François Coty

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François Coty
François Coty.jpg
Portrait photographique de François Coty par André Taponier.
Fonctions
Maire d'Ajaccio
-
Paoli (en)
Campiglia (d)
Sénateur
Corse
-
Biographie
Naissance
Décès
Sépulture
Cimetière des Sanguinaires (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Nom de naissance
Joseph Marie François SpoturnoVoir et modifier les données sur Wikidata
Pseudonyme
François CotyVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Domicile
Activités
Enfant
Roland Coty
Christiane Coty
Autres informations
Propriétaire de
Partis politiques
signature de François Coty
signature

Joseph Marie François Spoturno dit François Coty, né le à Ajaccio (Corse) et mort le à Louveciennes, est un industriel parfumeur français, à l’origine de la multinationale Coty Inc. II est considéré comme le père de la parfumerie moderne.

À la veille de la Première Guerre Mondiale, sa réussite financière fait de lui l'un des hommes les plus riches de France, ce qui lui permet d'agir en mécène et de collectionner les demeures historiques et les œuvres d'art, ainsi que d’ambitionner une carrière politique, cette dernière intéressant plus particulièrement les historiens.

Devenu sénateur de la Corse en 1923, cette élection est invalidée l'année suivante. Patron de presse, il exprime ses ambitions politiques personnelles, inspirées par le fascisme italien à travers différents organes de presse qu'il contrôle durant l'entre-deux-guerres. Parmi ceux ci figurent Le Figaro, Le Gaulois et L'Ami du peuple, organe xénophobe, antisémite et anticommuniste rédigé par Urbain Gohier et Jacques Ditte.

Face à la montée des socialistes et des communistes à la Chambre, il subventionne divers mouvements de droite et d'extrême droite et en 1933 fait connaître son programme intitulé la Réforme de l'État et fonde le mouvement Solidarité française qui participe à la manifestation du 6 février 1934.

Peu avant l’avènement du Front populaire, il meurt à l’âge de soixante ans en 1934, grandement appauvri ; conséquence de son divorce, du coût de son empire de presse et des retentissements de la crise économique de 1929.

Jeunesse[modifier | modifier le code]

Né à Ajaccio[1] en 1874, peu de temps après la création de la Troisième République, dans une famille de notables corses, François Coty est élevé par sa grand-mère Anne Marie Belon (ou Beloni), sa mère étant morte alors qu'il était encore enfant et son père ayant été porté disparu après insoumission militaire[2].

Quittant son île natale à l'automne 1885, avec sa grand-mère, il s'installe à Marseille, et quelques années plus tard se lance dans le journalisme. Après avoir effectué son service militaire (1896- 1898), il décide de monter à Paris où il devient attaché parlementaire d' Emmanuel Arène, un homme politique influent, député républicain de la Corse, puis sénateur[3]. Il est alors introduit dans les milieux influents parisiens[4].

Le , alors que Paris accueille l' Exposition universelle qui célèbre, entre autres, la mode et la parfumerie françaises[5], il épouse à la mairie du 6e arrondissement de Paris Yvonne Alexandrine Le Baron (1880-1966), petite fille d'Alphée Dubois, médailleur et prix de Rome, et s'installe définitivement à Paris[6].

À cette époque, il avait l'habitude de jouer au piquet avec son ami et voisin, le pharmacien Raymond Goëry avenue de La Motte-Picquet, celui ci dut, un jour, remettre leur partie car il devait travailler dans son laboratoire à des préparations officinales. Coty l'y accompagna et se montra fasciné par le matériel de chimiste. Le pharmacien lui donna alors la recette de l’eau de Cologne, à laquelle Coty s’occupa. Le résultat fut jugé satisfaisant et le pharmacien lui conseilla d’apprendre la parfumerie.

Pendant plus d'un an à Grasse, Coty se forme aux techniques et à l'art du parfum et de la cosmétique auprès de Georges Chiris (1872-1953)[7], fils de Léon Chiris[8]. Il se lève à l'aube pour se mêler aux cueilleuses de la rose de mai et participe aux opérations de distillations et d' extractions. Il s'initie à la matière première et apprend le langage des odeurs et des essences[6].

Revenu à Paris, il vend aux barbiers de la capitale des essences qu'il fait venir de Grasse. En 1904, il utilise une petite quantité précieuse d'absolue de rose rapportée de Grasse et crée son tout premier parfum La Rose Jacqueminot ; c'est à cette époque qu'Emmanuel Arène lui conseille d'adopter le nom de sa mère, Coti adapté en Coty, pour la commercialisation de ses parfums[6].

Industriel de la parfumerie[modifier | modifier le code]

Vue arérienne de l'usine Coty à Suresnes, circa 1930.

Sa famille paternelle, avait dès les années 1860, introduit la culture d'orangers en Corse. La distillation de la fleur d'oranger lui est familière depuis son enfance.

Il a l'idée d'associer les essences naturelles et les produits de synthèse des fournisseurs comme Naef & Cie et les fabriques De Laire[9] que les progrès de la chimie organique permettent désormais de produire à bon marché. Coty comprend que le parfum, jusque-là réservé à une élite, peut devenir un produit de grande consommation permettant ainsi à la parfumerie d'entrer dans l'ère industrielle[10]. Il est d'ailleurs considéré comme le créateur de la parfumerie moderne[11],[12].

En 1904, toujours à la période de la Belle Époque, il crée sa société puis sa propre usine sur les bords de la Seine à Suresnes, la « Cité des parfums ». Elle sera suivie de nombreuses autres installations : dans l'île de Puteaux pour les conditionnements métalliques, à Neuilly-sur-Seine pour les boîtes de cuir et de carton, à Pantin et aux Lilas pour les flacons. Dans ses usines, des crèches sont installées pour permettre à ses ouvrières de travailler sereinement. Il verse à ses employés des congés payés et des retraites généreuses[13],[14].

Flacon Lalique Ambre antique pour Coty (circa 1910).

Coty comprend l’importance pour les ventes, du conditionnement, de l'emballage, de la présentation, faisant appel à l'artiste joaillier et verrier René Lalique qui crée pour lui le flacon de L’Effleurt, puis celui d’Ambre antique, mais aussi à Baccarat et au décorateur Léon Bakst[15], les étiquettes en papier gaufré doré à chaud sont imprimées par la maison Draeger ; il résume ainsi sa philosophie commerciale : « Donnez à une femme le meilleur produit que vous puissiez préparer, présentez-le dans un flacon parfait d’une belle simplicité, mais d’un goût impeccable, faites le payer un prix raisonnable, et ce sera la naissance d’un grand commerce tel que le monde n’en a jamais vu »[16].

Il remporte de grands succès commerciaux[17] avec La Rose Jacqueminot (1904), L'Origan (1905), Ambre Antique (1908), Le Muguet (1910), Lilas blanc (1910), Iris (1913), premier parfum soliflore, et surtout Chypre, lancé en 1917[18],[19], qui donne naissance à une nouvelle famille olfactive, et dont le succès durera des décennies. Son souhait est que « chaque femme ait sa propre fragrance subtile, celle qui convient à son style et qui exprime réellement sa personnalité ». Il diversifie également sa gamme avec, outre des parfums, des crèmes, des savons, des sels de bain, des rouges à lèvres[12] et la poudre « L'Origan », dans sa célèbre boîte orange et blanc, qui se vend à 16 millions d'exemplaires par an en France. Ce succès suscite des contrefaçons[20],[21],[22] et ses innovations inquiètent les parfumeurs concurrents du Syndicat national de la parfumerie française[5].

Alors que les parfumeurs ne commercialisaient leurs créations que dans leurs propres boutiques, Coty, qui dispose d'un magasin ouvert en 1905 rue La Boétie et d'un autre au 23 place Vendôme à Paris, décide de vendre ses parfums dans les grands magasins, se heurtant d’abord au scepticisme de ceux-ci[5]. Mais, comme l'indique Le Petit Journal, « un jour prenant une caissette d’échantillons, il se rend dans l’un des plus grands magasins de Paris pour y proposer ses parfums. Dans l’un des salons du magasin, une cliente par mégarde le heurte : l’un des flacons tombe et se brise. Aussitôt se répand un parfum d’une délicatesse rare. Les personnes présentes s’émerveillent et ce sont alors les acheteurs eux mêmes qui prient François Coty de venir les trouver. Les commandes commencent à affluer, et peu à peu le succès s’affirme. »[23].

À la veille de la Première Guerre mondiale, les parfums Coty sont no 1 dans le monde, avec des succursales à Moscou, New York, Londres et Buenos Aires[24], et Coty est déjà très riche. En 1917, dans la tourmente de la Révolution russe, ses magasins, usines, stocks, comptes et dépôts au Crédit Lyonnais de Moscou (soit près de 4 millions de Francs de l’époque) sont tout simplement confisqués par les Bolcheviques[25],[26].

Durant la Première Guerre mondiale, il soutient l'association Les Jouets de France, créée en 1917 par son ami François Carnot (fils du Président Sadi Carnot). Dans les usines de l'Île de Puteaux, qu'il finance, des menuisiers forment des mutilés de guerre pour créer et assembler des jouets en bois pour les enfants[27]. Il accueille également les blessés de guerre dans sa résidence de Longchamp et au château d'Artigny[28].

En 1918, pour relancer les ventes, Coty a l'idée de conditionner ses parfums en petits flacons, cadeaux que les soldats revenus du front vont rapporter à leur épouse ou à leur bien aimée.

Milliardaire, mécène et collectionneur[modifier | modifier le code]

En 1920, la fortune de Coty se compte en centaines de millions de francs ; il est considéré alors comme l'un des hommes les plus riches du monde.

Mécène[modifier | modifier le code]

Dieudonné Costes devant son Breguet 19 modifié pour les grands raids et surnommé le Point d’Interrogation.

L'homme politique André Tardieu le dit « préoccupé d’autre chose que de défendre sa fortune »[29] ; aussi, sa situation financière lui permet d’accompagner la période des années folles et d’agir en mécène, participant financièrement à l'électrification de la ville d'Ajaccio, à la construction d'HBM et à l'édification du monument aux morts de la Grande Guerre[30] dans la ville. Il finance également, le comité olympique pour que la France puisse participer aux jeux olympiques de 1928[31], le nouveau laboratoire du physicien Édouard Branly (précurseur de la radiodiffusion), dans l'enceinte de l'Institut catholique de Paris[32]. De la même manière, il finance de nombreuses tentatives de records aériens, que ce soit la traversée de l'Atlantique Paris – New York par Costes et Bellonte en 1930[33], ou encore la tragique tentative de record du monde de distance des pilotes Joseph Le Brix et René Mesmin en 1931[34]. Il finance et soutient également de nombreux artistes[35], parmi lesquels Foujita[36], ainsi que l'Académie de France à Rome[37]. Il donne des millions au Saint-Siège et à Pie XI pour sa lutte contre le communisme[38].

Collectionneur[modifier | modifier le code]

La propriété La Source, un pavillon à Suresnes, est la première de sa collection où il installe ses bureaux.

Il se rend propriétaire, en 1912, du manoir de Beaupré à Veigné (Indre-et-Loire).

Le , Coty acquiert pour 600 000 francs le château d'Artigny à Montbazon, près de Tours[39], remanié au XIXe siècle. Séduit par le site et sa vue magnifique sur la vallée de l'Indre, il l'est moins par les bâtiments. Il fait raser cet ensemble assez hétéroclite pour faire construire, douze mètres plus loin, entre 1912 et 1929, par Emmanuel Pontremoli entre autres architectes, un grand château dans le style du XVIIIe siècle, inspiré du château de Champlâtreux, œuvre de l'architecte Jean-Michel Chevotet.

François Coty, son épouse, sa fille Christiane et son gendre Paul Dubonnet en 1918.

François Coty et sa famille résident dans ce domaine de 1 300 hectares d'un seul tenant la moitié de l'année, « le maître » travaillant au premier étage, ce qui explique le choix, de construire les cuisines sous les combles pour que l'odeur de la nourriture ne vienne pas perturber l'élaboration des parfums[40]. Le décor intérieur est somptueux, avec une grande fresque du peintre Charles Hoffbauer (1875-1957), représentant dans un bal costumé la famille du parfumeur, dont son gendre, Paul Dubonnet, et ses amis. D'immenses serres à orchidées sont construites dans les jardins à la française ; il fait fleurir chaque année la tombe de l'Aiglon au palais de Schönbrunn, qui fut transférée aux Invalides en 1940.

Dans l'hôtel particulier de George Kessler (en) qu'il a racheté, au 24 - 26, avenue Raphaël au Ranelagh en 1921 (plus tard occupé par le commandant du Gross Paris, puis détruit), considéré comme l’une des plus grandes réussites architecturales d’Ernest Sanson, et qu'il utilise comme adresse postale, préférant résider à l’hôtel Claridge, 74 avenue des Champs-Élysées[41], il entrepose ses collections de meubles, objets d’art et tableaux, étant personnellement amateur d'art et en particulier de l'art du XVIIIe siècle comme en témoigne le catalogue de ses riches collections.

Il acquiert aussi les hôtels mitoyens Toulouse-Lautrec et Bramberger aux 12 et 14 du Rond-Point des Champs-Élysées[42]. En Coty y installe Le Figaro qu'il avait acquis en rachetant quatre mille actions du journal de Camille Aymard, dit « Le Zèbre », avocat radié du barreau de Saïgon, dix fois le prix payé par lui[43] au prince Napoléon (1 600 000 francs). Aymard signera dans le journal La Liberté, —  après le suicide d’Ivar Kreuger, en 1932 —, un article hostile, soulignant les contradictions et paradoxes de Coty[44].

Pavillon de Louveciennes.

En 1923, il achète à Louveciennes, un domaine comprenant le pavillon édifié par Claude-Nicolas Ledoux en 1771 pour la comtesse du Barry, où, s'installant dans les communs, il entreprit d'énormes aménagements, inachevés comme dans la plupart de ses nombreuses autres maisons. Afin de créer en sous-sol un laboratoire de parfumerie, un générateur électrique, des cuisines et une piscine, il n'hésite pas à faire déplacer la demeure de plusieurs mètres, ce qui aura pour effet de le préserver, quelques années plus tard, d'un affaissement de la falaise au bord de laquelle elle avait été bâtie. Se croyant menacé en permanence, il équipa ses immenses caves de portes commandées par des cellules photo-électriques[40].

Comme pour celui de Bagatelle à Paris, l'aspect de cette folie néo-classique est altéré par l'ajout d'un étage du à l'architecte Charles Mewès, afin de créer cinq chambres à coucher supplémentaires ; comme à Artigny, des serres tropicales sont créées, reliées au pavillon par des passages souterrains.

Dans les années 1920, Coty possède aussi :

En 1912, il loua le château de Longchamp (propriété de la Ville de Paris), dans le bois de Boulogne, près de son usine de Suresnes. Ancienne résidence du baron Haussmann, comportant une tour de style médiéval et abritant un ascenseur Eiffel, mais laissé à l'abandon, Coty entreprend de le faire démolir et remplacer par un édifice de style du XVIIIe siècle – inachevé – loué ensuite au WWF puis à la Fondation GoodPlanet.

Presse et politique[modifier | modifier le code]

C'est après la Première Guerre Mondiale, à l'orée de la cinquantaine que Coty se lance en politique dans le contexte d'une gestion difficile de l’après-guerre (1919-1929), des conséquences démographiques et économiques des pertes humaines infligées par la Grande Guerre et d’une vague d'immigration en France ; mettant à contribution sa grande fortune personnelle et s'engageant pour cela dans la presse. Georges Bernanos a résumé l'engagement politique de François Coty d'une formule : « c'est un Birotteau qui se prend pour un César »[46],[47],[48]. Nationaliste, antiparlementaire, admirateur de Mussolini, anticommuniste[49],[50],[51] et xénophobe, Coty subventionne diverses organisations avant de fonder son propre mouvement, la ligue Solidarité française[52].

Stratégie électorale en Corse[modifier | modifier le code]

François Coty a d'abord des ambitions politiques dans son île natale, la Corse. En 1919, les grandes lignes du projet qu’il a conçu pour tirer l’île de son sous-développement et assurer sa prospérité sont publiées dans Le Petit Bastiais[53]. Le projet adresse trois secteurs d’activité : l’industrialisation, le tourisme et la formation, avec également la création à Paris d’une « Maison de la Corse »[54].

En 1921, il crée le quotidien L'Éveil de la Corse[55]. L'historien Francis Arzalier rapporte que le journal multiplie au début des années 30 « les phrases admiratives pour la réussite du fascisme ou du nazisme » et propose de mettre hors d'état de nuire les réfugiés allemands antinazis, assimilés à une vermine qu'il faudrait « parquer dans un camp de concentration » pour mieux les surveiller[56].

En 1923, Coty est élu sénateur de la Corse mais l'année suivante, son élection est invalidée par la Sénat[57] après contestation de son adversaire qui lui reprochait des faits de corruption et l'implication du brigand Nonce Romanetti dans sa campagne[58],[59],[60],[61]. L'annulation de huit suffrages provoque l'invalidation de l'élection[62],[63]. En 1931, Coty est élu maire d’Ajaccio. Son secrétaire politique est Antoine Leandri.

Patron de presse[modifier | modifier le code]

Ancien siège du Figaro Rond-point des Champs-Élysées.

En , il acquiert le journal Le Figaro et l'installe rond-point des Champs-Élysées. D'après Claire Blandin, il commence par le moderniser et le relancer (20 000 exemplaires en 1921 ; 50 000 en 1928)[64]. En 1925, il nomme Lucien Romier rédacteur en chef du Figaro, mais se sépare de lui deux ans plus tard. Le journal adopte une ligne éditoriale résolument à droite. À partir de la mort de Robert de Flers, François Coty opère un changement de ton, utilisant le journal comme une tribune de combat, « il dénonce les complots occultes qui menacent la France, il vante les bienfaits du fascisme italien, félicite le régime nazi d’avoir écrasé le communisme et les syndicats marxistes ; car l’anticommunisme de François Coty prend de plus en plus le pas sur son hostilité à l’Allemagne »[65].

Au Figaro, il croise Georges Bourdon avec lequel, en dépit d’opinions différentes, il partage le refus du communisme et de la lutte des classes[66]. ( L'historien Claude Quétel estime qu'au sein du grand patronat, Coty incarne « un exemple presque caricatural » de l'anticommunisme, bien que « l’opinion des Français dans leur majorité (et donc pas seulement l’extrême droite) s’ancre dès le 29 décembre 1920 dans l’anticommunisme et dans le rejet « viscéral » d’un parti qui se dit français mais qui prend ses ordres à Moscou », il ajoute que « Mezza voce, toute la presse de droite dit la même chose [que lui]. Cette conviction du complot va perdurer pendant tout l’Entre-deux guerres. Le parti communiste est le parti de l’étranger et les communistes, en attendant d’être traitres à leur pays, sont des « espions moscoutaires »[67]. »)

Selon l'historien Laurent Joly, pour expliquer la crise économique aux lecteurs, il s’appuie sur plusieurs mythes et stéréotypes et adopte « une ligne éditoriale sinueuse au service de l'« intérêt national », mais aussi de ses propres entreprises. ». L'industriel tempête contre le fisc et soutient Aristide Briand tandis que la « xénophobie s'impose néanmoins d'emblée comme l'un des thèmes de prédilection du Figaro. À partir de 1924, Coty y mène campagne contre la « finance internationale » et contre le communisme » par le biais d'articles « denses » et « souvent austères »[68]. Sur une suggestion de Paul Bourget, il renomme le journal « Figaro » (de 1929 à 1934), reprenant le nom que lui avaient donné ses fondateurs. Ces évolutions font perdre des lecteurs au journal[69]. D'après Pierre Milza, il ne reste qu'une dizaine de milliers de lecteurs en 1933 lorsque Coty perd le contrôle du quotidien[70].

Coty rachète également plusieurs journaux de province[43], et en 1928 Le Gaulois, quotidien monarchiste, puis bonapartiste et républicain, qu’il fusionne avec Le Figaro pour en faire un puissant organe de rassemblement politique au service de la droite nationaliste[71],[72],[58]. La même année, il fonde le quotidien L'Ami du peuple, dont les bureaux sont installés rue Drouot. Destiné aux classes populaires, L'Ami du peuple est vendu moins cher que les autres journaux, ce qui lui vaut un procès retentissant intenté par le distributeur parisien exclusif Havas et les 5 plus grands quotidiens[73]. Déboutés, ceux-ci seront condamnés à lui verser deux millions de dommages-intérêts. En 1930, le journal publie sa carte de visite indiquant : « François Coty, Artiste, Industriel-Technicien, Économiste Financier, Sociologue. Promoteur de la Croisade des Patries, auteur de la Réforme de l’État, prélude nécessaire à la reconstitution de l’ordre, de l’autorité, de la hiérarchie, de la discipline démocratique et sociale sans quoi ne peut subsister aucune grande nation du monde civilisé, Maire d’Ajaccio, deux fois élu Sénateur de la Corse »[74],[75]. L'historien Fred Kupferman remarque que « ses châteaux annonçaient le nouveau riche », que Coty dépense à perte des millions « afin d'imposer par le dumping ses vues et phobies de Mussolini français » à travers L’Ami du peuple, « journal lancé à deux sous » et constamment surveillé par le monde politique et la presse [76], diffusant, selon l'historien Ralph Schor les « thèmes majeurs » de l'extrême droite française des années 1930[77], dérangeant la droite et inquiétant la gauche[76]. La campagne que la gauche mène contre lui pendant plusieurs années, commence à porter ses fruits et les ventes de L'Ami du Peuple s'en ressentent de plus en plus[78].  

Urbain Gohier en 1912.

Laurent Joly estime que François Coty donne à l'activisme antisémite et xénophobe une médiatisation exceptionnelle grâce à la force de frappe de son quotidien[79]. Principal rédacteur de L'Ami du peuple, Urbain Gohier sert également de secrétaire particulier et de « nègre » à l'industriel, en particulier dans le cadre d'une campagne de presse co-organisée avec l'avocat nationaliste Jacques Ditte et menée du 8 au . Le riche parfumeur signe ainsi six articles de Gohier qui exploite la théorie du complot judéo-bolchévique en fustigeant les « financiers qui mènent le monde », « la finance judéo-germano-américaine, complice des Soviets. » Coty poursuit sur le même ton dans Le Figaro en [80].

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Jacques Ditte en 1930.

En , Jacques Ditte se déclare candidat à Paris lors des Élections législatives françaises de 1932 remportées par le Cartel des gauches avec trois cent trente cinq voix au parlement[71]. Il tonne dans L'Ami du peuple « contre les magnats de la haute finance "Judéo-Germano-Américaine" », campagne dénoncée comme xénophobe et antisémite par la LICA. Bien que les membres de la LICA fassent stratégiquement de Coty « l'épouvantail fasciste idéal » pour contrer la candidature parisienne du publiciste de L'Ami du peuple, Laurent Joly note qu'ils n'en perçoivent pas moins « l'importance historique de la campagne » journalistique comme un « second antisémitisme » après l'affaire Dreyfus[81]. Bernard Lecache, fondateur de la LICA, déclare en  : « Nos pères ont eu Drumont, et nous avons Coty »[82] En mai 1933, il proteste dans le Figaro contre la proposition du ministre de l'Education nationale, Anatole de Monzie, d'offrir à Einstein, fuyant l'Allemagne nazie, une chaire de physique théorique au Collège de France, déclarant « Le Collège de France n'a pas été créé pour hospitaliser tous les Israélites qui, se jugeant persécutés, se targueraient d'une science inaccessible au reste des mortels »[83]. En juin 1933, après la publication dans Le Figaro et dans L'Ami du peuple d'articles affirmant que des associations d'anciens combattants juifs et de sportifs juifs étaient des paravents pour des organisations révolutonnaires, Coty perd un procès en diffamation intenté par des associations d'anciens combattants juifs[84],[85]. Le mois suivant, en juillet 1933, il publie un article où il critique l'influence auprès de Franklin Delano Roosevelt de Bernard Baruch, dans laquelle il voit l'effet d'un complot du B'nai B'rith[86]. Le 10 septembre, il adresse à la communauté juive de Genève un télégramme de « rétractation de son anti-sémitisme » en demandant qu'il soit lu à une séance de préparation du Congrès juif mondial[87]. En juillet 1934, la condamnation pour diffamation de juin 1933 est confirmée en appel[88].

Ralph Schor dénombre près de 400 articles sur les étrangers publiés dans L'Ami du peuple entre 1928 et 1937, avec un pic en 1931 et le début de la crise économique (plus de 70 articles), fréquence sans équivalent dans la presse de l'époque, même à L'Action Française[89]. Par conséquent, Laurent Joly et Rita Thalmann qualifient L'Ami du peuple de « journal le plus xénophobe de son temps[90] », « véritable anthologie xénophobe et antisémite »[91]. L'historien Zeev Sternhell estime que le quotidien, avec 600 000 exemplaires vendus en 1933, joue un rôle fondamental « dans la formation du climat politique de l'époque » qui débouchera après la défaite de 1940 sur l'antisémitisme d'État du régime de Vichy[92]. Le publiciste Henry Coston rééditera en , dans un numéro spécial de La Libre Parole, plusieurs articles signés par Coty durant la campagne de 1932, tout en le félicitant d'avoir soi-disant pressenti « l'avènement de la judéo-maçonnerie au pouvoir »[93]. Au début des années 1930, en conclusion d'une édition des Protocoles des Sages de Sion [94], il lance un appel aux Français : « Maintenant que vous connaissez le plan juif, qu’allez-vous faire ? Laisserez-vous votre patrie, votre famille, votre personne tomber sous la tyrannie juive ? Réfléchissez et si vous êtes un homme courageux, venez à nous. »[95].

Coty doit vendre L'Ami du Peuple en janvier 1934, racheté par Havas entre autres, et perd le contrôle d'un Figaro en crise, lors d'une réunion extraordinaire de son conseil d'administration, annoncée par Charles de Beaupoil de Saint-Aulaire, le 4 octobre 1933 qui supprime la fonction de directeur[96].

Au total, selon l'universitaire Patrick Eveno, Le Figaro et Le Gaulois font perdre une centaine de millions à François Coty, à comparer avec les 500 millions que lui coûte L'Ami du peuple et les 425 millions de son divorce[97],[99].

Soutien à différents mouvements et création de la Solidarité française[modifier | modifier le code]

En parallèle, face à la gauche, après les résultats des élections législatives de 1924 et la montée des socialistes et des communistes à la Chambre, François Coty soutient et subventionne différents mouvements de droite. L'historien Pierre Milza présente Coty comme le principal financier de « l'ultra-droite des années trente », dans le cadre d'un engagement « dans la voie du putschisme fascisant »[100].

D'après les historiens américains Eugen Weber et Robert Soucy, entre 1924 et 1928, il a donné deux millions de francs au mouvement monarchiste Action française[101],[102]. Il contribue également, selon Zeev Sternhell et Robert Soucy, à hauteur d'un million de francs au Faisceau de Georges Valois[102],[103], l'historien français Yves Guchet estimant toutefois que les sources exploitées par ces deux historiens ne permettent pas de faire la lumière sur le montant exact de ce financement[104]. Valois et Maurras l'insulteront dès qu'il cesse ses financements[réf. nécessaire].

Jean d'Orléans, « duc de Guise », prétendant orléaniste au trône de France de 1926 à 1940, fit appel à lui pour servir de conseiller à son fils Henri d'Orléans, titré « comte de Paris » en 1929[105]. Il offrit en cadeau de mariage () à Isabelle d'Orléans-Bragance, future « comtesse de Paris », « qu’il considère comme la future reine de France, un magnifique diadème de feuillages en diamants sertis de sept grosses émeraudes cabochon »[106].

En 1927, à la suite du scandale des décorations mettant en cause le haut fonctionnaire Ruotteil, Coty soutient financièrement la création de l'Association des membres de la Légion d'honneur décorés au péril de leur vie (faits de guerre et d'héroïsme civil) de Maurice d'Hartoy, qui s’installe dans les locaux de Figaro. L'association sera par la suite absorbée par le mouvement regroupant des anciens combattants français décorés de la Croix de guerre 1914-1918 les Croix-de-feu. François Coty apporte son soutien financier à la création de cette dernière organisation en 1927 et met à sa disposition des locaux dans l'immeuble du Figaro[107],[108].

François Coty se déclare bonapartiste[109], nationaliste, fervent défenseur d'une République forte avec une prépondérance du pouvoir exécutif et l’usage de référendums, il regrette le rôle excessif du parlement, la centralisation et l’étatisme qui paralyse les initiatives. Pour faire connaître ses idées politiques il rédige deux ouvrages : Contre le communisme, Grasset, 1928 et en 1931 : Sauvons nos colonies, le péril rouge en pays noir, Grasset, 1931[73].

Première page du Figaro du .

Fred Kupferman le décrit entouré de courtisans, de parasites, d'aigrefins sachant tirer parti de sa fortune, mené en bateau par des politiciens plus aguerris que lui[110], isolé dans le monde politique et dans le patronat de presse. Cette situation d'« homme seul », finalement conforme à l'image qu'il souhaite se donner[111], est encensée par son ami Albert Surier dans le journal ajaccien L'Éveil de la Corse afin de lui forger une stature d'homme providentiel dressé contre la « horde » des partis politiques, bien qu'il ne reste « qu'un franc-tireur, contesté au sein même de sa famille politique et raillé par bien des observateurs », affirme Jean Garrigues[112].

Au printemps 1933, déçu par ceux qu'il soutient financièrement (notamment après avoir accordé un prêt de 100 millions de francs au gouvernement de Gaston Doumergue pour créer un fonds de stabilisation de la monnaie française, avant d'être malgré cela exclu du groupe désigné pour superviser le fonds[113], l'industriel fonde alors son propre mouvement : la Solidarité française[58],[60], dont le nombre d'adhérents, difficile à évaluer, se monte probablement à « plusieurs dizaines de milliers » en 1933-1934, chiffre que l'historien Gilles Lahousse estime « comparable à celui des disciples de Pierre Taittinger plus qu'à celui des partisans de Marcel Bucard »[114]. Le , Coty publie par l'intermédiaire de L'Ami du peuple un « programme global » intitulé La Réforme de l'État[60]. L'industriel y propose de renforcer le pouvoir du président de la République, dans la limite des traditionnelles fonctions régaliennes. En outre, la Solidarité française tranche avec les autres mouvements politiques de droite en réclamant une élection présidentielle au suffrage universel direct masculin et féminin, en sus d'un « vote familial » incluant le vote des enfants par l'intermédiaire du chef de famille[115]. Coty défend également un mandat présidentiel de sept ans, potentiellement renouvelable, ainsi que la création d'une cour suprême garante des droits fondamentaux[116]. Selon Klaus-Jürgen Müller, une analyse du contenu de ses déclarations ainsi que du programme de la Réforme de l'État révèle deux éléments déterminants ; premièrement « avec l'introduction du vote des femmes, le programme anticipait une institution de la IVe République, et avec l'idée d'un exécutif présidentiel fort, d'une réduction du rôle du parlement et l'introduction du plébiscite, il contenait déjà des éléments de la constitution de la VeRépublique ». « Il ne s'agissait nullement d'un refus de la République, de la démocratie et du parlementarisme, mais plutôt de l'expression d'une attitude protestataire envers une classe politique incapable de maîtriser la crise »[117]. À ses deux idées centrales venait s'ajouter un anticommunisme militant et « Coty répondait tout à fait aux tendances dominantes de l'heure. C'est là un fait dont, le plus souvent, il n'a pas été tenu compte par les chercheurs »[117].

D'après l'historien Richard Millman, la Solidarité française se distingue comme l'une des plus virulentes ligues lors de l'émeute antiparlementaire du — qui suit les révélations de l’affaire Stavisky en janvier 1934 — ; chez les dirigeants des ligues, « seul Coty, en sécurité et loin du champ d'action, semble prêt pour un putsch »[118]. La pression et la menace de la rue parisienne aboutirent alors à un changement de majorité politique donnant à postériori au 6 février son caractère insurrectionnel[119]. Kupferman, indique que le label, (ou l’invective[120]) « fasciste » est, à ce moment, apposé automatiquement par la gauche sur les ligues anciennes ou modernes[121].

À compter de 1934, après la mort de Coty, le mouvement se radicalise sous l'impulsion de son successeur Jean Renaud en s'orientant « vers un activisme de plus en plus fascisant », indique Lahousse[122]. Klaus-Jürgen Müller indique qu'un changement de l'équipe dirigeante s'accompagna d'une dénaturation des idées de Coty[117]. Jean Renaud « poursuivra les campagnes de dénonciation de la « tyrannie judéo-bolchévique » lancées par Coty dans sa presse », précisent Pierre-André Taguieff et Annick Duraffour[123].

Postérité[modifier | modifier le code]

François Coty s'éteint à Louveciennes, des suites d'une double congestion pulmonaire[23] et cérébrale[124], le 25 juillet 1934, âgé de soixante ans[125]. Il est inhumé dans le cimetière de Montbazon, puis transféré à Ajaccio vers la fin des années 1960. Il repose dans l'ancien cimetière marin U Campu Santu di u Canicciu.

« Coty mort, le cotysme s'écroule comme un château de cartes », écrit Fred Kupferman[126]. L'entreprise politique de François Coty et son empire de presse ne survivent pas à sa mort, ses héritiers ne souhaitant pas en continuer le financement[127]. Sa campagne antijuive lancée en 1932 joue en revanche un rôle précurseur, affirme Laurent Joly : « Dans la mesure où pour la première fois [dans l'entre-deux-guerres] des thèmes et des personnalités pour le moins obscures bénéficient d’une médiatisation exceptionnelle, cette campagne annonce surtout la période de l'Occupation et de l'« antisémitisme de plume » parisien » où s'illustrent encore les deux ex-rédacteurs de L'Ami du peuple, Jacques Ditte et Urbain Gohier[128].

Si les historiens considèrent l'homme politique comme une figure controversée, et alors que Jean-Noël Jeanneney souligne que la vie de François Coty est une succession d'aventures plus ou moins réussies, Tristan Gaston-Breton estime qu'il a révolutionné l'industrie du parfum avec une réussite éclatante[12]. Avec Ford aux États-Unis et Emil Rathenau en Allemagne, Coty est l’un des trois novateurs de l’époque, écrit Maurice de Waleffe[29]. Le seul regret de François Coty est de « ne pas être parvenu à capturer l'essence du chèvrefeuille »[12].

L'ex-épouse de Coty devient la première actionnaire du Figaro dès 1934, elle cédera la moitié de ses actions, le , à un groupe constitué autour de Jean Prouvost et, en 1964, l'autre moitié au groupe Prouvost-Béghin.

Le 21 février 1935, peu de temps après la mort de Coty, Armand Petitjean, son collaborateur, crée sa propre marque Lancôme[129].

Les ligues seront interdites en 1936 par le gouvernement du Front Populaire[130]au nom de l'antifascisme[120] et l’Ami du peuple disparait en 1937[131].

En 1963, la société Coty est vendue à Pfizer[132], qui garde son nom ; la Société des Parfums Coty existe toujours aujourd’hui, elle détient des marques comme Calvin Klein, Chloé, Cerruti, Jennifer Lopez, Céline Dion, les parfums Adidas, Rimmel, et Lancaster[133]. Ses grandes créations, comme Chypre[134], qui donna son nom à la famille des parfums chyprés, Ambre Antique, l'Origan, Émeraude, l'Aimant, le jasmin de Corse ou son premier parfum la Rose Jacqueminot, peuvent toujours êtes sentis au Conservatoire international des parfums de Versailles.

La belle Strasbourgeoise (vers 1703), aujourd’hui au musée des beaux-arts de Strasbourg[135].

La maison de Louveciennes est encore en chantier à la mort de Coty en 1934. Du fait de sa situation financière préoccupante à cette date, conséquence du divorce engendré par ses frasques amoureuses[136], de son train de vie, de sa prodigalité, des retentissements de la crise de 1929 et du coût de son empire de presse, elle est placée sous séquestre, ainsi que le château d'Artigny, où son fils Roland vécut jusqu'en 1936. Puis ses collections d'art sont vendues en 124 lots aux enchères publiques à la requête d'un administrateur judiciaire près le tribunal civil de la Seine. Ses collections comptaient entre autres peintures La Belle Strasbourgeoise[137], un portrait de Nicolas de Largillierre ; ce portrait fut adjugé un million et demi de francs[138], un prix exceptionnel pour une œuvre de l’École française[139],[140]. Le tableau est aujourd'hui conservé au Musée des beaux-arts de Strasbourg. Le château d'Artigny fut fermé jusqu'en 1939. L'ex-épouse de Coty, remariée avec M. Cotnaréanu[132], ne rentre en possession du château d'Artigny qu'en 1944 ; sa fille Christiane (1903-2005) le vend en 1959 à René Traversac, qui en fait le fleuron de son empire hôtelier (« Relais et Châteaux »).

Dans les années 1980, le bâtiment de Coty sur la Cinquième Avenue de New York est redécouvert, sauvegardé, et inscrit à la protection historique après la restauration des fenêtres signées Lalique[141].

L’« Association François-Coty », qui perpétue sa mémoire, remet chaque année un prix à un parfumeur, pour l’ensemble de son œuvre[142].

Le principal stade[143] de la ville d'Ajaccio porte actuellement son nom[144]. En septembre 2019 est inaugurée à Puteaux, la passerelle François Coty[145]. En janvier 2020, le choix de la mairie de Puteaux de dédier une passerelle à la mémoire de l'industriel suscite une polémique eu égard au parcours politique de ce dernier[146],[147].

Publications[modifier | modifier le code]

Parfums[modifier | modifier le code]

Affiche de Leonetto Cappiello pour La Rose Jacqueminot.
  • 1904 : « La Rose Jacqueminot »
  • 1905 : « L’Origan », « Ambre Antique », « La Jacée »
  • 1906 : « Jasmin de Corse », « l’Ambréine », « La Violette Pourpre »
  • 1907 : « l’Effleurt »
  • 1909 : « Cologne Cordon Vert », « Cologne Cordon Rouge »
  • 1910 : « Muguet », « Lilas Blanc »
  • 1911 : « Styx »
  • 1912 : « Au Cœur des Calices », « L’Or »
  • 1913 : « Iris », « Cyclamen »[148], « Héliotrope », « l’Entraînement »
  • 1914 : « Lilas Pourpre », « L’œillet France », « Jacinthe », « La Violette Ambrée »
  • 1917 : « Chypre de Coty »
  • 1918 : Lance les parfums présentés en petite bouteille
  • 1920 : « La Feuillaison », « Eau de Coty »
  • 1921 : « Emeraude »
  • 1922 : « Idylle », « Moia », « Paris », « Le Nouveau Cyclamen »
  • 1924 : « Knize Ten » avec Vincent Roubert[149].

Sous le nom de François Coty par d'autres nez parmi lesquels Vincent Roubert, assistant de Coty :

  • 1927 : « L'Aimant », (Vincent Roubert pour François Coty) ;
  • 1933 : « La Fougeraie au crépuscule » (Vincent Roubert) ;
  • 1934 : « A Suma » , (Vincent Roubert) ;
  • 1938 : « Vertige », « Meteor » (Vincent Roubert) ;
  • 1939 : « Eau de Lavande », (Vincent Roubert) ;
  • 1942 : « Muguet des bois » (Henri Robert) ;
  • 1946 : « Muse » (Vincent Roubert ; flacon de Pierre Camin) ;
  • 1966 : « Imprévu » (Bernard Chant) ;
  • 1969 : « Masumi » (Joséphine Catapano) ;
  • 1974 : « Complice » (Jean-Pierre Weil)[150].

Notes et références[modifier | modifier le code]

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    « Reform of the State contained several democratic and even liberal features. It called for the president of the republic to be elected by direct universal suffrage (women were also to vote) and for a Supreme Court that would guarantee basic rights.[...] France would practice a true republicanism, not the false republicanism of the Third Republic. [...] The president would be elected for seven years and be eligible for a second term. »
  117. a b et c Klaus-Jürgen Müller, « Ambition, argent et protestation », dans Gilbert Merlio, Ni gauche ni droite : Les chassés croisés idéologiques des intellectuels français et allemands dans l’entre deux guerres, Pessac, Maison des Sciences de l’Homme d’Aquitaine, (ISBN 9782858925872, lire en ligne), p. 229 à 244.
  118. Millman 2002, p. 88.
  119. Jean Etienne Dubois, « La rue parisienne à la reconquête de la souveraineté nationale ? Cortèges, violences et politiques à Paris en janvier et février 1934 », dans Jean-Claude Caron, Paris, l'insurrection capitale, Champ Vallon, ,  264 p. (ISBN 9782876739987, lire en ligne).
  120. a et b Damon Mayaffre, « La construction du sens en politique : ”fascisme” et antifascisme dans le discours du Front populaire », Cahiers de la Méditerranée, no 61,‎ (lire en ligne).
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  122. Lahousse 1998, p. 46 ; 50-51.
  123. Annick Duraffour et Pierre-André Taguieff, Céline, la race, le juif : légende littéraire et vérité historique, Paris, Fayard, , 1174 p. (ISBN 978-2-213-70049-6, présentation en ligne), p. 133.
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  126. Kupferman 1990, p. 86.
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  150. Catalogue d'exposition, La ligne de vie parfumée de François Coty, 2018.

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Bibliographie complémentaire[modifier | modifier le code]

  • Patrick Renard, François Coty, un magicien du parfum, Historia, décembre 1987,
  • Pierre Enckell, Il ne s'appelait pas Hersant, L'Évènement du Jeudi, du 19 au 25 mars 1987,
  • Collectif Historama, Un politicien au parfum, François Coty, Historama, no 48, février 1988,
  • Jean-Jacques Vignault, Un grand parfumeur, François Coty, Parfums, cosmétiques et arômes, no 54, décembre 1983,
  • Jean-Paul Luciani, Coty, le grand vaporisateur corse, Historia, juin 1998, no M 1856-618 30 F ,
  • Jean Galtier-Boissière, Les Gros, chapitre : grandeur et décadence de François Coty, republié dans Le Crapouillot, no 35, 1956.
  • George Garnir, Léon Souguenet et Louis Dumont-Wilden, « François Coty Empereur de la presse et de la parfumerie », Pourquoi Pas?, no 757,‎ (lire en ligne [PDF]).

Littérature[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

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Liens externes[modifier | modifier le code]