François Coty

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François Coty
Coty, François (Regards 1934-03-16).jpg
Portrait de François Coty, d'après une photographie d' Albert Harlingue.
Fonctions
Maire d'Ajaccio
-
Paoli (en)
Campiglia (d)
Sénateur
Corse
-
Biographie
Naissance
Décès
Sépulture
Cimetière des Sanguinaires (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Nom de naissance
Joseph Marie François SpoturnoVoir et modifier les données sur Wikidata
Pseudonyme
François CotyVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Activités
Autres informations
Partis politiques

Joseph Marie François Spoturno dit François Coty, né le à Ajaccio (Corse) et mort le à Louveciennes, est un industriel parfumeur français, à l’origine de la multinationale Coty. II est considéré comme le père de la parfumerie moderne.

Sa réussite financière, faisant de lui l’un des hommes les plus riches de France, lui permet d'agir en mécène et dès 1922, d’exprimer ses convictions sociales et politiques nationalistes, visant également à contrecarrer la montée du socialisme et du communisme en France, à travers différents organes de presse qu’il contrôle durant l’entre-deux-guerres. Parmi ceux ci figurent Le Figaro et Le Gaulois.

Hommes d'ambition et de goût, il collectionne par ailleurs les demeures historiques et les œuvres d’art.

À la veille de l’avènement du Front populaire, victime des retentissements de la crise économique de 1929, il meurt grandement appauvri.

Jeunesse[modifier | modifier le code]

Né en 1874 à Ajaccio[1] dans une famille de notables corses, François Coty se déclare pourtant « fils du peuple »[2]. François Coty est élevé par sa grand-mère Anne Marie Belon (ou Beloni), sa mère étant morte alors qu'il était encore enfant et son père étant porté « disparu » après son insoumission militaire[3].

Quittant son île natale à l'automne 1885, il s'installe d'abord à Marseille, toujours avec sa grand-mère, et se lance dans le journalisme. Après avoir effectué son service militaire, il décide de « monter » à Paris et se place sous la protection d'un ami de sa famille, Emmanuel Arène, un homme politique influent, député républicain de la Corse, puis sénateur[4]. Il devient son attaché parlementaire et est introduit dans les milieux influents parisiens[5].

Le , il épouse à la mairie du 6e arrondissement de Paris Yvonne Alexandrine Le Baron (1880-1966), petite fille d'Alphée Dubois, s'installe à Paris[6].

L'histoire veut qu'à cette époque, il ait eu l'habitude de jouer au piquet avec son ami et voisin avenue de La Motte-Picquet le pharmacien Raymond Goëry, qui fut témoin à son mariage, lequel dut, un jour, remettre leur partie car il devait travailler, dans son laboratoire à des préparations officinales. Coty l'y accompagna et se montra fasciné par le matériel de chimiste. Le pharmacien lui donna alors la recette de l’eau de Cologne, à laquelle Coty s’essaya. Le résultat fut jugé satisfaisant et le pharmacien lui conseilla d’apprendre la parfumerie. Coty s'immerge pendant plus d'un an à Grasse pour se former aux techniques de la cosmétique et à l'art du parfum auprès de Georges Chiris (1872-1953)[7], fils de Léon Chiris[8]. Il se lève à l'aube pour se mêler aux cueilleuses de la rose de mai et participe aux distillations et extractions. Il s'initie enfin à « goûter » la matière première, puis fait ses gammes et apprend le langage des odeurs et des essences[6].

Revenu à Paris, il débute dans le métier et vend des essences qu'il fait venir de Grasse aux barbiers de la capitale. En 1904, il va utiliser sa précieuse petite quantité d'absolue de rose rapportée de Grasse et créer son tout premier parfum La Rose Jacqueminot ; c'est à cette époque qu'Emmanuel Arène lui conseille d'adopter le nom de sa mère, Coti adapté en Coty, pour la commercialisation de ses parfums[6].

Industriel de la parfumerie[modifier | modifier le code]

Ancienne usine Coty à Suresnes, inscrite à l'inventaire du patrimoine culturel[9].

Sa famille paternelle, dès les années 1860, a introduit la culture d'orangers en Corse. La distillation de la fleur d'oranger lui est familière depuis son enfance.

Coty comprend que le parfum, jusque-là réservé à une élite, peut devenir un produit de grande consommation. Il est d'ailleurs considéré comme le créateur de la parfumerie moderne[10],[11].

Il a ainsi l'idée d'associer les essences naturelles et les produits de synthèse des fournisseurs comme Naef & Cie et les fabriques De Laire[12] que les progrès de la chimie organique permettent désormais de produire à bon marché, permettant ainsi à la parfumerie d'entrer dans l'ère industrielle [13]. Dès 1904, il crée sa propre usine sur les bords de la Seine à Suresnes, la « Cité des parfums ». Elle sera suivie de nombreuses autres : dans l'île de Puteaux pour les conditionnements métalliques, à Neuilly-sur-Seine pour les boîtes de cuir et de carton, à Pantin et aux Lilas pour les flacons. Dans ses usines, des crèches sont installées pour permettre à ses ouvrières de travailler sereinement. Il verse à ses employés des congés payés et des retraites généreuses lorsqu'ils sont remerciés[14].

Flacon Lalique Ambre antique pour Coty (circa 1910)

Il comprend l’importance des techniques de vente, du conditionnement, de l'emballage, (faisant appel au verrier René Lalique qui crée pour lui le flacon de L’Effleurt, puis celui d’Ambre antique, mais aussi à Baccarat et au décorateur Léon Bakst[15] ; il comprend toute l'importance de la publicité et résume ainsi sa philosophie commerciale : « Donnez à une femme le meilleur produit que vous puissiez préparer, présentez-le dans un flacon parfait d’une belle simplicité, mais d’un goût impeccable, faites le payer un prix raisonnable, et ce sera la naissance d’un grand commerce tel que le monde n’en a jamais vu »[16].

Il remporte de grands succès commerciaux[17] avec La Rose Jacqueminot (1904), début de sa fortune, L'Origan (1905), Ambre Antique (1908), Le Muguet (1910), Lilas blanc (1910), Iris (1913, premier parfum soliflore) et surtout Chypre, lancé en 1917[18], le premier parfum grand public, dont le succès durera des décennies. La poudre « L'Origan », dans sa célèbre boîte orange et blanc, se vend à 16 millions d'exemplaires par an en France.

Alors que les parfumeurs ne commercialisaient leurs créations que dans leurs propres boutiques, Coty (qui dispose d'un magasin ouvert en 1905 rue La Boétie et d'un au 23 place Vendôme à Paris), décide de vendre ses parfums dans les grands magasins, se heurtant d’abord au scepticisme de ceux-ci[19]. Mais, comme l'indique Le Petit Journal, « un jour prenant une caissette d’échantillons, il se rend dans l’un des plus grands magasins de Paris pour y proposer ses parfums. Dans l’un des salons du magasin, une cliente par mégarde le heurte : l’un des flacons tombe et se brise. Aussitôt se répand un parfum d’une délicatesse rare. Les personnes présentes s’émerveillent et ce sont alors les acheteurs eux mêmes qui prient François Coty de venir les trouver. Les commandes commencent à affluer, et peu à peu le succès s’affirme. »[20].

À la veille de la Première Guerre mondiale, les parfums Coty étaient no 1 dans le monde, avec des succursales à Moscou, New York, Londres et Buenos Aires[21], et Coty déjà très riche.

Durant la Première Guerre mondiale, il soutient l'association Les Jouets de France, créée en 1917 par son ami François Carnot (fils du Président Sadi Carnot). Dans les usines de l'Île de Puteaux, qu'il finance, des menuisiers forment des mutilés de guerre pour créer et assembler des jouets en bois pour les enfants[22]. En 1918, pour relancer les ventes, Coty a l'idée de conditionner ses parfums en petites bouteilles, une idée de cadeau que les soldats américains revenus du front vont rapporter à leur épouse ou à leur bien aimée.

Milliardaire[modifier | modifier le code]

En 1920, la fortune de Coty se compte en centaines de millions de francs ; il est considéré alors comme l'un des hommes les plus riches du monde.

Sa fortune lui permet d’accompagner la période des années folles et d'agir en mécène, participant financièrement à l'électrification de la ville d'Ajaccio, à la construction d'HBM, et à l'édification du monument aux morts de la grande guerre[23] dans la ville. Il finance également, le comité olympique pour que la France puisse participer aux jeux olympiques de 1928 [24], le nouveau laboratoire du physicien Édouard Branly (précurseur de la radiodiffusion), dans l'enceinte de l'Institut catholique de Paris[25]. De la même manière, il finance de nombreuses tentatives de records aériens, que ce soit la traversée de l'Atlantique Paris – New York par Costes et Bellonte en 1930[26], ou encore la tragique tentative de record du monde de distance des pilotes Joseph Le Brix et René Mesmin en 1931[27]. Il finance et soutient également de nombreux artistes[28]ainsi que l'Académie de France à Rome[29].

Dans l'hôtel particulier de George Kessler (en) qu'il a racheté, au 24 - 26, avenue Raphaël au Ranelagh (plus tard occupé par le commandant du Gross Paris, puis détruit), considéré comme l’une des plus grandes réussites architecturales d’Ernest Sanson, et qu'il utilise comme adresse postale, préférant résider à l’hôtel Claridge, 74 avenue des Champs-Élysées[30], il entrepose ses collections de meubles, objets d’art et tableaux, étant personnellement amateur d'art et en particulier de l'art du XVIIIe siècle comme en témoigne le catalogue de ses riches collections.

Il acquit aussi les hôtels voisins Toulouse-Lautrec et Bramberger aux 12 et 14 du Rond-Point des Champs-Élysées[31], que ce banquier juif avait fait édifier et meubler en 1900 pour le Jockey Club, afin de pouvoir y être admis (façade et toiture conservées). En Coty y installe Le Figaro qu'il s'était acquis en rachetant quatre mille actions du journal de Camille Aymard, dit « Le Zèbre », avocat radié du barreau de Saïgon, dix fois le prix payé par lui[32] au prince Napoléon (1 600 000 francs).

Collectionneur de demeures de prestige[modifier | modifier le code]

François Coty son épouse, sa fille et son gendre en 1918.

La propriété La Source, un pavillon à Suresnes, fut le premier « Château Coty » où il installa ses bureaux. Le , Coty acquiert pour 600 000 francs le château d'Artigny à Montbazon, près de Tours[33], remanié au XIXe siècle. Séduit par le site et sa vue magnifique sur la vallée de l'Indre, il l'est moins par les bâtiments. Il fait raser cet ensemble assez hétéroclite pour faire construire, douze mètres plus loin, entre 1912 et 1929, par Emmanuel Pontremoli entre autres architectes, un grand château dans le style du XVIIIe siècle, inspiré du château de Champlâtreux, œuvre de l'architecte Jean-Michel Chevotet.

François Coty et sa famille résident dans ce domaine de 1 300 hectares d'un seul tenant la moitié de l'année, « le maître » travaillant au premier étage, ce qui explique le choix, de construire les cuisines sous les combles pour que l'odeur de la nourriture ne vienne pas perturber l'élaboration des parfums[34]. Le décor intérieur est somptueux, avec une grande fresque du peintre Charles Hoffbauer (1875-1957), représentant dans un bal costumé la famille du parfumeur, dont son gendre, Paul Dubonnet, et ses amis. D'immenses serres à orchidées sont construites dans les jardins à la française ; il fit fleurir chaque année la tombe de l'Aiglon au palais de Schönbrunn, qui fut transférée aux Invalides en 1940.

Il se rend propriétaire, en 1912, du manoir de Beaupré à Veigné (Indre-et-Loire).

En 1923, il achète à Louveciennes, un domaine comprenant le pavillon édifié par Claude-Nicolas Ledoux en 1771 pour la comtesse du Barry, où, s'installant dans les communs, il entreprit d'énormes aménagements, inachevés comme dans la plupart de ses nombreuses autres maisons. Afin de créer en sous-sol un laboratoire de parfumerie, un générateur électrique, des cuisines et une piscine, il n'hésite pas à faire déplacer la demeure de plusieurs mètres, ce qui aura pour effet de le préserver, quelques années plus tard, d'un affaissement de la falaise au bord de laquelle elle avait été bâtie. Se croyant menacé en permanence, il équipa ses immenses caves de portes commandées par des cellules photo-électriques[34].

La belle Strasbourgeoise (vers 1703), aujourd’hui au musée des beaux-arts de Strasbourg[35].

Comme pour celui de Bagatelle à Paris, l'aspect de cette folie néo-classique a été altéré par l'ajout d'un étage due à l'architecte Charles Mewès, afin de créer cinq chambres à coucher supplémentaires ; comme à Artigny, des serres tropicales sont créées, reliées au pavillon par des passages souterrains. C'est dans cette maison encore en chantier qu'il meurt d'une congestion cérébrale le 25 juillet 1934. À cette date François Coty se trouve dans une situation financière préoccupante en raison des conséquences de son divorce avec Yvonne le Baron, de son train de vie, de sa prodigalité, des conséquences de la crise de 1929 et du coût de son empire de presse ; Artigny, où son fils Roland – mort accidentellement en 1963 – vécut jusqu'en 1936, fut alors placé sous séquestre, puis ses collections d'art, qui comptaient entre autres peintures La Belle Strasbourgeoise[36],[37], un des plus beaux portraits de Nicolas de Largillierre, aujourd'hui conservé au Musée des beaux-arts de Strasbourg.

Cette collection fut vendue en 124 lots aux enchères publiques à la requête d'un administrateur judiciaire près le tribunal civil de la Seine, et le château d'Artigny fut fermé jusqu'en 1939. Dans les années 1920, Coty posséda aussi :

En 1926, il loua le château de Longchamp (propriété de la Ville de Paris), dans le bois de Boulogne, près de son usine de Suresnes. Ancienne résidence du baron Haussmann, comportant une tour de style médiéval et abritant un ascenseur Eiffel, mais laissé à l'abandon, Coty entreprend de le faire démolir et remplacer par un édifice de style du XVIIIe siècle – inachevé – loué ensuite au WWF puis à la Fondation GoodPlanet.

Presse et politique[modifier | modifier le code]

François Coty se lance dans la politique à la fin de la Première Guerre mondiale. Il souhaite que la France garde son prestige et est anti-communiste[39].

En , il acquiert le journal Le Figaro, le rebaptise Figaro (de 1929 à 1934), en lui enlevant son article défini, l'installe rond-point des Champs-Élysées et le modernise[40]. En 1923, Coty est élu sénateur de la Corse mais son élection est invalidée par la Haute Assemblée l'année suivante [41]. En 1925, il nomme Lucien Romier rédacteur en chef du Figaro, mais se sépare de lui deux ans plus tard. Le journal adopte une ligne éditoriale résolument à droite et perd une grande partie de ses lecteurs. Selon Yves Guchet, il n'est pas clair s'il soutient ou non, avec le producteur de cognac Jean Hennessy, le Faisceau de Georges Valois, mouvement d'extrême droite nationaliste et antiparlementariste, et son organe de presse le Nouveau Siècle[42]. D'après Eugen Weber, entre 1924 et 1928, il a donné deux millions de francs au mouvement monarchiste Action française[43].

Jean d'Orléans, « duc de Guise », prétendant orléaniste au trône de France de 1926 à 1940, fit appel à lui pour servir de conseiller à son fils Henri d'Orléans, titré « comte de Paris » en 1929[44]. Il offrit en cadeau de mariage () à Isabelle d'Orléans-Bragance, future « comtesse de Paris », « qu’il considère comme la future reine de France, un magnifique diadème de feuillages en diamants sertis de sept grosses émeraudes cabochon »[45].

En 1927, il soutient financièrement la création du mouvement d'anciens combattants les Croix-de-feu par Maurice d'Hartoy, qui s’installent d'ailleurs, au départ, dans les locaux de Figaro.

En 1928, il rachète Le Gaulois qu’il fusionne avec Le Figaro[46],[47].

La même année, il fonde le populaire l’Ami du peuple, dont les bureaux sont installés rue Drouot. À partir de ce moment, Coty dérange. Le quotidien destiné aux classes populaires, est vendu un peu moins cher que les autres journaux, ce qui lui vaut un procès retentissant intenté par le distributeur parisien exclusif Havas et les 5 plus grands quotidiens[48]. Déboutés, ceux-ci seront condamnés à lui verser deux millions de dommages-intérêts. L’Ami du peuple est constamment surveillé par le monde politique et la presse, il dérange la droite et inquiète la gauche, prompte à l'étiquetage[32]. Urbain Gohier est le principal rédacteur du journal qui publie avec Coty des enquêtes contre les « financiers qui mènent le monde », considérées par les membres de la LICRA comme xénophobes et antisémites, ils font de Coty l’épouvantail facsiste idéal, écrit Laurent Joly[49]. Le 8 septembre 1933, Coty envoie un télégramme à Genève dans lequel, il rétracte ses propos à l’égard de la communauté juive et demande à ce que le télégramme soit lu au congrès juif mondial[50]. En 1931, il est élu maire d’Ajaccio. Son secrétaire politique est Antoine Leandri.

En 1933, déçu par ceux qu'il soutient financièrement, notamment après avoir prêté en 1926, 100 millions de francs au gouvernement français pour créer un fonds de stabilisation de la monnaie française, ne recouvrant jamais sa dette et malgré sa générosité, étant exclu du groupe désigné pour superviser le fonds[51], entouré de courtisans, de parasites, d’aigrefins, mené en bateau par des politiciens plus aguerris que lui, homme seul[32], il publie une Réforme de l'État et fonde son propre mouvement : la Solidarité française[47], qui annonce près de 10 000 adhérents. Après sa mort en juillet 1934, le mouvement se radicalise, indique Gilles Lahousse[52].

Dans la Réforme de l'État, il propose l’élection du président de la République au suffrage universel direct, votes des femmes compris, avec mandat de sept ans et la possibilité d’exercer deux mandats, ainsi que la création d’une cour suprême garante des droits fondamentaux[53]. Ces mesures sont en grande partie adoptées par la Cinquième République, mise en place par Charles de Gaulle en 1958.

François Coty est un bonapartiste, nationaliste, fervent défenseur d'une République forte avec une prépondérance du pouvoir exécutif. Comme un certain nombre de ses concitoyens, de cette période de la Troisième République, il est un farouche adversaire du parlementarisme. Pour faire connaître ses idées politiques il rédige deux ouvrages : Contre le communisme, Grasset, 1928 et en 1931 Sauvons nos colonies, le péril rouge en pays noir, Grasset, 1931[48].

François Coty s'éteint à Louveciennes, des suites d'une double congestion pulmonaire[20], le 25 juillet 1934, âgé de soixante ans[54]. Il est inhumé dans le cimetière de Montbazon, puis transféré à Ajaccio vers la fin des années 1960. Il repose dans l'ancien cimetière marin U Campu Santu di u Canicciu.

Postérité[modifier | modifier le code]

Son ex-épouse, remariée avec M. Cotnaréanu, juif roumain, ne rentra en possession du château d'Artigny qu'en 1944 ; sa fille Christiane (1903-2005) le vendra en 1959 à René Traversac, qui en fait le fleuron de son empire hôtelier (« Relais et Châteaux »). Dès 1934 néanmoins, elle devient la première actionnaire du Figaro et cédera la moitié de ses actions, le , à un groupe constitué autour de Jean Prouvost et, en 1964, l'autre moitié au groupe Prouvost-Béghin.

En 1963, la société est vendue à Pfizer, qui garde son nom ; la Société des Parfums Coty existe toujours aujourd’hui, elle détient des marques comme Calvin Klein, Chloé, Cerruti, Jennifer Lopez, Céline Dion, les parfums Adidas, Rimmel, et Lancaster[55]. Ses grandes créations, comme Chypre[56], qui donna son nom à la famille des parfums chyprés, Ambre Antique, l'Origan, Émeraude, l'Aimant, le jasmin de Corse ou son premier parfum la Rose Jacqueminot, peuvent toujours êtes sentis au Conservatoire international des parfums de Versailles.

L’« Association François-Coty », qui perpétue sa mémoire, remet chaque année un prix à un parfumeur, pour l’ensemble de son œuvre[57].

Le principal stade[58] de la ville d'Ajaccio porte actuellement son nom[59], et en septembre 2019 est ouverte à Puteaux la passerelle François Coty[60].

Publications[modifier | modifier le code]

Parfums[modifier | modifier le code]

  •  1904 : « La Rose Jacqueminot »
  • 1905 : « L’Origan », « Ambre Antique », « La Jacée »
  • 1906 : « Jasmin de Corse », « l’Ambréine », « La Violette Pourpre »
  • 1907 : « l’Effleurt »
  • 1909 : « Cologne Cordon Vert », « Cologne Cordon Rouge »
  • 1910 : « Muguet », « Lilas Blanc »
  • 1911 : « Styx »
  • 1912 : « Au Cœur des Calices », « L’Or »
  • 1913 : « Iris », « Cyclamen », « Héliotrope », « l’Entraînement »
  • 1914 : « Lilas Pourpre », « L’œillet France », « Jacinthe », « La Violette Ambrée »
  • 1917 : « Chypre de Coty »
  • 1918 : Lance les parfums présentés en petite bouteille
  • 1920 : « La Feuillaison », « Eau de Coty »
  • 1921 : « Emeraude »
  • 1922 : « Idylle », « Moia », « Paris », « Le Nouveau Cyclamen »

Sous le nom de François Coty par d'autres nez parmi lesquels Vincent Roubert, assistant de Coty :

  • 1927 : « L'Aimant », (Vincent Roubert pour François Coty) ;
  • 1933 : « La Fougeraie au crépuscule » (Vincent Roubert) ;
  • 1934 : « A Suma » , (Vincent Roubert) ;
  • 1938 : « Vertige », « Meteor » (Vincent Roubert) ;
  • 1939 : « Eau de Lavande », (Vincent Roubert) ;
  • 1942 : « Muguet des bois » (Henri Robert) ;
  • 1946 : « Muse » (Vincent Roubert) ;
  • 1966 : « Imprévu » (Bernard Chant) ;
  • 1969 : « Masumi » (Joséphine Catapano) ;
  • 1974 : « Complice » (Jean-Pierre Weil)[61].

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Ghislaine Sicard-Picchiottino, François Coty : Un industriel corse sous la IIIe République, Albiana, , 313 p. (ISBN 2846981736, OCLC 74312132, notice BnF no FRBNF40971534, présentation en ligne).
  • Élisabeth Barillé et Keiichi Tahara, Coty, parfumeur et visionnaire, Assouline, , 180 p. (ISBN 9782908228397, présentation en ligne).
  • Alain Duménil, Parfum d'Empire, la vie extraordinaire de François Coty, Plon, , 247 p. (ISBN 2259210317, présentation en ligne).
  • (en) Orla Healy, Coty: The Brand of Visionary, Assouline, , 240 p. (ISBN 9782843236228, présentation en ligne).
  • Patrice de Sarran, François Coty, empereur d'Artigny - le parfum de la gloire, La Nouvelle République du Centre-Ouest, , 95 p. (ISBN 2868810853, lire en ligne).
  • (en) Roulhac Toledano et Elizabeth Coty, Francois Coty: Fragrance, Power, Money, Pelican Publishing, , 336 p. (ISBN 1589806395, présentation en ligne).
  • Société d'histoire de Suresnes, « François Coty, un destin d'empereur : La Cité des Parfums », dans Bulletin de la Société historique de Suresnes, (lire en ligne).
  • Catalogue de la vente des collections réunies par M. François Coty au château du Puy d'Artigny et au pavillon Du Barry à Louveciennes, Paris, galerie Charpentier, 30 novembre et 1er décembre 1936, (consulter en ligne).
  • Richard Millman, « Les ligues de la République dans les années trente », dans Horst Möller, Manfred Kittel, Demokratie in Deutschland und Frankreich 1918-1933/40: Beiträge zu einem historischen Vergleich, Oldenbourg Verlag, (ISBN 9783486596182, lire en ligne), p. 79 à 89.
  • (en) Pierre Lazareff (trad. David Partridge, texte français pas encore numérisé), « Chapter six : The "Big Five" versus Le Quotidien and L'Ami du Peuple », dans Deadline: The Behind-the-scenes story of the last decade in France [« titre original: Dernière édition »], New York, Random House, , 369 p. (OCLC 408560, lire en ligne).
  • Gilles Lahousse, « De la solidarité française au parti du faisceau français : un exemple de radicalisation politique », Vingtième Siècle, Revue d'histoire, no 58,‎ , p. 43 à 54 (lire en ligne, consulté le 18 septembre 2019).
  • (en) Michael De Fina et Randall Bruce Monsen, A Century of Perfume: The Perfumes of Francois Coty, Monsen and Baer, , 128 p. (ISBN 9781928655008, OCLC 44478293).
  • Catalogue d’exposition (préf. Jean Kerléo), La ligne de vie parfumée de François Coty, Les Presses de Touraine, (ISBN 978-2-9566142-0-3).


Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Annick Le Guérer, Le Parfum: des origines à nos jours, Odile Jacob, , 416 p. (ISBN 9782738187833, lire en ligne), p. 196, 197, 198.
  2. Alain Duménil, Parfum d'Empire, la vie extraordinaire de François Coty  2009, p. 14.
  3. Ghislaine Sicard-Picchiottino, François Coty: un industriel corse sous la IIIe République  2006, p. 9.
  4. Arène, Êmmanuel, sénateur de la 3ème Républiquesur Sénat.fr.
  5. Ghislaine Sicard-Picchiottino, François Coty: un industriel corse sous la IIIe République  2006, p. 21 à 29.
  6. a b et c Société d'histoire de Suresnes, François Coty, un destin d'empereur, De François Spoturno à François Coty, p. 10 à 13.
  7. Ghislaine Sicard-Picchiottino, François Coty: un industriel corse sous la IIIe République  2006, p. 58.
  8. Mathilde Cocoual, « Élites et familles méditerranéennes influentes en politique, XIXe-XXe siècle »,  Cahiers de la Méditerranée, no 92,‎ (lire en ligne).
  9. IA92000232 Base Mistral/Mérimée, parfumerie Coty.
  10. Biusanté.Paris Descartes
  11. « 16. François Coty - Les Echos », sur www.lesechos.fr (consulté le 4 juillet 2018).
  12. François Coty sur auparfum.com.
  13. Histoire de la parfumerie, Musée de Grasse
  14. La cité des parfums, p. 23, 24, 25.
  15. (en)Museum of Applied Arts & Sciences.
  16. (en)Coty founders- François Coty.
  17. [vidéo] Photomontage © Marc Antoine Harmeau sur Vimeo.
  18. (en)Janet Flanner, Perfume and Politics, 25 avril 1930 sur The New Yorker.
  19. (en) Geoffrey Jones, Beauty imagined: A history of the global beauty industry, Oxford University press, , 412 p. (ISBN 9780199556496, lire en ligne), p. 29 à 32 et 107-108.
  20. a et b Le Petit Journal, François Coty est mort à Louveciennes, 26 juillet 1934 via Retronews.
  21. (en)François Coty, the Genius of Perfumery sur Patrons.org.
  22. Ghislaine Sicard-Picchiottino, François Coty: un industriel corse sous la IIIe République  2006, p. 92 à 94.
  23. Ghislaine Sicard-Picchiottino, François Coty: un industriel corse sous la IIIe République  2006, p. 197-198.
  24. L'Auto-vélo : automobilisme, cyclisme, athlétisme, yachting, aérostation, escrime, hippisme / dir. Henri Desgranges, 29 juillet 1927 via Gallica.
  25. Bulletin de l’institut Catholique de Paris, 24 juin 1932. via Gallica
  26. l’Aérophile, 15 novembre 1930.
  27. Gérard Hartmann, « Les avions de record français (1928-1931) », p. 13,14 [PDF].
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  31. Roulhac Toledano, Francois Coty: Fragrance, Power, Money  2009, p. 123 et 140.
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  40. Claire Blandin, Le Figaro histoire d’un journal, Nouveau monde éditions, , 358 p. (ISBN 9782365838146, lire en ligne)
  41. Richard Millman, Les ligues de la République dans les années trente  2009, p. 85, 86.
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  43. Eugen Weber, L'action française, Paris, Fayard, (ISBN 9782213016788, présentation en ligne), p. 219.
  44. François Broche, Le Comte de Paris, l’ultime prétendant, Paris, Perrin, (ISBN 9782262017415), p. 55 et 56.
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    « Reform of the State contained several democratic and even liberal features. It called for the president of the republic to be elected by direct universal suffrage (women were also to vote) and for a Supreme Court that would guarantee basic rights.[...] France would practice a true republicanism, not the false republicanism of the Third Republic. [...] The president would be elected for seven years and be eligible for a second term. »
  54. Nécrologie, Ric et Rac : grand hebdomadaire pour tous, juillet 34 via Gallica.
  55. Site de Lancaster.
  56. Fabrice Léonard, Les fragrances magiques de Chypre : Il y a cent ans, Chypre, imaginé par l'homme d'affaires et industriel corse François Coty, révolutionnait l'univers de la parfumerie, 22 mai 2018 sur Le Point.
  57. Véronique Coty relance le prix François Coty, 20 août 2018 sur Industries cosmétiques.fr.
  58. Corse football inauguration du Stade F.Coty, doc France football.
  59. Structurae, Stade François Coty.
  60. Puteaux, cadre de vie, La passerelle François Coty.
  61. Catalogue d'exposition, La ligne de vie parfumée de François Coty,  2018.

Bibliographie complémentaire[modifier | modifier le code]

  • Patrick Renard, François Coty, un magicien du parfum, Historia, décembre 1987,
  • Pierre Enckell, Il ne s'appelait pas Hersant, L'Évènement du Jeudi, du 19 au 25 mars 1987,
  • Collectif Historama, Un politicien au parfum, François Coty, Historama, no 48, février 1988,
  • Jean-Jacques Vignault, Un grand parfumeur, François Coty, Parfums, cosmétiques et arômes, no 54, décembre 1983,
  • Jean-Paul Luciani, Coty, le grand vaporisateur corse, Historia, juin 1998, no M 1856-618 30 F ,
  • Jean Galtier-Boissière, Les Gros, chapitre : grandeur et décadence de François Coty, republié dans Le Crapouillot, no 35, 1956,

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