Attentats de Christchurch

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Attentats de Christchurch
Image illustrative de l’article Attentats de Christchurch
La mosquée Al Noor en 2006.

Localisation Christchurch (Nouvelle-Zélande)
Cible Civils musulmans
Coordonnées 43° 31′ 58″ sud, 172° 36′ 42″ est
Date
Type Fusillade de masse[1]
Attentat terroriste[2]
Morts 51
Blessés 49
Auteurs Brenton Tarrant
Mouvance Terrorisme d'extrême droite[3]
Islamophobie[4],[5]
Suprémacisme blanc[6]

Géolocalisation sur la carte : Nouvelle-Zélande

(Voir situation sur carte : Nouvelle-Zélande)
Attentats de Christchurch

Les attentats de Christchurch sont une série d'attaques terroristes d'extrême droite commise le par Brenton Tarrant contre deux mosquées de la ville de Christchurch, en Nouvelle-Zélande, et qui font 51 morts et 49 blessés.

Il s'agit de la tuerie la plus meurtrière commise spécifiquement contre des musulmans dans un pays occidental et l'attentat d'extrême droite ayant causé le plus de victimes depuis les attentats d'Oslo et d'Utøya en 2011. C'est le massacre le plus meurtrier survenu en temps de paix en Nouvelle-Zélande depuis celui du Boyd en 1809 (66 à 70 morts).

Contexte[modifier | modifier le code]

La Nouvelle-Zélande est souvent considéré comme un pays sûr et son taux d'homicide volontaire reste relativement faible (0,99 pour 100 000 habitants en 2014[7]). Par ailleurs, la précédente tuerie de masse perpétrée sur son sol remonte à 1997[8],[9]. En 2018, l'archipel figurait même au deuxième rang des nations les plus pacifistes de la planète du Global Peace Index, derrière l'Islande[10],[11]. Les statistiques de la police néo-zélandaise, collectées entre 2007 et 2016, montrent une moyenne de 40 à 50 meurtres par an[12]. Enfin, sur cette même période, seul un homicide sur dix environ impliquait l'utilisation d'armes à feu[13]. Avant l'événement, les lois sur les armes à feu en vigueur dans le pays sont néanmoins plus permissives qu'en Australie, avec par exemple l'absence d'un registre national répertoriant armes et propriétaires[14].

Avant les attentats de Christchurch, l'acte de violence le plus meurtrier commis contre des victimes non armées était la répression de l'émeute du camp de prisonniers de guerre de Featherston, qui fit 49 morts en l'espace de quelques secondes, le [15]. En 1990, le massacre d'Aramoana fut la plus grave fusillade de masse survenue en public (13 morts)[16]. Pour trouver, en temps de paix, les traces d'un massacre aussi meurtrier qu'à Christchurch dans l'histoire de la Nouvelle-Zélande, il faut remonter à 1809, année où 66 à 70 membres d'équipage du voilier Boyd (en) furent tués et mangés par des Māoris[17],[18].

Depuis les attentats du 11 septembre 2001 et le développement de Daech, l'islamophobie a augmenté partout dans le monde[19]. Ces événements ont poussé de nombreux pays à adopter des politiques pouvant être perçues comme antimusulmanes, et alimenté l'agenda anti-immigration des suprématistes blancs vivants en Occident[20]. En Nouvelle-Zélande, la législation sur l'espionnage a ainsi été dénoncée comme ciblant la communauté musulmane[21]. Parallèlement, l'extrémisme de droite se développe et devient plus visible en Nouvelle-Zélande[14], dans un pays pourtant rarement associé à ce phénomène[22]. L'immigration et l'amélioration de la situation des Maoris ont ainsi conduit à une forme de ressentiment d'une partie de la population blanche[23]. La ville de Christchurch a elle-même été qualifiée de « terreau fertile pour les suprématistes blancs »[14], affirmation démentie par le député Gerry Brownlee (en) qui représente la ville au parlement de Nouvelle-Zélande[24].

L'Australie, pays dont le terroriste est originaire, avait aussi connue une hausse récente de la xénophobie, du racisme et surtout de l'islamophobie, liée à la montée de l'extrême droite mais aussi à l'histoire australienne avec le génocide des peuples autochtones, l'exclusion des immigrants non blancs, le nationalisme blanc devenant quasiment une doctrine fondatrice. Puis les attentats du 11 septembre 2001, la guerre contre le terrorisme auquel l'Australie a participé auprès des États-Unis, l'affaire de Tampa (en), les émeutes de 2005 à Cronulla, la diabolisation des musulmans et des immigrant et la promotion de la théorie du complot du génocide blanc par News Corp Australia ont contribué a nourrir le terrorisme du suprémacisme blanc[25].

L'islam en Nouvelle-Zélande est pratiqué par 46 000 personnes (environ 1 % de la population), dont un peu plus de 3 000 vivent dans la région de Canterbury. Les premiers musulmans à Christchurch sont arrivés en 1874. La mosquée Al Noor (en), la première de l'île du Sud, a quant à elle ouvert ses portes un siècle plus tard, en 1985[26]. Le centre islamique Linwood (en), la deuxième mosquée visée par l'attentat (construite sur le terrain d’une ancienne église), était beaucoup plus récente et n'était ouverte que depuis 2018[27] Les trois-quarts des musulmans vivant en Nouvelle-Zélande sont nés à l'étranger. C'est la minorité en plus forte croissance dans le pays (+28% entre 2006 et 2013)[28].

Déroulement[modifier | modifier le code]

L'attaque débute le à 13 h 40 heure locale (h 40 UTC), pendant la prière du vendredi. Au moins une personne — Brenton Tarrant, un immigré Australien de 28 ans connu pour son extrémisme de droite[29] — a fait feu sur les deux bâtiments religieux Masjid al-Noor et Linwoord à Christchurch, en Nouvelle-Zélande.

Plusieurs personnes ont été tuées dans les tirs. La Première ministre néo-zélandaise, Jacinda Ardern, annonce au moins 49 morts[30] ; aucun bilan définitif n'a cependant été publié. Il a également été signalé qu'une bombe avait été trouvée dans une voiture accidentée dans la rue Strickland.

Il s'agit de la pire tuerie commise spécifiquement contre des musulmans dans un pays occidental, la pire attaque ayant eu lieu auparavant était l'attentat de la grande mosquée de Québec de 2017, et le pire attentat d'extrême droite après les attentats d'Oslo et d'Utøya en 2011[31]. Il s'agit de la première tuerie de masse en Nouvelle-Zélande depuis le massacre de Raurimu, en 1997 (6 morts)[32].

Revendication[modifier | modifier le code]

Article principal : Brenton Tarrant.

L'attentat est revendiqué par Brenton Tarrant, un Australien de 28 ans qui diffuse ses attaques en direct sur les réseaux sociaux[33]. Avant de passer à l'acte, il diffuse également sur Twitter des photos de préparation de la fusillade[33]. Sur ses armes et les magasins, il écrit les noms de meurtriers d'extrême droite et de figures historiques[N 1] ; il fait également référence à des scandales de viols collectifs au Royaume-Uni[33].

Il met également en ligne un manifeste de 78 pages relayant les thèses islamophobes et conspirationnistes connues dans les milieux extrémistes[33],[35]. Ce manifeste, publié juste avant la tuerie, a pour titre The Great Replacement, faisant explicitement référence à la théorie du même nom popularisée par Renaud Camus.

L'auteur de la tuerie est qualifié de « terroriste extrémiste de droite » par le Premier ministre australien, Scott Morrison[33].

Victimes[modifier | modifier le code]

L'attaque tue au total 51 personnes : 42 à la mosquée de Al Noor et 7 au centre islamique de Linwood, ainsi que deux personnes décédées plus tard à l’hôpital[36].

Imran Khan, Premier ministre du Pakistan, annonce que Naeem Rashid, un Pakistanais de 51 ans, mort avec son fils, Naeem Talha[37], en essayant d'empêcher le terroriste de faire plus de victimes, doit avoir droit à un hommage national en tant que martyr[38].

Atta Elayyan, un footballeur membre de l'équipe néo-zélandaise de futsal, d'origine palestinienne, et dirigeant de l'entreprise technologique LWA Solutions, fait partie des victimes.


Réactions[modifier | modifier le code]

À la suite de l'attaque, plusieurs chefs d’État ou leurs représentants ont fait part de leur réaction[40], notamment : la chancelière d'Allemagne, Angela Merkel[40], le président du Brésil, Jair Bolsonaro[41], le président indonésien Joko Widodo[40], le Premier ministre espagnol, Pedro Sánchez[42], le président américain, Donald Trump[40], le président français, Emmanuel Macron[40], le président italien Sergio Mattarella[43], le Premier ministre malaisien Mahathir Mohamad[40], la Première ministre norvégienne, Erna Solberg[40], la Première ministre du Royaume-Uni, Theresa May[40] ainsi que la reine Élisabeth II[40] (chef d'État de la Nouvelle-Zélande), le président russe, Vladimir Poutine[40], le président turc, Recep Tayyip Erdoğan[40], le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker[40] et le secrétaire général de l'OTAN, Jens Stoltenberg[40].

Des hommages sont rendus dans le monde entier. Principalement à Christchurch, mais aussi en Angleterre[44], aux États-Unis, au Canada, en Australie et en France[45] où la tour Eiffel a été éteinte durant la nuit suivant le jour de l'attentat[46].

Sur les réseaux sociaux, un mouvement nommé « Hello Brother » se crée en soutien aux victimes de l'attentat. Il est basé sur les derniers mots de Daoud Nabi, Afghan de 71 ans, adressé au tireur avant de se faire tirer dessus à quatre reprises[47]. Il fut la première victime de l'attentat, ainsi que la première à se faire identifier.

Symboliquement, les 16 et 17 mars 2019, les victimes d'un autre attentat d'extrême-droite commis contre un prétendu « grand remplacement » - les victimes juives de la fusillade dans une synagogue de Pittsburgh - ont levé des fonds en solidarité avec les victimes musulmanes des mosquées de Christchurch[48].

En réaction à l'attentat, le président turc, Recep Tayyip Erdoğan, juge que l'attaque de Christchurch s'inscrit dans le cadre d'une attaque contre l'islam et la Turquie. Lors d'un discours de campagne, il avance que les Australiens qui seraient hostiles à l'islam subiraient le même sort que les soldats australiens tués par les forces ottomanes lors de la bataille de Gallipoli. Scott Morrison, le Premier ministre australien, a qualifié ces propos d'« extrêmement offensants pour les Australiens et extrêmement irréfléchis dans l'environnement très sensible dans lequel nous sommes »[49].

Une semaine après l'attaque, symboliquement le vendredi, le journal néo-zélandais The Press fait sa couverture en hommage aux victimes. On peut y lire en arabe — "Salam" — et en anglais — "Peace" — : "paix" accompagné des noms et des âges des victimes[50].

En hommage aux victimes, la Première ministre néo-zélandaise, Jacinda Ardern, porte un voile lors de la plupart de ses apparitions publiques concernant l'attentat[51].

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Enquête[modifier | modifier le code]

L'enquête démontre que Brenton Tarrant possédait légalement cinq armes, dont deux fusils semi-automatiques, et un permis de port d'armes depuis novembre 2017[52]. Il n'avait pas de casier judiciaire, et n'était pas connu des services de renseignements ni de police néozélandais ou australiens[52].

Selon le manifeste qu'il a écrit, Tarrant déclare que les moments déclencheurs de sa radicalisation ont été la défaite de Marine Le Pen à l'élection présidentielle française de 2017[N 2] et l'attentat de Stockholm en avril 2017[35]. Il fait également plusieurs fois référence à Donald Trump, « défenseur de la cause blanche » et à Anders Behring Breivik[35]. Il affirme n'être lié à aucun groupe ou organisation[35].

Tarrant a effectué plusieurs séjours sporadiques en Nouvelle-Zélande[52]. Il semblerait qu'il ait voyagé plusieurs fois dans de nombreux pays des Balkans les mois précédents l'attentat, dont de nombreuses fois en Bulgarie[52]. Il aurait également fait un séjour prolongé en Turquie peut-être dans le but d'y préparer un assassinat — potentiellement celui du président Recep Tayyip Erdoğan — avant la tentative de coup d'État de 2016 selon des responsables turcs[52].

Procès[modifier | modifier le code]

Le , le lendemain de l'attentat, Brenton Tarrant passe en comparution immédiate, où il n'hésite pas à faire un rond avec ses doigts, un geste récupéré par des partisans du White Power. Il ne demande pas de remise en liberté sous caution et son inculpation pour meurtre lui est signifiée. Il reste donc en prison jusqu'à une prochaine audience, prévue le [53]. Il demande ensuite à assurer seul sa défense[54].

En prison, le terroriste n'a aucun accès à la radio, télévision ou aux journaux. Il n'a pas non plus le droit de recevoir de visite[55].

Brenton Tarrant plaide non coupable de tous les chefs d'accusation[56],[57],[58].

Conséquences[modifier | modifier le code]

En Nouvelle-Zélande[modifier | modifier le code]

Le , la Première ministre néozélandaise, Jacinda Ardern, précise que les lois sur les armes et leurs détentions (en) doivent être modifiées[52].

Le , la Première ministre annonce l'interdiction de la vente des fusils d'assaut et armes semi-automatiques suite à la tuerie[59]. Les magasins de grande capacité et les dispositifs permettant les tirs plus rapides sont également interdits[60]. Ces interdictions entrent en vigueur le 11 avril[60].

Diffusion de la vidéo de l'attaque par le président Erdoğan[modifier | modifier le code]

Lors de l'attaque, le tueur, équipé d'une caméra, diffuse en ligne une vidéo. Le visionnage de cette vidéo sur plusieurs sites crée la polémique, aboutissant finalement à la fermeture de plusieurs sous-forums du site Reddit. La vidéo est également diffusée à grande échelle en Turquie par le président Recep Tayyip Erdoğan, qui la projette lors de rassemblements de campagne pour les élections municipales[61].

Attentats islamistes au Sri Lanka[modifier | modifier le code]

Le 23 avril, après les attentats du 21 avril 2019 au Sri Lanka commis par un groupe terroriste islamiste qui ont fait 258 morts et plus de 500 blessés, le vice-ministre de la Défense sri-lankais déclare devant le Parlement que « les investigations préliminaires ont révélé que ce qui s’était passé au Sri Lanka avait été commis en représailles à l’attaque contre les musulmans de Christchurch »[62].

Fusillade de la synagogue de Poway[modifier | modifier le code]

John T. Earnest, l'auteur raciste, antisémite et islamophobe de la fusillade de la synagogue de Poway le 27 avril 2019, dit s'être inspiré de Brenton Tarrant[63].

Analyse[modifier | modifier le code]

Selon le spécialiste de l'extrême droite Nicolas Lebourg, le terroriste de Christchurch représente une partie de l'extrême droite « qui a une obsession : ils vivent la globalisation comme une orientalisation ». Pour lui, la notion de grand remplacement « est centrale puisqu'elle synthétise la pensée de ces extrémistes : la population orientale serait en train de se substituer à la population occidentale. Cette théorie débarrassée du complot juif a été introduite par l’écrivain français d’extrême droite Renaud Camus. Comme un publicitaire, il a trouvé une formule qui fait mouche »[64]. Selon le Le HuffPost, la théorie complotiste et islamophobes était l'« obsession du terroriste ». Edwy Plenel cite « une idéologie potentiellement meurtrière » dont Éric Zemmour, entre autres, « se fait le propagandiste »[65],[66]. Le journal Le Monde livre ainsi une analyse du manifeste du tueur, estimant que son discours « colle parfaitement, si l’on met de côté la violence, avec la théorie du « grand remplacement » mise au point il y a une dizaine d’années par Renaud Camus ». « Un supposé "constat" » démographique mais de fait raciste car basé sur l'ethnie, la couleur de peau et contredit par les chiffres, et « un complot sans preuve » qui regroupe tous les ingrédients de la théorie du complot « grand plan global et secret, ourdi par des groupes mystérieux qu'on dote de pouvoirs immenses » et « une « élite remplaciste », « apatride » et « mondialisée », qui serait l'ennemie de la tradition et du peuple « de souche », des traits classiques des théories antisémites ». Le quotidien souligne également que « si l’écrivain ne cesse de rappeler qu’il est un partisan de la non-violence, il a quand même été condamné en 2014 pour provocation à la haine ou à la violence, après avoir présenté les musulmans comme des « voyous », des « soldats », « le bras armé de la conquête », ou encore des « colonisateurs » cherchant à rendre « la vie impossible aux indigènes » »[67].

Renaud Camus condamne l'attentat et déclare que les attentats terroristes commis en France ont plus inspiré l'auteur que sa thèse[68]. À la question de savoir s'il s'oppose à la façon dont son idée de « grand remplacement » a été interprétée par le grand public, y compris les politiciens d'extrême droite et leurs soutiens, il répond que « non, au contraire », et ajoute espérer que le désir d'une « contre-révolte » grandisse contre « la colonisation actuelle de l'Europe »[69].

Selon Marianne « de Brenton Tarrant (...) à John T. Earnest, suspect de la tuerie de la synagogue de Poway, en Californie le 27 avril, un mouvement de radicalisation de jeunes hommes blancs surgit des bas-fonds d'Internet » au travers de sites, blogs et forum d'extrême droite. Selon Séraphin Alava, professeur d’université et membre de la chaire UNESCO de prévention de la radicalisation et de l'extrémisme violent un « mimétisme se met en place, amplifié par la couverture médiatique qui est donnée à l'événement » et « il y a la même logique dans le processus de recrutement djihadiste que dans celui de l'extrême droite aujourd'hui. Pour l'un comme pour l'autre, Internet permet de diffuser une idéologie, de provoquer une adhésion avant un passage à l'acte »[70].

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Il fait notamment référence à Pélage le Conquérant (roi des Asturies qui initia la Reconquista en tenant tête aux Omeyyades lors de la bataille de Covadonga), à Charles Martel (qui repoussa une armée omeyyade à la bataille de Poitiers en 732), à Bohémond de Tarente et Gaston IV de Béarn (deux acteurs de la première croisade), à David IV de Géorgie (qui vaincu les Seldjoukides à la bataille de Didgori en 1121), au siège de Saint-Jean-d'Acre, à David Soslan (roi-consort de Géorgie connu pour ses succès militaires contre les musulmans aux XIe et XIIe siècles), à Miloš Obilić (un chevalier apocryphe ayant joué un rôle de premier plan dans la bataille de Kosovo Polje, en assassinant le sultan Mourad Ier au cours de cette dernière), à Lazar Hrebeljanović (prince serbe qui commandait la coalition anti-ottomane à Kosovo Polje), à Sigismond de Luxembourg (auteur d'une croisade contre les Ottomans en 1396, qui se solda par l'échec de Nicopolis), à Stefan Lazarević (vassal des Ottomans en Serbie, qui finira par trahir ces derniers) et son allié Constantin II de Bulgarie, à Fruzhin (un prince bulgare qui combattit les Ottomans), à Jean Hunyadi (militaire et homme politique transylvain qui gardait la frontière sud du Royaume de Hongrie au XVe siècle et qui participa à la croisade de Varna), à Michel Szilágyi (capitaine de la forteresse de Belgrade au siège de 1456 contre les Ottomans), à Marcantonio Bragadin (qui mena la résistance vénitienne lorsque les Ottomans envahirent Chypre en 1570, avant d'être capturé, torturé et exécuté), à la bataille de Lépante, à Sebastiano Venier (Doge de Venise, acteur majeur de la bataille de Lépante), à Marcantonio Colonna (amiral du pape Pie V, qui commandait les galères pontificales à Lépante), à Bajo Pivljanin (en) (un haïdouk serbe s'étant révolté à plusieurs reprises contre l'Empire Ottoman au XVIIe siècle), au siège de Vienne de 1683, à Șerban Ier Cantacuzène (Prince de Valachie qui prévoyait de reprendre Constantinople aux Ottomans), à Feliks Kazimierz Potocki (noble polonais, qui vaincu 14 000 tatars du khanat de Crimée avec une troupe deux fois importante lors de la bataille de Podhajce (en) en 1698), à la bataille de Kagul (affrontement majeur de la guerre russo-turque de 1768-1774, qui opposa, en 1770 une armée russe à des forces ottomanes et criméennes numériquement supérieures), à Dmitri Seniavine (amiral des guerres russo-turques de 1787-1792 et de 1806-1812), à Nikítas Stamatelópoulos (héros de la guerre d'indépendance grecque, mentionné sous le nom de Turkophagos, i.e. le mangeur de turcs), à Edward Codrington (amiral qui commandait la flotte britannique lors de la bataille de Navarin contre les ottomans, en 1827), à Novak Vujošević (un héros de la bataille de Fundina (en), qui fut récompensé par l'empereur russe pour avoir tué à lui seul 28 ottomans), au col de Chipka (où se produisit une série d'affrontements entre l'armée russe et des insurgés bulgares d'une part, et l'armée ottomane de l'autre, pendant la guerre russo-turque de 1877-1878), à Iossif Gourko (général qui commanda les troupes russes au col de Chipka), à Marko Miljanov (général monténégrin qui mena plusieurs campagnes contres les Ottomans au XIXe siècle), à la bataille de Bulair, au Soleil noir (symbole du mysticisme nazi), à Ernst Rüdiger Starhemberg (fasciste autrichien), au Fourteen Words (slogan néonazi), à Josué Estébanez (un néonazi espagnol qui tua Carlos Palomino (en), un étudiant antifasciste de 16 ans en le poignardant en plein cœur le ), à Alexandre Bissonnette, auteur de l'attentat de la grande mosquée de Québec en 2017, et à Luca Traini, auteur d'une attaque contre des migrants à Macerata en Italie, le [34][source insuffisante].
  2. Il décrit cependant le Front national comme « un parti de miliciens nationalistes civiques, complètement incapables de créer un réel changement et sans plan viable pour sauver leur nation »[35].

Références[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]