Jockey Club, afin de pouvoir y être admis (façade et toiture conservées). En Coty y installa Le Figaro qu'il s'était approprié en rachetant quatre mille actions du journal à Camille Aymard, dit « Le Zèbre », avocat radié du barreau de Saïgon, dix fois le prix payé par lui au prince Napoléon (1 600 000 francs).

Sa fortune lui permet également de jouer un rôle de mécène. Esthète, il aime le "beau", et soutient de nombreux artistes. Il finance aussi le nouveau laboratoire du physicien Édouard Branly, dans l'enceinte de l'Institut catholique de Paris. De la même manière, il finance de nombreuses tentatives de records aériens, que ce soit la traversée de l'Atlantique Paris – New York par Costes et Bellonte en 1930, ou encore la tragique tentative de record du monde de distance des pilotes Joseph Le Brix et René Mesmin en 1931[9].

C'est également un amateur de l'art du XVIIIe siècle comme en témoigne le catalogue de ses riches collections.

Un collectionneur de demeures de prestige[modifier | modifier le code]

La propriété La Source, un pavillon à Suresnes, fut le premier « Château Coty » où il installa ses bureaux. Le , Coty acquiert pour 600 000 francs le château d'Artigny à Montbazon, près de Tours, qui a remplacé en 1769 un ancien bastion avancé du donjon médiéval, remanié au XIXe siècle. Séduit par le site et sa vue magnifique sur la vallée de l'Indre, il l'est moins par les bâtiments. Comme Edmond de Fels à Voisins, il fait raser cet ensemble assez hétéroclite pour faire construire, douze mètres plus loin, entre 1912 et 1929, par Emmanuel Pontremoli – auteur de la villa néo grecque « Kérylos » à Beaulieu-sur-Mer – entre autres architectes, un grand château dans le style du XVIIIe siècle, inspiré du château de Champlâtreux, la demeure familiale des Molé, œuvre de l'architecte Jean-Michel Chevotet de 1751 à 1757 (moins deux travées d'ouvertures), la chapelle étant elle une copie « au quart » de celle du château de Versailles, abritant comme il se doit une crypte reliée par un souterrain au château, dont les tombeaux restés vides étaient destinés à la famille.

François Coty et sa famille résident dans ce domaine de 1 300 hectares d'un seul tenant la moitié de l'année, « le maître » travaillant au premier étage, ce qui explique le choix – inhabituel – de construire les cuisines sous les combles pour que l'odeur de la nourriture ne vienne pas perturber l'élaboration des parfums. Le décor intérieur est somptueux, avec une grande fresque du peintre Charles Hoffbauer (1875-1957), Grand Prix de Rome 1924, représentant dans un bal costumé la famille du parfumeur, dont son gendre, Paul Dubonnet, et ses amis. D'immenses serres à orchidées sont construites dans les jardins à la française ; il fit fleurir chaque année la tombe de l'Aiglon au palais de Schönbrunn, qui fut transférée aux Invalides en 1940.

En 1923, il achète à Louveciennes, un domaine comprenant le pavillon édifié par Claude-Nicolas Ledoux en 1771 pour la comtesse du Barry, où, s'installant dans les communs, il entreprit d'énormes aménagements, inachevés comme dans la plupart de ses nombreuses autres maisons. Afin de créer en sous-sol un laboratoire de parfumerie, un générateur électrique, des cuisines et une piscine, il n'hésite pas à faire déplacer la demeure de plusieurs mètres, ce qui aura pour effet de le préserver, quelques années plus tard, d'un affaissement de la falaise au bord de laquelle elle avait été bâtie. Se croyant menacé en permanence, il équipa ses immenses caves de portes commandées par des cellules photo-électriques.

La belle Strasbourgeoise (vers 1703), aujourd’hui au musée des beaux-arts de Strasbourg.

Comme pour celui de Bagatelle à Paris, l'aspect de cette folie néo-classique a été altéré par l'ajout d'un étage due à l'architecte Charles Mewès, afin de créer cinq chambres à coucher supplémentaires ; comme à Artigny, des serres tropicales sont créées, reliées au pavillon par des passages souterrains. C'est dans cette maison encore en chantier qu'il meurt d'une congestion cérébrale le 25 juillet 1934. À cette date François Coty se trouve dans une situation financière préoccupante en raison des conséquences de son divorce avec Yvonne le Baron, de son train de vie, des conséquences de la crise de 1929 et du coût de son empire de presse ; Artigny, où son fils Roland – mort accidentellement en 1963 – vécut jusqu'en 1936, fut alors placé sous séquestre, puis ses collections d'art, qui comptaient entre autres peintures La Belle Strasbourgeoise, un des plus beaux portraits de Nicolas de Largillierre[10].

Cette collection fut vendue en 124 lots aux enchères publiques à la requête d'un administrateur judiciaire près le tribunal civil de la Seine, et le château d'Artigny fut fermé jusqu'en 1939.

Y figurèrent : - deux tapisseries d'après de Le Brun, tissées à Maincy pour le château de Vaux-le-Vicomte; - une table-console d'époque Louis XV[11]; - trois tapisseries de Beauvais (Amphitrite, Thétis, Vénus) d'après des cartons de Bérain, tissées sous les ordres de Philippe Béhagle pour le Comte de Toulouse, et qui ont dû orner son hôtel parisien (actuelle Banque de France). Non confisquées sur place à la Révolution de 1789, réapparues après 1865 puis entrées dans la collection du baron Hirsch, vendues à un antiquaire après 1918, acquises en 1923 par Coty, adjugées à sa vente à un collectionneur argentin, elles furent finalement préemptées par l'État au profit de la Banque de France, dont elles ornent un escalier (reprod. coul. dans Trésors de la Banque de France - Histoire et richesses de l'hôtel de Toulouse, 1993, p. 109 et 110)

Dans les années 1920, Coty posséda aussi :

En 1926, il loua à la Ville de Paris le château de Longchamp, dans le Bois de Boulogne, ancienne résidence du baron Haussmann, comportant une tour de style médiéval et abritant un ascenseur Eiffel, laissée à l'abandon, le fait démolir et remplacer par un édifice de style du XVIIIe siècle – inachevé – devenu propriété du WWF.

Coty fut inhumé dans le cimetière de Montbazon, puis sa dépouille fut transférée vers 1960 à Ajaccio.

L’engagement politique[modifier | modifier le code]

François Coty se lance dans la politique à la fin de la Première Guerre mondiale. Viscéralement anti-communiste, il admire le fascisme italien qu'il va tenter de promouvoir en France[réf. nécessaire]. Pour lui, comme pour d'autres industriels, il voit dans ce mouvement politique une possibilité de redonner à la France le prestige dont elle jouissait avant la Première Guerre mondiale. Toutefois son admiration pour le mouvement de Mussolini cesse à partir de 1926 lorsque l'infléchissement du régime fasciste vers une dictature l'amène à desserrer les liens qui l'unissaient au Duce .

En , il prend le contrôle du journal Le Figaro, le rebaptise Figaro (de 1929 à 1934), en lui enlevant son article défini, et l'installe rond-point des Champs-Élysées. En 1925, il nomme Lucien Romier rédacteur en chef, mais se sépare de lui deux ans plus tard. Le journal adopte une ligne éditoriale résolument à droite et perd une grande partie de ses lecteurs : en 1932, la diffusion est tombée à 10 000 exemplaires. En 1925, il soutient financièrement, avec le producteur de cognac Hennessy, le Faisceau de Georges Valois, mouvement d'extrême droite nationaliste et antiparlementariste, et son organe de presse le Nouveau Siècle. Il quitte cependant le Faisceau en 1926. Il a également donné deux millions de francs au mouvement monarchiste Action française entre 1924 et 1928[12].

Jean d'Orléans, « duc de Guise », prétendant orléaniste au trône de France de 1926 à 1940, fit appel à lui pour servir de conseiller à son fils Henri d'Orléans, titré « comte de Paris » en 1929[13]. En 1928, il rachète Le Gaulois qu’il fusionne avec Le Figaro.

En 1928, il fonde le populaire l’Ami du peuple, dont les bureaux sont installés rue de Bassano. Destiné aux classes populaires, le quotidien est vendu deux sous, ce qui lui vaut un procès retentissant intenté par les grands quotidiens à cinq sous comme Le Matin, Le Journal et Le Petit Parisien. Déboutés, ceux-ci seront condamnés à lui verser deux millions de dommages-intérêts. En 1923, Coty est élu sénateur de la Corse mais son élection est invalidée par la Haute Assemblée l'année suivante (réf : G.Sicard Picchiottino, réf.cit.). En 1931, il est élu maire d’Ajaccio. Son secrétaire politique est Antoine Leandri, lui aussi marqué à l’extrême droite.[réf. nécessaire].

En 1927, il soutient la création des Croix-de-feu par Maurice d'Hartoy (de son vrai nom Maurice-Lucien Hanot), qui s’installent d'ailleurs, au départ, dans les locaux de Figaro. En 1933, il publie une "Réforme de l'État" et pour la mettre en place fonde son propre mouvement : la Solidarité française, qui annonce près de 10 000 adhérents et participe aux émeutes du 6 février 1934. Il offrit en cadeau de mariage () à Isabelle d'Orléans-Bragance, future « comtesse de Paris », « qu’il considère comme la future reine de France, un magnifique diadème de feuillages en diamants sertis de sept grosses émeraudes cabochon »[14].

C'est un bonapartiste, nationaliste, fervent défenseur d'une République forte avec une prépondérance du pouvoir exécutif. Comme un certain nombre de ses concitoyens, il est un farouche adversaire du parlementarisme. Pour faire connaître ses idées politiques il rédige deux ouvrages : "Contre le communisme", Grasset, 1928 et en 1931 "Sauvons nos colonies, le péril rouge en pays noir", Grasset, 1931.

L’héritage de François Coty[modifier | modifier le code]

Les activités politiques de Coty et la crise de 1929 qui l'atteint de plein fouet ne lui permettent plus de faire face aux nombreuses échéances qu'il doit honorer, il est à court de liquidités. À sa mort en 1934, la plupart de ses biens sont placés sous séquestre à la demande de ses nombreux créanciers.

Son ex-épouse, remariée avec M. Cotnaréanu, ne rentra ainsi en possession du château d'Artigny qu'en 1944 ; sa fille Christiane (1903-2005) le vendra en 1959 à René Traversac, qui en fait le fleuron de son empire hôtelier (« Relais et Châteaux »). Dès 1934 néanmoins, elle devient la première actionnaire du Figaro et cédera la moitié de ses actions, le , à un groupe constitué autour de Jean Prouvost et, en 1964, l'autre moitié au groupe Prouvost-Béghin.

La Société des Parfums Coty existe toujours aujourd’hui, elle détient des marques comme Calvin Klein, Chloé, Cerruti, Jennifer Lopez, Céline Dion, les parfums Adidas, Rimmel, et Lancaster[15]. Ses grandes créations, comme Chypre, qui donna son nom à la famille des parfums chyprés, « Ambre Antique», « l'Origan », « Émeraude », « l'Aimant », « le jasmin de Corse » ou son premier parfum « la Rose Jacqueminot », peuvent toujours êtes sentis au Conservatoire international des parfums de Versailles.

L’« Association François-Coty », qui perpétue sa mémoire, remet chaque année un prix à un parfumeur, pour l’ensemble de son œuvre.

Le principal stade de la ville d'Ajaccio porte actuellement son nom.

Publication[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Annick Le Guérer, Parfum (Le): Des origines à nos jours, Odile Jacob, (ISBN 9782738116703, lire en ligne)
  2. Alain Duménil, Parfum d'empire: la vie extraodinaire de François Coty, Plon, , p. 14.
  3. Ghislaine Sicard-Picchiottino, François Coty: un industriel corse sous la IIIe République, Albiana, , p. 9.
  4. Ghislaine Sicard Picchiottino, Un industriel corse sous la IIIe République, Albiana, 2006.
  5. G.Sicard Picchiottino, réf cit.
  6. « 16. François Coty - Les Echos », sur www.lesechos.fr (consulté le 4 juillet 2018)
  7. « François Coty, le père de la parfumerie moderne », ZGROUPE,‎ (lire en ligne)
  8. « Fastueux hôtels de Touraine, le château d'Artigny, à Montbazon », Le Magazine de la Touraine, no 24, octobre 1987, p. 7 à 24
  9. Evanno, Yves-Marie, « Joseph Le Brix, pionnier de l'aviation française », En Envor, consulté le 10 octobre 2013.
  10. Musée des beaux-arts de Strasbourg.
  11. Vente Paris du 12/12/2012, reprod. dans la Gazette de l'Hôtel Drouot no 42, 30/11/2012, p. 156
  12. Eugen Weber, L'Action française, éd. Fayard, 1985, p. 219.
  13. François Broche, Le Comte de Paris, l’ultime prétendant, Paris, Perrin, 2001, p. 55 et 56.
  14. Vincent Meylan, « Les grands mariages de la maison de France », Point de Vue, no 1372, p. 39.
  15. Site de Lancaster

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Livres[modifier | modifier le code]

  • Ghislaine Sicard-Picchiottino, François Coty : Un industriel corse sous la IIIe République, Albiana, , 313 p. (ISBN 2846981736)
  • Élisabeth Barillé et Keiichi Tahara, Coty, parfumeur et visionnaire, Assouline,
  • Alain Duménil, Parfum d'Empire, la vie extraordinaire de François Coty, Plon, , 247 p. (ISBN 2259210317)
  • Orla Healy, Coty, la marque d'un visionnaire, Assouline,
  • Patrice de Sarran, François Coty, empereur d'Artigny - le parfum de la gloire, La Nouvelle République du Centre-Ouest, (ISBN 2868810853)
  • (en) Roulhac Toledano et Elizabeth Coty, Francois Coty: Fragrance, Power, Money, Pelican Publishing, , 336 p. (ISBN 1589806395)

Thèses, catalogues et magazines[modifier | modifier le code]

  • François Coty, Patrick Renard, un magicien du parfum (Historia, décembre 1987)
  • Il ne s'appelait pas Hersant, Pierre Enckell, (L'Évènement du Jeudi, du 19 au 25 mars 1987)
  • Un politicien au parfum, François Coty (Historama, no 48, février 1988)
  • Un grand parfumeur, François Coty, Jean-Jacques Vignault, (Parfums, cosmétiques et arômes, no 54, décembre 1983)
  • Historia, juin 1998, no M 1856-618 30 F Coty, le grand vaporisateur Corse, Jean-Paul Luciani
  • Catalogue de la vente des collections réunies par M. François Coty au château du Puy d'Artigny et au pavillon Du Barry à Louveciennes (Paris, galerie Jean Charpentier, 30 novembre et 1er décembre 1936 - arch. pers.)
  • Les Gros, grandeur et décadence de François Coty, Jean Galtier-Boissière - article identique de Pierre Labracherie dans Le Crapouillot, no 35)

Gilles Lahousse, "Une ligue des années trente : la Solidarité française", thèse de Doctorat sous la direction de Jean-François Sirinelli, Université Charles de Gaulle Lille III, 1995. Alfred Kupferman, "François Coty, journaliste et homme politique", thèse de 3e cycle, Université de Lettres et de Sciences Humaines de Paris, 1965, 2 volumes, sous la direction de Jacques Droz.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]